Je ne possède aucun des personnages de la série TV.

Un recueil de textes courts sur l'univers de la série White Collar nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire

Neal avait froid et il était désorienté.

Ce texte a été écrit sur un thème des Nuits du FoF sur le thème "Poulet"

(Rappel des règles : 1 thème pour une 1 heure entre 21h et 4h du matin)

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


LE PRISONNIER DE LA CHAMBRE FROIDE

La tête de Neal martelait et son esprit était confus lorsqu'il commença à émerger de l'obscurité, tiré à la fois par la lumière et le son lointain de son téléphone portable. Ses paupières étaient lourdes. Le jeune homme tenta de garder les yeux ouverts, mais c'était vraiment difficile. Il cligna des paupières plusieurs fois et essaya d'évaluer sa situation. Il était assis par terre contre un mur et il faisait froid… Trop froid… Un frisson incontrôlable parcourut tout son corps. Neal serra les dents pour les empêcher de claquer mais, tout son corps continua de convulser à cause des frissons. Pourtant c'était étrange, malgré le froid qui l'entourait, son torse semblait brûler comme l'enfer et chaque frisson envoyait des décharges électriques à son côté droit. Le jeune homme savait qu'il devait faire quelque chose pour sortir de là rapidement, mais il ne savait pas où il était. Sa mémoire était bien trop confuse. En tremblant, il redressa la tête pour chercher des indices. La pièce était sombre, humide et une simple ampoule était suspendue au milieu du plafond, retenue par une chaîne. Contre les murs, se trouvait des étagères métalliques sur lesquelles étaient posées des sacs de pain, des légumes et des cagettes de viande dont plusieurs dizaines de poulets qui lui donnaient l'impression de le regarder. Tous les aliments étaient recouverts de glace, et comme il continuait à trembler, Neal réalisa qu'il l'était, sans doute lui aussi, c'était pour ça qu'il avait aussi froid, non ? En continuant de trembler, le jeune homme baissa les yeux.

Cela devait faire un certains temps qu'il était là, car, en effet, des taches de glace s'étaient formées sur ses vêtements et ce fut là quand il les détailla qu'il se rendit compte que la chemise blanche qu'il avait mit ce matin, était devenue rouge... Rouge ? Du sang ?… Du sang qui coulait encore régulièrement d'une blessure au côté droit et qui expliquait pourquoi son torse brûlait comme l'enfer. Cette découverte lui fit aussi désagréablement prendre conscience qu'il était assis dans une flaque de son propre sang. Du sang qui gelait sur le sol autour de lui. Il ferma les yeux et tenta de contrôler la bouffée de panique qui était en train de s'emparer de lui. Il ne devait pas paniquer. Il devait garder les idées claires tant qu'il le pouvait encore et il avait peur que cela ne dure pas très longtemps…

La sueur qui coulait de son visage se transformait piqûres de glace quand le froid de l'atmosphère autour de lui la gelait, amplifiant ses frissons. Il était dans une chambre froide ? C'était ça, non ? Malgré ses efforts, son esprit était trop confus pour expliquer pourquoi il était là, ou pourquoi il saignait. La seule pensée qui était claire pour lui, était qu'il avait besoin d'aide… et l'aide ne pouvait venir que d'une seule personne : Peter.

Le visage de son ami venait à peine de s'imposer à son esprit que son téléphone sonna de nouveau. Ce simple son lui arracha un poids des épaules, le téléphone passait… faiblement, mais il sonnait.

Avec un grognement, Neal fouilla dans la poche de son manteau et ce simple geste lui causa plus de douleur qu'il ne l'aurait pensé. Le mouvement de son bras tira sur les muscles endommagés de son torse, lui arrachant un long gémissement de douleur pendant qu'il parvenait enfin à tirer son téléphone hors de la poche intérieure de sa veste. Epuisé par ce simple effort, son bras retomba lourdement au sol en tenant le téléphone. Trop faible pour le maintenir en place prêt de son oreille, Neal appuya sur le bouton pour répondre, puis le mit sur haut-parleur en frémissant de froid. Ses doigts se crispèrent autour du téléphone comme ils s'agripperaient à une bouée de sauvetage. Peu à peu et de manière insidieuse, sa panique augmentait, limitant sa capacité à respirer. Il se sentait tellement mal. La voix de Peter criant presque son nom emplit la pièce. Il avait l'air inquiet, mais sa voix apporta un sentiment de réconfort immédiat au jeune homme. Il savait que Peter allait le trouver.

- Neal ! Tu m'entends? … Neal !

- Peter… Marmonna Neal entre ses dents serrées qui claquaient de froid.

- Neal ! Où es-tu ?

- Je ne sais pas… Une chambre froide… Je pense…

Le jeune homme murmurait ses réponses à voix basse, car il n'avait plus assez d'énergie pour parler plus fort.

- J'ai froid… Ajouta-t-il en luttant pour garder les yeux ouverts.

- Une chambre froide ? Lui redemanda Peter.

- Oui… J'ai froid… J'ai tellement froid…

- Neal, quel est le dernier endroit où tu étais ? Tu t'en souviens ?

Peter sentait la panique le gagnait lui aussi peu à peu. Neal était faible. Quelque chose n'allait pas et son cœur se serra. Il devait le retrouver… et rapidement.

- Je ne sais plus…Je… Un restaurant, je crois… répondit Neal sans parvenir à se rappeler pourquoi.

- Quel restaurant Neal ?

Neal réfléchit quelques instants, mais son esprit était embrumé par le froid et la douleur.

- Je ne me souviens pas… J'ai froid…

Au loin, il entendit Peter hurler des ordres, mais ne comprit pas vraiment ce qu'il disait. Puis son ami reprit le téléphone et dit d'une voix forte et claire.

- Neal ! Il faut tenir ! Je vais tracer ton téléphone, ne raccroche pas ! On arrive !

- Peter… On... On m'a tiré dessus !

- Je sais, murmura doucement Peter. J'ai compris Neal… A quel point c'est mauvais ?

- Je saigne… J'ai froid…

- Je sais… Je sais, mon grand. Accroche-toi Neal… Tu dois tenir, d'accord ? Nous sommes juste à côté !

- J'ai peur Peter…

- Non, il ne faut pas avoir peur Neal. Tu sais que je suis là… Tu sais que je te retrouve toujours.

- J'ai froid, répéta doucement Neal.

- Accroche-toi ! Je sais que tu en es capable !... Je suis en chemin. Tu m'entends Neal ? Je viens te chercher !

Mais, cette fois, le téléphone resta muet et Peter sentit une boule se former dans son ventre pendant qu'il hurla de plus en plus fort.

- Neal ! Réponds-moi ! Neal ! Je t'en prie Neal , ne meure pas ! Neal !

Cependant, ce dernier ne lui répondit pas, mais malgré le silence persistant, Peter garda son téléphone plaqué à l'oreille, juste au cas où le jeune homme aurait eu de nouveau la force de lui dire quelque chose.

- Nous y sommes presque, dit Jones en prenant un virage serré presque sur deux roues pour aller plus vite sans perdre le contrôle de la voiture. Juste quelques minutes.

Peter regarda par le pare-brise tout en écoutant attentivement l'appel silencieux en quête du moindre signe de son ami.

- Il ne les as pas ces quelques minutes, marmonna Peter en luttant contre ses émotions. Il est peut-être déjà…

- Non ! Avec tout le respect que je vous dois patron, ne dites pas ça, s'il vous plaît ! Neal va bien ! Il doit aller bien ! On aurait dû assurer ses arrières… ça n'aurait jamais dû arriver ! Alors, il ira bien !

Quelques instants plus tard, la voiture se gara effectivement devant un restaurant. Peter glissa son téléphone dans sa poche sans raccrocher l'appel et sortit de la voiture avant même qu'elle soit vraiment arrêtée. Il arriva le premier à la porte et tira son arme, puis il pénétra dans la salle à manger, la balayant rapidement du regard à la recherche d'une menace. Ne voyant rien de suspect, il laissa les autres agents faire le tour de la pièce et courut à l'arrière en tentant de contrôler l'angoisse qui lui serrait la poitrine.

Ses yeux tombèrent sur la porte de la chambre froide et il frémit en pensant qu'un salopard avait enfermé son ami blessé là dedans. Rengainant son arme, il fit tourner le loquet, et tira la porte aussi vite que possible avant de pénétrer à l'intérieur. Son souffle se bloqua dans sa gorge à la vue de Neal. Il était là : la peau bleue recouverte d'une fine couche de givre, assis dans une flaque gelée de son propre sang. Sa tête était penchée sur le côté. Ses doigts recourbés serraient étroitement son téléphone. Son corps était complètement immobile. Il ne grelottait même pas et Peter savait que ce n'était pas une bonne chose.

- J'ai besoin d'une équipe médicale ! Maintenant ! Hurla Peter avant de se précipiter dans la chambre froide.

En une fraction de seconde, l'agent du FBI se retrouva aux côtés de son ami, ne semblant même pas remarquer qu'il était à genoux dans le sang de Neal. Ses doigts tremblants touchèrent le cou du jeune homme et un glapissement de détresse échappa des lèvres de Peter quand il se rendit compte à quel point sa peau était froide. Cependant, il sentit aussi un pouls faible, filant, mais il était là. Il était vivant.

- C'est bien Neal. Je suis là Neal. Je t'ai retrouvé. Tu n'as plus à avoir peur. Tu vas t'en tirer. Tout ira bien… Je suis là… Ne lâche pas Neal, je suis là…

Peter déglutit avec peine et cligna des yeux pour chasser les larmes qu'il sentait poindre. Ce n'était pas le moment de laisser ses émotions le submerger. Neal avait besoin qu'il soit fort pour eux deux. Alors, il se contrôla, passa ses bras autour des épaules de son ami et le fit basculer avec précaution dans ses bras pour compresser sa blessure tout en répétant d'une voix tremblante autant pour lui que pour le jeune homme inerte.

- Tout ira bien…

Puis un cri remonta dans sa gorge.

- J'ai besoin de l'équipe médicale ! Maintenant !

Son cri de désespoir se répercuta dans la chambre froide et un frisson traversa le corps de Neal. Peter baissa les yeux et tomba sur deux fentes bleues translucides qui le détaillaient.

- Eh ! Neal !

Sa main se posa sur sa joue et il la caressa doucement.

- Je suis là le Kid.

- Peter… coassa faiblement le jeune homme.

- Oui.

- Tu… Tu m'as retrouvé…

- Tu sais bien que j'y arrive toujours, lui répondit Peter en lui souriant au moment où les secouristes entraient dans la chambre froide.