Titre : Si nous pouvions revenir à ce jour...

chapitre 19 : Le droit de juger

couple : milo x camus

note : Plus je regarde le personnage de Psyché, plus je me demande ce que j'ai voulu faire en la créant. Elle a des côté de Marie-su, mais est en même temps présentée plusieurs fois comme une anti-héros. D'ailleurs son histoire est plutôt compliquée, on va pas se mentir. Et des fois je me demande s'il faut avoir souffert dans sa vie pour être un chevalier. Non parce que entre les malédiction, la perte plus ou moins douloureuse de la famille, les abandons et tout le tralala, on s'en sort plus. Et la gaîté de cette histoire va pas s'arranger. Mais j'espère quand même que vous prenez du plaisir en la lisant, ou du moins l'appréciez à sa juste valeur. Donc si vous avez tenus jusque là, merci beaucoup. Vous êtes des amours.

PS : je n'avais pas accès à Internet la semaine dernière, raison pour laquelle je n'ai pas pû poster. J'ai commencer à écrire d'autres fanfic', toujours sur Saint Seiya, et il y en a une qui devrait bientôt commencer à sortir. Et concernant l'illustration... Bah en fait celle que j'avais commandé ne me convient plus, elle sera pour une autre histoire. C'est une autre qui va venir la remplacer, on y verra les cinq nouveaux chevaliers d'or que j'ai introduit. Et quand j'aurais terminé de poster entièrement cette fanfiction, elle subira une réécriture complète. Voilà Voilà ^^

résumé : Psyché reprend connaissance,

Déimos continu l'entraînement,

Athéna se fatigue

disclaimer : même s'ils sont issus de l'univers Saint Seiya, les personnages de Psyché, Déimos, Albafica, Hémithéa, Pollux, Castor, Astria et Aldo m'appartiennent. Tout le reste, sans exception, est à Masami Kurumada. Que je remercie profondément d'avoir créé cette œuvre absolument géniale.

BONUS :

anecdotes sur Psyché du Scorpion

1_ vous avez peut-être remarqué que Psyché disait toujours « mon Dieu », et non « mes dieux »... ça on le doit à Camus, qui, en bon français issu de notre plus pur terroirs, l'a initié au catholicisme. Je me demande si Saori Kido elle-même a été initié au Shintoïsme...

2_ le physique de Psyché. Soyons clair, elle n'a pas du tout un physique grec, même si elle est bien née là-bas. Elle a une peau relativement blanche, qui ne bronze pas très bien, des cheveux écarlates, des yeux bleus ciel... bref pas trop une déesse du panthéon grec, quoi. Mais je ne laisse jamais rien au hasard dans mes histoires, croyez-moi (c'est peut-être pour ça qu'elles sont si compliquées). Et quand à ses cheveux bicolors, disons que c'est un problème génétique. Par contre ne me demandez pas pourquoi blond au bout, je ne saurais pas quoi vous répondre. Parce qu'autant il y a une raison à ce qu'elle soit rousse, autant le blond... Il devait y avoir des blonds dans sa famille.

3_ je m'amuse de temps en temps à laisser des indices, des traces de sa vie quand elle était enfant, avec Camus et Milo. Développer leurs relations est toujours un plaisir, j'aime bien montrer qu'elle aime beaucoup sa famille mais n'hésite pas à se fâcher. Je trouve que Psyché a vraiment son caractère propre, mais on y retrouve des traits de l'un ou l'autre de ses parents. Et je tiens à dire qu'il n'y a aucune raison particulière à son sadisme. Ça prouve qu'elle n'est pas parfaite !

4_ je ne suis pas Scorpion. Alors peut être que ça va vous étonner - ou non, à vous de voir, mais je n'ai aucune planète en Scorpion dans mon thème astral. Ni en Verseau d'ailleurs. Mais l'armure du Scorpion était disponible, et je trouvais ça chouette qu'elle soit entraîné par son papa alors, ...

Non mais son rire moi je suis taureau, vous faites pas d'idées.


Le droit de juger

- Est-ce que mon maître va s'en sortir ? l'appel désespéré de Déimos tira Psyché du songe qu'elle venait de faire, où ce mêlaient les cadavres de toutes les personnes qu'elle connaissaient, et où ses propres mains étaient tachées de sang. De leur sang.

- Ses blessures sont grave, mais elle survivra, répondit une voix qui était légèrement différente de ses souvenirs.

La jeune femme hésita un instant à signaler son réveil, mais décida d'observer discrètement les deux hommes, ainsi que leur dialogue.

- Et...son bébé ? Il va survivre, lui aussi ?

Que son disciple pouvait être niais, quant il le voulait ! Il était grand temps qu'elle lui enseigne d'autre chose que le combat, sinon il arriverait totalement désarmé dans la vie.

- Étonnamment, oui. Je ne sais pas comment elle s'y est prise, mais elle a réussit à concentrer toutes ses blessures sur un seul point de son corps, ce qui, paradoxalement, est encore plus dangereux et surtout, bien plus douloureux.

- Je ne pense pas qu'elle ai mal. Ou du moins, elle ne le montrera pas.

- Pourquoi dis-tu cela ?

Déimos s'approcha de la chevalier du Scorpion, qui le regardait avec un œil curieux derrière son masque, qui donnait l'illusion qu'elle dormait. L'apprenti chevalier d'Orion aurait-il compris quelque chose ?

- J'ai eu l'occasion de le constater à maintes reprises, mais comme vous avez dû le voir, mon maître est quelqu'un de très, très puissant. Et pas uniquement sur le plan physique. Moralement, je crois que je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi fort. Si mon maître a des faiblesses, alors elle les a cachées tellement profondément qu'elles en sont devenues invisibles.

L'homme à la chevelure écarlate resta un instant silencieux, se contentant de fixer son regard sur le corps inerte de la Scorpion.

- Ton maître...C'est un chevalier, n'est-ce pas ?

Le jeune adolescent acquiesça.

- De quelle constellation ?

- Je ne sais pas, avoua le disciple de Psyché. En vérité, je sais très peu de choses sur mon maître. Pour être franc, j'ignore jusqu'à son nom et à la mission qui l'a poussée à venir ici avec l'armure d'Orion.

- C'est l'armure pour laquelle tu te bats ?

- Oui.

- Et tu n'as jamais vu l'armure de ton maître ?

Déimos secoua ses mèches brunes.

- Je sais qu'elle est sur l'île, c'est tout. Elle l'avait à son arrivée, il y a six mois.

- Six mois ?

- Oui, pourquoi ?

- Et bien, il faut environ six ans pour obtenir une armure, en général.

L'homme reporta son regard sur les mèches blondes et écarlates qui zébraient le lit. Qui que soit cette femme, elle était à un tout autre niveau que lui. Un jappement retentit dehors, tirant le chevalier de ses pensées.

- Ancha ! s'écria Déimos, se frappant le front comme pour se blâmer d'avoir oublié le chien ô combien adoré de son maître.

- Ancha ?

Le chien-loup de Saarloss s'engouffra à l'intérieur de la petite maison de pierre, se précipitant vers sa maîtresse, qui avait tendu une main pour l'accueillir. Main qu'il s'empressa de lécher énergiquement, soulagé que sa « meilleure amie » n'ai rien.

- Étonné que mon chien porte le nom d'une des étoiles de ta constellation, chevalier du Verseau ?

- Maître ! hurla de joie son disciple en voyant son mentor reprendre connaissance, avant de se jeter dans ses bras. Ou du moins essayer.

- Je t'ai déjà dit cent fois que je détestais les contacts physiques, le gronda-t-elle.

- Pardon, s'excusa l'adolescent en écrasant une larme. Mais je suis juste soulagé de vous voir en vie.

- Tu m'aimes donc tant que ça ?

- Ben, vous m'avez sauvé la vie, et vous essayé de faire de moi un chevalier, je ne peux qu'être reconnaissant.

La jeune femme se laissa aller à un tapotement d'épaule, montrant qu'elle aussi appréciait la joie de vivre du jeune garçon.

- Ne t'inquiète pas, le rassura-t-elle. Il faudra plus que ça pour venir à bout de moi et de ces deux-la, ajouta la Scorpion en pointa du doigt son abdomen, souriant en caressant de son autre main la tête soyeuse de son compagnon à quatre pattes favori. En même temps, Déimos mis à part, elle n'en avait pas d'autre.

Psyché reporta ensuite son attention vers le dernier occupant de la pièce, qui semblait avoir été oublié, et qui fixait toute cette scène avec un œil très observateur.

- Déimos.

- Oui ?

- Je sais que tu es content de me voir réveillée, mais il va falloir que tu nous laisses. Va t'entraîner près du volcan, tu dois encore améliorer ta résistance aux flammes. Ancha va t'accompagner.

À ces mots, le chien-loup se redressa et entraîna le jeune brun en dehors de la demeure, prêt à remplacer sa maîtresse dans l'accomplissement de son devoir de mentor. C'est-à-dire veiller à ce que Déimos n'ai pas la soudaine envie d'un bain de lave en compagnie des stryges.

- Bien. Maintenant que mon encombrant disciple est parti, j'imagine que nous pouvons discuter.

- Vous avez compris quel chevalier j'étais, commença par faire remarquer l'homme en prenant une chaise, s'asseyant en fasse du lit où s'était redressée la huitième gardienne.

- Je sais reconnaître l'urne de l'armure du Verseau quand je la vois.

Effectivement, la boîte dorée remplissait la pièce d'une douce lueur.

- Je m'appelle Camus, chevalier d'or du Verseau, envoyé par le Grand Pope sur l'île de Délos à cause d'une violente explosion de cosmos ressenti ici. Et d'après ce que j'ai vu hier, j'en déduis que vous en êtes à l'origine. Je me trompe ?

- Non, acquiesça la jeune femme. J'ai été envoyé en mission par Athéna, et cette « explosion », tout comme le combat d'hier y étaient liés.

- Alors vous êtes bel et bien un chevalier.

- Tu en as douté, Verseau ?

Bon, Psyché savait que ce n'était pas la façon dont elle devait parler à son père, mais Camus n'avait aucun moyen de savoir qui elle était, et surtout, pour des raisons de complexe temporel, il ne devait pas savoir. Même si Délos lui aurait probablement retiré ses souvenirs. Deux précautions valaient mieux qu'une, après tout.

- Au vu de votre maîtrise du cosmos et de votre disciple, non. C'est autre chose qui me fait douté.

Elle pencha la tête sur le côté, fixant son regard rendu invisible par la protection de métal dans celui bleu ciel du chevalier du froid.

- Chevalier du Verseau, je vais te donner un conseil : ne cherche pas à en savoir trop sur moi, ni sur mon passé. Tu n'aimeras pas ce que tu trouveras.

- Dois-je en déduire que vous allez me tenir dans la même ignorance que votre disciple ?

- Précisément.

Ils se regardèrent un instant, jusqu'à ce qu'un nouveau coup de pied ne rapporte l'attention de la futur maman à ses bébés.

- Je resterais jusqu'à que vous puissiez reprendre l'entraînement de votre disciple, finit par dire Camus. Après je rentrerai faire mon rapport au Sanctuaire.

Le Verseau sortit de la maison, laissant la Scorpion seule à ses réflexions. Psyché n'était pas idiote : Camus était un espion, et à cette époque encore à la solde du Grand Pope Saga. Même s'ils appartenaient à deux époques différentes, il voudrait comprendre qu'elle était la véritable raison de cette explosion, ainsi que celles qui la poussait à ne pas vouloir lui révéler quoi que ce soit sur sa personne, alors qu'ils savaient tout deux qu'ils ne servaient pas en même temps le Sanctuaire. L'assassin allait donc devoir se montrer très prudente, et empêcher le onzième chevalier d'or de s'approcher de choses qui ne le regardaient aucunement. Du moins pour l'instant.


Assise à son bureau, Saori soupira. La charge du Sanctuaire était très lourde, et celle de la fondation graad encore plus. Elle avait énormément de travail ces derniers temps, et la possibilité d'une nouvelle guerre ne l'enchantait pas.

Elle avait convoqué Katya, à qui elle avait demandé des informations sur les missions effectuées par les chevaliers d'or les mois précédents son affrontement contre le Sanctuaire, et avait eu la confirmation que Camus s'était rendu sur Délos. Elle l'avait donc convoqué à son tour, et avait tenté d'en apprendre plus sur ce qui s'était passé sur l'île, certaine que cela pourrait l'aider dans l'affrontement à venir. Malheureusement, l'ancien chevalier du Verseau ne se souvenait que de peu de choses, et elle n'était même pas sûre que la femme rencontrée là-bas soit Psyché du Scorpion. Bien sûr, Athéna n'avait pas fait par de ses soupçons au Français, connaissant la loi de cette île instaurée par le seigneur Chronos en personne, et préférait qu'il recouvre ses souvenirs par lui-même. Mais la réincarnation de la déesse de la Sagesse était également certaine que le combat contre l'armée d'Aphrodite ne serait pas « l'affrontement final » qui conclurait la résolution de tous les mystères instaurés par les dieux autour de la huitième gardienne. Et dans le fond, Saori admirait profondément la chevalier d'or. Elle qui voulait se battre et faisait tout pour se donner la force de protéger la Terre et d'empêcher aux autres ce qui lui était arrivé, et avait choisi de se mettre sous ses ordres, alors qu'elle était déjà liée à de nombreuses divinités, et ce par bien des façons différentes. Gardienne de l'âme de Psyché, responsable de la mort d'une de ses anciennes incarnations, servante d'Artémis, maudite par Zeus... Mais pouvait-on vraiment la juger sur les actes qu'elle avait commis dans une autre vie ? Non, sans doute. C'est pour cela qu'Athéna voulait que Psyché se débarrasse de tout ce qui la rattachait à un passé dont elle n'aurait pas dû se souvenir, comme tous les humains, afin de se concentrer vers l'avant. Oh, elle savait qu'elle y arriverait. Mais quelque chose lui disait que le plus dur combat de l'assassin du Sanctuaire restait à venir, et qu'il conclurait définitivement cette histoire de malédiction. Sans y être pour autant directement lié.

La femme à la longue chevelure mauve reposa son stylo et se massa la tête. Avoir toutes ces intuitions qui lui venaient lui causait des migraines atroces. Elle jeta un coup d'œil à la photo du chevalier Pégase installée sur son bureau. Un caprice de sa partie humaine, sans doute. En tant qu'Athéna, elle ne devait pas éprouver ce genre de sentiments. Mais en tant que Saori Kido, il en était autrement. Savoir qui elle était vraiment, c'était parfois difficile, tant la frontière entre sa partie humaine et sa partie divine était floue.


- Psyché... Psyché !

La chevalier du Scorpion grogna dans son sommeil. Une voix qui l'appelait. Il y avait longtemps ! Son rêve, qui avait pris des allures de petits poupons roses à câliner – il était temps qu'elle ai une discussion avec son cerveau – se transforma en grande étendue d'eau éclairée par la lumière de la lune et où se reflétaient les étoiles. Au centre du lac se trouvait une femme, debout, et qui semblait l'attendre.

La gardienne du huitième Temple franchit en quelques pas ce miroir parfait de la galaxie et se planta devant la femme, qui souriait.

- Bonsoir, Psyché, fit-elle.

- Qu'est-ce que tu me veux ?

La réponse de la Scorpion était dénuée de toute chaleur, expliquant clairement ses sentiments vis-à-vis de son interlocutrice.

- Je t'ai juste appelé pour discuter, l'informa calmement la femme, qui possédait de longs cheveux aux boucles brunes et de jolies yeux olives, dont l'éclat avait été vieillit pas les ans, bien qu'elle paraissait encore jeune.

- Tu parles à la partie inconsciente de mon esprit, je ne me souviens presque jamais de ces « discussions », marmonna la jeune femme. Mais vas-y, soupira-t-elle. Je t'écoute.

La femme sourit et commença :

- Tu t'es bien débrouiller, contre Typhon. Mais j'imagine que le vaincre n'a pas été une partie de plaisir. Ça a dû réveiller des souvenirs que tu te serrais bien passée de revoir.

- Tu te fiches de moi ? C'est toi qui a envoyé Typhon, cracha-t-elle. Et tu savais très bien l'effet que ça aurait sur moi. À croire que tu ne comprends même pas pourquoi j'ai fais tout ça.

Le sourire de la femme aux yeux verts s'accentua.

- Vu les combats qui t'attendent, je me devais de réveiller tes pouvoirs, tu ne crois pas ? D'autant plus que tu n'arriveras pas à grands choses dans cet état.

- Cet « état » ? Des fois on dirait qu'avoir des enfants est une maladie pour vous. Mais je te le redemande : as-tu conscience des conséquences de ton acte ?

- Psyché, je sais que tu as toujours dénigré ce que tu étais, mais tu ne pourras pas te le cacher indéfiniment. À force de vouloir effacer une partie de ton cœur, tu vas finir par devenir l'ombre de toi-même. Et là il n'y aura que toi qui pourras t'aider à t'en sortir.

- Et alors ? la huitième gardienne fusilla du regard celle qui se tenait devant elle. Je préfère ça plutôt que de devenir ce que tu as toujours voulu.

La femme posa ses doigts bruns sur la joue de Psyché, qui tressaillit à ce contact.

- J'aimerais que tu ne te méprennes pas sur mes intentions, murmura-t-elle. Je sais que tu as plus de volonté que quiconque, et que tu ne seras pas si facile que ça à briser. Mais...

Elle porta son regard vert dans celui bleu de la jeune femme.

- Je ne peux m'empêcher d'être inquiète.

- Je sais, consentit la rousse. Et je ne me méprends pas sur ce que tu veux, j'ai du mal à comprendre, c'est tout. Alors... J'aimerais que tu me fasse confiance. Vu la fréquence à laquelle tu apparais dans ma vie, tu peux bien faire ça pour moi.

- Tu ne fais que retarder l'inévitable, soupira la plus âgée, en faisans retomber sa main. Mais soit. Je te fais confiance. J'espère juste que tu sais ce que tu fais, et que tu ne le regretteras pas.

Psyché ne dit rien. Mais comment aurait-elle pu lui avouer que ce dont elle avait peur, depuis le départ de la déesse de l'âme de son corps, c'était de perdre le contrôle ? De ne pas pouvoir résister à cet appel de plus en plus puissant ?

La femme passa sa main devant les yeux de la Scorpion, ce qui eut pour effet de la réveiller. De quoi avait-elle rêvé ? Elle avait du mal à s'en souvenir. Peu importe.

Elle jeta un coup d'œil à la fenêtre, pour constater que le soleil n'était pas encore levé. Mais au vu de la lumière, ça ne saurait tarder. La jeune femme se leva et passa dans la pièce suivante pour s'habiller, avant d'aller réveiller son disciple, ainsi que Camus, par la même occasion.

Psyché commença par Déimos, qu'elle secoua par l'épaule. Efficace. L'adolescent se réveilla aussitôt, le regard alerte. Bien. L'entraînement portait ses fruits. Puis elle se tourna vers le chevalier du Verseau, à qui Déimos s'était fait un devoir de construire un lit supplémentaire. Elle hésita un instant, ne sachant pas comment procéder. Elle se décida finalement pour la même technique qu'avec son disciple.

Camus ouvrit un œil terne, croisant le regard du masque de métal.

- Debout. Si tu tiens à rester sur cette île, il va falloir que tu te rende utile.

- Je ne l'entendais pas autrement.

Il se leva et se dirigea vers la salle de bain, déserté rapidement par le futur chevalier d'Orion.

- Oh, et Camus.

- Oui ?

- Met quelque chose pour dormir. Je ne tiens pas à servir de psy à mon disciple. Ce n'est pas un camp naturiste, ici.

L'homme aux cheveux écarlates hocha la tête. Cela faisait bizarre à Psyché de le voir avec cette couleur de cheveux. Elle savait que Camus était roux, et Milo blond, mais cela faisait tellement longtemps qu'ils se rattachaient à leurs teintures respectivement vert d'eau et bleu qu'elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle avait vu leur couleur naturelle. Par contre, la particularité bicolore de ses cheveux à elle était parfaitement naturelle. Elle se demanda en passant distraitement une main sur son ventre si ses enfants auraient la même particularité. Peut-être. Elle aimerait bien. Parce que ça ferait une élément physique auquel il pourrait se rattacher, alors qu'elle... Non. Elle préférait ne pas y penser.

La chevalier du Scorpion sortit de la maison de pierre pour retrouver Déimos dehors, en train de s'échauffer. Enfin, s'échauffer... Façon de parler. Si on considérait que donner des coups de poings et de pieds dans la roche qui constituait la falaise était un échauffement.

- Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, maître ? demanda le jeune homme.

Elle se tourna vers le chevalier d'or, qui l'avait rejointe.

- Puis-je te demander de te battre contre mon disciple ? Il est presque arrivé au bout de son entraînement, ça me permettrait d'évaluer son niveau.

Camus hocha la tête et se plaça en face du futur chevalier d'argent.

- Je ne me retiendrai pas, prévint-il.

- Mais j'y compte bien, murmura pour elle-même la Scorpion, qui alla s'installer un peu plus loin.

Le duel commença par un magistral coup de poing de Déimos en direction de Camus, que celui-ci n'eut aucun mal à esquiver, pour attraper par la bras le jeune homme qui n'avait pas assez fait attention à sa garde et le lui geler. Mais presque aussitôt, la glace qui enserrait le membre du jeune homme lié à la constellation d'Orion fut dispersée par des flammes d'un bleu étrange. Le « feu follet » est la technique de prédilection des chevaliers d'Orion. Déimos ne le maîtrise pas encore parfaitement, mais il sait comment s'en servir à son avantage, surtout face à un adversaire comme Camus, qui est un chevalier des glaces. Psyché fronça les sourcils. Au niveau purement physique, son élève avait l'avantage. Il était plus musclé, plus agile, et rien ne laissait douter qu'il serait plus grand que le chevalier d'or, lorsqu'il aurait finit sa croissance. Mais, outre la différence de puissance de cosmos, il lui manquait une chose pour égaler le Verseau : de l'expérience. Raison de plus pour qu'il se batte contre Camus, pour acquérir une expérience dans le seul domaine où son maître ne pouvait pas l'aider. Elle lui avait tout appris. Tout. Mais ce qui faisait de Déimos un combattant et bientôt un chevalier exceptionnel, c'était le faite que son cosmos était déjà totalement éveillé, et qu'il avait compris comment le canaliser. Seul. Psyché n'avait été là que pour le perfectionner.

Elle poussa un soupire en voyant les deux combattants échanger vainement des coups, sans oser utiliser leur cosmos. D'un signe de tête, elle fit comprendre à Ancha qu'il était temps d'intervenir. Le chien-loup comprit le message cinq sur cinq. D'un mouvement souple, il atterrit entre les deux bagarreurs et se mit à grogner férocement, les mettant au défis de s'approcher de lui.

- Dites donc vous deux, j'ai dit se battre, pas se chamailler.

- C'est-à-dire, maître ?

Psyché décroisa ses jambes et se leva, pour apposer son doigt sur le sol et le pulvériser d'un coup.

- Libère ton cosmos, expliqua-t-elle en réatterrissant sur ses pieds. Sinon je m'occupe moi-même de te rappeler comment on fait.

L'adolescent brun ne broncha pas, mais la furtive lueur de détresse qui passa dans ses yeux n'échappa pas à Camus. Il se dit avec ironie qu'il avait peut-être trouvé plus sévère que lui comme maître. Mais il fallait que cette femme, tout chevalier qu'elle soit, fasse plus attention. Ses blessures étaient profondes, et elle était épuisée, cela se voyait. Rien qu'utilisé cette infime partie de sa force l'avait mise à mal. Déimos n'avait peut être rien remarqué, mais le Verseau, lui, avait très bien vu les fines gouttes de sueur et la crispation du poing du mentor. Peut-être qu'il allait devoir lui-même être plus ferme sur certains détails.