DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3

Cette traduction est aussi disponible sur AO3.

Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte


La chemise en mithril était aussi froide et légère que dans ses souvenirs. Elle tombait sur ses cuisses et dépassait ses coudes, mais laissait ses clavicules à découvert ainsi que ses jambes et ses bras. Quand il se leva devant Tauriel, elle nota chaque centimètre de peau exposé.

« Je pensa avoir assez pour couvrir ce qu'il reste, » Dit-elle avec un bras sur sa poitrine et l'autre en train de taper une mélodie inconnue sur sa mâchoire. « Je vais peut-être devoir ajuster quelques morceaux. »

Bilbo haussa une épaule. « Comme tu veux. Est-ce que je peux voir ce que tu as fait pour le moment ? »

L'elfe hocha la tête et s'accroupit pour ouvrir le sac qu'elle avait amené. A l'intérieur, il vit plusieurs pièces de cuir marron clair cousues ensembles. La plupart des pièces avaient l'air incomplètes à ses yeux, mais il n'en était pas sûr. Il ne savait rien à propos des armures.

« Les premières pièces que j'ai réalisé sont les protections pour tes jambes, » Expliqua Tauriel, tenant les deux pièces les plus longues avec des lacets bruns. « Je vais te les attacher mais tu dois me dire si elles sont trop serrées. »

Il hocha la tête et se tint tranquille alors que l'elfe passait le cuir autour de l'une de ses jambes. Le morceau s'arrêtait à ses genoux et descendait jusqu'à ses chevilles. La protection lui chatouillait le pied mais le protégeait assez bien pour pouvoir l'ignorer. Quand il hocha la tête, Tauriel attacha l'autre côté et le regarda avec les sourcils levés.

« Alors ? »

Le hobbit leva la jambe, testa le poids, et se pencha légèrement avant de hocher la tête. « Parfait. Ce n'est pas trop lourd et je peux toujours bouger facilement. »

L'elfe lui lança un sourire avant de se concentrer sur la deuxième jambière. « Parfait. Essayons l'autre maintenant. »

Une fois les deux jambières attachées, la guerrière continua et sortit un morceau de cuir d'une forme étrange. Il était de la même couleur que les jambières mais avait une forme triangulaire avec des bords lisses et les mêmes lacets d'un côté. Quand il lui demanda ce que c'était, la capitaine expliqua.

« C'est un hausse-col, » Dit-elle, enroulant la pièce autour de sa nuque. « Il va protéger ta nuque et tes clavicules. »

« J'ai l'impression de me faire étrangler, » Se plaint Bilbo, tirant le bout qui lui rentrait dans la mâchoire et le menton.

Tauriel leva les yeux au ciel et poussa sa main. « Tu seras content quand il te sauvera d'une flèche dans la nuque. Maintenant arrête de bouger et laisse-moi attacher ça. »

Il renifla mais s'immobilisa. Une fois correctement attaché, il découvrit qu'en effet, il couvrait la majorité de son cou et une bonne portion de son torse. Le cuir était aussi doux et chaud que les deux autres et le protégeait correctement. Il le détestait toujours par contre puisqu'il s'enfonçait dans sa mâchoire.

Le dernier morceau que l'elfe lui montra fut une simple paire de gants sans doigts. Le cuir était doux et usé et couvrait son avant-bras entier. Il entoura ses mains et bras quand il les plia.

« Eh bien ! Regarde-toi. Tu ressembles à un vrai guerrier, » Complimenta la capitaine, les mains sur ses hanches.

Bilbo se regarda et ricana. « On dirait qu'un aveugle m'a habillé. Rien ne s'accorde. »

« Vraiment ? Je pensais que tu avais plus l'air d'avoir été habillé par un enfant, » Commenta l'elfe, lui faisant un clin d'œil.

Il lui fit une grimace qui lui gagna un nouveau rire.

« Mets ta chemise et ton pantalon et tu auras l'air mieux, » Conseilla-t-elle, rassemblant ses cheveux sur une épaule.

Le hobbit fit comme demandé et eut effectivement l'air moins ridicule. Quand il mit son manteau rouge déchiré et effiloché, Tauriel fit un bruit qui attira son attention.

« Ce manteau… la couleur va attirer l'attention, » Pointa-t-elle en fronçant les sourcils.

Il haussa les épaules et roula les manches jusqu'aux épaules. « Je sais. Mais Dori me l'a cousu après avoir découvert que j'avais perdu le mien alors… »

Le visage de Tauriel s'adoucit et ses yeux s'illuminèrent. « Je vois. »

Bilbo se pencha et attrapa son écharpe avant de l'enrouler autour de sa taille pour que son manteau ne s'ouvre pas lorsqu'il bougeait. Puis il serra sa ceinture, attacha Sting sur sa hanche et rangea une pochette dans son manteau. Enfin il enfila le sifflet que Bofur lui avait donné et regarda la guerrière.

« Eh bien, est-ce que j'ai l'air acceptable maintenant ? » Demanda-t-il en tendant les bras et en tournant sur lui-même.

Tauriel se tapa le menton et le regarda lentement de haut en bas. « Mieux qu'avant. Maintenant nous pouvons être vus ensembles en public. »

Il leva les yeux au ciel et baissa les bras. « Tu es si généreuse. Je pense - »

Bilbo se fit couper par un appel de corne de brume. Le visage de Tauriel devint instantanément dur alors qu'elle fronçait les sourcils et que sa main trouvait la garde de sa lame en un clin d'œil. Elle regarda le côté est du camp et plissa lentement ses yeux.

« C'est un avertissement des éclaireurs. Azog et son armée arrivent, » Dit-elle sans cligner des yeux.

Le hobbit sentit la peur s'installer en lui. « Quoi ? Mais je pensais qu'ils n'allaient pas arriver avant midi ! »

« Nous avions tort, » Répondit Tauriel en allant vers l'autre côté du camp. Bilbo la suivit rapidement, luttant pour rester à son niveau.

« Où allons-nous ? » Demanda-t-il à l'elfe.

« Voir mon roi. Il va répartir les soldats en groupes, » Répondit la capitaine sans le regarder.

Bilbo hocha la tête et suivit Tauriel alors qu'elle le guidait à travers de nombreuses tentes et elfes en mouvement jusqu'à trouver la tente de Thranduil. Le roi se tenait devant celle-ci, dans une armure argentée et dorée avec ses cheveux retenus en arrière par une mince bande de mithril. Sur ses hanches se trouvait une longue et élégante épée qui était presque aussi grande que le hobbit. La vue du roi habillé pour la bataille fit se stopper Bilbo. Il avait oublié, après des années, à quel point le roi était mortel sous ses mots acides et son visage de porcelaine.

« Tauriel, » Salua Thranduil alors qu'il liait ses mains derrière son dos. « L'heure de la bataille est arrivée. »

Tauriel se mit sur un genou et posa une main sur son cœur. « Dirigez-moi, mon seigneur. »

« Rassemblez vos troupes et mettez-vous en position, » Ordonna l'elfe en sindarin, ses yeux ne bougeant pas alors qu'une autre corne de brume résonnait dans le camp. « Vous connaissez vos ordres. Ne me décevez pas. »

Tauriel hocha la tête avant de se lever et de s'éloigner. Une fois l'elfe partie, le roi se tourna vers le hobbit.

« Vous avez prévu de participer au combat, » Commenta Thranduil, levant un sourcil.

Il acquiesça et croisa les bras. « Oui. Mes amis sont là-bas et je ne les laisserais pas se battre seuls. »

« Gandalf m'a demandé de vous garder en sécurité, » Dit doucement l'elfe en regardant le cambrioleur, « mais je ne pense pas que ce soit possible pour qui que ce soit. »

« Non. Je combattrais que Gandalf le veuille ou non, » Répondit-il en se redressant.

Thranduil sourit légèrement avant de hocher la tête une fois de plus. « Allez-y alors, halfling. Allez protéger vos imbéciles de nains. Peut-être que cette fois ils accepteront votre aide. »

« Mon nom est Bilbo, » Rappela-t-il en grimaçant avant de se tourner vers la bataille.


Après beaucoup de réflexion et délibération, Bilbo décida de porter son anneau au début de la bataille. Il n'aimait pas cette idée, mais il n'avait pas d'autre solution. Il était un petit hobbit qui partait au combat avec des hommes et des elfes qui n'avaient aucune loyauté envers lui. Ses seuls amis et camarades étaient Beorn, Tauriel et Bard et il ne savait même pas où ils étaient. S'il voulait survivre assez longtemps pour sauver ses amis, alors il savait qu'il avait besoin d'un avantage face aux orcs et gobelins. L'anneau était le seul avantage auquel il pouvait penser.

Cela ne veut rien dire, avertit-il en glissant l'anneau dans sa poche avant. Tu ne me tenteras pas à nouveau. Je ne te laisserais pas faire.

L'anneau ricana. Des promesses, des promesses.

Devant lui, Bilbo pouvait voir des elfes et des hommes se mettre en position pour enfermer les ennemis entre eux et l'armée des nains. Gandalf avait joué au médiateur et avait réussit à convaincre Dain et Thorin de garder les nains stationnés devant Erebor pour affronter les orcs et gobelins directement. Pendant ce temps, les hommes et les elfes allaient attendre que l'ennemi soit complètement entre eux avant de bouger et de commencer à attaquer l'armée d'Azog par derrière. C'était un plan pratique mais il détestait le fait que ses nains allaient affronter les ennemis seuls pendant un moment.

Alors que les hommes et les elfes continuaient à se rassembler, Bilbo regarda autour de lui jusqu'à repérer une tour de garde. Lentement et prudemment, il commença à grimper jusqu'à voir par-dessus les elfes et les hommes. Ce qu'il vit lui tordit l'estomac et lui assécha la bouche.

Des milliers et milliers d'orcs et wargs et gobelins marchaient vers Erebor avec Azog en tête. Le mélange de corps noirs et bruns ressemblaient à de la terre devant lui. En face de l'armée, il pouvait voir les portes d'Erebor fermées avec des rangs et des rangs de guerriers nains devant. Ils étaient énormément et parfaitement immobiles et armés alors que l'armée d'Azog se rapprochait de plus en plus. Mais aussi braves et prêts que l'étaient les nains, Bilbo se sentit frissonner en voyant la taille de l'armée d'Azog comparé à eux.

Je dois les rejoindre, pensa-t-il férocement en commençant à descendre. Le moment où ses pieds touchèrent la terre, il commença à courir vers la cité des nains. Il n'alla pas très loin puisqu'une main l'attrapa soudain par le manteau et l'arrêta.

« Whoa ! Où est-ce que tu penses aller ? » Demanda Beorn en tenant le hobbit d'une main pour l'observer.

Bilbo prit un air renfrogné et essaya de frapper le géant qui le tenait comme s'il était un chaton difficile. « Beorn, repose-moi ! Je dois aller aider mes amis ! »

Les sourcils de Beorn se levèrent jusqu'à ses cheveux. « Quoi ? Tu es fou ? Tu vas te faire massacrer avant de pouvoir t'approcher d'eux ! »

« Non ! » Nia-t-il, essayant et ratant toujours de frapper le changeur de peau alors qu'il le tenait encore plus loin de lui. « J'ai un plan ! Maintenant repose-moi ! »

« Ca n'arrivera pas. Tu vas te faire tuer par ta propre stupidité ! » Pointa le géant, le secouant légèrement.

« Beorn, mes amis sont là-bas ! » Cria-t-il, pointant Erebor. « Je ne peux pas les laisser combattre seuls ! Ils ont besoin de mon aide ! »

Le visage de Beorn s'adoucit mais il ne lâcha pas Bilbo. « Tu es un petit lapin solitaire. Quelle différence peux-tu faire ? »

Bilbo rit d'un rire aigu et désagréable. « Pour le monde ? Aucune. Pour un seul nain ? Tout. Je donnerais ma vie si cela veut dire que ceux que j'aime peuvent vivre ! »

« Posez-le, Maître Beorn, » Ordonna Tauriel en s'approchant d'eux en armure sombre. Elle avait attaché ses cheveux en arrière en une longue tresse et avait ses lames et son arc préparés et prêts à être utilisés. Elle s'arrêta à côté du changeur de peau et plaça une main sur sa hanche en pointant le sol de l'autre.

« Maintenant, » Dit-elle simplement, fixant le géant.

Beorn soupira mais reposa le hobbit sur le sol. Bilbo s'éloigna rapidement et commença à redresser sa tenue.

« Tu sais ce qu'il a prévu de faire ? » Demanda Beorn a l'elfe, la regardant d'une expression renfrognée.

« Oui. Il a prévu d'aller aider ses amis, » Répondit calmement l'elfe en posant son autre main sur ses hanches.

« Et tu es d'accord avec ça ? Tu vas le laisser partir se faire tuer ? » Continua le changeur de peau, grognant et montrant ses canines pointues. Penché au-dessus de l'elfe, Bilbo se rendit soudain compte à quel point Beorn était grand comparé à elle.

Tauriel ne tressaillit pas et ne recula pas. « Il ne se fera pas tué parce que nous allons l'accompagner. »

Beorn cligna des yeux. « Quoi ? »

« Quoi ? » Répéta Bilbo.

« Vous m'avez entendu. Nous allons accompagner Maître Baggins dans la bataille, » Expliqua-t-elle simplement.

« Mais et tes troupes ? » Demanda Bilbo, montrant le rassemblement d'elfes et d'hommes. « Tu ne dois pas les diriger ? »

« Je leur ai donné des ordres et les ai laissés avec Legolas. Ils se débrouilleront, » Répondit la capitaine en haussant les épaules.

« Tu es sincère ? Tu veux aller te battre avec lui ? » Demanda Beorn, se frottant la barbe en considérant son offre.

Tauriel hocha la tête. « Oui. J'y pense depuis hier quand il a affirmé vouloir entrer dans la bataille. Vu ce que nous affrontons, j'ai réalisé que je ne pouvais pas le laisser partir sans protection. Ce ne serait pas éthique de ma part. »

Beorn hocha la tête. « Tu as raison. Il est si petit qu'il se ferait écraser en quelques minutes. Je ne pourrais pas dormir correctement en sachant que je n'ai rien fait. »

« Je ne peux pas donner mon avis ? » Demanda Bilbo à voix haute, avec un soupçon de geignement dans la voix.

« Non, » Répondirent les deux à l'unisson.

Une autre corne de brume sonna ; un son profond et puissant qui résonna dans ses os. Le hobbit reconnut une corne naine et entendit immédiatement les cris de guerre des nains ; résonnant depuis Erebor jusqu'à leur camp. L'armée d'Azog était arrivée et la Bataille des Cinq Armées avait débuté.

« Si vous venez alors nous devons partir maintenant, » Dit-il brusquement, regardant le duo.

Ils acquiescèrent ; leurs expressions devenant sérieuses et déterminées alors qu'une autre corne sonnait. Derrière eux il pouvait entendre Bard crier des ordres à ses hommes alors que Legolas parlait plus calmement à ses soldats. Les elfes et les hommes se préparaient à se séparer et se mirent en position.

« Nous sommes avec vous, Maître Baggins, » Promis Tauriel, ses yeux noisette brillant dans la lumière du matin. « Jusqu'au bout. »

« N'allons pas jusque là, » Marmonna Beorn en enlevant sa chemise. Il roula ses épaules massives et s'étira quelques fois avant de soupirer. « C'est mieux. »

« Qu'est-ce que vous faites ? » Se demanda Tauriel en regardant le géant torse-nu.

« Je vais me transformer en ours et vous porter sur mon dos, » Expliqua le changeur de peau, se craquant la nuque. « Nous irons plus vite. En plus, je peux vous garder en sécurité plus facilement. »

L'elfe se tapota la lèvre inférieure, pensive. « Vous savez, j'ai chevauché beaucoup de montures, mais c'est la première fois que je considère monter un ours. »

Beorn – parce qu'il ne comprenait pas le concept de limites – lorgna l'elfe. « Chérie, je t'emmène faire un tour quand tu veux. »

Tauriel rejeta la tête en arrière et rit. « J'y penserais, Maître Beorn. »

« Oh pour l'amour de - ! Vraiment ? Vous devez faire ça maintenant ? » Demanda Bilbo, levant les mains en l'air.

« Aww, ne soit pas comme ça, petit lapin. Je vais te faire faire un tour aussi, » Assura Beorn, agitant les sourcils.
« Je vais te poignarder dans ton sommeil, » Promit-il en retour avec un doux sourire.

« Kinky, » Répondit le changeur de peau avant de redevenir sérieux. « Ok, mes chéris, reculez vous et essayez de ne pas crier. »

L'elfe et le hobbit reculèrent de quelques pas alors que les os de Beorn commençaient à craquer et à bouger sous sa peau ; devenant plus longs et larges. Sa peau devint plus fine alors qu'elle était étirée et que ses poils devenaient encore plus épais et abondants. Beorn ferma les yeux et serra les dents en se transformant, mais il ne hurla pas face à la douleur évidente qu'il ressentait. Bilbo était à la fois impressionné et horrifié.

« Oh, » Murmura Tauriel, les yeux écarquillés alors qu'elle se couvrait la bouche d'une main. « De toutes mes années, je n'ai jamais… »

Il hocha la tête. Il avait déjà vu Beorn se transformer, mais cela ne cessait jamais de l'impressionner. « Il est incroyable. »

« En effet, » Acquiesça-t-elle alors que ses yeux s'adoucissaient et qu'elle baissait la main.

La transformation de Beorn d'un homme à un ours ne prit que quelques minutes, et le géant disparu rapidement. A sa place se tenait un large ours noir avec une fourrure épaisse, des muscles épais, et des griffes acérées. Beorn grogna et se secoua avant d'ouvrir des yeux noirs pour croiser leurs regards.

« Beorn ? Est-ce que ça va ? » Demanda le hobbit, s'avançant d'un pas et levant une main.

L'ours renifla et se gratta la gueule d'une patte d'une manière qui, malgré les griffes et les dents pointues, le rendait mignon.

Tauriel rit doucement. « Je prends ça comme un oui. Eh bien, venez. Je vais vous aider à monter. »

Bilbo le suivit et autorisa l'elfe à l'aider à monter sur le dos de l'ours. Beorn grogna mais ne bougea pas alors que le hobbit s'installait correctement. Le dos de Beorn était si large qu'il ne pouvait pas s'asseoir correctement et du s'accrocher à la fourrure pour tenir. Tauriel monta facilement et se mit derrière lui ; ses longues jambes pouvant entourer l'ours plus confortablement. Elle enroula un bras autour de la taille de Bilbo et le tint contre elle.

« Je vous tient, Maître Baggins, » Rassura-t-elle, tapotant sa hanche. « Je ne vous laisserais pas tomber. »

« Merci, » Répondit-il sèchement en resserrant sa prise sur la fourrure. « Nous y allons alors ? »

« Aye, » Acquiesça l'elfe en tapant les côtes de l'ours avec ses talons. « Maître Beorn, nous sommes prêts ! Allons-y ! »

Beorn renifla mais s'accroupit avant de se lancer dans une course qui surpris ses cavaliers. Bilbo enfonça ses genoux dans le dos de l'ours et se colla à l'elfe derrière lui alors qu'ils se dirigeaient enfin vers la Bataille des Cinq Armées.


La guerre n'était pas quelque chose que Bilbo pouvait un jour penser tolérer. Oh, il pouvait se battre quand nécessaire et même blesser ses ennemis s'il devait le faire, mais tuer n'était pas quelque chose de naturel pour lui. Même quand il se défendait, lui ou un autre, il ne pouvait pas combattre la culpabilité qui s'installait dans ses entrailles lorsqu'il regardait la lumière disparaître des yeux de quelqu'un. En courant vers la bataille avec Beorn et Tauriel, il se demanda encore une fois comment il pouvait combattre une armée et sauver ses amis s'il ne pouvait pas supporter l'idée de tuer quelqu'un.

Alors que Beorn s'approchait de plus en plus d'Erebor, le hobbit réalisa qu'il y avait encore plus de gobelins et d'orcs que ce qu'il pensait. Les nains supportaient les assauts pour le moment, mais il pouvait voir que cela n'allait pas durer. Les hommes et les elfes devaient se dépêcher.

« Est-ce que vous avez un plan ? » Demanda Tauriel, se penchant pour lui parler.

Il hocha la tête. « Je dois trouver Thorin et ses neveux en premier ! Azog veut les tuer en priorité ! »

« Comme vous voulez ! » Répondit Tauriel en sortant son arc et une flèche. « Penchez-vous contre Maître Beorn pour que je puisse tirer ! »

Bilbo se laissa tomber sur son estomac et cala ses genoux et ses coudes alors que l'elfe derrière lui commençait à abattre des orcs des wargs et des gobelins sans s'arrêter. Chaque lancer était rapide et sans accroc et sifflait dans les airs. Il ne pouvait pas voir les cibles touchées par l'elfe, mais il était sûr qu'elles étaient toutes mortes après avoir été touché par une flèche.

Sous eux, Beorn lâcha un rugissement qui ressemblait plus à un rire qu'à un cri de bataille. Bilbo avait l'impression que le changeur de peau aimait regarder Tauriel tuer leurs ennemis avec autant de facilité.

« Nous sommes proches de la horde principale ! » Avertit Tauriel, prenant une autre flèche et se mettant sur ses genoux. « Préparez-vous, Maître Baggins ! »

Il hocha la tête et se mit sur ses genoux en attrapant Sting. Par-dessus la tête de Beorn, il vit un autre orc tomber sous les flèches de Tauriel alors qu'un autre gobelin était coupé en deux par un nain. Peu importe où il regardait il y avait des nains combattant des orcs des wargs et des gobelins, mais il ne vit pas un seul de ses nains.

Beorn lâcha un rugissement qui résonna et fit trembler ses os. Une bonne portion des orcs et wargs se tournèrent vers lui, et il put les voir courir vers l'ours et ses cavaliers. Derrière-lui Tauriel lâcha une nouvelle flèche ; tuant l'un des wargs et faisant tomber l'orc qui le chevauchait. Deux autres subirent le même sort mais cinq orcs et wargs continuèrent à les charger.

« Préparez-vous à sauter ! » Ordonna Tauriel en rangeant son arc et en sortant ses épées.

Avant que Bilbo ne puisse demander comment, l'elfe se leva et sauta de l'ours et sur l'un des cavaliers orcs. Elle para facilement son épée d'une main avant de le frapper à la nuque de l'autre. Le warg trébucha à cause du poids supplémentaire et s'écrasa sur le sol, envoyant le cavalier rouler au sol. Alors que l'orc tombait et se noyait dans son propre sang, Tauriel fit passer sa lame ensanglantée derrière elle; poignardant le warg dans la nuque et le tuant d'un coup de poignet.

« Comment est-ce que je suis censé dépasser ça ? » Marmonna Bilbo en se jetant du dos de Beorn. Il se força à rouler quand il frappa le sol ce qui fit crier ses côtes et lui fit lâcher une série de jurons. Quand il s'arrêta, il se releva juste à temps pour voir Beorn déchirer un orc et un warg au même moment.

Deux des cinq cavaliers étaient morts mais les trois autres étaient toujours en vie et en train de se battre, avec d'autre encore derrière eux. Tauriel en tua facilement un avec son arc alors que Beorn tuait l'un des cavaliers d'un coup de patte. Mais l'un des cavaliers remarqua le hobbit et galopa vers lui avec une grimace sur le visage.

Oh, super, pensa-t-il avant de se jeter sur le côté pour ne pas être écrasé. Alors qu'il pivotait, l'orc se retourna et essaya de lui couper la tête avec sa hache géante. Bilbo esquiva et frappa avec sa lame en arc de cercle ; frappant le warg au visage alors qu'il tentait de lui sauter dessus. Il grogna et s'accroupit ; se préparant à ressauter quand une flèche s'enfonça dans son front.

Le warg s'effondra ; envoyant son cavalier au sol. Voyant une ouverture, il fonça en avant et enfonça son épée le plus fort possible dans la nuque de l'orc. L'orc fit plusieurs mouvements brusques alors que du sang noir commençait à couler partout avant de s'effondrer sur le sol. Bilbo évita prudemment de regarder dans les yeux en train de s'assombrir et tira sur son épée pour la libérer. Elle était coincée assez profondément pour qu'il ait à poser un pied sur le torse de l'orc pour récupérer Sting.

« Maître Baggins ! » Cria Tauriel, attirant son attention. Quand il la regarda, il vit que l'elfe tenait un orc sous son bras et l'utilisait comme bouclier contre un autre tout en enfonçant son épée dans un gobelin derrière lui. Quand elle vit qu'elle avait attiré son attention, elle fit un signe de tête vers Beorn et se tourna juste à temps pour regarder l'ours ouvrir la gorge d'un orc avec les dents.

« Pourquoi est-ce que vous m'avez fait regarder ça ?! » Se plaignit le hobbit, sentant son estomac se tordre.

Tauriel leva les yeux au ciel en poussant son bouclier orc contre son assaillant, les transperçant tous les deux de son épée. « Les elfes et les hommes arrivent alors montez sur le dos de Maître Beorn ! »

Bilbo soupira mais rangea Sting et courut vers Beorn. Une fois assez proche, l'ours s'accroupit et le laissa monter sur son dos. Il tressaillit légèrement en sentant la fourrure ensanglantée, mais s'y accrocha quand même. Il sentit Tauriel s'installer derrière lui ; un bras s'enroulant encore une fois autour de lui alors que l'autre tenait son épée.

« Allons trouver vos amis, » Dit l'elfe dans son oreille en faisant signe à Beorn de démarrer.

Autour d'eux, la bataille continua.