Chapitre 17 : Descente en sous-sols
À partir de là, Drago prit les choses en main. Il emmena les deux lions dans une salle de classe abandonnée et, avec Harry, fit le récapitulatif de ce qu'ils savaient. Harry se rappela de ce que lui avait dit Tom: qu'à son époque, le basilic avait fait un mort. Il le répéta à son ami et ils en vinrent à la conclusion que, peut-être, cette victime n'avait pas quitté les toilettes où elle était morte. Ils échangèrent un regard, pensant à la même chose - ou plutôt, à la même personne - et embarquèrent Ron, pas encore remis de la nouvelle qu'ils venaient d'apprendre, dans une course folle jusqu'au toilettes du deuxième étage.
Arrivés à destination, ils ouvrirent la porte d'un coup d'épaule et se précipitèrent vers Mimi Geignarde, qu'ils trouvèrent en train de se lamenter sur son sort. Ils la pressèrent de questions tous en même temps, à tel point qu'elle dut leur demander de se calmer et de parler un par un:
- Toi, le blond, tu commences.
Drago s'exécuta et fit le récit de ce qu'il s'était passé depuis leur balade dans les couloirs jusqu'à maintenant. Il conclut par :
- Voilà, vous savez tout.
Harry prit le relai :
- Et ce qu'on voudrait savoir c'est… Comment vous êtes morte ?
Une tape derrière la tête venant de Drago lui indiqua qu'il avait particulièrement manqué de tact. Cependant, la question ne sembla pas offenser le fantôme qui y répondit volontiers, avec force détails. Elle expliqua qu'elle était, comme à son habitude, en train de pleurer dans les toilettes après qu'une autre élève s'en soit prise à elle quand elle avait entendu une voix clairement masculine parler dans une langue qui lui était inconnue. Elle avait vu deux grands yeux jaunes et lorsqu'elle était revenue à elle, elle était morte et devenue un fantôme. Ayant eu la réponse à leurs questions, les trois garçons partirent à la recherche d'un adulte à prévenir.
Après quelques minutes de discussions, ils se rabattirent sur Lockhart. Il était, à leurs yeux, le plus susceptible de les croire et de les aider. Ils se dirigèrent donc vers son bureau et frappèrent à la porte. Ils furent surpris d'entendre un grand fracas à l'intérieur du bureau mais n'eurent pas le temps d'y réfléchir car la porte s'ouvrit sur le professeur blond. Si ce dernier fut étonné de les trouver devant sa porte, il n'en montra rien et les laissa entrer dans son antre.
Une fois installés devant le bureau, les trois amis expliquèrent quel était leur problème, sans préciser comment ils l'avaient appris. Harry ne sut pas ce qui le choqua le plus : le manque de considération de Lockhart pour la vie de l'une de ses élève ou le fait que l'homme soit plus concentré sur ses valises que sur le fait de leur venir en aide. L'information fit son chemin dans la tête du brun. Si Lockhart préparait ses bagages, cela voulait donc dire que…
- Vous fuyez !
Trois têtes - deux blondes et une rousse - se tournèrent vers lui. Le professeur essaya de sauver son honneur :
- N… non, un ami m'a demandé de lui venir en aide.
Le trio se regarda, sceptique. Ils crurent voir une lueur calculatrice passer dans le regard de leur professeur mais pensèrent avoir rêvé. Ce fut pourquoi ce qui se passa par la suite les pris totalement au dépourvu.
En aucun cas, ils ne s'attendaient à voir leur professeur de défense sortir sa baguette et la pointer sur eux. Ils reculèrent lentement tandis que l'adulte avançais vers eux tout en parlant:
- Il se trouve que j'ai un véritable don pour les sortilèges d'amnésie. Je n'aurais qu'à raconter à Dumbledore que nous sommes arrivés trop tard pour sauver cette pauvre jeune fille et que vous trois avez perdu l'esprit à la vue de son corps sans vie.
Ils reculèrent jusqu'à sentir le bois de la porte dans leur dos et Harry chercha la poignée à tâtons. Lorsqu'il la sentit sous ses doigts, l'abaissa et les trois garçons sortirent de la salle sans se faire prier.
Machinalement, ils prirent la direction des toilettes qu'ils venaient de quitter. Lorsqu'ils furent sur place, l'occupante des lieux fut surprise de les voir revenir aussi vite mais les laissa passer sans poser de questions. À leur demande, elle leur indiqua l'emplacement du robinet près duquel elle était décédée. Ils examinèrent attentivement ledit robinet et remarquèrent un serpent stylisé sur l'un des côtés.
Ils essayèrent de l'ouvrir, en vain. Ce fut Drago qui rappela aux deux autres que seul l'héritier de Serpentard était censé pouvoir ouvrir la chambre et que Serpentard était principalement connu pour sa capacité à parler aux Serpents. Aussitôt, Harry sentit les regards de ses deux amis se poser sur lui et fut mal à l'aise. Il s'approcha du robinet et essaya de l'ouvrir :
- Ouvre-toi
Il sût aux regards de ses amis qu'il avait parlé normalement. Il pensa à une chose… les deux fois où il avait parlé fourchelang, il avait eu un serpent vivant en face de lui, alors peut-être qu'en essayant d'imaginer que la gravure l'était également… Il refit un essai :
- Ouvre-toi
Cette fois, ce fut concluant : dans un grondement semblant tout droit sorti des enfers, les robinets s'écartèrent pour laisser place à un espace circulaire assez grand pour laisser passer un homme adulte. Le trio regarda avec une certaine appréhension le trou qui venait de se former là où se trouvait auparavant le centre de la pièce.
Un par un, ils se laissèrent tomber dans le trou, glissant le long du tunnel. Après ce qui leur avait paru durer plusieurs heures mais n'était probablement que quelques minutes, ils atterrirent sur un sol dur recouvert d'une couche d'objets qu'ils ne voyaient pas à cause de l'obscurité mais qui craquaient sans cesse sous leurs pieds. Ils eurent le même réflexe et lancèrent à l'unisson:
- Lumos !
Ils eurent un mouvement unanime de recul en constatant que ce qui recouvrait intégralement le sol - et qui craquait sans cesse sous leurs pieds - n'était autre que des ossements de petits animaux. Ils avancèrent prudemment, à la lueur de leurs baguettes, attentifs au moindre bruit. Ils passèrent devant une mue dont la taille ne laissait aucun doute quant au propriétaire avant d'arriver à une porte bloquée par des serpents de pierre aux yeux faits d'émeraude, qui bougèrent pour laisser la porte s'ouvrir lorsque Harry le lui demanda, comme avec le robinet, en fourchelang. Ils progressaient lentement à cause de l'obscurité ambiante, à peine dissipée par la lumière produite par les baguette, et de la fragilité de la couche d'ossements qui recouvrait le sol. Après quelques minutes de marche, une nouvelle porte identique à la première apparut devant eux, à nouveau ouverte grâce au fourchelang de Harry.
Ils pénétrèrent dans une salle aux dimensions immenses. Au fond il y avait une statue que Drago reconnu comme étant celle du fondateur de sa maison. Et aux pieds de ladite statue, se trouvait un petit carnet noir qu'ils identifièrent comme étant le journal qu'avait trouvé Harry. Mais ce qui attira leur regard, ce fut le corps qui était allongé aux pieds de la statue.
