Et voici donc la suite, chose promise, chose dûe ! J'ai adoré traduire ce chapitre, surtout pour une certaine rencontre qui, je pense, était attendue XDD

Bonne lecture !


Environ quatre mois et demi plus tard…

Myir ne pouvait se rappeler que d'une seule occasion qui lui avait valu d'être nerveuse au point de frôler la crise de panique. Il s'agissait de ce fameux jour, presque trois ans plus tôt, au cours duquel le seigneur Vador l'avait convoquée dans ses quartiers personnels et l'avait interrogée pendant des heures. Cette occasion-ci n'était pas aussi stressante – pour le moment – mais la jeune femme sentait que cela pouvait potentiellement changer, au grand dam de son état émotionnel.

Le seigneur Vador avait lui-même contacté Château Bast la semaine précédente pour annoncer son arrivée imminente sur Vjun. Cela n'était pas souvent arrivé depuis que Myir avait pris ses fonctions au sein de la forteresse du seigneur Sith, même lorsqu'il n'était là que pour voir ses filles, mais ce n'était pas suffisamment insolite pour l'inquiéter. Le problème, c'était qu'il avait exigé, dès son arrivée dans le système planétaire, à peine une heure plus tôt, que tous les systèmes de sécurité de la forteresse soient immédiatement désactivés et que tout le personnel, qu'il soit militaire ou civil, soit éloigné du trajet emprunté par le Sith pour rejoindre ses quartiers personnels depuis le hangar des vaisseaux.

Le seigneur noir avait à présent regagné ses appartements et avait ordonné la remise en place des systèmes de sécurité et de surveillance. Il était arrivé depuis quarante-cinq bonnes minutes et personne à Château Bast, pas même Myir ou le capitaine Landre, ne l'avait encore vu. Jamais Vador n'avait agi de façon aussi étrange. Son comportement était profondément déconcertant. Myir ignorait complètement ce qu'il attendait d'elle. Elle avait fini par se retirer dans ses propres quartiers, s'assurant d'être immédiatement joignable au besoin, et était à présent assise dans son siège préféré en se demandant lorsque ses prochaines directives lui seraient données. Elle était surtout préoccupée pour Sara et Sandra. Elle s'était apprêtée à leur donner leur repas et à les préparer pour une sieste bien méritée, et doutait notamment que leur père le fasse, étant donné le décalage horaire entre Vjun et le lieu d'où il venait d'arriver…

Son comlink vibra. Elle s'en empara fiévreusement, priant pour qu'on lui donne la marche à suivre.

Cinq minutes plus tard…

Et bien, Myir avait eu ce qu'elle voulait… mais cela ne l'avait pas calmée pour autant. Elle n'avait eu l'opportunité de se rendre qu'une seule fois dans les appartements personnels du seigneur Vador – ses appartements, pas la section de ses quartiers réservée aux jumelles. Se morigénant fermement en se rappelant que tout s'était bien passé la première fois, Myir avait annoncé son arrivée à l'intercom de l'étage. Les portes du sanctuaire de Vador s'ouvrirent promptement, révélant à Myir l'imposante silhouette de son occupant.

- Myir, déclara-t-il en inclinant légèrement la tête en guise de bienvenue.

La jeune femme se prépara pour l'ordre qui ne manquerait pas de suivre.

- Bienvenue chez vous, Monseigneur, répondit-elle en bannissant la vague d'incertitude menaçant de se faire sentir dans sa voix.

Mais c'était inutile, car il pouvait toujours ressentir ses émotions.

- Cessez de vous inquiéter, annonça-t-il, Je serai sur Vjun pour une semaine. Lorsque je partirai, je vous chargerai de nouvelles responsabilités. Je vous ai convoquée pour vous expliquer ce qu'il en sera.

Myir se sentit alors envahie par une vague de soulagement venant apaiser les papillons qui dansaient désagréablement dans son estomac.

- Je suis à votre service, Monseigneur, comme toujours, fit-elle.

Vador se détourna alors et fit un geste vers une porte opposée.

Jamais, pas même après sa première rencontre avec Sara et Sandra, s'était-elle attendue à ce que Vador lui joue un tel tour. Ébahie, Myir ne put que regarder le jeune garçon blond et élancé apparaître dans l'encadrement de la porte pour s'avancer timidement dans la lumière, ses yeux bleus alternant entre elle et le seigneur Sith.

Ce… Ce garçon ne pouvait quand même pas

- Myir, voici Luke, gronda Vador, Mon fils.

OOO

Luke était lui-même plus que nerveux. La dénommée Myir était franchement différente de toutes les femmes qu'il avait pu rencontrer jusque-là. Elle était à l'opposé des femmes au foyer usées par le sable et les deux soleils de Tatooine. Elle était jolie, tout d'abord – pas d'une beauté fatale comme les femmes peinturlurés dans les magazines qu'il avait eu l'occasion de voir de-ci de-là, mais ses traits étaient délicats, avec de grands yeux d'un brun chaud. Ils lui rappelaient quelqu'un, ces yeux-là, mais impossible de se souvenir qui. Elle n'était pas grande, mais avait une silhouette svelte, rehaussée par une belle robe drapée d'un bleu sombre. Enfin, alors que tante Beru avait toujours porté ses cheveux redressés en chignon, ceux de Myir tombaient sur son épaule en une tresse élaborée.

Il écouta pendant que son père faisait les présentations, et regarda les grands yeux de Myir s'agrandir encore si c'était possible. Il fallut plusieurs secondes à la jeune femme pour réagir. Sa stupeur déclencha une myriade de sensations dans la Force et Luke, étant dans la période désagréable qui le voyait suffisamment entraîné pour ressentir ces émotions au plus haut point sans pour autant savoir comment les gérer, ne put s'empêcher de reculer sous le coup de l'inconfort. Son père le calma d'une touche mentale ferme et rompue par l'expérience.

- Bonjour, Luke, le salua finalement Myir en reprenant le contrôle d'elle-même et en lui tendant la main.

Luke la serra avec force, se souvenant de l'insistance d'Obi-Wan sur la sincérité d'une poignée de main. Il commença à se sentir plus rassuré à mesure que la surprise de Myir se calmait.

- Bonjour, répondit-il d'une voix douce mais claire.

- Luke restera à Château Bast, poursuivit son père, Je m'assurerai personnellement que les arrangements nécessaires aient été faits pour son séjour avant mon départ. Je m'attends à ce que vous fassiez davantage connaissance avec lui.

Sous ses yeux, Myir se redressa pour reporter son attention sur son père.

- Bien sûr, Monseigneur. Avez-vous une mission particulière à me confier concernant ces arrangements ?

- Oui. Faites en sorte qu'on lui procure une garde-robe adéquate. Si d'autres choses me reviennent en mémoire, je vous en ferai part. Je m'assurerai avec vous avant mon départ que tout est clair concernant ses besoins.

- Je m'en occupe immédiatement, Monseigneur. Puis-je prendre ses mesures ?

Luke regarda d'un air curieux son père donner à Myir la puce que le Sith avait remplie il y a peu à bord de l'Executor.

- Ce sera tout pour l'instant, Myir. Je vous convoquerai lorsque j'aurai de nouveau besoin de vos services.

La femme élégante eut une légère révérence.

- Comme vous voudrez, Monseigneur. Bonne soirée, Luke, ajouta-t-elle en lui offrant un sourire – le premier qu'il ait eu l'occasion de voir depuis ses retrouvailles avec son père – avant de quitter les lieux.

Il la regarda partir, fasciné malgré son aversion proclamée pour le sexe opposé.

La fameuse aversion fut cependant rapidement de retour lorsque son père posa une main sur son épaule et déclara :

- Il est temps pour toi de rencontrer tes sœurs, à présent. Elles sont plus qu'impatientes.

Luke sentit la peur, cette vieille connaissance, lui tordre l'estomac. Bien qu'il ait eu beaucoup de temps pour s'habituer à l'idée qu'il avait des sœurs jumelles, il ne s'y était toujours pas fait, et la crainte de la rencontre à venir s'était progressivement faite plus pressante à mesure qu'ils se rapprochaient de Vjun. Elles ne paraissaient pas encore réelles à ses yeux – elles n'étaient pas encore quelque chose de tangible. Il pouvait y songer et imaginer ce qu'il voulait à leur propos, écouter son père en parler autant que possible ; tant qu'ils ne les avaient pas vues et rencontrées, elles pouvaient tout aussi bien ne pas exister. Mais ça s'apprêtait à présent à changer…

Son père le mena à une porte, et Luke sut instinctivement à partir du moment où celle-ci s'ouvrirait, sa vie allait de nouveau changer de façon drastique. Une peur soudaine s'épanouit brusquement en lui, et ses pieds parurent soudainement s'enraciner dans le sol.

OOO

Vador se tourna vers Luke avec surprise lorsque le petit se figea d'un coup. Le garçon n'avait pas agi ainsi depuis des semaines, pas depuis l'incident plutôt traumatisant dans la salle d'entraînement avec le droïde de duel, les solvants de nettoyage et la cartouche de tibanna pas tout à fait vide.

- Tout ira bien, mon fils, déclara-t-il d'un ton se voulant rassurant, comme il l'avait fait pour convaincre Luke de revenir dans la salle d'entraînement après cet épisode particulier, Je te le promets.

La confiance entre eux était encore quelque chose de fragile, mais avec encore un peu de persuasion, Vador réussit à inciter Luke à s'approcher de la porte avant d'ouvrir cette dernière.

Les cris de plaisir furent immédiats, de même que le martèlement de petits pieds. Vador oublia presque aussi rapidement son inquiétude pour Luke lorsque le bonheur absolu de Sara et Sandra à retrouver leur père le frappa de plein fouet. Il s'agenouilla pour les prendre dans ses bras, s'émerveillant une fois de plus de voir à quel point elles avaient encore grandi. Elles avaient presque trois ans, à présent !

- Dadda est rentré, Dadda est rentré ! piaillèrent-elles en dansant autour de lui et en le serrant de leurs petits bras à présent qu'elles pouvaient atteindre ses jambes plus haut que ses bottes.

- Oui, lança-t-il, Et j'ai quelqu'un à vous présenter.

Il reporta doucement leur attention sur la droite de la porte, où Luke s'était réfugié pour observer leurs retrouvailles à bonne distance.

Sara et Sandra se figèrent toutes les deux en remarquant le nouveau venu – le premier inconnu qu'elles rencontraient en presque trois ans d'existence. Les jumelles se collèrent à Vador, reculant pour le regarder depuis la sécurité de sa lourde cape noire, leurs yeux bleus inquisiteurs et légèrement effrayés fixés sur Luke avec une forme d'admiration.

- Dadda, qui c'est ? osa enfin demander Sara, qui des deux était la plus téméraire.

- Voici Luke, répondit Vador en faisant signe à son fils de s'abaisser au niveau des jumelles.

Luke s'accroupit lentement, ne quittant jamais ses petites sœurs des yeux.

- Sara, Sandra, Luke est votre grand-frère.

Luke eut un frisson indéniable à cette annonce, mais les jumelles ne réagirent pas avec l'anxiété qui semblait troubler leur aîné.

- T'as pas dit qu'on avait un grand-frère, observa Sara d'un air un peu effronté tout en regardant Luke avec un air désapprobateur.

- Je l'avais perdu il y a très longtemps, leur expliqua Vador en choisissant une version très simplifiée de l'histoire, Il m'a fallu des années pour le retrouver. Je ne pensais pas que je le retrouverais un jour, en fait. C'est pour ça que je ne vous en ai pas parlé.

Les jumelles se tournèrent à nouveau de concert vers Luke, toujours incertaines quant à la situation mais paraissant accepter l'histoire très abrégée que leur avait servie leur père. Il y eut quelques secondes de silence inconfortable tandis que les trois enfants se jaugeaient du regard. Vador ne pouvait s'empêcher d'espérer que son fils ferait un geste vers ses sœurs – qu'il donnerait un signe quelconque d'acceptation ou de volonté. Mais Luke resta fermement planté là où il était, dos au mur, sa posture rappelant à Vador un animal piégé.

Peut-être se sentait-il piégé. Une touche de réconfort serait bienvenue. Vador lâcha donc Sara et fit signe à Luke.

- Approche, Luke, souffla-t-il au petit.

Il fut satisfait de voir son fils obéir, bien qu'avec hésitation. Luke se rapprocha lentement de lui, et le Sith s'empressa de mettre une main sur son épaule, une technique plutôt efficace pour calmer l'enfant. La présence de Luke dans la Force se fit immédiatement plus sereine.

Il était néanmoins encore suffisamment mal à l'aise pour que Sara commence à tirer sur la cape de son père avec insistance.

- Il nous aime pas, Dadda, chuchota-t-elle avec inquiétude, mais pas suffisamment pas pour que son frère ne l'entende pas.

Les émotions de Luke réagirent étrangement lorsque Vador répondit à la fillette :

- Il est simplement nerveux. Il n'a jamais eu de sœurs avant.

Luke ouvrit la bouche comme pour parler, mais aucun son n'en sortit. À la place, il adressa un regard désespéré à son père.

- Luke, voici Sara, déclara soudainement Vador en essayant de rendre la situation plus facile pour tout le monde (il tapota la tête de la jumelle concernée), Dis bonjour, Sara.

Sara, de loin la plus confiante du duo, attendit pendant plusieurs impertinentes secondes avant de finalement obéir à leur père. Luke ne facilita pas les choses en mettant lui-même du temps à lui rendre le salut sous l'injonction de Vador. Lorsque ce fut fait, il se tourna vers la seconde de ses filles.

- Et voici Sandra, déclara-t-il en passant doucement sa main dans les cheveux de la plus fragile des deux.

- Bonjour, lança Sandra sans avoir besoin d'encouragement.

Luke sembla plus touché par la bonne volonté de sa plus petite sœur.

- Bonjour, Sandra, répondit-il de lui-même d'une voix un peu plus assurée qu'avant.

- Quel âge il a ? demanda soudainement Sara en se tournant vers son masque.

- Tu devrais le lui demander.

Sara n'était visiblement pas suffisamment intéressée par la réponse pour s'abaisser à demander directement à son frère. Elle fit la moue et s'emmitoufla de plus belle dans la cape de leur père. Vador pouvait bien voir qu'elle n'était pas contente à l'idée de devoir le partager avec un inconnu.

- Quel âge tu as ? pépia Sandra, bien moins timide que ce à quoi le Sith s'était attendu.

- Treize ans, lâcha Luke.

Deux paires d'yeux bleus s'écarquillèrent d'admiration face à cette réponse.

- Dadda, c'est beaucoup, souffla Sara.

- C'est presque tout grand, ajouta Sandra.

- Il est beaucoup plus grand que nous !

- Oui, il est plus âgé que vous, acquiesça Vador, Je reviendrai passer du temps avec vous plus tard, mais j'ai du travail. Luke va rester ici et vous tenir compagnie jusqu'à mon retour.

L'idée parut emplir de crainte le regard de ses enfants ; son fils et ses filles posèrent sur lui des yeux suppliants. Mais il était déterminé, et rien ne le ferait changer d'avis. L'idée de laisser ses enfants faire connaissance seuls pendant quelques heures lui était venue lors de leur trajet jusqu'à la forteresse, et il avait eu le temps d'y réfléchir, estimant que c'était là la meilleure solution pour les habituer à ces nouveaux liens fraternels. Ignorant leur aversion pour cette initiative, il se leva et quitta la pièce, verrouillant la porte derrière lui.

OOO

La porte se referma derrière la cape tourbillonnante de son père avec finalité. Luke ne put que la fixer avec désespoir pendant plusieurs longues secondes avant de reporter son attention sur Sara et Sandra. La première le foudroyait toujours du regard, la seconde regardait la porte d'un air malheureux, comme si elle était déterminée à la surveiller jusqu'à ce que leur père tienne sa promesse et revienne leur tenir compagnie. Aussi Luke décida-t-il simplement d'ignorer le problème et d'explorer plutôt la pièce.

Ignorer le problème fut plus facile à dire qu'à faire, en grande partie parce que Sara le suivait partout en le grondant dès qu'il touchait quoi que ce soit. Il finit par abandonner, ne trouvant rien d'intéressant en tant qu'adolescent dans une pièce dédiée aux bambins. Agacé, il traversa la salle de jeux et se laissa tomber dans l'imposant fauteuil dans un coin.

Sara, très mécontente, fit brusquement volte-face.

- Tu peux pas t'asseoir là, le sermonna-t-elle, C'est la chaise de Dadda.

Luke lui rendit sa grimace. Oh, il n'allait vraiment pas aimer avoir des petites sœurs.

- Il n'est pas là, fit-il remarquer.

Je dois… être… patient…

- Mais c'est la chaise de Dadda, insista Sara, Personne d'autre peut s'asseoir dedans.

Sandra s'arrêta près de Sara avec hésitation et hocha la tête.

Luke les foudroya toutes les deux du regard.

- Est-ce qu'il y a quelque chose que j'ai le droit de toucher dans cette pièce ? répliqua-t-il d'un ton sec sans faire le moindre mouvement pour quitter le siège.

Sandra éclata en sanglots.

Luke sentit immédiatement une lourde vague de culpabilité l'envahir. Il avait treize ans, enfin… Même s'il n'avait pas vraiment envie d'avoir des petites sœurs, il était coincé avec, et ne pas les aimer n'était pas une raison pour les faire pleurer.

- D'accord, d'accord, je suis désolé, fit-il en quittant son siège, Bon… Est-ce que vous… Euuh… (il jeta un regard paniqué à la pièce)… Vous voulez construire un truc ? termina-t-il finalement en posant les yeux sur la boîte de blocs, On pourrait faire un vaisseau ou quelque chose…

Sandra eut un petit reniflement.

- OK, répondit Sara d'un ton méfiant, Mais si tu es gentil.

- Ouais, bin tu dois être gentille aussi, grommela-t-il en sortant la boîte de son rangement.

Il retira le couvercle et secoua le tout pour étaler les blocs en un grand bazar sur la moquette. Les trois enfants dépareillés se rapprochèrent ensuite du tas, déterminés à transformer le désastre en triomphe.

OOO

Dans une cantina plutôt glauque, sur la redoutée lune de Nar Shaddaa…

- De retour, Solo ? siffla le Twi'lek vert obèse tenant le bar du Repaire du Rancor, Comme d'habitude, j'imagine, ricana-t-il grassement.

- Nan. Fais-moi un Terminator isolé, ce coup-ci, répondit Han d'un ton morose en s'asseyant au bar, Et randomisé.

Le Twi'lek se figea en plein mélange pour lui jeter un regard désapprobateur.

- Quoi, Corellia a explosé ou un truc dans le genre ?

Han le fusilla du regard.

- Hey, je paie, tu me sers, gronda-t-il en plaquant quelques crédits sur le comptoir.

Le Twi'lek haussa les épaules et termina de préparer sa commande.

- Mes condoléances pour tes cellules grises, Solo.

Han engloutit une longue gorgée brûlante de son verre dès qu'il lui fut servi. Kreth ! Peut-être que le Twi'lek avait eu raison à propos de ses cellules grises. Il avait bien l'impression que certaines d'entre elles étaient effectivement en train de partir en fumée. Nom d'un Wookie sans poils, cette boisson était vraiment aussi forte que le disaient les pilotes et les contrebandiers…

Eh, c'était bon. Il avait besoin de se vider la tête, là, tout de suite – et si la seule solution qu'il avait à disposition était de se griller le cerveau, tant pis Il dut quand même ravaler ses larmes sous le coup de la violente brûlure du whiskey concentré. Le Twi'lek lui adressa un sourire goguenard, mais Han y répondit par un autre regard noir qui le renvoya se rhabiller.

Quatre mois et demi. Ca faisait maintenant quatre mois et demi qu'il essayait de trouver l'Executor. Han avait perdu le compte de tous les négociants d'informations qu'il avait rencontrés, à la recherche du moindre indice sur l'emplacement de la Cinquième Flotte impériale. La seule fois où il avait réussi à découvrir une localisation, il était arrivé trop tard, sortant d'hyperespace un jour après le départ des destroyers du système. Quatre mois et demi, et chaque jour qui passait était un jour de plus que Luke passait entre les mains de seigneur Sith manipulateur, menteur et retors.

Il n'avait pas songé qu'il serait si dur de trouver l'Executor, mais les emplacements de la Marine impériale étaient apparemment confidentiels. Et Han ne connaissait personne qui aurait pu trouver l'information dans les chambres fortes dédiées aux informations sensibles sur Coruscant ou hacker le NavNet. En fait, il était à peu près certain que personne ne pouvait pirater le NavNet – quelqu'un lui avait dit que le réseau fonctionnait sur un système d'ondes co-opérationnelles, peu importe que ce charabia pouvait foutrement dire…

- Hey, Han ! s'écria une voix parmi la foule dans son dos.

Han se retourna lentement sur son siège… Pour apercevoir nul autre que Lando Calrissian, se dirigeant vers le bar en slalomant entre les tables dispersées ça-et-là. Un sourire sauvage étira son visage. Enfin ! Il n'avait pas vu Calrissian depuis qu'il était parti pour Coruscant avec Luke… Il était plus que temps pour lui de lui rendre la monnaie de sa pièce. Ca ne l'aiderait peut-être pas à retrouver Luke, mais il était sûr que ça lui ferait au moins du bien à lui, plus en tout cas que ne le faisait ce jus de pisse…

- T'as un foutu cran, Calrissian, lança-t-il avec un sourire carnassier.

Calrissian s'arrêta, son propre sourire s'étiolant peu à peu.

- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il d'une voix plutôt faible.

- Un peu que quelque chose ne va pas, acquiesça Han, suffisamment furieux pour engloutir une nouvelle gorgée de son verre sans même s'en apercevoir.

Calrissian jeta un regard à la ronde.

- Hey, où est Luke ?

- Il est là, le problème, gronda le corellien en abandonnant complètement son faux air joyeux.

Il perdit soudainement le contrôle et, sans même réfléchir, bondit pour balancer à Calrissian le plus violent des coups de poings qu'il lui ait été permis de donner.

Calrissian tituba en arrière, hébété et se tenant le nez avant de grogner :

- Kreth, mais c'était pour quoi, ça ?

- Pour Luke !

Puis Han vida ce qui restait de son verre – ce qui n'était pas rien – dans la bouche grande ouverte de Calrissian, et tandis que son adversaire crachait encore ses poumons, l'attaqua sans retenir ses coups, hurlant des accusations incohérentes et des insultes en Hutt de toute la force de ses poumons, faisant de grands gestes pour le frapper…

… Puis tout s'évanouit dans le néant.


Vindjuuu ! Han se fout encore dans la mouise et Luke découvre les joies d'être grand-frère... Les pauvres !

C'est tout pour aujourd'hui, en tout cas ! Merci d'être parvenus jusqu'ici, n'hésitez pas à laisser une review :3 C'est comme les cookies, ça se mange sans fin (faim ? Bref !) !

À très vite, et que la Force soit avec vous !

Lereniel