Hey !

Le vingtième chapitre les gens ! J'en reviens pas d'être allée aussi loin avec cette histoire. J'en vois presque le bout et je suis déjà nostalgique.

Et sinon, ma chrono est sûrement un peu pétée, mais au niveau de la période, on va dire que c'est en Mars.

Enjoy le Law full émo de ce chapitre !


J'ai si peu dormi ces derniers temps que j'ai l'impression que je vais m'écrouler d'une minute à l'autre en plein milieu d'un couloir. J'ai l'habitude des insomnies et de la fatigue chronique, pourtant cette fois j'ai la sensation de m'être fait roulé dessus par un convoi de camions. C'est normal, il n'y a pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi je suis dans cet état misérable. En plus d'être, comme à l'accoutumé, anémié et épuisé : je suis complètement déprimé.

Deux semaines se sont écoulées depuis ma dernière entrevue avec Kid et je ne l'ai plus recroisé, ni même aperçu une seule fois après ça. J'ai bien essayé de le confronter à nouveau, à plusieurs reprises, mais sans succès. Je ne l'ai trouvé nulle part. Aucune de ses cachettes habituelles n'est occupée. J'ai d'abord pensé qu'il s'était évadé mais il laisse parfois des traces de son passage sur le toit alors je sais qu'il est toujours là. J'ai déjà retrouvé ses affaires en vrac sur les tuiles, sans réussir à savoir quand il y était venu, ni quand il était parti. J'ai même essayé de voir s'il ne se cachait pas au mitard, mais non. C'est comme s'il était redevenu un fantôme.

C'est délibéré, il m'évite consciencieusement.

J'ai essayé de le joindre autrement, par message, mais en pure perte. Tout ce que j'ai fait, c'est hurler dans le vide.

Encore une fois, c'est par ma propre faute que je me retrouve seul. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça et j'aurais dû m'y prendre autrement. J'aurais dû mettre mon égo de côté et y aller doucement, au lieu de lui balancer frontalement : « Je sais que c'est toi. » J'ai refait la même erreur qu'avec Corazon, j'ai foncé dans le tas sans réfléchir et voilà le résultat : j'ai encore fait du mal à une personne qui comptait un peu pour moi. Au lieu de me montrer compréhensif je l'ai agressé. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il veuille me fuir à présent. Comment pourrais-je lui en vouloir ? A sa place, moi aussi je me laisserai croupir dans un coin tellement je me dégouterai.

Rien qu'en voyant mon reflet dans le miroir ce matin, j'ai eu envie de me frapper. En temps normal, je me donne déjà envie de gerber, mais aujourd'hui c'est encore pire. J'ai ce même teint cireux et olivâtre que les peintres aiment donner aux cadavres qu'ils représentent sur certaines toiles, mais avec des tâches pâles en plus et des cernes qui défient toute concurrence. J'ai déjà entendu quatre : « Oh, t'as pas l'air en forme » depuis le début de la journée et maintenant tout ce que je veux c'est qu'on me fiche la paix.

Je ne suis sorti de la chambre juste pour tenter de retrouver Kid une nouvelle fois, pour dissiper le malentendu, mais j'ai encore échoué.

De toute façon, je ne mérite pas que Kid m'accorde de nouveau sa confiance. C'est juste que je ne sais pas quoi faire d'autre de mes journées. Ca tourne en boucle dans ma tête, ça m'obsède. Une chose est sûre, plus jamais je ne m'approche des mystères de ce château. Le secret mourra avec moi. Désolé Ace, mais si je dois trahir quelqu'un, ce sera toi. J'en ai déjà assez fait de mal en comprenant ce qu'il s'est passé, je n'irais pas plus loin. Je ne livrerai pas Kid en pâture à qui que ce soit.

J'aimerai qu'il le comprenne, même si je sais que c'est déjà trop tard. Tout ce que je peux faire à présent, c'est retourner dans la chambre et me morfondre sur le mépris que je m'inspire jusqu'à ce que mort s'ensuive.

– Hey ! Law !

Entendre crier mon nom à l'autre bout du couloir me crispe. C'est presque douloureux tant mes muscles se contractent tous en même temps à l'idée d'avoir encore à papoter avec quelqu'un. Je n'ai pas envie de parler, que ce soit pour une discussion cool ou pour me demander un service, je veux juste qu'on me foute la paix. Je suis à deux doigts de me retourner et de hurler qu'on me laisse tranquille mais je me maîtrise encore assez pour m'en empêcher.

Je me retourne et voit Sabo, qui me fonce dessus, l'air furieux. Je devrais m'étonner de le voir dans cet état, je n'ai rien fait qui pourrait le mettre en colère, mais franchement en ce moment je me fiche de tout, je veux juste dormir.

Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il brandit le poing et me tend un grand sac en papier rempli de je-ne-sais-quoi. Ca à l'air lourd.

– Prends ça, m'ordonne-t-il, la veine du cou au bord de l'explosion.

J'accepte timidement son présent – effectivement lourd – et l'interroge du regard. Son agressivité m'étonne, je ne pense pas qu'elle soit dirigée vers moi mais ça reste bizarre, ce n'est pas courant chez lui. Il est plutôt d'un naturel calme et gentil d'habitude.

L'odeur du sac me prend au nez.

– Ca sent les beignets à la framboise…

– Oui, bin j'ai pris un sac de la cafétéria, c'est tout ce que j'ai trouvé, répond-il, agacé. Tu aurais préféré un sac avec un gros dollar dessus ?

Devant mon air ahuri, il s'explique.

– Tu m'as dit que tu voulais un prêt, le voilà.

Le prêt. J'avais complètement oublié. Je n'en ai même plus besoin maintenant.

Par curiosité, je regarde dans le sac. Son contenu explique son poids : il est rempli de liasses de billets. Je le referme un peu précipitamment, il ne faudrait pas que quelqu'un me voit avec ça.

– Je croyais que tu n'avais plus rien ?

Je demande par politesse, en vérité je m'en fiche complètement. Je n'ai plus besoin de cet argent.

Sabo souffle un grand coup et paraît reprendre ses esprits.

– Si, j'avais encore un peu d'argent, mais comme mon père me surveillait je faisais attention. Mais figure-toi que j'ai appris qu'il y devait y avoir une « réunion », ici, dans quelques jours, avec tous les mécènes qui financent cette mascarade qui nous sert d'internat. Dont mon père. Alor forcément, monsieur vient de passer une heure au téléphone avec moi pour me faire la morale et me parler comme à une merde, menaces à l'appui, pour que je me tienne à carreau et que je fasse bonne figure quand il sera là…

– Je vois ce que tu veux dire.

– …c'est pour ça que j'ai pris tout ce qu'il me restait, j'en ai même piqué à mon frère, et que je te le donne aussi tôt. Je veux le faire chier. Il ne supporte pas de ne pas savoir ce que je fais de son pognon. Alors fais-moi plaisir, emporte-le et ne discute pas. C'était ce que tu voulais non ?

Je n'ai pas le courage de lui dire la vérité. Je lui avais demandé de me prêter cet argent dans le seul but de débusquer un coupable que je n'ai plus besoin de chercher désormais. Je me contente de le remercier mollement, pour ne pas le froisser. Je pourrais toujours le lui rendre plus tard et inventer un bobard pour clore cette histoire une bonne fois pour toute. Je sais que je ne peux pas révéler quoi que ce soit sans que les choses ne se transforment en vindicte populaire à l'encontre de Kid. Je suis désolé pour Sabo, pour Luffy, mais il est temps de faire le deuil.

Mon manque d'enthousiasme ne passe pas inaperçu.

– Ca va toi ? T'as l'air crevé.

– Je suis crevé, fais pas attention.

– Bon. Tiens-moi au courant si tu as du nouveau.

Sur cette phrase, il tourne les talons en me saluant. Je suis soulagé qu'il ne me pose pas plus de questions. Je n'aurais pas la force d'y répondre de toute façon.

Par peur que quelqu'un d'autre ne m'arrête, je presse le pas pour retourner dans la chambre. Heureusement, Sabo n'était pas d'humeur à faire la conversation, mais je ne sais pas si je serais en mesure de résister à quelqu'un de plus insistant, comme Luffy, et je n'ai pas envie de parler. Vraiment pas.

Je suis encore plus déprimé maintenant. J'aurais tant préféré que ce soit cet argent qui me permette de débusquer l'assassin. J'aurais aussi préféré ne jamais mettre les pieds ici, tant qu'à faire. Tout est de ma faute, tout. Si j'avais fermé ma grande gueule, Cora serait libre et Kid n'aurait pas disparu je ne sais où.

[Ellipse]

Pendant une seconde, j'ai l'espoir de trouver Kid dans la chambre mais avant même de franchir la porte mais je me fais une raison. S'il n'a répondu à aucun message, c'est qu'il ne veut pas parler, point.

J'entre, impatient de me jeter sur mon matelas et de maudire l'humanité toute entière.

– Bonjour Law, j'ai failli t'attendre.

Comme si mon désespoir n'était pas suffisant, Doflamingo m'attends, debout devant le bureau. J'ai un haut-le-cœur en le voyant. Qu'est-ce qu'il fait ici ? Il est la dernière personne que j'ai envie de voir.

Il s'avance vers moi, un sourire sournois sur le visage.

– Elle est minuscule cette pièce, Crocodile est vraiment un salaud de t'avoir collé ici, déplore-t-il en gardant son immense dos vouté, pour ne pas se cogner la tête contre le plafond.

– Qu'est-ce que tu fous là ?

Je n'ai même plus assez de hargne pour lui sauter à la gorge, je veux juste qu'il dégage. Malheureusement, il n'a pas l'air décidé. Il s'assoit à la chaise du bureau et joint les mains. Il n'a pas l'intention de partir.

– Tu me donnes un beignet ?

– Non.

Il ne manquerait plus qu'il comprenne que je me trimballe un sac plein d'argent, incognito dans les couloirs. Je le pose par terre, à côté de mes paquets de gâteaux habituels. Il vaut mieux que je ne le cache pas trop, il risquerait de remarquer quelque chose et je ne veux pas que Sabo en pâtisse.

– Qu'est-ce que tu me veux encore ? Je répète. Pourquoi tu es venu ici ?

– Pour te parler, de toute évidence.

– Le téléphone ça existe.

– Encore faudrait-il que tu décroches.

C'est vrai. Il a bel et bien essayé de me joindre ces derniers jours mais comme d'habitude je lui ai raccroché au nez sans demander mon reste. A la fois pour l'énerver, à la fois pour me défouler sur quelqu'un. Et aussi parce que je n'avais vraiment pas envie de lui parler. Je n'avais pas besoin de l'entendre ricaner dans mon oreille et me prendre de haut alors que je ne suis pas au meilleur de ma forme.

D'ailleurs, je me sens particulièrement vulnérable en face de lui à cet instant. Il fait deux fois ma taille, pèse deux fois mon poids… Si l'envie lui prend de m'épingler contre le mur, je ne serais pas du tout en mesure de riposter et je suis sûr qu'il va le remarquer.

– Et bien vas-y, je t'écoute.

Il me lance un sourire narquois et reste encore silencieux trente bonnes secondes avant de prendre la parole. Il fait exprès, pour dominer la conversation et me mettre la pression.

– Tout d'abord, je tiens à te féliciter. Pour une fois, tu as fait ce que je t'ai dit : tu as fait profil bas.

Je hausse les épaules. Ce n'était pas intentionnel, il doit s'en douter. J'espère qu'il ne sait rien sur Kid.

– Mais ce n'est pas pour ça que je suis venu. Comme tu le sais, le procès de Rosinante approche à grands pas et ces dernières semaines c'est un peu la course. Il y a plein de gens à voir, plein de choses à penser, à planifier etc. Je te passe les détails qui, de toute façon, ne te regarde pas – il pointe un index accusateur sur moi – mais sache que je vais lui rendre visite dans un jour ou deux. Ce n'est pas encore fixé. Je pensais que tu aurais envie de m'accompagner.

Je suis sous le choc. J'ai besoin de le faire répéter pour être sur qu'il ne me tend pas un piège, mais non, il est sérieux et me propose d'aller voir Corazon. En personne.

J'en suis le premier surpris mais cette proposition m'inocule une bouffée de chaleur et d'espoir directement en intraveineuse. Oui, évidemment que je veux venir. Je n'ai plus que ça. Ce serait aussi l'occasion de m'excuser en face, enfin. Je ne l'ai pas revu depuis une éternité et c'est la moindre des choses que je puisse faire pour lui.

Sans me l'avouer, je pense que j'ai aussi, très égoïstement, besoin de lui parler de tout ça. J'en ai marre de me sentir seul.

Je n'ai pas du tout envie d'être reconnaissant envers Doflamingo mais je ne peux pas refuser. Je hoche la tête à l'affirmative pour accepter, sans le regarder dans les yeux.

– Très bien, s'exclame-t-il, content de me voir docile.

– Pourquoi tu me le proposes ? Ne puis-je m'empêcher de demander. Il y a un piège quelque part ?

– Non, répond-il en se levant. Considère ça comme une récompense pour ta bonne conduite.

Il me tapote l'épaule, d'un geste paternaliste, avant de quitter la pièce. Lorsqu'il disparaît, j'entends les exclamations de surprise qu'il provoque sur son passage. Personne ne devait s'attendre à le voir ici.

De mon côté, je me sens un peu plus léger mais je reste furieux. Il est certain qu'il va se servir de ça contre moi à l'avenir, me rappeler à tout bout de champ comme il a été « bon » de m'offrir la possibilité de voir la seule personne au monde que je considère comme ma famille. C'est une arme de plus pour lui, une balle dans le pied pour moi.

Néanmoins, j'en ai besoin. Je veux pouvoir sortir la tête de l'eau, respirer un peu, alléger le poids de ma culpabilité. Et peut-être trouver un peu de réconfort.

[Ellipse]

Ca me fait bizarre d'embarquer sur un ferry et de respirer l'air marin après avoir passé autant de temps enfermé entre quatre murs. Mais ça m'angoisse quelque part, j'ai l'impression d'être lâche et de fuir quand tous les autres sont obligés de rester enfermés. Ou bien qu'on me tend un piège et que je ne vais plus jamais pouvoir être libre, au contraire. Et j'ai raison de me sentir aussi en danger : à peine ai-je posé un pied sur le bateau que j'aperçois, assis sur les banquettes en cuir du petit salon nautique, les plus fidèles subordonnés de Doflamingo, occupés à fumer des barreaux de chaise autour d'une table garnie de nourriture.

Il s'est bien gardé de me dire qu'ils seraient du voyage. Il sait que je les déteste tous. Je suis sûr que ça lui plaît de me voir mal à l'aise en leur présence. Ca m'aurait étonné qu'il continue de se montrer conciliant plus de cinq minutes. Je ne les salue même pas, je me contente de foncer vers le pont pour éviter toute discussion, je ne me sens pas d'humeur à les affronter. Quand il n'y en a qu'un ça va, mais quand ils sont en groupe c'est autre chose. Je ne suis pas de taille à lutter.

– Alors, on dit pas bonjour ? Me lance Trebol, sous les rires de ses copains.

Rien que d'entendre sa voix me donne envie de lui vomir dessus. J'essaye de l'ignorer mais Doflamingo, qui marchait derrière moi, me stoppe et m'attrape par l'épaule en me plantant ses phalanges de rapace dans la chair.

– Tu comptes aller où comme ça ?

– Tu vas me demander de leur faire un câlin peut-être ? Siffle-je.

– Baisse d'un ton, t'es pas en vacances.

Il resserre sa prise et me traîne jusqu'à la table. J'ai l'impression d'être un enfant de cinq ans qu'on oblige à embrasser ses vieux oncles, c'est humiliant. J'accepte de m'asseoir à leur table mais je ne prononce pas un mot. Je sais que je vais me faire vanner pendant tout le trajet alors il est plus sage de la boucler. Ils se lasseront plus vite si leur proie favorite ne se débat pas.

Comme prévu, Trebol se moque de mon visage déconfit et se gargarise de la souffrance que j'ai l'air d'avoir traversé. Je lui collerai bien mon poing dans la figure mais mon envie de voir Cora surpasse tout. Je tiendrais le coup.

Heureusement, Doflamingo a d'autres choses à fomenter et il dévie la conversation rapidement sur un autre sujet – ils ne sont pas là pour nous accompagner, il a certaines tâches à leur confier pendant que nous serons en visite, en rapport avec la réunion dont Sabo m'a parlé il n'y a pas longtemps. Agacé par leur présence, je serre les dents en regardant la mer par le hublot. Les roulements de l'eau conjugués à mon estomac vide me rendent un peu malade. J'espère que la traversée ne sera pas trop longue, j'ai hâte de revoir Cora. Et j'appréhende un peu aussi, je ne l'ai pas vu depuis très longtemps. On s'envoie des messages de temps en temps mais ça ne suffit pas à me rassurer sur notre lien. Il m'a répété en long, en large et en travers qu'il ne m'en voulait pas mais une part de moi refuse de l'entendre. Je n'ai qu'une trouille, c'est que finalement il me hurle dessus.

C'est irrationnel, mais c'est plus fort que moi. Je n'ai que lui pour me rassurer, c'est la seule famille que j'ai et je ne le mérite pas. Si tout compte fait, en me voyant, il réalise que je suis vraiment une atroce personne et décide de ne plus me voir, je comprendrais. J'espère très fort que ça n'arrivera pas et cette idée me terrifie mais je le comprendrais.

– Alors Law, il paraît que t'as pété un plomb lors des fêtes de Noël ?

Trebol aura tenu cinq minutes sans me faire chier, c'est un record pour lui.

– Et que t'as tabassé le fils du juge qui doit gérer le dossier de Corazon ? Quelle histoire.

– Arrête Trebol, c'est de ma gueule que tu te fous en disant ça, pas de celle de Law, grogne Doflamingo pour lui clouer le bec.

Surpris de se faire rabrouer, il se ratatine sur son siège. Ca ne me fait même pas plaisir de le voir se dégonfler comme un ballon de baudruche. C'est dire à quel point je suis dépité. Au point où j'en suis, tout ce que je veux c'est aller en prison le plus vite possible.

[Ellipse]

Contrairement à ce à quoi je m'attendais, les murs du pénitencier ne sont pas si impressionnants que ça. De l'extérieur, ça ressemble à n'importe quel bâtiment administratif. Ca pourrait tout aussi bien être une mairie. Il n'y a que les gardes postés à l'entrée et la taille des murs qui permet de savoir qu'il s'agit d'un lieu hautement surveillé. Même les portes d'entrées sont des plus basiques : automatisées, avec un interphone à l'entrée. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur qu'on se rend compte que le personnel ne plaisante pas et que les choses se précisent : à peine a-t-on mis un pas dans l'enceinte, qu'on nous fouille tous les deux puis qu'on me demande de déposer mes effets personnels dans un casier à l'entrée pour que je les récupère à ma sortie. Je n'ai rien à laisser à part mon téléphone.

Je suis le seul à devoir me soumettre à cette exigence, Doflamingo lui est déjà en train de serrer des mains – je pensais qu'on le traiterait avec mépris, mais ce n'est pas le cas du tout. Au contraire, il est reçu avec énormément d'égard, à coup d'accolades chaleureuses et viriles. Ca devrait m'étonner mais je ne suis plus à ça près. Après m'avoir gratifié d'un « Salue le pour moi ! » il s'éloigne en direction d'un ascenseur en compagnie d'un homme en costume. Il ne m'accompagnera pas pour rendre visite à son propre frère finalement. Il est seulement venu pour discuter avec le directeur de l'établissement et va me laisser gérer le reste seul.

J'en suis content, s'il n'avait pas été aussi odieux lors de la traversée, je penserais qu'il essaye vraiment de me faire plaisir.

Je vais pouvoir parler seul à seul avec Cora sans avoir à m'inquiéter de sa présence au-dessus de mon épaule. Je n'aurais sûrement pas beaucoup de temps mais je m'en contenterai. Après avoir laissé mon téléphone à un maton patibulaire – il regarde mes tatouages avec dédain, en retroussant les lèvres comme un chien agressif – j'en accompagne un autre qui m'ordonne de le suivre.

Il m'entraîne dans un couloir glauque, sans fenêtres, où la peinture s'écaille et révèle les lézardes qui habillent les murs. Je ne tarde pas à réaliser que je me trouve bien dans une prison : mon guide me fait franchir des portes épaisses et blindées digne d'un zoo, qui se referment derrière nous à chaque différent sas que nous franchissons. Pendant une seconde, je me demande si tout ça n'est pas un piège et s'il ne va pas me jeter dans une cellule dont je ne sortirai plus jamais.

Enfin, nous arrivons dans un couloir un peu plus étroit et aux allures « normales ». En tournant la tête, j'aperçois une salle sur ma droite, avec des vitres sans teint. A l'intérieur : plusieurs petites tables avec un ou deux sièges destinés à accueillir les visiteurs. Il y a déjà un ou deux prisonniers installés là et mon estomac recommence à se contracter sous l'effet du stress.

Plusieurs questions reviennent me tourmenter d'un seul coup : est-ce que ça va bien se passer ? Est-ce que la conversation va être normale, comme avant ? Est-ce qu'il me déteste maintenant ? Je ferais mieux de me détendre un peu, après cette rencontre je ne le reverrai sûrement pas avant très longtemps, il faut que j'en profite. C'est ma seule chance.

Le maton m'ouvre la porte et s'engouffre dans la pièce avec moi.

– Vous avez une heure, me grogne-t-il avant de rejoindre ses collègues, installés à côté de la machine à café.

Je n'ai pas besoin de chercher Cora du regard très longtemps, comme d'habitude, il ne passe pas inaperçu. Même assis, cela se voit qu'il mesure plus de deux mètres. Il est installé à une table un peu à l'écart des autres, dans le fond, au coin de la pièce. Là où c'est calme et où il peut avoir une vue d'ensemble sur les choses. Ca lui ressemble bien de choisir un tel emplacement. Il porte des vêtements de ville et un pull rayé que je reconnais. Je ne sais pas pourquoi ça me surprend, ce n'est pas comme si je m'attendais à le voir avec une combinaison orange ou un pyjama rayé de bagnard. Seules les menottes qu'il porte aux poignets permettent de savoir qu'il est ici en tant que détenu.

Un pincement d'injustice me tord les tripes. Il n'a rien à faire ici.

Alors qu'il tapote tranquillement la table du bout des doigts, il m'aperçoit enfin et m'adresse un signe amical en souriant. Le poids que j'ai sur les épaules s'envole immédiatement. Je sais à son sourire qu'il ne m'en veut pas et que tout se passera bien. Je culpabilise toujours mais je suis rassuré. Je m'approche de lui et tire une chaise pour m'asseoir. Doucement, il se met à signer :

– Tu as l'air épuisé.

D'un geste mal assuré – j'ai un peu perdu la main – je lui réponds que je suis effectivement au bout de ma vie.

Je sens déjà les regards se poser sur nous. A chaque fois c'est la même chose, nos conversations attirent l'attention. Je suppose que c'est surprenant, pour les autres prisonniers et pour les matons, de voir Cora signer parce qu'il est capable de verbaliser et qu'ils ne l'ont sûrement jamais vu communiquer de cette façon avant. Pourtant, c'est comme ça qu'il préfère discuter. C'est compliqué à expliquer mais disons que Cora n'est pas fait pour le langage oral et qu'il ne l'utilise seulement lorsqu'il y est contraint. La plupart du temps, il reste muet et utilise un carnet pour répondre à l'écrit quand on lui parle. Il parvient toujours à se faire comprendre, ce sont les autres qui ne fournissent jamais le moindre effort pour lui faciliter la tâche. Doflamingo le premier, il n'a jamais supporté que son frère ait « l'impertinence » de ne pas lui adresser la parole.

Je suis le seul de notre entourage à avoir appris la langue des signes pour lui parler. Et c'est égoïste mais j'avoue éprouver la plus grande satisfaction à chaque fois que nous discutons devant Doflamingo et qu'il est incapable de comprendre ce qu'on peut bien se raconter.

Maintenant que nous nous sommes salués, je soupire et me prépare à enfin lui dire ce qui me pèse depuis des mois.

– Ne pense même pas à t'excuser, me coupe-t-il.

J'amorce un geste et il me stoppe à nouveau.

– Non, tu n'as rien fait. Arrête de t'en vouloir et dis-moi comment tu vas.

Il commence fort. J'ai envie de fondre en larmes mais je me retiens. Même dans sa situation, il trouve le moyen d'être gentil avec moi alors qu'il devrait me jeter par la fenêtre.

J'ai honte mais maintenant qu'il m'a donné la permission de le faire, je balance tout ce que j'ai sur le cœur. Absolument tout. Je lui raconte ce qu'il se passe dans ma vie depuis mon arrivée au château : comment sont les autres résidents, le décor, les horribles directeurs... Mais plus je parle, plus je me sens mal de le faire. Ce serait plutôt à moi de lui demander comment il va, pas l'inverse nom de dieu, mais je ne peux pas m'en empêcher.

Je lui parle de cette histoire avec Ace, du mitard, de ce qu'il se passe dans les coulisses de cet établissement et puis finalement de Kid. Par pudeur, je ne lui donne pas tout les détails, il n'en a pas besoin, il comprendra tout seul ce qu'il en est.

Il m'écoute avec attention, son visage reste impassible pendant que je parle. Bien que je perçoive un fourmillement de sourcil au moment où je lui raconte notre dernière conversation, après avoir découvert ce qu'il s'est passé.

– …Depuis je n'ai aucune idée de ce qu'il est devenu. J'ai essayé de lui parler mais rien à faire. Bref, pour résumer : je suis une merde.

Pif.

Voilà que d'un coup, sans prévenir, il se met à me donner une énorme pichenette sur le front. Elle ne fait pas si mal – quoique vu la taille de ses mains, sa pichenette reste plus puissante que la moyenne – mais je ne l'ai vraiment pas vue venir.

– Aïe ! Qu'est-ce qui te prends ?! M'exclame-je, à voix haute cette fois.

– Imbécile, répond-il. Arrête de dire que t'es une merde.

– C'était une façon de parler, je grogne, toujours à voix haute.

Pendant que je me masse le front, il lève les yeux au ciel. Je sais de qui je tiens mon air exaspéré…

– Qu'est-ce que tu te reproches exactement ? Me demande-t-il.

– A ton avis ? Si j'avais fermé ma gueule, personne n'aurait été blessé.

– Ca l'aurait ressuscité l'autre gosse aussi ?

Je ne comprends pas ce qu'il essaye de me dire. Ce n'est pas de Ace que je parle, alors pourquoi il le ramène sur le tapis ?

– Tu m'as dit que c'était un accident ce qu'il c'était passé, commence-t-il.

– Oui, mais je ne vois pas le rapport…

– Alors ce n'est pas parce que tu as trouvé la vérité que ton pote a été blessé.

– Bin, si ?

– Non. C'est parce que tu es parti du principe que tu savais mieux que lui comment il fonctionnait. Comme avec moi.

Mon cœur tombe dans ma poitrine. J'ai l'impression de me prendre une gifle. Il claque des doigts devant mon nez pour me sortir de mes pensées et continue.

– Par exemple : tu n'arrêtes pas de t'en faire pour moi parce que tu penses que je suis perpétuellement en danger mais je t'assure que ça va. Je me débrouille.

– Tu es en prison.

– Oui, j'ai remarqué. Mais c'est par ma propre faute, pas la tienne. Tu n'as rien à voir dans tout ça, arrête de te flageller comme si tu devais payer pour mes erreurs et celles de Doffy. Je savais ce que je risquais quand il m'a demandé de m'infiltrer, j'ai juste merdé et voilà. Le fait que je ne parle pas rend les choses un peu plus compliquées, c'est vrai, mais ça ne doit pas te servir de prétexte pour culpabiliser encore plus.

– Je ne comprends pas ce que tu essayes de me dire.

Heureusement que je signe et que je ne parle pas parce que je suis sûr que ma voix tremblerait. Le front de Cora se plisse, il n'est pas fâché, il essaye juste de trouver un moyen d'exprimer clairement ce qu'il veut me faire comprendre.

– Ce que je veux te dire c'est que, si je me fie à ce que tu me racontes, tu pensais bien faire en disant à ton coloc que tu le savais coupable mais que ça s'était passé au cours d'un accès de folie furieuse. Tu te disais que, faisant ça, tu lui tendais une perche. Une main secourable même. Sauf que lui, tout ce qu'il a retenu c'est que tu le perçois comme…

Il s'arrête quelque secondes et cherche ses mots.

– …Je ne sais pas comment dire. Mais en gros, crois-en mon expérience, je suis sûr qu'il a été blessé parce que tu as jugé sa folie plus que l'accident lui-même. Accident dont tu n'es pas responsable non plus d'ailleurs.

Je ne réponds pas. Je n'arrive pas à savoir si je suis en colère ou non, c'est très confus. D'un côté, je sais qu'il a raison mais de l'autre je lui en veux un peu de ne pas se mettre de mon côté. Et je ne comprends toujours pas ce que je dois penser.

– Ca confirme que je suis bien une merde, finis-je par trancher, de nouveau à voix haute.

– Je viens de te dire l'inverse. Arrête de vouloir tout arranger tout seul, c'est un coup à faire des conneries. Des fois tu ne peux rien faire, c'est tout. Et ce n'est pas ta faute.

Un silence immobile se prolonge entre nous. Malgré moi, quelques larmes et un reniflement réussissent à m'échapper. Je me détourne aussitôt de lui, je ne tiens pas à ce qu'il voit mes yeux humides. Il a la délicatesse de ne faire aucun commentaire, il sait que je suis atrocement gêné. Ce n'est pas exactement ce que j'espérais pour nos retrouvailles : moi qui chougne au bout de vingt minutes de conversation. Je sais qu'il tape toujours là où ça fait mal, après tout ça a toujours été son rôle : celui du parent, mais viser juste au point de me faire pleurer, ça relève du surnaturel.

– J'ai gaffé, c'est ça ? Demande-t-il au bout d'un moment.

– Mais non. Je suis juste épaté que tu arrives à expliquer en trente secondes ce qui ne va pas chez moi alors que tu ne m'as pas vu depuis des mois.

– En même temps, ça fait dix ans que ça dure.

Je rigole un peu. Ce n'est pas complètement faux. Même maintenant, je culpabilise encore : c'est moi qui me retrouve à chialer alors que c'est lui qui est enchaîné à une table dans une prison. Il a raison : il est vraiment beaucoup moins fragile que moi. Une fois le choc passé, j'accepte de lui redonner le rôle de grand frère qu'il tient à maintenir et fait ce que j'aurais dû faire depuis longtemps demander de l'aide.

– Je dois faire quoi ?

– Précise ta question, c'est un peu vague pour moi là.

– Rapport à cette histoire d'accident, je fais quoi ?

Rien qu'en posant la question, je me rends compte de la merde dans laquelle je me suis mis. Je me suis fait des ennemis et je ne sais même plus ou se trouve la justice.

Cora réfléchit une minute, sans cesser de tapoter des doigts sur la table.

– Tu fais comme je t'ai dit, tu ne fais rien.

Je ne m'attendais pas à cette réponse.

– Tu es sûr ?

– Oui, il n'y a rien que tu puisses faire de toute façon. Tu pourrais dire la vérité à tout le monde mais ça profiterait à qui ? D'après ce que tu m'as raconté, ce n'est pas un endroit où il fait bon vivre dans ce château. Si c'est la loi du Talion y règne, tu sais comment ça risque de se terminer : c'est ton coloc qui en fera les frais alors que le problème est beaucoup plus vaste. Si c'est arrivé, c'est à cause de ce que cet environnement vous fait. Ce n'est pas individuel.

Il a raison. Ace l'avait compris avant moi d'ailleurs, c'est pour ça qu'il a accumulé autant de preuves accablantes sur ce qu'il se passait dans l'enceinte du château. Je me demande ce qu'elles sont devenues d'ailleurs, sont elles parvenues jusqu'aux mains des médias, de la justice ? Auront-elles un effet quelconque ? J'en doute, il y a presque aucune chance qu'elles puissent vraiment porter préjudice à nos directeurs.

– A la limite, dis à ton pote que t'as été con et demande-lui sa version de l'histoire, juste au cas où, termine-t-il en haussant les épaules.

A mon tour de hausser les épaules. Je doute qu'il accepte de m'adresser à nouveau la parole, c'est trop tard pour ça et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais au moins, Cora vient de confirmer ce que je pensais : si je le balance, je le mets en danger, alors il faut que je me taise. C'est injuste pour Ace mais ce qui est encore moins juste c'est qu'il se soit retrouvé emprisonné à la base. Le mieux que je puisse faire pour honorer sa mémoire, c'est sûrement finir ce qu'il a commencé.

Mais je ne suis pas encore prêt pour ça.

– Bon, ça suffit, assez parlé de moi, dis-je pour clore la discussion.

Il sourit et ça m'agace un peu mais je lui pardonne volontiers. Il fait toujours ça quand je change de sujet, comme s'il savourait une petite victoire.

– Comment tu t'en sors ici ?

– Pas trop mal, dit-il avec une petite moue censée me montrer qu'il est fier de lui. Le planning des détenus est réglé comme du papier à musique, donc je n'ai jamais eu le temps de me paumer. Y'en a deux ou trois qui ont essayé de me faire chier à mon arrivé mais ça n'a pas duré.

Je comprends pourquoi. Il a beau être un peu plus mince et plus petit que Doflamingo, il n'en reste pas moins une armoire à glace. Il est d'une nature douce mais quand il tape : ça fait mal.

– Et je n'en suis pas fier mais la réputation de Doffy m'a précédé, je suis un peu protégé par ça.

– J'imagine qu'il a du monde dans la place ? Vu comment il a été accueilli…

– Comment ça ?

– Je me suis demandé s'ils n'allaient pas cirer ses pompes à l'entrée, c'était gênant.

Il fait la grimace.

– Je vois. Ils pourraient au moins faire semblant. Tu as raison, il a bien quelques petites têtes qui espionnent pour lui ici. Je ne sais pas combien il en a soudoyé mais je sais les reconnaître à la façon dont ils me parlent. Comme à un débile, souvent, dit-il en roulant des yeux.

Soudain, son regard se pose quelque part par-dessus mon épaule. Il pointe un index discret sur quelqu'un derrière moi.

– Celui-là là bas, par exemple, c'était un flic de terrain avant d'être maton et je suis sûr que c'est un ripou qui bosse pour mon frère. Il a déjà fait en sorte que certaines pistes soient brouillées pour d'autres affaires dans lesquels Doffy était impliqué, ce genre de choses. Je me demande même s'il ne faisait pas parti de l'équipe de flics qui devait enquêter sur mon cas à l'origine mais il a été muté ici parce que quelqu'un l'a dénoncé d'avoir fait je ne sais plus quoi. Un mec pareil, c'est sûr que Doffy l'a dans ses petits papiers.

Je me retourne discrètement pour observer l'homme qu'il m'indique. Mes yeux oscillent d'un maton à l'autre avant de comprendre de qui il parle : un grand homme, massif, au menton proéminent et aux cheveux roux. Une tête qui m'est seulement vaguement familière jusqu'à ce que je réalise qu'en fait… je la connais très bien.

Ca alors, que le monde est petit. Qui l'eut cru ?

– « On » l'a dénoncé parce que c'est un ripou tu dis ?

– Oui, enfin je crois.

– Tu sais qui l'a dénoncé ?

– Non, pourquoi tu poses cette question ?

Un feu brûlant s'allume dans mon estomac. Tout à coup, je suis très, très en colère. Mais je comprends mieux certaines choses aussi.

Cora a raison : c'est incroyable, ce que notre nouvelle vie au château peut nous pousser à faire, ce en quoi elle nous transforme, même sous prétexte de bonnes intentions parfois. C'est une chance que je sois là, je vais pouvoir laisser ma rage décanter un peu avant d'agir. Il faut que je sois plus malin que les autres.

– Eh, me hèle Cora de sa propre voix. Qu'est-ce qui t'arrives ?

Il n'a pas conscience de ce qu'il vient de me révéler, mais encore une fois, je lui en serai éternellement reconnaissant pour ça.

– Tu as raison, j'ai des excuses à présenter.


Et on termine sur une fin un peu cryptique/mystérieuse.

Vous le sentez le dénouement qui arrive là ? VOUS ME VOYEZ AVEC MES GROS SABOTS ?

Vraiment là, à mon avis il ne reste plus que deux ou trois chapitres avant la fin.

Je tenais vraiment à faire intervenir Corazon en tant que seule et unique figure rassurante pour Law. Il fallait un UA où il n'est pas mort parce que Cora est la douceur même. Je suis allée un peu vite, mais c'est ce que je voulais développer, juste un dialogue entre eux pour qu'on voit comme il comprend la façon de penser de Law et comment celui-ci compte sur lui pour le guider. J'ai aussi décidé de le faire communiquer en langue des signes parce que pourquoi pas. Après tout, dans le manga c'est dit qu'il ne parle quasiment pas à part à Law.

(Et comme je n'ai aucune idée de à ce à quoi ressemble vraiment une prison, mes excuses par avance si rien de tout ça n'est réaliste.)

Pour la suite : on est toujours pas sortis de l'auberge. Mais ça va encore partir dans tous les sens, faites-moi confiance. Et à la prochaine !