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Harry aimait bien sa vie, les amis, et les ennuis. Il n'y avait pas à dire. Le survivant portait bien son nom mais surtout parce qu'il voulait bien ! Il était comme un marin, un aventurier, un explorateur, il ne faisait pas ça pour les autres. Il ne le faisait que pour lui. L'adrénaline, le goût de la poursuite, le Badam-Badam-Badam de son cœur.
Hermione l'aimait et sincèrement, profondément. Elle allait parfois avec d'autres hommes, elle aimait Ronald aussi, mais c'était un accord commun. Le premier qui aurait insulté Hermione pour cela aurait été le plus hypocrite de tous. La vie n'était pas simple. Il était d'humeur taciturne souvent et il était marié à son boulot. Hermione n'était que sa maîtresse, heureusement peu exigeante, et ne lui demandant pas de quitter sa femme. Personne au monde ne pourrait supporter un mari tel que lui et si elle existait, il s'en fichait bien. Il n'aimait qu'Hermione. Bien~ que se l'avouer avait été difficile. On parlait de la femme de son meilleur-ami. Déjà, cliché. Ensuite, les emmerdes. Oh, oui, définitivement il aimait ça.
Cela dit, Ron avait plutôt était soulagé d'apprendre leur histoire. Il fallait dire qu'il était avec Drago. Drago ! Pourvu que jamais, jamais, jamais, Hermione n'apprenne que lui aussi était au courant. Tous les couples ont leurs secrets. En parlant de Ron…
« Je savais que je te trouverai ici. »
Harry soupira, Ron ne bougeait pas. Franchement, pourquoi cet idiot était-il devenu plus grand que lui ? C'était épuisant de le regarder de haut. Venant frotter le crâne du punk, Harry regarda devant lui.
« Tu as passé les dernières douze heures à chercher Ginny ? Tu as perdu ton flair d'Auror, elle et Crivey ont planifié leur évasion et ont été aidés. Ils doivent se planquer. Tu sais qu'un rat peut rester caché longtemps. Tu as cherché partout ? »
Le silence, donc. Pas du tout oppressant. En même temps entre Hermione et Malfoy, il ne devait pas pouvoir placer souvent la parole. Ils avaient tellement changé. C'était ça devenir adultes. Ça va, ce n'était pas trop moche. Tout de même, il ne faudrait pas que ça devienne une habitude. C'est toujours lui qui se tait d'habitude.
« Si je te demande ça…
– Harry, arrête.
– Hm ?
– J'ai une question, comment tu fais ? Comment tu fais pour accepter d'être mon ami, l'ami de Malfoy ? Tu te sens contraint dans la mesure où…
– Je pensais qu'Hermione plaisantait quand elle disait que tu étais mauvais psycho'mage.
– Je suis le meilleur. »
Harry allait répéter qu'en même temps, ils étaient à peine dix et que c'était Ron qui avait ouvert le service. Mais il préféra se taire.
« Déjà, c'est différent. Malfoy, son père. Et Ginny.
– C'est pareil.
– J'ai soutenu que l'un devait être à Azkaban, l'autre à Sainte Mangouste.
– Tu l'as fait pour moi, pour mon projet, pour ma famille.
– Non. »
Harry se pencha, se pliant finalement, s'accroupissant, encroisant ses doigts devant lui. Il pensait qu'Albus avait ce projet et il trouvait formidable de vouloir aider les autres. Trouver un moyen de mieux comprendre l'esprit des magiciens, les aider… Ronald avait raison. Madame Pomfrey était une super infirmière, mais ce n'était pas assez. Les mineurs, les majeurs, les prisonniers, les déprimés, les travailleurs, les sans-emploi, les hommes, les femmes, les perdus, les isolés et tous les autres. Tous. Il avait besoin d'essayer de se comprendre et de gens pour les écouter. Même Peter. Même Peter, il était près, enfin, à l'écouter et à savoir si c'était la prison ou s'asile. S'il avait conscience, ou non ?
« Ron ?
– Je n'ai pas envie de t'écouter, fous-moi la paix Harry. Je suis psy, pas parfait.
– Hm. Ron ?
– Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas me dire qu'on va la retrouver ? Que j'avais le droit d'être en congé. »
Harry se redressa, sortant de l'intérieur de sa veste son double miroir permettant de parler en permanence à Sirius. Il ne l'activa pas, mais le présenta devant le visage de Ron.
« …
– C'est une jolie couleur, il me semble qu'Hermione a la même marque. »
