Hello tout le monde !
C'est vrai que j'ai mis un peu de temps, mais ça y est, le voilà, un petit épilogue sans prétention. Pas centré sur notre couple phare, désolée à ceux que ça décevra peut-être, mais au final je n'avais plus rien à ajouter à leur histoire : ils se marieront et auront 2,1 enfants (et peut-être un gros aquarium avec plein de poissons). Pouet.
Je vous remercie tous pour avoir suivi cette fic, et m'avoir envoyé autant de messages aussi adorables. On ne le répétera jamais assez, savoir que ce qu'on écrit trouve son public... Entretient la flamme. Donc merci à tous !
Dernière réponse aux reviews pour cette fic !
Guest (Marie) : Merci beaucoup ! Voilà effectivement un épilogue, pas Jane et Charlie, mais... Bon, je n'en dis pas plus !
Nathalie : Ce sera pas non plus un POV de Lord ! Mais l'idée était tentante, après tout, je ne suis jamais rentrée dans ses pensées à lui, de toute la fic... Et t'inquiète, je compte bien mettre à profit le temps de confinement restant! Et merci pour avoir pris le temps de relire ces deux vieilles fics qui sont presque du passé "honteux" pour moi : elles datent vraiment de mes tout début dans l'écriture...
mimija : Merci à toi ! Leurs cœurs n'ont pas fini de tanguer tels qu'on les connait, désormais. Heureusement, j'ai pu la poster assez vite cette fic - compte tenu des conditions. Ravie que tu l'aies aimé !
Jane : merci, ta review me touche :). Pour ta question sur une autre fic ? Eh bien, je n'ai pas commencé à écrire, mais ça y est, une nouvelle situation s'est fixée dans mon esprit un peu tordu... Plus qu'à démarrer une nouvelle page :). Donc : oui, je t'ai entendue : j'enfile mon nouveau chapitre !
Juju : un grand merci, ça me fait plaisir de savoir que j'ai contribué à l'évasion de quelques personnes dans ces temps difficiles. a bientôt :)
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Epilogue : Bouillie de pruneaux pour la 12
POV Alex
Trois mois plus tard
Je détachai les yeux de mon ordinateur en sentant mon portable vibrer.
Un numéro inconnu. Je fronçai les sourcils, peu enclin à répondre à un énième appel publicitaire. Je ne donnais pour ainsi dire jamais mon numéro, mais certaines sociétés parvenaient malgré tout à nous polluer avec leurs produits.
Finalement, la curiosité l'emporta et je décrochai.
« J'écoute. Fis-je d'un ton froid.
- Oh. C'est bien la première fois que j'entends une introduction aussi sèche. »
Je haussai un sourcil, toujours plus curieux. Je n'étais pas certain d'avoir déjà entendu cette voix. Une voix de femme.
« Je peux savoir à qui je parle ?
- Tu ne te souviens pas forcément de moi. Charlotte, une amie de Lizzie. »
Je me redressai sur ma chaise, de plus en plus perdu. Charlotte ?
Je voyais qui c'était. Charlotte Lucas, une des meilleures amies de Lizzie. Je n'avais jamais vraiment accroché avec elle, pas vraiment parce qu'elle me semblait antipathique, mais simplement parce qu'elle ne participait à quasiment aucune soirée et n'était pas très bavarde. Une fille très discrète, presque trop… Fade. Surtout comparée à son amie.
Une pointe de culpabilité me piqua alors que je pensais ça.
Une fois, j'avais surpris une bribe de conversation entre Jane et Lizzie à son sujet. Je m'inquiète pour elle, avait dit Jane, ce n'est pas sain sa manie de rester enfermée avec ses bouquins.
Lizzie avait soupiré, le regard un peu soucieux. Tu sais comment elle est, Jane. Elle estime qu'elle n'a rien pour elle, et que pour s'en sortir un peu mieux que ses parents, elle a intérêt à se noyer dans le travail et dégoter un poste important. Elle n'est pas trop axée fêtes et flirts.
Honnêtement, je n'avais jamais cherché à en savoir plus sur elle… Par manque d'intérêt.
« Charlotte… Pour une surprise.
- J'ai eu ton numéro par Lizzie.
- J'ignorais qu'elle le distribuait à tous ses contacts.
- Ok, j'ai été fouiller dans son portable pour l'avoir. Elle n'est même pas au courant, en fait.
- Et je suis censé être rassuré ? M'agaçai-je légèrement.
- Tu peux souffler, je n'ai nullement l'intention de te harceler. Me répliqua-t-elle sur le même ton.
- C'est bien, qu'on en vienne à tes intentions, parce que là je suis paumé.
- C'est à propos de son agression. »
Je me renfrognai.
L'agression de Lizzie. Ça, je n'avais aucun mal à remettre. Il avait fallu que je mène ma petite enquête pour comprendre pourquoi Lizzie, du jour au lendemain, était devenue plus renfermée, puis m'avait demandé un coup de main avant d'annuler. Je ne l'avais pas lâchée avant qu'elle ne m'explique son comportement, et elle avait fini par céder et m'expliquer ce qui s'était passé avec son professeur. Je me doutais qu'elle ne m'avait pas tout raconté. Cependant, je savais qu'avec l'implication de Will, le mec avait fini par être viré à défaut d'être inquiété.
Tu veux que j'aille passer le bonjour à ce Wickham ? Avais-je demandé à Lizzie, profondément écœuré.
J'avais beau ne pas être un modèle de vertu, je ne supportais pas les types qui s'en prenaient aux femmes.
Elle avait refusé, bien que j'aie eu l'impression que cela lui coûtait. Will a arrangé le coup, et moi, j'aimerais passer à autre chose, m'avait-elle répondu. J'avais ensuite essayé d'en parler avec mon cousin, mais celui-ci m'avait formellement interdit de faire quoi que ce soit. Tu sais très bien que tu te retrouverais en tort aux yeux de la loi, ce mec ne vaut pas les ennuis qu'il t'attirerait.
Cela me coûtait, mais il avait raison. Et trop heureux de voir que Will et Lizzie s'étaient enfin accordés, j'avais laissé tomber.
Cela semblait pas mal fonctionner entre eux. J'avais pourtant eu des moments d'agacement intense à les voir sauter de malentendus en disputes plus sérieuses au fil des mois qui avaient glissés après leur première rencontre. Oh, au fond de moi, j'avais toujours senti qu'ils étaient comme deux âmes sœurs qui luttaient contre une attirance mutuelle. Heureusement, l'attirance avait fini par avoir raison de leurs réticences débiles. Et ils formaient désormais le couple le plus uni du monde…
A voir sur la durée. Leurs caractères respectifs ne leur faciliterait pas toujours la tâche.
« Tu es toujours là ? »
La voix de Charlotte me tira de mes pensées.
« Tu as toute mon attention. Répondis-je simplement.
- Ok, on va faire court. Lizzie a beau dire que Wickham a déjà reçu une punition suffisante, elle n'arrive à convaincre personne. Et même si elle va étonnamment mieux depuis qu'elle est avec ton cousin, je n'aime pas la voir encore tendue comme ça.
- Il n'y a rien de plus à faire, Charlotte. Elle n'obtiendra rien de plus de la justice.
- On croirait entendre ton cousin. C'est de famille, la couardise ? »
Ma mâchoire s'en décrocha presque. Personne n'avait jamais osé me parler ainsi… Et venant de Charlotte Lucas, c'était d'autant plus choquant.
« Wow. Tu te prends pour qui, au juste ?
- Pour quelqu'un qui ne supporte pas qu'un type qui a blessé son amie s'en tire à si bon compte. J'aurais cru que ce serait aussi ton cas.
- Hé, tu vas arrêter de m'agresser ? Tu as quelque chose à proposer, Docteur génie ?
- Future docteure.
- Oh, désolé ! Ironisai-je.
- Il serait bien de rendre visite à Wickham, personnellement. Juste pour lui passer l'envie de refaire un jour un coup de ce genre.
- Mais quel tempérament, me moquai-je.
- Sauf que je serais bien incapable de lui faire passer quoi que ce soit, pour être tout à fait honnête.
- Je n'osais pas le souligner.
- C'est pour ça que je prends la peine de t'appeler. Il me semblait que tu apprécies vraiment Lizzie. Et que tu vis un peu plus dans l'action que ton cousin. »
Je haussai un sourcil, le souffle coupé. Soudain, je ne savais plus quoi dire.
Charlotte Lucas, la timide et effacée, semblait finalement être une femme non seulement de valeurs, mais capable de tirer des ficelles dans l'ombre pour obtenir ce qu'elle voulait.
« Tu sais que quoi que tu me proposes, ce ne sera pas légal ? La prévins-je.
- Si ça te bloque, dis-moi juste non, je raccroche et on n'en parle plus.
- Je dis ça pour toi.
- Tu crois vraiment qu'on aurait cette conversation si je comptais rester sans rien faire ?
- C'est quoi ton plan ? Aller lui crever les pneus ? Déposer des rats crevés dans sa boîte aux lettres ?
- T'as rien de mieux que des vengeances de bac à sable ? Je peux m'y atteler sans toi, si ce n'est que ça. Je voudrais simplement lui rendre une petite visite, ni plus ni moins.
- Parce que tu connais son adresse ?
- Franchement, c'est à la portée de n'importe quelle personne disposant d'au moins 60 points de QI et une connexion internet.
- Juste une courte visite ?
- Rien qui ne te prendra plus de cinq minutes. Mais rien ne t'y oblige. Je commence à croire que j'ai fait une erreur en t'appelant.
- C'est si tu ne m'avais pas appelé, que tu aurais fait une erreur. Date et heure ? »
Deux minutes plus tard, je raccrochais.
Sonné par cette conversation que je trouvais surréaliste.
oOo
Je ne pus m'empêcher d'être surpris qu'elle soit au rendez-vous, bien que paradoxalement, je n'arrivais pas à envisager Charlotte Lucas se dégonflant. Du peu que je savais d'elle, j'avais l'impression qu'elle n'osait pas grand-chose, mais que quand elle avait un objectif en tête, elle ne s'arrêtait pas avant de l'avoir atteint.
« Tu es venu. »Fit-elle sur le ton de la constatation en me voyant arriver au coin de la rue où habitait un certain George Wickham.
Je manquai de lever les yeux au ciel.
« Je voulais vérifier si quand tu décides de faire une connerie, tu vas au bout.
- Si tu préfères te dégonfler, je ne t'en tiendrai pas rigueur.
- Oh, moi, je n'en suis pas à ma première bêtise.
- Tu pourras compter sur ta maman pour venir te chercher en garde à vue si ça tourne mal ? »
Je ne pus retenir un éclat de rire sec.
« Si tu connaissais ma mère, tu te rendrais compte à quel point cette question est ridicule. »
Elle haussa les épaules.
« On y va ? »
Je lui fis simplement signe de la main de passer devant, et elle se mit en marche. Ses cheveux étaient remontés en une longue queue de cheval qui battait sur ses épaules, et ses lunettes à large monture glissaient sur son nez, mais elle semblait s'en moquer. Tout comme je me moquais du fait que sa tenue légère laissait entrevoir qu'elle n'était pas si vilaine qu'elle voulait bien le laisser penser, quand elle s'habillait avec ses pulls trop larges cet hiver.
Sa réflexion sur ma mère m'avait agacé.
Cinq minutes plus tard, elle sonnait à la porte de l'appartement 12 d'un bâtiment vieillot. Un immeuble à la façade jaunie, sur trois étages, tellement vétuste que la porte d'entrée des communs n'était même pas verrouillée par un quelconque digicode.
Je n'eus même pas le temps de passer devant elle, que la porte d'entrée s'ouvrait sur un trentenaire habillé d'un survêtement gris. Ses yeux bleu glacial se posèrent sur Charlotte, et je me raidis.
Ce mec avait de quoi vous foutre la gerbe rien qu'en vous fixant. Je ne pus que comprendre d'autant plus le malaise que j'avais ressenti chez Lizzie depuis son agression, et ma colère redoubla d'ardeur.
Cependant, Charlotte me devança, et avant que l'homme ait pu dire quoi que ce soit, elle lui avait balancé un coup de genou dans les parties d'une violence qui me laissa pantois.
Elle ne semblait pas avoir tant de force que ça, mais elle avait largement compensé par l'élan qu'elle avait pris.
Vaguement déséquilibrée, elle se rattrapa au mur alors que Wickham se pliait en deux, le souffle coupé.
« Mais vous êtes qui ? » Parvint-il à lancer entre deux inspirations.
Charlotte s'éloigna, non sans lui lancer un regard méprisant.
« Les personnes à qui tu penseras la prochaine fois qu'il te prendra l'envie d'agresser quelqu'un. »
Je haussai un sourcil, soudain pris d'une irrésistible envie de rire. Mais je vis l'autre se redresser du coin de l'œil, et je me tournai vers lui.
« Je vais te traîner en justice, sal... »
Je le saisis par le col de son tee-shirt et le plaquai à la porte, toute trace d'humour m'ayant déserté.
« Toi, tu m'écoutes. Je sais qui tu es. Je sais ce dont tu es capable. Toi, par contre, tu n'as pas la moindre idée des contacts que je peux avoir et de la merde dans laquelle tu te foutras si tu ne te tiens pas à carreaux. On s'est compris ? »
Soudain livide, Wickham hocha simplement la tête, les mains sur les parties.
Je le repoussai brutalement, et il se retrouva sur les fesses – littéralement.
Une fois que nous fûmes dehors, Charlotte arbora un petit sourire satisfait.
« Au moins, tu ne seras pas venu pour rien. »
Il me fallut deux minutes et quelques respirations profondes de plus pour me calmer.
« Bordel, rien que de voir ce type m'a débecté.
- Tu penses t'en remettre ?
- Je ne t'aurais jamais cru si agressive.
- Ce n'est pas de l'agressivité.
- Dis ça au mec qui est en train de foutre de la glace sur ses bijoux.
- J'ai simplement un certain sens des valeurs.
- La vengeance en premier plan ?
- L'attachement à mes proches. » Me corrigea-t-elle avec un regard noir.
Je me détournai avec un sourire. Elle s'arrêta à côté d'une station de bus, et me salua d'un geste de la tête.
« Merci d'être venu.
- Avec plaisir. Laisse tomber le bus, je peux bien te ramener. » Lançai-je un peu mécaniquement.
Elle haussa les épaules, mais n'essaya pas de discuter. Un point qu'elle n'avait pas en commun avec Lizzie, et c'était plutôt reposant.
Une fois dans ma voiture, elle me guida jusqu'à chez elle, ses indications étant les seules phrases à rompre le silence.
« Merci, fit-elle alors que je m'arrêtais
- Je t'en prie.
- Bien, sur ce… J'imagine qu'on se recroisera.
- Peut-être au mariage de Lizzie et Will, vu le peu que tu sors. » Ne pus-je m'empêcher de railler.
Son regard noir me fit sourire.
« Gère ta vie comme tu l'entends et évite de commenter la mienne, tu seras sympa.
- Je ne faisais qu'une simple constatation.
- Nickel.
- Mais franchement, tu devrais sortir un peu plus. Tu prendrais des couleurs et ça te dériderait un peu. En plus, maintenant je sais qu'il y a un caractère derrière ces lunettes de bibliothécaire.
- Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ? S'emporta-t-elle.
- Ok, excuse-moi, loin de moi l'envie de t'énerver. Me moquai-je en plaçant mes mains sur mon entrejambe.
- A plus, Alex.
- Bonne soirée... »
Je la regardai s'extraire de ma voiture, pensif.
Elle rentra dans son immeuble sans se retourner. Et alors que je remettais le contact en secouant la tête, je ne pus m'empêcher de sourire.
J'étais pourtant bien placé pour savoir qu'il ne fallait jamais se faire une idée fixe des gens qu'on connaissait à peine. Mais sur ce coup, je m'étais bien fait avoir. La personne que je considérais comme étant la plus timide de mes connaissances était en fait une femme qui non seulement savait ce qu'elle voulait, et n'hésiterait jamais à saisir les opportunités pour l'obtenir. Bien plus que Lizzie, d'une certaine manière.
Charlotte Lucas était le genre de personne de l'ombre qui savait tirer les bonnes ficelles, et c'était un trait que je ne pouvais que respecter.
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Et voilà, un petit épilogue tout simple en l'honneur d'un personnage un peu laissé pour compte... Largement inspiré de la fin du film Jackpot, pour ceux qui auront reconnu, au passage.
Et parce que même si la violence ne résout rien, ça défoule d'imaginer que certains finissent par récolter ce qu'ils ont semé !
Sur ce... Portez-vous bien, chers lecteurs/trices !
