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Avant dernier acte

Les mains sur ses bras croisés, le Roi fixa l'homme face à lui. Il détourna le regard. Il entendit un petit rire d'oiseau. Sir Malfoy se rapprocha davantage, entendant les grognements des deux loups qui accompagnaient le roi et trouvés couchés sur lui comme des gardiens sur le lit de leur maître. Des chiens si mordants et sauvages qu'il aurait sans doute été souhaitable de les piquer. S'il n'était pas entouré d'autant de gens, Malfoy aurait craint pour sa vie quand ses doigts se posèrent sur le visage du Roi pour lui soulever le menton.

« Comment as-tu pu survivre aussi longtemps ? Je t'ai fait chercher et on m'assura de ta mort. Allons, j'attends !
– Je… je… sais pas, avoua tristement Sirius comprenant soudainement la trahison de son oncle.
– J'ai été alerté par mes hommes de ce vous étiez en train de faire. Ainsi le roi désire ta vertu et toi, tu l'offres aux chiens ? »

Un coup d'une force outragement conséquente fut porté à l'arrière du crâne de Regulus qui aboyait à nouveau contre les hommes. Il s'effondra sur ses genoux et bondit immédiatement debout, étant vite rattrapé par son agresseur.

« Ce beau diable refuse de se calmer.
– Qu'as-tu donc, chien… Non loups. Voilà ce que vous êtes. Deux loups. Crains-tu que je ne puisse le blesser ? »

Le Roi voulu frapper l'homme mais fut maintenu. Il senti des doigts glisser entre ses lèvres, puis d'autres dans son œillet de chair sans que ça ne procure la même réaction qu'avec ses amis. Remus et Regulus s'agitaient, Sirius demeurait calme. Les doigts se retirèrent.

« Ton loup doit avoir celle d'un enfant venant de naître pour avoir causé aucun dommage et si tu me montrais…
– La farce va trop loin Sir Malfoy, gronda sévèrement Picott en entrant, s'il est notre Roi, vous n'y toucherez pas.
– Laisse-moi donc m'amuser, mon bon ami.
– Es-tu fou ? Il peut être ton salut. Si ce n'est pas lui qui te tueras, c'est l'usurpateur qui le fera. »

Le seigneur Malfoy se mit à rire, relâchant le roi qui malgré lui sentit ses jambes flancher mais parvint à garder l'équilibre. Il était terrifié par ce qui venait de se produire.

« Je ne comptais pas l'y toucher. Je préfère les blonds, vous devriez le savoir.
– Sire, pourquoi une telle rudesse ?
– Je m'assurais qu'il soit toujours le même. Regarde cet air hautain et ce peuple prêt à me déchiqueter. Voilà un beau roi que les malheurs n'auront pas su briser. »

Regulus et Remus se calmèrent brutalement. D'un signe de la main l'ancien protecteur du royaume fit signe aux Aurors de les lâcher et regarda, presque attendri, les deux hommes se précipiter vers le roi pour l'entourer avec inquiétude.

« Il ne t'a rien fait…
– Je veux retrouver James. » hoqueta Sirius le cœur brisé.

« Tu l'as terrifié…, fit Picott avec humeur.
– Il est roi qui va faire des guerres, trancher la justice et se battre, crois-tu qu'il doive être effrayé pour si peu ?
– Qui va faire, répéta Regulus calmant Remus prêt à se jeter dessus, vous nous aiderez. Vous nous aiderez à rendre sa place ?
– Je ne veux plus…, souffla Sirius, je ne veux plus être Roi. Laissez-moi retrouver mes amis.
– Mon Roi, pensez à votre peuple aux mains d'un triste Sire.
– C'est eux qui l'ont voulu, eux qui m'ont chassé, battu, agressé, moqué ! Eux qui n'ont pas su me reconnaître. Je veux partir. Je vous en conjure. »

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Sirius Black se tâta pour s'assurer qu'il n'était pas halluciné. Devant lui, à cinq pas, sur une estrade, sous un dais, était assis le faux Roi, la tête un peu inclinée, et semblant se parler à lui-même. L'endroit était immense, pour les grandes audiences, mais pas même un elfe de maison ne s'y trouva. Le grand Protecteur avait refermé la porte.

Sirius se dit qu'il était déjà assez dur pour lui d'être condamné, sans doute à mort car il avait beau avoir pensé tenter de négocier, il pensait surtout à le faire pour ses amis. Il était tout à fait barbare d'aggraver son supplice par cette nouvelle humiliation subie. Il souhaita que le « Roi » voulût bien se dépêcher, car il commençait à éprouver une titillation au bout des doigts. La farce était trop dure et être libre de toute chaîne face à celui qui volait son royaume lui donnait envie de le fracasser.

Face à ce silence oppressant, Sirius décida de mener à bien son projet pour sauver ses pauvres compagnons. Il s'avança vers les marches menant au trône. Il était vêtu simplement, mais avec élégance. Après une génuflexion comme il en avait tant reçu autrefois, il s'agenouilla devant le Faux mais Désormais Roi.

Severus Snape ne lui avait pas accordé un regard. Il était tiraillé. Devant lui se tenait le prince, le beau prince, le grand prince. Son prince. Il n'avait cessé d'y penser. S'il le laissait partir, c'était son cou qu'on couperait ou il le perdrait à jamais. S'il le reconnaissait, son cou à nouveau serait perdu et il le perdrait à jamais. Il ne pourrait pas le forcer à rester non plus à l'aimer. Combien d'hommes avaient-ils vu brutalisé des femmes ? Elles n'avaient jamais manifesté le moindre amour ensuite. C'était une impasse.

Puis il se rappela qu'il était là, lui, Severus Snape, assis devant le Roi, sans gêne, presque les mains dans les poches sur son trône et il rougit de son manque d'égards et de déférence envers le souverain de son pays. Il se jeta à genoux au pied du trône, et il mit ses mains dans celles du Roi.

« Mon Prince, mon Prince… »

Éperdu, Sirius retira hâtivement ses mains. Qu'est-ce que ? Est-ce cela le tyran que tout le monde craignait, cet homme qui lui baisait les pieds et lui embrassait les mains ? Est-ce qu'il avait jeté un sort, sans le vouloir, ce pauvre mendiant ce jour-là à la grille ?

« Je te laisse le royaume, je partirai… souffla-t-il, homme lève-toi. Je partirai, je te laisse tout ce que tu désires. Je te laisse le sceau, les trésors. Laisse-moi mes frères et laisse-moi partir.
– Monseigneur, je ne rêve que de vous chaque soir…
– C'est un peu pathétique, non ? » souffla le roi malgré lui.

Le vrai Roi Pur se débattait avec la répulsion pour l'homme et la tendresse de cet enfant souffrant qu'il avait rencontré autrefois et dont il vivait la vie. Après tout, il avait vu son père, son père avait voulu le vendre. Il avait vu sa grand-mère (sans doute morte depuis) et sa triste existence. Qui n'aurait pas voulu être roi à sa place ? Le cœur tendre de Sirius avait encore pitié pour ce pauvre bougre.

« Vous avez demandé ma vertu, je suis venu vous la donner. Prenez-la, et laisse-moi. Je vous en conjure, je veux juste repartir avec mes amis.
– Vous voilà possédant à nouveau ce que je n'ai jamais su obtenir.
– Et vos amies, je ne me souviens guère de leurs noms, mais vous m'aviez parlé d'elles.
– Elles préféraient le Roi des Orphelins. J'ai ordonné sa mort, il y a longtemps. On me l'annonça et je n'en ai jamais tiré plaisir, mes amies avaient disparu. »

Rougissant brusquement, Sirius pensa à son pauvre sauveur. Que Merlin le préserve que le roi apprenne sa survie.

« On m'a parlé de vos actes de bonté au début de vos règnes, et souvent entre des moments de folies tyranniques. Si tu te montrais ferme, sans cruauté, bon encore, tu gagnerais davantage de fidèles mais le peuple t'aime déjà. J'ai souvent entendu parler de toi en bien.
– Mon Prince, vous êtes bon.
– Alors prends ce que tu veux et laisse-moi me sauver, souffla Sirius.
– Je ne veux pas de votre vertu, gronda Severus, pensez-vous que j'ignore vos jeux avec vos prétendus amis ? Ne rosissez pas, ça m'importe peu. Weasley se saura mal exprimé… je vous veux à mes côtés. Vous me rendrez moins cruel, plus ferme et meilleur encore. Vous gommerez mes défauts.
– Vous me condamnez à vous servir ? murmura Sirius, cruel destin d'être l'ombre de celui que je suis.
– Je vous demande de le faire.
– Je veux partir, si j'ai le choix.
– Vous pouvez mais vos amis sont hélas, dans ce cas, perdus. Ainsi que tous ceux du manoir. La vérité est trop dangereuse pour moi. Je me retrouverais seul si elle se savait. »

Les larmes silencieuses coulèrent une à une des yeux du prince dont la fierté semblait avoir reçu un coup de fouet. Il ne supportait pas l'idée de s'enchainer à cet être émouvant devant ses yeux. Pourtant Severus Snape lui faisait aussi, entre sa dureté et sa fragilité tremblante, penser à un papillon noir qui avait droit de vie et de mort sur ses amis.

« Vous jurez que vous leur rendrez la liberté ?
– Après m'être assuré de votre loyale dévotion, mon Prince, je les laisserai libres. Parole de Roi. Et en attendant, ils pourront rester avec toi. »

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Le cœur battant, Regulus fixa Remus. Qu'est-ce-que le roi voulait vraiment en demandant une telle soumission de la part de l'ancien à sa place ? Voulait-il à ce point humilier une noble âme ? Leur Reine des ombres leur sembla à nouveau perdue et touchée de folie. Les mots confus qu'il avait dits, au bout de deux semaines à être au service du tyran les troublèrent.

« C'est encore un enfant… il agit en enfant avec des jouets… mais un enfant a bon cœur, est cruel, mais a bon cœur. Peut-être, si je pouvais lui faire entendre raison… je pourrais… »

Revenant d'une longue leçon avec Sir Malfoy prenant la peine de lui enseigner tout ce qu'il lui manquait, Sirius bailla l'air épuisé. Il regarda ses amis et monta son poing serré devant ses lèvres pour dire, l'air amusé, dans un brisement d'air.

« Vous semblez si soucieux. Mes frères maraudeurs, bientôt vous partirez et rejoindrez mon tendre James. Alors, vous lui direz n'est-il pas que j'ai rendu tout ce qu'il m'a montré de vertueux ?
– Sirius ! » puisque le roi souhaitait être ainsi nommé, « On ne partira pas sans toi… »

Se grattant le menton de ses ongles, embarrassé, Sirius regarda en direction de Remus qui répéta comme à chaque fois : « Je ne peux pas partir sans Regulus. Je suis à son service.
– Voilà bien ma perte, soupira Sirius, un roi enchainé à un trône, moi enchaîné au roi, Regulus enchainé à moi, et toi enchainé à Regulus. Cette chaîne pourrait se briser si l'un acceptait de concevoir de lâcher l'autre. »

Défaisant sa ceinture, le Roi sourit malicieusement et glissa devant Remus qui jeta un regard désespéré à Regulus. Le roi se hâta de dénuder le bas de son compagnon et d'avaler son membre avec une maladresse due à une première tentative aussi brusque que soudaine.

« Sirius… ! » la main de Regulus avait tiré la chevelure noire manquant de prendre la place de son amant tant le regard luxurieux du Roi était un sortilège dans son cœur : « Il faut demander de faire…
– Pardonne-moi… Remus… Puis-je essayer de te donner du plaisir avec mes lèvres comme Regulus te le fait quand vous me pensez en train de dormir ? »

Les joues rosant sous le rire des deux hommes, Sirius se crispa boudeur. Il se redressa, malgré l'appel des deux hommes à revenir. Il afficha un air furieux, et alla se coucher, passablement énervé.

« Sirius… on ne se moque pas de toi… c'était si joliment dit… Reviens ! Allons… »

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La fatigue prenait Snape. C'était épuisant toutes les leçons de moralité que Sirius lui glissait sans cesse, lui ordonnant à davantage de raison, à davantage de gestion, à davantage de loi, de fermeté et de liberté aussi. Snape ordonna ainsi que les Grindelwadien et autres croyances soient libres de croire et exercer en toute tranquillité tant qu'ils n'obligeaient personne à croire comme eux. Et pour pardonner, il ne savait quels buchers, il fit de deux fillettes dont l'une au visage brulé, pupille de la nation. Severus devant les deux enfants ramenés éprouva une terrible tendresse. Il fit ce qu'il ne pensait jamais faire. Il offrit les enfants à sa mère et la libéra. « Prends soin d'eux comme-ci ce fut été moi. Voilà ta seconde chance. N'épouse point homme comme mon père… »

Sirius fut étonné que la servante qui était toujours là puisse être la mère de Severus. Il ne l'avait pas reconnu. Il souffla à ce dernier de la nommer baronne et de lui offrir des terres. Cette idée qui n'avait jamais effleuré Severus fut immédiatement effectué. Une petite terre, une elfe de maison et un serviteur furent donné avec un coffre d'or.

Au bout de deux semaines, le peuple scandait son nom avec davantage de force et d'amour. Au bout d'un mois, la foule était transite. Le Roi avait nommé un juge et avait transformé un vieux bâtiment en tribunal. Seulement ce juge n'avait pas en charge de juger les affaires mais de juger si les lois étaient justes et de trancher les décisions jugés injuste comme la mort pour un simple cochon de lait.

Le juge fut étonné que ce garçon qu'il avait autrefois sauvé et qui s'était sauvé puisse être désormais au service du Roi (lui qui se prétendait roi.) Son cœur lui cria la vérité, mais ce Roi, le vrai et le seul qu'il voulait reconnaitre le supplia tant et tant de ne rien dire que le juge accepta de se taire tout en cherchant comment aider ce tendre petit.

Lorsque Severus – après avoir écouté Sirius raconter la prison et le pauvre homme qui avait perdu son aimé, et après avoir appel aux aurors pour enquêter sur ce qu'il était advenu de lui – promulgua une loi interdisant toute punition envers des adultes, qu'importe leur sexe, faisant affaire amoureuse ou sexuelle dans un cadre privé et une autre loi interdisant quiconque de vérifier la virginité, le cœur du roi se troubla et celui du peuple explosa en joie.

Il était reconnaissant envers Severus de l'écouter. Il voyait bien que ce dernier se forçait, le plus souvent, et que les affaires d'état l'ennuyaient. Il aurait préféré laisser Weasley gérer et ne faire que jouer avec lui. Il fallait le gronder souvent. Régulièrement, quand Sirius l'agaçait trop, Regulus ordonnait qu'on frappe ce pauvre Lestrange. Il n'osait pas réclamer qu'on punisse le Roi. Le Vrai Roi.

Au bout d'un mois de ce manège, Sirius le vit. « Fais-moi frapper si je te mets en colère, mais laisse-donc ton seul ami en paix, ordonna-t-il impérieux.
– Je ne peux faire ça ! souffla Severus.
– Pourtant, tu m'as giflé ce matin.
– C'était ma main, pas celle d'un autre.
– Aussi, vous pouvez me frapper mais pas un autre ?
– Vous étiez insolent. »

Sirius pensa qu'on le pensait fou, mais que le Roi Fou était véritablement devant lui. Nombreux de ceux connus en prison étaient morts. Les autres furent gracié par le Roi. Le pauvre homme que Sirius avait juré de sauver était mort lui aussi. Severus lui rendit un grand honneur lavant son nom.

« … je ne suis pas interessé par ce genre de service. »

Sirius l'ignora, défaisant la ceinture de Severus, il ouvrit la bouche avalant sa verge dans un soupir si chaud que le Roi perdit la face. Il referma brutalement les doigts dans ses cheveux sombres, guidant avec empressement cette tête tant désirée. Il grogna, plusieurs fois, son corps s'arquant, sa tête se fracassant contre le bois de son trone. Il jouit dans cette bouche trop habile et regarda avec surprise le roi glisser sa langue sur ses lèvres et nettoyer son visage avant de reprendre sa place près du bureau.

Petit à petit, Sirius se glissa dans le lit du roi. Il ne savait pas bien s'il le faisait parce que le Roi faisait acte de bonté, parce qu'il était prisonnier de ce dernier, parce qu'il n'avait jamais vu quelqu'un l'admirer ou parce qu'il pensait que c'était le meilleur moyen de lui prouver sa loyauté et de faire libérer ses compagnons. Il était un peu perdu. On ne peut ressortir d'autant d'années de souffrance, sans être un peu troublé dans son esprit.

Les raisons étaient sans doute nombreuses, mais l'attachement que Sirius commençait à éprouver pour ce petit être qu'il n'avait jamais oublié était réel. Il éprouva tant et si bien un vif trouble que Regulus le mit en garde. Ce qu'il le mettait en émoi pouvait fort être un sens de la survie de son esprit et quand bien même aimerait-il sincèrement le faux roi, ce dernier était un enfant tantôt doux, tantôt cruel, qui voyait le Pince comme son jouet.

« Non… »

Sirius souffla malgré lui. Il regarda Avery au sol, implorant en larmes le pardon du roi. Greengrass à ses côtés ne pouvait rien imploré sachant la mort assurée pour ses crimes et ce pauvre Rusard était incapable de tenir debout tant il suppliait telle une larve rampante au sol.

« Roi… » s'écria Sirius devant l'assemblée perturbée de voir ce mendiant devenu si proche du roi qu'il sembla être un second conseiller, « Clémence, clémence… »

Il ne pouvait croire que Severus vienne de condamner les trois hommes à mourir bouillis vifs.

« Vous aviez abrogé cette…
– Je suis Roi et le Roi ordonne…
– Pitié, pitié…, implora Sirius pour ses bourreaux.
– N'implore pas pitié pour des monstres, gronda Severus, ils sont capables du pire !
– Pitié… ils peuvent se repentir… ils savent faire preuve de bonté, l'un m'a sauvé, autrefois…Ou accordez la corde, pitié pour eux !
– Tu en assumeras les conséquences… »

Agacé, Severus attrapa le Roi par les cheveux le jetant au pied des hommes.

« Cette misérable créature, la reconnais-tu ?
– Il ressemble à mon fils, reconnu Rusard qui avait vu grandir celui-là plutôt que l'autre.
– Bien, je laisserai la vie sauve à celui qui lui fera perdre sa vertu, les autres auront la corde s'ils jouissent en lui, et celui qui ne le touchera pas sera bouilli. »

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« Sirius… qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Le Roi tira la couverture par-dessus sa tête. Impossible d'obtenir la moindre information. Regulus et Remus se regardèrent avec anxiété. Ils montèrent sur le lit, et les pleurs redoublèrent.

« Sir Picott. »

L'homme blond, le plus souvent silencieux, qui lisait à la bibliothèque observa Remus. Les deux jeunes loups avaient davantage de liberté dans la maison.

« Qu'est-il advenu ? Si… Le Roi semble dormir, se réveiller, se rendormir, se réveiller, se…
– J'entends.
– Qu'est-il arrivé…
– Je vais me renseigner. »

La nouvelle avait fait le tour du royaume tant elle était cruelle et surprenante venant d'un roi qui se montrait jusqu'alors changeant et si bon. Ce fut toutefois bien plus tard que Picott la donna à Malfoy sachant que ce dernier aurait du mal à se contenir. Il fallut bien la dire aux deux loups.

Par précaution, Picott avait la main sur sa baguette. C'est qu'il n'avait pas envie d'être frappé en étant le porteur d'augustes nouvelles. Alors il raconta : le massacre de la pègre, la capture des trois bandits voulus par le roi et le marché pour leurs libertés en lieu et place du jugement, devant un public médusé. Le choix d'un des trois bandits de ne pas se pervertir à cela. Et les deux qui avaient écorché le corps. Cette première fois qu'ils reculaient, encore, sachant que James arriverait. Il arriverait tôt ou tard.

Sonné, Regulus garda son calme mais Remus en fut incapable. Après tout, du mauvais sang coulait en lui malgré qu'il fût gommé par un père de haute lignée et la cicatrice de sa jeunesse, il devait bien en rester un peu.

Picott termina la suite de la sordide affaire. L'homme se disant père de Sirius avait brusqué les deux et l'avait sailli devant tout un chacun comme un taureau en rut. Sans pouvoir arriver à son terme puisqu'il fut égorgé comme un porc par l'un de ses compagnons, un certain Greengrass qui se hâta de prendre sa place. Pendant que Rusard perdait son sang, l'autre homme un certain Avery, qui avait tout d'abord refusé, avait imploré pardon à sa victime tout en pénétrant ses lèvres.

La suite fut prévisible, les jouissances, la corde au cou pour Avery et la libération de Greengrass. Le roi avait alors dit : « Voici toute la bonté qu'ils ont pour ton grand cœur… Remercie ma pitié, maintenant, Putain ! » puis le pauvre diable condamné à la corde avait remercié Sirius avant d'être conduit par les Aurors.

« Le roi est Fou…, souffla Remus.
– Ce n'est point un roi, c'est enfant cruel qui joue à des jeux d'adultes. Le Roi, le Vrai, avait raison. Il réclamera que Sirius le rejoigne demain et il devra y aller ?
– Laisserons-nous cela être fait ? Il faut retrouver James ! Comment faire, nous ici prisonnier, lui dehors libre, sans moyen d'échanger ! Merlin !
– Le juge ! Le juge nous aidera. »

Quelques jours plus tard, le juge entra dans le manoir sous le prétexte de parcourir les livres de lois de Sire Malfoy. Quand il fut certain que toutes les oreilles indiscrètes furent éloignées, il avisa les quatre hommes présents.

« J'ai fait rechercher ce pauvre diable de James Potter.
– Et ?
– Il est mort, je suis navré.
– Non, ça c'est la rumeur qu'il…
– Je suis navré. Il y a plus d'un mois déjà, votre ami a été vu sous les ponts. Le Roi des Orphelins. Il a alors procédé à une étrange transaction avec un homme bourgeois de ceux qu'on trouve dans les campagne et avec un petit gros blond comme les blés…
– Peter…
– Un homme a vu Peter poignarder votre ami, par quatre fois et lui a porté assistance. Il a payé cher pour le sauver et jura de payer triple si on y parvenait. Ses poches sont encore pleines car le pauvre James Potter décéda sur la table d'opération. Il avait dans sa poche, une lettre d'une personne se prétendant roi et une paire de lunettes cassée et bien trop petite…
– Celle que tu lui as brisée, Regulus et qui lui portait selon lui chance…
– Sans doute lui ont-elles porté chance, survivre aussi longtemps à quatre coups de poignard et s'éviter si grand carnage. De ce qu'on m'a rapporté, James Potter a tenu assez longtemps pour se battre contre un vaurien et pas assez longtemps pour connaître le massacre de la pègre qui eut lieu en cette demeure quelques jours plus tard. »

Remus plongea dans une grande peine. Regulus posa la main sur son épaule :

« Il faut garder le silence, si le Roi apprend cela, il n'y survivra pas. »

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Weasley ricana en voyant le Roi aux yeux gris monté docilement sur le lit du Roi aux yeux noirs et venir diriger le membre de ce dernier entre ses cuisses. Sirius fixa, plein de remerciement Severus, sans comprendre qu'il n'avait pas à le faire. Il était si heureux d'apprendre que ce dernier avait gracié Avery, et l'avait laissé partir, à quelques minutes d'une pendaison où Sirius avait retenu l'intégralité de son souffle.

« Tu es si beau… » souffla Severus caressant son visage. Il n'aurait jamais été aussi cruel si on ne lui avait pas donné autant de pouvoir, pensait Sirius. Severus lui ne pensait qu'à une chose, qu'il était là où il avait toujours voulu être : auprès de son Prince. Depuis toujours. Ironie du sort, quand on connaissait l'identité véritable de sa mère qu'elle-même ignorait.

« Tu es si beau… » répéta-t-il, accompagnant les mouvements de Sirius qui gémit plaintivement. Il ne savait pas qu'il était le seul, que même à sa femme, Severus n'accordait pas cette honneur.

Severus en était bien attristé, il aurait aimé que Sirius puisse porter son enfant. Il en avait parlé à la cour, aux mages, à d'autres mais on lui répondit que c'était impossible. Le roi n'appréciait guère qu'on lui dise non…

« Severus… » Ce prénom si longtemps oublié, le Roi regarda Sirius, qui avait cessé de remuer. « Je veux rester près de toi, je ne veux plus rentrer au manoir Malfoy. Laisse-moi dormir ici, à terre, si tu le veux. Je t'en supplie. Je resterai avec toi, toujours, pour toujours…
– Perfidie pour que je libère tes amis.
– Non, si tu désires les laisser enfermés, fais-le. Je veux juste rester près de toi. J'aime Mon Roi. Je veux rester près de lui. Pour toujours. »

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« Vous êtes libres… » souffla l'auror aux deux pauvres diables à l'entrée de Londres. « Vos terres vous seront rendues, Chevalier Regulus, comme compensation à ce pénible enferment. Vous êtes libres et riches, vous n'avez qu'une règle à respecter : ne mettez plus un pied à Londres. »

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Encore un chapitre, et c'est terminé !