Chapitre 20.
Une main derrière la tête, Kensei ne trouvait pas le sommeil. Il repensait à ce qu'avait dit Asagi dans la chambre de Megumi. Cela le contrariait encore. Il espérait que sa relation avec elle évolue, au-delà d'une amitié sincère ou d'un simple coup de cœur. Mais les événements passés venaient remettre en question leurs sentiments l'un envers l'autre. Pourtant il n'était pas dupe, elle lui plaisait. Et il l'avait aidée aussi bien pour protéger le Gotei 13 que pour la débarrasser d'un ex psychopathe. Alors pourquoi tout cela était si compliqué ? Maintenant que le chapitre Nishio était définitivement clos, allaient-ils se revoir ? En avait-elle envie ?
Toutes ces questions l'empêchèrent de trouver le sommeil malgré l'heure avancée. Il cherchait une solution lorsque quelqu'un frappa à la porte. Étonné d'une visite aussi tardive (ou plutôt matinale), il se leva sans attendre.
Il ne regarda pas qui avait frappé et ouvrit directement la porte. Il fut étonné de voir Asagi dans le couloir. Elle était en train de faire demi-tour mais s'était arrêtée quand il avait ouvert la porte. Lorsqu'elle se retourna il fut incapable de discerner les émotions sur son visage. Tout ce qu'il put voir c'est qu'elle avait les yeux plus brillants que jamais. Mais elle ne lui laissa pas le temps de se poser plus de questions car elle s'avança précipitamment.
Kensei l'attrapa au vol lorsqu'elle se jeta sur lui. Son cerveau mit une demi-seconde à réaliser qu'elle l'embrassait. Surpris par son geste, il eut cependant la présence d'esprit de refermer la porte du bout du pied pour leur garantir un peu d'intimité. Il se cala le dos contre, et put alors savourer ce moment. Asagi était toute entière pressée contre lui. Il pouvait sentir tout son corps collé au sien ce qui ne manqua pas de réveiller tous ses sens. Mais son esprit était focalisé sur le baiser qui en disait long sur la situation. Asagi s'était jetée sur ses lèvres et semblait s'accrocher désespérément à lui. Les mains encadrant la tête de Kensei, elle s'assurait que le contact ne s'interrompe pas. Elle était sur la pointe des pieds, ce qui lui rendait la tâche compliquée. Kensei sentait que leur différence de taille la gênait dans leur étreinte car elle s'accrochait à sa nuque et dansait sur ses pieds. Avisant la commode de l'entrée, il trouva rapidement une solution.
Il fit descendre ses mains sous les fesses d'Asagi et la porta jusqu'à la poser sur le meuble. Comme à chaque fois qu'il la portait, elle eut un petit sursaut ce qui lui fit rompre le contact. Kensei vint se caler entre ses genoux et cette fois ce fût lui qui prit l'initiative du baiser. La frénésie du moment précédant laissa place à un rythme lent et calculé. Kensei imita les avances d'Asagi en caressant sa bouche de ses lèvres. Puis, d'un commun accord, leur langue se trouvèrent et les caresses échangées adoucirent encore plus le rythme installé.
L'intensité du moment s'atténua peu à peu et Kensei put retrouver ses esprits. Il mit fin au baiser mais tenait toujours Asagi dans ses bras. Il n'envisagea pas un seul moment de la lâcher. Il se contenta de la garder près de lui jusqu'à ce que leurs sens et leur respiration se calment. Front contre front ils avaient les yeux fermés et savouraient les non-dits qui venaient de trouver un moyen de s'exprimer. Ils avaient eu besoin l'un de l'autre un moment donné, mais le lien qu'ils avaient créé ne pouvait pas se briser maintenant.
Asagi finit par se reculer et passa une main dans ses cheveux, un peu en désordre… Avec l'obscurité, elle ne voyait pas exactement l'expression de Kensei. Elle avait agi en sachant ce qu'elle voulait mais ne s'était pas préoccupée de la suite. N'arrivant pas à s'endormir, elle avait seulement senti le besoin de le rejoindre. Et quand il avait ouvert la porte, son esprit et son corps avaient agi à l'unisson.
À présent elle se tenait assise sur une commode, Kensei entre ses genoux, et elle ne savait absolument pas quoi faire. L'instinct qui l'avait animée plus tôt semblait avoir complètement disparu, et Asagi se sentit violemment prise par un sentiment de gêne à base de « qu'est-ce que je fais maintenant ? ».
Kensei lui, était à des années-lumière de cet état d'esprit. Il était bien trop heureux qu'elle soit venue le trouver. En y repensant, il aurait peut-être fini par se lever pour la rejoindre. Bon, de là à ce qu'il lance aussi des hostilités du même genre, il en doutait. Quoi que… Certains gestes pouvaient remplacer bien des mots. Cela avait été clairement le cas à l'instant. Il pencha la tête vers Asagi et posa un baiser dans son cou. Il la sentit frissonner ce qui le fit sourire.
- Reste avec moi, murmura-t-il à son oreille.
Kensei la sentit vivement hocher la tête ce qui l'amusa. Il se recula pour la laisser descendre de la commode. Puis il lui prit la main et la guida vers la chambre. Il était soulagé d'avoir pensé à mettre un t-shirt avant d'aller se coucher. Il voulait faire les choses par étape, et avoir Asagi dans ses bras cette nuit, même toute habillée, lui suffirait. D'ailleurs, elle vint d'elle-même se coller à lui une fois glissée sous les draps. Il se redressa pour déposer un dernier baiser sur ses lèvres. La fatigue, les nerfs, la pression des derniers jours eurent raison d'eux et ils s'endormirent rapidement.
Le lendemain, lorsqu'Asagi ouvrit les yeux, elle était seule dans la chambre. Elle se retourna dans le lit et se rappela comment elle était arrivée ici. Elle rougit de son audace de la veille. Au dernier moment, elle avait fait demi-tour mais Kensei avait été plus rapide que prévu. Et se retrouvant face à lui, elle avait agi sans vraiment réfléchir. Mais leurs réactions à tous les deux l'avaient beaucoup rassurée.
Allongée dans le lit, elle se rendit compte qu'elle avait vraiment eu un coup de cœur pour Kensei. De le voir si réceptif envers elle était un signe encourageant, et elle avait l'impression de vraiment le connaitre. Les circonstances avaient eu le mérite d'accélérer leur rencontre. Un autre point rassurait énormément Asagi. Étant donnée la gravité de la situation, Kensei n'avait pas pu cacher sa vraie nature, elle non plus d'ailleurs. Elle savait donc qu'il n'y aurait pas de mauvaises surprises sur son caractère et ses principes. Bref, leur rencontre était à l'opposé de celle avec Tetsuya.
En repensant à lui, Asagi réalisa pleinement la fin de son calvaire. Elle n'était pas complètement indifférente à la mort de Tetsuya, elle ne l'avait jamais souhaitée. Mais elle n'éprouvait pas de tristesse non plus, pas pour lui en tout cas. Un homme était mort assassiné, il n'y avait pas de quoi se réjouir, c'est tout.
Consciente qu'elle ne s'endormirait pas de nouveau, et que la journée était déjà bien avancée, elle se redressa dans le lit. De l'autre côté de l'appartement, elle entendit une porte claquée. Elle se doutait que c'était Kensei, alors elle attendit simplement.
Il ouvrit la porte doucement et son regard se posa sur elle immédiatement. Il sourit et Asagi fit de même.
- Je venais voir si tu étais réveillée, dit doucement Kensei.
Asagi ne trouva rien à répondre. Elle se contenta de le regarder et la gêne s'installa sur ses joues. La voir ainsi alluma l'instinct protecteur de Kensei. Il s'approcha d'elle et vint s'asseoir sur le lit pour l'embrasser. Il avait attendu ça depuis qu'il s'était levé, tard dans la matinée ça et la prendre dans ses bras. Il ne s'en était pas rendu compte tout de suite, mais il cherchait de plus en plus le contact physique avec elle. Lorsqu'Asagi passa ses bras derrière sa nuque, il en profita pour l'allonger sur le lit.
Privée de ses appuis, Asagi s'accrocha à Kensei et se laissa porter. Le baiser qu'il lui donna la fit fondre. Au-delà de ce contact, elle pouvait sentir la chaleur de Kensei se diffuser à tout son corps. Elle ne put s'empêcher de s'accrocher davantage à lui. Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'elle venait de griffer Kensei au passage.
Ce dernier était en feu. Le baiser qu'il avait voulu innocent au départ venait de prendre une autre tournure. Voir Asagi aussi réceptive avait fait grimper la température et la marque qu'elle avait laissée avec ses ongles, volontairement ou pas, l'avait enflammé. Au fond de lui une petite voix lui disait de se calmer mais il était perdu dans l'intensité du moment. En voulant plus, il se colla tout entier contre elle. Le gémissement qu'elle laissa échapper encouragea Kensei qui quitta ses lèvres pour s'intéresser à son cou. Mais il n'eut pas l'occasion de descendre plus bas.
- Taïcho ? appela une voix de l'autre côté de l'appartement.
- C'est une blague ? souffla-t-il énervé.
Il entendit Asagi rire sous lui.
- J'arrive, dit-il suffisamment fort pour se faire entendre par l'intru.
Son regard se posa sur Asagi. Le souffle court, elle ne cachait pas son sourire. Kensei lui, n'arrivait pas à cacher sa contrariété. Cependant il n'avait pas précisé à la personne quand il arriverait. Il prit le temps d'embrasser une dernière fois Asagi, plus calmement.
- Tu dois y aller, dit Asagi contre ses lèvres.
Kensei recula mais lui mordit doucement la lèvre avant de se relever. Il s'amusa de son regard scandalisé et s'assit sur le lit.
- J'étais venu te dire que Megumi s'est réveillée, dit Kensei en se levant.
Asagi se redressa d'un bon. Sa réaction n'étonna pas Kensei.
- Pense à manger avant d'aller la voir, lui dit-il en se levant. J'ai demandé à ce qu'on te mette de quoi déjeuner de côté.
Elle se leva et se mit face à lui pour l'embrasser. Et c'est avec plein de délicatesse qu'elle posa ses lèvres sur les siennes.
- Merci, lui dit-elle.
Le regard fiévreux qu'il lui adressa en retour en dit long. Asagi se sentit rougir. D'autant plus quand elle sentit le regard de Kensei glisser jusqu'à son décolleté. Elle ne s'en était pas rendue compte mais la ceinture qui tenait le haut de son pyjama avait glissé et les deux pans s'étaient légèrement ouverts. Kensei avança les mains sur elle et ajusta sa tenue. Il conclut son geste par un nouveau baiser qu'il prolongea. Les deux mains sur ses hanches il l'attira de nouveau vers lui.
À nouveau, il ne put donner suite à son initiative.
- Taïcho ? Vous êtes toujours là ? résonna la voix.
Kensei mit fin au baiser avec un soupir d'agacement. Asagi, qui était toujours dans ses bras les yeux fermés, avait un sourire béat sur les lèvres. La voyant ainsi, Kensei sentit sa contrariété faiblir.
- On se voit plus tard ? lui demanda-t-il.
Elle répondit d'un petit hochement de tête et lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, Kensei se perdit dans son regard. Comme la veille, avant qu'elle ne lui saute dessus, il voyait cette lueur flamboyante qui les illuminait. L'intensité de son regard lui coupa le souffle. Il se rendit compte que c'était la première chose qui l'avait attiré chez elle. Asagi avait des yeux d'un bleu lagon à s'y perdre dedans. D'ailleurs c'est ce qu'il faisait à cet instant. Il pouvait voir toutes les émotions d'Asagi, sans filtre. L'amusement qu'il perçut au bout d'un moment le ramena à la réalité.
- Je te dis à plus tard alors, dit-il doucement.
Et enfin il réussit à se détacher d'elle. Il ne l'admettrait jamais à personne, mais cela lui avait demandé un effort considérable. Il aurait évidemment préféré la garder pour lui dans son appartement pendant une durée indéterminée.
Asagi le suivit jusqu'à la porte d'entrée, et avec un dernier regard pour elle, Kensei sortit enfin. Il ne manqua pas de changer complètement d'attitude lorsqu'il se retrouva face au shinigami qui l'informa d'une réunion urgente des capitaines du Gotei 13.
Quant à Asagi, elle affichait toujours un sourire ingénu dans l'appartement. Après quelques secondes à savourer ce qu'il venait de se passer, elle décida de rejoindre son appartement et de se préparer pour rendre visite à Megumi.
En se dirigeant vers la grande salle de réunion, Kensei aperçut les autres capitaines Visards devant l'entrée dont Shinji qui avait un sourire en coin.
- Et ben, c'est pas trop tôt Kensei, l'accueillit son ami. On se demande ce qui a pu te retenir aussi longtemps, dit-il plus bas.
Kensei dut faire tous les efforts du monde pour ne rien laisser paraitre. Hors de question que Shinji ou n'importe qui d'autres ne viennent le cuisiner sur sa relation avec Asagi.
- On ferait mieux de se dépêcher avant que le Soutaïcho vienne nous chercher.
Shinji sourit de plus bel face au renfrognement de son ami.
Une fois tous les capitaines en place, le Soutaïcho expliqua que la réunion se tenait suite à la demande du capitaine Kuchiki. Ce dernier fit un résumé des derniers jours et termina par les événements de la veille.
- L'interrogatoire du personnel du District 8 n'a rien donné, dit-il. Tous sont tombés des nues quand on leur a appris que leur supérieur détournait les fonds. Aucune trace de quelconque document qui pourrait nous mener à une piste. Il va falloir que ma division épluche toute leur comptabilité des cinquante dernières années pour espérer un résultat.
Kensei soupira. Il ne doutait pas de la compétence de la 6ème Division mais cela représentait une masse considérable d'informations à traiter et à recouper.
Le capitaine Kuchiki invita silencieusement Shinji à poursuivre leurs découvertes de la veille.
- Je me suis renseigné sur les hommes qu'on a trouvés au casino. Tous étaient à la tête de petits trafics divers et blanchissaient de l'argent. Mais si vous voulez mon avis, les sommes sont beaucoup trop faibles pour financer un laboratoire comme celui que l'on cherche. On parle de transformation de hollows, et peut-être même d'arrancars. Le Hogyoku d'Aizen étant en sécurité ici, je ne vois pas comment c'est possible.
Donc on n'a rien, conclut intérieurement Kensei.
- Les accusations sont graves… dit le Soutaïcho. Qui d'autre qu'Aizen serait capable de manipuler des hollows ? Et pourquoi ?
- Si vous voulez mon avis, c'est impossible, intervint le capitaine Kurotsuchi. Il n'existe aucun autre moyen pour arriver aux mêmes résultats. Ma division a analysé le hollow responsable de l'attaque sur les étudiants, il n'a pas été modifié comme l'ont été ceux d'Aizen.
- Pourtant ce hollow était capable d'assimiler le pouvoir de shinigamis, c'est du jamais vu. Et c'est pour ainsi dire impossible sans intervention extérieure, enchaina Rose.
- Je suis catégorique, personne dans le Seireitei n'est capable de faire ça, affirma Kurotsuchi. Mis à part Kisuke mais s'il avait été capable de faire ça, je serais déjà au courant…
- Et qu'en est-il des humains ? proposa le capitaine Ukitake.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui.
- Si c'est impossible de le faire ici à cause des moyens que cela implique, peut-être que des technologies humaines le pourraient.
Sa théorie tient la route, commenta Kensei. Il se tourna vers Kurotsuchi pour avoir confirmation.
- Humpf. Peut-être que les humains auraient éventuellement le matériel, mais il faudrait quelqu'un qui ait passé des années à expérimenter les hollows pour arriver à ce résultat… Des centaines d'années, précisa-t-il en jetant un regard noir au capitaine Ukitake.
- Et pourquoi pas un ancien complice d'Aizen ? intervint Hitsugaya.
La salle resta silencieuse. Enfin, pas pour longtemps…
- Mais on a détruit son laboratoire au Hueco Mondo !
- Je croyais que tous ses complices avaient été tués ?
- Les capitaines Tosen et Ichimaru sont morts ! Alors qui ?
- Et les arrancars ? On n'aurait jamais dû leur faire confiance.
Kensei leva les yeux au ciel. Les bras croisés il attendit que l'orage passe. Ce qu'il avait découvert la veille était visiblement trop dur à croire pour ses collègues.
Le silence fut ramené par le Soutaïcho.
- Assez ! Ce que vous insinuez est lourd de conséquence Hitsugaya-Taïcho… Veuillez ne pas faire de remarque inconsidérée.
- Je suis d'accord avec le capitaine Hitsugaya, déclara Byakuya Kuchiki.
Kensei leva un sourcil. Les interventions du noble étaient plutôt rares pour être relevées.
- Je suis du même avis Soutaïcho, intervint Shinji. Seul quelqu'un ayant accès aux recherches d'Aizen aurait pu arriver à ces résultats. Mais nous savons tous que le laboratoire du Hueco Mondo a été détruit et qu'il n'en reste rien, pas même les recherches.
- Dans ce cas comment quelqu'un aurait-il pu avoir accès à ces informations ? demanda Soi-Fon visiblement agacée.
- Il y avait un deuxième laboratoire, lui répondit Shinji, très sérieux pour une fois.
Kensei se figea. Il ne pense quand même pas…L'étonnement s'afficha sur le visage de la plupart des capitaines.
- Attendez, de quel laboratoire vous parlez ? demanda le capitaine Ukitake.
- Il parle du laboratoire qui nous a transformé en visards, lui souffla Kensei.
À ses mots, tous se tournèrent vers lui. Il ne se gêna pas pour incendier Shinji du regard. Son ami avait gardé ses doutes pour lui. Shinji acquiesça d'un signe de tête.
- Et bien, même enfermé entre quatre murs, Aizen n'a pas livré tous ses secrets… commenta Kyoraku derrière son chapeau.
Du coin de l'œil, Kensei vit que Rose avait la tête baissée. La transformation avait été plus dure à supporter pour certains d'entre eux.
- A-t-on une idée de l'endroit où se trouve ce laboratoire ? continua le Soutaïcho.
- Malheureusement aucune, répondit Shinji. Et depuis le temps il a très certainement été déplacé.
- Je ne comprends toujours pas comment on a pu passer à côté d'un tel détournement, reprit Ukitake.
- L'homme en question faisait pression sur les bonnes personnes, continua Kuchiki sans trop élaborer. Ceux qui nous intéressent sont ceux qui ont tué Nishio et ses complices.
- Une idée de qui cela peut être ? enchaina Ukitake.
La discussion semblait désormais se dérouler entre les deux hommes ne manière exclusive. Kensei n'intervint pas. Il était reconnaissant envers Kuchiki d'avoir passé sous silence l'implication d'Asagi. Certainement pour protéger le directeur de l'Académie. Il ne voyait pas d'autre explication. Mais ça lui importait peu de toutes façons. Il s'intéressa de nouveau à la conversion lorsque Shinji se manifesta :
- Nous pouvons donc remonter la piste du matériel de recherche et celle des autres blanchisseurs d'argent du Seireitei.
Le silence se fit de nouveau dans la salle.
- Bien, conclut le Soutaïcho. Je veux que cette affaire soit traitée en priorité. La 6ème Division reste chargée de cette enquête et coordonnera les futures interventions si nécessaires. Vous pouvez disposer.
- Pas trop tôt, marmonna le capitaine de la 11ème.
La remarque fit sourire Kensei. Lui aussi avait hâte de rentrer à sa division, mais pas forcément pour les mêmes raisons…
À la 4ème Division,
Asagi arriva devant la chambre de Megumi au moment où un shinigami en sortait. Il lui dit bonjour suivit d'un grand sourire et si Asagi ne put s'empêcher de le trouver très séduisant. Elle lui rendit son salut et entra dans la chambre. Le sourire béat qu'affichait Megumi ne lui échappa pas. Asagi pouffa intérieurement. Les grands bruns avaient toujours été le faible de son amie.
- Salut Megumi, lança doucement Asagi.
Megumi sembla se ressaisir avant de lui répondre.
- Salut ma belle.
- Comment tu te sens ? demanda Asagi en s'installant à côté d'elle.
- Encore un peu assommée. Ça doit être à cause des calmants…
Mouais, se dit Asagi en repensant au shinigami qui venait de sortir. Mais elle n'était pas venue là pour taquiner son amie. C'était même plutôt l'inverse. Elle était venue pour s'excuser en priorité.
- Tu te souviens de ce qu'il s'est passé ? commença Asagi.
- Pas vraiment, lui répondit Megumi. Je me souviens être venue te chercher à ton appartement, et on était en route pour la 4ème je crois… Visiblement on est arrivées à destination, dit-elle avec ironie.
La remarque fit sourire Asagi mais elle fut aussi prise de remords.
- Megumi, je suis désolée. Tout ça, c'est ma faute. Si je t'avais écouté plus tôt…
- Attends Asagi, pas si vite, j'y comprends rien…
- Et bien, l'attaque d'hier, c'était Tetsuya, expliqua Asagi, enfin c'est lui qui l'a commanditée. C'est ce que pense Kensei.
L'étonnement s'afficha sur le visage de Megumi.
- Il est au courant pour Tetsuya ? Depuis quand ?
- Hier. Après l'attaque j'ai compris qu'il était devenu trop dangereux pour le laisser faire.
- Et donc tu es allée tout raconter à ton super capitaine ? demanda Megumi avec un sourire non-dissimulé.
Asagi rougit à la remarque. C'est pas Mon super capitaine… Enfin, je crois…
La rougeur installée sur les joues d'Asagi n'échappa pas à Megumi.
- Je te connais trop pour savoir que tu ne me dis pas tout.
Maintenant Asagi évitait carrément son regard.
- Il s'est passé quelque chose entre vous, constata Megumi.
Asagi leva les yeux au ciel. Ce n'était pas une question. Elle ne pouvait définitivement rien cacher à son amie.
- Tu veux parler du moment où je me suis jetée dans ses bras ou celui où il m'a annoncé que Tetsuya était mort ?
Le sourire de Megumi flancha.
- Tetsuya est mort ? demanda-t-elle plus sérieusement.
Asagi acquiesça d'un petit hochement de tête affirmatif.
- Est-ce que c'est lui qui l'a…
Elle n'eut pas besoin de terminer sa phrase. Asagi en avait compris le sens.
- Non, lui répondit-elle catégorique. Non, se répéta-t-elle pour elle-même en baissant la tête.
Megumi était perplexe. Son amie était débarrassée de Tetsuya, d'ailleurs Kensei ne l'avait pas tué, c'était plutôt une bonne chose, alors qu'est-ce qu'il pouvait bien la rendre si morose ?
- Asagi, qu'est-ce qu'il y a ? C'est Kensei ? Je croyais qu'il te plaisait ? En tout cas, toi tu lui plais j'en suis sûre.
La remarque sembla en rajouter au désarroi d'Asagi.
- Oui bien sûr qu'il me plait mais… mais, entre-temps il est devenu l'homme qui m'a débarrassée d'un ex psychopathe. Et ça, ça change pas mal de choses.
- Comme quoi ? demanda Megumi de but en blanc.
Asagi resta bouche bée face à la question. Pour le coup elle ne savait pas quoi répondre.
- C'est juste que, ça me parait tellement irréel. Je veux dire, j'ai vécu l'enfer avec Tetsuya et d'un coup Kensei débarque et règle toute l'histoire en quelques jours.
- Je ne vois pas où est le problème, remarqua Megumi.
- J'ai peur de tomber amoureuse pour de mauvaises raisons, souffla doucement Asagi.
Megumi la regarda un moment sans rien dire. Au fond d'elle, elle était amusée de la réaction d'Asagi. Son amie était littéralement paniquée à l'idée d'une relation entre elle et son capitaine. Mais Megumi pouvait comprendre ses incertitudes après la relation qu'elle avait vécue avec Tetsuya. Elle allait devoir la jouer finement si elle voulait pousser son amie dans les bras musclés du très séduisant capitaine de…
Megumi secoua la tête pour revenir à la conversation.
- Je ne vois vraiment pas ce qui t'inquiète autant. Tu te poses trop de questions. Tu ne veux pas simplement voir où ça vous mène ? Vous vous êtes rencontrés, il y a quoi ? Une semaine ? Deux ? Il te plait, tu lui plais, je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué. Alors oui, il a réglé le problème avec Tetsuya. Il en avait les moyens, il a fait son boulot de capitaine et voilà. Bon j'aime à croire qu'il n'aurait pas fait ça pour n'importe qui… Mais il a vite compris que l'histoire dépassait celle de l'ex psychopathe non ?
Asagi se contentait d'écouter silencieusement. Megumi pouvait voir l'esprit de son amie en ébullition. Au moins, la conversation la faisait réfléchir.
- Et lui ? enchaina-t-elle. Il en pense quoi de tout ça ?
Elle attendit un moment avant de reprendre.
- Vue ta tête j'imagine que tu ne lui en as pas parlé… Bon alors, est-ce qu'il t'a semblé distant après ? Je veux dire, il a agi différemment avec toi hier ? Ou ce matin ? Je ne sais pas quand vous vous êtes vus la dernière fois.
Megumi ne le vit pas mais Asagi devint cramoisie en un instant. Elle était tellement bien partie dans ses hypothèses qu'elle ne tourna pas la tête tout de suite vers son amie. Quand elle vit la tête d'Asagi, elle s'arrêta net.
- Je veux tout savoir… dit-elle avec sourire jusqu'aux oreilles.
- Il n'y a pas grand-chose à dire, marmonna Asagi.
- Laisse-moi en juger, répliqua Megumi du tac au tac.
- Je… commença Asagi.
Elle lui fit le détail de l'annonce de la mort de Tetsuya la veille.
- Et comme je n'arrivais pas à dormir, je me suis dit que ça aurait été une bonne idée d'aller le voir, conclut Asagi.
- Et alors ? demanda Megumi d'une voix mielleuse.
Mais pour son plus grand malheur, Asagi resta muette.
- Bon est-ce qu'il a été réceptif au moins ? enchaina-t-elle avec impatience. T'as qu'à garder les détails pour toi, méchante… lui dit-elle avec une tape sur la main.
Asagi, toujours les joues en feu, hocha la tête.
- Et ben tu ne mentais pas quand tu disais que tu t'étais jetée dans ses bras tout à l'heure.
Asagi leva les yeux au ciel à nouveau. Évidemment, la remarque qu'elle avait faite précédemment n'avait pas été perdue par son amie. Cependant, au-delà de sa gêne, elle était contente de discuter avec Megumi. Plus ça allait, plus elle était convaincue qu'une histoire avec Kensei vaudrait la peine d'être vécue. Peu importe si cela la conduisait à quelque chose de peu sérieux et finalement à une rupture. Ils se connaissaient à peine après tout. Mais plus elle retournait la situation dans tous les sens, plus elle voulait prendre le risque, et ça elle en était sûre. Megumi finit de la convaincre peu après.
- Et puis il y a autre chose. Tu peux te demander si la situation serait la même avec un autre que ton capitaine. Si quelqu'un d'autre t'avait sortie des griffes de Tetsuya, est-ce que tu aurais réagi pareil ? Est-ce que tu serais allée demander du réconfort de la même manière si ça n'avait pas été lui ? Et puis d'abord c'est la première fois que j'entends dire que tu t'es jetée dans les bras d'un mec. Si ça c'est pas un signe… finit-elle avec un sourire.
- Megumi ? appela Asagi au bout d'un moment. Merci.
- Y'a pas de quoi, lui répondit son amie. Et puis je suis sûre que vous nous ferez de beaux bébés dans pas longtemps.
Asagi se figea bouche bée à la remarque. Elle fut ensuite prise d'une énième vague de chaleur qui la laissa écarlate. En son monde intérieur, Shirotaka était en train de suffoquer entre deux éclats de rire.
- J'ai dit ça tout haut ? enchaina Megumi d'un air naturel. Qu'est-ce qu'ils sont forts les calmants… dit-elle pour elle-même. Fais pas attention à ce que je viens de dire Asagi, vous n'en êtes pas encore là.
Le choc de la remarque passée, Asagi récupéra tant bien que mal un peu de contenance. L'entrée d'un shinigami dans la chambre lui permit d'avoir un peu plus de répit. Enfin…
Le shinigami qui venait d'entrer était le même que tout à l'heure.
- Sexy-blouse, marmonna Megumi.
Asagi la regarda d'un air choqué. Le grand brun lui avait définitivement tapé dans l'œil. Le sourire de son amie en disait long.
- Mlle Sanori, je suis revenu pour votre tension, dit-il en essayant de cacher son sourire. J'avais oublié mon tensiomètre tout à l'heure, dit-il cette fois-ci à l'attention d'Asagi.
- Hum, hum… Asagi tu peux garder ton capitaine. J'ai trouvé mieux…
Asagi la regarda comme s'il lui poussait une troisième tête. Megumi avait toujours eu beaucoup d'assurance avec les hommes mais son comportement était quand même très étrange, beaucoup plus osé que d'habitude. Quelque chose n'allait pas…
Elle ne vit pas le nouveau sourire en coin du shinigami.
- Euh Megumi, tu es sûre que ça va ? demanda-t-elle.
Elle était maintenant en train de lutter pour garder les yeux ouverts et piquait du nez.
- Elle est comme ça depuis longtemps ? demanda le brun avec une légère inquiétude.
- Euh, non je suis arrivée tout à l'heure elle allait bien, mais elle agit bizarrement depuis un petit moment.
- Tu dis ça à cause de son comportement avec M. Sexyblouse ou de sa remarque sur toi et Kensei et de futurs mini-vous ? dit Shirotaka avec un sourire qui s'entendait dans sa voix.
Asagi se renfrogna à la remarque de son zanpakuto. Elle inspira profondément pour ne rien laisser paraitre. Mais le shinigami « sexy-blouse » trouva l'explication de lui-même.
Il tenait à la main le câble relié à la commande qui contrôlait le débit d'antalgique. Elle était coincée entre le matelas et le cadre du lit…
- Je crois que Mlle Sanori ne va pas avoir besoin de calmant avant un petit moment, dit-il avec un sourire en coin en regardant Megumi.
Note de l'auteure :
Bon la dernière scène n'était pas du tout prévue, mais je me suis facilement laissé emporter et, j'adore le personnage de Megumi ! J'espère que ça vous aura faire rire autant que moi quand j'ai écrit cette scène.
