Are you with me-Lost Frequencies


Vendredi 26 février 2016

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« -Je ne suis pas une héroïne, déclara-t-elle finalement. Mais mon rôle est et a toujours été de défendre ceux qui en ont besoin. Alors sachez que si un jour, vous vous décidez à venir jouer les braves chez nous, vous aurez affaire à une poignée de personnes qui se mettront en travers de votre chemin. Et comme vous avez pu le constater par vous-mêmes, nous ne sommes pas spécialement du genre à plaisanter… Alors un conseil : surveillez-vos arrières, fit-elle remarquer, puis elle acheva cette longue tirade par : Ce sera tout, votre honneur, avant de retourner s'assoir comme si de rien n'était. »

Ainsi s'était terminé la déclaration de Madison, qui avait repris sa place en silence, le regard fixé sur les arcturiens, bras croisés. Ces derniers l'observaient, intrigués par le calme dont elle avait réussi à faire preuve face à eux. De leur côté, les différents représentants se mirent à s'entretenir à voix basse entre eux, parlant probablement de la décision concernant Midgard qu'ils devraient prendre dans les prochaines minutes. Tony, lui, se pencha légèrement en avant et murmura à sa sœur : « Plutôt pas mal, le discours… ». Elle l'avait remerciée d'un simple sourire assez satisfait, car elle-même s'était par moment surprise à ne pas avoir haussé le ton. Elle avait échangé un bref coup d'œil avec Thor, celui-ci avait paru impressionné par ses paroles.

Au bout d'un moment, Lenrad se redressa et fit signe à l'assemblée qu'il s'apprêtait à s'exprimer.

-Bien. Il est désormais temps de passer au vote. A moins que l'ambassadrice de Midgard ait encore quelque chose à nous dire… ?

-Non, je vous en prie, s'exclama-t-elle le plus naturellement du monde.

-Parfait, répondit le Doyen. La question est la suivante ; acceptez-vous que Midgard préserve sa liberté actuelle ? Nous commencerons par vous, Elrion, si vous le voulez bien, ajouta-t-il en se tournant vers le chef des habitants du Royaume d'Alfheim.

Tous les regards convergèrent alors vers lui, notamment ceux des cinq midgardiens qui n'attendaient que cela ; savoir s'il allait falloir qu'ils entrent oui ou non en guerre avec quelqu'un pour garder leur propre planète. L'homme à l'épaisse tignasse brune plissa un instant les yeux en inspirant profondément, puis il tourna lentement la tête vers la mutante et hocha doucement la tête d'une manière extrêmement polie, lui indiquant que lui et les siens avaient choisi de les défendre, et cela rassura énormément la jeune femme de voir que ses phrases avaient eu un impact sur au moins quelques personnes. Le tout était désormais de savoir s'ils allaient obtenir les neuf voix requises. Et malgré le regard empli de soutien que leur offrait Radriel, les Avengers ne pouvaient s'empêcher de s'attendre au pire.

-Freya, énonça ensuite l'arcturien.

La guerrière de Vanaheim écouta brièvement les dires de ses acolytes se situant à sa droite et sa gauche, notamment ceux de sa seconde, Clayra, une femme tout à fait charmante vêtue d'une longue robe sombre qui dénudait ses épaules et dont les manches demeuraient particulièrement larges. Sa chevelure sombre était lisse, et elle semblait un peu plus âgée que son ambassadrice.

Freya l'écouta, puis tout comme venait de le faire l'Elfe clair, elle approuva le fait que la liberté du peuple de Midgard était quelque chose qu'il fallait conserver. Peu après, ce fut au tour de Dakrael, représentant de Niflheim de donner son avis, et celui-ci imita ses prédécesseurs, un air un peu plus sérieux se lisant sur son visage, mais cela n'ôta pas ce sentiment de soulagement qui commençait à naitre dans le cœur des terriens.

-Wargrith, appela Lydra d'un ton sec.

Madison tourna la tête vers la gauche et croisa le regard de l'ambassadeur de Svartalfheim, dont les représentants étaient installés entre ceux de Vanaheim et Muspellheim. La tournure de la conversation qu'ils avaient entretenue le matin-même l'avait quelque peu surprise, mais elle n'en avait pas été déçue, ayant pu en apprendre davantage sur cette autre culture. L'Elfe noir fit comme la dirigeante des habitants de Vanaheim, s'entretint quelques secondes avec les siens, puis il reporta toute son attention sur les midgardiens avant d'approuver ce choix. Celui de ne rien changer, de les laisser en paix. Cela étonna quatre des cinq concernés, qui n'avaient pas vraiment eu vent de la discussion qu'avait eu Madison avec Wargrith, mais ils sentaient que leurs chances de « s'en sortirent » ne faisaient qu'augmenter, même si rien n'était encore joué. La jeune femme, d'un mouvement presque imperceptible, le remercia en hochant la tête.

-Manleth, s'exclama Waldran.

L'émissaire de la population d'Hel, assis à la droite des humains, donna également son accord en remuant la tête, de la même manière que les autres. Alors que quelques minutes plus tôt, de nombreux individus auraient été prêts à accepter de les priver de leur « libre-arbitre » pour des raisons plus ou moins évidentes, voilà que jusqu'à présent, ils se mettaient tous à plaider leur cause. La mutante sentit son frère attraper sa main gauche, la serrant dans la sienne, voulant simplement lui signifier qu'il ne s'inquiétait pas de la suite des événements, quoi qu'il puisse leur arriver. Sur les neuf voix, ils en avaient déjà cinq, ce qui s'avérait être une excellente nouvelle. Restait-il à espérer que les trois autres ambassadeurs ainsi que les arcturiens eussent eux aussi compris qu'ils ne se laisseraient pas faire.

-Beorth, cita ensuite mécaniquement le magicien.

Les géants des glaces faisaient partie de ceux avec qui les midgardiens n'avaient pas spécialement eu l'occasion de s'entretenir depuis leur arrivée sur Arcturus IV, alors il était difficile de savoir ce qu'ils allaient décider. Leurs messes-basses durèrent un petit peu plus longtemps que pour les autres, et au dernier moment, Madison vit Loki se pencher vers l'ambassadeur de Jotunheim, avant de lui murmurer quelques mots que personne d'autre n'entendit. Après cela, le chef continua à réfléchir un instant avant de laisser tomber son verdict ; il était du même avis que ceux qui avaient déjà voté. Toujours ce même signe de tête qui ne faisait qu'augmenter la confiance qu'avait la mutante. Tout se passait remarquablement bien.

-Thor, lança Lenrad.

Les terriens ne furent pas surpris de voir leurs amis asgardiens accepter immédiatement de défendre les intérêts de la Terre, et le dieu du tonnerre se permit même de leur faire un petit clin d'œil avant de redevenir plus ou moins sérieux, mais néanmoins ravi de voir que pour l'instant, ils n'avaient aucun souci à se faire. Pour l'instant… Car très rapidement, le nom d'Areon fut prononcé par l'arcturienne, l'invitant à s'exprimer à son tour, et bien sûr, cela n'annonçait rien qui vaille. Il fallait que les midgardiens aient les deux voix restantes, et c'était très mal partie car dans les deux cas, ils n'étaient pas vraiment appréciés par ces deux groupes restants. Ceux de Muspellheim et d'Arcturus IV-même. Autrement dit, les personnes qui s'étaient acharnées avec le plus de conviction sur les petits nouveaux. Le géant de feu consulta les siens, et tandis que Skelne lui marmonna quelques paroles, le chef sembla quelque peu énervé et lui fit signe de ne rien ajouter de plus, ce qui sembla frustrer son voisin, mais ce dernier s'exécuta et croisa les bras. Le plénipotentiaire posa ensuite les yeux sur Madison, celle-ci remarqua qu'il la regardait avec toujours autant de neutralité, ne laissant paraitre aucun ressenti. Et à la surprise générale, il hocha doucement la tête sans rien dire.

Plusieurs froncèrent les sourcils, craignant avoir mal vu, mais ils se rendirent rapidement compte qu'ils n'avaient pas halluciné. Areon venait bel et bien de changer d'avis à leur sujet, sans que quiconque ne sache réellement ce qui l'avait motivé à se braquer de la sorte. Et même les Doyens eurent l'air étonnés par cette décision quelque peu inattendue. Dès lors, Lenrad quitta une nouvelle fois son siège, attirant l'attention de tout le monde sur lui. Il fixa un moment la mutante, avant de s'exclamer :

-Mademoiselle Stark, veuillez vous lever, s'il vous plait.

Celle-ci s'exécuta, très sereine. Elle avait récupéré sa confiance en elle, et elle savait que rien ne pourrait plus la déstabiliser aujourd'hui, pas même une autre remarque peu valorisante de la part de l'arcturien. Son égo était désormais immunisé contre ce genre de critiques, alors elle ne s'inquiétait pas. Et puis, elle avait réussi à obtenir le soutien des autres représentants des différents peuples de l'Yggdrasil.

-Vous vous êtes brillamment défendue. C'est exactement ce que nous attendions de vous.

Cette remarque l'intrigua, et elle pencha légèrement la tête sur le côté, cherchant à comprendre s'il y avait un sens caché à cette phrase prononcée par Lenrad.

-Que voulez-vous dire ? lui demanda-t-elle, un peu curieuse, et ce fut Gaïa qui lui répondit.

-Nous voulions savoir si les midgardiens étaient capables de se défendre contre une menace d'une telle envergure, lui expliqua calmement la déesse. Il est vrai que votre Royaume a malheureusement toujours été sous-estimé, c'est pour cela qu'il fallait que l'on s'assure que nous avions tort de penser que vous n'étiez pas à la hauteur. Votre discours à tous les cinq nous a effectivement prouvé le contraire, ajouta-t-elle avec un sourire.

-Vous nous avez exposé les contraintes qui pouvaient exister, enchaina Waldran, et vous avez montré à cette assemblée que malgré tous les problèmes auxquels vous avez dû faire face, aucun d'entre vous ne s'est jamais laissé abattre. Vous nous avez prouvés que vous demeuriez plus dignes que la plupart d'entre nous.

-Donc tout ça, tous ces trucs que vous nous avez si gentiment balancé, s'exclama Tony, c'était juste un foutu test ?

-En quelques sortes, affirma le magicien. Seuls Lenrad, Lydra, Gaïa et moi étions au courant. Nous tenions à savoir si vous étiez en mesure de défendre vos intérêts, notamment sous pression. Autant affirmer que cela a excellemment bien fonctionné.

-Bande d'enfoirés… ne put s'empêcher de murmurer Peter, totalement abasourdi par ce que venait de leur déclarer Waldran.

-Vous vous rendez compte que l'on était réellement prêts à vous déclarer la guerre ? la questionna Natasha, se rendant compte de l'énormité de la chose. D'autant plus que pour le moment, il nous manque toujours la voix des arcturiens, et ce n'est pas parce que vous venez tout juste de nous avouer que vous vouliez tester nos limites que nous allons forcément nous montrer plus cordiaux…

-Je confirme, ils auraient vraiment été capables de vous attaquer, affirma Thor, lui aussi perturbé par tant de fourberie, qu'il jugea aussi évoluée que celle de son frère.

-Nous en sommes bien conscients, prince Thor, acquiesça Gaïa.

Bucky porta une main à son visage à la manière d'un facepalm, dépité par l'inconscience dont ils avaient fait preuve.

-Vous aimez vraiment prendre des risques, dans ce cas-là, déclara Madison très posément. Mais du coup… Pour revenir sur la question principale qui nous a quand même très légèrement angoissés pendant l'espace de deux petites minutes, vous comptez faire quoi, nous concernant ? Non, parce que c'est bien sympa de vouloir nous évaluer en nous attaquant de front comme ça, mais est-ce qu'il y avait quand même un semblant de vérité dans vos menaces ?

-Techniquement, lors d'une réunion qui traite d'un sujet aussi délicat, le peuple concerné a effectivement besoin des neuf voix pour s'en sortir, lui dit Lydra, impassible. Donc, tout peut en effet se jouer à un vote près.

Cela calma immédiatement les Avengers, qui avaient commencé à se sentir déjà un peu mieux. Ils savaient qu'il ne fallait bien sûr pas tout prendre à la rigolade, et entendre l'arcturienne le leur rappeler ne les rassura guère. Après tout, même si les arcturiens avaient perdu cet air sévère qu'ils avaient précédemment affiché, ils n'avaient pas encore donné leur décision concernant la liberté des terriens. Les dés n'étaient pas encore jetés, tout pouvait basculer à un moment ou un autre. Lenrad, qui était toujours le seul à être debout, s'éclaircit brièvement la gorge, prêt à fournir le choix qu'ils avaient fait, lui et ses deux acolytes.

-Ai-je des raisons pour commencer à m'inquiéter ? lui demanda calmement Madison.

L'homme esquissa un sourire discret avant d'écouter ce que ses compagnons avaient à lui dire. Il parla plus longuement avec Waldran et Gaïa qu'avec Lydra, cette dernière n'ayant visiblement pas grand-chose à lui communiquer. Après quelques secondes seulement, écoulées dans un silence de mort, tout le monde demeurant impatient de connaitre le verdict final, l'administrateur se tourna vers la mutante et patienta encore un instant, faisant ainsi augmenter le suspense déjà insoutenable. La mutante aurait presque pu entendre les pulsations de son propre cœur, tant il battait fort dans sa poitrine. Quelques mots seulement pouvaient changer ce qui allait se produire durant les prochaines minutes. La tension augmenta d'un cran lorsque l'individu masculin s'avança d'un pas sur son estrade, indiquant qu'il allait rendre son jugement. Les Avengers se mirent à retenir leur souffle, ainsi que d'autres personnes présentes dans la salle.

-Midgard appartient et appartiendra toujours à ses habitants.

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Un merveilleux sentiment de soulagement avait empli les âmes des cinq midgardiens lorsqu'ils avaient appris qu'ils ne risquaient plus rien, que leur monde resterait entre leurs mains. Directement après cela, Lenrad avait annoncé que tous les représentants bénéficiaient du reste de leur journée pour se reposer, se promener, avant de leur rappeler qu'il y avait une réception le soir même, réception qui se déroulerait dans l'immense pièce où les gens se retrouvaient habituellement pour déjeuner. Tony avait bondi d'un coup pour serrer sa petite sœur dans ses bras, à la fois rassuré et fier. Peter, en bon enfant, s'était joint à cette étreinte, puis la mutante s'était dirigée d'un pas léger vers Natasha et enfin vers Bucky. Plusieurs représentants avaient échangé un bref coup d'œil avec eux, voulant simplement leur signifier qu'ils étaient eux aussi ravis que les choses se soient bien passées pour les humains.

S'en était suivi une nouvelle étreinte entre les midgardiens et les asgardiens, mais l'ambassadrice terrienne avait paru un peu ailleurs durant quelques instants. Tandis que les autres quittaient progressivement la salle, quelqu'un avait plongé son regard dans le sien, depuis la partie opposée de la pièce circulaire. Madison avait brièvement fait attention aux quelques mots qu'avait lancé Tony, qui étaient du style : « 'Faut vraiment qu'on fête ça ! Tu viens, Maddie ? », ce à quoi elle avait répondu positivement, l'informant cependant qu'elle avait d'abord quelque chose à faire avant de pouvoir les rejoindre. Sans rien ajouter, elle était donc descendue de l'estrade et avait avancé vers cette femme qui semblait l'attendre. Elle savait qu'il était grand temps qu'elles se parlent, toutes les deux. Elles étaient à leur tour sorties de la salle et s'étaient dirigés vers un endroit plus calme, où elles auraient l'occasion de discuter sans être interrompues.

Elles arpentaient désormais un long couloir vide de toute autre forme de vie.

-Tu m'as impressionnée, confia Gaïa à la mutante. Je savais que tu serais capable d'accomplir de grandes choses, mais aujourd'hui, tu t'es particulièrement démarquée, et tu inspires le respect à beaucoup de personnes. Tu as réussi à convaincre tous les ambassadeurs de se rallier à Midgard, ce qui n'était pas une mince affaire.

-Je dois avouer qu'à certains moments, je n'y croyais plus trop… Mais perdre la Terre me paraissait impensable. Oh, et… Désolée pour ce que je vous ai dit tout à l'heure. J'étais hors de moi, et j'avais… Un peu de mal à contenir mes émotions.

-Il n'y a aucune raison pour que tu me présentes des excuses, lui assura la déesse en posant les yeux sur elle. C'est moi qui ai mal agi, il y a de cela plus de vingt ans. J'étais loin de m'imaginer ce qui t'attendrait, une fois que je t'aurais confié mes pouvoirs. Jamais je n'ai voulu un tel destin pour toi.

-Je m'en doute bien, souffla-t-elle. Comme je vous l'ai dit, cette magie a toujours été la source principale de mes problèmes, mais j'ai su tourner ça à mon avantage, en m'en servant pour essayer de faire le bien autour de moi. Ça n'a pas toujours marché, mais disons que j'ai fait de mon mieux pour limiter les dégâts… Mais pourquoi moi, exactement ? Qu'aviez-vous pu voir en une gamine de même pas dix ans pour que vous vous disiez que c'était la bonne personne ?

-Je l'ai… Disons, « ressenti »… Et à te voir te débrouiller ainsi, je pense être en mesure d'affirmer que je ne me suis pas trompée, déclara-t-elle avant de s'arrêter de marcher brusquement pour attraper les mains de l'autre femme entre les siennes. Personne n'aurait pu faire mieux que toi avec une telle puissance. J'ai bien conscience des défauts présents et parfois très difficiles à gérer, mais malgré tout ce poids qui a été mis sur tes épaules, tu as toujours réussi à t'en sortir, quelle que soit la manière. Et tu m'as dépassée dans bien des domaines…

-Comment cela ?

-Par exemple, l'eau est un élément difficile à maitriser, en ce qui me concerne. Il s'agit d'une ressource limitée, et j'ai longtemps cru que l'on ne pouvait pas en avoir absolument partout à notre disposition. Mais j'ai finalement réussi à comprendre qu'il était possible d'en extraire de quelque chose d'aussi vaporeux que l'air, lui expliqua-t-elle. Pourtant, toi, tu n'as jamais eu l'air d'avoir cette contrainte.

-Eh bien… Je n'ai pas besoin que tel ou tel élément se trouve devant moi pour le manipuler directement, il m'est possible de le créer, le faire apparaitre… Un peu comme je l'ai fait hier sur la plateforme extérieure, avec la glace… En revanche, j'ai toujours quelques difficultés dans plusieurs branches, puisque la nature est extrêmement vaste…

-Infiniment vaste, compléta Gaïa. C'est bien pour cela que tu es une mutante de type « Oméga », et tu l'étais déjà avant que je n'arrive pour te transmettre ma magie. De plus, je suis ravie de découvrir que tu as su t'entourer de gens bien qui ont toujours su te soutenir dans les moments les plus sombres. Que ce soit du côté des autres mutants, de ce groupe que vous avez fondé ou bien même de ton frère…

-En parlant de lui… Pourquoi n'avoir rien dit, durant plus de deux décennies ? Il m'a crue décédée, et moi, je n'avais plus aucun souvenir de ma famille…

-… Je n'avais pas le droit d'intervenir, lui dit-elle, de la culpabilité se faisant ressentir dans sa voix. Il fallait que vous vous retrouviez tous les deux par vous-mêmes, même si cela devait prendre du temps. Vous y êtes parvenus, n'est-ce pas ? Mais sache que je m'en suis toujours voulue pour les horreurs qui ont frappé votre famille. Toi et ton frère ne méritiez pas cela. Et puis, ma récente présence dans l'Yggdrasil a eu l'air de te causer quelques soucis… Je ne tenais pas à ce qu'il y ait un quelconque dérèglement au niveau de ton self-control. Je sais que cela peut avoir des répercussions dangereuses en cas de trop forte pression…

-Et… Pour ce qui est des dons de guérisons que je ne peux utiliser que sur les autres ?

-Disons que… Cela fait partie de ton héritage, souffla-t-elle. Cela m'a été très utile lorsque je combattais aux côtés des miens, et je suis ravie de voir que tu as su t'en servir à bon escient, même si les situations n'étaient pas toujours faciles à affronter…

Madison baissa légèrement la tête, une vague de mauvais souvenirs déferlant dans son esprit, mais elle les chassa rapidement et retrouva le sourire, préférant rester de bonne humeur. Elles continuèrent à marcher sans rien ajouter, mains derrière le dos et leurs pensées se mélangeant.

−Puis-je te confier un secret ? lui dit alors la doyenne.

−Bien sûr…

−… Mon vrai nom est Eléa.

−Votre… Attendez, quoi ? répondit la brune, ayant du mal à comprendre. Mais… Je croyais que…

−Je ne suis pas la première à avoir été en possession de cette magie… J'étais simplement, jusqu'à il y a quelques années, la détentrice de tous ces pouvoirs. Mais ils se transmettent. Le jour viendra où, comme je l'ai fait, tu devras t'en séparer. Mais ce n'est bien sûr pas pour tout de suite. Il te reste encore beaucoup de choses à faire pour protéger ton monde. Et je sais que tu t'en sortiras.

−Mais… Pourquoi « Gaïa », dans ce cas ? l'interrogea-t-elle en mimant des guillemets en prononçant le nom.

−Il s'agit du nom octroyé à la personne qui manipule notre magie ancestrale. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui…

Elle n'eut pas besoin d'achever sa phrase pour que Madison comprenne ce que cela signifiait. Elle ouvrit la bouche afin de s'exprimer, mais les mots n'en sortirent pas immédiatement. Il n'y en eu qu'un seul qui put franchir ses lèvres durant les secondes qui suivirent ce bref silence.

−Je… commença-t-elle en se désignant d'une main, et l'autre se contenta d'acquiescer. Oula, non… Non, non, non, je ne… Enfin, bref, vous comprenez. De toutes façons, je suis bien loin de vous égaler…

−C'est vrai, concéda-t-elle. Tu me dépasses largement, ajouta-t-elle avec un petit sourire en coin. Tu ne t'en rends pas encore compte, mais cela viendra avec le temps…

−Ga… Eléa, se reprit-elle rapidement, vous ne comprenez pas… On dirait que vous vous attendez à ce que je sois… Aussi bien que vous et… Et que ceux et celles qui vous ont précédée, mais je crois que vous ne vous rendez pas compte que je n'en suis tout simplement pas capable, pas en sachant ce que je suis et ce que j'ai fait. Je ne peux pas devenir aussi doué que vous l'étiez.

−Douée, tu l'es déjà. Tu sais, lorsque je n'étais qu'une simple Elfe vivant sur Alfheim, je pensais comme toi. J'étais persuadée que cette tâche serait impossible à réaliser. Protéger le monde avec de tels pouvoirs, si imposants et importants… Il m'a fallu du temps pour comprendre que j'avais été choisie pour une bonne raison, et durant de nombreux siècles, j'ai su assurer pleinement mon rôle… Tout comme tu arriveras à le faire. Je trouve que pour le moment, tu t'en sors merveilleusement bien. Cependant, il est vrai qu'il te serait plus simple de faire évoluer cette magie si tu te détachais de ce qui t'empêche d'avancer depuis si longtemps. S'accrocher à de telles choses peut effectivement ralentir les gens, s'en défaire est assez compliqué, je te l'accorde, mais te connaissant, je pense que tu n'auras pas tant de mal que ça à le faire.

−Je ne suis pas aussi sûre de moi que vous l'êtes…

−Ai confiance en toi, lui souffla gentiment Eléa. Tu arriveras à aller au-delà de tout ce qui te retient. Ces pouvoirs t'appartiennent, et ils sont d'une grande importance pour le monde des humains, ils ne peuvent disparaitre. C'est ainsi que cela a été écrit… Tu es là pour défendre « ceux qui en ont besoin », comme tu le fais déjà admirablement bien depuis des années.

−… Mais ce n'est pas assez, n'est-ce pas ? soupira Madison.

−Cela viendra, commenta simplement l'autre.

La mutante soupira et baissa la tête un instant.

−… Pourquoi avoir choisi ce nom à donner au détenteur ou à la détentrice de notre magie ? demanda-t-elle au bout d'un moment.

−Pour la même raison que vous autres, grands justiciers, avez choisi ces « identités de héros », vous faisant mener une sorte de double vie… N'est-ce pas, Docteur Grace ? lui dit-elle, une pointe d'amusement perçant dans sa voix.

−Oh ça… dit la jeune femme en souriant enfin à nouveau. Ce choix de nom date d'il y a longtemps…

−Garde-le, lui conseilla Eléa. Tu es différente de moi, ainsi des autres gardiens et gardiennes de la nature. Cette identité fait partie de toi à part entière, ne la met pas de côté parce que tu veux nous ressembler… Tu finirais par te perdre… J'ai été ravie de te revoir, affirma-t-elle en la devançant.

−Attendez… Vous allez partir… ?

−Eh bien, techniquement… Je ne suis plus vraiment là, depuis que je t'ai confié la totalité de mes dons… Il y a bien longtemps que je n'existe plus à proprement parler, mais mon esprit avait encore quelque chose à faire avant de totalement quitter l'Yggdrasil. Il était impératif que je puisse te voir afin que tu saches d'où te venaient ces dons.

−Mais… J'ai encore tellement de questions à vous poser… la retint-elle. Dites-moi… Vous étiez au courant, avant de venir ici, de tout ce qu'il s'est passé… Est-ce que… Vous savez qui m'a séparée de Tony, il y a plus de deux décennies ? Qui est celui qui a causé cet accident… ?

−En effet. Je sais de qui il s'agit. L'un des hommes d'Hydra, bien évidemment. Mais c'est la seule chose que toi et tes amis ayez besoin de savoir. Certaines choses doivent parfois rester dans l'ombre… Mais il y a tant de choses que tu dois savoir…

Eléa s'approcha d'elle et lui murmura quelques phrases qui incitèrent l'autre femme à froncer les sourcils, puis elle se recula sans rien ajouter de plus. Avant que la mutante n'ait eu le temps de lui demander quoi que ce soit d'autre concernant ce qu'elle venait d'apprendre, le corps de l'Elfe se décomposa en particules lumineuses qui disparurent au bout de quelques instants, après avoir brièvement flotté dans les airs, laissant ainsi Madison seule dans ce couloir vide, perdue dans ses pensées. Elle qui avait tant de demandes, voilà qu'elle allait devoir trouver des réponses par elle-même. Mais elle sentait quand même plus légère qu'au début de la journée, que ce soit parce qu'ils avaient réussi à défendre leur planète, ou bien grâce à cette petite conversation qu'elle avait eu avec cette femme venue d'un autre monde et à qui elle devait, au final, énormément.

. . . . . . . .

-Je crois que je n'avais jamais été aussi stressé de toute ma vie ! s'exclama Peter en attrapant le verre que lui tendait Tony. La vache, quand j'pense qu'on a failli se faire piquer notre planète… Vous vous rendez compte de la tête qu'auraient fait les autres en voyant débarquer toute une bande d'arcturiens désirant prendre le pouvoir ?

-Je doute que votre espèce aurait accepté de se laisser faire, déclara solennellement Hogun. Mais désormais, vous n'avez plus à vous faire de souci. Je suis rassuré de savoir qu'aucun combat ne sera déclenché entre votre monde et un autre.

-Même si c'était arrivé, il est évident que nous nous serions rangés de votre côté, affirma Volstagg, ce qui ne fit que réjouir les quatre Avengers présents. Bon, allez ! Il est temps de vous féliciter pour ne pas vous être effondrés face aux Doyens, ce qui n'avait rien d'évident au préalable… C'est avec beaucoup de vaillance et de courage que vous leur avez fait face, lança-t-il en levant son verre.

-Quelques mots de plus et je faisais exploser leurs crânes entre mes mains, marmonna Bucky, toujours remonté à cause du fait que l'on se soit joué d'eux.

-J'espère que tu m'aurais attendue, histoire que je te file au coup de main, lui répondit Natasha avec un clin d'œil complice. Est-ce qu'ils font toujours des trucs pareils aux petits nouveaux, ou bien cette forme de bizutage nous était-elle destinée ?

-Excellente question, dit Fandral en soupirant. Il s'agit de ma première participation officielle à moi aussi. Thor ?

-D'après mes souvenirs, il est assez courant qu'ils testent les limites des différents représentants, leur expliqua le dieu du tonnerre. Je les avais déjà vu s'acharner sur certains, mais jamais comme ils l'ont fait aujourd'hui. Peut-être se sont-ils imaginés qu'à cause des mille cinq cents ans d'absence des midgardiens aux réunions du tribunal de l'Yggdrasil, vous ne seriez peut-être pas capable de vous assumer… Ce qui est entièrement faux, et j'ai pu le constater par moi-même à de nombreuses reprises.

-Nous, nous avons eu l'occasion de nous en rendre compte aujourd'hui, souffla Sif, admirative. D'ailleurs, où se trouve la cinquième membre de votre équipe ?

-Elle vient tout juste d'arriver, l'alerta Madison en faisant son entrée dans la pièce où les neuf autres personnes étaient déjà réunies, complétant ainsi les deux groupes, et Tony lui donna un verre à elle aussi, qu'elle accepta avec joie. Vous fêtez quelque chose ? demanda-t-elle par la suite avec un regard plein de malice.

-Yep, approuva son grand frère. Notre liberté. Obtenue grâce à toi.

-Techniquement, c'est grâce à nous cinq, le rectifia-t-elle. Je n'étais pas toute seule à défendre nos intérêts face à tant de personnes. Et j'ai bien cru que j'allais craquer à certains moments, en envoyant ces trois-là valser à travers la pièce…

-Ils se sont fait beaucoup d'ennemis, visiblement, commenta Thor, amusé. Au fait, où étais-tu, après l'annonce des Doyens ? Nous t'avons vue sortir de la salle et personne n'a eu de tes nouvelles.

-Il fallait que je parle à E… Gaïa de deux-trois détails pas très importants… Ne vous en faites pas, j'ai tout fait pour éviter de m'attirer des ennuis, ajouta-t-elle en voyant les airs suspicieux de certains. Et puis… Il a fallu qu'elle parte.

-Déjà ? s'étonna Tony, et sa sœur hocha doucement la tête. Elle ne sera pas restée bien longtemps… Mais bon, au moins, maintenant, nous savons d'où te vient ce don du contrôle de la nature, ce qui est assez rassurant, pas vrai ?

-Mh, j'imagine. Par contre, vous croyez que les jours qui vont suivre risquent d'être aussi mouvementés qu'aujourd'hui ? Non pas que je n'aime pas le fait qu'il y ait de temps en temps un peu d'action, mais là… C'était peut-être un petit peu trop éprouvant, et je pense avoir eu ma dose d'émotions fortes pour les trois prochaines semaines…

-Je crois que le plus gros est passé, affirma Volstagg. Les arcturiens devraient vous laisser tranquilles, si c'est ce qui vous tracasse. La chose la plus pénible qui puisse encore arriver est la réception de ce soir, enchaina-t-il en mimant une fausse expression d'exaspération. J'espère que vous êtes mentalement bien accrochés…

-Je pensais que vous n'y aviez jamais assisté, releva Peter.

-Nous, non. Mais Thor, lui… Autant affirmer que le témoignage qu'il nous a rapporté n'avait rien de glorifiant…

-En même temps, cette année-là, se justifia le blond, les ambassadeurs de Niflheim et Hel n'avaient fait que se taper dessus… Alors évidemment, l'ambiance n'était pas forcément très agréable pour tout le monde. J'ose espérer que cela sera différent cette fois-ci…

-Du moment que personne ne me cherche, je me montrerai gentil, c'est promis, déclara Tony. Je n'ai pas trop envie de me battre, ce soir…

-Au vu des récents événements, je ne pense pas qu'un affront soit d'actualité, énonça Sif. Mais restez tout de même sur vos gardes, on ne sait jamais, peut-être que quelqu'un dépassera les bornes, et qu'il faudra rapidement le remettre à sa place avant que les choses ne dégénèrent.

-Nous ferons attention, lui assura Madison, très sérieuse.

-En attendant, reprit Tony en levant sa coupe, santé à tous.

. . . . . . . .

Aux alentours de dix-sept heures trente, les asgardiens avaient regagné leurs quartiers afin de se préparer pour la soirée qui approchait. Tandis que Peter avait beaucoup râlé à l'idée de devoir aller enfiler un costume, Bucky avait calmement -et sans répliquer- suivi Tony, qui avait entrainé les deux hommes avec lui afin de leur donner leur tenue. La mutante se trouvait sur le balcon donnant sur les terres luxuriantes d'Arcturus IV, prenant un bon bol d'air avant de devoir rejoindre tous les autres. Le ciel avait pris une teinte orangée éclatante et était parsemé de quelques nuages clairs ici et là. La mutante se sentait très bien, par rapport aux derniers jours qui s'était révélés être assez rudes et fatigants. Elle ferma les yeux un instant, profitant de ce moment de solitude. Non pas qu'elle n'appréciât guère la compagnie de ses amis, mais un peu de calme était toujours le bienvenu.

-Tu as l'air en pleine forme. Et de bien meilleure humeur qu'hier, dit une voix sur sa gauche.

Elle tourna la tête dans cette direction.

-Je le suis, répondit-elle en regardant la jeune femme appuyée contre la barrière de sécurité, bras croisés. Tu n'imagines pas à quel point… Je crois qu'extérioriser tout ce qui nous est tombé dessus nous a fait un bien fou, à tous les cinq. C'est tout ce dont nous avions besoin pour nous remettre en confiance.

-Vous vous en êtes bien sortis, affirma l'autre.

Madison esquissa un sourire ravi.

-Je suis contente de te voir, Jean.

La plus jeune des deux lui rendit son sourire. Celle-ci était telle que l'Avenger l'avait rencontrée : pleine de joie de vivre, rayonnante et l'air serein se lisant sur son visage. Elle paraissait cependant un petit peu chagrinée, ce qui n'échappa pas à son amie.

-Je sais ce que tu dois être en train de penser, lui confia Madison. Qu'Alex a raison, que je dois aller de l'avant. Et tu serais la troisième personne à me le dire, puisque j'ai eu le droit à une discussion de ce style avec une autre personne ce matin-même…

-Pourtant, tu sais que c'est vrai… Tu ne nous as jamais vraiment laissés partir, parce que tu as toujours eu l'impression que c'était de ta faute, mais tu te trompes. Tu l'as même fait comprendre à ces individus qui t'accusaient à tort aujourd'hui. Le frère de Scott ne s'en est pas sorti parce qu'il a agi dangereusement, et j'y suis restée parce que le pouvoir qui me contrôlait était trop grand pour moi. Mais toi, tu es toujours là. Et il y a des gens qui ont besoin que tu sois là pour eux, comme tu l'as signifié toi-même... Les temps sont durs, Em, et il faut que tu sois en pleine possession de tes moyens.

L'autre plongea le regard dans les yeux couleur ambre de Jean.

-J'ai raison, et tu le sais, reprit « l'illusion ». J'ai toujours eu raison, enchaina-t-elle, ce qui arracha un petit sourire à la plus âgée. En plus, regarde autour de toi : franchement, est-ce qu'il ne t'est pas arrivé des trucs vraiment géniaux, dernièrement ? Tu as retrouvé ton frère, tu t'es entourée d'un tas de personnes vraiment incroyables et tu as montré à tout le monde que la Terre en valait la peine, malgré tout ce qui s'y est passé… Tu fais encore évoluer ta magie, tu arrives à gérer tout un tas de problèmes compliqués et ton meilleur ami est littéralement un dieu, qui en plus d'être vraiment canon, sait se confier à toi comme tu le fais avec lui. Et puis, dès que quelque chose ne fonctionne pas comme il faut, il a l'air de s'inquiéter pour toi.

-Tout le monde se fait toujours du souci à mon sujet… Je suis une catastrophe ambulante, tu te rappelles ? S'il existait une liste, je me retrouverais juste derrière Jack Sparrow, Indiana Jones et cet abruti de Quill…

-Rappelle-moi déjà comment tu l'as rencontré ? Si je me souviens bien, c'était parce que tu avais désobéi à des ordres du directeur du Shield, pas vrai ?

-… Je ne ferai aucun commentaire à ce sujet, déclara Madison faussement ennuyée, ce qui amusa Jean.

-Quoi qu'il en soit, tu t'es montrée suffisamment débrouillarde pour toujours t'en sortir… Ne te préoccupe plus de ce que tu ne peux pas changer, essaye plutôt d'aller de l'avant, d'accord ? Ne t'inquiète pas pour nous.

-Vous me manquez, c'est tout. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour vous.

-On s'en doute bien, lui assura-t-elle. Mais ça ira, ne t'en fais pas, je crois en toi. Souviens-toi juste que dans les pires moments, il y aura toujours quelqu'un pour t'aider et veiller sur toi. Tu ne seras plus jamais seule.

Madison ne put rien faire d'autre que lui sourire, lorsqu'elle entendit quelques coups frappés à la porte de sa chambre, avant que cette dernière ne s'ouvre dans un grincement discret. Dès lors, Jean lui fit un clin d'œil et lui murmura : « Allez, sauve-toi. », ce que la seconde mutante fit après quelques secondes d'hésitation. Elle se dirigea vers l'endroit d'où provenait le bruit et tomba sur Tony, déjà prêt à se rendre quelques étages plus haut.

-Ah, te voilà, s'exclama-t-il, ravi de la retrouver. Alors, qu'en penses-tu ? demanda-t-il ensuite en tournant sur lui-même, exposant son costume sombre sous toutes les coutures. Tu crois que cela suffisant pour faire bonne impression ce soir ?

-Tu as déjà fait bonne impression avec ton armure, souligna-t-elle. Mais disons que ce n'est pas trop mal, ajouta-t-elle avec un air malicieux. Sinon, ça n'a pas été trop difficile de s'occuper de Peter ? Je n'ai entendu aucun cri, ni la moindre complainte, ce qui veut dire que tu ne t'en es peut-être pas si mal sorti…

-Ce gosse est beaucoup trop énergique, soupira le milliardaire. Mais non, ça a été, il n'a pas râlé bien longtemps. Je crois que le regard que lui a jeté Bucky l'a rapidement calmé…

La mutante l'écouta sans rien dire, avant de se perdre une nouvelle fois dans ses pensées, ce que Tony remarqua rapidement.

-Tout va bien ?

-Mh ? Oh, ne t'en fais pas, ça va. J'étais juste en train de réfléchir.

-Pour hier je voulais te dire… Désolé que tu aies eu à voir ça.

-Que veux-tu dire ?

-Eh bien… Que tu m'aies vu si vulnérable. Ça ne m'arrive pas souvent, et… Je tenais aussi à te remercier pour être restée à mes côtés.

-Tu n'as pas à t'excuser pour ça, enfin… C'est le genre de truc qui peut arriver à n'importe qui, et je suis rassurée d'entendre que ma présence à tes côtés t'a été plus utile que je ne le pensais. Chacun a le droit d'avoir ses moments de faiblesse, tu sais, le rassura-t-elle en s'approchant de lui avant de poser une main sur son épaule. Mais si ce n'est pas indiscret… Qu'est-ce qui t'a mis dans un état pareil ?

-… Rien, ne t'inquiète pas pour ça, répondit-il en l'attirant vers lui pour la serrer dans ses bras. Tout va bien, maintenant, ajouta-t-il en calant son menton sur le haut du crâne de sa petite sœur. Tu n'as plus à t'en faire pour cela… En revanche, si j'étais toi, je me dépêcherais de me préparer, car tu sais comment peut être Natasha lorsque l'on n'est pas à l'heure…