Bonjour à tous, voici le nouveau chapitre qui tombe pile le jour de mon anniversaire. Alors le voici en guise de cadeau à mes lecteurs pour mes trente et un ans.
Je tiens à vous remercier pour les reviews postées, cela fait toujours plaisir !
Pour répondre à quelques questions qui m'ont été posées : cette fic est terminée, y compris le tome 3. Il y aura donc, sauf erreur de ma part, un chapitre toutes les deux semaines.
Merci à ceux et celles s'inquiétant de ma santé : les maladies psychiques ne sont pas drôles, même si j'espère être sur la voie du rétablissement. Bien que ce ne soit pas la forme en ce moment, l'écriture et la lecture demeurent les principales choses qui me font tenir.
Concernant la magie, j'avoue avoir beaucoup de plaisir à expliquer comment ça marche. Je peux comprendre néanmoins que l'on n'a pas toujours besoin de toujours l'expliquer avec de nombreux détails afin de laisser au lecteur la possibilité d'imaginer. Cependant, et surtout dans le cadre de cette fic, nous avons un protagoniste qui est un scientifique, qui a besoin de comprendre le comment des choses, voir le pourquoi. Edward a donc une approche scientifique de la magie, ce qui ne lui enlève pas une approche philosophique, voir spirituelle. C'est pourquoi j'aime particulièrement Edward comme personnage.
Mais sans plus tarder, voici l'avant dernier chapitre. Bonne lecture !
T2 Chapitre 17
La vision qui se trouvait sous les yeux de Dumbledore, Harry et Edward était étrange et effrayante : ils se trouvaient au bord d'un immense lac noir si grand que l'on ne pouvait apercevoir l'autre rive et la caverne était si haute qu'on ne pouvait pas non plus distinguer le plafond. Une lueur verdâtre, comme émanant de derrière un épais brouillard, brillait au milieu du lac et se reflétait sur le lac aux eaux parfaitement immobiles. Bien que les trois sorciers avaient allumé leurs baguettes et malgré cette lueur cuivrée, l'obscurité régnait en maîtresse ici, comme si elle était magique, empêchant toute lueur de s'étendre et d'éclairer. D'une certaine manière, c'était comme si la magie amplifiait les ténèbres.
« Avançons, mais prenez garde à ne pas toucher l'eau. »
Il commença à longer le lac, les deux garçons sur ses talons. Seuls l'écho de leurs pas résonnait dans l'épais silence de la caverne, un silence si oppressant et angoissant que Edward ne put s'empêcher de chantonner pour tenter de couvrir ce silence si profond mais malheureusement, même la berceuse qu'il chantonnait était rendue sinistre par l'ambiance qui régnait dans ce lieu et il s'arrêta presque aussitôt. Soudain Harry se posa la question : Voldemort avait pu utiliser les maléfices les plus compliqués, mais avait-il pensé à protéger l'Horcruxe contre les sorts les plus simples comme le sortilège d'attraction ? Après tout, Edward lui avait enseigné que parfois les problèmes les plus compliqués avaient une solution très simple. Quand il exprima cette idée, Dumbledore sembla la considérer sérieusement et lui demanda d'essayer.
« Accio Horcruxe ! »
Avec un gros bruit d'explosion, une forme massive et pâle surgit de l'eau noire à cinq ou six mètres d'eux mais avant qu'ils n'aient pu distinguer ce dont il s'agissait, la forme avait replongé dans une gerbe d'éclaboussure qui projeta des ondulations larges et profondes sur la surface miroitante du lac, ondulation qui disparurent surnaturellement vite. Harry et Edward s'étaient reculés contre la paroi de la caverne, ce dernier murmurant :
« Maintenant, c'est sûr, on sait qu'il y a un truc pas normaldans ce lac ! »
« Qu'est ce que c'était que cette chose… » Murmura Harry.
« Un truc pas amical si tu veux mon avis. Et je te déconseille de plonger pour le découvrir… Je suis quasiment certain qu'elle n'était pas seule. »
« Professeur ? Vous pensez que l'Horcruxe pourrait être dans le lac ? »
« Uniquement si nous sommes très malchanceux. Non, je crois qu'il doit se trouver au milieu. » Répondit Dumbledore.
« En effet… Voldemort nous a même fait la grâce de nous offrir un phare… » Ironisa Edward en pointant son bras vers la lueur verte.
A ce moment là, Dumbledore s'arrêta si brusquement que Harry se sentit glisser vers le lac mais Edward et Dumbledore le retinrent fermement pour l'empêcher de tomber.
« Qu'est ce qu'on t'a dit au sujet de ne pas piquer une tête dans le lac ? » Plaisanta Ed tandis que Harry se demandait où son ami trouvait la force de blaguer dans un tel environnement…En attendant, grâce à sa vision magique, il aperçut des liens magiques entrelacés qui semblait former comme une chaine de magie. Dumbledore mit la main dessus puis tapota sa main de sa baguette et une grosse chaine cuivrée apparut dans la main du professeur qui fit tirer magiquement la chaine qui remorqua un bateau d'aspect fantomatique minuscule et prévu seulement pour une personne.
« Comment cela se fait que les créatures dans l'eau ne nous ont pas attaqué quand nous avons trouvé le bateau ? » Demanda Edward.
« Sans doute parce que Voldemort se pensait seul capable de le trouver. Mais il a pris ce risque en pensant que les obstacles qui suivraient suffiraient à anéantir ses ennemis. Nous allons voir s'il a eu raison. »
« Il ne semble pas avoir été prévu pour deux, encore moins pour trois » Fit observer Harry. Comment allons nous faire ? »
« Voldemort ne se sera surement pas soucié de question de poids mais plutôt de la quantité de pouvoir magique susceptible de traverser son lac. Je crois que ce bateau a été ensorcelé pour qu'un seul sorcier à la fois puisse y monter. »
« Mais alors ? »
« Je ne pense pas que des jeunes sorciers comptent aux yeux de Voldemort. Une erreur de Voldemort car l'âge mûr devient négligent et sot quand il sous estime la jeunesse. Edward, monte le premier et ensuite Harry te rejoindra. »
Mais à peine Edward eut il prit place dans la barque que celle ci commença à s'éloigner doucement mais surement du bord avant même que Harry puisse y monter. Le jeune garçon poussa un léger cri avant de se calmer et de respirer bien profondément tandis que Dumbledore s'exclamait :
« Il semble, Edward, que j'ai négligé la force de ton pouvoir magique ! Quand tu seras arrivé au centre du lac, attends nous et surtout ne touche à rien ! »
Edward resta immobile pendant toute la traversée, son regard fixé par dessus la barque, fixant le spectacle morbide devant lui : des dizaines, peut-être des centaines de cadavres gisaient au dessous de lui, dans ce lac sinistre. Il ne voulait pas penser au nombre de morts que Voldemort avait dû causer pour remplir cette surface d'eau de corps. Enfin, il atteignit le rebord d'une île et il s'empressa de débarquer puis il observa la barque repartir toute seule vers le rivage et il resta là en ne touchant à rien comme Dumbledore le lui avait dit.
Au bout d'un moment, Harry arriva seul dans le bateau, l'air un peu secoué par le voyage. Cela prouvait que l'entrainement intensif que lui avait fait subir Edward avait porté ses fruits si la barque de Voldemort le considérait comme un sorcier suffisamment puissant. Ed était certain que Dumbledore n'avait pas dû s'attendre à voir son jeune protégé partir aussitôt qu'il avait mis le pied dans l'embarcation et il ne put réprimer un sourire. Il aida son ami à débarquer en prenant garde à ce qu'aucun des deux ne touche la surface de l'eau, Harry ayant un regard un peu ailleurs, non sans raison :
« Des cadavres, il y a des cadavres dans ce lac. » Murmura t-il comme s'il avait peur que ces derniers l'entendent.
« En effet, c'est le truc qui a surgi de l'eau tout à l'heure. Un inferius. Une belle saloperie. Et le problème, c'est que je ne suis pas encore capable de faire des flammes sous l'eau à cause du manque d'oxygène… Mais peut être que si on décomposait l'eau en dihydrogène et en oxygène, tout cela brulerait plus facilement… » Mustang avait sans doute eu la bonne idée en affrontant les Homonculus de cette manière...
« Comment peux tu penser à de la chimie pendant qu'on fait de la chasse aux Horcruxes dans cet endroit sinistre !? » S'exclama Harry.
« C'est ma manière à moi de garder mon calme. Si je pensais à ces cadavres, je ne serais pas capable de continuer. » Murmura Edward d'un air épuisé, les yeux hantés par des visions d'un autre monde où des zombies s'apprêtaient à le tuer, à le déchiqueter à mains nues pour s'emparer de son âme...Non. Il ne devait pas penser à cela non plus.
« Que feras tu s'ils… quand ils s'éveilleront ? » Demanda Harry, désormais certain qu'à un moment ou à un autres, ces abominations allaient se réveiller et que ça ne serait pas beau à voir.
« Je les brûlerai. En espérant que ce qui a marché une fois marchera la seconde fois, murmura Edward d'un ton déterminé sur un ton énigmatique.
« Que veux tu dire ? » Demanda Harry.
« Voilà Dumbledore. » Dit Edward en pointant son doigt vers le directeur qui arrivait dans sa barque.
« J'espère que vous n'avez pas eu trop peur des cadavres ou du noir, dit Dumbledore avec un sourire rassurant, j'ai toujours eu la conviction que Voldemort, secrètement, en était effrayé, raison pour laquelle il les utilise comme moyens pour terrifier ses ennemis. Bien entendu, le sage sait que c'est l'inconnu qui nous effraie quand nous contemplons la mort ou l'obscurité, rien d'autre. »
« Vous me redirez cela quand ces cadavres se relèveront… »Marmonna Edward.
« En attendant, observons un peu cette île. »
Cette dernière n'était pas plus grande que le bureau de Dumbledore, une surface de pierre plate et sombre sur laquelle se trouvait, posée sur un piédestal en pierre, une bassine de roche d'où émanait la couleur verdâtre qui illuminait la caverne. Edward se pencha pour examiner le bassin et grimaça en ne reconnaissant pas la potion qui y était contenue. Harry demanda ce que c'était et Dumbledore, après avoir avoué son ignorance et son inquiétude, tenta de toucher le liquide en vain. Nul ne pouvait y toucher car il semblait y avoir une barrière invisible, solide et immatérielle à la fois, à deux centimètres de la surface.
Pendant un bon moment, Dumbledore tenta de faire disparaître le liquide, de la fragmenter, de la vider, de la siphonner, de la métamorphoser, de l'ensorceler ou d'en changer la nature. En vain. Edward se lança à son tour dans la bataille en s'en prenant au contenant plutôt qu'au contenu. Pendant un bref moment, le bassin se fracassa avant que les morceaux ne se rassemblent à nouveau mais le liquide et l'Horcruxe restèrent dedans.
A la fin, Dumbledore en déduisit qu'il fallait la boire et tout de suite, Harry protesta en rappelant que le liquide pouvait le tuer mais Dumbledore rectifia en affirmant que la potion aurait probablement pour effet de ne pas tuer immédiatement la personne ayant atteint l'île car Voldemort voudrait probablement garder en vie celui qui avait pu pénétrer ses défenses et découvrir comment et pourquoi cette personne avait voulu découvrir ce que cachait ce bassin.
La potion devait donc avoir pour but de l'empêcher de s'emparer de l'Horcruxe soit en le paralysant, soit en lui faisant oublier la raison pour laquelle il était venu ici, soit en provoquant une douleur insoutenable ou en tout cas, en le rendant incapable d'agir d'une manière ou d'une autre.
L'objectif de Harry et d'Edward serait donc de le forcer à boire, même en versant la potion contre son gré. Les deux garçons pâlirent de concert quand ils comprirent ce que Dumbledore attendait d'eux. Ils allaient devoir lui faire boire une potion qui était sans nulle doute un poison et ce serait eux qui en seraient l'instrument. Harry tenta de négocier tandis que Edward murmurait quelques solides jurons mais Dumbledore restait sur sa position. Finalement, les deux garçons durent accepter et Dumbledore commença à boire le liquide dans la coupe de cristal qu'il avait conjuré.
Il parvint à boire trois coupes pleines de cette étrange potion avant que celle-ci ne commence à faire de l'effet. Le professeur Dumbledore semblait comme en plein cauchemar éveillé, ne sachant pas où il était et gémissant comme le ferait un enfant appelant sa mère. Edward lui fit boire la potion malgré tout, avec un air de dégoût sur le visage et Harry comprit qu'en réalité, Ed se méprisait profondément à l'idée de participer au supplice de Dumbledore.
Edward voyait parfaitement les effets de la potion qu'il était en train de faire boire au vieux directeur et une partie de lui même ne pouvait s'empêcher de se demander ce que provoquait cette potion. En tout cas, elle amenait Dumbledore à se lamenter et à regretter des actes dont il ne savait rien. Edward se souvint du jour funeste où il avait enduré l'épreuve du vieux sorcier avec la balance antique. Ce jour là, il avait dit : "Je ne sais que vous souhaiter, professeur Dumbledore : qu'un jour, vous parveniez à ressentir l'étendue d'une telle souffrance ou qu'au contraire, vous n'y parveniez pas et que vous en souffriez les conséquences !" Visiblement, ce jour était arrivé et Dumbledore semblait regretter amèrement les erreurs de son passé.
En attendant, Harry, ne voulant pas que son ami soit le seul qui porta le fardeau et la responsabilité de l'état de Dumbledore, faisait boire à ce dernier sa sixième coupe de potion, les larmes aux yeux. Le vieil homme semblait voir des choses que lui seul pouvait voir et ces choses semblaient le torturer. Dumbledore s'était trompé : Voldemort avait trouvé quelque chose de beaucoup plus puissant que les blessures physiques pour faire du mal à son prochain. Il avait utilisé les remords que des personnes normales auraient ressenti au cours de leur vie pour les torturer.
L'un après l'autre, Harry et Edward firent boire à un Dumbledore mourant d'angoisse et de douleur l'abominable liquide : Harry avait les larmes aux yeux et était saisi de tremblements incontrôlables tandis que Edward était tellement pâle qu'il ressemblait à l'un de ces cadavres sous l'eau. Il murmurait entre ses dents « que la Vérité me pardonne… » pendant qu'il mentait pour forcer le directeur à avaler l'atroce potion.
Enfin, le bassin fut vidé, révélant un médaillon d'or au fond du bassin mais ni Harry, ni Edward ne s'en souciaient pour le moment. Ils étaient plus préoccupés par l'état de Dumbledore, tombé face contre terre dans un râle d'agonie. Tous les sorts de soin lancés par Edward et Harry l'étaient en vain. Quand Dumbledore supplia qu'on lui donne de l'eau, Harry essaya tout de suite le sortilège d'Aguamenti mais à peine l'eau apparaissait elle dans la coupe de cristal qu'elle disparaissait, sans aucun doute dû à un maléfice de Voldemort. Aussi, sans plus réfléchir, Harry courut au lac noir et parvint à remplir la coupe d'eau qu'il apporta à Dumbledore et qu'il tenta de lui faire boire. Mais à ce moment là, un cri d'alarme horrifié retentit et Harry sentit une main glacée, blafarde et visqueuse s'agripper à lui pour l'entraîner vers le lac avant même qu'il ait pu faire boire l'eau à Dumbledore.
Harry releva les yeux et vit des têtes et des mains cadavériques surgir de l'eau et commencer à se hisser sur le rocher là où Dumbledore, Edward et lui se tenaient. Les cadavres les contemplaient de leurs yeux vides, semblant attirés irrésistiblement par eux. Edward tâchait de se maintenir au rocher tandis que des mains s'étaient saisies de ses jambes et tentaient de l'entraîner par le fond. Edward leva sa baguette et un gigantesque fouet de feu surgit pour frapper tout ceux qui tentaient de le toucher, le protégeant momentanément, Dumbledore et lui, de la menace des Inferis. Edward cria :
« Fiat Lux ! »
Et pendant un instant, la caverne fut éclairée comme si elle se trouvait en plein jour, par une belle journée ensoleillée. Malheureusement, ce sort ne fit aucun effet sur les Inferis qui continuèrent à avancer. Harry se sentait désespéré : ils étaient encerclés par des cadavres mouvants et Dumbledore n'avait toujours pas eu son eau. Il entendit Edward lui crier :
« Va chercher de l'eau, je te couvre ! »
Un petit cercle de feu entoura bientôt Harry et ce dernier se hâta de recommencer l'opération consistant à chercher de l'eau pour Dumbledore. Les flammes, parfois mal contrôlées, lui roussissaient les sourcils mais cependant grâce à elles, il parvint jusqu'au bord et il pût puiser de l'eau à l'aide de la coupe. Ensuite, le cercle de feu et lui se déportèrent aux cotées de Dumbledore et il put enfin lui faire boire de l'eau. Au moment où il avait terminé, il entendit un hurlement, un gros bruit d'éclaboussure et le cercle de feu disparut. Harry réalisa alors ce que Edward avait fait : il s'était concentré uniquement sur sa sécurité à lui et à Dumbledore afin de maîtriser son sortilège d'incendio et ce jusqu'au dernier moment. A la fin, cela lui avait été fatal car les Inferis s'étaient saisis de lui et l'avaient entraîné au fond du lac afin de le noyer pour qu'il devienne l'un des gardiens morts de l'âme éclatée de Voldemort.
« EDWARD ! » Hurla Harry, en jetant un immense sortilège d'incendio qui balaya une dizaine d'Inferis d'un coup. Fou de rage, il en jeta quatre ou cinq pour tenir les cadavres à distance et il tenta de scruter l'eau mais en vain : Edward avait disparu sous la surface. Au même moment, Dumbledore cligna des yeux et se releva doucement, avec précaution et Harry se précipita vers lui :
« Professeur, Edward ! Les Inferis, ils l'ont emporté sous l'eau ! Il faut le sauver ! »
Les yeux de Dumbledore, déjà voilés par la douleur, se teintèrent d'une infinie tristesse et ses épaules semblèrent s'affaisser encore plus sous les regrets tandis qu'il disait :
« Dans ce cas, Harry, je crains qu'il n'y ait plus rien à faire… »
Au même moment, dans l'eau, Edward se débattait comme un forcené, tentant de libérer ses bras pour recourir à la transmutation. La lutte dans l'eau n'était définitivement pas sa spécialité et surtout, il était supplanté par le nombre. Pendant un instant, il crut qu'il allait mourir dans ces eaux obscures sans jamais revoir Alphonse ou Winry, ni ses amis de ce monde. Cette pensée lui donna du courage et finalement, après un effort considérable, il parvint à joindre deux fois ses mains tout en formulant dans sa tête une formule chimique déjà utilisée par Mustang : il décomposa l'eau en dihydrogène et en oxygène et y flanqua le feu. L'autre transmutation était pour placer une enveloppe d'azote autour de lui afin qu'il ne soit pas carbonisé par sa propre manipulation.
L'explosion qui en résulta faillit bien le tuer mais au moins elle fut efficace contre ses adversaires cadavériques qui furent engouffrés par un enfer incandescent, semblable à une mini-nuée ardente. Lui même était encore protégé par l'eau et il parvint de justesse à contrôler les flammes afin d'éviter qu'elle ne touche l'île qu'il avait enfermée dans une sorte d'immense sort de Têtenbulle grâce à un sort repousse flamme qu'il avait inventé en cours d'alchimie et qui protégeait normalement des personnes des effets néfastes d'un incendie.
Après cela, il parvint non sans mal à sortir de l'eau noire sur laquelle flottait des cadavres carbonisés. Le jeune garçon s'affala sur l'île et prit une profonde inspiration de soulagement : Harry et Dumbledore semblaient à peu près indemnes sinon légèrement roussis par la chaleur. Tous les deux le regardaient avec ébahissement et soulagement tandis qu'il grimpait en s'accrochant aux rochers, prenant de profondes inspirations et semblant épuisé. Voyant d'un premier coup d'œil que sa bourrasque de feu avait fortement endommagé la barque, il n'avait plus d'autre choix que de s'en remettre à l'alchimie. Il se tourna vers Dumbledore et Harry et leur dit sèchement :
« Je peux nous faire sortir d'ici à condition que vous ne posiez aucune question. De toute manière, je n'y répondrais pas. C'est bien compris ? »
Il faisait confiance à Harry pour ne pas briser sa promesse avec lui et quant à Dumbledore, Edward doutait que ce dernier survive pour voir le soleil se lever avec le puissant maléfice d'une part et l'absorption de cette potion maléfique de l'autre. Il devait parfaitement le savoir car il acquiesça sans uns un mot, se contentant de les entourer tous les trois d'un lasso de feu pour les protéger des quelques inferis encore sur l'île. Edward se tourna vers le lointain rivage, joignit les mains comme dans une prière muette en espérant que cela marche et créa une passerelle qui joignait l'île au rivage, en dosant soigneusement la quantité de pierre pour qu'elle ne soit pas trop friable. Puis les trois sorciers commencèrent à cheminer le long de l'étroit pont, Edward ouvrant la marche, Dumbledore était au milieu, soutenu par Harry qui devait lui aussi lancer des Incendios de temps à autre afin d'écarter les Inferis qui pourraient vouloir chercher à grimper derrière lui.
Quand ils arrivèrent enfin sur la rive, Edward détruisit son œuvre et aida Harry à soutenir le professeur Dumbledore jusqu'à l'arcade qui s'était à nouveau refermée. Ed décida d'utiliser son sang quand il avait été blessé par des Inferis et la porte se rouvrit. Ils durent faire le chemin inverse en nageant tout en soutenant de temps à autre Dumbledore qui ne pouvait plus nager aussi vigoureusement qu'au début de leur expédition. Enfin, ils furent sortis de la caverne et Edward décida de faire le transplanage d'escorte avec Dumbledore tandis que Harry rentrerait seul. En quelques secondes, le petit groupe fut de retour à Pré au Lard et Harry, sur les ordres de Dumbledore s'apprêtait à aller chercher Rogue quand Ed poussa un cri d'horreur en pointant du doigt la marque des ténèbres qui se trouvait au dessus de l'école.
Dumbledore, en voyant la tête de mort avec sa langue de serpent, se releva avec l'aide de Harry, se remit d'aplomb et parût à nouveau comme celui qui pouvait maitriser la situation. Il pressa Harry et Edward de se couvrir sous la cape d'invisibilité et d'attirer deux balais pour aller le plus vite possible vers Poudlard. Edward, dissimulé sous la cape, grimpa bientôt derrière Harry et se cramponna à lui en fermant les yeux tandis qu'ils fonçaient tous les trois vers le château. Ils sentirent Dumbledore conjurer les enchantements qu'il avait lui-même mis en place pour protéger le château afin de pénétrer dans l'enceinte sans trop ralentir. Ils atterrirent sur la tour d'Astronomie au dessus de laquelle brillait la Marque des Ténèbres. Harry ne voyait la trace d'aucun corps pour l'instant mais tout à coup il entendit des bruits de pas sur les marches, le bruit de plusieurs personnes qui arrivaient…
Réagissant plus vite que l'éclair, Edward fit ce qu'il avait à faire et paralysa Harry avec l'aide d'un informulé tandis qu'au même moment, la porte volait en éclat et qu'une jeune voix d'un ton un peu trop aiguë criait « expeliarmus » et désarma le professeur Dumbledore qui était devenu aussi pâle que les cadavres qu'ils avaient affronté plus tôt. Drago Malfoy venait d'arriver et derrière lui se tenaient des Mangemorts inconnus de Harry.
Le jeune Serdaigle voyait les regards désemparés mêlés de colère que lui lançait Harry mais il se contenta de secouer doucement la tête sous la cape, tentant de lui faire comprendre que, désormais, il ne pouvait plus rien faire sans le mettre en danger. En attendant, quatre mangemorts sans compter Drago Malfoy étaient arrivés en haut de la tour et tournaient leur ancien directeur en dérision tandis que ce dernier restait digne, même devant la mort qui s'annonçait.
Le professeur Dumbledore préférait fixer ses yeux sur Drago Malfoy qui racontait, au départ avec fierté mais avec de plus en plus de honte dans la voix, la manière dont il était parvenu à faire entrer les Mangemorts ainsi que ses diverses manigances pour tenter de tuer Dumbledore. Ce dernier l'écoutait comme le ferait un professeur écoutant le résumé d'une dissertation brillante par un de ses élèves alors que les Mangemorts se contentaient pour le moment de ricaner avec un rire gras, certains se permettant même de taper dans le dos de Drago Malfoy en ayant l'air de le féliciter.
Cependant ces marques d'approbation semblaient mettre le jeune garçon au supplice car il tournait son regard tantôt vers Dumbledore, tantôt vers les Mangemorts comme s'il espérait que quelqu'un le délivre de cette tâche qu'il devait accomplir sous l'ordre de Voldemort. Harry comprit en le voyant que Malfoy n'avait pas la mentalité d'un tueur et qu'il n'était pas prêt à tuer son directeur, ce qui, dans la situation où il se trouvait, pouvait s'avérer fatal pour lui, entouré qu'il était par les plus fidèles serviteurs de Voldemort. A nouveau, Harry ne put s'empêcher de ressentir de la compassion envers son rival qui se trouvait dans une situation impossible.
Cependant, les Mangemorts s'étaient immiscés dans la conversation, mettant Drago à l'écart ce qui lui permettait de s'apitoyer sur lui même et sur sa position. Dumbledore, lui, restait toujours aussi calme, comme s'il discutait avec de simples anciens élèves même si l'on pouvait voir le dégout dans ses yeux tandis qu'il contemplait ses adversaires :
« Bonsoir, Amycus. Tu es venu avec Alecto… Comme c'est charmant. »
« Tu crois que tes plaisanteries vont t'aider sur ton lit de mort ? » Ricana la femme.
« Des plaisanteries ? Oh non, c'est ce qu'on appelle les bonnes manières. » Répliqua Dumbledore.
«Ah ouais ? » dit un mangemort massif avec des cheveux et des favoris gris en bataille d'une voix rapeuse.
« C'est donc toi, Fenrir ? » Demanda Dumbledore d'un ton où perçait le dégoût.
« Comment pourrais je manquer cela, Dumbledore… Tu sais à quel point j'aime les enfants… »
« Dois je en conclure que tu n'attends même plus la pleine lune pour attaquer, désormais ? C'est très inhabituel… Tu as donc un tel gout pour la chair humaine qu'il ne lui suffit plus d'être satisfait une fois par mois ? »
« Exactement, déclara fièrement Greyback tandis que Malfoy tentait de reculer loin de lui, ça te choque, n'est ce pas Dumbledore ? Ça te fait peur ? »
« Je ne peux pas prétendre en tout cas que ça ne me dégoûte pas. Et en effet, je suis choqué que Drago t'ait amené ici, dans cette école où réside tous ses amis… »
« Ce n'est pas moi qui l'ai fait venir. Je ne savais pas qu'il serait ici. Souffla Malfoy d'une voix tremblante.
« Je voulais tellement venir, gronda Greyback d'une façon obscène, il y a tellement de jeunes gorges à lacérer…Et je pourrais m'occuper de toi en guise de dessert, Dumbledore.
Mais un autre mangemort s'interposa et affirma que cela devait être à Malfoy junior d'accomplir sa tâche selon les ordres du Seigneur des Ténèbres. Mais le garçon semblait avoir encore moins envie de poursuivre sa tâche et restait là, hésitant, pointant sa baguette sur Dumbledore d'une main tremblante, mais incapable de prononcer les mots fatals qui mettraient fin à la vie de son directeur. Parmi les mangemorts, certains râlaient contre la lenteur de Malfoy en allant jusqu'à l'insulter, d'autres pensaient qu'en le lui ordonnant, ils pourraient en finir plus vite. Fenrir, que rien ne semblait faire démordre de son envie de tuer, insistait pour le tuer à la place de Malfoy, ce qui lui valu d'être presque frappé par un sort qui rata de très peu Edward et Harry, toujours dissimulés sous la cape des Potter.
Finalement, quelqu'un vint interrompre la dispute qui menaçait d'éclater et cette personne n'était autre que Severus Rogue. Ce dernier semblait essoufflé comme s'il avait monté quatre à quatre les marches menant à la tour. Ses yeux sombres balayèrent la scène et l'espace d'une seconde, Harry y vit la résignation. Le jeune garçon se demanda alors s'il allait mourir à cause du Serment Inviolable puisque Malfoy était incapable de faire et que peut-être la tache dictée par le vœu fût celle de poursuivre celle de Drago Malfoy.
Mais Harry ne voulait pas y croire. Ses yeux se reposèrent sur Dumbledore et sur les quatre Mangemorts et il sut au fond de lui que celui qui avait été son mentor était condamné. Il n'avait plus sa baguette, la potion l'avait grandement affaibli et continuait de le faire souffrir, sans parler de la magie noire et malsaine qui attaquait désormais le cœur magique de Dumbledore à pleine puissance… Fenrir Greyback semblait prêt à se jeter sur lui à tout moment, il montrait ses dents et les faisait claquer près du corps de Dumbledore, comme s'il se réjouissait d'avance de le déchiqueter vivant. Pendant un instant, Harry se mit à espérer en une mort quasiment sans douleur pour celui qu'il avait toujours respecté.
Amycus, le frère d'Alecto, un homme à la silhouette massive qui pointait sa baguette sur Dumbledore dit alors :
« Nous avons un problème, Rogue, le garçon semble incapable de finir sa tâche… »
Mais quelqu'un d'autre avait prononcé le nom de Rogue sur un ton suppliant que Harry n'avait entendu que dans la grotte. Était ce une ou deux heures plus tôt ? Harry ne parvenait pas à croire que si peu de temps se soit écoulé, pas plus qu'il ne pouvait croire que Dumbledore en soit réduit à supplier devant ces Mangemorts.
Rogue, lui resta silencieux, il s'avança et repoussa brutalement Malfoy. Les Mangemorts reculèrent sans un mot, tout le monde, même le loup-garou, paraissait intimidé. Rogue observa Dumbledore un moment et l'on voyait la répugnance, la haine creuser les traits rudes de son visage et Harry reconnut son expression : c'était la même que celle d'Edward et la même qu'il avait dû lui aussi arborer quand il avait fait avaler la potion à Dumbledore contre son gré.
Harry ne pouvait pas bouger mais néanmoins, une larme solitaire coula de ses yeux quand il entendit à nouveau Dumbledore supplier Rogue. Celui-ci leva sa baguette et la pointa droit sur le cœur du vieil homme en disant :
« Avada Kedavra. »
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Le dernier chapitre sera dans deux semaines, comme convenu.
Si vous avez reviews, critiques, suggestions ou questions, n'hésitez pas à mes les poser, j'essaierais d'y répondre de mon mieux.
Bonne semaine !
