Charles se réveille dans la chaleur des bras de l'allemand. Ce dernier dort encore, profondément et paisiblement. Une petite douleur se manifeste dans le bas de son corps. Il regarde Erik et le trouve si beau.
Nous l'avons fait … Nous avons baisé …
Charles se répète ces mots, n'y croyant pas trop. Il a toujours su qu'il était plus attiré par les garçons que par les filles et cela s'est confirmé avec l'arrivée de Erik dans sa vie.
Quand le brun a appris que sa propre sœur l'aimait également, il en a immédiatement déduit que Erik était très attirant. Il ne peut pas le nier : Erik est vraiment beau-gosse !
Avec son air typique des germaniques et ses yeux verts-gris, il attire tous les regards. Cependant, Charles ne laissera personne s'approcher de lui. Il est à lui et à personne d'autre.
Il se colle contre lui et enfouit sa tête dans son cou. Erik se réveille et sourit en voyant Charles.
« Tu fais quoi là ? » demande-t-il.
« … Je profite de mon petit-ami. » répond-il.
Erik rit nerveusement et caresse doucement ses cheveux. Charles relève la tête, se perdant dans le regard métallique du futur maître du magnétisme.
« Tu es si beau … » mumure-t-il.
« Non. Je ne suis pas si beau que ça … »
« Tais-toi. » dit Charles, fermement.
Erik se tait, regardant Charles surpris. Ce dernier vient se mettre à califourchon sur lui. Il lui interdit de se dévaloriser de la sorte, caressant sa joue. L'allemand sourit et laisse Charles l'embrasser tendrement.
Toc ! Toc !
Charles dégringole du lit, surpris. Erik se redresse et le regarde au sol. Il lui demande si cela va et Charles lui répond que oui tout en se relevant. L'allemand se rhabille et ouvre la porte. Le gérant se tient devant la porte avec un air exaspéré sur le visage.
« … Oui ? »
« Je suis ok pour t'accepter ici, mais, la prochaine fois, préviens quand tu as un invité. »
Erik baisse la tête, l'air désolé. Le gérant soupire mais ne rajoute rien. Charles finit de se rhabiller et sort.
Ce soir. 19H30. Vol pour Oxford.
L'allemand sourit d'un air idiot avant de refermer sa porte. Il regarde par la fenêtre.
Erik relate les événements passés de ces dernières années.
POV Erik :
Quand je suis arrivé ici, jamais je n'aurais pensé rencontrer quelqu'un comme Charles. Je n'avais plus rien et voilà qu'il surgit dans ma vie comme un rayon de soleil. Il a bouleversé mon monde si obscur et sombre.
Je n'étais plus rien. Juste la simple ombre d'un enfant qui a vu son enfance détruite.
Qui suis-je vraiment ? Une victime de l'Holocauste ? Un monstre issu de la torture infâme des camps ?
Charles me répète constamment que je ne suis pas un monstre. Cependant, ne l'a-t-il pas utilisé lorsque j'ai agressé contre mon gré sa sœur ?
Chaque jour passe, et, je sens comme une force obscure grandir en moi. Cet autre qui est éloigné de moi me hante parfois la nuit. Je n'en ai pas parlé à Charles. Je ne veux pas encore l'effrayer davantage. Il a déjà cerné ma rage démesurée qui se manifeste dans des conditions bien précises.
J'ignore si je tiendrais le coup. Cette ombre de moi-même m'effraie mais je ne le montre pas.
Qui suis-je ? Un être découpé en mille morceaux ? Une créature inhumaine sortie victorieuse ?
Je regarde par la fenêre. Dehors, les gens s'amusent et discutent joyeusement. La joie, je ne la ressens plus comme avant … Seul Charles m'apporte cette part de bonheur qui me permet de tenir le coup. Il est un peu comme ma bouée de sauvetage qui m'aide à sortir la tête de l'eau. Les arbres suivent le mouvement du vent et l'auberge est calme. Je contemple ce mur si blanc, dépourvu d'autres couleurs. J'aimerais le peindre en gris. Cela me ressemblerait, moi qui maîtrise le métal.
J'entends quelqu'un monter les escaliers, mais, je n'en fais rien. Je reste dans mon antre tel un animal qui attend son jugement. Charles arrive et il me sourit. Il me précise qu'il a oublié de me donner les billets. Je les prend, un sourire stupide et faux sur la figure.
Charles n'en fait rien, ne le remarquant pas. Il me regarde, avec un sourire avant de partir. Je referme la porte, le billet dans ma main. Je le regarde, hésitant.
J'ai assuré à Charles que je venais avec lui … Si je lui fait faux bond, il ne me le pardonnera jamais …
Qui suis-je ? Un enfant qui a grandi trop vite ? Un homme qui s'apprête à atteindre la majorité et qui ne sait pas quoi faire de sa vie ?
Ma position de victime m'empêche d'entamer des longues études comme Charles. Je suis condamné à rester sans diplôme et à mener sa vie comme un paria. Après tout, je suis Juif, gay et mutant. Je rentre dans trois catégories qui sont isolées de la société.
Seul, je l'ai toujours été depuis mes 9 ans. Exclu et pointé du doigt aussi.
L'auberge est calme et aucun bruit ne résonne. J'ouvre la porte, doucement, et descend. La gérant travaille et ne me remarque pas. Je sors de l'auberge à pas de loup et vais en ville.
POV Général :
Erik va dans le cœur de la ville, les mains dans les poches. Il vérifie que sa manche cache son immatriculation et que son col masque les marques de morsure qu'il a dans le cou. Personne ne pourrait comprendre ce qu'il a vécu. Les habitants vivent dans un monde illusionniste. Jamais ils ne sauront la vérité. Jamais …
L'allemand avance dans la neige fraîche tombée tôt dans la matinée. Elle craque doucement sous ses pas. Il regarde le sol, sans émotion apparente, manquant de bousculer un homme. Erik s'excuse auprès de l'être et le reconnait.
« Tiens donc … » dit-il avec un sourire froid.
Erik recule doucement avant de prendre la fuite. Il court, échappant à son cauchemar éveillé. Il se stoppe dans un parc, le souffle court. L'homme le rattrape et l'emmène avec lui.
« Je dois avouer que je suis ravi de te voir encore en vie, Erik. »
Il l'attache au lit et se sert à boire. Erik se concentre et parvient à détacher ses liens.
« J'avais oublié que tu maîtrisais le métal … J'aurais dû … »
Erik ne le laisse pas finir sa phrase et le plante avec le tisonnier de la cheminée. Son agresseur tombe inerte au sol, souillant de sang la moquette. L'allemand se sent comme possédé par un autre et se penche sur le corps de sa victime. Il appuie fermement sur sa blessure et l'homme le regarde, laissant échapper son dernier souffle. Erik le regarde, une lueur de sadisme dans le regard. Il se relève et sort de la pièce, satisfait de son acte. Il retourne à l'auberge et rentre dans sa chambre. Il s'affale sur son lit et tombe rapidement endormi.
