Je suis vivante ! PAF ! Qui m'a lancé une tomate ?!
Je reprends la parution de cette histoire ! Je vous préviens également qu'il n'y a pas de rythme de parution, je sortirai les chapitres au fur et à mesure que je les écris.
Pour ceux qui lisent également LPSR (trop long à écrire en entier), j'ai également repris l'écriture, mais elle avance beaucoup plus lentement !
Voilà ^^ Bonne lecture !
Solen passa un moment indéfini dans sa cage, cherchant une issue quelconque. Mais il n'y en avait aucune. Les barreaux n'étaient pas faits de Kairioseki, l'empêchant de briser la cage, et son zoan était étrangement silencieux, ne répondant à aucune commande. C'était très dérangeant comme sensation, Solen n'avait pourtant pas l'impression d'être privée d'une partie d'elle-même, comme si sa nature zoan n'avait jamais existé.
Il n'y eut aucun mouvement autre que les siens, dans les alentours. Si elle devait définir sa situation en un mot, nul doute que ce serait une injure qui lui passerait par la tête en premier lieu. Même son Haki semblait déconner, ne percevant plus les voix avec autant de distinction qu'avant.
Durant ce qui lui semblait être une éternité, Solen tourna en rond dans la cage, avisant avec un regard noir le verrou de celle-ci qui était hors d'atteinte.
- Bien, l'étrangère est réveillée. Marysa, sonnez le rassemblement pour cette nuit. La lune sera pleine à minuit et le moment est favorable pour son sacrifice, ordonna une voix bourrue.
Solen fronça les sourcils. Elle n'avait pas entendu la voix s'approcher, et maintenant qu'elle percevait celle-ci, elle était incapable de tirer des conclusions sur ce qu'elle ressentait. L'homme qui la retenait semblait être une contradiction profonde, dénaturé au profit du pouvoir tant impressionnant que faible qui se dégageait de lui.
L'homme s'approcha, ses pas lourds faisant légèrement trembler le sol. S'attendant à un géant de plusieurs mètres, Solen leva le regard.
- Je suis en bas, fit la même voix.
Surprise, Solen baissa le regard pour voir un homme à peine plus grand que Luffy à dix ans. Pas de doute, il s'agissait de la personne qui était probablement à l'origine de son enlèvement. Détaillant l'individu, Solen remarqua rapidement que son Haki n'était pas défaillant mais que l'homme était effectivement une contradiction en lui-même. De petite taille, il ne paraissait pas avenant avec ses traits durs et marqués par une multitude de cicatrices sur le visage qui le rendait repoussant. Et pourtant, si elle avait été de l'autre côté des barreaux, Solen savaot qu'elle lui aurait fait confiance.
- Qui êtes-vous ? Demanda Solen, essayant de tirer un maximum d'informations.
- Je suis Domand, le maire de Jakayora. Et vous êtes arrivée sur cette île sans en avoir demandé la permission.
- Parce qu'il faut une permission pour accoster sur cette île ? S'enquit-elle, surprise.
- Bien sûr ! Vous venez d'East Blue pour ne pas savoir que les îles ici, contrairement à ce faible océan, sont dangereuses.
- Allez une fois en East Blue et on verra qui survivra de nous deux, siffla Solen, énervée de ce manque de respect.
Domand s'approcha de la cage et sa voix sembla se faire très faible, surprenant Solen.
- Vous semblez ignorante du monde, étrangère. Cela ne vaut pas la peine de vous expliquer pourquoi parce que c'est votre dernière nuit. Votre sacrifice apaisera la colère de la grande renarde…
La jeune femme cligna des yeux et le fameux maire s'en alla par une petite entrée qu'elle n'avait pas remarquée. Son Haki perçut un rassemblement plus loin mais elle ne sentait aucune voix distinctement.
- Hey, chuchota une voix près d'elle.
Surprise, Solen chercha la source de l'interpellation. Elle ne mit pas trois secondes avant d'identifier la source qui, étrangement, ne répondait pas au Haki.
- Mila ? S'exclama-t-elle.
- Chut ! Souffla l'adolescente. Je ne suis pas censée être ici.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Chuchota finalement Solen.
- Je… Je suis désolée, j'aurais dû te prévenir. Mais maman me l'avait interdit.
- S'il-te-plaît, supplia Solen.
Un bruit assez proche fit se retourner précipitamment Mila. Lorsqu'elle constata que rien de menaçant ne se produisait, elle retourna à sa précédente conversation, son ton teinté d'urgence.
- Je dois y aller, si on me trouve ici, je risque gros. A un moment, ils vont te placer sur un autel, laisse-toi faire, s'il-te-plaît, c'est à ce moment que je viendrai te sauver.
Et Mila disparut dans les ombres de la caverne. Solen se retrouva seule à nouveau, remuant dans tous les sens ses idées vengeresses. Elle repensait à sa vie, ses erreurs, ses joies, sa plus grande fierté : ses frères. Elle sourit tristement. Si jamais elle venait à mourir ici, sur cette île, elle ne les verrait pas grandir, évoluer, changer le monde… Ils seraient tellement déçus d'elle. Elle était belle, la femme qui voulait devenir la plus forte des océans ! Coincée dans une cage sans Kairioseki à manipuler, sans force vampirique dans les bras, avec un Haki défaillant qui ne voulait même plus revêtir son armure noire… Stupide, elle l'était, peut-être même maudite. Ça ne l'étonnerait même pas, elle était tellement haïe, que ce soit sous le nom de Solen ou sous celui de Croc Blanc, que quelqu'un aurait très bien pu faire appel à une quelconque pratique obscure pour la tuer.
Adossée aux barreaux de la cage, Solen sentit le sommeil l'envahir. Elle ne lutta pas, laissant celui-ci le submerger pour tenter de trouver le repos.
Se réveillant au son d'un cliquetis métallique, Solen resta toutefois étendue au sol, semblant toujours être dans les bras de Morphée.
- Lève-toi, fit une voix grave.
Solen ouvrit les yeux, ne cherchant même plus à faire semblant et détailla la masse de muscles qui lui faisait face. Elle avait peut-être de la force dans les bras, mais elle était certaine de ne même pas faire tressaillir l'homme devant elle. Résignée, Solen se leva et suivit l'homme qui la tenait en joue avec une courte épée.
Ils passèrent dans quelques galeries de la grotte où la jeune femme découvrit tout un réseau de communication grâce à la résonnance des tambours dans le labyrinthe sous-terrain.
L'homme emmena Solen à la sortie de la grotte et elle découvrit avec surprise qu'elle était au sommet de la montagne. Conan n'avait pas menti, le sommet de l'île abritait une place réservée à des évènements bien particuliers : les sacrifices. La vampire fut dirigée vers l'autel massif au centre de la pièce et fut enchaînée dessus avant d'avoir pu faire quelque chose pour se défendre. Les chaînes étaient heureusement faites de Kairioseki, elle pouvait les manipuler sans problème. Mais elle ne pouvait pas s'enfuir maintenant, son Haki déconnait toujours, elle n'était plus vampire et il devait y avoir beaucoup de gens pour la surveiller. L'image de Mila lui revint en mémoire. Qu'était-elle devenue ?
- Mesdames et messieurs, fit Domand en se plaçant sur l'estrade à côté de l'autel. Cette nuit sera marquée par l'arrivée de la Lune Pleine et du sacrifice que nous offrons à sa déesse descendue sur Terre.
Au fur et à mesure, les villageois s'approchaient. Solen aperçut Joalya dans la foule et son époux. Mais aucune trace de Mila.
- Comme chaque mois, notre déesse se nourrira de l'âme de cet individu malfaisant, protégeant notre île. Et cette année, c'est la Lune qui nous a offert le sacrifice puisque, deux jours auparavant, nous n'avions toujours personne à sacrifier !
Ok, là, Solen commençait à paniquer. Elle était encerclée et les liens, bien qu'ils soient en Kairioseki, ne valaient pas les lames de fer des cinq gardes de l'autel. De plus, son sac était perdu dans la forêt et, le temps qu'elle le retrouve, les habitants l'auraient déjà retrouvée.
Du mouvement dans la foule attira son attention. La masse grouillante s'écartait et les bustes s'inclinaient. Dans l'allée créée se dessinait une silhouette. Le maire et les gardes s'inclinèrent à leur tour.
- Ma déesse, c'est un plaisir de vous voir parmi nous en cette belle soirée.
- Le plaisir est partagé, Domand. Ta volonté de protection de l'île est ton honneur. Je te remercie du travail que tu accomplis chaque jour pour faire de cette île un havre de paix.
Solen écarquilla les yeux en reconnaissant la voix. Mila ? Une déesse ? Cette dernière tourna son regard vers l'autel et plongea son regard dans les yeux de sa nouvelle amie. Inquiétude, peur, détermination, voilà ce que Solen vit. L'ancienne vampire – puisque c'était là le seul terme dont elle pouvait se qualifier – ne bougea pas, tentant, pour le moment, de comprendre ce qu'il se passait.
- Le sacrifice ? Demanda Mila.
- Enchaîné à l'autel, ma déesse, comme les précédents.
La jeune fille tourna son regard vers elle. Ses yeux d'ordinaire brun étaient maintenant rouges comme le sang et de sa bouche dépassaient deux crocs trop longs pour être humains. Mais la plus jeune ne fit pas un geste vers Solen. Au contraire, elle s'en détourna pour s'incliner à demi vers le doyen.
- Je vous remercie de cette attention. Je vais maintenant procéder à l'extraction de son âme. Veuillez reculer de quelques mètres.
Aussitôt, le doyen, les gardes et les villageois firent quelques pas en arrière, certains des plus jeunes ne dissimulant pas assez bien leur frisson de peur.
Mila s'approcha de l'autel sur lequel était enchaînée Solen. La blonde regardait Mila qui lui faisait un clin d'œil avec surprise. Quand la plus jeune lui avait dit qu'elle viendrait la sauver, elle s'attendait à une opération discrète… pas à devoir prendre la fuite devant autant de témoins !
Et qu'arriverait-il à Mila, une fois qu'elle sera découverte ? La jeune fille ne pourrait pas rester innocente aux yeux des villageois !
Elle n'eut pas le temps de pousser sa réflexion plus loin parce que l'adolescente était arrivée à sa hauteur. Enfin… l'adolescente, c'était vite dit ! A peine avait-elle atteint l'autel que son apparence changea. Elle gardait ses cheveux foncés, mais ils étaient surmontés de deux oreilles assez peu humaines. Il y eut également des changement au niveau de son bassin. Solen n'arrivait pas à compter précisément, mais il y avait plusieurs queues animales qui battaient le sol. Elle n'avait pas besoin de compter les queues pour savoir combien il y en avait. Elle n'avait pas besoin de trop réfléchir pour savoir à quel pouvoir elle avait affaire. Sabo lui avait un jour offert un livre sur les créatures légendaires et elle avait été fascinées par la multitudes de légendes. L'une d'entre elle avait attiré son regard, une autre créature que le vampire. Et cette créature, c'était le Kitsune, cette renarde à neuf queues qui se nourrissait de chair humaine.
Mila avait ingurgité le zoan mythique du kitsune.
Solen était tellement surprise qu'elle fut prise au dépourvu lorsque ses chaînes tombèrent au sol. Ce n'était qu'en entendant les cris de surprise des spectateurs qu'elle songea à se redresser, sur ses gardes.
- Habitants de Jakaroya ! S'exclama Mila en se tournant vers eux. Cette tradition n'a plus lieu d'être !
Les habitants, tremblants, ne bougèrent pas.
- Je ne suis pas en colère contre vous, reprit Mila avec douceur. Mais les tradition barbares que nous perpétrons depuis dix ans… Je ne les supporte plus !
Les queues se dressèrent, hérissées.
- Je vous ai laissée faire, parce que je n'avais jamais eu le courage de m'opposer à votre volonté, mais je ne vous laisserai pas tuer mon amie, simplement parce que vous avez peur des étrangers !
La voix n'était pas colérique, mais plutôt ferme. Solen restait dans l'ombre de la silhouette imposante de Mila… avait-elle toujours été aussi grande ?
- Mais… déesse…
- Je ne suis pas une déesse, trancha Mila. Je vis, je saigne et je pleure comme tout humain. Cet aliment que j'ai mangé une fois, c'est ce qui m'a rendu aussi différente à vos yeux. Mais je n'ai jamais cessé d'être humaine.
Solen admira un temps la détermination de l'adolescente avant que son regard ne soit attiré par un mouvement à sa droite. Un homme, l'un des gardes, s'avançait silencieusement. Puis, il fonça sur Mila, lance en avant. Solen réagit au quart de tour et dévia l'attaque. Mila écarquilla les yeux et posa son regard sur l'homme, comme tous les autres.
- Moi je sais, disait-il, haletant. Ce fruit qu'elle a mangé, c'est un Akuma no mi ! Elle n'est jamais devenue une déesse, elle a toujours été le démon !
Evidemment, le nom du fruit n'aidait pas à donner confiance. Mila, qui n'avait sans doute jamais entendu parlé de ce nom, resta figée de stupeur.
Démon… un fruit du démon… Akuma… diable… malheur… Ces mots se murmuraient dans la foule. Puis, un homme pointa sa lance sur Mila, suivit d'un autre, puis encore un.
- C'est un démon ! Attraper-la !
- Tuons-la !
Solen ne laissa pas à la troupe le temps de s'organiser. Elle prit Mila par le bras et fonça dans le tas. Les villageois en furent surpris, et cela laissa aux deux filles le temps de passer à travers la foule pour s'enfuir dans la forêt.
- Reviens ! Démon !
- Démon ! Répétaient les villageois en les poursuivant.
Malheureusement, les villageois connaissaient mieux la forêt que Solen. Et la mercenaire traînait toujours une Mila amorphe, la ralentissant considérablement. Elle trouva refuge dans un terrier un peu profond et couvert par la végétation.
- Mila, murmura-t-elle. Je sais que ça doit te faire un choc, mais il faut qu'on coopère pour échapper aux villageois.
- Démon, fit-elle d'une vois tremblante. Je suis un démon…
- Et alors ? Demanda Solen. Moi aussi, est-ce que ça me rend si différente des humains ?
L'adolescente tourna son regard vers elle.
- Toi aussi ? Mais comment ?
- J'ai aussi manger ce fruit. Mais j'ai un pouvoir différent de toi.
- Alors, je ne suis pas un monstre ?
- Non, Mila. Ce sont ceux qui te mette ça en tête qui sont les vrais monstre. Je t'ai déjà parlé de mes frères, non ? Deux d'entre eux ont mangé un Akuma no mi. Et on n'est pas très différent des deux qui n'en ont pas mangé.
Mila ne dit rien. Elle n'en aurait de toute façon pas eu le temps.
- Elles sont dans le terrier ! Entendirent-elles.
- Vite, on s'en va ! Fit Solen.
Cette fois, elle n'eut pas besoin de traîner Mila derrière elle, la plus jeune passant même devant elle pour lui montrer le chemin le plus sûr. En chemin, elle perdit d'ailleurs ses attributs animaliers, faisant tiquer Solen sur une information.
Et si son cas n'était pas isolé ? Est-ce que tous les zoan étaient affectés par cette île ?
La plage se trouvait non loin d'elles. Mais elles s'arrêtèrent nettes dans leur course en voyant deux individus attendant sur le sable.
- Maman, papa, chuchota Mila en retenant ses larmes.
Les deux adultes ne les avaient pas encore vu, mais Solen savait que ce n'était qu'une question de temps. Elle essaya de tirer Mila dans l'ombre mais la plus jeune resta planté là. Aussi, elles furent vite repérées.
Mais contrairement à ce que Solen s'attendait, Colin et Joalya n'alertèrent pas les autres. Au contraire, ils leur sourirent.
- Enfin ! S'exclama l'homme. Dépêchez-vous de partir ! Un bateau est prêt pour vous !
- Papa ? fit la voix chevrotante de Mila.
- Oui ma puce. Tu ne peux pas rester ici, pas avec les villageois qui veulent te tuer. Mademoiselle Solen, est-ce que je peux vous demander de prendre soin d'elle, au moins jusqu'à ce qu'elle soit majeure ?
Les regards implorants des adultes émurent Solen. Ils étaient prêts à lui abandonner leur fille pour lui permettre de vivre. Parce qu'elle savait qu'ils savaient. Mila et elle ne remettrait jamais un pied sur cette île. Alors, doucement, elle acquiesça.
- A ses 17 ans, ça sera à elle de décider de ce qu'elle veut faire.
- Merci, sourit Colin.
Joalya s'avança et pris sa fille dans ses bras.
- Venez avec nous, pleurait Mila.
- Maman et papa t'aiment, trésor. Mais c'est aujourd'hui que nos routes ses séparent. On savait très bien que tu ne resterais pas ici, tu as un esprit bien trop libre pour accepter une vie rangée comme la nôtre. Nous sommes trop différents, nous ne pouvons pas venir avec vous.
Mila pleura encore quelques minutes sur l'épaule de sa mère avant que le père de famille ne les presse.
- Il y a des vivres sur le bateau. Mademoiselle Solen, voici les papiers d'identité de Mila. Puissiez-vous naviguer en toute sécurité.
Et c'est ainsi que les deux jeunes femmes prirent la mer.
Le rivage était déjà loin lorsque Solen se résolu à avouer tout ce qu'elle n'avait pas dit sur l'île à Mila. Son statut de mercenaire, son zoan mais pas son logia. Pas encore, c'était trop tôt.
- Alors, toi aussi tu as été affecté par l'herbe nébuleuse.
- L'herbe nébuleuse ? Demanda Solen, surprise.
- C'est une plante qui pousse dans la forêt de Jakaroya. A chaque fois que je la sentais, c'est comme si je n'étais qu'une humaine normale, sans pouvoirs…
- Donc il y avait bien quelque chose sur l'île, pensa Solen à voix haute.
Elle avait retrouvé son zoan quelques minutes après leur départ des côtes mais n'avait rien dit. Maintenant, elle comprenait ce qui lui était arrivé.
Et voilà, c'est tout pour cette fois
A la prochaine ^^
Lulla'
