Hey ! Nous voilà de retour avec la suite ! Nous espérons ne pas vous avoir fait trop attendre.
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En bonus : nous vous présentons la nouvelle image de couverture de notre histoire. Un montage fait par le conjoint de l'une d'entre nous. Il représente nos personnages préférés et principaux. Nous espérons qu'il vous plaise autant qu'à nous.
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Très belle lecture à vous. On se retrouve en bas.

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Chapitre 18 :Sans crier gare

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Toute cette rage, ce dégoût, cette haine. Tout s'était évaporé à l'instant où Harry avait atterri. Il regarda autour de lui. Rien n'avait bougé ni changé. Seul lui était devenu différent. Il ne savait pas pourquoi il était revenu ici. Là où il avait passé la plus horrible des enfances, là où il avait grandi, dans l'ignorance.

La petite maison, similaire à toutes les autres dans le quartier, était restée vide depuis le départ des Dursley. Comme s'ils étaient partis pour de longues vacances.

Harry, lui, savait qu'ils ne reviendraient jamais.

Le sorcier s'engouffra à l'intérieur et ferma sèchement la porte derrière lui. Le simple fait de savoir à quel point il avait été odieux le rendait furieux. La femme qu'il aimait, avait certainement vu juste. Il allait finir par détruire lui-même ce qu'il avait de plus cher. Il gravit les marches de l'escalier et se retrouva très vite dans ce qui fut sa chambre à une époque. Une époque pas si lointaine, en somme.

Que faisait-il ici ? Pourquoi n'était-il pas entouré de sa famille et de ses amis ? Toute pensée le ramenait à Lui. Voldemort avait tout détruit autour de lui. Voldemort avait tué toute sa famille. Voldemort... Voldemort...

Harry attrapa la chaise de bureau et la fracassa contre le mur d'en face dans un cri de rage. Si Ginny s'éloignait de lui, c'était uniquement de sa faute. S'il c'était disputé avec sa meilleure amie, c'était de sa faute.

Il tomba sur le lit et se prit le visage dans les mains. A cet instant, il se haïssait autant qu'il haïssait son ennemi.

Comment avait-il pu croire que ce serait aussi simple ? Qu'il serait plus fort ? Que cela ne le toucherait pas au point de le changer ?

Son visage s'était relevé et son regard se tourna vers la chaise en morceaux. Il chercha machinalement sa baguette dans une poche intérieure de sa veste et tomba sur un papier. Il avait gardé sur lui les mots de Ginny. Aussi durs qu'ils avaient pu lui sembler, Harry savait qu'ils reflétaient la réalité.

Il se souvenait de chacun de ces mots, tant il les avait lus. Ses sentiments s'étaient troublés un peu plus à chaque fois. Il serra le poing dans lequel la lettre se trouvait. Celle-ci se froissa jusqu'à se retrouver en boule. Cette même boule tomba sur le sol alors que l'Elu avait lâché prise et s'était effondré en sanglots.

N'y avait-il pas assez de douleur et de souffrance ? Fallait-il en rajouter plus ? Le jeune Potter se rendait compte qu'il avait cessé de croire. Qu'il avait baissé les bras, se sentant impuissant face au mal. Tant de fois, il s'était battu et tant de fois, il avait perdu. Vaincu jusqu'au plus profond de son âme, il s'était relevé plus faible à chaque fois.

Même l'amour, sa seule véritable arme contre Voldemort, commençait à lui tourner le dos.

Il sortit sa baguette et remit la chaise en état ainsi que la lettre. Il la remit délicatement dans sa poche et quitta la chambre. Le jeune homme descendit tranquillement l'escalier puis ouvrit la porte. Il n'avait pas jeté de dernier regard la dernière fois qu'il avait quitté cette maison, pensant ne jamais la revoir. Aujourd'hui, il s'autorisa ce geste car plein de choses avaient changé et, même s'il n'avait aucune nostalgie, il devait se souvenir de cet endroit, de cette famille qui l'avait tout de même recueilli.

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Un silence de plomb avait envahi la salle commune de Gryffondor en ce début de soirée. La fin de l'année approchait mais aucune joie ne se lisait sur les visages. Aucune impatience ne venait troubler l'atmosphère. Il n'y avait plus aucune euphorie entre les murs de Poudlard. Sur ce plan là, le Seigneur des ténèbres avait déjà gagné.

La jeune Patil, privée récemment de sa sœur jumelle, avait du mal à retenir ses larmes. Elle non plus, elle ne pourrait rejoindre sa famille cette année. Tous les élèves, même Serpentards, en avait été privés par ordre du Mage noir. Aucun risque ne devait être pris. Ils devaient tous demeurer sous son emprise, le plus longtemps possible.

Ainsi, plus de vacances pour les jeunes sorciers de Poudlard. Plus de repos et de répit. Les Mangemorts s'acharnaient à les instruire avec violence. Les anciennes cages, utilisées jadis pour les mauvais élèves, étaient à nouveau bondées. Les élèves qui en revenaient étaient cassés, anéantis.

Ginny Weasley, du haut de ses seize ans, enrageait littéralement devant autant de désespoir. Dans son dortoir, la belle cherchait ses mots. Des mots de réconfort, des mots forts afin de soulever ceux qui étaient à terre, afin de réchauffer leurs cœurs. Mais rien ne lui venait, elle-même fatiguée, à bout de souffle. La rouquine allait se lancer, en sortant du dortoir, quand une voix la devança.

« Que se passe-t-il, ici ? Demanda, haut et fort, Neville. On croirait voir des fantômes ! Avez-vous donc abandonné tout espoir ?!

« Et qu'est-ce qui pourrait nous redonner espoir !? Tout part en fumée ! Répliqua Seamus, son visage devenu rouge.

« Nous avons l'Ordre du Phoenix ! Nous avons des hommes et des femmes, prêts à mourir pour tous nous sauver ! Nous avons Harry Potter…

« Et il est où celui-là ? Il a disparu direct après l'attaque à Pré-au-Lard, intervint Dean sur un ton de reproche. Il aurait pu…

« Il a une mission secrète et malgré ça, il est venu combattre Vous-Savez-Qui en personne ! Nous devons lui faire confiance comme Dumbledore l'a fait !

« Dumbledore est mort ! Fit remarquer Seamus. Ça ne lui a pas vraiment servit de faire confiance. »

Tous baissèrent la tête. Le souvenir de leur directeur bien aimé et de son récent décès ne faisait qu'augmenter leur peine, déjà difficile à contenir.

« Alors vous allez vous en remettre à l'autre abruti ? Vous allez baisser les bras ? Vous allez continuer à pleurer dans votre coin et ne rien faire ?! Hurla Neville en regardant Parvati droit dans les yeux. »

La jolie indienne avait à nouveau baissé les siens face au regard perçant de son ami, secouée par de nouveaux sanglots.

« On a tous perdu un être cher. La plupart sont morts de sa main. Comment pouvez-vous baisser les armes devant cet être ignoble ? Il n'est plus temps de pleurer nos disparus mais de les venger ! De se battre pour eux ! Pour leur mémoire !

« Tu motives tes troupes Londubat ? Intervint Zabini, qui venait d'entrer dans la salle.

« Que viens-tu faire là ?

« Ecouter ton discours, bien sûr ! Lança Blaise avec un sourire franc. «

Ginny avait eu, pendant leur échange, le temps de descendre les rejoindre. Elle posa une main sur l'épaule de Parvati au passage et rejoignit les deux protagonistes.

« Neville a raison, commença-t-elle. Mais hormi la vengeance, il y a aussi la vie. Il y a tout ce qui vous est cher dans ce monde. Tout ce qui compte vraiment pour vous. Vous allez rester là, à attendre qu'on vienne vous le prendre ? »

Des regards remplient de crainte s'échangèrent dans toute la salle. Des pensées sombres venaient les hanter, des souvenirs amers leur remuant les tripes.

« Je crois qu'il est temps de réagir ! Poursuivit la belle rousse, les yeux brillants d'une rage de vaincre.

« Mais c'est trop dur de continuer… A quoi bon ? Souffla Parvati, les joues noyées de larmes.

« Deux de mes frères sont morts ! Mentit Ginny, la gorge faussement serrée. Ron et George ont donné leur vie pour soutenir notre cause. Mon frère Bill a perdu sa femme, quelques jours après leur mariage. Percy a tourné le dos à ma famille et nous n'avons plus de nouvelles depuis. Harry est mon petit ami et son destin est de tuer le plus grand sorcier de tous les temps ! Ça vous suffit ou faut-il que je continue ainsi toute la soirée ?! On ne peut pas continuer à perdre toutes les personnes qu'on aime sans se battre pour elles ! C'est inenvisageable ! Hurla-t-elle, les larmes aux yeux. »

Blaise ne put s'empêcher de frôler sa main, serrée en un poing. La jeune femme le remarqua mais ne s'en soucia pas, piquée au vif par les paroles de la jeune Patil.

Le silence s'abattit à nouveau sur eux et Ginny préféra sortir, suivie par Neville et le jeune Zabini.

Neville se retourna vers Blaise et lui sourit

« Nous sommes alliés dans ce combat. J'ai compris que tu te battais pour la même chose que nous. Je voulais te remercier pour tous les risques que vous prenez toi… et… l'autre, acheva-t-il difficilement malgré la sincérité de ses propos. »

Le métis lui rendit son sourire et lui serra la main dans un geste solennel.

La rouquine avait observé la scène avec attention et se sentait peu à peu apaisée. Certaines choses pouvaient finalement s'arranger. Mais l'apaisement fut de courte durée lorsque la jeune Weasley remarqua Blaise plaquer sa main sur son avant-bras gauche, une grimace au visage.

Ginny jeta un regard appuyé à Neville pour qu'il les laisse seul à seul, ce qu'il fit après avoir hoché de la tête.

« Il te rappelle à Lui ? Demanda-t-elle.

« Oui, répondit-il simplement sans la regarder, l'air agacé. Pas de répit pour les braves.

« Soit pru... »

Le vert et argent posa sa main devant la bouche de la Gryffondor pour l'empêcher de continuer.

« Faut que j'y aille ! Lança-t-il avant de partir d'un pas vif vers le grand escalier. »

La jeune femme était restée un moment dans les couloirs avant de retourner dans son dortoir, les idées embrouillées. Il avait réagi d'une façon étrange, comme s'il avait voulu lui éviter l'embarras. Ce qui la dérangeait vraiment en réalité, ce n'était pas le fait qu'il l'ait empêché de parler mais plutôt, ce qu'elle avait voulu lui dire.

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Après quelques heures d'absence, Harry poussa doucement la porte de la maison d'Otto et entra. Il croisa Luna devant la porte du salon et se stoppa. Elle avait l'air simplement joyeuse de le voir.

« Ils discutent dans la bibliothèque, dit-elle simplement avant de lui déposer un baiser sur la joue. »

Harry acquiesça et lui sourit en guise de remerciement.

Seule Hermione demeurait dans la bibliothèque. Ron l'ayant visiblement abandonné. Le jeune homme eut du mal à la reconnaître tant elle avait changé. Elle était incroyablement belle comme ça.

« Bonjour 'Mione, dit-il doucement. »

La jeune femme sursauta en entendant sa voix et releva ses yeux noisettes vers lui. Il n'y avait aucune colère dans ces yeux, ni aucune rancœur. Elle était heureuse de le voir sain et sauf.

« Désolé.

« C'est bon, j'ai compris, coupa-t-elle. »

Intrigué, Harry resta statique.

« C'est l'Hor... Le médaillon. Il t'a rendu mauvais. Il t'a affecté de telle façon qu'à chaque fois qu'il était trop près de toi, tu devenais méchant.

« Mais tout ce que je t'ai dit... Je... Comment as-tu découvert ça ? S'interrompit-il. »

Hermione lui sourit et entama son explication.

« J'ai continué les recherches sur ces objets. Figures-toi que, non seulement, Otto a une maison superbe mais il a une ressource en livres fabuleuse ! J'ai découvert que l'esprit enfermé dans un H peut agir indépendamment du corps. Elle a ses propres instincts.

« Que veux-tu dire par "instinct" ? Demanda Harry en rejoignant sa meilleure amie au milieu de la pièce.

« Elle sent le danger, la peur, le doute, la colère. Elle a senti ta colère et la décuplé.

« Qu'en pense Ron ?

« Je ne sais pas vraiment. »

Son meilleur ami fronça les sourcils.

« Il voulait partir à ta recherche mais je lui ai expliqué que tu avais besoin d'un break. Il n'a pas cherché plus loin. Il a Gabrielle maintenant...

« Je vois, dit-il en souriant bêtement.

« Par contre, j'ai appris que Maugrey t'a cherché. Il rentre ce soir alors prépares-toi à passer un sale quart d'heure.

« Mais qu'est-ce que ça peut lui faire que je sois parti !

« Tu es l'Elu ! Lança Hermione en posant sa main sur son épaule. »

Le dit "Elu" hocha simplement de la tête et tourna son intérêt vers un grand livre ouvert posé sur la table.
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Le froid venant du nord avait recouvert tout le territoire Germain. Les membres de l'Ordre cohabitaient paisiblement dans l'immense demeure d'Otto Schwartzwein. C'était sans compter sur les crises de nerfs de Maugrey à l'encontre des jeunes et surtout Harry après sa petite escapade de la veille. Ce dernier avait élu domicile dans la bibliothèque, préférant se concentrer sur sa tâche.

Hermione alla le retrouver ce matin-là, lui amenant une tasse de café encore fumant.

« On sait comment les détruire ? Demanda-t-il tout en tournant distraitement quelques pages de l'énorme livre que son amie avait trouvé.

« Ce n'est pas très explicit, avoua la brunette. Il parle de magie noire ou d'une essence issue de la magie noire.

« Qu'est-ce que ça pourrait-être ?

« Il y a énormément d'objets, de potions et de poisons issus de la magie noire. Je ne sais pas trop.

« Et où trouver ce genre d'objets, continua Harry, plus pour lui-même, très concentré sur la question.

« Il n'y a pour l'instant qu'un seul endroit auquel j'ai pensé.

« L'Allée des embrumes ?

« Non ! Lança Hermione en riant. Poudlard ! »

Harry lui lança un regard surpris puis réfléchit. Elle n'avait pas tort. L'école était ancienne et regorgeait d'objets en tous genre, même de magie noire.

« Je pense qu'il est temps que notre ami Ron reprenne du service, lança-t-il.

« J'ai pensé exactement la même chose que toi. C'est le seul à pouvoir s'y rendre sans danger.

« Et tu as pensé à quels seraient les autres H ? »

La jeune femme fit non de la tête.

« Ce sont forcément des objets auxquels il tenait ou qui représentaient quelque chose d'important pour Lui.

« Personne ne connaissait Tu-Sais-Qui assez bien pour deviner quels auraient pu être ces objets. Dumbledore aurait pu mais il n'est plus là pour nous aider.

« Il comptait sur moi pour faire ce travail. Il a dû penser que je trouverais... »

Hermione patienta le temps que son ami réfléchisse à la question. Il avait l'air de se triturer le cerveau.

« Qu'elle est la chose que Tom Jédusor aimait pardessus tout ? Se demanda Harry, plus pour lui-même.

« Il n'a jamais aimé, intervint la brunette, une grimace au visage.

« Poudlard ! Lança Harry, sans tenir compte de sa remarque. Bien sûr, il est incapable d'aimer mais la seule chose qu'il ait jamais apprécié, c'est Poudlard ! Reprit-il devant le regard intrigué de son amie.

« A quoi cela nous mène ?

« Son journal était un objet important pour lui. La bague d'Elvis Gaunt lui prouvait qu'il appartenait à une lignée de sorciers.

« Le médaillon Serpentard représente sa maison à Poudlard, continua Hermione. Sa famille.

« Il nous reste plus que... Quels sont les autres objets représentants des maisons ? Reprit-il, toujours aussi concentré.

« Il y a l'épée de Gryffondor mais on sait qu'elle n'en est pas un.

« Dumbledore a détruit la bague avec l'épée ! S'écria Harry. L'épée peut détruire les H !

« Alors il faut retrouver l'épée ! Renchérit une voix venue de l'entrée de la bibliothèque. Vous auriez pu me prévenir que mon meilleur ami était revenu ! Ajouta Ron en arrivant à leur hauteur. »

Les deux jeunes hommes se prirent dans les bras l'un de l'autre dans une accolade fraternelle, heureux de se retrouver.

« Où étais-tu ? Demanda le rouquin à son frère de cœur.

« A Little Winghing. Un besoin de retourner aux sources, ajouta-t-il devant son étonnement.

« De quoi étiez-vous en train de parler ? Avant d'en arriver à l'histoire de l'épée, précisa Ron.

« Des objets emblématiques à chaque maison de Poudlard, expliqua Hermione.

« Comment se fait-il que l'épée de Gryffondor est capable de les détruire ? Se demanda le jeune Weasley et marchant tranquillement devant la grande étagère pleine de vieux livres.

« Ce sont les gobelins qui l'ont fabriqué, tenta Harry.

« Oui, mais cela ne justifie pas son pouvoir, intervint la seule fille de la bande. Peut-être qu'elle aussi a été ensorcelée afin de les détruire.

« Tu crois que Dumbledore l'aurait... ? »

Hermione haussa les épaules et lança un regard noir à Ron qui à chaque fois qu'il la voyait, détournait les yeux. Harry fronça les sourcils devant cet échange mais ne se laissa pas distraire, trop impatient de trouver des solutions.

« Je me souviens du diadème de Serdaigle dont le père de Luna nous avait vaguement parlé, reprit Ron pour revenir à la discussion. Il faudra voir avec elle si ça lui fait penser à quelque chose.

« Jédusor n'avait pas de grand intérêt pour Serdaigle, fit remarquer la brunette. Il n'aimait que Serpentard.

« Avant tout, Hermione, il aimait Poudlard. Et qu'elle est l'emblême de Poufsouffle ?

« Il me semble que c'est une coupe en or. »

La jeune femme se tourna vivement vers le livre ouvert qui avait attiré l'œil d'Harry auparavant et se mit à tourner frénétiquement les pages. Elle tomba enfin sur la page et sur l'illustration qu'elle cherchait. Une petite coupe avec deux anses et un blaireau grave dessus.

« Il est dit qu'elle appartenait aux Smith avant qu'elle ne soit portée disparue, lut Hermione. Il faudra faire des recherches sur les Smith. Peut-être que cela nous mènera à certaines réponses. »

Le jeune Potter acquiesça puis se tourna vers Ron.

« Il faudrait que tu retournes à l'école, lança-t-il. L'épée y est peut-être.

« Et si elle n'y est pas ?

« Alors il faudra la chercher ailleurs. Tu es le seul à pouvoir retourner à Poudlard. Nous avons confiance en toi et savons que tu es capable de beaucoup, renchérit Harry comme pour le conforter à l'idée de repartir.

« Tu seras de retour pour noël, intervint Hermione en voyant la moue qui se formait sur le visage du rouquin.

« Ok, soupira Ron en lançant un regard à sa meilleure amie avant de le rebaisser presque aussitôt. Je pars ce soir. »
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Le jeune homme s'avança vers la porte et attrapa la poignée de la porte mais Hermione le retint.

« Qu'est-ce que tu as ? Demanda-t-elle.

« Mais rien !

« Pourquoi tu n'oses plus me regarder ? Tu n'es pas rester une seule fois avec moi de toute la semaine.

« Mais c'est que… »

Ron resta la tête baissée quelques secondes puis releva enfin les yeux vers elle. Il la contempla, d'abord avec crainte, puis avec admiration. Hermione fronça légèrement les sourcils mais ne dit rien, attendant la suite.

« Tu es trop belle ! Lâcha enfin Ron après beaucoup d'hésitation. Si je n'étais pas avec Gabrielle et que tu n'étais pas ma meilleure amie, je ne sais pas ce que je ferais. Tu es magnifique ! Une vraie déesse ! »

Harry écarquilla ses yeux verts émeraude et s'élança vers la porte pour sortir au plus vite de la pièce.

« Euh Ron...

« Un ange sortit de mes rêves les plus fous !

« Ron, du calme ! S'exclama la belle, l'air halluciné. Comme tu dis, tu as Gabrielle !

« Oui ! Elle aussi, elle est magnifique ! Mais toi, tu es la première fille dont je sois tombé amoureux, ajouta-t-il plus calmement. »

Harry, visiblement gêné, les laissa discuter entre eux. L'Elu était heureux de voir qu'ils étaient restés fidèles à eux-mêmes.

Voulant être rassurant pour une fois, il annonça à ceux qui étaient présents dans la salle de séjour qu'ils avaient avancé dans leur mission, Hermione, Ron et lui, et qu'ils ne tarderaient pas à prendre l'avantage dans cette Guerre.

En temps normal, jamais il n'aurait parlé de la mission, ne serait-ce que de son avancée. Mais il savait qu'ils avaient tous besoin d'entendre que les choses, même celles dont ils n'avaient pas connaissances, bougeaient. L'espoir leur revenait peu à peu.

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En Bulgarie aussi, les heures semblaient s'assombrir de jours en jours. Draco Malefoy savait les sorciers bulgares mauvais et plus nombreux du côté du Mage noir, mais la tension était difficile à supporter.

Certains quartiers de la ville étaient trop dangereux à traverser, tant le mal y régnait. Il y avait eu beaucoup d'assassinats d'innocents moldus. A chaque nouvelle annonce dans le journal bulgare, le regard de Viktor se durcissait un peu plus et celui de la jeune aurore, Aria, s'attristait.

« C'est une honte pour des sorciers ! S'écria-t-elle en voyant la photo d'une jeune femme moldue assassinée devant son mari sorcier.

« Le mari n'a rien pu faire. Ils étaient trop nombreux, expliqua Viktor tout en lisant. »

L'anglais ne pensait pas que cette histoire sordide se retrouverait dans le journal le lendemain. Il se racla la gorge, tendu. Il avait assisté à cette horreur, devant jouer son rôle de Mangemort jusqu'au bout. Il avait été obligé d'infiltrer le rang de ces monstres. D'une part, pour espionner et d'autre part, pour assurer son statut aux yeux du Seigneur.

Il n'était pas rentré dans les détails lorsque Krum l'avait interrogé sur sa journée parmi les ennemis.

« Tu y étais ? Demanda soudainement le bulgare, sortant violemment Draco de ses sombres pensées.

« Ils voulaient me montrer de quoi ils étaient capables…, souffla-t-il, dégoûté.

« Tuer des innocents… Quelle bravoure ! S'enflamma Aria, hors d'elle. Ces hommes n'ont aucun courage !

« Pourquoi tu n'as pas empêché ça ? Tu aurais pu lancer un sort de protection, suggéra l'ancien champion de Quidditch.

« Et me faire repérer ? Autant me livrer à Face de serpent tout de suite et lui dire que je suis dans votre camp.

« Ça t'arrange bien d'être sur les deux tableaux. Peu importe le vainqueur, tu en ressortiras indemne.

« Si pour toi, être indemne, c'est d'être menacé à chaque seconde de te faire étriper par le plus grand sorcier de tous les temps et…

« Albus Dumbledore était le sorcier le plus grand de tous les temps, coupa le bulgare. »

Draco lui fit un sourire en coin, lui accordant cette vérité. Mais ne voulant pas poursuivre cette discussion, le jeune homme se dirigea vers sa chambre après s'être excusé.
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Excédé par autant de suspicion venant de ses alliés, il se laissa tomber dans le lit et plaqua ses mains sur visage. Allongé, il essayait de se calmer et d'éviter le souvenir du meurtre de la moldue… Hanté par le cri d'agonie qu'elle avait poussé, il rouvrit ses beaux yeux gris sur le plafond dans la chambre.

Il n'avait qu'une hâte, retrouver Luna, son meilleur ami et Granger.

Avec elle, il aimait leurs chamailleries. A chaque seconde, il fallait qu'ils se provoquent. Il n'avait jamais le temps de s'ennuyer. Lorsqu'il se redressa, prêt à envoyer son loup bleu, la loutre bondissante d'Hermione lui coupa l'herbe sous le pied.

« Plusieurs jours sans nouvelles. J'espère que tout va bien. Je commence à m'inquiéter. »

Le jeune homme sourit doucement. A peine la loutre était apparue, qu'elle lui avait réchauffé le cœur. Sans attendre plus longtemps, il envoya son loup.
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La jolie brune, installée dans la bibliothèque d'Otto, eut un large sourire en voyant débarquer le Patronus. Elle attendit le message mais aucune voix ne se manifesta. Au lieu de ça, l'animal de lumière s'avança doucement vers elle et posa sa tête sur sa cuisse, abaissant légèrement ses oreilles. Comprenant ce qu'il désirait, la jeune femme commença à le caresser d'une main légère. Au bout de quelques caresses, elle voulut s'arrêter mais le grognement du loup l'obligea à continuer.

Après lui avoir gratouillé l'arrière des oreilles, le loup bleu se redressa puis s'évapora sous les yeux médusés d'Hermione. Était-ce de la tristesse qu'elle avait vu dans les yeux de l'animal ?

Elle n'eut pas le temps de se poser la question qu'un deuxième Patronus apparut devant elle.

« Merci, dit la voix du jeune Malefoy dans un soupire. J'en avais vraiment besoin. L'ambiance ici est vraiment… étouffante…

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

« Oh, rien de bien méchant. Juste un petit meurtre… Un rite d'initiation...

« Un meurtre ? Qui a été tué ? Interrogea la voix d'une Hermione anxieuse.

« J'ai besoin de l'oublier… Qu'est-ce que tu portes en ce moment ? »
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Ces échanges devinrent quotidiens pour Draco et Hermione alors que les jours défilaient à toute vitesse. Ils en avaient tous les deux besoins. A l'instar des échanges que l'agent double devait faire avec le Mage noir, pour lui faire son rapport sur la situation.

Le jeune Malefoy lança un regard rapide vers sa montre. Dix heures du soir. Il prit une profonde inspiration puis jeta la poudre de cheminette dans la cheminée de Viktor Krum. Les flammes présentes dans l'âtre se teintèrent d'un vert électrique et Draco put y plonger le visage.

« Maître, appela-t-il, un peu hésitant. Je viens vous faire mon rapport.

« Il n'est pas là, répondit une voix criarde.

« Mais toi, oui…

« Il fallait bien que quelqu'un prenne possession des lieux en son absence, cracha la voix enfantine de sa tante, Bellatrix.

« Il te laisse le sale boulot quoi ! Répliqua le neveu.

« Fais ton rapport, au lieu de jacasser !

« A toi ? Une simple sous-fifre ?

« Ferme-là ! Petit insolent ! Invectiva la sorcière. Ce sont ses ordres. Désobéis et il se fera un plaisir de tuer.

« Les partisans de la cause sont de plus en plus nombreux. Il en arrive de tous les pays de l'Est. Ils se forment à l'utilisation de l'ancienne magie noire. Ils décolleront dès que le Seigneur en aura donné l'ordre.

« C'est bien beau tout ça mais où sont les traîtres !? Coupa la Mangemort d'une voix enragée. Si tu ne les retrouves pas…

« Ce n'est pas toi mon Maître. Tu n'as pas à me menacer. Je suis une piste. Je verrais où ça mène.

« Ton temps est compté, mon petit neveu. »

Il ne resta pas pour entendre son rire insupportable et quitta les flammes magiques. Il savait qu'elle avait raison, que la patience du Mage noir était très limitée. Il devait trouver une parade. Lui ramener des preuves solides de son implication dans la recherche des « Traîtres » et du survivant.

Se sentant au pied du mur, son loup de lumière alla retrouver la Miss-je-sais-tout dont il avait tant besoin.

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La destinataire du Patronus de Draco était en train de remplir deux tasses de thé lorsqu'il apparut d'un coup. Hermione eut tout juste le temps d'arrêter son geste avant que la tasse ne déborde.

« Je viens de faire mon rapport au camp adverse. Face de Serpent veut des résultats, ça commence à devenir tendu. Tu pourrais faire tourner tes supers méninges pour moi et me trouver un plan ? Promis, tu seras récompensé comme il se doit. »

Avant de disparaître, le loup lui fit un clin d'œil. Rouge comme une pivoine, la belle brune n'osa pas regarder le sorcier qui était avec elle dans la cuisine. Ce dernier grogna, son air bougon habituel.

« Il va falloir qu'il fasse illusion. Si nous voulons continuer à avoir le dessus sur ces écervelés, il faut que le jeune Malefoy reste en vie. S'il échoue, le Mage finira par le tuer. »

Maugrey avait dit ça d'une traite, plus pour lui-même. Il tourna enfin son œil mécanique vers Hermione. La jeune femme affichait un visage prostré.

« Vous ne faites que l'utiliser. Comme Il le fait.

« C'est son rôle, trancha l'homme, pas d'humeur à partir sur un échange de vérités.

« Son rôle, c'est d'être un membre à part entière de l'Ordre.

« Son rôle est de nous donner des informations, quitte à y laisser la vie et il le sait très bien.

« Il…

« On va rester là à bavarder encore longtemps ou on cherche une solution pour sauver les miches de ton prétendant ? »

Ils restèrent silencieux pendant un moment. Se concentrant sur la question.

« Le Seigneur des ténèbres veut Harry, lança Maugrey, rompant le silence devenu du plus en plus lourd.

« Mais oui ! S'écria la brunette. Alors donnons-lui Harry ! Faisons-en sorte qu'il soit partout, ajouta-t-elle précipitamment en voyant les sourcils de l'Aurore se froncer.

« Tu peux me dire où tu veux en venir ?

« Des membres de l'Ordre pourraient, sous Polynectar, prendre l'apparence d'Harry et ainsi, faire croire qu'il voyage tout le temps. Il serait vu en France, puis en Bulgarie…

« C'est une idée dangereuse mais très brillante. Heureusement que tu es de notre côté.

« Je ferais tout pour mes amis et Draco en fait partie maintenant. J'espère que vous saurez vous en souvenir. Il prend énormément de risques pour éloigner les yeux de Vous-Savez-Qui de nous.

« Rogue nous fournira ce qu'il faut de Polynectar. J'enverrai des hiboux dès demain. »

L'homme bourru n'attendit pas plus longtemps et quitta la pièce. Il n'avait pas réagi aux mots de la jeune femme, restée seule. Mais peu importait, ils avaient une solution pour Draco.

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La loutre d'Hermione bondit sur le lit de Draco alors qu'il venait de s'y coucher. Elle s'élança vers lui et se blottit dans son cou. Le jeune homme ne put retenir son rire, amusé par des chatouilles.

« Nous avons une solution pour t'aider, dit la voix d'Hermione alors que l'animal s'était légèrement reculé. J'étais avec Fol'Œil quand tu m'as contacté. Nous avons pensé que si Harry était un peu partout, les Mangemorts ne sauront plus où donner de la tête et les pistes pour le retrouver, plus nombreuses. C'est dangereux pour ceux qui prendront l'apparence du survivant sous Polynectar mais c'est la meilleure solution pour dispersé les troupes de Tu-Sais-Qui. Qu'en penses-tu ?

« Une fois de plus, tu te surpasses. Tu t'es surpassé pour la cause ou pour moi ?

« On sait tous les deux que j'étais la seule à pouvoir trouver une solution. Je ne voulais pas avoir ta mort sur la conscience.

« Alors c'est pour moi, lança la voix hilare du beau blond. »

Ils continuèrent leur échange jusqu'au petit matin, sans voir défiler les heures.
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Ce matin-là, le blondinet commença à ranger consciencieusement ses affaires. Ses chemises, pliées au millimètre près, d'un côté, ses pantalons sans aucun pli, d'un autre dans l'armoire. Alors qu'il sortait de la salle de bain après avoir rangé ses affaires de toilette, il tomba nez à nez avec la belle Aria.

« Pardon, dit-elle en s'écartant. »

Draco haussa les sourcils et retourna à son ménage sans même lui jeter un regard.

« Tu as l'air très ordonné, ajouta-t-elle en voyant la chambre.

« Comme un Malefoy, souligna Draco d'une voix morne.

« Je ne comprends pas, reprit Aria, les sourcils froncés. »

Le jeune homme sourit doucement. Elle n'aurait jamais pu comprendre puisqu'elle ne le connaissait pas.

« Dans ma famille, l'ordre est le maître mot. Tout n'est qu'apparence. Il faut être propre, se tenir droit, les vêtements sans aucun pli d'aucune sorte, et ce, en toute circonstance. Et bien sûr, fréquenter les bonnes personnes, selon leurs critères.

« Quelles sont les bonnes personnes ? Demanda la bulgare après s'être assise sur le lit.

« Celles qu'on juge utiles pour nos intérêts. Les sorciers de Sang pur, issus de bonnes familles.

« Tu penses la même chose qu'eux ?

« Plus maintenant, souffla Draco avant de refermer l'armoire.

« Alors pour toi, qu'elles sont les bonnes personnes ? Continua Aria. »

L'interrogé posa enfin ses yeux gris d'acier sur la jolie Aurore et réfléchit. C'était une bonne question. Il avait trop souvent jugé sans connaître et cela c'était souvent retourné contre lui. Comment pouvait-on décider de qui était bon et qui était mauvais ?

« Je pense que les bonnes personnes sont celles qui se battent pour ce qu'elles aiment. Celles qui cherchent la paix. Celles qui ne font pas les choses uniquement par intérêt.

« Crois-tu être une bonne personne, Draco ?

« A toi de me le dire ! Lança-t-il. Je n'ai pas à me juger moi-même. »

La bulgare eut un grand sourire. Elle se releva et s'approcha doucement de lui. Avec ce sourire, elle avait l'air d'une enfant découvrant un nouveau jeu très intéressant. Elle fit mine d'observer chaque détail de sa personne et se mit même à lui tourner autour, amusée.

« Que fais-tu ? Demanda le blondinet, intrigué.

« J'observe ! Lança-t-elle en riant. Mais, je ne juge pas ! Ajouta-t-elle en revenant face à lui, plus sérieusement. »

Un léger silence vint prendre la place de leur conversation. Seuls leurs regards s'échangeaient.

« En cet instant, je me fous de savoir si tu es une bonne personne ou non, souffla-t-elle, avant de venir se coller à lui. »

Aria posa ses mains sur les bras, restés immobiles, de Draco et rapprocha dangereusement son visage du sien. Un peu surpris, Draco se laissa tout de même faire. Le contact entre leurs lèvres était doux mais aucune sensation ne vint chatouiller le jeune Malefoy. Agacé par son propre manque de réaction, il passa l'une de ses mains dans le dos de la jolie brune et la serra plus fort contre lui. Il intensifia le baiser en glissant sa langue entre les lèvres pulpeuses d'Aria. Mais au bout de quelques secondes, toujours rien...

Ils s'écartèrent l'un de l'autre et se contemplèrent.

« Tu as l'air agacé, observa Aria.

« Désolé, mais ça ne fonctionnera pas, expliqua Draco.

« Oh, ce n'est pas grave ! C'est très beau, un homme fidèle !

« Fidèle à quoi ? S'étrangla-t-il.

« En amour, répondit-elle avant de sortir de la chambre. »

Ce mot l'avait frappé de plein fouet. Il se laissa tomber sur le lit, l'air abasourdi.

Fidèle ? Lui ?!

Amoureux ?!

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Un homme et une femme se tenaient amoureusement la main et marchaient paisiblement sur le sable fin et blanc de la plage. Hermione ne parvenait pas à voir leurs visages mais dans son cœur, elle savait qui ils étaient. Elle désirait les rejoindre, marcher à leur côté. Elle avait beau courir pour arriver à leur hauteur, rien n'y faisait. La brunette restait sur place, s'enlisant peu à peu dans le sable, devenu mouvant. A mesure qu'elle s'enfonçait, le couple s'éloignait.

La belle ouvrit de grands yeux humides sur le plafond et se redressa, assise au milieu de son lit. Sa main vint essuyer la sueur de son front. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas rêver d'eux. Elle retint un sanglot et se leva, écartant d'un geste brusque la couverture.

Après s'être débarbouillée, la belle sortit de sa chambre et rejoignit le rez-de-chaussée. Il y avait déjà pas mal d'animation dans la maison. Otto était occupé à lancer des sorts d'agrandissements tandis que Lupin et Ron augmentaient la force des sorts de protection sur tout le périmètre.

Hermione entra dans la cuisine et tomba sur les deux jolies blondes en train de faire des pancakes. La brunette ne faisait plus attention aux vêtements étranges de Luna mais fût étonnée par ceux de Gabrielle. La française portait une petite robe en coton très courte avec un long gilet épais et des bas en laine montaient jusqu'à mi-cuisse. Le tout avait l'air confortable mais très sexy aussi. La née-moldue attrapa une tasse et se fit un thé avant de sortir de la pièce. Elle avait peut-être changé mais au point de devenir la meilleure amie d'une gamine, peut-être pas. Elle préféra retrouver la compagnie de Tonks, installée dans un gros fauteuil près du feu. L'aurore avait de plus en plus de ventre et devait rester assise le plus clair de son temps.

« Bonjour Tonks !

« Salut Hermione. Je n'ai pas eu le temps de le dire avant mais tu es très jolie. Tu essayes de plaire à qui comme ça ?

« A personne, bredouilla la jolie brune avant de s'asseoir. Tu n'es pas mal non plus, ajouta-t-elle ironiquement en montrant, d'un geste du menton, le gros ventre de l'aurore. »

Celle-ci se mit à rire tout en acquiesçant.

« Tu arrives à terme dans combien de temps ? Demanda distraitement Hermione. »

La sorcière n'avait jamais eu l'occasion de discuter avec Tonks. Cette jeune femme intrépide, courageuse et drôle. C'était le genre de personne qu'elle évitait en général. Peut-être avait-elle peur de paraître trop sérieuse et coincée à côté d'elle ? Encore une fois, c'était une question d'apparence. A cette pensée, la jeune femme soupira, agacée.

« Tu es sûre que tout va bien ? Questionna Tonks.

« Je suis désolée. Je ne t'ai même pas écouté, avoua-t-elle.

« Ce n'est pas grave. Je vois bien que vous êtes tous sous tension en ce moment. Entre les sauvetages de familles moldues, votre mission secrète qui vous donne du fil à retordre et… nos agents doubles envoyés en mission suicide. »

La jeune Aurore avait appuyé sur ce dernier point, un air malicieux au visage. Que cherchait-elle au juste dans le regard d'Hermione ?

Tonks la contemplait avec grande attention et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle se leva tant bien que mal et lança :

« C'est ça, l'effet Black ! »

Hermione resta pantoise sur le canapé. L'effet Black ? Qu'insinuait-elle ?

Alors que la future maman sortait de la pièce, elle se tourna à nouveau vers son interlocutrice.

« Je sais que c'est ce côté qui prédomine chez Draco. »

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Le jour s'était également levé sur l'ancienne bâtisse de l'école de sorcellerie. Mais les jours n'avaient jamais paru aussi sombres. D'épais nuages noirs avaient élu demeure au-dessus de Poudlard. La forêt interdite était chaque jour de plus en plus terrifiante.

C'était pourtant vers cet endroit, empreint d'horreur, que Ginny se dirigeait. Elle tenait fermement sa baguette et avançait vivement, l'air déterminée.

Elle avait pris seule la décision qu'elle devait agir, trouver des solutions pour faire la différence lors des prochaines batailles. La rouquine s'était alors souvenue des centaures, de leur force et de leur dextérité. Dumbledore les avait toujours respectés pour cela. Il fallait qu'ils se rallient à leur cause, qu'eux aussi, se battent pour leur liberté et la paix de leur royaume.

Elle avait déjà fait un bout de chemin dans la forêt quand un craquement sonore la fit sursauter. Elle regarda partout autour d'elle, mais rien ne bougeait. Elle décida de reprendre sa marche mais un deuxième craquement, plus près cette fois, la fit bondir. La belle leva sa baguette, sa respiration s'accélérant au fil des secondes.

Tout à coup, un tronc d'arbre venu de nulle part alla s'abattre sur elle, la faisant volée de quelques mètres. Ginny n'avait pas eu le temps de l'éviter mais elle avait eu le temps d'amortir sa chute avec un sort. Elle secoua la tête, sonnée par le choc et redressa à nouveau sa baguette, toujours allongée sur le sol humide et gelé.

« Qui est là ?! S'écria-t-elle. Montrez-vous ! »

La jeune femme se redressa finalement et tendit l'oreille. Un troisième craquement lui indiqua enfin l'endroit où se trouvait son assaillant. Elle lança un sort puissant vers cet endroit et entendit un râle. Elle avait touché sa cible. La jolie rousse parcourut vivement les quelques mètres qui la séparait de son agresseur. Un agresseur gigantesque !

« Il y a des géants dans la forêt maintenant ?! Lança la jeune femme, hallucinée devant ce monstre de plus de six mètres. »

Son souffle avait balayé un buisson enneigé et fait retomber les flocons sur le sol. Ginny se positionna devant le visage boursoufflé du géant évanoui et le regarda avec dédain.

« Espèce de saleté ! Nargua-t-elle. Tu fais moins le… Ahhh ! »

Elle ne put finir sa phrase que l'intéressé l'avait attrapé d'une main et soulevé dans les airs.

« Lâche-moi ! Hurla-t-elle alors qu'il resserrait ses doigts sur elle. »

Il se releva complétement et fronça ses immenses sourcils en la regardant. Elle ne représentait qu'une brindille pour lui. Il aurait pu aisément la briser en deux. Mais le géant n'en fit rien.

« Je t'ai dit de me lâcher ! Reprit Ginny d'une voix forte. Tout de suite ! »

Le monstre fit une drôle de tête et baissa sa main jusqu'au sol pour la relâcher. C'était sans compter sur le sorcier qui bondit derrière eux et lança un sort sur cette même main qui tenait encore la rouquine. La belle tomba de deux mètres de haut lorsque le sort frappa les doigts du géant, le forçant à lâcher prise.

« Tu vas crever ! S'écria une voix forte et grave. »

Ginny releva la tête et reconnut nul autre que Blaise.

« T'es taré ou quoi ? Dit-elle tout en râlant pour se lever.

« Rien de cassé ? Demanda-t-il en la poussant pour se placer devant elle. Je vais te détruire ! Ajouta-t-il sèchement à l'égard du géant qui s'était reculé.

« Je m'en sortais très bien sans toi ! Intervint Ginny en retenant son bras avant qu'il ne lance un nouveau sort.

« Il allait…

« Me reposer au sol ! Coupa la rouquine. Il est inoffensif !

« Qu'est-ce que…

« Tu l'as obligé à me lâcher avant qu'il ne me pose au sol, fit-elle remarquer, le coupant à nouveau. Abruti ! »

Elle se frotta le bras tout en grimaçant. Dans sa chute, elle n'avait pu que se réceptionner dessus.

« Désolé, souffla simplement Blaise à l'adresse du géant tout penaud. »

Le jeune Zabini avait, lui aussi, l'air mal au point. Il avait la main plaquée sur ses côtes. De son autre main coulait du sang. Il avait une entaille au-dessus de l'œil droit et la lèvre inférieure fendue.

« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Lança la jeune Weasley, les sourcils froncés.

« C'est une longue histoire…
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[Le métis était entré dans la demeure Malefoy quelques minutes à la suite de la jeune Parkinson. Celle-ci l'avait interrogé du regard, comme s'il savait pourquoi ils avaient été appelés, mais le jeune homme lui avait rendu son regard et s'était avancé vers la porte de la grande salle à manger.

« Pas tout de suite, avait soufflé la voix stridente de Bellatrix.

« Tu sais ce qu'il veut ?

« Il peut bien vouloir le monde entier ! Tu obéiras sans dire un mot ! Petit…

« Bellatrix ! Coupa le souffle glacial du maître des lieux. Fais-les entrer !

« Oui, Maître ! Répondit celle-ci avant d'ouvrir la porte.

« Tu t'es recyclé dans le métier de portier ? Et tu fais aussi le ménage ? Questionna le jeune Zabini avec cynisme.

« Ferme-là et entre ! Ordonna Bella, la mâchoire étroitement serrée. »

Le Mangemort s'exécuta, suivit par Pansy de très prés. La Serpentard tremblait légèrement mais se redressa vivement lorsque le Seigneur des ténèbres se tourna vers eux.

« Comment se passe la vie à Poudlard ? Demanda Voldemort dans un sifflement.

« Grâce à la Brigade et aux différents châtiments, la rébellion est contenue, Maître. La peur les fera plier sous votre autorité, ajouta Blaise, un sourire victorieux sur le visage.

« J'ai délégué le fils Goyle pour te remplacer à la tête de la brigade. Toi et Pansy partaient dans le nord de l'Allemagne. »

Les deux concernés se lancèrent un regard intrigué. Qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir faire dans le nord de l'Allemagne.

« Vous allez trouver les géants et les convaincre de se rallier à nous, continua le Mage noir.

« Comment devons-nous procéder Maître ? Nous n'avons jamais eu à faire à des géants… »

Voldemort transperça Pansy de ses yeux de serpent et sans crier gare, lui lança un sort qui la traversa entièrement. La brunette s'effondra au sol dans un cri strident.

« Ils auront droit à leur totale liberté en échange de leurs services, reprit le sorcier après avoir libéré Pansy du Doloris. »

Pansy ne bougea pas du sol, tremblante. Agacé, Blaise lui attrapa le bras pour l'aider à se relever. Il lui lança un regard sévère, comme pour la sommer de réagir. Celle-ci avait visiblement compris son regard car elle acquiesça avant de se redresser complétement et de se tenir droite.

« Ne me décevez pas ! Trancha Voldemort d'un ton plus équivoque.

« Nous sommes à vos ordres, Maî..., tenta la jeune Parkinson. »

Celle-ci n'eut pas le loisir de finir sa phrase, un nouveau sort la traversant avec force. Le métis leva les yeux au ciel devant autant de stupidité et ce geste n'échappa pas au Maître.

« As-tu quelque chose à dire, Blaise ?

« Je me propose seul pour cette mission, mon Seigneur, dit l'interrogé, le visage animé d'aucune émotion.

« Tu ne veux pas de la jeune Parkinson ?

« Je serais plus rapide et efficace seul, Maître.

« Tu remets en question mes décisions ? »

La voix ténébreuse de Lord Voldemort s'était durcie à son maximum et ses pupilles étaient étrangement dilatées. Son visage devint si terrifiant que Blaise se recula d'un pas. La gorge sèche, il avait du mal à déglutir.

Pansy ne s'était pas relevée et le jeune Zabini se retrouvait seul face au Mage noir. Ni une, ni deux, un éclair traversa la pièce, faisant exploser une statue. Blaise eut tout juste le temps de plonger sur le côté. Mais la statue tombée au sol, se releva d'un coup, animée par un autre sortilège, et s'abattit sur le jeune homme allongé par terre. Le poids de la statue de marbre broya ses côtes dans la violence du coup et il ne put retenir un cri de douleur.

Ce cri ne fit qu'augmenter le plaisir du Seigneur des ténèbres. S'était là, son jeu favori. Il lança un nouveau sort alors que Blaise s'était extirpé de sa prison de pierre. La violence de ce sort lui assainit un coup en plein visage. Son corps entier se vit propulser dans les airs. Il avait l'horrible impression que ses poumons ne pouvaient plus s'ouvrir et que sa mâchoire s'était décrochée. Il atterit à genoux, complétement défait par le choc.

Mais ces châtiments ne faisaient qu'augmenter sa haine envers ce monstre et le confortaient dans son idée de le détruire. Blaise était loin de renoncer à l'autre camp et de changer d'avis. A cette seconde précise, il était sûr de lui et de ses choix.]
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Ginny aida Blaise à s'asseoir sur une souche d'arbre et se mit à faire les cent pas.

« Tu pars quand ? Demanda-t-elle.

« Demain, répondit Blaise. »

Tout s'accélérait dans l'esprit de la jeune femme. Elle avait peur qu'il ne tienne pas le coup avec ses blessures. Qu'il se fasse tuer par les géants. Qu'il échoue et que Voldemort le tue ensuite. Qu'il...

« On peut savoir ce que tu fais ? Questionna le métis, intrigué par l'attitude de la rouquine. »

Celle-ci ne pouvait pas répondre. Elle ne pouvait pas s'avouer ce qu'elle ressentait. Et, elle ne put s'empêcher de tomber à genoux devant lui et de lui attraper le visage pour que leurs lèvres se lient.

Plus rien n'avait de sens et peu de choses comptaient puisqu'à cet instant précis, c'était son cœur qui parlait, qui criait.

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Suite au plan d'Hermione et par demande d'Alastor Maugrey, plusieurs Aurores étrangers avaient accepté la mission. Rogue accepta de fournir suffisamment de Polynectar. Il ne manquait plus que l'accord d'Harry et une partie de lui.

« Je sais que c'est une idée farfelue mais…

« Hermione, tu veux bien en venir au fait, coupa son meilleur ami alors que la jeune femme tournait autour du pot depuis plusieurs minutes.

« Tu sais que Draco risque sa vie pour nous faire gagner du temps. Les taux se resserrent autour de lui. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, il est certain de se faire démasqué.

« Jusque-là je suis d'accord. Viens-en au fait.

« Mon idée peut garantir sa couverture et nous faire gagner du temps pour notre mission.

« Hermione, soupira le jeune Potter, s'impatientant.

« Les Aurores étrangers sont venus ici pour prendre ton apparence sous Polynectar et donner l'illusion que tu es partout en même temps, dit-elle d'une traite à une vitesse folle. »

Harry avait les yeux plissés, n'étant pas sûr d'avoir tout compris. Mais il n'eut pas besoin de réfléchir plus longtemps. Maugrey s'avança vers lui l'air déterminé. Il posa une main sur son épaule et sans qu'il s'y attende lui arracha des cheveux.

« Aïe ! Mais ça va pas ?! »

Il plaqua sa main sur l'endroit où on lui avait arraché des cheveux.

« Je viens de comprendre, souffla-t-il soudain livide. Vous voulez risquer encore des vies pour…

« Veuillez m'excuser , intervint un Aurore français. J'aimerais vous rappelez que nous sommes agents secrets au service de la paix. Notre monde est en danger. Vous croyez sincèrement que si Vous-Savez-Qui remporte la victoire, il s'arrêtera à l'Angleterre ? »

L'Elu devait admettre que, malgré les risques, c'était un très bon plan pour embrouiller les rangs de l'ennemi.

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Une Loutre bleue vint troubler le sommeil du jeune Malefoy. Lui qui avait déjà beaucoup de mal à s'endormir, il n'arrivait quand même pas à lui en vouloir. En entendant les mots d'Hermione au travers de l'animal, il se redressa d'un coup et compris qu'il lui restait peu de temps pour agir. Le plan était en marche.

Après s'être rhabillé, il dévala les marches qui menaient au salon du Bulgare. Il ralluma un grand feu et balança la poudre magique dedans sans attendre plus longtemps.

« Mon Seigneur, commença-t-il d'une voix forte. Veuillez m'excuser pour l'irruption tardive mais j'ai de très bonnes nouvelles.

« L'unique bonne nouvelle que je veux entendre, mon cher Draco, c'est que tu as retrouvé le garçon, siffla la voix ténébreuse du Mage noir.

« C'est en effet ce que je voulais vous annoncer, Maître. Il a été aperçu dans le centre-ville de Plovdiv. Je pars de ce pas avec ceux que j'ai rassemblé.

« Je le veux vivant ! Ne l'oublie pas ! Je ne tolèrerai aucun… »

Dans un grand fracas, la porte de la salle à manger, derrière le Lord, s'ouvrit et lui coupa la parole.

« Maître ! Potter a été vu près de l'académie Beaux Bâtons ! Hurla la voix d'un Mangemort. »

Voldemort qui avait fait volte-face, se tourna à nouveau vers Draco, les yeux incisifs.

« Tu peux m'ex… »

« Maître ! Le survivant est à Londres ! S'exclama un autre Mangemort tout en accourant dans la pièce. »

Sous la fureur du Mage noir, la grande table qui trônait au centre de la pièce se retrouva brisée en deux.

« Retrouvez-moi ce misérable avorton ! Hurla-t-il. Bellatrix ! Prends des hommes et rends-toi en France ! Ordonna-t-il. Goyle ! Pars à Londres, emmène qui tu voudras ! Toi, ajouta-t-il à l'adresse de Draco, suis la piste que tu as ! Aucun échec ne sera toléré !

« Je vous jure que je ferais tout pour le retrouver et vous le ramener s'il est ici. Il ne m'échappera pas. »

Sur cette promesse, le jeune Malefoy quitta les flammes. Il essuya son front plein de sueur et ravala sa salive.

« Avec qui tu parlais ? Questionna Viktor alors qu'il était rentré dans son salon et qu'il avait entendu les mots de Draco. »

Le beau blond lui mentit mais le bulgare n'était pas dupe. Il savait que quelque chose se tramait. Il n'offrait pas son entière confiance à l'ancien Mangemort, d'après ses dires.
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Leur échange de regards et le silence de plomb qui s'était insinué entre eux, fut soudain interrompit par la voix d'Aria, juste devant la maison. Elle discutait avec des inconnus. Viktor n'attendit pas longtemps pour sortir et aller à leur rencontre, Draco sur ses pas.

Les deux hommes semblaient être des policiers qui faisaient un contrôle de routine. Draco voulut coopérer mais Viktor lui barra le chemin. Le bulgare entama un échange avec les hommes mais très vite, le ton monta. L'anglais ne quittait pas les hommes du regard, ses doigts serrés sur sa baguette dans sa poche. Ceux-ci faisaient de drôles de gestes et leurs visages exprimaient de la colère, mais aussi, de la peur...

Le jeune Malefoy eut tout juste le temps de sortir sa baguette alors que l'un des deux policiers était au sol, les yeux en arrière après avoir été frappé de plein fouet par un éclair sorti de nulle part.

Aria plongea sur le deuxième homme et le força à se coucher sur le sol. Celui-ci s'était mis à crier, pris de panique.

Viktor le somma de se taire, du moins, c'est-ce que le blondinet en déduit, puisque l'homme s'arrêta d'un coup. Un silence terrifiant envahit la ruelle.

« Nous sommes trop à découvert ! Lança Draco, inquiet.

« Par-là ! Hurla Viktor, en montrant une ruelle à leur gauche. »

L'ancien champion voulait à tout prix éviter que le combat se passe dans une rue habitée par des moldus innocents.

A peine avaient-ils bougé qu'une pluie d'éclairs s'abattit sur eux. Viktor fut touché au bras mais ce n'était qu'un simple sort. Aria ordonna à l'homme, toujours avec eux, de se cacher derrière les poubelles et de rester silencieux. Celui-ci s'exécuta et le trio put engager une stratégie pour se sortir de ce pétrin.

« Ce sont des Mangemorts ? Demanda vivement le blondinet.

« Tu le sais très bien ! Affirma Viktor, furieux.

« Mais de quoi tu parles ? Se demanda Draco en voyant les hommes encapuchonnés arriver.

« C'est pas le moment, intervint Aria. Ils sont au moins cinq, ajouta-t-elle en jetant un œil. Ils ne sont jamais moins de cinq, continua-t-elle devant le regard surpris de son allié. »
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La tension et la peur s'insinuait peu à peu dans les entrailles du jeune Malefoy. Il savait pertinemment qu'il devrait se battre. Mais dans cet affrontement, il risquait, non seulement sa vie, mais aussi sa couverture. Si l'un des Mangemorts venait à découvrir qui il était et avec qui il était, l'information arriverait rapidement aux oreilles du Seigneur des ténèbres.

« Il faut impérativement les combattre et les mettre hors d'état de nuire, expliqua-t-il. S'ils me reconnaissent, ça pourrait nous mettre tous en danger.

« Il a raison ! Avoua Aria. L'Ordre a besoin de son agent double. »

Krum avança de quelques pas et eut tout juste le temps de se baisser pour éviter un sort qui alla faire exploser le mur à sa droite.

La jolie bulgare se retrouva très vite aux prises avec un sorcier venu de nulle part. Draco voulut l'aider mais déjà un autre lui fonçait dessus, filant à toute vitesse sur son balai. Le jeune Malefoy plongea derrière un panneau en bois et jeta une dizaine de sorts informulés à la suite. L'un d'eux toucha finalement la cible, immobilisant le balai en plein vol. Sous le choc de la secousse, le sorcier ne parvint pas à se retenir et tomba de plus de trois mètres de haut. Sa tête heurta le pavé avec une telle violence que son assaillant put l'entendre craquer. L'agent double, une grimace de dégoût au visage, resta quelques secondes derrière son panneau puis lança un Accio sur le balai, toujours dans les airs. Le blondinet sauta dessus et s'envola au-dessus de ses alliés.

Un éclair rouge que lança l'ancien attrapeur bulgare frappa la pierre d'un mur avec force, le faisant s'effondrer sur son adversaire. Mais déjà un autre ennemi le provoquait en duel. Les sorts lancés étaient violents et Draco manqua de peu de tomber du balai en évitant l'un d'eux.

En hauteur, il avait une meilleure vue de la situation mais il risquait aussi d'être vu et d'être reconnu. Il lança plusieurs Stupéfix sur un Mangemort qui courrait vers Viktor et lorsqu'il fut à terre, il lui jeta le sort d'Oubliettes. Alors qu'il regardait autour de lui, Draco entendit un cri.

Aria, coincée contre le mur, n'arrivait plus à repousser les deux hommes qui l'attaquaient. L'un deux l'avait désarmé tandis que l'autre l'avait attaché avec d'épaisses cordes. Le blond ne réfléchit pas plus longtemps et fila vers eux. C'était sans compter sur un troisième sorcier qui aperçut le balai et le fendit en deux avec un sort.

Heureusement pour lui, Draco ne volait pas haut. Il atterrit au sol dans une roulade, tel un cascadeur. Impressionné, le bulgare n'eut pas le temps d'éviter le Stupéfix.

« Oubliettes, souffla le Serpentard devant le corps inanimé du jeune Mangemort. »

La jeune Aurore hurla une seconde fois alors que l'un des sorciers lui entaillait la joue. Draco accourut, très vite rejoint pas Viktor.

« Lâchez-là ! Vociféra Draco, sans pouvoir se retenir. »

C'est seulement lorsqu'il se retrouva nez à nez avec l'homme, qu'il comprit son erreur. L'homme le jaugea du regard avant de prendre un air stupéfait.

« Draco Malefoy ! Lança-t-il. »

Fichu... Il savait qui il était et avec qui il était... Rien ni personne ne pouvait le sauver si le Maître l'apprenait.

Cette fois encore, Draco ne prit pas la peine de réfléchir. Il bondit sur l'homme et lui brisa le cou d'un geste sec. Aria avait eu le temps de se débarrasser de ses liens et de venir à bout du dernier sorcier avec Viktor Krum.

Le geste de leur allié anglais les pétrifia de stupeur. A présent, ils le regardaient avec inquiétude et peur.

Draco venait de tuer un homme... à mains nues.

« Je savais que tu étais un meurtrier ! C'est toi qui les a attirés ici, attaqua le bulgare, rompant le silence. J'ai entendu la fin de ta conversation. Tu nous as trahi. »

Le rire sardonique du jeune Malefoy plongea les bulgares dans l'incompréhension totale.

« On se retrouve au Q.G. Vous aurez vos réponses à ce moment-là. »

Sans un regard, l'anglais les abandonna.

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Que sommes-nous prêts à faire pour sauver notre peau ? Draco n'a pas vraiment eu le temps de se poser la question…

Les divers Harry, c'est bien sûr un clin d'œil aux « sept Harry » de l'histoire originelle de J.K Rowling.
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Vos impressions ? Vos avis ? Petites reviews très appréciées.
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A très vite alors…