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Chapitre 15 : préliminaires

Jeudi matin, Hermione se réveilla tôt, blottie le dos contre Severus. La soirée avait été délicieuse, une fois de plus. Son compagnon lui avait donné un orgasme exquis, tandis qu'elle reposait, allongée sur le dos, les jambes autour de son cou, les doigts dans ses cheveux noirs. Elle avait tenu, uniquement pour le bien de la recherche, bien sûr, à lui rendre la pareille, afin qu'ils comparent leurs notes sur la saveur de leur partenaire.

Grâce à cette décharge, ils avaient pu échanger sur les usages du sang virginal dans les potions au cours du repas, sans que le désir ne revienne trop vite. La discussion avait dévié sur les sorts utilisés pour récolter les ingrédients, puis les sorts associés aux potions. Elle gardait ça en tête pour son sujet d'étude pendant son apprentissage.

Elle aimait parler avec lui. Ses connaissances, les liens qu'il faisait entre des disciplines diverses, sa passion quand il acceptait d'exprimer ce qu'il ressentait vraiment, au lieu de le cacher derrière un masque de sarcasme.

Comme elle allait généralement au bout de ses idées, Hermione avait métamorphosé son haut de pyjama blanc en longue chemise de nuit. Elle avait hésité à rajouter des broderies avant de se contenter de quelque chose de simple. Ginny serait ravie de lui donner son avis sur ces nouvelles pièces de vêtements quand elles pourraient aller faire du shopping ensemble.

Quand elle voulut se retourner pour observer son amant endormi, il la bloqua d'une main possessive alors qu'elle était sur le ventre.

« Vous allez quelque part, Miss Granger ? » susurra-t-il à son oreille en se collant à elle.

Entre la voix lascive du sorcier et la sensation de son érection contre sa cuisse, elle ne put que gémir de désir. Il entreprit de relever la chemise de nuit de la jeune femme – un changement qu'il appréciait déjà à sa pleine mesure par rapport au pyjama. Elle l'aida en se tortillant, ce qui n'arrangea pas son érection. Sa main se glissa vers la sorcière pour la caresser tandis que ses lèvres effleuraient le lobe de son oreille.

« Je me posais une question par rapport au castitam protegere...

– Mmm ? » La sensation du sorcier quasiment couché sur elle lui rappelait le duel. Elle le sentait, puissant et possessif, et ça l'excitait au plus haut point.

« Je peux vérifier, ma réactive sorcière ?

– Tout ce que tu veux ! »

Attentif à ne pas l'écraser sous son poids, Severus se plaça complètement sur elle, en contact étroit avec les fesses rondes de la jeune femme. Pas de sensation de décharge électrique. Avec un sourire en coin, il continua à se frotter contre elle, tout en la stimulant. Hermione commença à pousser de petits cris d'encouragement. Cette impression d'être dominée était incroyablement érotique. Elle soulevait les fesses pour avoir plus de contact, se frottait contre les doigts qui la rendait folle. Elle le voulait en elle, criait de frustration de ne pas l'avoir. L'orgasme n'était pas loin.

Submergé par le plaisir lui aussi, Severus embrassa l'épaule de sa partenaire, suça, lécha et quand elle cria de plaisir, il la mordit sans réfléchir, perdu dans la jouissance.

Rassasiés, ils retombèrent sur le matelas l'un à côté de l'autre. Le sorcier tendit le bras pour récupérer sa baguette et nettoyer sa compagne.

Hermione porta la main à son cou en grimaçant. Quand Severus vit la marque sur la jeune femme, il fut mortifié de lui avoir fait mal. Et en même temps, il devait admettre qu'une partie de lui se délectait du fait de l'avoir marquée. Sa sorcière. La sienne.

« Je suis vraiment désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Montre-moi, » dit-il d'une voix contrite.

De quelques gestes il effaça la marque et apaisa la douleur. Hermione le regarda, pensive.

« Tu sais, j'ai lu que les tigres mâles mordent systématiquement les femelles au cou quand ils s'accouplent.

– Ce n'est pas une raison. J'ai encore un neo-cortex. Je devrais pouvoir m'abstenir de te faire mal.

– Je ne sais pas trop. Tu sais, nous n'avons pas été franchement discrets la semaine dernière. Je ne sais pas si les animagi n'interfèrent pas avec notre capacité de raisonnement. Tu as été le meilleur espion du monde sorcier pendant vingt ans et Ginny se doute déjà de ton identité. Et je pense que Ginny Weasley est quand même moins perspicace que Voldemort.

– Il n'empêche. Je ne me reconnais plus et ça ne me plaît pas du tout. Hier j'avais envie de mettre Poppy dehors simplement parce qu'elle était sur mon territoire.

– Peut-être qu'avec le temps, sans accouplement, nous finirions par réellement nous transformer en tigres. »

La pensée la fit rire.

« Au fait, tu as eu la réponse à ta question ? »

Le changement de sujet le fit sourire.

« Oui. Je suis au regret d'admettre qu'effectivement, Salazar Serpentard avait une imagination très limitée en matière de sexe. »

Quelques minutes après, Hermione avait revêtu sa chemise de nuit blanche, sa robe de chambre rose légèrement rallongée et ses mules bleues. Elle devait se rendre dans sa chambre de préfète pour retrouver la druidesse à huit heures.

Elle passa les bras autour du cou du sorcier. Il l'embrassa tendrement, longuement, comme s'il n'allait pas la revoir de longtemps. Frottant sa joue râpeuse contre celle de sa compagne, il murmura d'une voix à peine audible : « Je t'aime.

– Je t'aime aussi, Severus. A tout à l'heure !

– Attends ! Finite incantatem.»

Et sur un dernier baiser, elle partit par la cheminette.


Hermione bénit les dieux que sa chambre ait le privilège d'avoir une cheminée et qu'elle ne soit pas obligée de passer par la salle commune, où elle aurait été assaillie de questions aussi nombreuses qu'indésirables.

Elle jeta un regard circulaire sur cette pièce, où elle passé la majeure partie de l'année, et pourtant qu'elle ne considérait plus comme sa chambre. Il faudrait tout de même qu'elle demande à Severus comment il voyait la chose. En même temps, il n'avait pas protesté quand Nibby avait décrété qu'elle était chez elle dans ses appartements. D'ailleurs il ne restait plus rien de ses affaires personnelles ici. Tout était chez Severus.

A huit heures, comme prévu, Selena Highstone se présenta à sa porte.

« Bonjour ! Hermione, n'est-ce pas ?

– Bonjour maîtresse Highstone.

– Selena, ma chérie ! interrompit la sorcière plantureuse, avec un grand sourire chaleureux. Toutes les reines de mai sont considérées comme ayant été choisies par la déesse, vous êtes donc prêtresses à part entière.

Hermione ouvrit de grands yeux. C'était un domaine de la magie qu'elle ne maîtrisait pas du tout. Elle ne pensait même pas que les druides étaient autre chose qu'un vieux mythe encore un mois auparavant.

« Mais je n'y connais rien !

– Aucun souci. Après le rituel, les reines de mai ont le choix de garder le titre purement honorifique, ou d'intégrer un convent pour apprendre la magie élémentaire et les rites de la nature. Le professeur Chourave et son mari sont membres du convent de la Lune argentée. Tu pourras demander des précisions à Pomona plus tard, si ça t'intéresse.

– Oh. » Hermione fronça les sourcils en réalisant quelque chose. « Les moldus peuvent participer aux convents ?

– Bien sûr. Ils ont été créés par la déesse aussi. Pas besoin de magie pour lui rendre un culte. Allons, reprit la druidesse légèrement, le rite ! Place-toi nue au centre de la pièce. »

La pudeur qu'Hermione avait joyeusement mis de côté avec Severus revint d'un coup. Elle rougit de façon incontrôlable en enlevant sa robe de chambre.

« Pas encore trop à l'aise avec ton corps ? Ne t'en fais pas, ça va venir. Le corps est une création de la déesse, il est donc parfait tel qu'il est, quelle que soit son apparence. Et la sexualité est une activité sacrée qui nous relie entre nous et à elle, qui nous donne accès à un autre niveau de conscience. Aucune raison d'en avoir honte, » expliqua la druidesse posément.

En enlevant sa chemise de nuit, Hermione pensa qu'elle connaissait un sorcier à qui un petit séjour auprès des druides ferait beaucoup de bien. Elle grogna. S'il passait par le même genre de rite de purification qu'elle, il était fichu de dissocier son esprit de son corps et de vivre ça de façon totalement détachée.

Courage, Hermione ! Elle prit une grande inspiration et se plaça devant la druidesse, en essayant de ne pas se couvrir avec ses mains.

« Parfait, ma chérie. Je connais un sorcier sacrément chanceux, ajouta la druidesse avec un clin d'oeil.

– Selena, je voulais vous demander... Je suis vierge. Est-ce que ça pose un problème ? » Devoir aborder le sujet directement mettait Hermione mal à l'aise. Le biais pris avec Severus avait été bien pratique pour éviter de nommer les choses clairement.

Selena haussa les épaules, mais avec un regard approbateur.

« Ça n'a aucune importance. Les reines de mai sont simplement choisies parmi des femmes qui n'ont pas encore eu d'enfant et peuvent toujours en avoir. Mais ça veut dire beaucoup sur le lien entre toi et ton sorcier ! Le plus souvent, les couples choisis ont déjà eu des relations sexuelles, plusieurs fois, et ils ont confirmé que leur amour n'est pas qu'une bluette d'adolescent. Votre amour doit être profond et fort. Le rituel a des chances d'être encore plus puissant que d'habitude. »

Hermione eut un doute et rassembla son courage pour poser directement la question, même si c'était en regardant le sol et en marmonnant entre ses dents.

« Et... Heu.. Cunnilingus et fellation et, heu... les doigts... ça compte ? »

La druidesse se mit à rire.

« Et bien, au moins vous ne vous êtes pas ennuyés et vous appréciez le sexe ! Non, ça ne compte pas, Hermione. Pour le rituel, un pénis dans un vagin, c'est la seule chose qui compte pour officiellement ne plus être vierge. Même si je t'accorde que c'est surtout symbolique – question de fertilité – et pas très créatif. »

Un peu rassurée, sans finalement trop savoir pourquoi, Hermione écouta Selena former un cercle avec les quatre éléments et faire appel à l'eau, à l'air, au feu, à la terre et à la grande déesse pour la purifier et l'investir du rôle de reine de mai.

La jeune femme sentit comme des vagues successives balayer son corps. L'impression d'être lavée par une douce cascade d'eau fraîche, de traverser une brise tiède, d'être réchauffée par la chaleur d'un feu bienfaisant et qu'on laissait glisser sur sa peau un filet de sable chaud. Enfin, une sorte de picotement qui investit son corps entier et fit flotter sa crinière brune avant de se réduire à une légère sensation, comme un bruit de fond.

La druidesse sourit. « Voilà, ma Dame, c'est fini. Plus de sexe avant ce soir ! Pas de baiser non plus, désolée.

– On peut se toucher quand même ? Se prendre la main ? »

La vieille femme secoua la tête. « J'ai cru comprendre qu'il y a un autre lien entre vous, j'ai peur que même vous prendre la main ne soit déjà trop. Vous vous rattraperez ! Vous pouvez faire l'amour plusieurs fois pendant le rituel, et de toutes les façons que vous voulez. Pour la déesse, ce qui compte, c'est l'orgasme. Je vais t'expliquer pour la tenue et ce que tu devras faire. »


Au même moment, Severus recevait Lugus Haul dans son salon. La question de la virginité d'Hermione avait été posée.

« Et bien, mon ami, vous avez été béni par une remarquable sorcière, le félicita le druide en lui posant la main sur l'épaule. Votre amour doit être puissant et votre compatibilité grande pour avoir été choisis alors que vous n'avez jamais fait l'amour ensemble.

– Mais, ce n'est pas qu'une question de puissance des sorciers ? s'étonna Severus.

– Pas uniquement. Puissance de leur amour, aussi ! Un mage noir comme Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom n'aurait jamais pu être choisi par la déesse, même s'il était très puissant. La plupart du temps, les mages noirs ne viennent pas aux rituels, donc l'information est peu connue. Et puis on ne va pas révéler tous nos petits secrets,» termina-t-il avec un clin d'oeil.

Le druide approuva la collecte du sang virginal avec un sort, mais fut au regret de prohiber l'usage du préservatif, au motif que le sens profond du rituel était la fécondité, par définition empêchée par cet objet.

Au moins je sais ce que je vais préparer comme potion tout-à-l'heure, pensa Severus en soupirant. Il avait toute confiance en Poppy et savait que s'il y avait eu le moindre problème médical qui aurait rendu dangereux un rapport sexuel non protégé entre Hermione et lui, elle aurait abordé la question clairement. Les sorts de diagnostique étaient vraiment pratiques par rapport aux examens moldus.

« Je vous en prie, ôtez vos vêtements et mettez-vous face à moi »

Severus masqua son malaise derrière une expression neutre. Il se dénuda lentement, pour se donner quelques secondes supplémentaires afin de bloquer toutes ses émotions.

« Rassurez-vous, vous serez un minimum couverts, ce soir. Et la reine de mai aussi. Nous ne sommes plus au temps où tout le monde se ballade nu dans la forêt. Et puis nous sommes en Ecosse, tout de même ! On ne veut voir personne mourir d'une pneumonie, » plaisanta le vieux druide.

Le rite de purification toucha le sorcier plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il n'aurait jamais cru possible cette impression qu'une part de ce qu'il avait fait plus jeune était pardonnée, tombait de ses épaules comme un fardeau qu'il posait enfin. Bien sûr tout n'était pas oublié, mais il sourit à cette impression de légèreté qu'il avait si rarement sentie. La déesse ne choisissait pas les mages noirs. Il avait donc été exclu de la catégorie. Bénie soit Hermione et l'amour qu'elle lui inspirait !

« Merci Lugus.

– Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, Severus, c'est la déesse ! »


Après avoir passé en revue les détails du rituel et pris séparément un solide petit déjeuner, fourni par Nibby dans leurs chambres respectives, Severus et Hermione se retrouvèrent dans le laboratoire. La sorcière avait délibérément demandé à Nibby de lui rapporter un vieux jean ample et un sweat-shirt trop grand. Elle avait de nouveau métamorphosé ses mules à leur état initial de vieille paire de basket. Pas la peine de tenter Severus.

Devant les rangées de bocaux, le sorcier s'affairait déjà à rassembler des ingrédients quand Hermione poussa la porte du laboratoire. Elle resta quelques secondes sur le seuil à regarder son amant, un sourire plein de tendresse sur les lèvres. Il tourna la tête au bruit des gonds. Ses yeux d'onyx la couvaient du regard. Elle s'approcha des porte-manteaux et enfila une robe de protection.

« Alors, professeur, que préparons-nous, ce matin ? » demanda-t-elle gaiement. Elle savait que la potion Tue-Loup était quasiment terminée.

– Potion du lendemain. Je ne vous fais pas un dessin, Miss Granger, répondit-il en haussant un sourcil.

– Pas la peine. Merci de cette attention, Severus.

– Malheureusement, mon exquise sorcière, ce n'est pas uniquement pour toi. J'ai bien peur que malgré la réunion d'information de Poppy sur les préservatifs, un certain nombre des adolescents en chaleur de ce château ne se donnent pas la peine de prendre des précautions. Je pense qu'il faudra aussi faire de la potion abortive, mais ça ne presse pas, nous aurons une dizaine de jours devant nous. Commence à couper les racines d'asphodèle, tu veux bien ? »

Hermione hocha la tête en se saisissant du bocal approprié et alla s'installer sur une table un peu plus loin. La tendresse qu'elle éprouvait pour le sorcier menaçait de la faire exploser. Ce simple tu veux bien représentait une véritable déclaration d'amour. Elle n'avait jamais entendu le professeur Rogue prononcer le moindre s'il-vous-plaît ou tout autre équivalent d'une formule de politesse à l'égard d'un élève ou d'une classe. Mais avec elle il était toujours courtois et prévenant.

Elle se mit au travail en pensant au futur. Est-ce qu'elle aimerait avoir un enfant avec lui ? Est-ce qu'elle saurait comment s'y prendre pour élever un enfant ? C'était une telle responsabilité ! Elle grimaça. Bon, priorité aux consultations avec la médisorcière ou l'homme médecine. Elle n'avait pas envie de transmettre son insécurité à un futur enfant.

Comment est-ce qu'il pourrait considérer un enfant d'elle ? L'autre soir, quand il avait parlé de Lily, Severus avait dit que son père maltraitait sa mère. Il y avait des chances pour qu'il ne soit pas à l'aise d'emblée dans un rôle de père. Retour à la case homme médecine.

Il fallait qu'elle lui parle de la rentrée. Est-ce qu'il accepterait qu'elle emménage avec lui ? Elle grimaça de nouveau. Ça faisait quoi ? Huit jours qu'ils s'étaient embrassés dans la salle de classe vide et elle faisait des projets de vie commune et d'enfant. Est-ce que c'était la nouveauté de leur amour qui la rendait si enthousiaste – peut-être même trop? – ou bien était-ce encore une facette de la magie animagi ? Il fallait absolument qu'elle lise le livre de Beastamer. En même temps, les mots de la prêtresse la rassurait. Elle ne vivait pas un simple béguin d'adolescente pour son professeur.

Plusieurs heures étaient passées quand ils eurent enfin mis en bouteille la potion terminée, étiqueté et rangé les fioles. La préparation avait nécessité de la concentration, et les pulsions étaient restées en sourdine. Il était presque treize heures quand le couple se dirigea vers la table aménagée dans la chambre de Severus, pour prendre un repas bien mérité, toujours en prenant garde à laisser suffisamment d'espace entre eux.

Hermione choisit de garder ses questions pour plus tard. Rien ne pressait. Le repas se passa dans un silence inhabituel mais serein.

« Que penses-tu de cinq gouttes de potion de sommeil ? proposa Severus, au moment du dessert.

– Voyons, il est treize heures trente. Ça nous fait nous réveiller à dix-huit heures trente. Les prêtresses viendront à dix-neuf heures pour me préparer. Une demi heure pour diner, ça suffit. Surtout que je ne suis pas sûre d'être capable d'avaler grand chose. Sinon, quatre gouttes ça fait une heure et demi d'attente. Je vais être comme un lion en cage et j'aurai besoin d'un philtre de paix. Je préfère cinq gouttes. »

Chacun avala la potion dans un fond d'eau et ils s'installèrent sur le lit confortablement, mais sans se toucher, en attendant que la magie les endorme.


La veille au soir, à l'abri des regards derrière les rideaux de son lit, Ginny avait lu et relu le message d'Harry.

Prépare toi à sortir pendant le rituel. Attends-moi dans la salle commune, je viendrai te chercher sous ma cape.

Après le dîner, elle retourna à la salle commune en compagnie des autres Griffondors, mais moins excitée qu'eux par l'union des mains de Neville, se demandant plutôt la surprise que lui réservait Harry. Aller voir le rituel sous la cape ? Elle s'installa avec un magazine de Quidditch sur le canapé, volontairement un peu à l'écart de l'agitation.

Dans le dortoir des garçons de septième année, chacun se préparait et félicitait Neville, qui était excité mais nerveux. Il avait revêtu une tenue d'apparat, moins formelle que les robes de fête et plus pratique pour le rituel.

« Mais si, les gars, je suis sûr que j'ai oublié quelque chose ! assurait-il à Seamus.

– Tu as ta baguette ?

– Oui, dans ma manche.

– Tu as ton autre baguette ? taquina un camarade.

– Dean !

– Les rubans ? » demanda Ron.

Le fiancé leva le poignet où étaient noués trois rubans, rouge, bleu et or.

« Alors c'est bon, tu es prêt ! » conclut Seamus.

Ron et Harry descendirent dans la salle commune. Le rouquin avait été chargé d'une mission : il serait le seul à pouvoir dire si Hermione et Rogue étaient présents pendant le rituel. Il devait observer les participants pour les repérer et s'il ne les trouvait pas, essayer de voir à travers le sort lancé sur la reine de mai pour savoir si c'était bien leur amie. Hannah pourrait l'aider à trouver Hermione, mais ils étaient restés évasifs sur l'identité de son compagnon.

A dix-huit heures quarante-cinq, le professeur McGonagall et le professeur Lupin arrivèrent par la cheminette de la salle commune, en compagnie d'Augusta Londubat.

« Votre attention, s'il-vous-plaît ! commença leur directrice de maison. Comme vous le savez, ce soir a lieu le rituel de Beltane. M. Londubat va à cette occasion procéder à une union des mains avec Miss Lovegood, d'où la présence de Mme Londubat ce soir. »

La grand-mère de Neville inclina sèchement la tête. Ron et Harry se regardèrent en grimaçant. Elle n'avait pas l'air commode. Ils plaignaient Neville !

« Seuls les septième année majeurs, dont le nom est sur ma liste, vont m'accompagner dans le parc. Tous les autres Griffondors sans exception sont consignés ici. Le professeur Lupin supervisera le respect de cette consigne. Des questions ? Bien. M. Londubat, prenez le bras de votre grand-mère, vous ouvrirez la marche. Ronald Weasley ?

– Oui. »

McGonagall lui indiqua d'un signe de tête de se placer derrière Neville, près du portrait. Harry l'encouragea d'une tape sur l'épaule et Ron lui fit un clin d'oeil en croisant les doigts. Quand leur professeur eut terminé d'appeler les noms, elle ouvrit le portait et laissa passer les Londubat.

Dans les autres maisons, les choses se passèrent à peu près de la même façon. Le professeur Flitwick amena M. Lovegood, qui accompagnait une Luna resplendissante dans une robe qui paraissait faite de nacre liquide. Il resta pour surveiller les élèves plus jeunes tandis que le professeur Vector conduisait les plus âgés dehors.

Chez les Poufsouffle, c'est Hagrid qui s'était dévoué pour faire régner l'ordre tandis que le professeur Chourave et son mari, revêtus des robes blanches des druides, guidaient la petite troupe.

Les Serpentards ne savaient pas trop à quoi s'attendre jusqu'au dernier moment. Ils n'avaient pas revu leur directeur de maison depuis le lundi soir, et les questions revenaient dans les esprits. Le professeur Sinistra assurait l'intérim mais n'avait pas donné la raison de son absence ni quand il reviendrait. Personne n'osait aborder le sujet à haute voix. On ne savait jamais quand le professeur Rogue semblait apparaître derrière vous, comme sorti de nulle part. C'était généralement quand on disait du mal de lui, avec des conséquences généralement désastreuses pour vous. La leçon était vite apprise par les première années et jamais oubliée.

Blaise était prêt. Sa fiancée et sa famille devaient être arrivés par portoloin devant les grilles du château, où le directeur accueillait les participants de Pré-au-Lard et les élèves extérieurs. Ils entreraient tous ensemble pour rejoindre le parc. Blaise retrouverait sa future femme devant le cercle des druides.

Le professeur Rogue apparu brusquement en claquant la porte de la salle commune, avec un air qui signifiait clairement que quiconque aurait eu l'idée saugrenue d'ouvrir la bouche ou, pire, de lui parler, le regretterait amèrement ! Les élèves regardèrent rapidement leurs pieds. Il s'approcha de la cheminette et tendit la main à Mme Zabini qui arrivait juste, avant de laisser la place à M. Zabini. Le couple de sorciers rejoignit leur fils pour des salutations sobres. Le professeur Sinistra et un sorcier plus âgé arrivèrent derrière les parents de Blaise. Ils saluèrent le professeur Rogue d'un bref signe de tête.

« M. Zabini, vous donnerez le bras à votre mère. M. Zabini prendra place derrière vous. Les septième années autorisés à assister au rituel, suivez-les. Les autres, vous êtes consignés ici pour la nuit. Le Directeur viendra s'assurer qu'il n'y a pas de débordement. Et je vous invite vivement à ce qu'il n'y en ai pas. C'est compris ? »

Ses élèves hochèrent la tête sans bruit. Plusieurs se regardaient en pensant que leur professeur aurait bien eu besoin de s'envoyer en l'air pour se détendre un peu, mais ils essayèrent de ne pas le penser trop fort. Un geste de la tête de la part de leur directeur de maison et les Serpentards les plus âgés se mirent en rang derrière les Zabini. Il vérifia rapidement que personne n'essayait de partir sans y être autorisé.

« Le professeur Sinistra et son mari fermeront la marche. M. Zabini, à vous. »

La colonne d'élève passa la porte, pendant qu'Albus Dumbledore arrivait à son tour dans les flammes.

« Je prends le relais à partir d'ici, professeur Rogue. Je crois que vous avez d'autres choses à faire ce soir, n'est-ce pas ? »

Les yeux d'Albus brillaient bien trop au goût de Rogue, mais il se dirigea sans un mot vers la porte de la salle commune, qu'il claqua bruyamment. Il avait déjà perdu bien assez de temps comme ça ! Albus lui paierai le fait de l'avoir interrompu au milieu du repas.


Hermione s'était réveillée reposée et sereine. Un exploit, compte-tenu des circonstances. Elle avait réussi à se retenir à temps de toucher Severus, qui s'éveillait en même temps qu'elle. Ils se regardèrent quelques instants avec tendresse, avant que les instincts animaux ne se réveillent. Hermione commença à regarder les lèvres fines du sorcier. Celui-ci leva les yeux au ciel et se dirigea vers la salle de bain. Hermione se servit un verre d'eau.

Nibby avait déjà disposé le repas sur la table, avec un charme pour qu'il ne refroidisse pas. Elle commença à grignoter quelques crudités, debout, en attendant qu'il revienne. En prenant sa place à la salle de bain, elle proposa :

« Commence, ne m'attends pas, j'en ai pour une minute. »

La sorcière rejoignit son amant, le visage rafraîchi, et s'assit en face de lui.

« Au fait, il ne faut pas oublier le sort pour le sang virginal, lui rappela-t-elle.

Accio fiole vide. » Il exécuta quelques gestes avec sa baguette, tapa le contenant en verre, désigna Hermione, et des rubans de lumière apparurent entre elle et la petite bouteille. Les volutes disparurent aussi rapidement qu'elles étaient venues.

« Merci Severus. »

Le sorcier sembla prendre une décision. Il s'adressa à sa compagne d'une voix grave :

« Hermione... Je ne sais pas quel va être l'effet exact du rituel et de notre... union. Je ne sais pas quel sera le lien entre nous demain matin. Si je te désirerai charnellement autant qu'aujourd'hui. Et inversement. J'ai lu que le désir s'apaise une fois que les animagi ont fait l'amour. J'ai espéré depuis des semaines ce moment où je retrouverai un semblant de libre arbitre par rapport à toi. Où je ne serai pas contraint par les pulsions animales mais où je pourrai aller à notre rythme. Et maintenant que l'issue se rapproche, je... j'ai peur de perdre cette intensité. De ne plus voir ce désir dévorant dans tes yeux. »

La sorcière tendit la main avant de se raviser, déçue de devoir rester à distance.

« Severus. Je t'aime. Ce n'est pas uniquement du désir que j'ai pour toi. J'aime nos conversations. J'aime travailler en silence à côté de toi. Je ne crois pas que ça changera demain. Les orgasmes que tu me donnes sont délicieux. Mais je suis désolée de te dire que je les apprécie autant que ceux que je peux obtenir toute seule. Alors rassure toi, je pense que demain j'aurai toujours envie de toi, ce n'est pas que la magie des animagi. Peut-être que je pourrai enfin réviser un peu mes ASPICs ce week-end, mais je crois que j'aurais toujours envie de revenir vers toi au moins le soir. De partager ton lit, avec tout ce qu'on peut y faire... »

Les flammes de la cheminée tournèrent bruyamment au vert et la tête d'Albus Dumbledore apparut.

« Ah, bonsoir Miss Granger !

– Heu... Bonsoir, monsieur le directeur, répondit-elle machinalement.

– Severus, mon garçon, j'ai réceptionné tous les visiteurs extérieurs. Les Zabini sont dans mon bureau, prêts à rejoindre leur fils dans la salle commune des Serpentards dès que j'ai libéré la cheminette. Minerva me représentera pendant le rituel et je surveillerai vos élèves. Nous n'attendons plus que vous pour donner les instructions à votre maison. Un peu d'exercice vous fera du bien, après toute cette convalescence. Je vous rejoins dans quelques minutes dans la salle commune. Bonne soirée, Miss Granger.

– Bonne soirée, monsieur le directeur. »

Les flammes retrouvèrent leur couleur habituelle et Severus se leva, en rage, jetant sa serviette sur la chaise qu'il venait de quitter.

« Il ne me laissera donc jamais tranquille ! »

Hermione gémit au brusque changement d'humeur de son partenaire. Il ferma les yeux, prit une inspiration lente et dit plus calmement : « Termine ton repas sans m'attendre. Je reviens avant que tu ne partes. »

Elle hocha la tête et le regarda passer la porte. Elle croqua une frite sans conviction et soupira. Même les frites n'avaient plus le même goût quand il n'était pas là.

Il fallait absolument qu'elle renvoie un hibou à Arthur Weasley. L'adresse de l'homme médecine que connaissait le cousin américain de son collègue du ministère devenait sacrément indispensable.


Son prénom murmuré, alors qu'elle était seule sur le canapé de la salle commune de Griffondor, attira l'attention de Ginny.

« Harry ? chuchota-t-elle.

– Viens avec moi sous la cape

– Mais, Rémus ?

– Ne t'en fais pas, viens. »

Ginny jeta un coup d'oeil à Lupin opportunément occupé à un jeu d'échec avec Colin. Il leur tournait avantageusement le dos.

La jeune femme se leva sans bruit et fit mine de rapporter son magazine sur la pile qui se trouvait près du portrait. Harry se glissa près d'elle et l'enveloppa de la cape quand personne ne regardait. Ginny fit exploser d'un coup de baguette le feu de cheminé pour faire diversion, et ils sortirent discrètement.

Harry l'entraîna jusqu'en haut de la tour d'Astronomie. Cet endroit lui rappelait de mauvais souvenirs, même si cela n'avait été qu'une mise en scène et que tout s'était bien terminé. Il espérait bien créer ici d'autres souvenirs, plus heureux, le soir même. Et c'était le meilleur point de vue pour observer le rituel depuis le château.

Ils sortirent de sous la cape. Ginny s'approcha de la rambarde. Le soleil était déjà couché, mais il ne faisait pas encore complètement nuit. Plusieurs petits feux avaient été allumés dans le parc. Un grand cercle était formé de personnages en robes blanches. Hommes ou femmes, c'était difficile à dire de là où ils étaient. Derrière eux, les participants se tenaient debout, pour la plupart regroupés par deux. Au centre, plusieurs silhouettes formaient deux groupes séparés.

Soudain, un large feu d'artifice crépita dans le ciel, accompagné de cris de joie et d'applaudissements. Des rubans de couleur s'élevèrent au-dessus de deux couples centraux. L'union des main. Elle venait de se terminer. La jeune femme distinguait maintenant Neville et Luna, et Blaise et Deirdre. Les deux groupes s'écartaient du centre du cercle, où un immense poteau en bois venait d'apparaître. Il n'y avait pas de vent, et pourtant les nombreux rubans colorés attachés à son sommet se balançaient doucement.

Une musique s'éleva des abords de la forêt. Harry désigna du doigt un groupe de musiciens.

Les druides initièrent une sorte de chorégraphie. Certains avaient des baguettes dont sortaient des volutes de lumière. Les participants se dirigeaient lentement vers le mat. Et la danse débuta. Hommes dans un sens, femmes dans l'autre, tressant les rubans au son de la musique qui s'élevait plus fort. Ginny apercevait maintenant mieux les bardes. Un groupe d'une dizaine de personnes, en robes bleues. Des harpes, des cornemuses, des tambours, des flutes et des violons. Un air enjoué et chaleureux, qui donnait envie de danser.

Harry s'était placé à côté de Ginny.

« Ça te plait ?

– Oh, merci Harry ! Je me sentais tellement déçue pour toi que tu ne puisses pas participer au rituel parce que je ne suis pas en septième année.

– Et qui a dit qu'on ne pouvait pas participer à notre façon ? demanda-t-il doucement. Tu sais, je voulais que tu puisses voir le rituel, et puis je t'ai amené ici pour autre chose, aussi. »

La sorcière fronça les sourcils. Pour une soirée coquine, il n'avait pas l'air si enthousiaste que ça. Elle entendit qu'il prenait quelque chose dans sa poche. Il mit un genou à terre et questionna d'une voix pleine d'émotion :

« Ginevra Weasley, je t'aime, de tout mon cœur. J'ai suivi les traditions sorcière : j'ai demandé ta main à tes parents, qui ont accepté. Le professeur Lupin a bien voulu de me tenir lieu de plus proche parent. J'ai demandé ta main à ton frère. Enfin, à celui que j'avais sous la main. Et il ne m'a pas frappé, alors je prends ça pour un oui. Il ne manque plus qu'à te demander à toi : est-ce que tu veux bien être ma femme ? »

Ginny, stupéfaite, fixait l'anneau qu'il lui présentait. Elle était submergée par l'émotion. Il s'était renseigné et avait respecté des traditions qu'il ne connaissait pas. Il voulait d'elle pour plus qu'une amourette dans les coins du château.

« Enfin, tu sais, on n'est pas obligé de se marier tout de suite, hein. Et tu peux prendre le temps de réfléchir, bien sûr, bredouilla Harry, devant le silence persistant de sa bien-aimée.

– Non ! s'exclama-t-elle.

– Non ?

– Enfin, je veux dire, non je n'ai pas besoin de réfléchir, Harry, c'est oui ! Oui, bien sûr que je veux t'épouser ! »

Elle l'embrassa fougueusement avant qu'il ne lui passe l'anneau au doigt. A partir de là, Harry considéra qu'ils participaient pleinement au rituel, au même titre que les autres. Ginny se fit un plaisir de le lui confirmer.


Ron eut vite fait de repérer qu'Hermione n'était visible ni dans le groupe de Griffondors, ni dans celui d'aucune autre maison. Il nota que les Serpentards étaient cornaqués par le professeur Sinistra. Arrivé dans le parc, il fut un instant surpris par la beauté des petits feux qui brûlaient et projetaient une lumière chaude. Les druides étaient déjà arrivés et positionnés, apparemment d'une façon précise, formant un grand cercle ouvert du côté du château et du côté de la forêt. Rogue n'était pas parmi les professeurs restants, qui étaient déjà postés sur la pelouse.

Les fiancés se placèrent avec leur famille au centre du cercle et les élèves rejoignirent les autres participants, notamment les sorciers de Pré-au-Lard, derrière les prêtres. Le couple de druides qui avait lancé le sort à la réunion s'avança et ouvrit la cérémonie en demandant à chacun de se placer près de son partenaire.

Les Poufsouffles étaient arrivés juste avant les Griffondors et Ron retrouva facilement Hannah. Il s'embrassèrent rapidement. Ron murmura : « Tu es vraiment très belle ! » à l'oreille de la jeune femme. Celle-ci portait une longue robe blanche, presque identique à celles des druidesses et ses cheveux auburn tombaient librement sur ses épaules. Elle avait piqué une fleur de centaurée derrière son oreille.

Le rouquin reprit son inspection des personnes présentes. Il ne reconnaissait personne de Pré-au-Lard, à part Rosmerta. Et de toutes façon, pas d'Hermione ni de Rogue en vue.

« Hannah ? J'ai promis à Harry et à Ginny d'essayer de voir si Hermione était là. Tu la vois ? »

La sorcière passa également en revue les visages. La pénombre rendait la tâche plus difficile que dans les couloirs du château, mais elle secoua la tête, confirmant les observations de Ron. Elle passa son bras autour de la taille de son amoureux et il regardèrent la cérémonie d'union des mains en silence.

Quand les couples s'embrassèrent, scellant leur mariage pour un an et un jour, le public applaudit et siffla. Ron aperçut McGonagall raccompagner Mme Londubat vers le château. Le père de Luna avait l'air de rester. Par contre, les Zabinis repartaient tous, Blaise inclus, vers les grilles. Peut-être qu'ils allaient célébrer ailleurs.

« Qu'est-ce que tu penses de la cérémonie ? Ça te donne envie pour notre mariage ? demanda Hannah, pensive.

– J'aime bien les rubans et le fait d'affirmer trois fois son engagement. Mais j'aimerais parler un peu plus, comme dans un mariage classique. Et toi, chérie ?

– Je suis assez d'accord avec toi. C'est émouvant parce que nous sommes si nombreux, mais je préfèrerais une union traditionnelle. Oh, écoute la musique ! On va danser ? » proposa-t-elle gaiement.

Ron pris la main de sa compagne et l'emmena jusqu'à un des rubans attachés au mat. Il attrapa le suivant et regarda Hannah dans les yeux, en lui souriant. La sorcière lui rendit son sourire. Ils se croisèrent au rythme de la musique, et slalomèrent entre les autres danseurs. Mais ils n'avaient d'yeux que l'un pour l'autre. Ron remarqua que Millicent essaya de croiser son regard avec un air aguicheur, mais il se détourna, plutôt dégoûté. Cette fille n'avait aucun amour propre ? Elle avait un copain, pourtant !

A chaque fois qu'ils se croisaient, Ron se sentait de plus en plus attiré par Hannah. Il avait envie d'elle, et elle le regardait avec un air coquin qui sous-entendait qu'elle était entièrement d'accord et que la soirée allait être bonne. Où est-ce que Pomfresh avait dit que seraient ces préser-machins, déjà ? Ah oui, près des feux.

Tiens, les druides psalmodiaient quelque chose en même temps que la musique jouait. Les hommes, puis les femmes, puis ensemble. Puis les deux grands druides. Et le convent leur répondait. Ron ne percevait pas leurs paroles, mais il sentait la magie qui s'élevait. Hannah le croisa et lui sourit de nouveau. Ses yeux pétillaient de désir.


Severus était revenu quelques minutes avant dix-neuf heures, en maudissant Dumbledore. Hermione avait terminé son repas et avait même eu le temps de se laver les dents. Elle repassait dans sa tête les étapes du rituel. Rien de bien compliqué, sur le papier. Pour être sûre, et compte-tenu de l'état de Severus, elle avait pris quelques gouttes de philtre de paix.

Quand le sorcier entra, Hermione sursauta. Il avait failli faire claquer la porte mais s'était retenu au dernier moment en la voyant. Elle lui montra la fiole de potion, qu'elle avait laissée sur la table.

Il n'aimait pas qu'une potion modifie ses perceptions. Mais il reconnut en soupirant qu'il était incapable de ressentir du désir tant la colère était forte. Il se saisit du flacon et l'avala d'un trait. Maudit soit Albus !

Ses émotions se calmèrent très vite. Il s'assit devant son assiette.

« Mange, Severus. La nuit va être longue, lui dit Hermione doucement, debout à côté de lui.

– Tu as raison, ma belle. Bénis soient les sortilèges culinaires et les elfes de maison prévoyants !

Elle sourit à son trait d'humour et passa légèrement sa main au-dessus de celle du sorcier. L'énergie passait de l'un à l'autre, presque palpable. Son envie du sorcier se réveilla. Elle sentit au fond d'elle qu'il ressentait la même chose.

« Je t'aime Severus. Comme tu es. Aujourd'hui, comme hier, comme demain. Je maintiens ma proposition de mariage de la semaine dernière.

– Et moi je maintiens que je t'épouserai le jour où tu me vaincra en duel, répondit-il avec un sourire en coin.

– Si c'est vraiment ce que tu veux du fond du cœur... »

Elle haussa un sourcil pour lui signifier qu'elle n'y croyait pas. Regardant l'heure, elle retira sa main et s'apprêta à partir par la cheminée.

« A tout-à-l'heure, beau prince.

– A tout-à-l'heure, ma reine. »

Hermione se révélait plus perspicace que lui, réalisa-t-il en avalant rapidement un peu de nourriture. Elle avait raison, il la voulait à ses côtés dès maintenant et pour le restant de ses jours. Pouvoir montrer au monde entier qu'elle l'avait choisi. Enfin, à cet instant, c'était ce qu'il ressentait. Demain...

Un peu surpris, il constata que sa peur qu'elle ne le rejette le lendemain avait quasiment disparu. A la place, les paroles du grand druide résonnaient en lui. Il murmura pour lui-même : « Je capitule, ma chère sorcière. Tu as raison, je te veux comme femme dès maintenant.»


Alors, ce début de rituel ? Bon, j'imagine que c'est un peu frustrant, mais promis, le coeur du rituel arrive.