Hello ^^' On peut vraiment pas dire que je suis l'auteure la plus régulière qui soit. Je compte cependant finir cette histoire. J'ai une idée précise de où je vais, et si je ne peux pas vous promettre de finaliser cette année, je vais essayer de faire de mon mieux. Si je me motive, je devrais finir le chapitre 18 qui est déjà écrit à moitié et terminé la partie 2 de l'histoire dans le mois.
Je m'excuse de mes délais, et remercie tous les lecteurs qui continuent à me lire malgré tout. J'espère que la suite vous plaira.
Quatre mois après le bal, Morgane se rappelait encore parfaitement de ce qui s'était passé.
Alors qu'ils se précipitaient vers la sortie, ils avaient reçu un appel de sa mère qui les avait informés de la présence de hunter tout autour du bâtiment.
Hisoka avait alors proposé de foncer dans le tas, l'homme déguisé en clown avait apparemment des envies de combats. Et de sang. Sur le chemin, il avait d'ailleurs pris plaisir non dissimulé à tuer la plupart des malheureux qui s'étaient trouvés devant lui.
Heureusement ils avaient finalement pu éviter de créer un massacre grâce à Arthur qui avait eu la présence d'esprit de récupérer les plans de construction du bâtiment et qui donc savait où se trouvait tous les tuyaux et toutes les portes de sorties.
Cela avait été une expérience vraiment particulière. Surtout cela avait fait réfléchir Morgane.
Jusque-là tout ce que son père lui avait demandé, lui avait paru facile, indigne de ses capacités. Elle avait commencé à se sentir forte. Presque invincible. Seulement elle ne l'était pas.
Pas plus que n'importe qui dans sa famille d'ailleurs.
Et cette idée lui avait fait revoir ses plans d'avenirs.
Si elle arrivait à faire traîner le mariage jusqu'au douze ans de sa sœur, alors elle pourrait ensuite partir sans remord ni regret. Dans ce futur, son frère aurait dépassé son père en force et prendrait logiquement la tête de la famille. Et Arthur ne l'obligerait jamais à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas. Surtout si ce quelque chose était un mariage forcé avec Illumi pour lequel le jeune homme avait des sentiments.
Et donc elle pourrait tranquillement retourner à l'Etoile filante où elle rejoindrait Kuroro, Feitan et Pakunoda. À moins bien sûr que ceux-ci n'aient décidé de visiter un peu le monde, ce qui ne l'étonnerait pas outre mesure. Si c'était le cas, elle serait alors ravie de les accompagner. Sans aucun doute ce serait une vie qui lui plairait bien plus que celle d'assassin.
Enfin, elle n'était pas encore là. Mais peut-être que pour patienter et surtout pour que, lors de leurs retrouvailles, ils n'aient pas l'impression qu'elle avait vécu ces années sans jamais penser à eux, elle pouvait avancer dans ses recherches sur la fondation de l'Etoile Filante.
La jeune femme avait d'ailleurs une idée très précise de l'endroit où elle pourrait commencer ses recherches. Deux jours plus tôt, ses parents avaient évoqué leurs plus puissants ennemis. Ils avaient notamment nommé un royaume au sud de la fédération d'Ochima réputés pour son immense bibliothèque.
Et en se renseignant un peu la rousse s'était rendu compte que non seulement la bibliothèque en question était réputée pour être l'une des plus fournies au monde mais aussi qu'elle contenait des livres extrêmement rares : ce qui correspondait exactement à ce qu'elle cherchait.
Elle avait donc convaincu son père de l'envoyer enquêter dans ce royaume pour essayer de comprendre les manigances qui semblaient peser sur eux et avait profité de cette mission pour se rendre là où elle voulait.
La bibliothèque était immense. Magnifique. Imposante. La porte était entourée par des colonnes, la façade était décorée par une magnifique sculpture représentant un ange tenant un livre à la main et les escaliers étaient en marbre lisse.
Et cette impression de grandeur n'était pas valable uniquement pour l'extérieur du bâtiment.
Il y avait des centaines d'étagères et sur chacune d'elle des dizaines de livres. Et si on s'en référait aux affiches et aux remarques, la plupart de ces bouquins étaient rares ou/et dangereux. Bref, rien qu'on aurait laissé dans les mains de n'importe qui. C'était d'ailleurs ce qui avait poussé la jeune femme a entré par infraction dans le bâtiment. Ça et le fait qu'elle n'était pas certaine qu'il soit intelligent de laisser les bibliothécaires enregistrer son nom dans leur banque de données.
D'une elle n'avait aucun désir que son père apprenne ce qu'elle était en train de faire et de deux, sa famille était activement recherchée dans ce pays depuis que sa grand-mère avait tué le chef de la milice.
Meurtre qui leur avait rapporté autant d'argent que d'ennuis. De ce que Morgane en savait, c'était grâce à cette mission qu'ils avaient pu rénover leur manoir. Manoir qui sinon serait tombé en ruine…
Enfin, elle n'était pas là pour réfléchir à l'histoire de sa famille mais plutôt à celle d'un bidonville où tout pouvait être abandonné.
Evidemment il n'y avait pas de rayon nommé ville de l'étoile filante. Cela aurait été bien trop facile. Il n'y avait d'ailleurs pas non plus de livres qui parlait directement du bidonville. Le sujet était bien trop tabou et puis qui se serait risqué à aller là-bas pour vérifier ces sources ?
Il n'y avait que les malfrats qui s'intéressait à l'endroit et aucun d'eux n'avait ni l'envie ni la plume pour écrire.
Mais de ce qu'elle avait compris de ces précédentes recherches, elle pouvait quand même trouver un certain nombre d'informations si elle regardait dans les livres qui parlaient de l'ancien royaume de Congoria. Un royaume depuis longtemps disparu. Un royaume qui se situait au même endroit que la ville de l'étoile filante actuellement.
Tout commençait avec un roi paresseux et dépensier, qui délaissait son pays. Ce n'était certainement pas le pire des souverains qu'ils aient eu, celui-ci avait au moins le mérite de ne pas être trop tyrannique, toutefois la situation était telle que c'est ainsi que beaucoup le ressentir. Et lorsque le monarque, parce qu'il avait un pressant besoin d'argent pour son fils, fit renvoyer la moitié de ses gardes du corps, arriva ce qui devait arriver. Il mourut, poignardé par une femme aux cheveux noires et aux yeux qui brulaient d'un feu ardent. Une femme qui faisait partie de la minorité Evol, la minorité la plus pauvre du pays.
Cette action, bien qu'incroyablement violente partait d'une bonne intention : le pays allait mal, il fallait le sauver. Seulement il ne suffit pas de couper une tête pour renverser le pouvoir.
Ce roi mort, il avait un fils. Kesu. Si son père avait été un homme peu appréciable, lui était véritablement détestable. Il n'avait aucune once d'humanité. C'était un tyran qui aimait le pouvoir et voir souffrir les gens. C'était un rancunier qui, pour la moindre parole de travers, vous en voulait à vie et transformait votre quotidien en enfer.
Un homme bon aurait emprisonné la coupable après un jugement équitable et aurait promis de prendre soin du royaume.
Un homme ordinaire aurait exécuté la coupable, menacé ses proches, fait emprisonner quelques opposants.
Un homme un peu cruel aurait torturé la coupable, tué ses proches et fait exécuter les principaux résistants.
Kesu tua la coupable sur la place publique après l'avoir torturé pendant des heures. Puis, il ordonna à ses soldats d'entourer la maison de ses proches et de tirer sans jamais s'arrêter. Enfin, il fit construire un mur au sud-est de son royaume. Une fois que celui-ci fut fini, les Evols furent traînés de forces à l'intérieur de cette nouvelle forteresse, entassé tel de la vermine.
Les témoignages qui évoquaient cet exil forcé étaient glaçants. Tous plus horribles que les autres.
Ils étaient des centaines, tous les uns derrières les autres, serrant leurs rare possessions. Les enfants étaient perdus. Ils suivaient leurs parents et posaient mille questions. Des questions auxquelles les parents ne répondaient pas. Une petite fille a alors décrété qu'ils partaient en vacances. Son voisin a répété. Et puis lorsque tous les enfants apprirent la nouvelle, ils se mirent à crier d'excitation. Devant ce bazar, les soldats ont commencé à s'agiter. Un soldat leur a crié de se taire. Je n'ai pas supporté d'en voir plus, je suis allé aux toilettes et j'ai vomi. Ma femme, elle, elle est restée. Et au matin, elle avait fait nos bagages. Comme elle était noble, on a eu aucun mal à passer les frontières.
Je les ai vues entrainé ma voisine qui avait mon âge. Elle ne comprenait pas plus ce que moi ce qui se passait. Elle demandait si elle pouvait me dire au revoir. Parce qu'on était fiancé et qu'elle ne pouvait pas partir sans rien me dire. Ils lui ont dit de se taire. Elle a crié plus fort. Ils ont voulu la frapper et sa mère s'est interposé. Elle est tombée par terre. Ma fiancée a pleuré. C'est la dernière image que j'ai d'elle. De cette petite fille de cinq ans que j'avais juré d'épouser devant l'arbre sacré du bout de notre rue.
D'ailleurs je suis toujours célibataire… Je crois qu'au fond de moi, malgré toutes les horreurs de cette journée-là et des journées qui ont suivis, j'ai toujours ce gamin qui est prêt à tenir sa promesse coûte que coûte.
Je savais que je n'aurais pas dû prendre mon service ce jour-là. Ma femme était malade et j'aurais dû m'occuper des enfants. Seulement nous manquions d'argent et j'étais déjà dans le collimateur de mon supérieur. Si je ratais une autre journée de travail, je perdais mon emploi et notre situation déjà pas bien enviable serait alors devenu franchement désastreuse.
Bref, j'avais la tête ailleurs du coup et quand ils nous ont donnés les ordres, je n'ai pas vraiment écouté. D'ailleurs, mon pote Saccimonno m'a donné un coup de coude en s'étonnant de mon manque de réaction. Et puis, on est allé dans les maisons. Les hommes et les femmes nous fusillaient du regard et nous on les pointaient de leur fusil. Ils devaient quitter leur logement en moins d'une demi-heure et tant pis si cela leur permettait à peine de prendre trois vêtements et de quoi manger sur le chemin.
Je n'oublierais jamais cette journée.
Je n'avais plus envie de vivre.
Un instant Morgane reposa le livre. Non pas parce qu'elle était horrifiée parce qu'elle venait de lire, elle s'y était quand même plus ou moins attendu. Après tout aucune population ne vient de son plein gré dans un taudis pareil. Et la seule pauvreté ne pouvait pas expliquer le tabou immense qui entourait l'endroit.
En vérité la raison pour laquelle elle posa ce qu'elle était en train de lire, c'était tout simplement parce qu'elle venait d'apercevoir le petit carnet qui s'était trouvé derrière le livre. Un petit carnet poussiéreux. Ce qui n'était pas vraiment étonnant, le livre qu'elle était en train de lire était lui-même dans un sale état et il était donc évident que le carnet qui était caché derrière n'avait lui non plus pas été lu depuis longtemps.
La jeune femme hésita un instant. Le livre qu'elle tenait était officiel. Parce qu'il était officiel et parce qu'elle avait pris garde de commencer par feuilleter rapidement les sources citées, elle savait qu'elle pouvait s'y fier. En revanche, il était assez certain que si avec elle apprendrait des choses peu connues parce que personne ne s'y intéressait vraiment, elle ne ferait pas non plus de découvertes extraordinaires.
Le petit carnet en revanche, n'avait pas l'air très officiel et si par chance il parlait bel et bien de la création de l'étoile filante, il y avait aussi fort à parier que son auteur n'était pas vraiment objectif. Ou comme l'objectivité est une chose à peu près aussi dure à atteindre qu'un mot d'affection de sa grand-mère, il était certainement beaucoup plus subjectif.
Toutefois, Morgane n'était pas une chercheuse expérimentée à la recherche de sources bien documentées. Elle était un assassin habitué à l'action.
Elle se tourna donc vers le carnet.
Elle s'attendait à trouver une écriture manuscrite peu lisible, des phrases courtes, des gribouillis d'illustration.
Elle fut déçue. L'écriture bien que manuscrite était claire et précise : elle n'avait aucun mal à déchiffrer les propos de l'auteur.
Ce n'était donc pas un témoignage écrit dans la précipitation et la peur mais plutôt les analyses d'un témoin resté longtemps muet et qui avait eu tout le temps du monde pour comprendre ce qu'il avait vécu.
Ce qui ne l'avait pas empêché d'écrire un titre bien racoleur : « De la véritable raison de la déportation des Evols ».
Mais malgré la désagréable sensation d'être manipulée, Morgane devait admettre que ça marchait. Maintenant elle avait vraiment envie de lire ce carnet.
Il est peut-être sage qu'avant de vous raconter ce que je sais de cette histoire, je me présente. Ainsi vous pourrez vous forger votre propre opinion sur mon implication émotionnelle et donc sur la subjectivité de ce que je vais vous raconter.
J'avais quatorze ans quand je suis venu travailler au palais. Ma mère connaissait un gars qui travaillait en cuisine et c'est grâce à lui que j'avais eu le poste. Je n'avais pas spécialement envie d'être là mais je savais que je pourrais difficilement avoir mieux. Ma famille n'était pas spécialement pauvre mais elle n'était pas riche non plus et la situation du pays à cet époque restait assez instable. Il était assez difficile de savoir ce qui nous arriverait l'année prochaine.
Au départ on m'a donc envoyé aux cuisines. Mais mon physique et ma jeunesse m'ont fait remarquer par l'un des principaux ministres. Il m'a engagé comme son serviteur et je suis devenu, plus ou moins contre mon gré son amant.
Et la partie intéressante dans cette histoire, c'est que ce ministre en question était très proche du fils du roi. Tellement proche que généralement celui-ci débarquait dans sa chambre en pleine nuit pour lui parler et lui demander conseils. Et comme pour lui je n'étais qu'un imbécile de la classe inférieure il ne prenait même pas la peine de faire attention à ma présence.
C'est ainsi que j'ai su, un beau matin de printemps, que le roi avait eu une liaison avec une jeune évolienne et que de cette liaison était né un petit garçon.
Or à cette époque les relations entre le fils et le père était catastrophique, le roi avait plusieurs fois laissé entendre que si celui-ci n'avait pas été son seul héritier, il aurait depuis longtemps écarté du trône.
Vous pouvez donc comprendre à quel point cette histoire tourmentait le prince. Et si, ce dont je ne doute pas, vous connaissez un peu caractère, vous savez ce qu'il a décidé ce matin-là dans la chambre où j'avais dormi.
Le bébé devait disparaître et tant qu'à faire son père et tous les témoins aussi.
La suite, eh bien, Kesu et mon ministre firent courir des rumeurs sur le roi et sur comment il tenait son royaume. Ils exploitèrent la haine que les gens ressentaient déjà pour lui, spécialement les Evols et l'amplifièrent. Enfin ils s'assurèrent qu'il soit obligé de baisser sa garde.
C'était un piège bien rodé. Parce que de base, le roi n'était guère appréciable. Les rumeurs étaient en vérité plutôt vrai et très peu exagéré. C'est juste que sans leur aide, elles auraient eu beaucoup plus de mal à sortir au grand jour. Quant à espérer que quelqu'un, spécialement quelqu'un d'Evol, tente sa chance, cela était loin d'être une idée idiote. Il y avait déjà des tentatives dans le passé. Des hommes et des femmes qui avait voulu mettre un terme à ce règne misérable. Jusque-là ils avaient échoué. Mais maintenant… maintenant le prince ferait tout pour les aider à réaliser leur souhait.
Le pigeon qui tomba dans leur piège n'était pas n'importe quel pigeon. Née dans l'une des familles les plus pauvres du pays, vendu à un bordel dans lequel elle avait rencontré ses compagnons de mésaventure, Isis connaissait parfaitement la laideur du royaume dans lequel elle vivait. C'était aussi une excellente combattante, aussi douée à l'épée qu'au bâton et capable lors des pires situations d'utiliser une magie étrange. Un don rare. Un don que normalement seuls les nobles étaient censés savoir maîtrisés…
Quand Kesu eut vent de s'existence, il prévenu rapidement son père. Celui-ci ne pouvant tolérer l'existence de quelqu'un de non noble maîtrisant le don, fit ordonner l'arrestation d'Iris et du coup, par la même occasion, prononça sa propre condamnation à mort.
Elle maîtrisait le nen, songea alors Morgane. Et elle a appris toute seule, sans personne. Cela devait vraiment être une femme incroyable. Quel dommage qu'elle ait été la proie de cet horrible prince.
Pressée d'en savoir un peu plus à son sujet, la jeune femme allait se replonger dans sa lecture quand soudain, un bruit sourd se fit entendre. Il n'était pas spécialement bruyant mais la bibliothèque avait été jusque-là d'un silence absolu.
Morgane se releva une demi-seconde après et, le carnet toujours en main, alla à la rencontre de l'intrus.
