Hello à tous !
Je vous prie de m'excuser, mais je viens de me rendre compte que le chapitre a été mal uploadé. Merci à la personne qui me l'a indiqué dans une de ces reviews.
Le prochain chapitre arrive samedi, donc soyez au rendez-vous !
La bise !
Dorea chemina vers le deuxième étage et lorsqu'elle arriva devant la porte de son professeur, elle frappa trois coups discrets, et elle perçut la voix du professeur Ombrage la convier à entrer.
Lorsqu'elle pénétra la pièce, elle fut décontenancée de considérer la présence du ministre de la magie, d'Albus Dumbledore et d'Harry.
Elle se raidit sur place, prenant brusquement conscience que sa vie allait chavirer.
- Miss Artwood, veuillez bien vous asseoir, nous n'attendions plus que vous pour commencer, dit le professeur Ombrage.
Dorea flanqua un coup d'œil à Dumbledore, qui restait imperturbable et Harry qui ne savait pas ce qu'il faisait ici.
La serpentard s'installa sur la chaise qu'avait fait apparaître le professeur Ombrage entre celles de Dumbledore et Harry, tandis que Cornelius Fudge faisait les cent pas derrière sa collaboratrice.
- Dolores, je ne vois pas très bien pourquoi vous souhaitiez faire cette réunion ici, dit le directeur d'une voix paisible. On aurait très bien pu faire ceci dans mon bureau.
- C'est une fâcheuse affaire, Dumbledore, intervint le ministre qui n'eut aucun regard pour la rousse. Et nous avons jugé, Dolores et moi, que ce bureau demeurerait un endroit impartial pour régler cela.
- Et de quelle affaire s'agit-il ? sollicita Dumbledore toujours calme.
- Ne faites pas l'innocent… Albus, dit Ombrage. Je suis certaine que Dorea peut nous éclairer.
- Malheureusement, je n'ai pas de lampe de poche sur moi professeur, répliqua Dorea d'un ton sarcastique. Je ne peux rien éclairer du tout.
Harry retint un éclat de rire pendant que Dumbledore émit un fin sourire.
- Ceci n'est pas un jeu, jeune fille ! s'énerva Fudge en se tournant vers la jeune Artwood.
Dorea examina un instant le ministre. Il avait l'air totalement différent depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il était crispé, l'air préoccupé et agité. Une veine oscillait sur le coin de sa tempe révélant son exacerbation.
- Je ne conçois pas que pendant toutes ces années, j'ai été berné par votre père.
- Le jeu de dupe, ça nous connaît à nous les Artwood, rétorqua Dorea calmement.
- Ne soyez pas impertinente, Miss, vous parlez au ministre, se scandalisa Ombrage.
Dorea arqua un sourcil, toisant le professeur Ombrage.
- Venez en au fait Dolores, intercéda Dumbledore posément. Monsieur Potter, ici présent, ne sait toujours pas ce qu'il fait ici.
Dorea nota que Dumbledore ne regardait même pas Harry quand il le désigna.
- Bien, dit Ombrage d'un ton triomphant.
Elle se pencha vers son bureau, entrouvrit un tiroir et sortit un cadre photo, que Dorea identifia aussitôt. C'était le cliché de Lily et James qu'elle avait laissé dans sa chambre à Highclere.
Ombrage dressa la photo sur le bureau, face aux trois sorciers, qui représentait un couple valsant au tour d'un fontaine.
- Ce sont mes parents ! déclara soudainement Harry en considérant le cliché. J'ai la même.
Il se saisit du cadre pour contempler l'image de plus près.
- Savez-vous d'où vient cette photo, monsieur Potter ?
- Non, murmura Harry qui fixait toujours le cadre.
- De la table de nuit de la chambre de Miss Artwood, déclara Ombrage d'une voix mielleuse.
Dorea ferma les yeux, l'air affligée tandis qu'Harry afficha une expression interloquée, levant les yeux lentement vers le ministre et son professeur. Dorea se tourna alors vers Dumbledore et se demandait pourquoi il restait immobile, sans rien protester. Mais en même temps que pouvait-il faire ?
- Qu'est-ce que…
- Harry, intervint Dumbledore sans l'observer dans les yeux. Je te demande de faire preuve d'ouverture d'esprit, dit-il avec application. Il y a quinze ans, sont nés deux adorables bébés du nom de Harry et Dorea Potter. Quelques jours plus tard, la petite fille est morte prématurément. Néanmoins, il ne s'agissait pas de la vérité. Dorea Potter a été abandonnée par ses parents et une famille, un lord et une lady l'ont recueillie, l'élevant comme leur propre fille. Cette fille Harry, tu la à côté de toi.
Un silence de plomb se fit dans la pièce et Harry, qui n'avait cessé de regarder Dumbledore, orienta ses prunelles émeraudes vers Dorea.
- Tu savais ? demanda-t-il dans un souffle. Pendant tout ce temps, tu savais ?
Dorea inclina le chef, ne préférant pas affronter le regard haineux du gryffondor, puis elle hocha lentement la tête.
Elle sentit alors le brun se lever avec brusquerie et partir en claquant sèchement la porte.
- Contente ? fit Dumbledore toujours calmement en pivotant vers le professeur Ombrage.
- Non, je dirais plutôt satisfaite que la vérité soit rétablie cher Albus. Mais nous allons poursuivre cet entretien, car nous avons quelques questions à poser à Miss Artwood, enfin, je veux dire, Potter, et vous, dit-elle d'une voix doucereuse.
- Allez-y Dolores, posez toutes les questions qui vous taraudent et je ferais mon possible pour y répondre, répondit Dumbledore affable.
- Ça ne sera pas long… En fait, je n'en ai qu'une seule.
- Nous vous écoutons avec la plus grande attention.
- Bien, alors, pourquoi Lily et James Potter ont abandonné Dorea ?
- C'est une affaire privée Dolores, que je ne peux pas divulguer.
- Il y a bien une raison alors ?
- Je croyais que vous n'aviez qu'une seule question ? fit froidement Dorea, en observant le professeur de défense contre les forces du mal.
Les trois adultes dévisagèrent la jeune fille qui n'avait pas utilisé la parole depuis quelques minutes.
Cette dernière était mortifiée et consternée qu'on l'ait mise devant le fait accompli. Ce n'était pas une façon de faire.
Elle était également attristée, car même si elle le comprenait, voir son frère partir sur-le-champ après avoir appris qui elle était réellement, lui faisait réellement mal au cœur.
Une bile monta à sa gorge et sans qu'elle puisse le contrôler, ses yeux s'embuèrent soudainement. Une larme, sa première larme, coula alors sur sa joue. Dorea porta ses doigts, saisit la goutte qui coulait le long de sa peau pour la fixer, l'air interdite.
- Dorea, ma petite fille, inutile de pleurer, vous vous doutiez bien que cette histoire ne resterai pas cachée indéfiniment ? dit Ombrage d'un ton mielleux.
- Je pense que nous devrions laisser Dorea, reprendre ses esprits et discuter entre adultes, de l'impact médiatique que cela aura, augura Dumbledore.
- Je ne peux étouffer l'impact médiatique Dumbledore, dit Fudge méprisant. La Gazette s'est saisie de l'affaire, je ne peux plus rien faire à ce propos. Et avec Lord Goderic qui s'est enfui je ne sais où...
- Laissez-moi géré Lord Goderic, je peux le retrouver, interrompit Dumbledore.
- Vous savez où il est, Albus, répondit Fudge suspicieux.
- Aucunement, objecta Dumbledore sans ciller.
- Miss Potter, si vous voulez bien, nous laisser discuter entre adultes ? demanda Ombrage.
- Vous gâchez ma vie, ainsi que celle de mon père et vous me demandez de vous laisser entre adultes…
- Vous vous êtes gâché la vie vous-même, Miss, s'agaça Fudge froidement. Il n'est jamais bien de mentir. Chaque histoire camouflées comme vous l'avez fait, remonte toujours à la surface.
Dorea brava Fudge d'un regard assassin puis se hissa de sa chaise et se dirigea vers la porte. Finalement elle se retourna vers les trois sorciers.
- Moi, j'ai une question, fit-elle à l'improviste. Comment ?
- Votre valet de pied, James, répondit aussitôt Fudge. Il a avoué après une semaine en cellule à Azkaban. Et je tiens à vous dire qu'à présent une armée d'aurors est à la recherche de votre père, alors si vous savez quelque chose, dites-le-nous de suite.
- Allez-vous faire voir, chuchota la jeune fille avant d'ouvrir la porte et de la refermer brutalement.
Dorea s'appuya contre le mur face à elle et s'écroula sur ses genoux, ses larmes ne cessant de couler.
C'était fini, la partie était finie. Harry savait tout à présent, et bientôt la communauté entière connaîtrait la vérité. Elle espérait que son père soit toujours en sécurité, ce qui devait être le cas, puisque Dumbledore a délibérément menti au ministre et Ombrage.
Son frère devait la détestait, ils allaient tous la haïr. Dorea redressa soudain le chef et se rendit compte qu'elle devait le révéler à ses amis. Au moins par respect pour eux. Même à Drago... qui ne tarderait pas à aviser son propre père d'ailleurs.
Elle ne sut pas comment elle eut la force de se relever, ni de s'administrer jusqu'aux cachots.
À présent, ses joues étaient rougies par les larmes qui ne cessaient de couler abondamment. Elle pleurait, elle pleurait pour la première fois de sa vie et ça faisait si… mal.
Le mur de la salle commune glissa et elle pénétra dans la pièce. Elle ne sut par quel miracle, mais personne d'autre se trouvait dans la pièce à part ses quatre amis : Daphné, Théo, Blaise et Drago. Elle se souvint alors que c'était l'heure du dîner.
- Ah, Dott' on t'a…, Daphné s'interrompit en apercevant la jeune fille se poster devant eux, ne pouvant s'empêcher de pleurer.
Drago écarquilla grand les yeux d'ébahissement en découvrant la serpentard si sensible et vulnérable. C'était la première fois qu'il l'apercevait comme cela. Les quatre serpentards se jetèrent un coup d'œil interloqué, ne sachant que faire.
- Dorea, dit Daphné délicatement en s'approchant, est-ce que ça va ?
Dorea continuait de pleurer et Drago, n'y tenant plus, s'avança à son tour vers la rousse et entreprit de la prendre dans ses bras.
- Non ! s'écria cette dernière en le repoussant. Je… je ne peux pas.
- Que se passe-t-il ? réclama Daphné. Je ne t'ai jamais vu dans cet état.
- Parce que vous allez me détester, comme lui, dit soudainement Dorea.
- De qui tu parles ? fit Blaise en fronçant les sourcils.
Elle devait puiser la force de le faire. Ou alors ils le sauraient par le biais d'une autre personne ou des journaux et ce serait pire que tout.
- Dott' tu commences, à nous faire peur, dit Théo. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
L'adolescente, tenta de se calmer et scruta les alentours.
- Pas ici, dit-elle en faisant volte-face pour se diriger vers le mur glissant donnant sur l'extérieur.
Les quatre serpentards, déconcertés, se lancèrent un regard intrigué, puis sortirent de la salle commune à la suite de la rousse et s'engagèrent tous dans le couloir localisant une salle de classe vide.
Dorea verrouilla la porte, alors que ses quatre camarades lui faisaient face. C'était le moment de le faire. Dans quelques minutes, elle deviendrait leur ennemie et elle sera seule contre tous.
- Dis-nous ce qu'il se passe ? insista Blaise.
Dorea déglutit péniblement. Elle sentait son monde s'effondrer, comme un château de cartes. Alors que Drago la fixait de ses prunelles grises et déroutées, elle, préférait le fuir, sachant parfaitement comment il allait réagir.
- Je… Mon vrai père n'est pas Lord Goderic Artwood, lâcha-t-elle dans un souffle.
Un silence se fit dans la pièce.
- Attends, je n'ai pas très bien compris, dit Blaise. Tu peux répéter ?
- Mon père n'est pas Goderic Artwood, et ma mère n'est pas Hermance Artwood. Je suis la fille de Lily et James Potter.
Le silence se fit à nouveau puis subitement, Blaise éclata de rire.
- Tu nous fais une blague d'Halloween en retard, c'est ça ? rigola-t-il.
En apercevant la mine plus qu'austère et déconfite de Dorea, son rire s'enraya.
- Tu n'es pas sérieuse ? suffoqua Daphné.
Dorea obstrua ses pupilles et hocha lentement la tête, évitant néanmoins d'observer Drago.
- Je ne comprends rien, Dorea, dit Théo. Explique-nous ! Parce que si tu es réellement la fille de Lily et James Potter, ce dont j'en doute, alors ça voudrait dire que…
- Tu es la sœur de Harry Potter, termina Drago.
Sa voix avait claqué dans l'air, sèchement, froidement.
Les serpentards étaient sans voix. Chacun restait muet, ne sachant que dire. Alors Dorea reprit la parole.
- La sœur jumelle, spécifia Dorea. Mes parents m'ont abandonnés, quand je n'avais que quelques jours. Ils m'ont fait passer pour morte, mais en fait Dumbledore a proposé de me mettre en sécurité. Lord Voldemort était à nos trousses, alors ils ont préférés se séparer de moi. La suite, vous la connaissez, j'ai été élevée et choyée à Highclere. Je n'ai su la vérité sur mes origines que lors de l'enterrement de ma mère quand j'avais huit ans.
Les quatre amis se regardèrent à nouveau.
- Je n'y crois pas, réfuta Daphné. Tu n'as pas pu nous cacher ceci pendant tout ce temps. On te faisait confiance ! s'exclama-t-elle la voix tremblante d'une rage qui montait en elle progressivement.
Dorea ferma les yeux et abaissa la tête.
- Et puis tu ne lui ressembles même pas à Potter, cracha Blaise.
Dorea, troublée par le ton du noir, redressa vivement le chef et fit enfin front à ses amis.
Daphné affichait une expression déconcertée, ainsi que Théo, Blaise était en rogne, mais ce qui lui faisait le plus peur, c'était le visage de Drago.
Il affichait un air inexpressif. Elle n'arrivait pas à discerner s'il était en colère, déçu, ou même triste. Rien. Mais ses yeux s'étaient assombris et Dorea décela une sentiment de virulence et d'indignation qui devait monter en lui et qui n'allait pas tarder à exploser.
- Et pourquoi tu n'as pas été élevée avec Potter ? questionna sèchement Théo. Parce que si je me souviens bien, il n'avait qu'un an quand le seigneur des ténèbres a tenté de l'assassiner.
- Je n'en sais pas plus, répondit Dorea faiblement. Tout ce que je sais, c'est que mes parents, Lily et James, ont préférés se séparer de moi pour ma sécurité. Du moins, c'est ce que j'en ai supposé.
- Pourquoi Dorea ?! POURQUOI ?! tonna brusquement Blaise. Quand je pense que je m'amusais avec toi dans le bac à sable quand on était gosse et que ta mère venait à la maison prendre le thé. Ta famille, tes parents, toi, VOUS ÊTES TOUS DES TRAITRES ! cria-t-il avec fureur.
Les derniers mots résonnaient en Dorea tel une litanie. Des larmes se mirent à nouveau àcouler sur ses joues tandis que Blaise s'administra vers la porte en la poussant d'un coup d'épaule, suivit de Daphné et Théo qui ne lui lancèrent pas même un regard. Comme si elle était un insecte, qui n'était pas digne de leur attention.
Dorea porta son attention vers Drago, qui était resté figé, les mains enfoncées dans les poches. Ni l'un ni l'autre n'osait amorcer le moindre geste.
Alors Drago s'avança d'une démarche impérieuse, presque menaçante et dangereuse et Dorea eut, pour la première fois, peur du jeune homme. Elle recula de quelques pas et son dos se heurta au mur.
Drago s'approcha d'elle, et bloqua la jeune fille entre lui et le mur, soutenant ses deux mains de part et d'autre de son visage.
Dorea ne put s'empêcher, malgré le lieu et le moment, de ressentir des picotements dans son ventre et un frisson parcourir son échine, en contemplant le garçon qui la surplombait d'une tête. Sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis des semaines.
Drago serra les poings et contracta la mâchoire. Il se sentait trompé, il sentait une rancœur poindre en lui, à l'encontre de la rousse. Mais à présent, il pouvait assembler les pièces du puzzle qui lui manquait.
Cette fille, qui l'émouvait tant... Cette aura de mystère qui l'enclosait… Jusque-là, la sensation qu'il lui manquait quelque chose, au point d'être frustré et de ne pas pouvoir mettre le doigt de dessus, se rétablissait. Cette sensation dont il lui manquait quelque chose de primordial la concernant, se restaurait. Tout rentrer enfin dans l'ordre.
Il comprenait tout à présent. Les liens se connecter peu à peu dans son esprit : le jour de l'anniversaire de Dorea, dans le train lorsqu'il n'avait pas saisi pourquoi cela la dérangeait de savoir que lui et Potter se détestaient, lors du match quand elle l'avait frappé alors qu'il avait insulté la mère de Potter, lors du bal, quand Ombrage avait certifié qu'elle n'avait aucune ressemblance avec ses parents et que Lord Artwood …
Il pensa alors à son père… Il devait le prévenir le plus rapidement possible qu'il faisait affaire avec un renégat.
Il était furieux d'avoir été tant abusé. Furieux contre cette fille, qui au final ne valait pas mieux que son frère, mais également furieux de savoir que dorénavant, ils étaient ennemis.
Près d'elle, il refoula cette émotion qu'il éprouvait à chaque fois qu'il l'avait enlacée ou même embrassée. Cette chaleur, cette envie irrépressible de fixer ses lèvres contre les siennes.
Depuis le match, il n'avait cessé de se reprocher son comportement. Et il avait été amer de ne plus pouvoir la serrer dans ses bras. Il s'était bien évidemment dit qu'il devait lui faire payer ce qu'elle avait fait. Mais plus les semaines avaient passées, plus l'envie de lui pardonner et de la supplier de faire de même le gagnait.
Il l'avait respectée. Pour sa répartie, pour son intelligence, pour sa malice, pour sa beauté… Maintenant, elle l'écœurait.
Tout était clair, limpide, comme une équation résolue.
- Je vais te faire vivre un enfer, Potter, susurra Drago en dessinant un sourire malfaisant.
Le cœur de Dorea loupa un battement. C'était la première fois qu'on l'appelait par ce nom et c'était uniquement pour la menacer. Reprenant de sa verve, et ne voulant pas se laisser faire, elle sentit une once de ressentiment pour le jeune homme poindre en elle.
- Menace-moi, tant que tu veux, Malefoy. Mais tu ne sais vraiment pas à qui tu as à faire.
- Tu crois que tu me faire peur ? C'est toi qui es en position de faiblesse.
Dorea eut un petit rire narquois.
- Tu veux peut-être tester cette théorie Malefoy ? Je me ferais un plaisir de te coller un autre coquard.
- Ne fais pas la maligne, car ton frère, à côté, c'était le paradis ce qu'il a vécu. Tu vas tellement souffrir et te sentir seule, que tu vas m'implorer à genou d'arrêter de rendre ta vie infernale.
- Essaye toujours, provoqua Dorea. J'ai hâte de voir ce que tu vas trouver pour me rendre la vie… Infernale comme tu le dis.
Drago émit un rictus en coin, puis se recula et déserta à son tour la salle de classe sans un regard pour la rousse.
Dorea, qui avait cessé de respirer, s'effondra au sol contre le mur, ses jambes ne la portant plus. Elle encra sa tête entre ses genoux qu'elle replia contre sa poitrine.
Le lendemain, elle se réveilla sur le sol rugueux de la salle de classe, son ventre la tiraillant.
Elle s'était endormie sur la pierre froide, après avoir pleuré durant toute une soirée. Elle sentait ses yeux secs picoter, comme si plus aucune larme ne pouvait en sortir.
Elle se redressa, son dos la faisant souffrir, et lança un regard au-dehors. Le soleil surgissait à peine. Éventuellement, devrait-elle aller en cuisine, prendre un bon petit déjeuner et après faire un bref détour par la salle commune. Elle devait avoir le courage d'affronter les serpentards.
Dorea descendit dans les sous-sols de l'école et chemina vers le tableau représentant une coupe de fruit, puis caressa la poire qui s'en échappa.
Les elfes de maison lui servir des mets, tous plus délicieux les uns des autres et alors qu'elle dévorait sa deuxième assiette d'omelette au bacon, l'entrée de la cuisine s'ouvrit.
Dorea, se retourna et arrêta brusquement de manger quand elle découvrit qui venaient d'entrer : Harry, et ses deux amis, Ron Weasley et Hermione Granger. Le brun, qui maintenait un parchemin dans sa main droite, se dandinait sur place.
- Vas-y ! murmura la jeune Granger au gryffondor. Souviens-toi de ce qu'on a parlé hier.
Dorea retourna à son assiette en attendant que son frère se décide de se joindre à elle, ce qu'il fit finalement, au bout de quelques minutes, non sans hésitation.
Harry s'assit à côté de Dorea, qui elle continua à manger, préférant ne pas brusquer le brun et le laisser décider seul d'amorcer la conversation.
- Euh… désolé pour ma réaction d'hier, je…, bafouilla Harry.
- Tu n'as pas à t'excuser, coupa Dorea, je comprends très bien ta réaction.
- En fait, c'est que… c'était un choc pour moi, de savoir qu'en réalité, pendant tout ce temps, j'avais une famille. Que… pendant tout ce temps, ma propre sœur jumelle était devant moi.
Dorea présenta un pâle sourire.
- Mais je dois te dire, que… la première fois que je t'ai vu, j'ai tout de suite pensé à ma mère. Enfin… Je veux dire à notre mère. Lily. Tu… Tu lui ressembles beaucoup, bredouilla Harry.
- Toi aussi, complimenta Dorea.
- Tout le monde dit que je ressemble plus à mon … notre père. Mais que j'ai les yeux…
- De Lily, acheva Dorea.
Un silence embarrassé s'installa entre le frère et la sœur.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Dorea en désignant le parchemin qui ressemblait à une carte.
- C'est la carte des maraudeurs, dit Harry.
Il déplia le parchemin sur la table devant Dorea. Et la jeune fille vit un plan du château de Poudlard s'étendre devant ses yeux, tandis que des centaines de petits points noirs, portant les noms des élèves et professeurs bougeaient.
- C'est impressionnant ! souffla d'admiration l'adolescente.
Harry se tourna vers ses deux amis et leur adressa un signe de tête pour les rassurer. Ron et Hermione quittèrent alors les cuisines, laissant seuls le frère et la sœur.
- J'aimerais que tu me racontes tout Dorea, depuis le début, déclara Harry d'un ton solennel.
Dorea considéra son frère. La demande était claire, alors elle prit une grande inspiration, sachant qu'elle lui devait des comptes et se lança dans un long récit, racontant tout de son enfance, du moments où elle avait sût qui elle était en vérité, son entrée à Beauxbâtons, son père, ou encore sa récente venue à Poudlard et pourquoi elle était à présent ici. Elle lui raconta tout sans ambages, en omettant un seul détail : ses pouvoirs et le fait est que Dumbledore l'avait préparé à la guerre.
Harry lui posa plusieurs questions, elle y répondit avec une franchise absolue.
Ils passèrent une partie considérable de la journée en cuisine, manquant la plupart de leur cours, car pour eux, il y avait des choses bien plus importantes, en cet instant, que la préparation des B.U.S.E.S.
Dorea prit connaissance des tragédies qu'a pu vivre Harry depuis sa plus tendre enfance et fut attristée de voir qu'un écart les séparaient. Elle, avait été choyée et parfois un peu trop gâtée, acquérant une éducation aristocrate alors que son frère vivait son malheur auprès de sa tante et son oncle, ainsi que de son cousin Dudley, qui l'avait qualifié comme un pestiféré. Elle sut également des aventures qu'avait vécues Harry avec ses deux amis, Ron et Hermione. De ses vacances dans la famille Weasley ou même de ses retrouvailles avec son parrain Sirius Black. Il lui raconta qui étaient réellement les maraudeurs, et ce qu'il avait appris sur le passée de leur parent.
Alors que le soleil commençait à décliner, Dorea qui marchait aux côtés d'Harry dans les couloirs de l'école, la bouche sèche d'avoir tant parlé, ne remarqua pas les coups d'œils scrutateurs et les chuchotements sur leur passage. Apparemment, la nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre dans toute l'école.
- Comment l'ont-ils su ? questionna Harry. Je ne l'ai dit qu'à Ron et Hermione, et je leur fais totalement confiance. Ils n'ont rien révélés à qui que ce soit.
- Je sais de qui ça vient, soupira Dorea en montant les marches des grands escaliers.
- De qui ?
- Des serpentards, éluda la verte et argent. Malefoy a dû le dire à Parkinson et le reste a fait son œuvre.
- Tu l'as dit à Malefoy ?! s'horrifia Harry.
- Après que tu sois partie du bureau d'Ombrage, Fudge a dit que la gazette s'était emparée de l'affaire, alors j'ai préféré prendre les devants et le dire à mes amis.
À cette pensée, le cœur de Dorea se comprima. Ce n'était plus ses amis. Ce temps était révolu, à présent. C'était dorénavant des ennemis, du moins s'ils le décidaient ainsi. Au mieux, il l'ignorerait, et elle s'en accommoderait. Elle les avait trahis. A quoi s'attendait-elle ? Seulement, avait-elle vraiment eu le choix ?
- Tu es ami avec Malefoy ?! s'étrangla Harry.
- Ah, vous êtes là ! s'exclama Hermione en les apercevant dans le hall d'entrée. J'ai récupéré tes devoirs Harry.
La brune se tourna vers Dorea, grimaçant légèrement.
- En revanche, j'ai tenté de récupérer tes cours, mais tes camarades, n'ont pas voulu collaborés. Je crois que tu devrais t'attendre à ce qu'il te fasse vivre, quelques jours, difficile. Malefoy a juré de te faire payer par tous les moyens.
- Ce n'est pas grave, je te remercie quand même Granger, dit Dorea d'un ton serein.
- Hermione, tu peux m'appeler Hermione.
- Entendu, sourit Dorea.
- Et moi, c'est Ron, intervint le rouquin.
Dorea hocha la tête, un sourire s'agrandissant sur son visage. A cet instant, un poids s'enleva de ses épaules et elle se sentait un peu plus légère que la veille.
- Alors raconte-moi cette histoire avec Malefoy ? dit Harry
- Tu ne perds vraiment pas le nord, toi ! s'esclaffa Dorea.
- Tu verras que quand Harry a une idée en tête, il ne l'a pas ailleurs, commenta Ron.
L'intéressé leva les yeux au ciel.
- Bon… Euh… Je suis sorti pendant quelque temps avec lui, marmonna Dorea.
- Tu as quoi ?! s'exclamèrent les trois Gryffondors d'une seule et même voix.
Dorea regarda autour d'elle et vit une petite porte près de la statue de bronze. Il ne valait mieux pas parlé de ça ouvertement en plein milieu du Hall d'entrée.
Dorea se rua vers la porte, et l'ouvrit pour apercevoir un placard à balai. Se convaincant que ce serait parfait, elle fit signe aux trois gryffondors de la suivre, et quand les quatre comparses furent entrés, elle cadenassa la porte, pour ne pas être dérangés.
- Peut-être que vous… Vous connaissez Malefoy et ses amis en tant que rivaux, à cause de cette stupide concurrence entre maisons, mais je peux vous assurer qu'ils ont été différents à mon égard.
- Malefoy est un fils de mangemort ! s'offusqua Ron. Tu as fraternisé avec l'ennemi !
- Oh Ron ! s'exaspéra Hermione.
- Quoi ?! Ce n'est pas vrai ? demanda ce dernier innocemment
- Dorea a eu une expérience différente avec eux, expliqua Hermione. N'est-ce pas ? dit-elle en se tournant vers la rousse.
- C'est exactement ça et je peux vous dire, que contrairement à ce que vous pouvez penser, ils sont très unies entre eux. Puis Malefoy n'a pas arrêté de me provoquer et ce qui devait arriver, arriva. C'était bien avant le match de Quidditch, et je ne pensais pas qu'il était aussi cruel et vil. Mon père m'a toujours dit de ne pas juger un enfant à causes des actes de ses parents et de ne jamais critiquer une personne avant de la connaître…
- Oui, mais on parle de Malefoy ! coupa Ron ahurit
- Ho, Ron, tais-toi ! s'impatienta Hermione.
- Alors… voilà, continua Dorea en mésestimant la remarque du rouge et or. Mais je vous assure que j'ai ouvert les yeux et tout ça c'est fini à présent, assura la serpentard en remuant la tête, un goût aigre de regret s'insinuant dans sa bouche.
Harry jaugea un instant Dorea puis hocha silencieusement la tête.
Dorea, avait tenu à révéler cette part d'épisode à Harry pour qu'il comprenne qu'à présent, il pouvait lui faire confiance. Elle préférait être honnête avec lui, que de lui cacher des choses, encore et toujours.
- Je n'arrive pas à croire que tu aies embrassé cet abruti ? dit Ron toujours abasourdi. C'était bien, au moins ?
- Ron ! gronda Hermione.
- Je tenais à ce que tu sois au courant Harry, dit Dorea en s'adressant à son frère, ignorant la question du jeune Weasley. Je sais, que malgré que l'on se soit raconté beaucoup de chose avec beaucoup de franchise, je demeure encore une inconnue pour toi. Et je le comprends très bien. La confiance ça se gagne. Après tout, je t'ai caché durant une partie de l'année qui j'étais réellement. Alors je préfère être honnête avec toi, et te dire tout ce qui me concerne. À toi de faire un choix. Mais sache que je serais très heureuse de pouvoir te connaître vraiment.
Dorea, qui avait parlé sans reprendre son souffle, inspira et expira lentement. Alors que son frère continuait à la dévisageait, elle se sentit soudainement de trop fasse au trio.
Elle fit volte-face pour ouvrir la porte, mais Harry l'interpella.
- Attends !
Dorea se retourna vers son frère.
- Rejoins-nous demain soir, à vingt heures, dans le couloir du septième étage près de la tapisserie de Barnabas le Follet, déclara-t-il.
Dorea sourit puis acquiesça de la tête et sortit de la pièce.
