Ciao Tutti !
J'espère que vous allez tous bien.
Je suis heureuse de vous annoncer qu'au précédent chapitre un pan de l'histoire s'est achevé et qu'avec celui, en débute un nouveau ! (oui, je sais, c'est logique, si y en a un qui se finit, y en a un qui commence, mais enfin trêve de bavardage...)
Je tiens à remercier tout ceux qui suivent cette fiction, ainsi que ceux qui laissent des reviews, ça me fait vraiment chaud au cœur et j'espère que la suite vous plaira !
Je vous laisse à la lecture et je vous dis à bientôt !
Chapitre 18 - Plan A / Étape 0
Ava descendit du navire avec pour seul bagage son petit sac à dos contenant tout l'argent qu'elle avait et quelques dessous de rechange. Elle avait fait attention à ce que le sac semble petit et presque vide. Quand ses pieds foulèrent les pierres du quai elle se retourna et regarda une dernière fois le vaisseau des Kidd's.
« Bah alors ? L'interpella Jame. Toi qui voulais à tout prix faire un tour, tu viens pas ?
- Si si, j'arrive ! »
Les deux jeunes gens traversèrent le port et s'enfoncèrent dans les rues de la capitale de Mogalo. Elle observa avec attention les différents quartiers qu'ils traversèrent. Au fur et à mesure de leur promenade, la tension monta en Ava. L'appréhension restait bloquée en travers de sa gorge, sensation désagréable d'une boule qui parfois l'empêchait de respirer. Elle ne put se résoudre à déjeuner quand Jame réclama une pause en terrasse en milieu de journée et elle prit seulement un café et de l'eau. Mal à l'aise, elle se forçait à ne pas trop se tortiller sur sa chaise. Elle répondait le plus naturellement possible à son ami et essayait de tenir une conversation, ce qui semblait fonctionner. Jame ne semblait pas se méfier et quand il se leva pour aller aux toilettes, elle acquiesça avec un sourire, murmurant un vague « Ça marche ». Quand il eut disparu à l'intérieur de l'établissement. Elle enfila sa veste et passa les anses de son sac à dos. Elle se leva discrètement et quitta la place sans se retourner.
OOOoooOOO
Ava se fraya un chemin dans la foule compacte. Elle avait réussi à semer Jame sur la grande place. Le souci n'était pas le jeune mousse mais plutôt le capitaine et son second. Surtout son second. Elle les savait dans le coin. Ils étaient venus faire affaire avec la pègre alors ils allaient dans le même quartier des bas-fonds qu'Ava. Elle retrouva vite l'échoppe qu'elle avait repérée plus tôt. Le jolly roger gravé sur la pancarte qui se balançait au-dessus de la porte ne trompait pas. Cette boutique était la propriété du Joker… Et il était clair que le symbole ressemblait fort à celui de Doflamingo.
Ava poussa la porte. L'endroit était glauque. Très glauque. Elle traversa la vaste boutique et s'avança jusqu'à un comptoir vide. Un homme penché sur des registres de paris relève alors doucement la tête et la regarde sans comprendre ce que peut faire une fille de son genre ici. Elle laissa tomber devant lui une bourse contenant la moitié de ce que lui avait donné Killer quelques heures auparavant.
« Je veux voir ton patron de suite. Dis lui que c'est quelqu'un de très important. »
L'homme se saisit de la bourse et en vérifia le contenu. Il s'inclina devant Ava et disparu dans un escalier. Alors qu'elle attendait, elle observa la pièce avec plus d'attention. La pièce était sombre et remplie de pirates plus lugubres les uns que les autres se mêlant, au contraire, avec des personnes vêtues richement, marchant dignement entre les tables.
Au bout d'un quart d'heure, l'homme a qui Ava avait parlé revint vers elle.
« Suivez-moi », dit-il avec un sourire qui s'apparentait davantage à une grimace avec ses chicots noirs et ses dents manquantes.
Ava le suivit à travers la salle jusqu'aux escaliers. En haut de ceux-là, elle fut introduite dans un vaste bureau. Un homme y était installé, lui tournant le dos alors qu'il était au téléphone. Ava devina qu'il n'était pas de la même catégorie que le sous-fifre qui l'avait accompagnée juste avant. Il raccrocha et se tourna vers Ava. Plutôt bel homme et sûr de lui, elle sentit qu'elle avait face à elle un spécimen de raclure assez commun. Sous sa chemise blanche, elle distingua la marque de Doflamingo. Ils se jaugèrent un instant puis l'homme s'alluma une cigarette.
« Qu'est-ce que tu veux ? Des prostituées y en a déjà des tas dans cette ville ! »
Ava resta soufflée par la remarque de l'homme qui fit le tour de sa table et vint saisir irrespectueusement son visage en ajoutant d'un air malsain :
« Quoique, jolie comme tu es, je pourrais t'envoyer à Dres… »
Ava ne lui laissa pas le temps de finir. Sous le coup de la colère, elle se transforma tout en saisissant l'homme par la gorge. Elle dut se pencher un peu à cause du plafond, mais son changement de forme eut l'effet voulu. L'homme la regardait l'air terrifié. Elle sentit également l'accélération de son pouls sous ses doigts qui enserrait l'endroit où passait sa carotide.
« Je n'ai rien d'une pute, tout ce que je veux, c'est joindre le Joker, et tu vas le faire pour moi connard ! »
L'homme blêmit en entendant la voix d'outre-tombe sortir de la bouche de la créature qui avait remplacer la jeune femme. Il commençait à se demander si ce petit poste dans une île tranquille n'allait pas commencer à lui poser des problèmes. Il cherchait en vain à comprendre comment cette garce avait pu aussi vite le maîtriser. Ses yeux se posèrent sur la face allongée qui le fixait.
« Je ne pourrais pas joindre Joker directement, souffla-t-il difficilement en détournant le regard.
- Je m'enfous, démerdes toi. Tu as un quart d'heure ! »
Ava le relâcha et se recula jusqu'au mur contre lequel elle s'appuya en reprenant sa forme humaine, puis elle le regarda s'asseoir à son bureau et s'affairer avec son escargophone. Nerveux, il se mit peu à peu à transpirer, alors que successivement il raccrochait, l'air dépité de ne pas parvenir à joindre les bonnes personnes. Ava se délecta de cette scène. À cette pensée, elle réalisa que Kidd et Killer auraient aussi eu plaisir devant une telle scène. Décidément, ils avaient déteint sur elle.
L'homme en était au dixième coup de fil quand enfin un sourire vint éclairer son visage. Ava releva son soulagement avant qu'il ne raccrochât le téléphone l'air satisfait. Quelques secondes plus tard l'escargophone sonna. Il décrocha et répondit. Il retira un instant le moniteur de sa bouche et posa sa main dessus :
« J'ai l'un des subordonnés du Joker, Trebol. Qu'importe ce que tu lui dis, Joker le saura. »
Ava vint s'asseoir sur le bureau et écouta la conversation avec beaucoup d'attention. La voix qui était à l'autre bout du fil était plus qu'inhabituelle. Une voix extrêmement lente, comme si l'homme était en peine, ou bien très enrhumé, avec un nez bouché depuis au moins cinq générations. L'escargophone affichait lui, un air morne et fatigué.
« Qu'est ce que tu veux Aldous ? Un problème ?
- Non aucun Trebol-sama. Juste une jeune femme qui veut entrer en contact avec le maître.
- Nieehhh ! Que lui veut elle ? Il n'est pas si simple de le rencontrer. »
Ava ne put retenir un rire en tentant d'imaginer l'homme qui était à l'appareil. Elle se pencha sur le bureau et arracha le combiné de communication au dénommé Aldous.
« Trebol ? C'est bien cela ? J'ai un marché à proposer à ton patron…
- Nieehhh, le joker ne traite pas avec n'importe qui…
- Peut-être que le Joker s'en moquera, mais Don Quichotte Doflamingo aura peut-être envie d'en connaître le contenu, murmura Ava essayant d'être convaincante dans son rôle.
- …
- Je te conseille…
- Tes conseils ne m'intéressent pas femme. »
À l'autre bout du fil, Ava entendit un léger ricanement. Un ricanement qui lui fit froid dans le dos. Ava eut alors l'intime conviction que c'était lui. Elle devait faire en sorte d'éveiller son intérêt maintenant. Après cela, elle ne pourrait plus revenir en arrière. Elle inspira profondément et avec le peu d'assurance qu'il lui restait elle avança son pion en essayant d'articuler le plus correctement possible :
« Alma aurë Doflamingo.»
L'expression de l'escargophone afficha l'incompréhension, mais elle entendit clairement quelqu'un s'étouffer suivit de bruit de pas.
« Trebol. »
La voix était grave et ne laissait pas le choix. Quelques secondes plus tard, la face de l'escargophone se changea. Son attitude de départ, extrêmement morne, fut remplacée par des yeux que se plissèrent tandis qu'un sourire peu amène s'étira. La voix reprit alors :
« Tai návë tye ?
- Inyë ná ier tye, souffla Ava pour répondre à sa question. »
L'escargophone fut déformer par un énorme rire. Ava attendit que l'homme se reprenne.
« Tu m'as l'air rouillée femme. Moi-même, je n'ai pas utilisé la langue céleste depuis des années. Mais tu as réussi à attiser mon intérêt », ricana-t-il.
Ava ne répondit rien, elle ne sut pas quoi dire, mais d'un côté elle se sentit soulagée. Ces chances de réussir avait augmenté. Doflamingo reprit sa respiration avant de continuer :
« Néanmoins je ne me déplacerais pas. Tu vas devoir venir à Dressrosa.
- Je n'ai que peu de temps, commença Ava. On peut me retrouver à tout moment.
- Tu es donc poursuivie…
Ava se mordit la langue. Ce n'était pas exactement ce qu'elle avait voulu dire, autant qu'il le croit. Si cela pouvait lui faire quitter l'île sans attendre. Son interlocuteur eut un petit rire.
« Un de mes navires est dans le secteur. Dans moins d'une heure il accostera. Une femme viendra te chercher dans cette même pièce. Tu devras lui parler dans la langue céleste. Elle t'accompagnera jusqu'au navire. À partir de ce moment là tu n'auras plus à t'inquiéter de tes poursuivants. Compris ?
- Oui.
- Násië. »
La connexion fut coupée. Doflamingo avait le sens de la formule, songea Ava. « Ainsi soit-il » avait-il conclu. Ava reposa l'escargophone et se tourna vers Aldous.
« Il seront là dans une heure.
- Mais qui es-tu ?
- Ce ne sont pas tes affaires. Laisse-moi maintenant. »
L'homme ne se fit pas prier et se leva pour sortir sans demander son reste à la jeune femme. Une fois seule, Ava s'approcha de la seule fenêtre de la pièce et en écarta le rideau rapiécé à plusieurs endroits. En voyant la rue animée, elle pensa à Jame qui devait être à sa recherche. Elle espérait que le jeune homme n'aurait pas de problème en rentrant au navire. Elle avait commencé à cerner Killer et elle se doutait que le mousse risquait de passer un sale quart d'heure.
Killer. C'était lui qui occupait la plus grande place dans les pensées d'Ava. Son estomac se serra. Elle n'avait rien laissé derrière elle. Elle imaginait la rage de Killer quand il ne la trouverait pas en rentrant au navire. Jamais il ne lui pardonnerait. C'était une évidence. Elle savait que le soir-même, elle aurait perdu son amour pour toujours. Une larme roula sur la joue d'Ava. Elle n'avait jamais voulu être des leurs et voilà qu'elle hésitait à courir droit vers le navire. Elle passa l'heure à se convaincre qu'elle devait le faire, et qu'elle n'avait pas le choix. Elle était elle aussi élue, un des œufs l'attendait là-bas. Quand elle les aura récupérés, libre à elle de faire ce qu'il lui plaira.
Quand des pas résonnèrent à nouveau de l'autre côté de la pièce, Ava se leva. La porte du bureau s'ouvrit sur Aldous et une jeune femme brune qui, bizarrement, était habillée en soubrette et avait un large bazooka accroché dans le dos. Elles se détaillèrent chacune en silence puis, l'inconnue alluma la cigarette qu'elle avait à la bouche. Elle s'adressa à Ava en expirant la fumée :
« Tar níssë !
- Carpa munta tye ier níssë ! Rétorqua Ava sur le même ton. »
La femme resta sans comprendre. Ava comprit alors qu'elle ne parlait pas un traître mot de La Langue. De l'incompréhension, l'inconnue passa très vite aux larmes :
« Pardon, c'est juste que le jeune maître m'a dit de… »
Ses sanglots étaient si gros qu'elle ne parvint pas à finir sa phrase et se prit la tête dans ses mains. Ava la regarda, ahurie. Elle avait la drôle d'impression qu'elle était tombée sur une idiote incapable de gérer ses émotions. Elle avait besoin de tout sauf ça dans les circonstances. Ne sachant pas comment réagir Ava, la fixa quelques instants avant de s'approcher doucement :
« Excuse-moi… Mais j'ai besoin de quitter cette île au plus vite », lui dit Ava d'une voix douce.
La jeune femme la regarda alors entre ses doigts et s'arrêta de pleurer. Son expression changea du tout au tout et Ava fut certaine de voir son regard pétiller de bonheur.
« Tu veux dire que tu as besoin de moi, chuchota-t-elle ?
- Euh oui, plutôt… »
La jeune femme n'attendit pas plus longtemps et prit Ava par la main.
« Dépêchons-nous le navire nous attends.
- En même temps, si tu n'avais pas fait un tel cinéma… »
L'inconnue ne releva pas sa réflexion et l'entraîna avec elle, et avant qu'elles ne sortent du bureau, elle se tourna vers Aldous :
« Au fait ! Pendant que j'y pense, Joker attend son argent ! »
L'homme devint livide et répondit précipitamment :
« Ah oui, il l'aura, il l'aura.
- Je n'en doute pas une seule seconde.»
Les deux femmes dévalèrent les escaliers et quelques secondes plus tard Ava se retrouva dans la rue grouillante de monde. Elle regarda autour d'elle, affolée. Ce serait une catastrophe que les hommes de Kidd la retrouvaient maintenant. Elles traversèrent les rues à vive allure et tournèrent vers une large avenue. Ava lâcha un juron et rattrapa la brune par le bras.
« Attends !
- Quoi ?
- Les deux hommes là-bas ! Fit Ava en désignant Jame et Vince qui remontaient la rue dans leur direction.
- Ah, soupira-t-elle. C'est Jora qui aurait été plus utile pour cette mission, continua-t-elle. »
Elle regarda les deux hommes qui marchaient à vive allure en observant les alentours.
« Je crois qu'ils te cherchent.
- Quelle heure est-il ?
- Pas loin de dix-sept heure trente, nous devons nous dépêcher.
- Oui, je pense qu'ils vont encore me chercher un moment avant d'alerter les autres.
- Qui sont-ils ?
- Cela ne te regarde pas. »
La femme poussa un grognement en levant les yeux au ciel. Elle entraîna Ava contre elle, et elles descendirent la rue ainsi, alors que Vince et Jame les dépassaient sans les voir. En arrivant sur le port, Ava comprit qu'il y avait fête. Des animations en tout genre commençaient à être mises en place.
« Tu as bien choisi ton jour pour fausser compagnie à ceux que tu fuis, avec toute cette agitation, ils auront du mal à te retrouver », commenta la brune.
Par chance, le bateau gigantesque de la Doflamingo familly était amarré assez loin du Victoria Punk. Ava fixa le bateau, mais il était trop éloigné pour qu'elle puisse distinguer qui que ce soit à une telle distance. La jeune femme interpella Ava pour qu'elle se presse et elle monta à sa suite à bord du grand vaisseau. La brune se dirigea vers l'avant du vaisseau pour annoncer leur départ au capitaine.
« Larguez les amarres », hurla ce dernier.
Lentement, le navire s'éloigna du port. Le crépuscule donnait à la ville des allures incendiaires. Ava ne détacha pas son regard du Victoria Punk jusqu'à ce que la digue du port le masque définitivement.
« Il y en a pour trois jours de traversée, entendit-elle dans son dos. »
La brune s'était approchée d'elle. Elle s'était débarrassée de son bazooka. Elle s'alluma une cigarette et quand Ava lui en demanda une, elle lui donna sans rechigner. Les deux femmes restèrent un moment sans s'adresser un mot.
« Quel est ton nom au fait ? »
Ava soupira. C'était seulement maintenant que l'inconnue se posait la question. Remarque, Ava ne lui avait pas demandé non plus. Elle se retourna et regarda son interlocutrice. La femme avait l'air jeune, la vingtaine certainement, et très belle.
« Je m'appelle Ava.
- Juste Ava ?
- Oui.
- Ok. Moi c'est Baby 5.
- Baby 5 ?
- Je ne me rappelle plus de comment mes parents avaient bien pu m'appeler. »
Ava ne sut pas quoi lui répondre et resta muette en voyant Baby 5 la regarder, ou plutôt l'analyser sous toutes les coutures.
« Un problème ?
- Non je me demandais ce que tu pouvais bien avoir de spécial pour que le maître nous envoie en vitesse de te récupérer… C'est lié à la langue que tu utilises ?
- Hum… Je ne pense pas que j'ai le droit d'en parler.
- Tu as semé assez simplement ceux qui te retenaient…
- Un coup de chance…
- Mouai, je le rapporterais tout de même au maître. »
Ava inspira profondément. Elle était en terrain ennemi, c'était officiel. Elle devrait convaincre Donquichotte Doflamingo, et ça, c'était la partie du plan la plus ardue. Elle connaissait la réputation de l'homme et ce qu'elle en avait entendu était au cœur de son appréhension, rendant la traversée jusqu'à Dressrosa des plus désagréable.
À partir de là, elle ne pouvait plus faire marche arrière. Il était désormais trop tard.
OOOoooOOO
La seule fois où Ava était venue à Dressrosa, c'était avec les Kidds. C'était il y a plusieurs mois désormais. Le temps qui s'était écoulé semblait pour Ava, être une éternité.
Le vaisseau de la Doflamingo Familly, au lieu de prendre la direction du port de commerce donnant sur la capitale, contourna l'île et se dirigea lourdement vers une ouverture au sein de la falaise qui encerclait le rivage du royaume. Après un interminable tunnel, le vaisseau déboucha dans une grotte aux dimensions extraordinaire. Ava retrouva le port secret de Dressrosa avec un effroi non dissimulé. Des navires pirates et de la pègre chargeaient et déchargeaient des cargaisons de tous types : alimentaires, armes, esclaves…
Vu le temps passé dans le tunnel, Ava déduisit qu'ils étaient sous le centre de l'île et donc sous la capitale. Baby 5 ne tarda pas à apparaître et se posta à côté d'elle, attendant l'arrimage.
« Nous allons bientôt débarquer. Tiens toi tranquille sinon… »
Son bras se transforma soudainement en une impressionnante mitraillette, puis reprit sa forme originale quelques secondes plus tard.
« Oui je crois que j'ai compris le message », répondit Ava alors que Baby 5 se fendit d'un grand sourire emplit d'innocence.
Ava n'arrivait pas à déterminer ce qu'elle pensait de cette femme. Elle était soit une grande actrice, soit l'une des plus incroyables idiotes qu'elle ait rencontrée. En tout cas, elle lui semblait bien trop naïve et émotive.
Au centre du gigantesque complexe portuaire se trouvait une tour montant probablement jusqu'à la surface. Le bateau s'approcha du quai le plus proche de cette tour d'où s'échappait tout un groupe de soldats, suivi de prêt par un homme des plus singuliers. Son allure n'était pas inconnue à Ava. Elle l'avait déjà vu. Cet homme était là le jour où elle avait fait tomber Eustass dans le port. Il était sur le pont du Victoria Punk.
Baby 5 n'attendit pas que le bateau fût complètement amarré et sauta du pont au quai dans un admirable saut périlleux. L'homme au visage masqué parla un instant avec Baby 5 puis finalement cette dernière se tourna vers Ava et lui fit signe de descendre.
« Je t'ai déjà vu, tu es la fille de Barbe Blanche, annonça l'homme en s'inclinant. Je suis Gladius. Je suis curieux de savoir ce que te veut le maître. »
Ava ne répondit pas. Si Killer lui semblait inquiétant quand il portait son casque, ce Gladius n'était pas en reste. En plus de sont allure générale, il était très grand, plus encore que Kidd.
La compagnie avec laquelle il était descendu les encadra et ils entrèrent tous au sien de la tour. À l'intérieur, plusieurs cages d'ascenseur et un énorme escalier hélicoïdal semblaient rejoindre ce qui était le plafond de la grotte. Les soldats entrèrent à leur suite dans un ascenseur qui pouvait largement accueillir le double d'hommes. Baby 5 et Gladius semblèrent totalement se désintéresser d'Ava et commencèrent à discuter ensemble à voix basses.
Après une longue ascension, les portes de métal s'ouvrirent face à un grand tableau impressionniste. Gladius sortit en premier, alors que Baby 5 donna une petite tape dans le dos d'Ava pour qu'elle avance. Les couloirs qu'ils traversèrent étaient sombres. D'un coté, se succédaient des dizaines de portes, tandis que de l'autre, de lourds rideaux obstruaient de grandes fenêtres. Après avoir marché au moins dix minutes, ils s'arrêtèrent devant une porte et invitèrent Ava à y entrer. Elle découvrit une chambre luxueuse.
« Il y a de quoi te changer, lui apprit Gladius. Le maître te recevra plus tard. »
Ils sortirent laissant Ava seule dans la grande pièce qu'elle arpenta longuement. Doflamingo avait dû vouloir reproduire les intérieurs que l'on ne voyait qu'à Marie-Joa. Les meubles précieux faisaient de la concurrence à ceux des plus beaux palais. Elle s'avança vers le lit, et se laissa tomber sous le baldaquin. Elle avisa rapidement la salle de bain, et se releva. Même si elle s'était lavée, elle n'avait pas changé de vêtements depuis quatre jours. Elle entra dans une pièce où tout était blanc et or. Elle prit un bain dans l'immense baignoire et n'en sortit qu'une heure plus tard.
Quand l'eau fut froide elle sortit et se dirigea vers l'une des armoires de la chambre et l'ouvrit. Des dizaines de robes d'été étaient suspendues les unes à côté des autres. Ava en prit une aux hasards et l'enfila.
Il était dix-neuf heures à la pendule quand on toqua à la portée la déverrouillant. Ava, qui avait passé un moment à la fenêtre de sa chambre, se retourna et regarda Gladius entrer. Il s'approcha tranquillement jusqu'à elle.
« Le maître souhaite te voir. »
Ava se leva et repassa un des plis de sa robe avec le revers de sa main.
« Tu as bien fait de te changer, cette robe te sied à merveille. »
Ava ne répondit pas à son compliment et se contenta de suivre Gladius à travers le palais, jusqu'à un immense jardin. Ils passèrent à côté d'une piscine et Ava perçut de l'agitation de l'aire côté du bassin. Une grande tonnelle éclairée semblait être le lieu d'une fête. Des rires de femmes parvinrent jusqu'à eux et Gladius demanda alors à Ava d'attendre puis il disparut sous la tonnelle. Quelques minutes plus tard, une dizaine de jeunes femmes à l'air boudeur en sortirent et retournèrent vers le palais. L'homme masqué ne tarda pas à revenir et invita Ava à le suivre à l'intérieur de la structure végétale. Une large table couverte de plats en tout genre s'y trouvait. À l'autre bout de la table, siégeait le personnage dont elle avait tant redouté la rencontre.
