18.
Sous le prudent bouclier d'invisibilité dont les Mirolliens l'avaient doté, l'Ombre de la Mort volait tranquillement à travers l'espace.
Alfred posa la maquette d'une petite navette à angles carrés sur le bureau de son Capitaine.
- On pourrait l'appeler aviscoupe. Mais faudra un grand hangar, une rampe de lancement. Je vais réfléchir à la question. Mais on aura besoin de question de plus génial que moi pour concevoir le cuirassé qui les portera !
- L'Ombre me convient parfaitement. Je ne compte pas en changer. Et puis non seulement je ne connais personne pour construire un autre cuirassé, et j'en ai encore moins les moyens ! Tu crois que je devrais me mettre au pillage pour faire rentrer du fric ?
Alfred rit.
- Comme si tu en étais capable. Mais trouver un moyen de faire de l'argent devient impérieux, on doit à nouveau ravitailler. Et tous n'accepterons pas un marché. Il nous faut pouvoir payer nos prochaines provisions.
- Je vais y réfléchir.
Venue sur la Passerelle de l'Ombre de la Mort, Mi-Kun dans sa jupe, Tori-San venant se poser sur l'épaule de celui qu'il s'était choisi comme ami,
- Je suis heureuse que nous n'ayons toujours pas pris la direction de Jura.
- Elle va te manquer, insista encore Albator.
- J'y reviendrai dans quelques années. Mes parents et Feria attendront. Contrairement à mes élucubrations d'ado de 147 ans, ils n'ont aucune envie de quitter notre sol natal. Je pense avoir jamais été la seule rebelle de mon peuple.
- Comme si cela allait m'étonner !
La Jurassienne posa une main légère sur le poignet de son ami borgne et balafré.
- Je te fais confiance pour mon avenir, Albator. Mais quel est-il ?
Albator eut un petit rire.
- Je n'ai pas encore envie de vous l'apprendre !
Un jour, en fin de matinée, Albator s'était levé.
- J'ai programmé un cap ! lança-t-il.
- Où allons-nous ? s'enquit Kei.
- Oui, où allons-nous ? pria Clio, à ses côtés.
- Gun Frontier, je me suis laissé dire qu'on y trouvait le meilleur red bourbon des Sept Mers Galactiques, selon la formule consacrée.
-C'est un lieu retiré, à l'ancienne, peut-être dangereux, remarqua Clio. On pourrait même t'y pendre s'ils ont conservé cette tradition !
- Je pourrais aussi y faire des rencontres…
Clio plissa ses yeux jaunes.
- Clio ?
La Jurassienne inclina très légèrement la tête sur le côté, ce qui indiquait un sourire de sa part.
- Oui, j'ai la vision d'un petit homme génial et d'une grande femme rousse ! Nos vies ne font que commencer, Albator, et nous ne sommes pas près de nous quitter. Je serai ton amie, pour toujours.
- Amis, à jamais.
Ensuite, Albator ouvrit la communication avec l'ordinateur central.
- Ombre de la Mort, en avant !
FIN
