Bonjour à tous !
Je poste tôt ce matin, beaucoup trop tôt pour moi en fait, des techniciens sont chez moi alors, ils font leur boulot et moi le mien ahah.
Un chapitre de transition, on va appeler ça comme ça. L'histoire n'avance pas énormément et il n'est pas très long, j'en suis désolée, mais des chapitres comme ça sont nécessaire par moment.
Enfin bref, je vous laisse le découvrir.
Comme toujours, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
A vendredi prochain,
Et surtout, prenez soin de vous,
Lou De Peyrac.
Chapitre 15 :
En ce début Janvier, Mak avait peiné à l'admettre alors que son réveil tiraillait ses oreilles, mais les cours devaient reprendre… Les vacances étaient finies et emmenaient avec elles l'éventuelle possibilité de partager une journée tranquille avec Elsa. L'enseignante ne l'avait pas recontacté depuis leur conversation par message du nouvel an et Mak, se désolant d'être devenue complètement accro, s'impatientait et était presque heureuse de reprendre les cours. La pauvre adolescente en manque d'amour qu'elle était, savait qu'il ne suffirait que d'un signe d'Elsa avant qu'elle ne vole en éclat.
Malgré tout, se confondant avec une masse sans forme perdue entre de nombreuses couches de couverture, la jeune fille grogna en envoyant un bras cogner son téléphone afin que le bruit fort désagréable de sa sonnerie cesse.
La forme se retourna, se couvrit un peu plus en retombant presque dans un sommeil réparateur. Puis un étrange et puissant bruit de moteur la réveilla en sursaut. Mak, sans ouvrir les yeux, se redressa et entendit cette fois bien clairement le bruit d'un moteur de moto qu'on faisait ronronner encore et encore. L'adolescente fronça les sourcils. Sa rue était très peu fréquentée et encore moins par des motos… elle ne se souvenait même qu'aucun de ses voisins n'en possédaient.
Mak se leva en baillant et approcha de la fenêtre de sa chambre. Elle tira le rideau et baissa les yeux sur la rue en contrebas. Elle fut tout à fait surprise de découvrir Kuzco, devant chez elle, sur une moto noire, une main sur le guidon et un casque dans l'autre.
Le jeune homme souleva la visière qui lui couvrait les yeux en voyant Mak à sa fenêtre et fit de grands gestes avec les bras.
Mak ouvrit la fenêtre alors que le bruit lui attaquait davantage les oreilles. Elle grimaça et cria :
- Mais qu'est-ce que tu fous ?
Kuzco rit à gorge déployée, coupa le moteur et expliqua :
- Mes parents devaient passer les prochaines vacances avec moi. Ils ont trop de travail, alors ils se sont fait pardonner avec ce bijou. Je t'emmène au lycée ?
Mak se souvint que, parce qu'il avait redoublé une classe et que ses parents étaient blindés, Kuzco avait déjà le permis 125 et qu'il rêvait d'une moto depuis bien longtemps. Ses parents devaient être à court d'arguments pour se faire pardonner pour lui offrir un cadeau pareil. L'adolescente réfléchit une seconde. Après tout, elle n'aurait pas à pédaler jusqu'au lycée…
- Je m'habille et j'arrive, dit-elle simplement en fermant la fenêtre.
Elle se déshabilla rapidement et enfila quelques fringues trouvées un peu par empoigna ensuite son sac et descendit les escaliers à la hâte. Elle allait passer la porte quand elle entendit :
- Hep, hep, hep, jeune fille, où tu cours si vite ?
Mak se retourna et tomba nez à nez avec sa mère, se tenant, les bras croisés, dans l'encadrement de porte de la cuisine.
- Salut Maman, Kuzco m'emmène en cours.
- Ce boucan dehors, c'est Kuzco ? Demanda sa mère en fronçant les sourcils. Mak se dit qu'elle aurait peut-être dû demander l'autorisation à sa mère avant d'accepter la proposition de son ami.
- Ouais, enfin tu sais c'est pas une grosse moto, rien de dangereux je t'assure, promit la gamine alors que, les motos, elle n'y connaissait strictement rien.
Sa mère haussa un sourcil peu convaincu pour seule réponse. Mak opta pour une mine de chien battu, celle qu'elle savait efficace contre sa mère.
- M'man, s'il te plaîîît, je te promets que je ferais attention.
- Hm, et depuis quand tu es si pressée d'aller au lycée, toi ? S'étonna Madame Lichtenstenner, avant qu'un sourire taquin n'apparaisse sur ses lèvres. Tu dois rejoindre quelqu'un ? Ta copine ?
Le visage de Mak vira au rouge écarlate. Elsa ? Qu'est-ce qu'Elsa venait foutre là-dedans ? À la base, elle voulait juste faire une virée à moto entre potes.
- Je ne vais rejoindre personne, Maman ! S'agaça l'adolescente. J'ai philo, et la prof est une vraie emmerdeuse sur les retards, alors excuse-moi de vouloir arriver à l'heure !
Madame Lichtenstenner sourit davantage, avança de quelques pas, passa devant sa fille et déclara en lui ouvrant la porte :
- Eh bien, si tu arrives à l'heure au cours de cette prof alors qu'elle est une emmerdeuse, elle doit vraiment être une très bonne prof, se moqua-t-elle, ne croyant pas un strict mot de ce que lui disait sa fille. Allez, file, et sois prudente sur cet engin, ordonna Madame Lichtenstenner en faisant un pas à l'extérieur de la maison.
- Bonjour Madame Lichtenstenner ! S'exclama Kuzco en les voyant sortir. Vous êtes toujours aussi radieuse ! Sourit-il, faisant rouler des yeux la jeune femme.
- Bonjour Kuzco, je te préviens, si tu tues ma fille, je te retrouverais ! Déclara-t-elle en pointant un index moralisateur vers l'adolescent, faisant rire le jeune homme.
Enfin, Madame Lichtenstenner embrassa sa fille et rentra chez elle.
Mak trottina jusqu'à la moto et saisit le casque que Kuzco lui tendait. L'adolescente ne se fit pas prier plus longtemps et enfourcha la bécane en s'accrochant à Kuzco.
- C'est bon Makdonald's, t'es bien installée ? On peut y aller ? Demanda l'adolescent en baissant sa visière, allumant le moteur au passage.
- Seulement si tu arrêtes de m'appeler comme ça, grogna Mak en saisissant fermement les poignées derrière elle.
Kuzco rit de plus belle avant de faire hurler de moteur et de démarrer.
Mak appréciait le vent qui s'engouffrait sous son pull et un sentiment délicieux de liberté vint l'étreindre. Par moment, lorsque Kuzco accélérait un peu trop puis freinait subitement, leurs casques s'entrechoquaient, mais ils s'en fichaient pas mal et profitaient seulement de cette petite balade alors que le soleil n'était même pas encore levé.
Cela n'étonnait pas Mak plus que ça, mais Kuzco conduisait véritablement comme un pied, slalomant entre les voitures, grillant quelques feux rouges trop longs, faisant rire l'adolescente quand il râlait sur les hauteurs gigantesques de certain dos-d'âne, persuadé que la mairie qui installait ces engins de tortures voulaient détruire ses amortisseurs.
- Putain, il se traîne celui de devant, grogna le colombien. Un vrai p'tit vieux !
Mak délaissa le paysage pour se concentrer sur la route et remarqua un 4x4 rouge qu'elle connaissait bien et qu'elle avait d'ailleurs déjà conduit. Il roulait en vitesse de croisière devant eux. Elle sourit intérieurement. Il était vrai qu'Elsa roulait bien moins vite que d'habitude, elle ne devait pas encore avoir eu droit à son café du matin.
- C'est Lange, glissa l'adolescente à l'oreille de son ami, peinant à ce que sa voix couvre le bruit du moteur. Le 4x4 qui a failli m'écraser.
Elle sentit un rire faire vibrer le corps de Kuzco.
- On va l'embêter un peu, sourit l'adolescent, d'humeur canaille, en voyant le 4x4 s'arrêter à un feu rouge.
Kuzco accéléra et arrêta sa moto à ce même feu rouge, à hauteur du 4x4. Les deux adolescents tournèrent la tête et rencontrèrent le visage encore un peu endormi de leur professeur de philo, tout à fait concentré sur la route. Ils levèrent leur visières et Kuzco donna deux coups de klaxon qui firent sursauter l'enseignante.
Elsa tourna la tête sur la gauche et écarquilla les yeux en voyant les deux visages familiers de ses élèves. Elle fronça les sourcils et baissa sa vitre.
- Bonjour Madame ! Cria Kuzco en agitant les mains devant lui tel un imbécile heureux.
- Son idée, pas la mienne, assura Mak en jetant un regard désolé mais rieur vers Elsa.
- Ne croyez-vous pas que vous supporter huit heures par semaine est suffisant pour ne pas m'importuner dès le matin ? S'exclama Lange en souriant malgré tout.
- On sait que vous ne pouvez pas vous passer de nous ! Rit Kuzco, tout à fait amusé par la situation.
- L'espoir fait vivre Kuzco, que voulez-vous que je vous dise… tacla Lange sans perdre cet éternel sourire. Elle devait avouer que ces gosses avaient le pouvoir de l'amuser.
De manière théâtrale, Kuzco plaqua une main sur son cœur comme si celui-ci venait de se briser à la suite de cette remarque. Langa partagea un regard d'une infime seconde avec Mak, puis reprit :
- Cessez de faire l'idiot et ramenez Mademoiselle Lichtenstenner dans mon cours en un seul morceau je vous prie, ordonna-t-elle en gardant un semblant de sérieux avant de démarrer dès que le feu passa au vert et de les laisser là.
- Pourquoi tout le monde pense que je vais te tuer ? Demanda Kuzco en démarrant à son tour, arrivant bien vite à hauteur du 4x4 rouge.
Mais Mak n'écoutait déjà plus. L'adolescente tourna de nouveau la tête sur la droite au moment où Kuzco doubla le véhicule de Lange. Leur regard se croisèrent de nouveau. Elles se sourirent et Mak ne décrocha son regard de l'enseignante que lorsqu'elle risqua un torticolis à trop chercher ses yeux.
Elsa sourit et plissa les yeux en voyant, devant elle, les deux adolescents lui faire en parfaite harmonie un signe de la jambe après l'avoir doublé. Cette journée promettait d'être intéressante.
L'enseignante n'avait volontairement pas donné signe de vie à son élève du reste des vacances, ressentant le besoin de se retrouver un peu, de ne pas plonger tête baissée, encore une fois, sur les lèvres de cette jeune fille alors qu'elle en avait tant rêvé… Les sentiments qu'elle entretenait à l'égard de Mak semblaient se développer de jour en jour, bien trop vite, bien trop naturellement. Elle se sentait un peu comme prise au piège au cœur d'une comédie romantique aux milles péripéties alors qu'une salle entière de cinéma lui hurlait de simplement céder à ses pulsions et de tomber dans les bras de son élève. C'est d'ailleurs ce qu'avait fait Anna durant toutes les vacances…
Mais voilà, Elsa savait qu'elle n'était ni un millionnaire qui pouvait se payer les services d'une Julia Roberts faisant le tapin comme Richard Gere, ni un beau jeune homme comme Leonardo Dicaprio qui se sacrifie pour sauver Kate Winslet d'un naufrage… elle aurait encore préféré ça, au moins dans Titanic, Dicaprio ne se faisait pas traiter de pervers à tomber amoureux d'une mineure et mourrait en héro…
A de nombreuses reprises au cours des vacances, Elsa avait attrapé son téléphone et avait tapé de nombreux messages sans jamais les envoyer. Pourtant, son envie de passer du temps avec la jeune fille aux cheveux bleus était bien là et persistait en elle quoi qu'elle fasse. Elle rêvait simplement de partager une soirée canapé, plaid, et chocolat chaud devant un bon film avec elle… et après tout, elle se dit en fixant la moto qui roulait devant elle qu'elle ne risquait rien à lui proposer une soirée de ce genre. Son appartement était un lieu sûr… c'était décidé, elle allait demander à Anna de passer sa soirée chez Kristoff et Sven…
Kuzco arrêta sa moto juste devant le lycée, crânant un peu. Mak sourit en descendant de l'engin avant d'enlever son casque.
- Eh bien, je vois qu'on ne se refuse rien ! S'exclama Olaf, un bras dans le plâtre, qui était encore une fois en charge de l'entrée.
- On dit merci Papa, rit Kuzco. Même si moi je l'aurais choisi blanche et jaune, affirma-t-il.
Olaf grimaça de dégoût sans se cacher.
- Blanc et jaune ? Non mais tu as vraiment un sérieux problème de goût à gérer.
Mak sourit en se disant qu'elle avait la chance de pouvoir parler à un surveillant comme on parle à un pote.
- Qu'est ce qui t'ai arrivé ? Demanda-t-elle en voyant le bras en écharpe du jeune homme.
Olaf soupira en souriant malgré tout, jetant un œil à son bras, et expliqua :
- J'ai voulu m'essayer à la luge avec des potes pendant les vacances… mauvais plan.
- Tu m'as dit un jour que tu étais si souple que tu n'avais pas de squelette… apparemment, tu t'es surestimé, taquina-t-elle en haussant un sourcil.
Olaf grogna pour seule réponse en roulant des yeux.
Mak essaya de ne pas sourire en voyant le 4x4 rouge se garer non loin d'eux. D'un œil discret, elle observa Elsa se détacher et ranger ses affaires avant de sortir de son véhicule.
Leurs regards s'accrochèrent une seconde avant que l'enseignante grimace et Mak comprit vite pourquoi.
- Lichtenstenner ! Kuzco ! Allez garer cet engin de malheur ailleurs que devant l'établissement !
Les deux adolescents se retournèrent et tombèrent nez à nez avec des cheveux blancs et une moustache qu'ils ne connaissaient que trop bien…
- Vous n'aimez pas ma bécane Monsieur Wisioton ? Demanda Kuzco en souriant face à leur CPE.
- C'est Weselton ! Weselton ! S'énerva le petit homme en bondissant sur place, alors qu'Elsa, appuyée contre son 4x4, observait discrètement la scène, définitivement amusée au même titre qu'Olaf qui tentait de ne pas rire.
- Wiselton ? Demanda Mak en fronçant les sourcils, ne pouvait résister à une occasion d'exaspérer le vieil homme, faisant rire Elsa qui tripotait distraitement son téléphone afin de paraître innocente.
- Weselton ! Répéta l'homme.
- Wesulton ? Essaya d'articuler Kuzco en exagérant le mouvement de ses lèvres.
- C'est à se demander ce qu'on vous apprend dans ce lycée ! Ragea le CPE, faisant rire sous cape les adolescents.
- Détendez-vous Monsieur, vous allez vous faire du mal… conseilla Mak en haussant un sourcil moqueur.
- Je me passerais de vos conseil Lichtenstenner, merci !
- Moi je dis ça pour votre santé, vous savez à votre âge, il faut se ménager… appuya Mak en affichant un air tout à fait inquiet, faisant rire Elsa et Olaf davantage.
Si tu continu, tu vas finir par récolter une heure de colle… pensa l'enseignante sans pour autant cesser de rire discrètement.
- Insolente ! Cria Weselton faisant presque sursauter les adolescents. Cessez de dire des inepties, garez cet attirail ailleurs et allez en cours ! Ordonna-t-il.
- A vos ordres m'sieur ! Répondit Kuzco en imitant un salut militaire.
L'homme ne jugea pas nécessaire de répondre, grogna et fut à peine retourné que les deux adolescents présentèrent deux beaux et fiers doigts d'honneur à son dos, faisant définitivement éclater de rire Olaf, Elsa et bon nombre de lycéens.
À la suite de ce petit coup de théâtre Mak jeta un regard vers le 4x4 rouge, pensant y trouver Elsa mais ne vit personne. L'adolescente fut déçue une seconde mais ne laissa rien paraître. Elle ne perdit pas plus de temps et se dirigea accompagnée de Kuzco vers la salle 206.
Mak dû faire appel à toute la volonté du monde pour ne pas dévorer Lange des yeux alors qu'elle démontrait par a plus b quelques théories de plusieurs philosophes. L'adolescente ne pouvait s'empêcher de l'observer encore et encore lorsque sa prof… potentielle copine, écrivait quelques mots sur le grand tableau blanc ou encore quand, comme souvent, elle s'asseyait sur le bureau professoral.
Mak la trouvait si belle. Elsa débitait un monologue que la jeune fille aux cheveux bleus ne parvenait pas à écouter, bien trop concentré sur le chemisier blanc que son enseignante avait choisi aujourd'hui non pour lui déplaire.
Elle aimait ses petits sourires en coin, ses mains qui s'agitaient lorsqu'elle se perdait un peu trop dans ses explications, ses sourcils qui se fronçaient quand elle réfléchissait… Elle aimait tout. Mak pensait d'ailleurs n'avoir jamais vu une femme aussi belle. Aucunes de ses amies n'étaient aussi charmantes. Aucunes des filles de ce foutu lycée n'étaient aussi séduisantes.
Et dire que Kuzco avait taquiné cette même ravissante prof ce matin sans se douter une seule seconde que Mak l'avait embrassé un soir de Noël… wow… c'était si étrange…
Elsa elle, parlait et parlait encore sans lui jeter un regard et même si Mak savait très bien pourquoi elle agissait ainsi et se disait que c'était la meilleure chose à faire, cela restait tout à fait rageant.
La sonnerie retentissante fit sursauter l'adolescente. Elsa donna une dissertation à rendre pour la semaine suivante à ses élèves et leur annonça qu'ils en avaient fini pour aujourd'hui. Mak trouva son professeur pour une fois bien indulgente, d'ordinaire, ils n'avaient guère plus d'une soirée pour préparer une dissertation.
Le cours était passé si vite et elle pensa une seconde à rester assise pour voler un moment en compagnie d'Elsa comme elle l'avait déjà fait si souvent même avant de l'embrasser, mais se dit tout de même que ce n'était pas une idée très judicieuse… Elle rangea donc ses affaires, se leva, et offrit un dernier regard à Elsa qui sourit simplement avant de souhaiter à tous ses élèves une bonne journée.
Mak sortit sans grande conviction et suivit docilement Kuzco et Esméralda jusqu'à leur prochain cours. La journée allait être longue…
A la pause de midi, ils retrouvèrent Alice et Ralph et s'installèrent à une table pour manger. Mak ne prit pas la peine de chercher Elsa des yeux, ayant depuis longtemps remarqué que son enseignante préférait manger dans la tranquillité de la salle des profs plutôt que de supporter l'agitation du self.
- Alors cette moto ? Demanda Rlaph.
- Une petite merveille, assura Kuzco.
- Essaye de ne pas te vautrer quand même… soupira Alice, ne connaissant que trop bien l'inconscience habituelle du colombien.
- T'inquiète pas, ma jolie. Je te fais faire un tour quand tu veux, sourit Kuzco.
Mak, qui tripotait du bout de sa cuillère une salade de fruit qu'elle ne mangeait pas vraiment, plissa les yeux en voyant Alice rougir.
- Je ne prendrais jamais le risque de monter avec toi, assura Alice.
- Eh ! Je ne suis pas un danger public ! Se vexa le jeune homme qui ne supportait plus cette remarque, bien trop récurrente depuis ce matin.
- C'est ça… sourit Esméralda en roulant des yeux.
- Ah ouais d'accord, vous êtes tous contre moi ? S'indigna Kuzco, faisant rire ses amis.
- C'est vrai que vous avez remballé Welselton ce matin ? Demanda Alice.
Mak et Kuzco se regardèrent en souriant malicieusement et partagèrent seulement un check.
Mak sentit une vibration dans sa poche. Elle jeta un œil à l'écran de son portable qu'elle garda précautionneusement sous la table. L'adolescente tenta de retenir un sourire niais quand elle vit de qui provenait le message.
De : E.
As-tu quelque chose de prévu ce soir ?
Elle jeta un rapide regard à ses amis, et voyant qu'ils continuaient leur conversation sans elle, elle tapa rapidement sa réponse.
De : Blue.
J'ai une dissert' de Philo à faire, pourquoi ?
L'adolescente termina rapidement sa salade de fruit, puis choisit de se défiler afin de ne pas prendre le risque que l'un de ses amis ne lise un des messages par-dessus son épaule. Elle se leva et leur expliqua qu'elle sortait fumer une cigarette avant la reprise des cours avant de s'enfuir.
Une fois seule, elle put prêter de nouveau attention à son téléphone.
De : E.
Quelle élève modèle. Tu m'impressionnes.
Dois-je faire une croix sur l'invitation que je pensais te proposer ?
Mak, à l'abri des regards, sourit clairement cette fois en lisant le message taquin de son professeur, imaginant d'ici son sourire charmeur.
De : Blue.
Ça dépend. Qu'est-ce que tu proposes ?
De : E.
Anna passe la soirée chez Kristoff.
Film, chez moi ?
Le cœur de Mak sauta un battement. Seules dans l'appartement d'Elsa ? Avec Elsa ? Wow… elle ne s'attendait pas à quelque chose comme ça… et en même temps, elle se souvint que les lieux où elles pouvaient se voir sans risque se comptaient sur les doigts d'une main… L'appartement d'Elsa était sans aucun doute le meilleur choix. Comme souvent d'humeur espiègle et parce qu'elle ne se lassait pas de ça, Mak décida de taquiner un peu son professeur.
De : Blue.
J'ai une question.
De : E.
Comme toujours, Lichtenstenner… J'écoute.
De : Blue.
Si tu nous as donné une semaine pour rendre cette dissert',
C'était pour que je puisse passer la soirée avec toi ?
De : E.
Tu ne le sauras sans doute jamais.
Tu passes la soirée avec moi ou tu préfères bosser ta philo ?
Mak haussa un sourcil amusé en imaginant le sourire en coin d'Elsa à travers l'écran qui les séparait et battu en retraite en sachant qu'elle ne lâcherait rien.
De : Blue.
Qu'est-ce que j'amène ?
De : E.
Juste toi. Ça sera parfait. 18h.
Charmeuse… Pensa l'adolescente alors que ces quelques mots la faisaient déjà fondre.
Elle ne savait trop comment ni pourquoi, mais elle se souvint comme de quelque chose qui s'imposait à elle. Son père, grand fan de tout ce qui était un tant soit peu rétro, que ce soit dans la musique ou dans le cinéma, lui avait transmis la passion des films des années 30 et tellement de choses encore…
Son père lui avait offert le délicieux virus des vieux artistes un peu fous de l'époque. Depuis Elsa, elle se sentait d'ailleurs comme dans un Comics Trip de Gainsbourg prête à chanter l'Hymne à l'amour de Piaf dans une bulle de parole en se suspendant à chaque mot. Elle se dit d'ailleurs qu'avec ses cheveux et sa bouille de camée, elle avait bien sa place dans une BD…
Son esprit d'étudiante en Art reprenant le dessus, elle eut soudain l'envie irrépressible de dessiner Elsa sous toutes les coutures. Ses pensées tournant à plein régime, elle l'imagina au crayon de papier, à la craie, ombrée au fusain, colorée à l'acrylique, esquissée aux pastels, fondue à l'aquarelle ou encore même en simple portrait. Ses yeux bleus mis en valeur par les fameuses teintes de Chagall pour faire écho à la reproduction qu'Elsa avait dans sa chambre. Mak était d'ailleurs intimement convaincue qu'Elsa serait sublime même vaguement griffonnée sur un post-it au stylo bille…
Mak cacha rapidement son sourire et rangea son téléphone en voyant ses amis se diriger vers elle. Elle s'impatientait déjà d'être ce soir… La journée allait vraiment être longue.
Elsa arriva dans son appartement aux alentours de 17h. Elle ne prit même pas la peine de passer par la cuisine, ignorant totalement Joséphine qui courait entre ses jambes, manquant de peu de la faire tomber, et se débarrassa de son chemisier en traversant le salon pour filer vers la salle de bain.
Anna, qui lisait tranquillement sur le canapé ne vit qu'une torpille blonde à moitié nue passer au-dessus de ses pages.
La rousse fronça les sourcils et se leva rapidement pour suivre sa sœur.
- Elsa ? Appela-t-elle en ouvrant sans demander permission la porte de la salle de bain dans laquelle venait de pénétrer Elsa.
- Eh ! Ne te gêne pas ! Râla Elsa, complètement nue, en disparaissant dans la douche, se glissant sous l'eau chaude qui la fit frissonner.
- Oh ça va, je suis ta sœur, répliqua Anna comme si cela pardonnait tout. Pourquoi tu cours comme ça ?
- Mak sera là d'ici une heure, expliqua Elsa en fermant les yeux, relevant ses cheveux d'une main alors que l'eau s'infiltrait entre les mèches blondes.
Anna sourit malicieusement et tira soudainement le rideau, faisant sursauter Elsa.
- Anna ! Gronda l'enseignante en refermant aussitôt le rideau.
- Non mais tu vas voir Mak, ici, ce soir ?! Genre, comme un rencard ! Votre premier rencard ! S'excitait déjà la rouquine.
- Genre comme une innocente soirée film sans arrière-pensées, rectifia Elsa d'une voix ferme.
- Hm, hm, c'est pour ça que tu te fais toute belle ? Demanda Anna, peu convaincue.
- Je ne me fais pas toute belle, je prends une douche, soupira Elsa. D'ailleurs, tu ne veux pas aller voir Kristoff ce soir ?
- Donc tu veux que je déserte notre appartement pour que tu puisses passer une innocente soirée film sans arrière-pensées pour laquelle tu ne te fais pas toute belle ? Se moqua Anna alors qu'elle entendit Elsa arrêter l'eau.
La blonde ne répondit pas et se contenta de sortir une main de l'autre côté du rideau.
Anna fourra une serviette de bain dans cette même main en soupirant :
- Ok, je vais passer la soirée chez Kristoff, consentit-elle alors que sa sœur sortait de la douche, enroulée dans la serviette. Mais tu as vraiment intérêt à profiter de ta soirée. Tu vas lui faire à manger ?
- Euh… je pensais commander des pizzas… les ados aiment les pizzas, non ? Tu penses que ce n'est pas assez original ? Paniquait déjà Elsa, craignant d'avoir eu une mauvaise idée.
- Non, non, une pizza c'est très bien, assura Anna. Tu sais comment tu vas t'habiller ?
- Ma chemise verte, un jean et des talons ? Proposa Elsa en se dirigeant vers sa chambre, suivie de près par Anna.
La rouquine grimaça :
- Des talons, tu es sûre ? N'oublie pas qu'elle est petite.
- Je sais, mais aujourd'hui, j'ai vraiment besoin de me sentir belle pour affronter ça, rappela Elsa qui commençait déjà à regarder sa montre.
- Eh, l'arrêta Anna en cachant sa montre d'une main. Tu es censée passer un bon moment en sa compagnie, une agréable soirée. Alors tu te détends, tu respires, et tu prends les choses comme elles viennent, conseilla-t-elle tendrement. Et puis rappelle-toi qu'elle est amoureuse de toi malgré le fait que tu ais tenté de la tuer… plaisanta-t-elle, faisant enfin sourire Elsa qui parvint calmer à son stresse.
- Oui, tu as raison.
- Bon, de toute façon, c'est une gamine elle ne va pas te manger, sourit Anna. À moins que ça soit ce que tu veux… taquina-t-elle.
- Anna ! Gronda une énième fois Elsa, s'attirant un rire de la part de sa sœur.
La rouquine embrassa le front de sa sœur.
- Allez je file. Pour une fois, n'oublie pas de donner à manger à Joséphine, embrasse Mak de ma part et, par pitié Elsa, amuse-toi, lui ordonna-t-elle avant de sortir de la chambre.
Elsa sourit en soupirant malgré tout. Elle oubliait toujours de donner à manger au chat, elle craignait d'embrasser Mak de peur de lui sauter dessus et elle était pour l'instant bien trop stressée pour s'amuser. Mon dieu sa vie serait tellement plus simple si elle était un peu plus comme Anna. Anna, elle, n'oubliait jamais de nourrir le chat.
Mak rentra chez elle presque en courant alors qu'elle avait remarqué en quittant le lycée qu'Elsa et son 4x4 étaient déjà partit. 17H30. Autant dire qu'elle n'avait pas le temps de réfléchir trop longtemps.
Elle ouvrit son armoire et fouilla quelques minutes dans ses tiroirs. Que pouvait-elle mettre ? Que fallait-il mettre pour un premier rendez-vous ? Elle ne voulait pas s'habiller comme elle le faisait tous les jours et en même temps elle se souvenait qu'Elsa avait sans doute vu toutes ses fringues depuis la rentrée… galère…
Elle pensa une seconde à Alice. Alice était belle. Alice s'habillait toujours si bien avec des sapes à un euro sorties de friperie. Mais elle n'était pas Alice. C'est elle qu'Elsa invitait chez elle ce soir. Pas Alice.
Elle aurait tant voulu pouvoir partager ça avec sa mère ou même, pourquoi pas, avec son frère. Que quelqu'un se tienne derrière comme la meilleure des cheerleaders pour l'encourager et lui dire que sa soirée en compagnie d'Elsa serait parfaite.
Mais son frère était loin, sa mère déprimait et elle ne pouvait parler à personne du rendez-vous clandestin qu'elle avait avec Elsa puisque Elsa était sa prof de philo.
Ok, maintenant qu'elle avait reposé les bases, elle se secoua un peu et entreprit de choisir enfin une tenue pour ce soir.
Après quelques minutes d'autopsie de son petit dressing d'ado, elle opta pour un pull en laine à grosses mailles rouge, un mini-short, des longues chaussettes noirs arrivant jusqu'à mi-cuisse et ses éternelles baskets. Elle voulait, certes, être belle pour Elsa, mais de là abandonner ses habituelles baskets, il ne fallait tout de même pas déconner.
Elle fila se laver les dents et s'autorisa une goutte de parfum au creux du cou, habitude qu'elle envisageait de prendre pour Elsa. De ce qu'elle avait remarqué, Elsa sentait bon, terriblement bon. Peut-être que le parfum était un truc d'adulte et elle aimait penser qu'il était temps pour elle de s'y mettre.
Elle ne tenta même de dompter ses cheveux, sachant qu'elle perdrait toujours face à eux…
17h45. Il fallait vraiment qu'elle se bouge… après tout, étant donné qu'elle était arrivée en retard au premier cours de philo, Elsa devait un peu s'attendre à ce qu'elle ne soit pas tout à fait à l'heure, non ?
Et puis, c'était la faute d'Elsa si elle était en retard en fin de compte. Elle avait fini les cours à 17h, mais elle avait légèrement traîné dans les rues d'Arendelle dans l'espoir de trouver quelque chose pour ne pas arriver chez son enseignante les mains vides même si celle-ci lui avait assuré qu'elle n'avait rien à amener à part elle-même.
Mais Mak, n'ayant jamais été de nature très obéissante, avait d'abord pensé à lui offrir des fleurs. Même si c'était très cliché, des fleurs, mise à part si l'on était allergique au pollen, ça faisait toujours plaisir.
Mais en fin de compte, l'adolescente avait repensé à la potentielle éventualité qu'elle croise quelqu'un qui la connaissait devant l'immeuble d'Elsa. En soit, les chances étaient infimes mais dans l'esprit précoce de Mak, toutes possibilités étaient bonnes à concevoir. La jeune fille s'était alors dit qu'elle n'aurait jamais pu expliquer à qui que ce soit ce qu'elle faisait devant l'immeuble de sa prof de philo avec un bouquet de fleur. Elle avait donc abandonné l'idée et avait choisi, pour une fois, d'obéir à sa prof de philo sans rechigner. Elle avait malgré tout perdu un quart d'heure de son temps.
Elle se précipita dans l'entrée, se regarda une demi-seconde dans l'immense miroir et fut heureuse de se trouver plutôt jolie. Ce fut donc rapidement qu'elle enfila un manteau et empoigna son sac avant de sortir en courant pour rejoindre son vélo.
Elle pédala en essayant d'éviter les tas de neiges qui persistaient à rester sur quelques trottoirs d'Arendelle.
Sans s'en rendre compte, elle arriva bien plus vite que prévu devant l'immeuble d'Elsa.
Elle réfléchit une seconde en se demandant bien même comment elle avait fait pour penser à une chose pareille, mais Elsa habitait à cinq minutes à pieds de la bibliothèque d'Arendelle. Elle le savait car elle se souvenait que sa mère avait un abonnement dans cette bibliothèque. Elle préféra donc attacher son vélo sur le parking de la bibliothèque plutôt que devant l'immeuble d'Elsa, juste au cas où… La bibliothèque fermait aux alentours de minuit, ce qui lui laissait largement le temps de profiter de sa soirée sans éveiller les soupçons si quelqu'un, par on ne sait quel hasard saugrenu, aurait fait le lien entre son vélo et l'appart' d'Elsa.
Pour une fois, elle fut heureuse d'être en hiver et de voir les rues si peu fréquentées. La nuit était déjà tombée et elle put donc marcher jusqu'au bâtiment désiré sans trop psychoter.
Quelques minutes plus tard, elle aperçut le 4x4 rouge garer sur un petit parking de seulement quelques places qui se dressait devant l'immeuble. Elle n'avait pas vraiment fait attention à ces choses-là la première fois qu'elle était venu. Une fois devant l'interphone, elle fut surprise de se souvenir du code qu'Anna lui avait envoyé à Noël. 18h. Par miracle, elle n'était pas en retard.
Elle poussa la lourde porte du hall, puis monta jusqu'au deuxième étage et se retrouva bien vite devant la porte en bois brun qui portait les noms d'Elsa et Anna Lange.
Elle inspira profondément puis vint toquer d'une main tremblante contre cette même porte.
