Bonjour !

Voici le point final de cette deuxième partie, on se retrouve en bas pour le blabla !


oh my love (spare my blood)

Chapitre 21

oOo

La mort rode dans le Donjon Rouge.

Telle une apparition fantomatique, Daenerys erre dans les couloirs, peut-être que c'est comme ça que les livres d'histoire se souviendront d'elle, la dame blanche. On oubliera Daenerys Targaryen, la reine des Sept Couronnes, la protectrice du royaume. Personne ne se souviendra des esclaves libérés, des tyrans renversés, de l'amour de tout un peuple.

La Reine Folle. Voilà comment on l'appellera. Tel père, telle fille. On parlera du massacre de Port-Réal en tremblant, on s'indignera au souvenir de l'extermination des derniers Lannister, on frissonnera en pensant au triste destin de Yara Greyjoy.

La dame blanche hurlera son désespoir pendant des siècles et des siècles mais nul ne compatira, nul ne comprendra.

Dans ses rares moments de lucidité, Daenerys regarde en arrière et pleure ses erreurs passées.

(C'est peut-être une bonne chose qu'elle ait presque entièrement sombré dans la folie.)

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Tout ça pour ça ? Mon mariage avec Drogo, la naissance de mes enfants, Qarth, Astapor, Meereen, les conquêtes, les victoires, les guerres, les Sept Couronnes, le Trône de Fer – tout ça pour ça ?

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Le ciel est gris, le soleil a cessé de briller depuis longtemps – a t-il sombré en même temps que Daenerys ?

Jon, Jorah et Sam sont assis autour de la table du conseil restreint. Tous les trois ont l'impression de voir des cendres flotter dans l'air. La dame blanche marche de long en large, les mains posées sur son ventre rond.

Tous sont en deuil. Tous sont sur le point de perdre quelque chose, et ils le savent. Le temps des illusions est fini.

« Rappelez les Immaculés en position dans le Nord, » ordonne Daenerys. « Je veux qu'ils protègent le Donjon Rouge. »

« Votre Majesté, » dit Jorah. « Les Immaculés qui étaient dans le Nord ont tous été tués. »

(Il le lui a dit, pourtant, plusieurs fois. Il se demande s'il devra encore le lui répéter.)

Daenerys laisse échapper un cri rageur, elle a renoncé à se tresser les cheveux et à y accrocher des cloches, à quoi bon quand toutes ses victoires l'ont menée jusqu'ici ?

« Nous devons attaquer les premiers, » dit-elle. « Nous devons nous montrer intelligents. Rappelez tous les Immaculés qui sont encore dispersés dans les Sept Couronnes et ordonnez-leur d'attaquer les Terres de l'Orage. Nous devons montrer à nos ennemis qu'il est inutile de s'approcher de Port-Réal. Nous... »

« Daenerys, » la coupe Jon. « Il y a des milliers de civils dans les Terres de l'Orage. »

Elle fait volte-face, les yeux brûlants.

« Ils le paieront de leur sang ! » crache t-elle.

Elle s'éloigne rapidement, Jon pince les lèvres, ils baissent les yeux vers la grande carte étalée sur la table, contemplent le peu de pions qu'il leur restent.

« Elle a perdu tout contact avec la réalité, » dit Jon d'un air sombre. « Elle nous ordonne de déplacer des groupes d'Immaculés qui n'existent même plus. »

Jorah se rappelle de la conquête de Westeros, de la façon dont ils bougeaient les pions sur la carte, de leurs armées gigantesques.

Il ne reste presque plus rien, maintenant. Il ne s'agit plus d'attaquer mais de se défendre.

(Défendre quoi ? Que reste t-il de ce règne ?)

« Les armées du Conflans se sont jointes à celles du Nord, » dit lentement Jon. « Ensemble, elles ont exterminé les Immaculés qui étaient présents dans ces deux Couronnes avant de se diriger vers le Val. »

Daenerys, sans son obsession de contrôler Westeros, pensait que disperser les Immaculés en petits groupes serait une bonne idée pour être au courant de tout.

Cette erreur est en train de lui coûter très cher et le pire dans tout ça est qu'elle n'est même plus en état de s'en apercevoir.

« Les Fer-Nés ont pris le contrôle des Terres de l'Ouest et se rassemblent dans le Bief. Gendry est en train de rassembler ses armées à Accalmie. »

Jon semble soudain à bout de souffle. La guerre sera rapide, c'est certain.

« Nous allons perdre. »

Le roi n'est ni triste ni en colère. Simplement résigné, et Jorah l'est tout autant.

« Nous allons perdre, » répète t-il.

Ce n'est qu'une question de semaines avant que les forces ennemies n'envahissent la capitale.

Sam garde le silence et se contente de baisser les yeux.

Il n'y a rien d'autre à dire.

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Tout ça pour ça ? Le khalasar, la traversée du désert, le bannissement, la grisécaille, l'armée des morts, Port-Réal – tout ça pour ça ?

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« Drogon ? »

Daenerys marche dans les jardins les yeux levés vers le ciel, elle appelle son enfant, celui qui est allé se perdre elle ne sait où, elle prie pour son retour, qu'il vienne la sauver et qu'ensemble ils brûlent tous leurs ennemis, elle rêve de son nouveau monde sans s'en apercevoir que tout est en train de s'effondrer, quand vient la nuit elle pleure sa raison perdue et ses plus grands regrets.

« Où es-tu, Drogon ? Où es-tu ? »

Pourquoi ne revient-il pas ? Pourquoi l'a t-il abandonnée lui aussi ? Elle est une mère qui n'a plus d'enfants, maintenant, Jenny et Duncan la fuient, ils ont peur de cette dame blanche aux yeux égarés qui a remplacé leur mère, se cachent dès qu'elle apparaît, ça lui est déjà arrivé de passer une journée entière à les chercher, une quête d'un peu d'amour et d'affection au bout de laquelle elle n'a rien trouvé.

Il ne lui reste qu'un dernier espoir, désormais, une dernière flamme, ses ennemis veulent lui arracher son dernier enfant, ce sont peut-être eux qui ont empoisonné l'esprit de Jenny et Duncan, cette fois elle ne les laissera pas faire, ils sont destinés à l'oubli, jamais ils ne feront d'ombre au soleil.

(« La flamme brûle toujours plus fort avant de s'éteindre. »)

Viserys, Tyrion et Yara la suivent partout et lui reprochent ses erreurs, lui reprochent de ne pas les avoir sauvés, ils lui rappellent qu'elle les rejoindra bientôt, elle est en train de se changer en fantôme, ne le voit-elle pas ?

Son ventre gonfle encore, l'enfant sera bientôt là, il est peut-être son salut, ce qui la sauvera des griffes et des crocs de ses ennemis. Il crachera du feu et des ailes lui pousseront, il sera vraiment un dragon.

Un soir, elle se glisse dans la chambre de Jorah, il lui tourne le dos, elle s'allonge à côté de lui, depuis combien de temps n'ont-ils pas partagé le même lit ?

« Jorah, » chuchote t-elle.

Il ne dort pas, se tourne vers elle, fronce les sourcils.

« Majesté ? »

« Je n'arrive pas à dormir. »

Je n'arrive jamais à dormir. Les fantômes me gardent éveillée, ils transforment la réalité en cauchemar, comment leur échapper ? Comment ?

« J'ai peur, Jorah. Puis-je rester avec vous ? Je n'ai pas peur quand vous êtes près de moi. »

Il étouffe un sanglot et la serre contre lui en guise de réponse, enfin un peu de chaleur, ça lui change de toute cette glace qui l'entoure. Il pose une main sur son ventre gonflé.

« Encore des jumeaux ? » demande t-il.

Des jumeaux. Un signe du destin. Daenerys soupire.

« Non. Pas cette fois. »

(Même le destin semble l'avoir abandonnée.)

« Jorah ? »

« Oui ? »

« Nous ne sommes pas allés à Braavos. Nous n'avons pas retrouvé la maison à la porte rouge et le citronnier. »

Quelque chose d'humide coule dans son cou et Daenerys s'aperçoit qu'il pleure.

« Nous pouvons toujours y aller. »

« Vraiment ? »

« Bien sûr. »

« Drogon n'est toujours pas revenu... »

« Nous irons quand il reviendra. Juste tous les deux. Nous cueillerons des citrons. »

« Ça m'a l'air bien. »

Ses propres larmes rejoignent celles de Jorah.

« Regrettez-vous de m'avoir rencontrée ? Ne me mentez pas, s'il vous plaît. Ne faites pas comme les autres. »

Il lui caresse doucement la joue.

« Jamais je ne regretterai de vous avoir rencontrée. Je vous aime. Maintenant, et toujours. »

Elle parvient à sourire faiblement, se demande ce qui se serait passé si elle avait accepté de fuir avec lui après la mort de Drogo. Si elle l'avait laissé l'aimer plus tôt. En serait-elle là aujourd'hui ? Aurait-elle laissé tous ces cadavres sur son chemin, sur le chemin du Trône de Fer ?

(Elle est déjà perdue. Elle peut bien regarder en arrière, ça ne changera plus rien.)

« Jorah ? »

« Oui ? »

« Serrez-moi fort. »

Elle se retourne, il enfouit le visage dans son cou et passe un bras autour de sa taille. Sa main repose sur son ventre gonflé.

« Dormez, Majesté. »

« Vous serez encore là quand je me réveillerai ? »

« Je serai toujours près de vous. »

Sa voix n'est qu'un souffle lorsqu'elle murmure :

« Jusqu'à la fin ? »

Il l'embrasse sur le haut du crâne.

« Jusqu'à la fin. »

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(Elle est peut-être folle mais elle n'est pas naïve. Les dragons sont comme les autres animaux. Ils sentent leur fin approcher.)

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Jon et Jorah fixent le Trône de Fer. Les derniers Immaculés qui ont fui devant l'avancée des armées ennemies courent partout dans le Donjon Rouge, tentent de s'organiser.

Leurs efforts seront vains.

« Jon ? »

« Oui ? »

« Pourquoi n'essayez-vous pas de fuir ? »

« Comment ça ? »

« Vous êtes le frère de la dame d'Accalmie et de celle de Winterfell. Pourquoi ne les rejoignez-vous pas ? Prenez les enfants et partez. »

Jon laisse échapper un petit rire sans joie.

« Je serai exécuté. Je m'appelle Aegon Targaryen. A leurs yeux, je suis un dragon. Je suis son mari, son roi. Je suis promis au même destin. »

« Alors fuyez ! Partez quelque part où on ne vous retrouvera pas, partez tant qu'il en est encore temps ! »

Il secoue la tête.

« J'ai fait un serment. Je le tiendrai jusqu'au bout. »

« Vous allez mourir. »

« Je sais. »

Jon ne lui demande pas pourquoi lui ne s'enfuit pas avec les enfants. Il sait très bien que Jorah n'abandonnera jamais sa reine.

« Quand doit-elle accoucher ? » demande Jon.

« Demain. »

Il acquiesce, se tourne vers lui.

« J'ai tout prévu avec Sam. Il va emmener Jenny, Duncan et le bébé loin d'ici. »

Tous deux savent très bien que les enfants du dragon ne seront en sécurité nulle part. On les haïra pour leur sang, pour les actes de leur mère. L'histoire est écrite dans le feu et le sang, et elle se répète.

« Vous savez ce qu'ils vont lui faire, » reprend Jon.

« Je sais. Pensez-vous qu'elle le mérite ? »

« Personne ne mérite ça. Personne. »

Pas un seul instant ils ne pensent à s'enfuir avec Daenerys, pas un seul.

(Daenerys Targaryen n'est plus vraiment là. Il ne reste qu'un fantôme immatériel, une ombre, un écho, un souvenir. Ce serait comme emmener une coquille vide.)

Ils se regardent dans les yeux. L'un restera par devoir, l'autre par amour.

Jorah se demande lequel d'entre eux tombera en premier.

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« Jon ? »

« Oui ? »

« Je suis heureux de vous avoir rencontré. »

« Moi aussi, Jorah. »

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Le destin est une chose curieuse.

Est-ce à cause du destin que les armées ennemies ont décidé d'attaquer cette nuit-là ?

Est-ce à cause du destin que Daenerys s'est réveillée en hurlant, les mains posées sur son ventre, comme déchirée de l'intérieur ?

Jorah suppose qu'ils ne le sauront jamais.

(Peut-être que mourir tous ensemble est leur destin, tout compte fait.)

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Jorah tient la main de Daenerys alors qu'elle hurle. Jenny et Duncan, terrés dans un coin de la pièce, se serrent l'un contre l'autre en tremblant. Jon entre dans la pièce, Grand-Griffe à la main.

« Ils vont bientôt atteindre le Donjon, » grimace t-il. « Je vais aider les Immaculés à les retenir. »

Daenerys pousse un nouveau cri. Jon se tourne vers Sam.

« Combien de temps ? »

« Elle y est presque. »

Il se mord les lèvres. Se demande probablement s'il aura le temps de fuir avec les enfants. Se demande s'ils vivront ou si leur destin est de payer pour les crimes de leur mère.

Jon tourne la tête vers Jorah. Leurs regards se croisent.

Ils savent. C'est fini, ils ne se reverront plus. Pas dans cette vie-là, en tout cas.

Ils échangent un sourire triste. Le loup et l'ours. Vivre dans l'ombre du soleil les a rapprochés.

C'est dans l'ombre qu'ils pousseront leur dernier soupir.

« Jon ? » dit Jorah avant qu'il ne parte. « Vous êtes un homme bon. »

Jon acquiesce.

« Vous aussi, Jorah. »

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Daenerys se meurt.

Les fantômes lui tendent la main et sont sur le point de l'emmener, de les emmener tous les deux, de prendre son petit dragon. D'éteindre la dernière flamme.

Aucun fantôme ne l'encourage, aujourd'hui. Il n'y a que Jorah. Elle se rappelle l'époque où elle n'était qu'une khaleesi effrayée. Elle n'avait que lui, il était son seul soutien, son seul soleil.

L'histoire se répète. La boucle est bouclée.

« Vous vous débrouillez très bien, Majesté, » l'encourage t-il. « Le bébé sera bientôt là. »

Mais que lui restera t-il ? Un royaume brisé ? Un monde où les dragons seront de nouveau haïs, persécutés ? Ce n'est pas uniquement la douleur qui la fait hurler, c'est aussi le désespoir, tous ses rêves gâchés, ses projets partis en fumée, l'amour qu'elle n'a jamais eu et n'aura jamais.

Lorsque le bébé naît, elle ne s'en aperçoit même pas. Elle réagit à peine lorsque Jorah dépose l'enfant dans ses bras, fronce les sourcils, n'a plus la force de sourire, ni celle de penser.

Elle devient la reine fantôme.

« C'est une fille, Majesté, » dit Jorah.

Elle hoche doucement la tête. Une larme roule sur sa joue.

Pardonne-moi, mon enfant. Je voulais tellement plus pour toi. Je voulais un monde libre, un monde où les citronniers poussent par milliers et où les dragons volent dans le ciel. Un monde qui ne connaît pas l'hiver, un monde où l'été dure pour toujours. Il n'y plus que des cendres, des larmes et des regrets, maintenant. Je suis désolée.

Daenerys donne l'enfant à Sam, repose la tête sur l'oreiller, le regard vide, ne fait rien pour échapper aux fantômes – elle n'a nulle part où aller.

Les yeux de Jorah sont la seule source de lumière dans la pièce.

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Les troupes ennemies vont bientôt pénétrer dans le Donjon. Jorah entend le tumulte de la bataille, ou peut-être l'imagine t-il, il ne sait pas vraiment.

« Il faut faire vite, » dit Sam qui berce le bébé en essayant de la calmer.

Jorah jette un regard à Daenerys, repense aux paroles de Jon.

Vous savez ce qu'ils vont lui faire.

Ils ne la tueront pas tout de suite. Ils la tortureront pendant des semaines avant de consentir à la laisser mourir. Il crispe les poings, la pensée qu'ils posent les mains sur elle lui est insupportable. Jorah s'approche de Jenny et Duncan, les serre contre lui. Il remarque que Jenny s'accroche à la couronne de Cersei, son jouet préféré, se surprend à prier pour que la lionne lui donne sa force, sa force de survivante.

« Où est Père ? » demande Jenny.

« Il est en train de se battre. Écoutez, les enfants. Vous allez suivre Sam jusqu'aux écuries, d'accord ? Je vais bientôt vous rejoindre, mais il faut vous dépêcher. Vous comprenez ? »

Terrorisés, ils acquiescent faiblement, les yeux écarquillés.

« Et Mère ? » demande Duncan d'une toute petite voix.

Jorah se mord la lèvre – il ne peut pas pleurer, pas encore.

« Votre Mère va dormir, » répond t-il doucement.

Il les pousse vers la sortie.

« Ser Jorah... » balbutie Sam.

« Dépêchez-vous. Je ne serai pas très long. »

Tout aussi terrifié que les enfants, Sam hoche la tête et tous les trois quittent la pièce. Jorah s'assoit doucement sur le lit de Daenerys.

Elle plonge les yeux dans les siens.

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(Oh, il pourrait la sortir de là, fuir quelque part avec elle, vivre en exil avec leurs enfants, tenter d'oublier ce triste règne, d'oublier le passé, le feu, les cadavres et les regrets. Il aimerait le faire, vraiment, mais comment sauver un fantôme ? Daenerys a été consumée par les flammes de la folie, il ne reste presque rien, et la volonté de vivre l'a quittée.)

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« Jorah ? »

« Oui ? »

« Je suis désolée. »

Il pleure silencieusement.

« Moi aussi, Majesté. Moi aussi. »

« Ça ne fera pas mal ? »

Il ne peut cacher sa surprise. Elle s'esclaffe légèrement.

« Je vous connais, Jorah. Je sais que vous ne laisserez jamais personne me faire du mal. »

Il lui caresse les cheveux.

« Non. Ça ne fera pas mal. »

« Bien, bien. »

Il tremble lorsqu'il saisit la petite fiole. Dix gouttes, et ce sera terminé. Dix gouttes d'essence de belladone – le poison qui a eu raison des derniers lions de Westeros.

Daenerys referme la main autour de la sienne, la guide jusqu'à sa bouche.

Elle ferme les yeux et sourit.

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Ainsi s'achève le règne de Daenerys Targaryen, Reine des Andals et des Premiers Hommes, Protectrice du Royaume, Khaleesi de la Grande Mer Herbeuse, l'Imbrûlée, la Briseuse de Chaînes.

Jorah dépose un dernier baiser sur ses lèvres.

« Je t'aime, Daenerys. »

Il ne sait pas si elle l'a entendu, ne le saura jamais.

Il se lève et se dirige vers la porte. Il n'a peut-être pas pu sauver Jon, il n'a peut-être pas pu la sauver mais il sauvera les enfants.

(Si je regarde en arrière, je suis perdu.)

Il court jusqu'aux écuries. Les Immaculés ne tiendront pas beaucoup plus longtemps. Il faut faire vite.

« Ser Jorah ! » crie Jenny. « J'ai peur. »

« Je sais. Tout va bien. »

Sam semble sur le point de s'évanouir.

« Jon ? » demande t-il.

Mais il sait. Jorah n'a pas besoin de répondre. Jon n'aura jamais été Aegon Targaryen. Son honneur de loup l'aura suivi jusque dans la mort.

Duncan monte derrière Sam et le mestre installe Jenny devant lui. Le bébé dans les bras, Jorah se met en selle.

(Si je regarde en arrière, je suis perdu.)

« Où allons-nous ? » demande Sam.

« Loin d'ici. »

Jorah tient fermement le bébé, le regard déterminé, ignore son cœur brisé.

Il lui reste une raison de vivre. Trois, en fait.

Il ne les laissera pas tomber.

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Daenerys ouvre les yeux. Le soleil réchauffe sa peau, une odeur délicieuse flotte dans l'air.

Est-elle morte ? Est-elle en train d'halluciner à cause de la belladone ?

Elle plisse les yeux, fait quelques pas. Elle se fige lorsqu'elle reconnaît finalement l'endroit où elle se trouve.

Elle sourit. Elle est enfin à la maison.

Daenerys franchit la porte rouge et court vers le citronnier.


Un grand merci si vous m'avez lue jusqu'ici, et un immense merci pour vos reviews qui m'ont vraiment fait plaisir et qui ont toujours été une grande source de motivation pour écrire ! :D

Daenerys est un personnage avec qui j'ai toujours eu une relation compliquée, elle m'a bien souvent agacée (plus particulièrement à partir de la saison 4) mais je dois dire qu'après avoir écrit cette histoire, elle a fini par me toucher, il s'agit vraiment d'un personnage tragique (un peu comme Cersei) que la série n'a malheureusement pas toujours bien su exploiter. J'espère que vous avez aimé la version que j'ai proposée ici !

La troisième partie sera donc racontée du point de vue de Sansa et Yara (oui, je vais encore vous briser le coeur) et vous saurez ce qu'il advient de Jorah et des enfants. Le premier chapitre sera mis en ligne dans quelques minutes !