Hello hello !

Nous sommes jeudi !

Merci pour tout vos mots pour le précédent chapitre, j'avoue que j'aime bien vous torturez un peu ^^'

J'vous laisse lire ce (très) long chapitre et on se retrouve en bas.


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !


Chapitre 13

Nos doigts étroitement liés, on reprit le chemin que l'on avait emprunté la veille pour venir jusqu'à la dépendance d'Edward. A la lumière du jour, le terrain arboré était d'autant plus somptueux. Au lieu de retourner jusqu'à l'entrée par le devant de la maison, on bifurqua sur la droite pour l'atteindre par une arche fleurit qui menait directement à l'immense terrasse en bois qui donnait elle-même sur la piscine.

Plus les minutes passaient, et plus j'en prenais plein les yeux. La vue d'ici était aussi superbe, voir plus, que celle que l'on avait de l'ensemble des collines du studio. Plusieurs chaises longues étaient installées près de la piscine, et un hamac un peu plus loin, à l'ombre d'un immense olivier, semblait me faire de l'œil. Comme il devait être agréable de lire allongée dedans ! Je retins un sourire en me disant que je pouvais peut-être demander à Edward de nous installer ici pour toujours. Ou, que si il me posait lui même la question, je lui dirais oui sans l'ombre d'une hésitation. Vivre ici devait ressembler, à quelque chose près, au paradis.

De la terrasse, il repoussa une grande baie légèrement ouverte qui menait à un salon absolument superbe. L'aménagement soigné, la décoration chaleureuse et colorée de la villa me firent penser que de passer du temps en famille ici devait être très plaisant.

- Maman ? Papa ?

- Cuisine ! s'écrièrent deux voix d'un même ensemble.

Mon cœur s'accéléra à mesure que l'on traversait le salon pour gagner la pièce où les parents d'Edward étaient. On les découvrit derrière l'immense ilot en bois, préparant du thé à l'aide d'une bouilloire ancienne. La petite femme rousse et le grand homme blond nous accueillirent. Leurs peaux hâlés et leur tenues décontractées -robe longue fleurit pour elle et t-shirt, pantalon de lin pour lui- me mirent un peu plus à l'aise. Ils ne ressemblaient à rien à des personnes froides et hautaines.

- Vous êtes enfin là ! s'exclama sa mère en relevant les yeux vers nous.

Un immense sourire barrait ses lèvres roses, et son visage était d'une douceur incroyable. La couleur de ses yeux me surpris; marron très clairs, ils semblaient avoir la couleur déroutante de l'or. Cela donnait une profondeur impressionnante à son regard emprunt de gentillesse, entouré de petites rides.

- On vous prépare du thé, m'annonça-t-elle gentiment en avançant vers nous tout en s'essuyant les doigts sur le torchon entre ses mains. J'espère que vous aimez ça !

- C'est une institution chez moi, avouai-je dans un rire nerveux.

Son rire cristallin résonna dans la pièce tandis que le père d'Edward coupait le feu sous la bouilloire sifflante. Ils saluèrent chaleureusement leur fils avant de me prendre contre eux tour à tour. Un peu mal à l'aise devant ces démonstration d'affection auxquelles je n'étais pas habituée, je triturai la main d'Edward qui ne lâcha pas la mienne une seconde.

- C'est un vrai bonheur de vous rencontrer enfin, me souffla sa mère quand on regagna la terrasse, juste derrière les garçons. Edward n'a pas arrêté de me parler de vous depuis des semaines.

Je ne refoulai pas le plaisir que ses mots provoquaient en moi.

- Pour moi aussi, souris-je en prenant place quand elle me tira une chaise.

Je la remerciai en m'asseyant, me rendant compte que, malgré mon appréhension, je me sentais à l'aise avec eux. Le père d'Edward, Carlisle, posa le plateau de tasse qu'il portait sur la grande table en bois tandis qu'Edward versait l'eau bouillante dans chacune. Ce dernier prit place à mon coté, en face de ses parents, puis posa un bras protecteur, presque possessif sur le dossier de ma chaise.

- Votre propriété est absolument… époustouflante, les complimentai-je après quelques minutes à observer la bâtisse derrière eux, buvant une gorgée de mon thé brulant.

- Si tu savais comme j'ai dû insister pour qu'ils acceptent de s'installer ici, soupira Edward à mon coté dans un sourire.

- Ca n'était pas ton rôle de nous offrir cette maison Edward ! argumenta sa mère pendant que je retenais mon sourire.

- On a déjà parlé de ça mille fois, remarqua Carlisle en buvant une gorgée de son thé.

Ses yeux bleus étaient impressionnants de clarté. Cela me perturbait, hors mis le fait qu'ils aient tous les deux les yeux clairs, je n'arrivais pas a leur trouver de ressemblance significatives avec leur fils. Je balayai cette pensée d'un battement de cil : personne n'est obligé d'être le portrait craché de ses parents.

- Qui sont les enfants qui offrent des maisons à leurs parents pour Noël ? Franchement ?

- Ceux qui sont des célébrités ? nargua Edward un sourire fixé sur les lèvres.

- Ne le laissez pas vous acheter tout ce qui lui passe par la tête, me conseilla sa mère en se penchant légèrement vers moi, visiblement amusée de la situation.

- Je l'ai déjà prévenue que je n'accepterai pas n'importe quoi, m'amusai-je en jetant un regard à Edward qui leva les yeux au ciel avec exagération.

- Il est très têtu, intervint son père.

- M'en parlez pas ! grognai-je, faisant éclater de rire ses parents.

- Il est là et vous entends, fit remarquer Edward en continuant de boire son thé.

- Tu devrais lui faire visiter la maison pendant qu'on prépare le repas et vous pourriez ensuite profiter de la piscine ! Vous mangez avec nous ce midi ? demanda sa mère dans un sourire ravi.

Je jetai un coup d'œil a Edward qui me fit comprendre dans un sourire que cela était à moi de décider ce que je voulais faire. Je reportai mon attention à ses parents qui n'attendaient plus que notre accord, le même sentiment brillant dans leurs yeux.

- Avec plaisir, soufflai-je timidement, récoltant la joie de la famille autour de moi.


Edward me fit visiter la maison qui se dressait sur deux étages. Tout était magnifique, Esmée, qui avait refait toute la déco, avait beaucoup de goût. La dernière pièce était la chambre d'Edward. D'Edward adolescent. Cela me fit sourire.

- Elle a tout installé comme c'était dans notre ancien maison… quand j'avais 12 ans, m'expliqua Edward.

J'éclatai de rire en avançant dans la chambre. Des grandes baies éclairaient la pièce. Plusieurs figurines de Star Wars étaient exposés sur de grandes étagères blanches. Des posters, des livres, et des centaines de CD décoraient la pièce. J'avais la sensation de découvrir une autre partie d'Edward. Plus intime, plus profonde, qui faisait la lumière sur toutes ces choses que j'ignorai encore sur lui : une grande partie de son enfance et de sa vie, en soi. Un lit une place était fait, comme si quelqu'un allait se coucher dedans le soir même. Si je n'avais pas vu le poolhouse, j'aurai pu penser qu'Edward vivait dans cette chambre. Un petit bureau marron dans l'angle droit de la pièce attira mon attention. Sur le mur de droite, des dizaines de photos étaient exposées.

Plusieurs d'entre elles montrait Edward, enfant, puis adolescent, avec des amis. Sur quelques unes, je reconnu Tanya. Malgré moi, et le fait que je savais qu'elle ne faisait plus partie de sa vie depuis des mois, je me crispai en sentant mon ventre se nouer.

- Esmée n'a pas prit le temps de les enlever, s'excusa Edward en s'approchant.

- C'est rien, balayai-je d'un revers de main.

- Ca n'est pas rien, murmura-t-il en me faisant tourner dans ses bras.

Je retrouvai ses yeux clairs et sincères, me détendant immédiatement.

- Je t'assure que si. Elle a fait partie de ta vie pendant tellement de temps… je ne peux pas ignorer le fait qu'elle dût venir ici un bon paquet de fois.

- Pas tant que ça, avoua-t-il en haussant les épaules. Elle… elle ne s'entendait pas vraiment bien avec ma mère.

- Oh.

Je laissai passer un silence, me demandant ce qu'elle pouvait lui reprocher.

- Je peux te demander pourquoi ?

- C'est un peu… compliqué, souffla-t-il.

Même si cela fut imperceptible, l'atmosphère changea doucement. J'essayai de ne pas tenir compte du fait qu'il cherchait sans arrêt à éviter plein de sujet mais cela m'étais de plus en plus difficile et la déception enserra ma poitrine. Après la nuit que nous venions de passer, après tout ce que nous avions vécu ces dernières semaines, j'avais espéré qu'il se livre un peu plus à moi. Le fait de constater que cela n'était pas le cas me déroutait. J'inspirai doucement, essayant de mettre mes ressentis de coté.

- D'accord, soufflai-je juste avant de m'éloigner pour continuer ma découverte de son mur de photos.

Durant mon observation méticuleuse qui me fit très régulièrement sourire, quelque chose me chiffonna : il n'y avait pas une seule photo de lui petit. Pas de photo de lui bébé, avec ses parents ou ses grands-parents. La photo où je le repérai où il était le plus jeune datait certainement de l'année de ses sept ou huit ans.

Edward resta silencieux en m'observant faire le tour de la pièce. Le malaise dans lequel il nous avait mis en ne m'expliquant pas pourquoi Tanya et Esmée ne s'entendaient pas me faisait me sentir étrange. Pourquoi ne me faisait-il toujours pas confiance ? Après tout ce que nous avions traversé ? Une nouvelle fois, j'essayai de repousser ce sentiment de panique qui emprisonnait ma gorge dès que je pensais à tout ce qu'Edward ne me racontait pas de sa vie et de son passé.

Je m'approchai à nouveau du petit bureau pendant qu'il décrochait quelques photos du mur : celles avec Tanya. Quelque part, bien qu'il ne soit en aucun cas obligé de faire le choix de les faire disparaitre maintenant, qu'il le fasse me fit du bien. Je retins un sourire en croisant son regard serein. Il ouvrit le petit tiroir du bureau, balança les quelques clichés dedans en silence. Je m'entendis déglutir en faisant tomber mon regard dans le tiroir. J'avais la sensation, qu'ainsi, il me choisissait, et qu'il me laissait complètement et totalement la place… Ici, et dans sa vie. Au fond du tiroir, sur plusieurs papiers jaunit par les années, je repérai une photo que je n'avais pas vue accrochée au mur. Était-elle déjà dans le tiroir avant qu'il ne range les autres ?

- C'est toi ? demandai-je, ma curiosité l'emportant en saisissant la photo.

Edward à mon coté se figea malgré le fait qu'il fit son maximum pour rester impassible. La photo un peu cartonnée entre mes doigts dont le papier avait été tellement touché qu'il s'effritait à l'arrière, je relevais le regard vers lui. La tension dans son corps semblait élevée maintenant et je compris que je venais de mettre le doigt sur quelque chose de vraiment… compliqué.

Edward baissa les yeux sur la photo avant de s'asseoir sur le petit lit aux couvertures grises.

- Oui, finit-il par me dire après une instant.

Mes yeux se baissèrent sur la photo entre mes doigts. Le bébé, les yeux aussi clairs que ceux d'Edward aujourd'hui, étaient allongé sur une couverture bleu ciel, dans un jardin, riant aux éclats. Je me surpris à sourire : je l'aurai probablement reconnus entre mille. Déjà petit, Edward avait cette grâce incroyable qui ne l'avait jamais quittée. Cependant, ça n'était pas ça qui me perturbait, mais le petit garçon aux yeux bleus qui le tenait contre lui, souriant comme un ange. Il était vraiment beau, et je me demandais qui il pouvait être. Quel âge avait Edward sur cette photo ? Un an ? Dix-huit mois ?

- J'avais tout juste un an, souffla Edward avec calme.

Lisait-il dans mes pensées ? Ou avais-je pensé, une fois n'est pas coutume, à voix haute ?

J'attendis qu'il poursuive, mais son regard se perdit sur la photo entre mes doigts et il resta silencieux un moment. Les souvenirs semblaient danser devant lui, l'éloignant de moi, et le rendant plus éteint que je ne l'avais jamais vu auparavant. Je fronçais les sourcils en avançant doucement vers lui. La photo toujours dans ma main droite quand je l'atteignis, je caressai ses cheveux doucement glissant mes doigts dedans, espérant le ramener à notre réalité sans le brusquer. Il releva les yeux vers moi, me faisant frissonner devant la profondeur de son regard.

J'hésitai quelques secondes avant d'oser poser la question qui me brulaient les lèvres.

- Qui est-ce, avec toi ?

Ses yeux se baissèrent à nouveau sur la photo entre mes doigts. Ses doigts atteignirent le papier abimé puis il le prit pour l'observer. Il inspira profondément, semblant se poser mille questions et revivre mille souvenirs. Ma main passa à nouveau dans ses cheveux, puis glissèrent dans sa nuque, cherchant à apaiser cette tension grandissante en lui. Que pouvait-il bien cacher pour être aussi… vide, soudain ?

- C'est mon frère, lâcha enfin Edward après un temps interminable.

Son frère ? Il avait… un frère ? Je m'assis à ses côtés en serrant les dents, lui laissant le temps de rassembler ses pensées pendant que mon cerveau fulminait. J'allais certainement imploser. J'inspirai profondément, espérant calmer les battements de mon cœur trop rapides et mes pensées qui se dispersaient.

Je ne voulais pas me mettre en colère contre lui : cela ne ferait qu'empirer son silence avec lequel je vivais très mal depuis les premiers instants. Cela était légitime de sa part de ne pas se livrer à la première venue… même à moi. Qui étais-je, pour oser prétendre avec quelconque droit sur sa vie et son histoire ? Si la situation avait été l'inverse, je ne lui aurai certainement pas livré mes secrets aussi facilement mais, malgré moi, je ne pouvais m'empêcher de me sentir blessée qu'il ne m'ait jamais parlé de quelque chose d'aussi important qu'un frère caché.

Je repoussai ce sentiment, essayant de me mettre à sa place tout en l'observant. Ma main glissa le long de son poignet qui tenait la photo, essayant de lui montrer ainsi à quel point j'étais prête à l'entendre et à le soutenir. Qu'importe ce qu'il me raconterait.

Ses yeux retrouvèrent les miens. Leur intensité me coupa le souffle et noua mon estomac. Ce que je lu dans ses yeux fit accélérer mon cœur. La confiance, l'envie de se livrer et la peine se mêlaient, rendant son regard profondément captivant.

- C'est la partie sombre de l'histoire, murmura-t-il dans un sourire sans joie.

- Je reste là, dis-je sur le même ton.

Il soupira bruyamment, cherchant à évacuer la tension qui secouait son corps. Je lui souris doucement, espérant lui insuffler assez de confiance pour qu'il se livre enfin.

- Je… Je ne suis pas le fils biologique de Carlisle et Esmée, lâcha-t-il, ses yeux scrutant les miens à la recherche de la moindre faille de ma part.

Je déglutis difficilement, encaissant sa révélation en ravalant le spasme qui tordit mon ventre. Il avait été… adopté par Carlisle et Esmée ?

- Je suis né à Chicago, expliqua-t-il d'une voix basse. Ma mère et mon père vivaient dans un des quartiers les plus pauvres de la ville. A l'époque Chicago était un des points les plus importants d'un trafic énorme de stupéfiant en tout genre. C'était une plaque tournante et mes parents sont tombés la tête la première dedans dès leur adolescence. J'ai pas... j'ai pas beaucoup de souvenirs de ma vie là bas, et ceux que j'ai sont...

Il soupira avant de reposer la photo à coté de lui, sur la couverture de lit, laissant sa phrase en suspends. La froideur de sa voix quand il parlait de sa mère était douloureuse. Ma main glissa dans la sienne et je nouai nos doigts doucement, sentant avec émotion ses mains trembler.

- Mon père… il est mort quand ma mère était enceinte de moi. Il trafiquait de la drogue… il y a eu un règlement de compte et il a été abattu en pleine rue le soir de Noël. Mon frère avait tout juste 5 ans quand je suis né. Ma grand-mère maternelle nous a recueillit avec ma mère jusqu'à mes 5 ans. Mes souvenirs d'elle sont… flous. Quant à ma mère biologique... Elle a fait plusieurs séjours en cure de désintoxe... elle s'en sortait... et elle replongeait à chaque fois. Ma grand-mère s'occupait de nous chaque jour. On était heureux quand on était avec elle... elle nous faisait du thé, elle nous faisait faire des gâteaux et nous emmenait à l'école de manière régulière. C'est elle qui m'a fait découvrir la musique, confia-t-il en me lançant un regard empli de nostalgie.

Je lui souris du mieux que je pus, ayant du mal à soutenir son regard sombre.

- Elle à eut un cancer de l'estomac, reprit-il après une minute où il se perdit dans ses pensées. Elle s'en est pas sortit. Ca à... ça a anéanti ma mère qui était clean depuis presque un an quand elle est décédée.

Mon pouce caressa sa paume dans un geste que j'espérai réconfortant. Je ne voulais pas l'interrompre, pour une fois qu'il se livrait à moi de la sorte, je n'étais pas prête à ce qu'il s'arrête.

- Elle a replongée, comme tu t'en doutes. On a été livrés à nous-même avec une mère toxico, un vieux mobil-home en guise de maison, et Mickeal, mon frère, s'est occupé de moi à sa place. Il m'apprenait à lire et à écrire les jours où notre mère n'était pas capable de nous emmener à l'école. Il nous faisait à manger, il lavait notre linge... Ma mère... notre mère était défoncée du matin au soir et les hommes... elle ramenait des mecs dans la pauvre caravane où l'on vivait toutes les semaines. Je t'épargne les détails les plus glauques. On a tout connus. Certains étaient des… monstres. Ils étaient presque tout le temps violents... même avec nous. David à été le pire d'entre eux. Il était violent, alcoolique, sadique et défoncé à toute heure. Mickael a été frappé vraiment, vraiment énormément de fois et...

Il s'arrêta, inspira puis s'éclaircît la voix avant de reprendre.

- Il a toujours fait en sorte que ce… David ne me touche jamais.

Il secoua la tête, chassant les souvenirs qui le faisait trembler. Les larmes brulèrent mes yeux devant les horribles souvenirs qu'il me livrait, me faisant frissonner d'effroi. Quel enfant pouvait vivre de telles choses ? Comment pouvait-on penser et savoir que des enfants vivaient ce genre d'horreur au quotidien sans rien faire ? Cela voulait-il dit que son frère avait été tabassé ? Torturé ? Abusé ? La nausée brula mes lèvres alors que je m'efforçais de garder mon calme.

- Ca à duré des mois, reprit-il d'une voix étranglée. Quand j'ai eu 7 ans, je suis rentré de l'école un soir d'octobre par le bus de la ville. J'me rappelle de mettre dit que la pluie allait encore inonder la minuscule cuisine qu'on avait dans le... dans la poubelle où nous vivions.

Il soupira à nouveau, puis me jeta un regard. Je tentai de rester le plus impassible possible, essayant de rester le plus forte possible… pour lui. Il se pinça légèrement les lèvres, semblant brutalement rongé par le bien fondé de me raconter son histoire, aussi noire soit-elle. Mes doigts serrèrent les siens plus forts alors qu'on inspira en même temps.

- Je ne bougerai pas, lui soufflai-je doucement, espérant qu'il laisse enfin véritablement tomber le masque de qui il était vraiment.

- Je sais, avoua-t-il sur le même ton.

A nouveau, il fit une pause, ressassant ses souvenir un boucle avant de soupirer.

- Quand j'ai ouvert la porte ce soir là... Mickael qui était rentré plus tôt de l'école pour aller faire des courses m'a immédiatement poussé pour ne pas que je rentre... mais je… je l'ai vu, murmura-t-il, la voix tremblante. Elle a fait une overdose. Elle était…

Il soupira alors que les larmes me piquaient à nouveau les yeux devant la tristesse de son expression. Ma gorge était si serrée qu'elle en était douloureuse. Comment un enfant qui avait vécu des choses aussi épouvantables pouvait-il être devenu cette homme si gentil, attentionné et merveilleux aujourd'hui ?

- Je t'épargne les détails sordides.

- Edward…

- Ca ne sont pas des choses qu'on… qu'on livre facilement.

- Je... je comprends, soufflai-je doucement, essayant de garder une voix égale. Je... je suis tellement désolée, balbutiai-je en passant mes doigts dans ses cheveux en désordre, juste au dessus de son oreille. Et ce… David ? grimaçai-je, me retenant de me mettre à hurler.

- Disparut. Il a dût se trouver d'autres victimes à se mettre sous la dent.

Il haussa les épaules puis inspira profondément plusieurs fois avant de me regarder. Ses grands yeux ternes accrochèrent les miens. Pendant de longues secondes, je n'eus pas le choix que de soutenir son regard, le cœur battant douloureusement dans ma poitrine.

- C'était il y a tellement longtemps que j'ai parfois la sensation que c'était... une autre vie, avoua-t-il dans un souffle.

- Je comprends, soufflai-je la voix tremblante.

Il laissa passer un silence, me dévisageant avec toujours cette même intensité qui nouait mon ventre.

- Qu'est-ce que... j'imagine que ton histoire à une suite…

- Oui.

Il prit quelques secondes pour rassembler ses souvenirs. Mes doigts caressèrent les siens, lui laissant le temps dont il avait besoin.

- On a été placé dans foyer, ensemble. Mickeal me protégeais toujours, tout le temps. Il était... il était vraiment grand, vraiment mature pour son âge. On y est resté plusieurs mois et, un matin de juin, une famille est venue pour l'adopter.

Il cligna des yeux plusieurs fois, comme pour chasser les émotions qui faisaient trembler sa voix.

- Lui seul ? demandai-je doucement.

- Oui. Ils n'avaient de place que pour un seul enfant.

Je n'osai imaginer à quel point cette séparation avait dû être douloureuse pour eux deux.

- Et... après ? osai-je après une minute où il se perdit à nouveau dans ses souvenirs atroces.

Il passa sa main libre sur son visage chassant les traces de son chagrin et soupira.

- Je ne l'ai plus revu.

- Jamais ?

- Jamais.

Je me pinçai les lèvres, essayant de remettre le puzzle de ses souvenirs en place.

- Carlisle et Esmée m'ont adopté quelques mois plus tard. J'ai été… j'ai été un petit garçon très… colérique, et turbulant.

Je me souvins qu'il m'avait confié dans ses mails avoir été un enfant très en colère, qui avait mis du temps à s'apaiser. Sans m'en être rendue compte, il m'avait déjà soufflé des éléments de son enfance par petits bouts.

- Tu souffrais, intervins-je en réprimant un frisson devant son visage sombre.

- C'était… c'était plus que ça. Mais ils n'ont jamais baissés les bras… jamais.

Il jeta un regard autour de nous, semblant revenir à notre réalité doucement. Lentement, le voile de tristesse s'effaçait.

- Ils méritaient largement que je leur offre cette maison, et si je pouvais leur offrir la Terre, je le ferais. Sans l'ombre d'une hésitation. Ils ont… tellement faits pour moi. Ils m'ont sauvés, littéralement.

Il risqua un sourire en retrouvant mon visage. Je lui rendu du mieux que je pus en dépit de l'émotion qui enserrait ma gorge douloureusement.

- Ils auraient pus abandonnés mille fois. J'ai été… je te jure, le pire des gamins… j'ai volé, j'ai été violent, j'ai été… incroyablement mal élevé…

- Tu souffrais Edward, lui répétai-je pour la deuxième fois.

- Ca a duré presque une année entière avant que je ne comprenne qu'ils… ne me lâcheraient pas, qu'ils ne renonceraient pas.

Un sourire triste étira ses lèvres.

- Petit à petit… je me suis apaisé. Ca a mis plusieurs années avant que je n'arrive à être un enfant heureux.

A nouveau, il fit une pause pour rassembler ses pensées. Ses sourcils se froncèrent légèrement, me faisant frissonner.

- Depuis quelques années j'ai… j'ai tout fait pour retrouver Mickael mais... il a comme... disparut.

Je fronçai les sourcils pendant que sa confidence arrivait à mon cerveau perturbé.

- Le foyer où vous étiez n'a pas pu t'aider ?

- Ils n'ont rien voulu savoir. J'ai même essayé d'acheter la secrétaire, avoua-t-il en secouant la tête. Ils sont liés au secret professionnel et n'ont jamais rien voulu me dire concernant la famille qui a adopté mon frère, ou même la ville dans laquelle il est partit…

Il se perdit dans ses pensées quelques secondes pendant que j'assimilai les informations qu'il venait de me lâcher.

- Je l'ai cherché partout. Vraiment. Pendant des années… Et je... tu sais j'ai... tout le monde sait qui je suis, murmura-t-il en me dévisageant. J'ai fini par me dire que si il avait voulu me retrouver... il aurait eu les moyens de le faire, n'importe quand. Mais peut-être qu'après tout ce qu'on a vécu… peut-être qu'il a simplement… peut-être qu'il n'a jamais eut envie de le faire.

Je fronçai les sourcils, perturbé par son dernier aveu.

- Je ne pense pas, rétorquai-je doucement. Même après toutes ces... horreurs que vous avez vécu... je suis sûre qu'il est là quelque part à t'attendre... peut-être même qu'il te cherche lui aussi.

- Je ne...

- Tu ne sais pas, le coupai-je le plus délicatement possible. Si... si j'étais lui, ou toi... je n'abandonnerai pas.

Je pensai alors que je pourrais en parler à mon père, qu'il fasse marcher les relations qu'il lui restait au sein de la police, lui qui en avait été chef, avant de me raviser. Personne n'était au courant de cette histoire, et en aucun cas je ne voulais être celle qui dévoilerai les secrets profonds et douloureux d'Edward.

L'expression de son regard changea lentement, passant de la tristesse à une émotion plus douce, plus profonde. Sa main libre se releva vers mon visage et il caressa ma joue du revers de sa main avant de poser sa paume contre mon cou. Immédiatement, comme par automatisme, mon cœur s'accéléra. La dévotion que je lus dans ses yeux me fit frissonner de la tête aux pieds pendant que ma gorge se serrait devant la tendresse de ses prunelles.

- Merci, susurra-t-il lentement.

Son pouce passa lentement sur ma bouche, ses yeux d'une profondeur inédite ne lâchant pas les miens un seul instant. Je me mordis les joues pour contenir les émotions intenses qui me secouaient de la tête aux pieds sous la chaleur de ses yeux.

- Je suis là, réussi-je à souffler en dépit des émotions violentes qui me traversaient.

Un sourire sincère illumina son visage, avant qu'il ne se penche pour m'embrasser lentement. Je savourai la douceur de son geste et le gout de ses lèvres, pleinement consciente qu'il venait de se livrer à moi certainement comme à personne d'autre. Sa main glissa dans ma nuque, me rapprochant d'autant plus de lui alors que ses lèvres se faisaient plus avides, travaillant les miennes avec passion pendant de longues secondes, allumant inlassablement le feu dans mon bas ventre.

Un raclement de gorge nous interrompit. Je priai une demie seconde que le sol m'engloutisse avant de croiser le regard amusé de Carlisle à la porte. Je me sentie rougir jusqu'à la racine des cheveux quand Edward lui apporta toute son attention. J'eus de la peine à entendre Carlisle annoncer que la piscine nous attendait avant qu'il ne disparaisse, redescendant les escaliers en sifflotant.

- On redescend ? finit-par demander Edward en se tournant vers moi, visiblement amusé par ma gêne.

- Quand j'aurai fini de mourir de honte, marmonnai-je en laissant tomber mon visage contre son épaule.

Il éclata de rire, allégeant l'atmosphère étrange et lourde qui régnait depuis qu'il m'avait raconté son histoire. On se releva, puis Edward alla ranger la photo de son frère et lui dans le tiroir du bureau qu'il referma.

- Merci de m'avoir parlé, murmurai-je en le rejoignant à la porte de sa chambre.

- Merci d'avoir écouté, chuchota-t-il à son tour avant de se pencher pour m'embrasser doucement.

On regagna le poolhouse pour enfiler nos maillots de bain avant de retourner près de la piscine. Edward entra presque directement, et sans mal dans l'eau alors que je posai nos serviettes sur un des transats en bois. Le soleil commençait désormais à vraiment chauffer, et un léger vent chaud soufflait sur les collines. Cela était vraiment agréable. Mon regard se perdit quelques minutes sur la vision de rêve sous mes yeux : le corps d'Edward immergé dans cette eau transparente et l'horizon se dessinant derrière lui, la mer brillant au loin sous les rayons puissants du soleil.

Ses parents étaient dans la maison, préparant le repas accompagné d'une musique Jazz que je ne connaissais pas. Je jetai un coup d'œil à la baie du salon ouverte, admirant la beauté de ces lieux hors du commun.

- Tu viens ?

Mes yeux retrouvèrent Edward appuyé sur ses bras au bord de la piscine, le regard brulant voguant sur mon corps trop peu caché par ce maillot de bain. Mélange de plaisir et de gêne de le voir me dévorer des yeux de la sorte, je le rejoignis, m'asseyant sur le bord de la piscine en silence. L'eau un peu fraiche me fit frissonner en plongeant mes jambes dedans, ou était-ce la proximité d'Edward juste devant moi ?

Ses mains se posèrent de part et d'autre de mon corps quand il s'approcha un peu plus, son torse frôlant mes genoux à chaque inspiration. Son geste nous fit sourire tous les deux sans que l'on ne se dise rien : notre premier rendez-vous, le premier soir où nous avions été manger au restaurant du Bel'Air, et la première fois que nous avions été nous baigner tous les deux dans la piscine de l'hôtel qu'il avait privatiser… mais, surtout, notre premier baiser. Nos premières fois.

Faisant écho à mes pensées, mes yeux glissèrent jusqu'à ses lèvres roses.

- J'avais tellement envie de t'embrasser ce soir là, avoua-t-il en posant ses mains sur mes cuisses qu'il caressa doucement.

- J'avais tellement envie que tu le fasses, murmurai-je à mon tour.

On se sourit doucement, puis ses mains remontèrent sur mes hanches. Comme ce soir là, il me fit glisser dans l'eau, contre lui. Cette fois, je restai dans ses bras, le cœur battant. Je relevai le visage vers le sien pour pouvoir continuer à l'observer. Ses révélations de plus tôt résonnaient encore dans ma tête, tournant en boucle dans mon pauvre cerveau malmené. Comment avait-il pu garder ça aussi secret pendant toutes ces années ?

- Je peux te poser une question ? lui demandai-je doucement après un instant.

Il hocha la tête, son regard ancré dans le mien attendant patiemment que je poursuive.

- Comment… comment as-tu fait pour maintenir les journalistes aussi loin de toute ton enfance ?

Son regard perdit un peu de son éclat.

- Je… personne de mon entourage n'a jamais été au courant.

Je fronça les sourcils.

- Personne ? Et… ton équipe ?

- Personne, murmura-t-il, presque honteux. Seulement Tanya.

- D'accord, soufflai-je doucement.

Mon cerveau se mit à surchauffer, me faisant penser à mille chose en même temps.

- J'ai… on a fait en sorte de révéler assez d'informations pour ne pas attirer l'attention autour de mon enfance… Ma vie privée est resté… très privée. Pour mes parents, pour moi, il faut que ça le reste.

- Oui je… je comprends.

Son regard fouilla le mien, semblant chercher quelque chose. Je lui souris le plus doucement possible, essayant de lui faire comprendre que pour rien au monde je ne parlerai son histoire à qui que ce soit.

- Je ne dirais jamais rien, soufflai-je doucement.

- Je sais.

Un tendre sourire étira sa bouche. La confiance qu'il avait en moi me déboussolait. Ma boite crânienne allait certainement exploser si les secrets continuaient ainsi.

- Et… c'est pour ça, que Tanya et ta mère ne… s'entendaient pas ?

Même si cela fut imperceptible à l'œil nu, son corps entier trahit une tension grandissante.

- C'est… Tanya ne comprenait pas pourquoi je n'avais jamais rien dit concernant mon… histoire. Pour elle… je ne sais pas, elle pensait que ça pouvait faire une sorte de… de coup de pub pour ma carrière… A croire que les secrets les plus noirs sont ceux qui intéressent le plus… ajouta-t-il ironiquement.

Il soupira, son regard se perdant sur mon épaule tandis que je glissai mes bras autour sa nuque pour caresser sa peau du bout des doigts.

- On s'est souvent disputer pour ça et ma mère… mes parents se sont rangés de mon coté, pensant que cela était simplement plus… facile de garder mes souvenirs… douloureux pour moi. Les médias se serraient emparé de tout cela et…

Il soupira avant de reprendre.

- Personne n'a besoin de savoir à quel point j'ai été un enfant… maltraité. C'est trop personnel.

Je hochai la tête doucement, les pièces du puzzle de sa vie et de ses secrets se mettant en place doucement. Petit à petit les zones d'ombres s'éclairaient.

- Je ne peux pas comprendre qu'on veuille se servir de… de ta souffrance pour mettre en lumière ta carrière…

- Ma mère non plus… tu comprends que ça a été… tendue, entre elles. Quand… quand j'ai quitté Tanya elle n'avait plus vu mes parents depuis plusieurs années.

J'eus un sourire triste en pensant que cette situation n'avait pas dû être facile à gérer pour Edward. Devoir faire un choix inconscient entre ses propres parents et sa femme… Il haussa les épaules quand je retrouvai ses yeux. Dans ceux là, il n'y avait pas de souffrance ou de colère, simplement de l'incompréhension.

- Et tu n'as vraiment pas besoin de révéler ta vie privée pour que ta carrière soit parfaite, ajoutai-je après quelques secondes de silence.

Sa main mouillée caressa ma joue tendrement, son regard où tombait directement la lumière du soleil verrouillant le mien. Il était tellement beau, avait-il conscience d'être... ma perfection ?

- Je dois te remercier, d'ailleurs, intervint-il après un instant à m'observer.

Je fronçai les sourcils, sortant de mes pensées sur sa vie et sa relation avec Tanya que je n'arrivais pas à définir.

- Pourquoi ?

- Tu ne sais pas combien tu as fait plaisir à ma mère en accepter de déjeuner avec eux ce midi.

- Ca m'a parut juste… normal… Elle ne te voit pas souvent.

- C'est ce qui fait toute la différence, souffla-t-il dans un sourire tendre. Tu fais toujours ce qui te parait… juste. Tu es… encore plus extraordinaire que tout ce que j'avais pu imaginer.

Emue et touchée, je sentis mes joues se réchauffer sous la caresse de ses doigts ne quittant pas ma peau. Une douce chaleur inonda ma poitrine. Avais-je été déjà plus heureuse qu'à cet instant précis ? Avais-je déjà ressentit… ça ? Bien sûr que non.

On profita de la piscine pendant presque deux heures avant que ses parents ne nous invite à nous installer autour de la table pour partager le repas. Assise à coté d'Edward, son bras toujours posé sur dossier de ma chaise, je les observai le sourire aux lèvres partager leurs souvenirs. J'aimais l'homme qu'était Edward avec moi, mais je devais avouer que j'aimais d'autant plus celui que je découvrais ici : en paix, serein et proche de sa famille. Ses parents étaient adorables et être avec eux m'étais vraiment agréable.

Ce Week-end en Italie était définitivement une parfaite idée.

Après le repas, j'appelais mes parents pour leur donner des nouvelles. Ma mère fut -légèrement- hystérique d'apprendre que nous étions en Italie, ce pays qu'elle rêvait de voir. J'eus du mal à lui faire retrouver son calme. Pauvre Renée qui ne s'en remettait toujours pas que sa fille fréquente une star planétaire. Je lui promis au moins trois fois de parler à Edward d'un potentiel Week-end chez eux dans les semaines à venir avant de pouvoir raccrocher. J'en profitai pour contacter Rosalie et prendre des nouvelles de Gribouille : ils étaient tous les deux au paradis.

A la suite de mes appels, Edward m'enleva de la propriété de ses parents pour m'entrainer à la découverte de Trapani. Cette ville était grandiose, nichée entre montagne et mer. La chaleur était écrasante mais les nombreux palmiers et oliviers le long des rues pavés et des maisons en pierres étaient d'une beauté à couper le souffle et nous protégeais du soleil. Le charme de cette ville de pêcheur était intacte et j'en tombais complètement amoureuse.

On flâna dans les rues pendant des heures. Nos doigts liés, grignotant des cannolis remplis d'une crème à la pistache en nous baladant dans les rues ensoleillées, je savourai pleinement ces instants de paix. Ses lunettes de soleil lui cachant les yeux et sa casquette sur la tête, Edward était serein. Son sourire ne le quittait pas. De temps en temps, si nous restions un peu à un même endroit, quelques personnes le dévisageaient. Mais personne n'osa venir le déranger et je ne vis à aucun instant des photographes trainer autour de nous. Je comprenais pourquoi il aimait passer du temps ici… comparé à beaucoup d'endroit dans le monde où il était épié, ici, il était libre.

A l'approche de la fin de journée, il m'entraina dans un de ces restaurants préférés du port, nous installant en terrasse pour savourer la beauté et l'intensité du couché de soleil sur la mer.

Ce soir là, je tombais de sommeil à peine couchée, m'endormant dans ses bras, heureuse et parfaitement comblée, bien trop consciente de la chance que j'avais de voir tout ça, et surtout, de partager la vie d'un homme aussi extraordinaire qu'Edward.

Ce soir là, je tombais un peu plus amoureuse de lui.


Je m'éveillai en sursaut, bien plus tard dans la nuit. Dehors, il faisait encore nuit noire. Ma respiration rapide et les sanglots sans larmes qui me secouaient me faisait trembler, au point de presque claquer des dents. Difficilement, je me sortis du cauchemar qui m'avait éveillée…

Essayant de retrouver le fonctionnement normal de mon corps, je fouillai dans ma mémoire, cherchant ce qui avait pu m'effrayer autant.

- Isabella ?

Le son de la voix endormie d'Edward me tira un sursaut. Le matelas s'affaissa un peu, juste à coté de ma hanche, avant que son corps chaud ne se retrouve contre le mien et que sa bouche n'embrasse la peau de mon cou délicatement.

- Ca va ?

- C'est… un cauchemar, balbutiai-je difficilement.

Son bras encercla ma taille.

- Tout va bien, murmura-t-il d'une voix cassée.

J'inspirai et expirai bruyamment, calmant les soubresauts de mon corps tétanisé.

- Tu trembles comme une feuille, constatât-il en se redressant, ses mains trainant sur mon corps couvert d'un t-shirt à lui.

- Rendors toi, ça va passer, murmurai-je en secouant la tête, refusant de perturbé son sommeil.

Son soupire fit frissonner ma peau. La petite lumière de la table de chevet illumina la pièce la seconde d'après, me faisant cligner des yeux plusieurs fois. Sans savoir pourquoi, le fait de voir la pièce aussi doucement éclairée me rassura. Edward me dévisagea quelques secondes, son regard endormi glissant sur mon visage sans jamais se poser nul part. Habilement et avec une facilité déconcertante, il me fit m'asseoir en travers de ses genoux, plongeant son visage dans mon cou. Ses bras me serrèrent contre lui, apaisant doucement le rythme de mon coeur et l'angoisse grandissante au creux de mon estomac.

Après quelques minutes à me bercer, mes tremblements cessèrent enfin et j'arrivai à être plus calme.

- Ca va ? finit-il par me demander en se redressant pour m'observer.

- C'était juste un cauchemar, m'excusai-je en passant une main dans ses cheveux retombant en pagaille sur son front.

- Tu veux en parler ?

- Je ne m'en souviens même pas, confiai-je en fouillant ma mémoire à la recherche de quelque chose; n'importe quoi qui puisse expliquer ces vagues d'angoisses qui m'avaient réveillée.

J'avais beau tourner et retourner mes pensées, les souvenirs de ce cauchemar ne voulaient pas revenir. Je soupirai avant de caresser le front d'Edward du bout des doigts. Sa main caressa mon cou distraitement, finissant d'apaiser mon corps malmené.

- Excuses moi de t'avoir réveillé.

- Cesse de t'excuser veux-tu ? Je suis aussi là pour ça.

Un doux sourire étira ses lèvres, puis les miennes. Mon corps se détendis brutalement contre le sien.

- Je préfère ça, murmura-t-il en passant son pouce sur ma bouche.

J'embrassai sa peau au passage, me retenant de peu de le gouter du bout de la langue. Son regard, maintenant parfaitement réveillé, devint plus profond, plus sombre. Quelque chose dans l'atmosphère autour de nous changea, presque imperceptiblement, mais mon corps entier le sentit.

Instantanément, mon cœur s'accéléra.

Mes mains, encore un peu tremblantes, entourèrent son visage et je me penchai sur ses lèvres au moment où sa main glissa sur ma nuque. Nos bouches se frôlèrent, puis s'embrassèrent lentement. Je savourai le goût sucré de ses lèvres contre les miennes, passant mes jambes de chaque coté de son corps brulant sous moi. Dans le mouvement, mon bassin frôla le sien, faisant sursauter mon cœur.

Avec envie, ses mains dessinèrent les contours de mon corps encore recouvert de son vêtement jusqu'à trouver mes reins sur lesquels il fit appui pour pousser mon bassin vers le sien, créant une friction des plus incroyables entre nos deux corps.

Un grognement s'étrangla dans sa gorge, et, soudain, mon corps entier s'enflamma.

J'en voulais bien plus.

Sa bouche quitta la mienne quelques secondes, me laissant le loisir de contempler son visage parfait. Ses yeux étaient tellement sombres avec le peu de lumière de la pièce que j'aurais pu croire, si je ne le connaissais pas si bien, qu'ils étaient noirs.

Une de ses mains glissa dans ma nuque, l'autre descendit contre le haut de mes fesses. Ses doigts passèrent dans le bas de mon dos, caressant ma peau sous le tissus avant de le faire remonter. Ses lèvres retrouvèrent les miennes, mon cœur s'accélérant sous l'assaut de sa bouche avide.

Rapidement, il fit passer mon t-shirt par dessus ma tête, le faisant disparaitre plus loin. Sa bouche retrouva ma peau nue qui se couvrit de frissons à la chaleur de sa langue.

Inlassablement, mon bassin ondulait contre le sien, créant une friction entre nos corps des plus incandescentes. Pourquoi avais-je toujours la sensation que chaque fois que nous faisions l'amour était meilleure que la précédente ? Mon cœur sursauta à cette pensée. Mes cuisses serrèrent les siennes alors qu'un gémissement m'échappait, sa bouche toujours sur ma peau, sentant mon plaisir monter de manière inédite.

Lentement, il nous fit tourner pour me surplomber. Entre ses bras, je me sentais protégée, et choyée. La façon dont il m'embrassait, la manière dont son corps se frottait contre le mien sans sembler sans rendre compte, cette façon inédite dont ses yeux me dévoraient… Rien ni personne n'avait d'égal face à ce que je ressentais à cet instant précis.

Mutuellement, on se déshabilla, enlevant le reste de nos sous-vêtements avec empressement. Un de ses bras passa sous mes reins, me ramenant un peu plus contre son corps brulant. Son visage plongea dans mon cou tandis que son désir frôlaient le mien dans une caresse insupportable, me faisant fermer les yeux dans un trop plein de sensation et d'émotion. J'avais la sensation que mon corps allait explosé à l'instant où son corps serait dans le mien.

Il me souleva et m'emporta avec lui à travers la chambre avec une facilité déconcertante. Mes lèvres embrassèrent son cou, sa mâchoire, son menton avant d'effleurer à nouveau sa bouche. Au même instant, mon dos s'écrasa presque brutalement contre un mur et mes yeux s'écarquillèrent quand je le sentis un peu plus contre moi, ses mains puissantes me maintenant contre le mur.

Sa bouche retrouva la mienne, envahissant ma bouche dont il prit le contrôle absolu de longues secondes, mon corps se tordant contre le sien alors que mes plaintes s'étouffaient contre sa langue. Ses deux mains agrippèrent mes cuisses quand il se recula assez pour respirer lourdement. Il n'avait jamais été aussi passionné, et je sus en croisant ses yeux qu'il était entrain de perdre le contrôle. Son regard transpirait de désir, de dévotion et les larmes brulèrent brutalement mes yeux face aux émotions beaucoup trop vives qui me traversaient sans répit.

Je l'aimais, et c'était certainement bien plus que cela. C'était lui, l'âme sœur à laquelle j'avais toujours cru. Lui, cette âme faite pour épouser la mienne… cette nuit là, j'avais envie d'y croire.

Mon sang pulsait à toute vitesse dans mon corps et peu importait si je ne comprenais pas totalement comment quelqu'un d'aussi parfait que lui pouvait désirer quelqu'un comme moi… cela n'eut absolument plus la moindre importance quand son corps glissa en moi lentement, m'emplissant de la façon dont lui seul savait le faire.

L'apaisement gagna mon cœur presque aussitôt.

Enfin, nous étions réunis.

Enfin connectés, ensemble, pour de vrai.

Nos corps ne faisaient qu'un, à tel point que je ne savais plus où finissait le mien, et où commençait le sien.

Mon souffle se coupa sous sa poussée et ses yeux ne quittèrent pas les miens un seul instant. Il ne bougea plus pendant quelques secondes, son souffle saccadé s'écrasant contre mes lèvres. Ses doigts s'enfoncèrent dans la chair ma cuisse quand il se retira avant de revenir tout aussi lentement. Je me cambrai contre lui, incapable de réfréné mon corps dont la brûlure se ralluma soudainement. Un gémissement rauque lui échappa. Ses lèvres couvrirent les miennes l'instant d'après. Sa langue s'insinua dans ma bouche, son corps ne bougeant plus à nouveau.

Je m'entendis gémir son prénom dans une supplique, prête à le supplier de faire quelque chose -n'importe quoi- pour soulager la brulure lancinante de mon corps en feu. Son corps quitta presque le mien posément pour y revenir tout aussi lentement. Comment pouvait-il être si calme, si contrôlé ? Mon cœur semblait vouloir quitter ma poitrine et ma peau prendre feu.

Il s'enfonça, dans un grognement, un peu plus profondément en moi, et nos souffles laissèrent place à un gémissement commun. Il recommença quelques mouvements tout aussi lents. Le plaisir que je ressentais n'avait jamais été aussi fort, avec personne, ni même avec lui.

Mon dos frottait contre le mur derrière moi à chacun de ses mouvements. La brûlure en était presque douloureuse, mais cela n'était rien comparé à lui, en moi. Le reste n'avait absolument aucune importance.

Ses mouvements étaient si espacés, si lents que je le suppliai de faire quelque chose dans un soupire. Il soutint son rythme lent et mesuré, embrassant mes lèvres entrouvertes en soufflant mon prénom comme une prière.

Sa langue suça la mienne et l'aspira lentement pendant que ses coups de reins se faisaient plus profonds, moins espacés. Il quitta ma bouche et j'inspirai du mieux que je pus pour reprendre un semblant de souffle alors qu'il continuait d'aller et de venir en moi, la tendresse se mêlant à notre étreinte.

Mon ventre en feu se tordit douloureusement.

Il murmura mon prénom, me faisant basculer aux vibrations de sa voix contre mes lèvres.

S'en était trop, mon corps ne pouvait en supporter d'avantage. Mes cuisses se serrèrent autour de sa taille et son regard ne quitta pas le mien quand une première vague de plaisir s'abattit sur moi brutalement, me faisant me tordre entre le mur et lui, l'immobilisant pratiquement en moi tant mon corps serra le sien avec violence. Il étouffa un grognement en fondant sur ma bouche, étouffant mes gémissements contre sa langue.

J'eus à peine le temps de reprendre conscience, respirant beaucoup trop vite, que son corps reprit de plus belle ses mouvements en moi, me faisant ouvrir mes yeux grands écarquillés dans les siens. Ses iris sombres firent renaître le feu en moi alors que son corps accéléra dans le mien, accueillant mes tremblements comme un cadeau.

J'eus l'impression que j'allais quitter mon corps.

Mon dos se creusa pour accentuer le mouvement de son corps dans le mien, me rendant à nouveau pleinement consciente de notre réalité. Sa main remonta dans ma nuque et attrapa mon visage qu'il tira vers lui brusquement, collant son front au mien alors que ses lèvres fondent sur les miennes. Mes bras entourèrent sa nuque pendant qu'il m'embrassait avec une ardeur désarmante.

Mes mains fouillèrent ses cheveux humides, nos corps bougeant au même rythme. Sa bouche quitta la mienne et son visage s'enfonça dans mon cou. Il m'embrassa sous l'oreille tendrement, contrastant avec la passion de son corps dans le mien tandis que ses mouvements se faisaient plus profonds, plus rapides et saccadés. Ses gestes parfaits mélangés à son souffle brulant contre mon épaule manquèrent de me faire perdre pied une deuxième fois.

- Edward… s'il te plait, gémis-je lamentablement faisant tomber mon front contre son épaule.

Je m'efforçai de ne pas morde sa peau quand ses coups de reins s'accélérèrent encore, faisant claquer sa peau contre la mienne.

Je l'entendis jurer quand mon corps fut, à nouveau, prit de convulsions contre le sien. Mon dos s'arqua, mes yeux se fermèrent, ma respiration se coupa et une plainte m'échappa. Mes muscles se serrent autour de lui avec frénésie tandis que je me mordais la langue pour ne pas crier. Je l'entendis vaguement étouffer un autre juron avant de morde mon épaule et de gémir plus fort contre ma peau. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma cuisse un peu plus lorsqu'il se libéra, l'orgasme le terrassant à son tour.

Il lui fallut quelques secondes pour se stabiliser tant ses jambes tremblaient.

Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun de nous ne parle. Je repris mon souffle difficilement, lentement, le front contre son épaule. J'aurai voulu ne plus jamais bouger. J'étais à bout de force, comme si toute mon énergie m'avait désertée. Ses lèvres embrassèrent l'endroit où il m'avait mordu, comme pour s'excuser de son geste, provoquant un frisson au contact de sa bouche sur ma peau.

Lentement il se redressa, jusqu'à poser son front contre le mien. Ses yeux étaient si profonds et son regard si intense que j'eus du mal à respirer à nouveau, écrasée par tout ce que je pouvais ressentir pour lui.

Je l'aimais. Je l'aimais tellement que j'avais la sensation que mon cœur allait exploser. Mes sentiments remontèrent dans ma poitrine, comprimant mon cœur et oppressant ma gorge avec violence. En une seconde, mes sentiments m'engloutirent, faisant trembler mon corps entier. Les larmes brulèrent mes yeux, débordant sans prévenir avant de rouler sur mes joues silencieusement.

Les traits d'Edward changèrent immédiatement, l'inquiétude déformant son beau visage si paisible l'instant d'avant.

- Isabella… qu'est ce que… Je t'ai fait mal ?

Je secouai la tête en me pinçant les lèvres, avec la sensation que mon corps allait exploser si je ne sortais pas immédiatement tout ce que j'avais dans le cœur et l'âme depuis que mes yeux avaient croisés les siens. Comment mes sentiments pouvaient-ils être si forts, si intenses ? Comment pouvais-je lui dire absolument tout ce que je ressentais pour lui ? Avait-il conscience d'à quel point il était un homme incroyable ? A quel point il était parfait à mes yeux ?

Ma perfection.

- Alors pourquoi pleures-tu ? demanda-t-il doucement, ses pouces effaçant mes larmes à mesure qu'elles dévalaient mes joues.

- Parce que je t'aime, croissai-je, laissant mes sentiments prendre le dessus sur tout ce que j'étais. Je t'aime tellement que j'ai la sensation que mon cœur va exploser.

Le souffle d'Edward se coupa, me faisant par la même occasion réaliser l'impacte de mes paroles sur nos corps entiers. Instantanément, ses traits se détendirent, un sourire tendre et heureux prenant place sur ses lèvres. Son regard précédemment inquiet se transforma immédiatement en lave brulante, incandescente, d'une douceur incroyable. Mon cœur s'accéléra à nouveau alors que son pouce caressa mes lèvres lentement, savourant ma peau contre la sienne.

- Je t'aime aussi, murmura-t-il dans le silence de la pièce seulement perturbée par nos respirations courtes.

La sensation d'une explosion de joie dans mon cœur fit déborder mes larmes à nouveau. Du revers de sa main, il caressa ma joue, essuyant mes larmes puis dégagea les mèches de cheveux tombées sur mon visage. Mes doigts caressèrent sa nuque lentement avant qu'il ne se penche pour m'embrasser une nouvelle fois, comme pour sceller nos mots.

Quittant ma bouche, il nous décolla du mur avant de nous allonger dans le lit avec toute la délicatesse dont il était capable. Il m'enlaça étroitement, le silence autour de nous nous berçant avec douceur alors que je retrouvai doucement mes esprits. Son corps se serra contre le mien, son torse brulant contre mon dos nu tandis que nos mains se liaient.

- Isabella si tu savais comme je t'aime, susurra-t-il contre la peau de mon cou, embrassant amoureusement ma peau sous ses lèvres.

J'avais la sensation de planer, et de ne plus jamais pouvoir toucher Terre.

Il m'aimait. Il m'aimait.


Dans la matinée, le lendemain, on profita de la piscine une nouvelle fois. Je ne me lassai pas de cet endroit. La beauté des lieux était vraiment à couper le souffle. Edward faisait un crawl parfait jusqu'au bout de la piscine, me laissant barboter ridiculement, mais peu importe : il m'aimait. Il me l'avait dit, deux fois, et j'avais eu la sensation que mon cœur allait sortir de ma poitrine à chacune d'elle.

Était-ce possible, d'aimer autant ? Était-ce réel, ces sensations ? Ces sentiments ? D'aimer au point de ne plus réussir à respirer ? D'aimer, au point que chaque seconde sans sa peau me rendait en manque ? D'aimer, au point d'être émue aux larmes parce que tout ce que je ressentais à l'intérieur de ma poitrine était tout simplement trop fort ?

Je n'avais jamais ressentit tout cela avant lui, pour aucune autre personne sur Terre. Etais-ce donc, ça, l'amour dont parlait tous les livres que j'avais dévoré ? Etait-ce lui, cette âme sœur dont parlait les comptes de fées ? Si ça l'était... quel merveilleux vertige et douce torture pour mon âme.

- Tout va bien ? demanda sa voix rauque tout près, pendant que je flottais, le sourire aux lèvres.

Faisant la planche, j'ouvris un œil pour le regarder penché au dessus de moi. Le bruit de l'eau allant et venant calmement aux creux de mes oreilles intensifiaient et éloignaient tour à tour ses mots, me faisant sourire idiotement. Lui avais-je déjà dit à quel point il était beau ?

- Tu es très beau.

Il baissa les yeux sur ma bouche rapidement, avant de poser sa main sur le haut de ma poitrine couverte par mon maillot de bain, sur mon cœur pour caresser ma peau doucement. Celui-ci s'accéléra imperceptiblement à son touché, ce qui eu le don de me faire revenir sur Terre. Nous étions chez ses parents, dans leur piscine, et ceux-là devaient être quelque part entre leur cuisine et leur salon. A n'importe quel moment ils pouvaient sortir sur la terrasse.

Je me remis sur les pieds, me remettant debout pour lui faire face. La gêne dans ses yeux face à mon compliment ne m'échappa pas. Comment une chose d'une telle simplicité de ma part pouvait-il encore le gêné ? Après sa carrière, et toutes ces femmes qui hurlaient son nom dès qu'il entrait sur un plateau ?

- Ca va ? demandai-je doucement en retrouvant ses yeux clairs.

- Tout va bien.

Mes sourcils se froncèrent, ce qui le fit sourire légèrement.

- Les compliments c'est pas… vraiment mon… truc.

Je lui lançai un regard interrogateur, espérant qu'il approfondisse sa pensée. Il soupira avant de baisser ses yeux sur mon épaule dénudée par mon maillot de bain bandeau.

- J'ai souvent eu l'impression d'être... réduit à mon physique, avoua-t-il en haussant les épaules pour paraitre indifférent. J'ai... longtemps, j'ai eu la sensation d'être une... bête de foire, un morceau de viande que mes producteurs étalaient et dont les femmes rêvaient. Avec les années... j'ai compris que c'était aussi, ça, qui faisait vendre. Tu sais, mon sourire, ma gueule… elles hurlent mon prénom mais passent à autre chose dès que je sors de scène. Personne ne s'attarde, finalement. C'est de la poudre aux yeux, on vends du rêve et c'est tout… Mais toi…

Son regard verrouilla le mien, accélérant mon cœur et nouant mon ventre. Avait-il été déjà si profond ? Et lui aussi touchant de sincérité ?

- Toi, quand tu me dis ce genre de chose… c'est… différent. Parce que tu me vois… moi. Juste moi.

Je m'entendis déglutir alors qu'il osait un petit sourire gêné.

- Je ne sais pas si ce que je viens de dire avait du sens, rigola-t-il.

Il passa une main dans ses cheveux mouillés pour les remettre en place, me donnant du mal à rester concentrée.

- Non c'est... c'est cohérent, murmurai-je, perturbée. Et ça n'est pas juste toi Edward. C'est toi. Tu es… mon Dieu, tu es tellement plus qu'une belle gueule et un corps parfait Edward ! Mais je comprends où tu veux en venir. Je… j'ai remarqué aussi qu'on faisait référence à ton physique si souvent…

- Ils ne le font pas à mal, les défendit-il en haussant les épaules à nouveau. Ca fait parler donc ça fait vendre… C'est juste du commerce. Mais je me demande parfois si j'ai fait les bons choix, si je suis plus qu'un... qu'un produit de vente, tu vois...

Je me mordis légèrement la langue en voyant l'expression de doute dans laquelle il était plongé.

- Je n'y connais rien, avouai-je en haussant les épaules, mais je suppose les producteurs te regardent différemment aujourd'hui non ? Tu... tu as fait tellement de projets, d'expériences différentes depuis le début de carrière... le fait d'avoir choisis de tourner dans des films d'auteurs plutôt que des blockbusters montre à quel point tu es autre chose qu'un physique…

- Peut-être, admit-il, mais j'ai vraiment prit des risques… beaucoup d'acteurs qui ont fait ça on vu leur carrière s'effondrer…

- Mais pas toi, le coupai-je avec un sourire rassurant.

- Non… j'ai parfois l'impression que ça a calmé l'engouement autour de moi, mais ça me va…

- Ca ne t'a apporté que du positif d'avoir fait ça. La plupart des gens se serraient contentés de surfer sur la vague de la facilité mais toi… tu l'as juste… renversée et tu as nagé à contre courant de manière grandiose. Tu devrais être fier de ce que tu as accompli Edward, ça n'est pas tout le monde qui aurait pu faire les choix que tu as osé faire.

L'émotion et les sentiments traversant ses yeux me firent frissonner. Il avait l'air réellement touché par mes mots. Ses doigts mouillés caressèrent distraitement mes joues brulantes alors que son regard semblait me pénétrer de part en part, lisant en moi aussi facilement que dans un livre.

- Encore quelque chose que l'on à en commun, souffla-t-il avec émotion.

Je fronçai légèrement les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir. S'il voulait parler de ma carrière... j'étais très loin d'être une femme accomplie à ce niveau là.

- Je... de manière différente… le fait que l'on ait osé à changé nos vies.

Un sourire sincère s'étira sur ma bouche.

- Je le referai sans hésité, m'entêtai-je en soutenant son regard.

- Peut-être que si tu ne l'avais pas fait j'aurai fini par débarquer chez toi, avoua-t-il, nous faisant rire.

- Je t'aurai surement laissé à la porte, avouai-je, savourant la mélodie de son rire.

- Tu ne m'aurais même pas ouvert ?

- Je... non mais tu imagines ?! Si tu avais débarqué chez moi…

- En pleine nuit, précisa-t-il.

- En pleine nuit ! Je serais probablement tombé dans les pommes, ou mon cœur se serrait arrêté !

- Quoi qu'il en soit, ça aurait mal finit, remarqua-t-il, véritablement amusé par mon imagination soudain débordante.

- C'est certain. Tu m'aurais cru morte, tu aurais paniqué et disparut de ma vie pour toujours… sans jamais avoir gouté mes lasagnes !

Il éclata de rire à nouveau avant de m'attirer dans ses bras, m'offrant une étreinte puissante et réconfortante. J'inspirai son odeur boisé mélangée à celle de l'eau de la pisicne en passant mes bras autour de sa taille pour me blottir un peu plus contre lui. Il n'y avait pas à dire : c'était le meilleur endroit au monde.

En fin de matinée, après avoir passé un moment à lézarder au soleil sur l'un des transats en bois, j'enfilai ma robe sur mon maillot de bain déjà sec et pénétrai dans la maison de ses parents, admirant la beauté du salon.

Pour dire vrai, je cherchai Edward qui avait disparut depuis plusieurs minutes. Désormais, mon corps ne pouvait se passer de la vision du sien pendant plus de vingt minutes. Carlisle était à tailler les oliviers dans le terrain et Esmée, vu l'odeur dans la maison, devait préparer le déjeuner. Elle m'avait demandé une heure plus tôt si nous voulions manger avec eux et, à son air adorable et au délicieux repas que nous avions partagé la veille, je n'avais pu me résoudre à lui dire non. Réponse qui avait semblé la combler et faire vraiment plaisir à Edward dans la foulée. Mon ventre gargouilla quand je pénétrai timidement dans l'immense cuisine, suivant l'odeur délicieuse de la sauce tomate qui mijotait.

- Ca sent divinement bon, m'extasiai-je quand la mère d'Edward releva les yeux vers moi.

A coté d'elle, Edward taillait méticuleusement des feuilles de basilic frais.

Il resta concentré sur sa tache quand je m'approchai sous le rire doux d'Esmée.

- On fait des lasagnes, m'apprit-elle. Vous voulez vous joindre à nous ?

J'acquieçai avec plaisir quand Edward releva le regard vers moi rapidement, m'offrant un sourire à me damner. Sa mère m'offrit un tablier, une planche à découper et un couteau tandis qu'elle hachait la viande elle même, prenant le temps de m'expliquer comment préparer une béchamel. Je connaissais évidement la recette par cœur, mais, rien que pour le plaisir de voir ses yeux s'animer et son sourire éclatant, je la laissai m'enseigner sa façon de faire.

Cette femme était adorable. Tout en elle m'inspirait la bonté et la douceur. Je comprenais aisément comment le petit garçon en colère qu'était Edward s'était apaisé... c'était, en grande partie, grâce à elle.

Ce dernier s'éclipsa après un moment, soufflant qu'il allait prendre une douche et se changer avant le repas. Il disparut après avoir embrassé la peau de mon épaule, me faisant presque regretter d'être venue les aider. Pourquoi ne pouvais-je pas moi aussi le rejoindre dans sa douche ?

- Vous vivez à Los Angeles depuis longtemps ? demanda Esmée, me coupant brutalement dans mes pensées peu chastes.

- Depuis ma majorité, répondis-je après m'être gratté la gorge. J'ai longtemps pensé que c'était la plus belle vie du monde mais quand je vois où vous vivez...

Son rire résonna dans la cuisine, me faisant sourire.

- Je dois avouer que je ne quitterai cet endroit pour rien au monde.

- Je ne peux que comprendre. Cette maison, cette vue que vous avez sur la vallée...

- J'avoue que j'ai mis du temps avant de me sentir chez moi, avoua-t-elle en faisant chauffer une poêle avec une goutte d'huile d'olive pour faire cuire sa viande haché.

J'hésitai quelques secondes avant de poursuivre.

- Vous avez aussi apparemment mis du temps à accepter que cela soit chez vous, souris-je doucement, espérant ne pas entrer dans un sujet sensible.

- Je suppose que vous auriez été comme moi, dit-elle en me jetant un coup d'œil muni d'un sourire. Le jour de Noël mon fils débarque en me disant qu'il à un cadeau pour nous et nous emmène ici. J'ai failli tomber dans les pommes.

Je m'entendis rire, imaginant aisément la scène.

- Je serais certainement tombée, affirmai-je en lui rendant son sourire.

Son regard accrocha le mien, nous faisant rire d'un même ensemble.

- Mais qui offre ce genre de cadeau ? s'exclamèrent nos voix en une seule, nous faisant rire d'avantage.

Je me calmai doucement, me rendant compte, avec étonnement, que je ressemblai un tant soit peu à sa mère. Nos façons de penser, de voir la vie semblait être très semblables. Cela me rassura et me dérouta un peu à la fois.

- J'ai la sensation de me voir un peu en vous, lorsque j'avais votre âge, confia sa mère, les yeux rivés sur sa viande cuisant, qui emplissait la maison de son odeur divine, faisant écho à mes pensées.

- C'est vrai ?

- Bon, je... j'étais certainement moins courageuse que vous.

- Oh je... je ne le suis pas, contredis-je, un peu gênée par l'image qu'elle avait de moi.

- Vous l'êtes, assura-t-elle. Il faut du courage pour avoir osé aller rencontrer mon fils à cette soirée... et il en faut d'autant pour affronter tout ce qu'Edward traverse.

L'atsmosphère changea, même si aucune de nous ne bougea. L'air me parût brutalement plus lourd, et j'eus du mal à ne pas lui dire que j'avais aucune solution concernant cette partie là de sa, de notre vie. Je reportais mon attention sur la béchamel qui cuisait doucement devant moi. Je ne me sentais pas plus courageuse qu'une autre. Je me sentais même absolument... dépassée, par tout ce qui l'entourait concernant les menaces et le reste. Subitement, les pensées que je repoussai depuis notre arrivée ici voulurent s'abattre sur moi.

Le silence entre nous me fit frissonner. Je me mordis la langue avant d'oser parler à nouveau.

- Je... je ne suis pas courageuse, répétai-je. Je... c'est juste...

- Vous l'aimez, m'interrompit-elle en se tournant légèrement vers moi.

Mes yeux se relevèrent, retrouvant les siens immédiatement. La couleur qu'ils avaient était vraiment surprenante. Ses deux énormes billes noisettes inondés de lumière me sourirent doucement alors que je me sentis rougir devant ses mots.

- Je ne suis pas aveugle, sourit-elle de manière plus légère. La façon dont vous le regardez...

Elle soupira, presque émerveillée. Ma gêne s'amplifia.

- Mon fils mérite quelqu'un qui l'aime pour qui il est, reprit-elle en reportant son attention à sa cuisine, et non pour ce qu'il représente.

Je hochai la tête, ne pouvant qu'être d'accord avec elle. Edward méritait tellement plus que cette vie cachée et volée par ceux qui le menaçait.

- Je suis heureuse de savoir que vous savez tout, le concernant, ajouta-t-elle à mi-voix.

Ne sachant que répondre, je me contentai de lui sourire doucement quand elle releva les yeux vers moi. Edward avait dû lui dire qu'il m'avait tout raconté. Le souvenirs de ce que j'avais ressenti face à Edward dans sa chambre d'adolescent la veille me fit lourdement frissonner.

- Je ne sais pas si c'est l'instinct maternel ou bien juste le fait que je... que je n'ai jamais vu mon fils aussi heureux qu'avec vous mais je... j'ai confiance en vous Isabella.

- Juste Bella, soufflai-je dans un sourire timide.

- Bella, sourit-elle en me regardant à nouveau. J'ai confiance en vous.

Emue, je pris plusieurs longues secondes pour retrouver l'usage de la parole.

- Je suis morte de peur, cette situation est... horrible et... invivable... chuchotai-je difficilement. Mais Edward est...

Je secouai la tête en haussant les épaules, ne trouvant pas les bons mots pour décrire ce qu'il représentait à mes yeux. Il était tellement... tout.

- Il est... ma perfection. Je crois que je pourrais tout affronter pour lui, réussi-je à dire en dépit de ma gêne palpable.

Le dire à haute voix me fit me sentir soudainement mieux. La tendresse dans les yeux d'Esmée s'intensifia, serrant ma poitrine devant l'amour sans limite qu'elle lui portait.

- Je sais, souffla-t-elle dans un sourire tendre. Je suis heureuse de l'entendre de votre propre bouche même si je me suis toujours doutée qu'entre vous c'était... différent que tout ce qu'il a connu par le passé.

- Avec Tanya ? ne pus-je m'empêcher de demander.

Elle hocha la tête, mélangeant avec précaution sa sauce tomate et sa viande.

- Je... je pense que Tanya ne l'aimait pas pour les bonnes raisons, expliqua-t-elle. Même s'ils n'étaient que des jeunes adultes quand ils se sont connus et qu'Edward n'avait pas la carrière qu'il a aujourd'hui, j'ai trop souvent eu le sentiment qu'elle... qu'elle voyait en lui seulement un moyen de réussir dans sa vie, vous voyez ? Il n'y avait pas chez elle cette chose dans le regard quand... et bien, quand on aime véritablement.

Elle fit une pause, puis commença à assembler les lasagnes avec rapidité -signe qu'elle en avait l'habitude. Je l'aidai, composant le plat en silence, ne sachant quoi lui répondre avant qu'elle ne poursuive.

- Les mères veulent ce qu'il y a de mieux pour leur enfant... malgré moi et le fait que j'ai toujours respecté leur histoire, avec leurs hauts et leurs bas, je sentais que Tanya n'était pas... celle qu'il lui fallait.

Elle se stoppa pour étaler une autre couche de pate à lasagne avant de verser la viande à sauce tomate. J'eus presque envie de manger son plat sans cuisson tant l'odeur était incroyable. Ses mots me paraissait justes, et terriblement vrais.

- Avec vous c'est différent, avoua-t-elle gentiment, un sourire sur les lèvres. Je ne saurais dire pourquoi.

Je ne pus réfréner le sourire qui naquit sur ma bouche. Elle ne savait pas à quel point ses mots me touchaient et me confortaient dans ce que je pensais de notre histoire... entre nous, tout était différent.

- Je sens que ça l'est aussi, confiai-je en finissant de vider la béchamel dans le plat.

- C'est une bonne chose, j'en suis heureuse s'exclama-t-elle dans un sourire.

Elle enfourna la plat dans le four, puis on débarrassa le plan de travail, procédant comme une équipe de cuisine, ce qui nous fit rire mutuellement. J'eus la sensation déboussolante que nous étions déjà complices alors que nous nous étions rencontrées la veille.

- Je suis heureuse qu'on ait eu cette conversation, avoua-t-elle en mettant le torchon qu'elle avait dans les mains à sécher, enlevant son tablier la seconde d'après.

Je fis de même.

- Moi aussi.

- On a presque trente minutes avant que cela ne soit cuit, vous devriez prendre un livre dans la bibliothèque et aller profiter du hamac !

- Je crois que je vais en installer un sur ma terrasse, avouai-je en l'observant ranger nos tabliers, rendant la cuisine impeccable.

Son rire christalin résonna une nouvelle fois dans la pièce avant qu'on en sorte ensemble. Elle disparut dans le jardin pendant que je me dirigeai vers l'immense bibliothèque, à gauche de la grande baie par laquelle elle venait de sortir. Une bonne centaines de livres étaient accumulés ici, passant des plus grands classiques du 17ème siècle, à des romans d'aujourd'hui.

Mes doigts trainèrent sur les étagères et les dos des livres pendant de longues secondes, incapable de choisir.

Mes yeux s'attardèrent sur un des plus grands classique Français que je n'avais pas eu l'occasion de lire depuis des années. Heureuse, je tirai le livre des étagères, me rappelant de la fascination que j'avais eu à ma première lecture de celui-ci, lorsque nous l'avions étudié à la fac. Mes doigts caressèrent la couverture avant d'en ouvrir le plat.

Plusieurs feuilles grises en tombèrent, s'éparpillant sur le sol autour de moi. Maladroitement, je pestai, me penchant pour les ramasser avant de froncer les sourcils. Mes yeux accrochèrent les mots griffonnés sous mes yeux, faisant s'accélérer mon cœur.

L'angoisse se réveilla brutalement, contractant mon ventre et faisant couler des sueurs froides dans mon dos.

Les mots précis sous mes yeux.

Les menaces violentes et beaucoup trop personnelles.

Les confidences d'Edward, ses secrets et ses tourments.

Les propos d'Esmée dans sa cuisine.

Mon cerveau tourna à mille à l'heure, me donnant le vertige alors que mes pensées semblaient tourbillonner comme une tornade de souvenirs et de paroles, me laissant hagarde et hébétée au milieu de celles-ci, incapable de bouger, d'émettre le moindre son alors que tout me semblait désormais évident.

Le même sentiment que lorsque que l'on assiste à un accident de voiture me saisit : on regarde, les yeux fixes, totalement perdu, vide, incapable de bouger, incapable de réagir alors que tout se brise.

J'entendis à peine Edward entrer dans la pièce, avant de s'approcher en me demandant ce qu'il se passait.

Bien que je n'en avais aucune preuve, bien que rien n'avait de sens mais que tout correspondait de manière affreuse, j'étais certaine d'avoir compris. D'avoir absolument tout compris…

Quelque chose changea en moi quand les larmes remplirent mes yeux, brulant mon visage glacé en coulant le long de mes joues.

Je savais qui était derrière tout ça.


J'espère n'avoir perdu personne en route ! Beaucoup d'infos en un seul chapitre mais heeey j'aime bien quand ça avance moi !

Deux-trois choses : merci pour vos mots pour me reprise ! Tout va bien, je passe mon temps à faire le gendarme avec les clients mais bon, c'est le jeu...

J'ai créé un profil facebook pour FF, cherchez Tied Foster et vous me trouverez ! On pourra discuter, rigoler, puis partager sur l'avancer des chapitres (entre autre chose évidement !) Ajoutez moi ! (si jamais vous ne trouvez pas j'ai normalement mis le lien dans mon profil FF !)

J'espère d'ailleurs pouvoir publier à l'heure la semaine prochaine... si ça n'est pas le cas, ne me jetez pas de tomates x)

J'ai une question sortant de Soulmates… Je ne sais pas si certaines ont remarquées, mais j'ai supprimé Je suis du site. Depuis plusieurs mois, j'ai en tête de la retravailler et de la publier à nouveau, pour essayer d'en faire quelque chose de… mieux. Est-ce que ça vous intéresserait ? Est-ce que vous aimeriez la relire ? Si vous êtes partante et si je le fais, je ne sais pas quand ça aura lieu, certainement après Soulmates… Dites moi ce que vous en pensez.

Dernière chose : je veux lire vos réactions, et surtout vos théories... d'après vous, qui est derrière tout ça ?

J'ai hâte de vous lire,

J'vous embrasse et bonne semaine à toutes, faites attention à vous.

Tied.