Chapitre 18

Lorsque le buzzer indiquant la fin de mon tour de parole retenti, la foule est toujours en délire. Je vois Caesar remuer les lèvres mais n'entends aucun son sortir de sa bouche malgré la proximité. Le public scande des cris d'injustice, de cruauté, et je croise un instant le visage de Portia. Elle parait fière mais je la surprends pleurant à chaudes larmes. Est-ce parce que ce buzzer rappelle que c'est la dernière fois que je m'adresse à Panem en direct, que mon heure est venue ? En est-elle consciente ?

Bien que j'espérais protéger Katniss en inventant un bébé imaginaire au chaud dans son ventre, et malgré l'hostilité du public vis-à-vis de notre retour dans les Jeux, je sais qu'il est impossible de reculer. Que Snow mettra tout en œuvre pour nous voir morts, ma partenaire et moi, même s'il devait tuer notre enfant pour ça. Je profite de cet instant de faiblesse, qui ne tombe pas si mal, entre la vision de Portia en pleurs et mes craintes au sujet de Katniss, et je me lève, salue le public et retourne à ma place en lassant à mon tour entrevoir mes larmes.

La foule hurle de plus belle, alors les réalisateurs sont obligés de mettre l'hymne si fort que ça nous crèverait les tympans. J'espère me faire pardonner auprès de Katniss lorsque ma main cherche la sienne, avec succès. Puis elle prend à son tour la main -le moignon- de Chaff, à ses côtés, et je suis témoin d'un effet domino surprenant : à leur tour, chacun des vainqueurs sur scène prend la main de son voisin ou sa voisine comme une seule et même unité, liée contre la cruauté de la situation. Tous les tributs se soudent en ce geste, retransmit en direct dans tout Panem.

Le réalisateur doit se rendre compte un instant trop tard de son erreur, si bien que les lumières s'éteignent et que nous devons tous rejoindre la sortie en tâtonnant dans le noir. Je ne lâche pas la main de Katniss et essaye de trouver une issue. Je me repère en faisant le même chemin qu'à notre arrivée mais en sens inverse.

Une fois aux portes d'ascenseurs, nous sommes seuls, nous prenons la cabine qui monte droit au Douzième étage. J'espère juste ne pas me refaire bousculer par Katniss comme l'année dernière, mais je ne vois aucune trace de fureur dans ses yeux. A l'instant où nous sortons de l'ascenseur et avant de se faire sermonner par notre mentor, notre hôtesse et nos stylistes, je prends les devants et attrape les épaules de Katniss pour qu'elle me regarde dans les yeux :

- On n'a pas beaucoup de temps, alors dis-moi : y a-t-il quelque chose dont je doive m'excuser ?

- Non, me répond-elle.

Son regard trahi une réelle fierté. Je songe que j'aurai dû demander à ce que cette fille soit livrée avec un mode d'emploi.

Nous nous asseyons en silence à la table la plus proche des ascenseurs en attendant les autres, perdus dans nos pensées. La première personne à en sortir est Haymitch, alerte :

- C'est la folie, en bas. Ils ont renvoyé tout le monde et annulé le résumé des interviews.

J'entends émerger des proclamations de l'extérieur : Katniss et moi nous penchons par la fenêtre pour essayer de comprendre les cris de la foule. Un mince espoir nait en moi :

- Que disent-ils ? Est-ce qu'ils demandent au président d'interrompre les Jeux ?

- Je crois qu'ils ne savent plus où ils en sont. La situation est totalement inédite. La seule idée de contester une décision du Capitole est déjà une source de confusion pour tous ces gens. Mais Snow ne pourrait pas annuler ses Jeux, même s'il le voulait, avoue Haymitch confirmant mes craintes. Vous le savez tous les deux.

- Les autres sont rentrés chez eux ? interroge Katniss

- En tout cas, ils en ont reçu l'ordre. Je leur souhaite bien du plaisir pour traverser cette foule, ajoute-t-il.

- Alors on ne reverra plus jamais Effie, je conclus dans un murmure triste en sachant que l'hôtesse n'étant jamais présente le jour de l'entrée dans l'arène. Vous lui direz merci de notre part.

- Et même plus que ça, renchérit Katniss. N'ayez pas peur d'en rajouter. C'est Effie quand même. Dites-lui à quel point nous apprécions ce qu'elle a fait, qu'elle a été la meilleure des organisatrices, et, surtout … dites-lui qu'on l'aime.

Katniss a raison. Effie a beau être là pour nous mener droit au massacre, elle nous accompagne et prend soin de nous avec plaisir. Elle nous a conseillé tout ce temps, s'est chargé de notre image autant que notre mentor, et nous a toujours couvert d'attention.

Haymitch me ramène à la réalité dans un raclement de gorge.

- Je suppose que le moment des adieux est venu pour nous aussi.

- Un dernier conseil ? je demande, devinant sa réponse.

- Restez en vie, grommelle-t-il.

C'est une vieille blague entre nous, datant des derniers Jeux. Il nous serre dans ses bras en contenant ses émotions non sans peine.

- Allez dormir, ajoute-t-il. Il faut que vous soyez en forme.

- Prenez soin de vous Haymitch, lui dis-je

Il y a tellement de choses que je voudrais rajouter, des remerciements et tout ce qu'il sait déjà, mais j'ai le cœur trop serré pour en dire plus. Nous tournons les talons en direction de la chambre quand Haymitch fait machine arrière :

- Katniss, quand tu seras dans l'arène …

Il s'interrompt, fronce les sourcils, l'air déçu. De quoi ? Je ne sais pas et ne saurai sans doute jamais.

- Eh bien quoi ? demande Katniss

- N'oublie pas qui est l'ennemi, termine Haymitch. C'est tout. Allez ouste, fichez-moi le camp !

Sa recommandation tourne dans ma tête sans s'arrêter. Nous savons qui est l'ennemi : le Capitole. Snow. Mais malgré tout, nous ne pourrons pas faire autrement si nous voulons survivre.

Arrivé devant ma porte, je ressens le besoin de me doucher et de me changer afin de me débarrasser de la sueur restante de l'adrénaline des interviews, mais Katniss m'en empêche :

- Non, reste avec moi. Je suis certaine que si une porte se referme entre nous, elle se verrouillera et que je devrai passer la nuit sans toi. Et puis, ma chambre dispose aussi d'une douche. Je n'ai plus que toi, désormais …

Je vais devoir lui prouver qu'elle a tort, que lorsqu'elle sera sortie, Gale l'attend pour son futur, et sa famille sera toujours là. Mais je garde mon petit secret sous ma chemise. Contre mon cœur.

-D'accord, alors je vais au moins prendre un pyjama.

Elle refuse malgré tout de me lâcher la main et m'accompagne dans ma chambre avant qu'on retourne dans la sienne, pour mon plus grand bonheur.

Nous restons toute la nuit dans les bras l'un de l'autre, à profiter du peu de répit qu'il nous reste avant l'entrée dans l'arène demain. Je ne dors que très peu, malheureusement, mais je n'ose pas bouger ni faire de bruit de peur de la réveiller -si tant est qu'elle dorme un peu.

Lorsque le soleil se lève, nous savons que nous allons devoir nous quitter. Chaque tribut rentre seul dans l'arène, sur sa plaque de métal. Cinna et Portia doivent nous rejoindre pour nous préparer et nous accompagner jusqu'au lancement des Jeux. Au moment de partir, j'embrasse doucement Katniss, qui ne se défile pas. Ce geste se répercute en échos dans mon estomac.

- A tout à l'heure, lui dis-je

- A tout à l'heure.

Je m'habille sans prendre le temps de voir ce que je mets, car je me changerai bientôt pour mettre la tenue des tributs. Portia me rejoint, et nous allons ensemble sur la terrasse, où nous attend un hovercraft censé nous emmener dans l'arène. Une échelle en descend et un courant électrique me fige dès que je la touche. Une fois à bord, un médecin s'empresse de m'injecter un mouchard dans le bras avant de me libérer. Le mouchard est censé servir aux Juges pour nous retrouver, peu importe où nous sommes dans l'arène.

Arrivé dans la salle de lancement, je prends une bonne douche et essaye de manger et de boire tant que mon estomac accepte. Portia me tient compagnie, me prend les mains en signe de soutient, et m'aide à m'habiller. La tenue de cette année est une fine combinaison bleue, avec une grosse ceinture rose au niveau de la taille.

- Le tissus ne te protègera pas de l'eau ni du froid. Mais cette ceinture devrait te permettre de flotter dans l'eau, vu la matière … Vous aurez peut-être de grandes étendues d'eau.

J'acquiesce sans répondre, la gorge trop nouée pour faire sortir un quelconque son. Portia ne m'en tient pas rigueur.

Une voix sonore m'avertit de me préparer au lancement. Ma styliste me dit alors précipitamment :

- Je sais ce que tu comptes faire dans l'arène. Te sacrifier pour Katniss, comme d'habitude. Mais une fois là-bas, malgré tout ce qui se passe ici et malgré tous les soucis que cela vous a causer, essaye de … de faire en sorte que vous vous en sortiez tous les deux. Comme l'année dernière. Promets-le-moi.

- D'accord. Je te le promets, je ferai au mieux.

L'idée de décevoir Portia me répugne, alors je prends conscience que j'essayerai vraiment. Du mieux que je peux.

Je la serre fort dans mes bras, la remercie, puis m'installe sur la plaque de métal qui m'emmènera inévitablement à mon triste sort. Un tube transparent descend sur moi, me séparant désormais de ma styliste et amie, que je ne reverrai probablement jamais. « Pense à ta promesse, Peeta ».

La plaque s'élève, je suis plongé dans le noir un instant, puis je ressors de ce tube avec une brise humide sur le visage. Le soleil tape fort, si bien que mes yeux mettent un moment à s'habituer à la luminosité. Lorsque je peux enfin les ouvrir, je remarque de Portia avait raison : ils ont disposé nos plaques de lancement au beau milieu de l'eau. La Corne d'abondance, grosse masse métalique, est devant mais autour de moi il n'y a que de l'eau. Malheureusement, nous n'avons jamais appris à nager au Douze : le seul endroit où on peut s'immerger est la baignoire. Sauf qu'on en voit vite le fond, contrairement à cette arène. J'aperçois de minces bandes de sable tous les 2 tributs en plein milieu de l'eau. Telle une immense roue. Il doit donc y avoir douze bandes de sables qui mènent à la Corne : encore faut-il pouvoir y arriver. A part au Quatre, où on grandit pratiquement dans la mer, où peut-on avoir appris à nager ?

La voix de Claudius Templesmith résonne dans mes oreilles :

- Mesdames et messieurs, que les soixante-quinzièmes Hunger Games commencent !

Le décompte commence à 60 secondes. Je dispose d'une minute pour reprendre mes esprits et savoir quoi faire. Deux solutions : la première, j'attends éventuellement ici l'aide de Katniss, sachant que je n'ai jamais appris à nager, et encore moins avec ma jambe artificielle. Est-ce qu'elle sait nager, elle, au moins ? Quarante secondes. La deuxième, je tente le tout pour le tout en me jetant à l'eau. Trente secondes. Je regarde les tributs autour de moi : je n'y vois pas Katniss. Elle doit se trouver de l'autre côté de la Corne. Vingt secondes. De fines vagues me projettent sur mes chaussures, je mets une goute sur mon doigt et le porte à ma bouche. C'est de l'eau de mer. Nous allons devoir trouver de l'eau pour boire, car celle-ci ne nous servira à rien. Dix secondes. Tout autour de cette plage et de la Corne se trouve une végétation dense, différentes des forêts de chez nous. Je ne perçois rien d'autres. Cinq secondes. Et je ne suis toujours pas décidé.

Le gong résonne, et je conviens de regarder d'abord comment s'en sortent les autres. Si la mer ne les englouti pas, ou si elle ne cache pas un immense monstre marin. Au plus près de moi, sur ma gauche, Mags du Quatre n'a pas bougé non plus, pourtant elle doit savoir nager.

J'aperçois les premiers tributs, au loin sur ma droite, qui ont sauté dans l'eau : un homme rapide, dont je me souviens comme étant du district Cinq. Je le perds de vue quand il atteint le centre de l'arène. Puis je remarque dans l'eau derrière lui Enobaria et sur sa droite, Gloss, qui viennent de plonger à sa suite. Lorsqu'ils touchent à peine terre, je vois filer une flèche dans l'air, dans la direction d'Enobaria : ça ne peut être que Katniss. Elle a réussi s'en sortir et à se trouver un arc.

Elle contourne la Corne et je la vois enfin. Elle est avec Finnick, et ils ne semblent pas se battre. Peut-être ont-ils conclu un marché sur le vif, quoi qu'il en soit je ne contredirais pas Katniss et cette alliance me semble tout indiquée. Ils se rapprochent de moi par la bande de sable et je m'aperçois que Mags a enfin sauté dans l'eau. Elle ne se débat pas et le courant l'emporte comme une poupée de chiffon. Avec une seule jambe convenable et mon incapacité à nager, je ne peux même pas songer à essayer de m'en sortir dans l'eau. Katniss se débarrasse de toutes les armes qu'elle a pu ramasser à la Corne, surement pour venir me chercher, mais Finnick pose son trident, la devance et se jette à l'eau en un spectaculaire plongeon. Il arrive près de moi très rapidement, et avant de dire quoi que ce soit, il me tend son bras pour me montrer ce qu'il porte au poignet. Un bracelet en or, celui d'Haymitch. Je devine que notre mentor nous a lui-même choisi notre allié, puisque nous étions incapables de nous décider.

- Entre dans l'eau, je vais te ramener, me dit-il.

J'hésite une fraction de seconde, me disant qu'il pourrait tout aussi bien me noyer, si jamais Haymitch n'avait pas fait le bon choix. Mais vu ma situation, il est ma seule solution. Et je me dis que le bracelet, signe de la confiance de notre mentor, me suffit. D'autant plus que j'avais déjà prévu l'éventualité de conclure une alliance avec Finnick, et que nous nous sommes bien entendus lors des entrainements. Je me laisse glisser dans l'eau, surpris de me sentir aussi léger, et Finnick me ramène à Katniss aussi facilement que si j'avais été une branche de bois.

Une fois sur le sable, Katniss m'aide à me hisser sur la terre ferme. Je la remercie d'un baiser :

- Re-bonjour. Nous avons un allié, lui fais-je remarquer pour être sûr d'avoir son accord

- Eh oui. Comme le voulait Haymitch, me confirme-t-elle.

- Rappelle-moi si nous avons passé d'autres accords, et avec qui ? je demande dans le cas où j'aurai loupé quelque chose à la Corne d'abondance

- Seulement avec Mags, je crois.

Elle me montre la vieille femme flottant sur l'eau d'un geste du menton et Finnick lâche, l'air insulté :

- Hé, je ne peux pas l'abandonner. C'est l'une des rares personnes qui m'apprécient vraiment.

- Je n'ai rien contre Mags, se défend Katniss. Surtout maintenant, avec cette arène. Ses hameçons seront probablement notre meilleure chance de trouver à manger.

- Katniss la voulait avec nous, le premier jour, je confirme.

- Katniss est très perspicace, admet Finnick.

Il s'approche de l'eau et en sort Mags avec une facilité déconcertante. Cette dernière tapote sa ceinture dans un océan de mots incompréhensibles.

- Elle a raison, regardez. Quelqu'un d'autre a compris aussi, nous dit-il en désignant Beetee, qui flotte comme Mags en tentant certains mouvements de bras.

- Quoi donc ? questionne Katniss.

- Les ceintures. Elles permettent de flotter, développe Finnick. Je veux dire, il faut quand même se débrouiller pour avancer, mais elles t'empêchent de couler.

Katniss me met dans les bras un arc, un carquois rempli de flèches et un couteau, en proposant qu'on file d'ici. Finnick acquiesce en jetant son filet et Mags par-dessus son épaule, son trident dans sa main libre. Puis nous nous appliquons à mettre le plus de distance possible entre nous et la Corne d'abondance.

La plage mène à une jungle -je connais ce mot pour en avoir déjà vu une dans de précédents Jeux-, qui monte en pente raide. Beaucoup de lianes se trouvent au sol, et je dois faire plus attention à ne pas me prendre les pieds dedans, surtout du côté de ma jambe artificielle. Un soleil de plomb au-dessus de nos têtes a déjà fait évaporer l'eau de mer sur ma combinaison, laissant place à une sueur qui ne fait qu'empirer l'humidité ambiante. Je prends la tête du groupe, coupant de mon couteau la végétation qui nous barre la route, Finnick derrière moi et Katniss au fond, qui couvre nos arrières. Grace a notre entrainement, nous parvenons à tenir un bon rythme de marche sur près d'un kilomètre et demi avant que Finnick ne demande de s'arrêter. Katniss en profite pour grimper à un arbre et se donner une meilleure vue de l'arène. Au milieu de toute cette flore, impossible de voir quoi que ce soit. Finnick brise le silence :

- De là où elle est, elle doit avoir une magnifique vue sur le bain de sang. On dirait qu'on ne se tient plus la main, ricane-t-il l'air mauvais.

Je lui tourne le dos, tâchant de me remettre les idées en place en me demandant où aller. Avec cette chaleur, nous allons vite être déshydratés, alors je dirais que notre première mission serait de trouver de l'eau. Lorsque Katniss redescend, j'aperçois alors Finnick, son trident à la main dans la direction de ma partenaire, prêt à attaquer. Katniss a aussi armé son arc. Je les regarde d'un air méfiant, les jaugeant l'un et l'autre pour voir si quelqu'un va tenter quelque chose.

- Alors, Katniss, comment se passent les choses là-bas ? interroge Finnick. Se sont-ils tous pris par la main ? Ont-ils fait vœu de non-violence ? Jeté les armes à la mer en signe de défi ?

- Non, admet Katniss.

- Non. Parce que le passé est le passé. Et que dans cette arène, aucun de nous n'est devenu vainqueur par hasard. Sauf peut-être Peeta, dit-il avec un regard dans ma direction.

Pourquoi dit-il ça ? Parce que je suis trop faible pour tuer ? Ou parce que, bien plus que tuer, mon but est de garder Katniss en vie ? Je n'ai pas le temps de me poser ces questions. Tout ce que je sais, c'est qu'à cet instant des Jeux, Finnick nous est précieux, peut-être même vital. Je ne sais pas qui a été tué lors du bain de sang. S'il nous reste Johanna, Brutus ou Enobaria à affronter, nous ne pourrons pas l'emporter sans Finnick à nos côtés.

Je les observe se toisant, tentant tous les deux d'analyser qui attaquera le premier et qui a le plus de chance de survivre. Trop c'est trop et je décide d'intervenir. Je me place entre eux deux lorsque je demande :

- Combien sont morts, en tout ?

- Difficile à dire, rétorque-t-elle sans avoir baisser sa garde, mécontente de mon acte. Au moins six, je crois. Et le combat n'est pas terminé.

- Ne trainons pas, il nous faut de l'eau, je tranche.

- Mieux vaudrait en trouver vite, approuve Finnick sans baisser son arme. Ce serait bien que nous soyons à couvert quand les autres viendront nous traquer cette nuit.

Je sens dans sa phrase l'appui de ma décision. Ils finissent par abandonner tous les deux et nous pouvons enfin nous mettre en route à la recherche d'eau.

Que nous ne trouvons pas. Malgré un nouveau kilomètre et demi de parcouru, pas de trace d'eau, de mare ou de ruisseau. Nous arrivons au bout de la jungle, au sommet de la colline, et nous prévoyons d'aller voir sur l'autre versant. Mais il n'y a pas d'autre versant. Car lorsque je tente de nous frayer un chemin entre les lianes à l'aide de mon couteau et en même temps que j'entends Katniss crier, je sens une puissante force me décoller du sol et me projeter contre quelque chose de dur, qui vide mes poumons de tout leur air et me plonge dans un trou noir.