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Renoncer à son bien.
James Potter était à plaindre au moment où il se trouva englouti dans l'océan humain qui s'ouvrit et se ferma sur lui. Il était plus à plaindre encore quand il en sortit. Il lui restait quelques menues pièces de monnaie dans la poche en arrivant sur le pont de Londres, il n'en n'avait plus quand il se trouva à l'autre extrémité de London Bridge : les pickpockets s'étaient chargés de le dévaliser.
Il ne s'en souciait point, car il n'avait qu'une pensée : retrouver Severus, Sirius ou peu importait le nom que l'autre jeune voulait prendre. En sa qualité de protecteur, il ne se mit pas immédiatement à réfléchir. Autant d'abord se charger de récupérer la clé à Molly et de la rendre au bâtard des Lions. Seulement, ce dernier risquait de vouloir le tuer. Alors qui s'occuperait du pauvre fou ?
Que faisait-il ? Où était-il ? James s'était déjà posé ces questions lorsque Rusard avait perfidement attiré son prétendu fils dans son piège. Il les reprenait maintenant dans le même ordre, et, maintenant comme alors, il s'égarait dans un labyrinthe de suppositions.
« Le lièvre, disait-il, revient au gîte, l'homme aussi. Mais comment savoir son gîte ? D'où venait-il quand je l'ai trouvé ? Les guenilles et les paroles de ce gredin qui avait l'air de le connaître et se disait même son père indiquent clairement qu'il est d'un quartier pauvre et peut-être bien du plus pauvre de Londres. Chercher un quartier dans une grande ville ne saurait être ni difficile ni long. On trouve un quartier, et dans ce quartier une rue, et dans cette rue une maison, et dans cette maison la Reine. Oui, il me suffit de retrouver sa maison d'enfant et je retrouverai l'homme qu'il est devenu. »
Resserrer successivement le cercle des investigations, c'était la vraie tactique à suivre. Tactique infaillible, car la populace ne devait pas manquer de s'amuser des airs extraordinaires de Sirius qui là comme ailleurs avait dû se prétendre être roi. Il y aurait peut-être à imposer silence à ces drôles, à casser une tête, un bras ou une jambe, à emporter le jeune de force, à le calmer, à le réconforter par des paroles douces, tendres et aimables. Mais James Potter n'était-il pas homme à faire tout cela, surtout quand il s'agissait de n'être plus séparé de son cher petit protégé ?
James se mit donc à enquêter. Pendant plusieurs heures, il fouilla les allées sordides, les impasses infectes, les rues obstruées par les immondices, les groupes et les cohues, et certes il ne fut pas en reste de besogne.
Quand le jour se leva, il avait fait je ne sais combien de milles de chemin. Il avait remué des tas d'ordures, de quartiers et de gens, et le seul résultat qu'il eût obtenu, c'était d'avoir faim comme un loup, d'être las comme un chien, et d'avoir envie de dormir comme un loir. Il aurait voulu déjeuner, mais déjeuner, quand on a les poches vides, était un problème encore plus insoluble.
« James… James… »
Une voix s'écria et James se retourna. Il regarda avec surprise Molly qui vint l'enlacer avec tendresse. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux, sur son visage, sur sa peau.
« Tu es devenu un homme ! Tu es incroyablement grand, ses cheveux emmêlés et ses yeux marrons. Tu n'as plus rien du Roi des Orphelins. Un si bel homme.
– Suis-je sot ! »
James s'écria et se gronda. Avait-il oublié d'où il venait ? Pourquoi diable n'avait-il pas été directement sous les ponts de leur enfance ? Son titre lui était monté à la tête. Il venait de s'emporter lui-même dans la pire des erreurs. Il avait oublié son passé et avait pensé nullement comme un Roi des Orphelins mais comme un adulte.
« Molly, te souviens-tu du coffre que je t'avais autrefois confié ?
– Je m'en souviens oui, Sir.
– Peux-tu me le ramener au pont ? Je te raconterai tout, va maintenant. »
Il pouvait s'assurer de la liberté de ses frères et de retrouver le pauvre fou. Peut-être même y garderait-il la vie ! Il se trouva au bord de la Tamise entouré par une trentaine d'enfants ne le connaissant pas et ne souvenant pas de lui, dans un endroit où il n'y avait que des habitations pauvres.
James Potter ne tarda pas à se trouver au milieu d'un groupe de jeunes garçons qui couraient, gambadaient, cabriolaient, jouaient à la balle, à saut-de-mouton, criant et s'ébattant à qui mieux mieux. Les enfants avaient suspendu leurs jeux et s'étaient attroupés autour de l'homme. Celui-ci avait pris un air majestueux.
« Mes petits amis, fit-il, je suis le Roi des Orphelins ! Écoutez-moi ! »
Un grand éclat de rire accueillit ces paroles. Deux des plus grossiers de la bande, des jumeaux rouquins s'écrièrent : « Vraiment ! Tu es sans doute atteint d'un mal dangereux. Jamais enfant ne serait aussi grand ! »
James Potter rougit de colère. Il porta vivement la main au côté pour y chercher sa baguette et pointa les enfants menaçants. Il y eut une nouvelle explosion d'hilarité : « Avez-vous vu ce geste ? s'exclama l'un des enfants, il nous menace, il se croit vraiment des nôtres ! Qu'il est drôle ! »
Cette saillie provoqua un redoublement de folle gaieté. Le pauvre James s'était redressé fièrement. « Je suis, en effet des vôtres, dit-il, et c'est fort mal à vous de me traiter de la sorte. »
Une tempête de sarcasmes répondit à cette apostrophe. Les deux roux qui avaient parlé les premiers crièrent à leurs camarades : « Allons, pourceaux, esclaves, un peu de manières, je vous prie. À genoux tous tant que vous êtes, et faites la révérence à votre Roi des Orphelins ! Obéissons-lui, donnons-lui nos vies, puisqu'il dit l'être ! »
Tous pouffaient, se tordaient, déliraient. James Potter fut soufflé d'une telle impudence et jeta un sort d'étourdissement. « Tiens, dit-il, tu ne méritais ni plus ni moins pour rire de ton roi ! »
Le rouquin glapit, son frère rugit. Les rires cessèrent tout d'un coup et firent place à la rage. « Attrapez-le ! » cria son frère. Une douzaine de voix hurlèrent : « Enlevez-le ! Tapez-le ! Hardis, Lions ! Bien ça, Prewett ! Plus fort ! »
Alors il arriva une chose qui jusque-là ne s'était jamais vue : la personne la plus aimée des orphelins fut souffletée, rossée et harcelée par eux et leurs chiens qui arrachaient ses vêtements à belles dents. Refusant de rendre les coups, James Potter se sauva malgré les cris Molly arrivée trop tard : « Reviens James, reviens ! »
Il se retrouva dans un parc qu'il ne connaissait pas. Heureusement il ne faisait pas froid. Il se coucha sur le lit que la nature donne gratuitement aux animaux et aux pauvres, et, étendu de son long à terre, le bras sous la tête en guise d'oreiller, abrité par une haie, il songea. Ses membres ne tardèrent pas à s'engourdir. Comment retrouver la confiance des enfants et qu'étaient-ils advenus de ses anciens amis ?
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Regulus et Remus étaient trempés, de la tête aux pieds, torses nus, et ils n'avaient jamais été aussi propres. Même à leurs naissances. Sirius se mit à rire, dans sa bassine en étain. Il riait tant, que les serviteurs et petits nobles autour se mirent à rire aussi.
« Les pauvres ont la vie belle. » murmura l'un d'entre eux ! Ils étaient toutefois rassurés. Ils avaient tous pensé que ça finirait mal en voyant l'usurpateur crier, hurler, frapper à la tentative des elfes de maison de le faire se laver et cela malgré les sorts de torture lui étant jeté pour le calmer. Il ne s'était pas attendu à ce que les deux l'hommes l'accompagnant prennent leurs places et ne s'en occupent. Ni à ce qu'ils provoquent une bataille d'eau. Couvert de mousse et de savon, le Roi attira davantage les deux hommes dans son bain.
« Puisque je ne suis plus roi, que vais-je devenir ? questionna-t-il.
– Tu es des maraudeurs, Roi des Ombres, ce titre ne suffit-il pas ?
– Il me suffit. Comment avez-vous pu vous échapper de l'ignoble bâtard des lions ?
– Rinçons d'abord ce savon, séchons ton corps et on te racontera ensuite. » souffla Remus.
Installé sur un tabouret, Sirius laissa Regulus coiffer ses cheveux. Il écouta le récit de leur aventure. James au lieu d'être mené directement aux juges avaient été mené dans un couloir vide. Il y avait été mené, tour à tour par un Auror. Une fois ensemble, l'auror avait menacé de les tuer. Un accident arrive vite en prison. Ils avaient échangé avec James et on les avait conduits dans une arrière-cour.
Mains et pieds ferrés, ils avaient été attachés dans les sous-sols du manoir des Lions.
« Sirius…, Regulus s'était stoppé.
– Allons, j'attends la suite ! Que vous est-il arrivé ?
– Tu es le Roi Pur. »
Les yeux du roi s'agrandirent sous la frayeur. Pour la première fois, Sirius fit ce qui sembla déraisonnable qu'il fasse, il nia farouchement l'être. Il rougit vivement quand Regulus insista. Le pauvre jeune ne savait plus ce qu'il devait répondre. Il avait tant et tant et tant dit qui il était.
« Continuez votre histoire, je vous en conjure, Chevaliers ! »
Remus continua le récit. Avec cette douceur lente et douce que ses amis lui connaissaient, il raconta les heures durant, seuls dans une cave où se trouvaient également une pauvre femme du nom de Pétunia.
« Et le petit gros ?
– Nous ne l'avons pas vu, nous le pensions avec toi, dit Regulus.
– Le bâtard des lions est rentré furieux. Vous l'aviez humilié, à ce que nous avons pu comprendre. Il était furieux après vous et James. Aussi, trouva-t-il bon pour s'en remettre de torturer quelques valets à lui et comme ça ne l'apaisait pas, il violenta sa femme.
– Quelle horrible personne !
– Cela ne lui suffit pas encore. Aussi hasarda-t-il son intérêt sur nous. Il nous fit conduire en lieu et place dans son grand salon. Après quelques flagellations, son regard se bloqua sur Regulus. Il reconnu en lui le fils d'un haut seigneur. Il s'écria après : gredin, filou et commença à le frapper.
– Tu as tant souffert, Regulus, si j'étais celui que tu crois que je suis, me pardonnerais-tu les agissements de mon père envers ta famille ?
– Il n'y a rien à pardonner. On ne reproche pas au fil les actions du père. Et ton Père était noble, son cœur fut trop tendre pour les moldus mais il faut pardonner à ce vieil homme aliéné et malade. Qu'il repose en paix.
– Mon bon Remus, termine ton récit. »
Ils avaient cessé de le coiffer. Cette fois-ci nobles et serviteurs ne trouvèrent ni rire, ni plaisanterie à faire. Le petit usurpateur était d'une beauté stupéfiante. Ses jolis yeux gris se trouvaient incrustés dans deux amandes courbés en des cils de biche. Sa bouche délicate parfaitement marqués de lèvres rosés et pulpeuses, était d'autant plus tentante que le doigt d'ange était divinement marqué. Son nez coquet semblait aussi obstiné et têtu que lui. Son front bondé, ses joues saillantes, son cou droit et gracile, long et délicat, ses épaules dessinées et délicates.
« Votre majesté, dit ému Remus l'habillant avec lenteur.
– Je sais mettre ma chemise, aujourd'hui, Regulus, fit le Roi en riant de retrouver son passé dans les rougeurs des deux garçons, vous n'êtes points contraints de le faire.
– Nous ne voudrions rien faire d'autre. Que la grâce nous implore son pardon de tout nos rires incrédules depuis si longtemps.
– Allons, allons, racontez-moi la fin de l'histoire au lieu de dire des sornettes. »
Remus continua le récit, laissant à Regulus le soin de parfumer le Roi que chacun dans cette pièce vit en tant que tel. Même ceux le croyant usurpateur auraient volontiers posé genoux à terre devant le petit Seigneur.
« Il frappait rudement fort Regulus, le sang était au sol. Il frappait, encore et encore, il semblait vouloir lui retirer chaque morceau de peau.
– Par Morgane !
– Finalement, Regulus leva la main. D'une main ferme, il referma ses doigts sur le poignet de l'homme. Oh ! Tu auras vu ça, mon Roi, il a saisi d'un coup, comme un serpent saute sur sa proie. Vil, rapide, imprévisible !
– Remus, n'en fais pas tant étale, rit Regulus.
– Une vipère des campagnes, aussi magnifique et mystérieux. Mon Roi, vous auriez vu ça ! Les doigts entrouverts, sans un mot, Regulus s'est redressé. D'un bras, le droit, il a saisi le bras du bâtard des Potter, puis de l'autre il a pointé son cou de sa baguette. Ses yeux noirs étaient plus terrifiants que ceux d'un sinistros !
– Remus, Remus, rit Regulus, tu en fais trop.
– Laisse-le raconter ! »
Ils montèrent dans le lit de la pièce. Quelle idée de ne mettre qu'un lit pour trois hommes. Regulus et Remus voulurent border le Roi mais il ordonna qu'ils restent dormir avec lui. Ils se regardèrent avec honte, avant d'avouer que ce n'était pas autorisé : un Roi dormant avec les Petits. « Allons donc, vous avez si souvent dormi avec moi quand je me disais roi et maintenant que je me dis maraudeur, vous voilà intimidités ? »
Ils n'eurent pas le choix que d'accepter. Ils se glissèrent dans le lit. Le personnel détourna les yeux mais garda les oreilles ouvertes.
Remus continua le récit :
« Ainsi, menaçant, Regulus ordonna deux chevaux ! On savait que James viendrait à Londres pour y chercher l'objet que voulait son frère après t'avoir confié au petit gros.
– Ah dire vrai, avoua Regulus, nous ne priment qu'un bourrin car ce pauvre Remus ne sait guère monter à cheval. Il m'a tant comprimé la poitrine tout du long que j'en ai encore des griffures.
– Tout le monde n'est pas fils de noble ! » gronda Remus.
Ils rirent de nouveau. Il fallait voir ça ! Trois prisonniers dans un manoir sinistre riant davantage que s'ils en avaient été les propriétaires eux-mêmes.
« Comment m'avez-vous retrouvé ?
– Ce n'est que le hasard. Merlin vous protège. Arrivés en ville, on laissa le cheval et nous partîmes en direction du pont de notre enfance et vous étiez avec ces affreux gredins dans l'une des ruelles.
– Je crois qu'il s'endort.
– Tu as raison, il s'endort, il faut croire que j'ai des talents de charmeur.
– De charmeur de serpents, Remus ? »
Remus fixa Regulus, un instant douteux de la question. Les mains des deux hommes se fermèrent l'une sur l'autre, joignant leurs bras sous la tête du Roi, bien amusé d'un tel oreiller. Ainsi parfaitement abrité entre les bras de ses protecteurs, le petit Roi soupira.
« Demain, je dirais que je ne suis personne. J'accepterai la punition et nous retrouverons James. Ensuite, nous partirons. »
Les serviteurs les regardèrent désolés. Regulus fixa Remus. Ils auraient aimé que ce soit aussi simple, mais le Roi semblait oublier la leçon des deux femmes brûlées. Il devait apprendre à être moins optimiste. On ne gagne pas toujours par la diplomatie et les mots ne pourraient les sauver.
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Lord Malfoy n'en revenait pas. Le Roi, le vrai Roi, était dans les murs. Ses pas tapaient le sol. Il marchait, de long en large, usant le parquet, sa robe elle-même risquant de s'en user à tournoyer à chacun de ses passages. Il avait voulu arranger le pays à sa manière et en était bien puni depuis quelques années. Il aurait dû écouter son conseiller qui lui implorait de faire confiance au Jeu du Sort et de prouver sa loyauté en retrouvant le Prince Pur plutôt qu'en cherchant un moyen de faire un échec et mat.
Appolon Picott ne comprenait pas l'agitation de son ami. Loin d'être doté d'une grande intelligence, malgré un grand cœur, il n'avait toujours pas connaissance de la trahison de son tendre camarade ni de qui siégeait au trône. Il avait été étonné d'être ainsi puni pour avoir dit des vérités mais avait accepté la décision de celui qu'il prenait pour son Roi. Aussi voir de nouveaux prisonniers au manoir le surprenait-il peu. Cela devait bien arriver un jour !
« Si ces trois vauriens vous intriguent tant, Malfoy, allez les voir.
– Le roi n'a-t-il pas interdit les visites ?
– Selon la rumeur, il était bien trop agité. Il a juste ordonné qu'il soit enfermé ici, nettoyé, soigné, apprêté et nourrit. Sans nul doute compte-t-il prononcer une peine de mort et veut-il que celui qui montera sur la potence n'ait pas l'air plus misérable que la misère elle-même, car m'a-t-on dit, il avait l'air d'être celui qui créa ce mot. »
Le visage de l'ancien Protecteur du royaume devint blême. Pauvre Roi Pur, quel avait été sa vie loin du palais et des bonnes grâces des siens ? Avait-il seulement pu survivre décemment ? Savaient-ils sa bonne amie Narcissa mariée à Severus l'usurpateur ? Cette pauvre petite devait tant souffrir. La souffrance sera pire quand elle apprendra que celui qui avait fait d'elle une femme n'était qu'un ignoble, un fief coquin !
« Franchement, Lord Picott, que pensez-vous du Roi ?
– Hem, hem. Le roi est cruel pour les bons et bons pour les cruels. Mon Roi est fou, il sera fou quand il aura son héritier et son héritier deviendra fou comme lui. Pauvre monde magique !
– Vraiment, sont-ce là vos prévisions ? Mais vous trompez sur… sur…
– Parlez vite, dit Picott, personne ne peut nous entendre ici. Vous dites que je me trompe…
– J'ai certainement une grande répugnance à prononcer la parole que j'ai sur les lèvres. Je vous supplie de me pardonner mon erreur d'autrefois. Il vous avait semblé étrange que sa maladie ait pu changer si complètement sa tournure et ses manières. Puis vous étiez étonné qu'en grandissant ses traits soient si différents de ses parents. Vous souveniez-vous qu'il disait ne pas être le prince et…
– Prenez garde, vous commettez un crime de haute trahison. Si quelqu'un nous entendait ! Vous m'avez certifié reconnaître l'enfant. Vous me rendez votre complice en m'obligeant à vous écouter. Je ne veux pas être complice !
– C'est vrai, dit Malfoy vivement, je suis en flagrant délit, je l'avoue. Mais je vous prie de m'écouter, je vous en supplie. Vous seul pouvez m'aider.
– Tranquillisez-vous, Malfoy. Votre sincère repentir vous donnera droit au pardon. Si vous ne retombez point dans une faute aussi grave et pouvez la racheter. Le Roi est fils de Dumbledore et de la Reine Morgane. Leur beauté, leur tendresse, leur sagesses leur don pour la manipulation coulent en leurs fils. Confiez-moi, tout, avec sincérité. S'il est ce qu'il dit être, son sang, son sang si pur peut nous rendre l'honneur perdu ! »
Les deux hommes parlèrent la nuit durant. Soudainement, on frappa à la porte. Le grand Protecteur du Roi, Weasley 7ème, entouré par de nombreux gardes, entra. Il pénétra dans le couloir, grimpa chaque escalier, remonta un autre couloir, bouscula les petites gens et finalement, il entra avec brutalité dans une chambre où les trois hommes endormis furent bien contraints à se réveiller d'un tel chahut.
« Que faîtes-vous, s'écria-t-il, qu'avez-vous fait ! Que faîtes-vous dans son lit ! Vous deviez les séparer ! »
Les serviteurs se confondirent en excuses. Trop tard, les fouets des accompagnants frappaient la peau et le cuir des pauvres bougres.
« L'avez-vous fait ? L'avez-vous touché ? Oseriez-vous ?
– Comment ? bondit Regulus avec fureur.
– Quelles sont les accusations que vous osez nous porter ? s'écria Remus.
– Qu'avons-nous fait ? » répondit sincèrement innocent le Roi.
Battus par le nombre, Regulus et Remus regardèrent avec effarement et horreur, le grand protecteur tirer du lit le Roi pour le faire se dresser fragilement sur ses deux jambes. Il lui arracha son bas, le retourna, ventre contre le lit. Puis, sans ménagement posa sa baguette là où d'autres avaient déjà tenté à en être rousté de s'introduire.
Affolé, Sirius menaça, gronda, maudit. Le Grand Protecteur rit de telle preuve de grandeur et de noblesse de celui qui n'était plus rien depuis si longtemps.
« Il semblerait que vous ayez su garder votre vertu.
– Vous payerez de votre vie cet affront. »
Weasley rit, retourna le pauvre, ballotté comme un chiffon de paille. Sa main se referma sur sa mâchoire.
« Ce n'est pas moi que vous devriez craindre. Votre Roi veut votre vertu et ce que Roi veut, roi aura. Il ne veut pas vous forcer et vous ordonne de vous y soumettre. Il n'aime guère les non, les cris et le rejet. Puisque vous êtes sain et vertueux, je vous laisse vos deux compagnons de jeu. Préparez-vous. Demain soir le roi viendra, et vous devrez vous rappeler à quel point un sujet doit aimer son suzerain. »
Le silence glacial avait envahi la pièce. Ce n'était pas lié à noël qui venait, pas davantage qu'à la neige à la fenêtre. Ce n'était pas l'usage d'un quelconque sort. Sirius retourna des yeux gris perdus en direction de Remus et Regulus qui semblaient avoir été frappé du sortilège de mort.
« Que voulait-il dire ? Que me veut cet usurpateur ?
– James viendra…, souffla avec espoir Remus.
– Que crois-tu qu'il puisse faire face à l'armée du roi ?
– Regulus, ne dis pas cela.
– Allons donc ! Expliquez-vous, expliquez-moi. Que me veut-il ? S'il le veut, je lui donnerais, si ça nous permet de sortir d'ici. »
Le cœur des deux hommes se brisa. Ils vinrent se placer sur le lit, entourant le Roi.
« On mourra et vous tuera plutôt que de laisser faire cela.
– Me tuer… me tuer…, répéta Sirius, vous ne parlez pas sincèrement, mes bons amis ?
– Mon Roi…
– Est-ce une si terrible demande ?
– C'est comme demander d'arracher à la nuit la lune sans pouvoir jamais y remettre. Rien n'est pire crime. Même un Roi n'en a le droit. »
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Les enfants regardèrent l'adulte revenu. Malgré les propos de la grosse Molly, la boulangère gentille leur ramenant à manger, ils ne croyaient pas avoir devant eux le Rois des Orphelins. Fort heureusement pour James Potter, Molly avait fait appeler ses amis d'autrefois tenant tous un bastion rebelle luttant contre le gouvernement en place. « Les voleurs de morts. »
Ils furent sincèrement heureux de retrouver leur petit roi disparu et désolés d'apprendre les difficultés qui avaient été les siennes.
« Le bâtard ne tardera pas, je lui donnerai la clé, je délivrerai mes frères, je récupérai la Reine des Ombres et nous vous rejoindront.
– Nous avons de tristes nouvelles concernant ta Reine.
– Parle donc, sans perte de temps ! J'entends, coquin, allons !
– Hier, dans l'abbaye, à la bénédiction royale avant le réveillon de ce soir, un drôle a prétendu être Roi devant le Roi lui-même.
– Par la Grâce !
– Ses manières auraient pu faire douter si sa tenue n'était pas aussi misérable. Certains ont même dit qu'il était d'une troublante beauté sous sa crasse. Tout juste est-il qu'il a fait grand bruit, prétendu savoir où était le sceau perdu et finalement s'est couvert de honte et de ridicule. Le grand Protecteur ordonna qu'on le jette nu, frappé et le punisse mais…
– Par la grâce, termine.
– La pitié du Roi est grande. On dit qu'il l'a fait porter dans un manoir pour le nourrir, lui rendre sa raison, le vêtir et le ramener à sainte Mangouste.
– Ma pauvre Reine, au moins sera-t-elle ainsi soignée en attendant mon retour. Si je ne meurs pas ce soir, nous irons la chercher avec Peter, Remus et Regulus. »
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Le roi ne versa aucune larme en écoutant Regulus lui expliquer ce que désirait le Faux Roi de lui. Il ouvrit les lèvres et les referma sans un mot. Il repensa à la petite fermière de son enfance puis à l'acte auquel il avait échappé autrefois. Il battit des cils.
« En quoi est-ce si important ?
– Que voulez-vous dire, Mon Seigneur ?
– Pourquoi la première fois est-elle plus importante que les suivantes ? J'ai quitté ce manoir avant qu'on me parle de tout cela. J'étais trop jeune et Rusard n'était guère loquace en la matière.
– C'est la vertu, c'est ainsi, elle compte.
– Les autres fois ne comptent pas ?
– Aussi, tout autant.
– Alors pourquoi cette fois-ci devrait-elle être plus importante ? »
Remus rougit, Regulus blanchit.
« Quand je serai Roi, se remit à délirer Sirius, il n'y aura plus d'importance accorder aux adultes qui l'ont ou ne l'ont pas fait. Chaque fois deviendra aussi importante. Et chacun aura le loisir de vouloir ou ne de pas vouloir sans que ce ne soit affaire de l'autre.
– Vous êtes donc bien roi.
– Roi des Ombres. » fit tendrement Sirius.
Très bien. Il se redressa du lit, retirant sa chemise, retirant son bas. Il ne tarda pas à retirer tout ce qui pouvait le couvrir, sous les regards hagards, curieux, mal à l'aise, désireux, effrayés de tous ceux se trouvant dans la pièce. Faisant fît des curieux, il fronça impérieux les sourcils.
« Montrez-moi ! ordonna-t-il.
– Mon Roi, couvrez-vous.
– Je ne veux pas tâcher la chemise, on ne m'en a donné qu'une.
– Remettez-la.
– Ne voulez-vous point me montrer ?
– Mon Roi, on mourra plutôt que cela !
– Suis-je laid au point qu'on préfère se tuer que de me toucher ? questionna curieux Sirius, fut-ce un roi vraiment fou pour lui vouloir y mettre la main ? Il est vrai que j'ai bien été abimé par le temps.
– Ce n'est point cela, grand Roi, répondit honteux Remus couvert de cicatrices et de marques qui ne l'avaient guère épargné, homme dont les enfants criaient à la vue les mots de monstre et d'horreur.
– Alors quoi ?
– On ne peut faire ça à un Roi.
– Pourquoi pas ? Devrais-je l'apprendre auprès de cet usurpateur ? Me laisseriez-vous sans leçon devoir mener un combat que je ne connais pas ? Le Grand Protecteur n'a-t-il pas ordonné que je me prépare ? Il l'a autorisé !
– On ne l'y laissera pas y mettre un ongle.
– Nous sommes mains et pieds liés davantage qu'en prison, mes frères, allons je ne supporterais pas votre mort. Montrez-moi ce que je dois savoir.
– Te souviens-tu, Remus, dit calmement Regulus, quand nous nous sommes battus pour savoir qui devait le nettoyer et que tu gagnas.
– Je m'en souviens, oui, Molly était heureusement arrivée.
– Te souviens-tu de ce que James a dit quand il a su ?
– Diantre, et j'ai raté ça ! »
Ils rirent, maladroitement, fixant Sirius toujours aussi gênés. « Crois-tu que Molly va encore arriver et nous sauver ? »
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Pillon sur rue, James fit parvenir à son frère que l'échange aurait lieu au niveau de la Tamise. Les petits Prewett, deux jumeaux roux qui lui rappelaient lui-même et ses amis étant enfants guettaient au bout de la ruelle. Bientôt deux personnages apparurent. L'un paraissait appartenir à la noblesse de campagne et ne rien connaître de la capitale au point de porter une gourmette en or, l'autre était petit, gros et méfiant. Le bâtard des Lions fit signe à deux Aurors sortant de l'ombre. L'un gronda à son maître d'avoir l'air plus discret mais l'arrogant Lockhart refusait d'avoir l'air d'un moins que rien.
Semblant seul, James Potter avait remarqué son ancien frère, fut-ce un peu de son sang dans ses veines, il le reniait à jamais. Cette apparition lui causa une telle indignation, qu'un flot de sang monta à ses joues. Il eut un soubresaut, se recula avec horreur et, levant la main vers la place pour lui dire de ne point s'approcher davantage, craignant de se jeter à son cou.
« Où sont mes deux autres compagnons ?
– Celui-là t'y mènera, quand j'aurais la clé !
– Est-ce vrai, mon brave Peter ?
– Oui, ils sont enfermés à quelques rues d'ici.
– Oh, est-ce que le bâtard des Lions t'aura fait du mal ?
– Vous aurez le loisir de parler des corrections que tes amis ont obtenu après, gronda Lockhart, les clés James ! »
James pointa du doigt un tonneau près d'eux. Aussitôt, Gilderoy Lockhart Potter récupéra les clés et pointa sa baguette en direction de James.
« Adieu, cher f… »
James avait sifflé de ses doigts. Une trentaine d'orphelins et une vingtaine de voleurs de morts apparurent devant les yeux du petit tyran des campagnes.
« Je me doutais que tu me trahirais.
– Si je ne repars pas en vie, tes amis…
– Pas de veines menaces ! Pars, je ne me battrais pas pour de la pierre. Prends tout. Toi, mon brave Peter mène-nous à nos frères. »
Laissant repartir l'homme, James suivi Peter au travers des ruelles. Ils s'engagèrent vers une forêt. Sans savoir, James prenait le même chemin que Sirius le jour de son rapt. Toutefois, Peter s'arrêta vers le cœur de la forêt et d'un coup sec il frappa de son arme dans l'estomac de l'homme. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois…
La douleur fut moins vive que le fouet du bourreau mais davantage mortelle. James Potter s'écroula sur le sol. Le pauvre Peter mortifié par la culpabilité et la honte quitta les bois. Il retrouva Gilderoy, récupéra le gros coffre de pièce d'or et s'enfuit aussitôt à dos de mulet, craignant la vengeance. Il se hâta avec tant de hâte et de précipitation que son mulet se retourna, bondit et comme le diable s'accrochait encore, il projeta son pauvre maître d'infortune contre la pierre d'un muret où il se rompit le cou, le corps entouré de pièces d'or.
Gisant dans son sang, la main de James s'accrocha à l'herbe. Il devait vivre. Il devait vivre…
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« Mon Roi… »
La mission était bien plus complexe qu'il n'y semblait. Honteusement, les hommes s'étaient recouverts des draps, tirant les voiles du lit, sans parvenir à se faire à l'idée d'être épiés par ceux qui risquaient à tout instant de crier au scandale et au vol, face à un faux roi qui avait clairement expliqua ce qu'il voulait.
Sirius attendait, mais voyant l'un et l'autre les bras branlants, il glissa ses propres mains royales sur son propre corps.
« Où dois-je toucher ?
– Regulus…, souffla Remus.
– Est-ce parce que je suis un homme ? Vous craigniez pour vos oreilles ?
– Nous ne craignions pas pour nos oreilles.
– Là ? C'est là qu'il a posé sa baguette… C'est… gênant. » avoua Sirius, alors que son doigt tentait d'entrer dans une zone qu'il pensait à un usage unique.
« … Regulus, dégluti Remus.
– Tu dois couvrir ton doigt, Sirius…
– Le couvrir dis-tu ?
– Oui…
– Vous ne comptez pas m'aider ? Vous êtes si cruels… »
Abandonnant le combat, James avait tiré le poignet de Sirius. Il l'attira sur ses cuisses couvertes de son pantalon, l'agenouillant dessus. Ses doigts glissèrent entre celles du roi et il empoigna son sexe sans brutalité, ni douceur, comme il avait l'habitude de le faire avec son propre corps, ou celui de son amant.
Une gifle ne l'étonna guère. Sirius rougit brutalement :
« Pardon… je ne voulais pas…
– N'as-tu jamais touché cet endroit, mon Seigneur ?
– Pourquoi aurais-je fait cela ?
– Ne nous mens pas.
– Parfois… peut-être… j'aurais essayé.
– … Je ne peux pas. Regulus…, implora Remus avec inquiétude.
– S'il te plait, je sais que suis laid, mais… mon ami… fais ça pour moi, ferme les yeux… si tu en as besoin. »
Remus n'aurait fermé les yeux pour rien au monde au risque d'en devenir aveugle. Il remua les doigts, et senti le roi frissonner entre ses mains. Il entendait les battements vifs du cœur du roi. Il finit alors par obéir à ses ordres, jouant du corps, avec tant de déférence que Sirius songea qu'il était en cristal.
Il ne pu s'en plaindre, ses bras s'agrippant autour des épaules de son amant d'infortune, il soufflait sous le plaisir jamais auparavant connu. Il gémit, suppliant Remus de continuer davantage à toucher ce qu'il touchait.
Regulus et Remus ne savaient pas quoi penser de cet homme de bientôt dix-neuf ans, peut-être vingt ans, peut-être vingt-et-un, ils ne le savaient guère, qui ne semblaient pas savoir quoique ce soit.
La tête tombante dans le cou, Sirius réagit par reflexe quand les doigts de Regulus vinrent soulever son bassin pour introduire son doigt trempé à l'intérieur du roi. Il avait sans doute exagéré la quantité, mais on parlait du roi. Et la honte l'affligeait.
« Je ne peux… Que crois-tu donc faire là ? » s'écria Regulus.
Il avait regardé avec surprise Sirius venir embrasser les lèvres de Remus. Le roi, tourna le visage, embrassant l'autre homme avec la même candeur.
« Je scelle le pacte, c'est ainsi que vous autre faîtes, non ?
– Nous autres ?
– Les manants… Ah ! »
Les yeux de Sirius s'agrandirent sous la surprise et soudainement, il ne parvint plus à trouver à redire, trop de mains et de doigts s'activer sur son corps. Son visage fut soulevé par Remus, qui regarda taquinement Regulus avant de clore ses lèvres sur celles du roi, mêlant leur langue ensemble.
« James nous en voudra terriblement.
– Nous serons bien nous faire pardonner.
– … Il gémit beaucoup.
– Il est vrai, est-ce si bon que ça mon Roi ?
– Quel regard meurtrier… devrions-nous arrêter ?
– Non…, souffla le roi.
– Il est si sincère.
– Je crois qu'il n'a menti qu'une fois en nous sauvant la vie.
– Voilà qui est surprenant, survivre dans la vérité.
– Remue tes hanches, Mon Seigneur, je vais te guider sur ses doigts. Regulus touche-le de ton autre main à ma place, que je puisse l'aider… »
Regulus grogna, se retrouvant avec le Roi entre les bras, ses yeux plongés dans le regard de Remus. Soudainement le roi défaillit en lui, tremblant sous son premier orgasme, hoquetant de plaisir. Les yeux sombre se posèrent sur le balafré et Remus rit tendrement, se redressant sur ses genoux pour venir embrasser l'autre homme, Leurs baisers devinrent des plus passionnés, le roi entre eux haletant.
« Je peux faire ça… je peux le faire et nous libérer… souffla le Roi s'endormant d'autant d'émotions. »
Attendrit Remus le borda, grimpant sur les couvertures pour le veiller.
« On ne peut laisser faire ça, souffla Regulus.
– James viendra.
– Qu'il vienne ou pas, on ne peut laisser le roi voler la Reine des Ombres.
– Sire ?
– Remus ?
– Ai-je vu de la jalousie lorsqu'il m'a embrassé ?
– Sottise ! » glapit Regulus, tendant la main pour l'attirer vers lui. « Il dort profondément. Nous devons tenir éveillé, tu as sans doute un jeu à me proposer pour me distraire pendant ce temps et initier les pauvres diables qui nous observent ? »
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L'ombre quitta la haie, observant l'homme à terre. Déjà mort ? Non, il vivait. Il vivait. Cet épouvantail, quelle chance avait-il ! Plus tard, ce bougre serait mort. Plus tôt, l'agresseur l'aurait tué lui aussi. La chance de Merlin voulait qu'il doive le sauver. L'homme était lourd à portée. Trainant James Potter dans la grange des mendiants, encore occupée par des pauvres diables, l'ombre dépensa le double qu'elle eu besoin pour soigner l'homme promettant le triple de cette somme si on parvenait à le sauver puis elle disparut.
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Quoi ? Oui, je suis vilaine. Je vais me faire tuer par les fans des blackstar. *tire la langue* tant pis pour vous ! Et puis, Regulus est aussi une étoile. Une belle étoile !
