Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenu

pour la première partie du chapitre quatorze du Souffle du Dragon !

Tout d'abord, je tiens à tous vous remercier pour vos ajouts en favoris ou vos likes, chers lecteurs, mais plus encore pour vos messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

Ensuite, comme je vous en ai fait l'annonce précédemment, depuis quelques semaines, les chapitres sont sectionnés en deux afin de laisser à ma bêta et moi-même la possibilité de prendre de l'avance, que ce soit sur la correction ou bien l'écriture. Certes, vous trouverez peut-être qu'avoir des chapitres de 10 000 mots, c'est court, mais il est important que Pelote et moi gardions le plaisir de lire et écrire cette histoire, plutôt que d'en faire une contrainte.

Autre point extrêmement important, nous avons passé la barre des 200 000 mots mes amis ! Ça y est, c'est officiel ! 3 vous n'imaginez même pas ce que ce genre de choses peut me faire, surtout en sachant qu'à la fin de ce chapitre, nous aurons officiellement passé la fin du premier quart de cette histoire ! Au passage, pour ceux qui souhaitent le savoir, Le Souffle Du Dragon fera en tout et pour tout 52 chapitres + 2 ou 3 Bonus + un épilogue ! Alors préparez vos vendredis pour encore une année, parce qu'on n'est pas couché…

Encore une chose, chers amis : nous approchons de la 100 ème review ! À cette occasion, je vous propose un petit jeu, la personne qui postera la 100 ème review aura le droit de me demander ce qu'elle voudra, que ce soit un cours de soin aux créatures magiques, des précisions sur l'évolution de l'intrigue ou des personnages, ou que sais-je encore ! Vous aurez carte blanche, cher lecteur et reviewers !

Enfin, à l'attention de Dramionymus et JusteMarianne, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires !

Réponse aux reviews anonymes :

Mina : bonjour (ou bonsoir, je ne connais pas vraiment tes habitudes de lecture encore ah ah) Mina, très heureuse de rencontrer une nouvelle lectrice d'SDD ! Une journée seulement pour lire tous les chapitres postés ? Waouh ! Je suis impressionnée ! Même moi, je ne te cache pas, je mets très souvent deux ou trois jours (enfant oblige) pour tout lire d'un coup ! Qu'aimes-tu dans cette histoire ? Tu cherchais un thème de lecture en particulier ? Ou bien est-ce les deux couples mis en avant qui t'ont intrigué ou plus ? Tu sauras que je suis quelqu'un d'extrêmement curieux en général ?
J'espère que ce chapitre te plaira, de même que j'espère tout autant avoir tes retours sur celui-ci,
Je te souhaite une très bonne lecture, Mina,
Bisou,
Mya

Maddy : Hey Maddy ! Toujours au rendez-vous à ce que je vois ! ? je suis très heureuse de te retrouver encore cette semaine, Miss, et encore plus que la fin du précédent chapitre t'a plu !
Je suis heureuse que la confrontation Fred / Hermione ait été à ton goût, d'autant plus que je jouais en quelque sorte un coup double sur celle-ci, mais je te laisse le suspens de comprendre pourquoi je dis ça !

Tout le monde veut faire des câlins à Fred, c'est obligé ! Je suis trop fan des jumeaux, et j'avais vraiment envie de lui offrir une seconde vie après que JKR l'a tué dans l'œuvre originale…
J'en déduis donc que tu as aimé la « torture » prodiguée par Fred à Charlie ? J'avoue que j'ai adoré l'écrire, encore une fois, c'est mon côté Serpentard ah ah
C'est vrai, le lien est vraiment douloureux pour Hermione, mais tu auras une véritable explication sur ce qu'est le lien de fidélité dans le chapitre 18 si je ne dis pas de bêtises normalement
?

Je connais moi-même la suite de l'histoire, et jusqu'au chapitre 14, j'ai eu envie de le tuer quelque chose comme un millier de fois, donc bon mdr, mais à partir de ce soir, leur relation prend un nouveau tour, donc j'espère réellement que tu apprécieras !

Comme d'habitude, je te souhaite une très bonne lecture et j'espère avoir ta review hebdomadaire pour savoir si, oui ou non, je dois tuer quelqu'un, je dois avouer que j'adore voir les sentiments violents que vous semblez ressentir en lisant cette fic, ah ah

Bisou,
Mya

J'espère vraiment que cette histoire continue de vous plaire ! Au programme de ce soir : un cours d'histoire de la magie un peu particulier, une pensée pour Cédric, des Peuples Parlants, une proposition indécente et un peu de Merlin ! Alors, je vous ai donné envie ?

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blablas d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Chapitre 14 : Une histoire vieille comme le monde

Hermione

J'ai l'impression de ne pas avoir vu le début de l'année scolaire passer, et pourtant, je sais que ce soir, l'un des enseignants ayant validé un optimal en Histoire de la magie va venir décider du sort de mon avenir.

La bonne nouvelle, c'est que si cet enseignant est le professeur Binns, alors je suis sûre de valider mon programme ! Lui qui était censé assister à chacun de mes cours, me briefer sur ce qui était acceptable ou non de dire ou faire dans ce cours, de même que me donner ses notes pour le premier, ne s'est jamais présenté.

Il ne s'est même pas souvenu de devoir venir le faire, et je me suis retrouvée à devoir gérer près de cent élèves, tous plus excités les uns que les autres, pas pour les mêmes raisons, et aucun d'eux ne voulant mettre la rivalité inter maison de côté.

Résultat des courses, ce premier cours s'est soldé sur un débat entre la pureté du sang prôné par les Sang-Pur, et les idées ingénieuses qu'ont apportés les nés-Moldus à travers l'Histoire. Je le reconnais, moi-même j'y ai appris de nombreuses choses.

Pas mon meilleur cours, c'est un fait, mais qui m'a permis d'apprendre et de comprendre une chose importante sur mes élèves, à savoir que le débat vaut mieux que la théorie avec eux.

C'est pourquoi, dès le cours suivant, les pupitres individuels ont été transformés en de grands gradins en demi-cercles, chaque maison portant haut et fort ses couleurs. Et dans l'ensemble, après un mois, je pense leur avoir imposé un style de cours qui nous convienne à tous.

— Hermione ?

Perdue dans mes pensées, je n'ai pas vraiment fait attention au fait que je sois figée depuis dix bonnes minutes devant les portes de la Grande Salle, m'inquiétant de plus en plus de savoir lequel des titulaires sera mon examinateur. Cette vieille peur de réussir à un examen me mène la vie dure en ce moment…

Tout ce que j'espère, c'est que ce ne sera pas Sermirov. Merlin, n'importe qui, plutôt qu'elle ! Je suis même prête à accepter que ce soit Rogue, ou même Weasley ! Ma situation est vraiment désespérée si j'en arrive à de tels extrêmes…

— Hermione ! s'écrie Neville plus fort. Arrête de réfléchir ! Ton cours commence dans trois minutes !

— Facile à dire, grommelé-je. Vous avez tous vos cours qui ont été validés, vous n'avez plus à vous en faire ! Je ne sais même pas qui m'évaluera, je ne sais même pas si mon programme suit celui des précédents professeurs !

Mettre des mots sur mes peurs ne m'aide absolument pas à relativiser, et voir les sourires en coins de tous les sorciers titulaires, ou nouveaux titulaires qui ont suivi leur cursus en même temps que moi, ne m'aide pas non plus.

— Granger, soupire Drago. Tu es vivante ! Déjà rien que ça, c'est un progrès incroyable !

Comptez sur Malefoy pour toujours trouver le côté positif d'une situation qui semble désespérée ! Mais, dans le fond, il n'a pas tort.

Binns, durant nos six années de cours, ne nous a parlé que de révoltes gobelines. Même lorsque l'histoire de l'héritier de Serpentard s'est mise à faire du bruit, il n'y a pas porté attention, préférant se concentrer sur ses maudites révoltes.

Et pourtant, à cette époque, ce qu'il se passait dans le château était bien plus intéressant que de savoir que Hulfried LeBarbar avait marché sur la France Sorcière pour décimer un seigneur de guerre qu'il pensait responsable de l'éradication de sa famille !

— Bon, Granger ! s'impatiente Nott. Tu comptes planter tes racines de mandragore ici pendant encore combien de temps ?

— Pourquoi vous êtes tous là ? demandé-je, incrédule, me rendant enfin vraiment compte de leur présence à tous.

Je ne saurais dire si c'est le fait que Luna se pende au bras de George en regardant dans le vide, que Harry a arrêté d'envoyer des regards hautement assassins à Fred, ou que les Serpentard ne fassent aucun geste suspect qui me perturbe le plus.

— On s'est dit que, peut-être, tu accepterais qu'on vienne tous te voir donner ton cours, rit Luna. Je sens qu'il va être incroyable !

Parfois, je me demande s'il n'est pas préférable d'occulter toutes les bizarreries et les suppositions du petit lutin blond… Mais elle a cette faculté spéciale de toujours mettre le doigt sur quelque chose qui pourrait paraître improbable, alors que ce n'est, finalement pas le cas. En un sens, c'est réconfortant de savoir qu'il reste encore des personnes qui croient en l'avenir…

— Venez, soupiré-je en leur faisant signe de la main. De toute façon, je suis sûre que ça ne changerait rien si je vous disais non…

Lissant les plis imaginaires de ma cape de combat - dont je me demande d'ailleurs comment Fleur a fait pour s'en procurer une si rapidement, mais, le second jour de cours, elle était sur mon lit, m'attendant bien gentiment, de même que le reste d'une nouvelle garde-robe sorcière - j'entre dans l'arène.

C'est ainsi que j'ai nommé la Grande Salle à la fin de mon premier cours, et c'est plus ou moins à ça qu'elle ressemble à chaque fois que je leur enseigne, maintenant. Le sable blond et fin marquant le rond où je me déplace, je fais signe à mes amis de rejoindre la « tribune royale » pour la durée de mon cours, alors que je me poste face à mes élèves.

À partir de cet instant, un décompte lumineux et silencieux se met en place sur l'horloge de la tribune. Dans un silence religieux, les mains croisées dans le dos et les pieds fermement ancrés dans le sol, j'attends qu'ils se calment tous.

Ce qui prend un certain moment, puisque les rivalités entre les Serpentard et les Gryffondor de quatrième année ne s'éteignent que lorsque Damian Parge, l'un des Serdaigle de quatrième, lance une détonation de sa baguette, faisant cesser tout bruit.

— Nous avons donc un nouveau record, susurré-je froidement en faisant quelques pas dans leur direction. Dix-huit minutes. Vous savez ce que cela signifie, n'est-ce pas ? Miss Spenser ?

— La longueur supplémentaire du parchemin que vous nous demanderez sera équivalente au temps que nous vous avons fait perdre, déclare, revêche, la troisième année de Serpentard.

— Et ? fais-je tout aussi froidement.

— Nous partirons dix-huit minutes après minuit, soupire-t-elle en se rasseyant.

— Merci pour cette précision, Miss Spencer, souris-je plus aimablement.

Ce système m'a paru couler de source en voyant l'inimitié flagrante entre les maisons à mon premier cours, et le fait que, même après les avoir menacés de retenues, aucun d'eux n'a voulu en démordre.

— Professeur ? lève la main un petit Poufsouffle. Est-ce vrai que le Tournoi des Trois Sorciers reviendra cette année ?

Un sourire discret étire mes lèvres en le regardant alors que je fais apparaître une table sur laquelle m'asseoir. Abraham Zilkonys est un croisement entre Lavande Brown et les jumeaux. Tout aussi farceur, et tout aussi commère.

— En effet, monsieur Zilkonys, ris-je doucement. Mais comment en êtes-vous arrivé à cette constatation ?

C'est un secret de polichinelle qui s'est éventé aussi rapidement qu'une potion foireuse de Fred. Et pourtant, j'aurais dû me douter que la réunion exceptionnelle que les deux directeurs, Harry, moi-même, et les directeurs de maisons avons tenu serait connue avant même l'heure du dîner hier soir…

— Vous nous avez demandé de lire le chapitre consacré aux interactions entre les différentes écoles de magies d'Europe et de Russie pour aujourd'hui, fait-il en baissant la main, et le professeur Chourave n'arrêtait pas de regarder une photo de Cédric Diggory aujourd'hui. J'ai simplement fait le lien.

Il hausse les épaules à la fin de sa tirade, clairement mal à l'aise. Mais comment leur en vouloir ? Je suis presque sûre que Harry est en train de me fusiller dans le dos en ce moment même, et le petit Poufsouffle doit en prendre pour son grade, lui aussi… Cédric est et restera longtemps un souvenir cuisant pour lui…

— J'accorde cinq points à Poufsouffle pour avoir su mettre en lien ses connaissances personnelles, ainsi que le contenu du cours que je vous ai demandé de lire, hoché-je la tête. Bien, qui peut me dire ce qu'est, à proprement parler, le Tournoi des Trois Sorciers, et ce qu'il représente dans le monde magique ? Miss Fawcett ?

Avant même mon premier cours, je m'étais fait un devoir de connaître le nom et le visage de chacun de mes élèves, sachant par avance que la tâche serait ardue, mais je dois reconnaître qu'il est agréable de pouvoir menacer quelqu'un en l'appelant par son nom.

— Le Tournoi des Trois Sorciers est un concours de magie où s'affrontent les trois principales écoles de sorcellerie européennes : Poudlard, Durmstrang et Beauxbâtons, se lève-t-elle en parlant. Le vainqueur se voit décerner le Trophée du Tournoi des Trois Sorciers ainsi que mille Gallions. Le but de celui-ci est de resserrer et souder les liens entre les différentes écoles de magies.

— Cinq points pour Gryffondor, hoché-je la tête. Je vais maintenant vous faire un résumé, puis nous aborderons le second point de ce cours.

C'est amusant de les voir tous pendus à mes lèvres alors que je commence à faire les cent pas sur mon parterre de sable, et si je ne le connaissais pas aussi bien, je jurerais que Harry est en train de prendre des notes.

— Le premier tournoi s'est tenu approximativement il y a sept cents ans, chaque école étant représentée par un champion. Les champions sélectionnés s'affrontent au cours de trois tâches ayant pour but de tester leurs capacités magiques, leur audace, leur pouvoir de déduction et leur aptitude à réagir face au danger. Les champions s'affrontent pour l'honneur et la gloire de gagner le tournoi. Cependant, le tournoi est extrêmement dangereux et certains champions sont décédés durant la compétition. Certains juges également ont été blessés. Qui peux me dire pourquoi ? Monsieur Maximov ?

Ledit Maximov relève vivement la tête, ses lunettes remontées précipitamment sur son nez aquilin par des doigts rondouillards alors que le Serpentard répond à la question d'une voix grave pour un deuxième année.

— En 1792, les trois directeurs des écoles participantes au tournoi ont été blessés par un Cocatris que les champions devaient attraper et qui a réussi à s'échapper. Alors qu'il avait lieu traditionnellement tous les cinq ans, le Tournoi a finalement été annulé.

— Qui peut me dire pourquoi celui de 1994, alors qu'il avait été très minutieusement préparé, s'est vu, lui aussi, annoncer l'annulation des prochains ? demandé-je après un bref coup d'œil vers Harry, plus pâle que tout. Miss Curie ?

— L'un des quatre champions est décédé, malheureusement, dans des conditions tragiques, qui ont vu le retour de Vous-Savez-Qui, répond d'une petite voix la Serdaigle.

— C'est quoi le rapport entre le Tournoi des Trois Sorciers et les cours d'histoire de la magie ? s'élève la voix de Blaise.

Prise dans mon cours, j'en avais presque oublié la présence massive de mes « collègues », ainsi que la barrière antibruit que j'avais prévu d'activer… Mais contre mauvaise fortune bon cœur, je me tourne vers ma classe après lui avoir lancé un clin d'œil.

— Miss Dorthing, souris-je aimablement à la petite Gryffondor de première, quel était le sujet du précédant devoir que je vous ai donné ?

— Les interactions entre le parlement des peuples, la cour des sorciers du temps de Merlin et les interactions entre sorciers et créatures magiques, répond-elle rapidement.

— Je ne vois toujours pas le rapport, lui répond Blaise.

— Miss Nightwood, haussé-je un sourcil vers la petite blonde. Une idée ?

Elle réfléchit durant quelques minutes à la question, temps que je lui laisse volontiers, alors que, dans le reste de l'amphithéâtre, de nombreuses voix commencent à s'élever, signe que chacun émet des suppositions.

— Le tournoi a vu les champions affronter des créatures magiques tout au long de celui-ci, finit-elle par répondre, d'une voix douce. Ils ont ainsi pu tester leurs connaissances et leurs réflexes face à de nombreuses races.

— Quel lien faites-vous avec le Magenmagot ? approuvé-je.

— Le département de recensement et de régulation des créatures magiques, en plus de celui de la coopération magique internationale a joué sur les relations existantes depuis la création de Poudlard pour que le tournoi, malgré ses nombreuses issues mortelles, revoie le jour, continue-t-elle.

— Merci, Miss Nightwood, souris-je encore une fois. J'accorde dix points pour la réflexion dont vous venez de faire preuve. Tu comprends, maintenant, Zabini ?

La manière de tous les faire travailler en symbiose a été compliquée à trouver, mais voir que je ne faisais aucune discrimination entre les maisons semble avoir aidé à les dérider, et pour ça, ironiquement, j'en remercie Rogue et Malefoy. Sans leurs joutes quotidiennes avec Harry, je n'aurais jamais compris qu'un débat valait bien mieux que dix mille coups de poing.

Pensif, le métis hoche la tête et me fait signe de continuer mon cours, alors que Harry et les jumeaux m'envoient des souris en coin. Au fond des gradins, les Serpentard sont penchés les uns vers les autres, commentant furieusement ce qu'ils viennent d'entendre.

— Qui peut me parler du juge impartial de cette compétition ? demandé-je aimablement. Monsieur Faraway ?

— La Coupe de Feu est un juge impartial chargé de déterminer le champion de chaque école. Pour déposer sa candidature, il suffit de déposer dans la Coupe un parchemin avec son nom et le nom de son école. Chaque champion est alors tenu par un contrat magique et ne peut plus se dérober aux épreuves, déclare-t-il d'une voix nasillarde.

— Qui peut me dire ce qu'il s'est passé durant la cérémonie d'annonce la dernière fois ?

— La Coupe de Feu a déclaré quatre champions, au lieu de trois, annonce la petite Gryffondor de première année au premier rang. Elle a désigné Harry Potter comme second champion de Poudlard.

Maintenant que j'entends le fanatisme dans sa voix, je me souviens qu'elle était l'une des trois filles discutant avant que nous entrions dans la Grande Salle, le soir de la Répartition ! Une autre à tenir à l'œil… Harry a vraiment du souci à se faire…

— Monsieur Wilson, parlez-nous de la première tâche, ris-je doucement.

— Elle consistait à s'emparer d'un œuf d'or, couvé par un dragon parmi ses vrais œufs. Le champion devait détourner l'attention du dragon puis s'emparer de cet œuf.

Son amour pour les dragons est vraiment adorable. D'une certaine façon, j'ai l'impression de voir celui que les jumeaux me décrivaient, quand ils me parlaient de Charlie quand il était petit. La même étincelle dans le regard, la même dévotion dans la voix, le même amour dans les paroles…

— Parlez-moi des méthodes employées par les champions.

— Le champion Diggory a métamorphosé une pierre en labrador pour détourner l'attention de son Suédois à museau court, liste-t-il. La championne de Beauxbâtons, Fleur Delacour, a employé un sortilège de transe qui a fait s'endormir son Vert gallois, et celui de Durmstrang, Viktor Krum, a usé d'un sort de conjonctivite, sort employé par les dresseurs de dragon, sur un Boutefeu chinois. Sur les trois tactiques, celle de Delacour a été la moins agressive, et elle a permis de sauvegarder le plus de dragonneaux.

Quand je disais qu'il avait beaucoup d'amour pour les petits dragons… Si Weasley le voyait en cet instant, aucun doute qu'il lui donnerait immédiatement l'adresse de la réserve la plus proche et lui donnerait même un portoloin pour l'y envoyer.

Le regard intrigué qu'il envoie à Harry me laisse songeuse quelques secondes. Mais il n'est pas le seul à le faire. S'attendent-ils à ce qu'il leur fasse un récit détaillé de la première tâche ? Sont-ils fous au point de vouloir lui faire revivre ce moment ? Je m'en veux déjà bien assez de lui avoir accordé de venir aujourd'hui, pas besoin de lui imposer ça…

— Miss Selwyn ? appelé-je en fixant celle de Gryffondor. Parlez-moi de la méthode du champion Potter. En tant que nouvelle attrapeuse de l'équipe, vous devez bien avoir un avis sur la question, non ?

Les épreuves ayant eu lieu hier soir sous la supervision de Ginny, j'ai pu voir à quel point la petite Selwyn, l'une des triplettes de quatrième année, était douée. Aucun doute possible, elle a le même talent que Harry, même si elle n'a pas vraiment son côté tête brûlée ! C'est Madame Pomfresh qui a été heureuse de l'apprendre…

— En toute objectivité, le vol de Potter a vraiment été formidable, commence-t-elle, plein de vie. Je n'avais que dix ans, à l'époque, alors pour moi, toutes les tactiques se valaient, mais la sienne était vraiment dingue !

D'un discret mouvement d'œil, je peux voir que Harry est très amusé par cette analyse pas vraiment fiable au vu de son âge à ce moment-là. C'est une bonne chose qu'elle parvient à dédramatiser cette tâche.

— Si vous aviez vu cette feinte de Wronski ! s'écrie-t-elle en se levant le poing en l'air. C'était magistral ! Digne de Krum à la Coupe du Monde de Quidditch ! Le directeur avait beau nous avoir dit que c'était sécurisé au maximum, par Merlin ! Il lui a fait voir des étoiles !

Je doute très sincèrement que Norberta ait pu voir quoi que ce soit des étoiles qu'elle promet au reste de la classe, mais j'aime son enthousiasme, et Harry aussi visiblement. Puis une idée farfelue me vient, et je retiens un sourire.

— Miss Selwyn, appelé-je alors qu'elle décrit nombre de feintes à ses condisciples. Descendez dans l'arène, s'il vous plaît.

D'abord incertaine, puisqu'en général je n'appelle aucun élève à me rejoindre, elle retrouve le sourire en dévalant les dix étages de gradins, me rejoignant rapidement, l'intérêt brillant dans ses yeux carmin, spécialité de sa famille.

— Fermez les yeux, Miss Selwyn, ris-je doucement.

— Pourquoi ? fronce-t-elle les sourcils.

— Fermez les yeux, et vous le saurez bien assez tôt, souris-je malicieusement.

Elle semble peser le pour et le contre d'une telle demande, mais finit par fermer les yeux assez rapidement, son courage et sa témérité de Gryffondor reprenant le dessus. Adressant un signe aux élèves et aux nouveaux professeurs de se taire et ne surtout rien faire pour gâcher la surprise, je débute.

Fermant à mon tour les yeux, je me concentre sur mon noyau de magie et mon « petit monde », nom donné à mon esprit. Pour trouver l'image que je souhaite donner pour la petite Gryffondor brune aux cheveux lisses, je trace doucement une rune d'enchantement dans les airs, envoyant un énorme flot de magie hors de moi.

Selwyn s'impatiente, la rune n'étant pas la plus simple à créer, mais je parviens enfin à extraire l'image que m'a laissée Charlie dans ma mémoire, celle qu'il a créée dans son tableau.

Au début, je ne voulais faire qu'une simple représentation pour lui montrer à quel point, même pour une personne tête brûlée comme elle, se retrouver face à un dragon de huit mètres peut être impressionnant, mais je me suis dit qu'après tout, je pouvais bien faire aussi plaisir au petit Zilkonys !

Les souffles et chuchotements effrénés de chaque côté de l'arène nous parviennent, et même si Norberta reste plus ou moins calme, à quelques mètres à peine de la Gryffondor, je ne doute pas que la prouesse risque de la faire chuter de son piédestal !

— Maintenant, Miss Selwyn, soufflé-je en me plaçant dans son dos, mes mains sur ses épaules, vous allez ouvrir les yeux.

Pour sa défense, je pense que n'importe qui, dans sa situation, aurait fait la même chose qu'elle : chercher à s'enfuir. Mais face à un dragon de huit mètres extrêmement réaliste, qui ne voudrait pas le faire ? Hormis Harry, bien sûr.

— Que feriez-vous, si vous étiez à la place de monsieur Potter, Miss Selwyn ? demandé-je calmement, allant gratter la gorge de Norberta. Vous avez le même âge que lui lorsqu'il a dû affronter le Magyar à pointes, vous faites plus ou moins sa taille, et vous avez un niveau de magie similaire au sien. Que feriez-vous ?

— La même chose, avoue-t-elle piteusement, avant de relever des yeux furieux vers moi. C'est pour ça que vous m'avez mise devant le dragon ? Pour que je paraisse faible devant les autres ?

Je hausse un sourcil interrogatif dans sa direction. Comment une telle pensée a-t-elle bien pu venir se loger dans sa tête ?

— Avoir peur d'une chose ne vous rend pas faible, Miss Selwyn, affirmé-je en croisant les bras. Elle vous rend tout simplement humain.

— Alors pourquoi l'avoir invoqué ? rechigne-t-elle.

— Pour que vous puissiez comprendre que chacun des concurrents a dû affronter une peur ancrée en chacun de nous : celle de se retrouver face à une créature d'un peuple qu'il ne connaît pas, malgré tous les cours qu'on pourrait nous donner. Vous en avez eu peur, et c'est, en soi, la bonne réaction à avoir. Parce que vous comprenez maintenant que c'est la peur qui a dicté les actions des champions, bien qu'ils soient tous au courant de la première tâche.

Elle hoche la tête, les yeux toujours rivés à Norberta, ne parvenant pas à se défaire du violet profond de ceux-ci. D'un signe de la main, je la laisse retourner à sa place, conduisant une dragonne étonnement docile d'un côté de l'arène, tandis que je retourne me placer face à eux.

— Parlons maintenant de la seconde tâche, ramené-je l'attention sur moi. Monsieur Hall, parlez-moi de celle-ci.

— Les champions devaient rester sous l'eau pendant une heure pour récupérer un "trésor". Pour cela, ils devaient résoudre l'énigme de l'œuf reçu lors de la première tâche puis trouver un moyen de respirer sous l'eau.

— Cinq points pour Serdaigle, hoché-je la tête. Pourquoi, dans tous les cas, la championne Delacour n'aurait-elle pas pu aller délivrer son trésor ?

Une vague d'interrogation emplit l'amphithéâtre, que ce soit d'un côté ou de l'autre. Je me souviens parfaitement des cris émis par Fleur, la semaine dernière, lorsqu'elle nous a parlé de la seconde tâche et du peu de cas qu'a fait Dumbledore d'elle, à ce moment-là.

— Personne ? levé-je un sourcil. Étonnant, mais pas déconcertant… Miss Delacour étant une demie-Vélane, elle n'aurait pas pu s'approcher du peuple de l'eau.

— Excusez-moi ? se lève une main au premier rang. Qu'est-ce qu'une Vélane ?

— Une Vélane, commencé-je doctement, est une créature d'apparence humaine capable d'attirer tous les hommes grâce à un sortilège puissant. Elle prend l'apparence d'une femme à la beauté envoûtante presque surnaturelle mais devient hideuse comme une harpie lorsqu'elle est en colère.

Je ris distraitement en me souvenant des traits déformés de Fleur quand Molly lui a imposé toutes ses conditions pour le mariage, l'an passé. Assurément, même demie-Vélane, elle a bien les caractéristiques des harpies lorsqu'elle est en colère !

— Le charme ne fait effet que sur les hommes ayant une inclinaison pour les femmes, continué-je. On ignore si les Vélanes mâles ont le même pouvoir sur les femmes. En revanche, c'est un fait avéré que les Vélanes, tout comme les demi-Vélanes, ont une odeur apaisante et réconfortante sur le sexe opposé, tout comme il est clairement établi que les êtres des eaux sont leurs ennemis naturels.

— Pourquoi ? fronce les sourcils un Poufsouffle.

— Parce que durant leurs chaleurs, cycle que subissent toutes les créatures magiques lorsque leur noyau s'est stabilisé, les Vélanes tuent tout ennemi dans un périmètre de dix mètres.

Les réactions sont vives dans les tribunes. Les hommes regrettent de ne pas avoir connu de Vélanes dans leur vie, et les femmes regrettent qu'elles existent. En soi, rien de plus anormal… Mais le silence revient assez rapidement, me permettant de poursuivre mon cours.

— Est-ce vrai que la championne Delacour est mariée à un demi-loup-garou ? lève la main Zilkonys. Parce que je trouve ça vraiment trop cool !

— C'est le cas, en effet, ris-je en voyant son air émerveillé.

— Le professeur Sermirov n'a pas encore abordé ce point avec nous, dans nos cours, vous voudriez bien le faire, s'il vous plaît ? demande un des Serdaigle.

— Vous êtes arrivé l'année suivant l'enseignement du professeur Lupin, je me trompe, monsieur Raterton ?

— Oui, hoche-t-il la tête, et mon frère m'a dit qu'il a vraiment été dégoûté que le directeur le vire.

Le directeur ou le professeur Rogue, je ne saurais le dire, mais vu la fureur dans ses yeux lorsqu'il regarde la travée des serpents, je doute que ce soit le barbu farfelu qu'il vise avec son commentaire…

— Un loup-garou est une créature humaine, commencé-je en reprenant ma marche dans l'arène. Elle a une apparence très fortement liée à celle d'un loup lorsqu'ils se transforment en fonction des phases de la Lune.

— Tu oublies de dire que tu as joué les femelles pour éloigner le professeur Lupin de nous, durant notre troisième année, Hermione, s'amuse Harry.

— Aouuuuuh, s'écrit Drago sous les rires de toute l'assistance.

Visiblement, maintenant que nous avons arrêté de parler du Tournoi des Trois Sorciers, Harry est bien plus à l'aise avec mon cours, puisqu'il se permet même de l'interrompre ! Et ça se dit meilleur ami… Pff…

— Merci, Drago, pour cette illustration sonore. Tu aurais préféré passer sous ses crocs, Harry ? haussé-je un sourcil à son intention, mordante. Sinon je peux toujours demander à Bill, je suis sûr qu'il peut faire une exception pour toi !

— Très peu pour moi, Mione, m'apaise-t-il en souriant et agitant ses mains. Je le laisse à Fleur, elle sait bien mieux s'occuper de lui.

Je doute surtout que de demander à un loup-garou, même à demi, de partager la place de dominant soit une bonne idée…

— Je disais donc que les loups-garous étaient, le reste du temps, soumis aux différents instincts lupins, continué-je comme si aucune interruption n'était survenue. Cependant, je vous arrête tout de suite si vous comptiez aller à la chasse au loup un soir de pleine lune. Un loup-garou ne s'intéresse pas aux autres créatures, d'où l'intérêt d'être ami avec un Animagus, en revanche, toute créature au sang frais sera un véritable pique-nique pour lui !

— Est-ce vrai qu'ils peuvent se reproduire sans donner le gène de la lycanthropie à leurs enfants ? fronce les sourcils la Selwyn de Serdaigle.

— En effet, hoché-je la tête. Le fils du professeur Lupin est un magnifique Métamorphomage comme feu sa mère, mais n'a pas de caractéristique lupine.

Une sourde douleur me prend en évoquant Tonks. Même si sa mort remonte maintenant à cinq mois, la morsure de son départ est toujours vivace en moi, et à chaque fois que je vois le dresseur de dragons roux, elle revient un peu plus me hanter…

— Le dominant est appelé alpha, reprends-je vaillamment, refusant de me laisser endiguer par la peine, et il a très souvent une meute, qu'elle soit de cœur ou sanguine.

— Pourquoi nous faire un cours sur ces sous-êtres ? grimace une brune au quatrième rang.

Le visage ne m'est pas inconnu, et ce regard légèrement mesquin non plus. Je me souviens très parfaitement de sa sœur, de même que le traitement que je lui avais réservé, à l'époque. Que je regrette d'être son enseignante, et non plus une simple élève…

— Qui caractérisez-vous de sous-êtres, Miss Edgecombe ? demandé-je d'une voix froide.

— Les loups-garous et les Vélanes, relève-t-elle la tête, le menton droit et le nez plissé en une attitude dédaigneuse. Ils ne méritent même pas notre attention, alors pourquoi en parler de ces sous-races ? Ma mère dit que le Département de régulation et de contrôle des créatures magiques devrait toutes les exterminer, et je suis d'accord avec elle !

Aussi intolérante qu'Ombrage et aussi mauvaise que sa sœur… Visiblement, Apolline Edgecombe n'a pas retenu la leçon que sa sœur a durement apprise : ne jamais juger les autres sur ce qu'untel ou untel dit…

— Quelle différence faites-vous entre race et créature magique, Miss Edgecombe ? froncé-je les sourcils.

— Il n'y en a aucune, dit-elle avec dédain, vivement approuvée par nombre de ses camarades.

— Je retire dix points à Serpentard pour des propos discriminatoires et des paroles injurieuses alors que vous n'avez aucune connaissance, Miss Edgecombe, asséné-je.

— Vous n'avez pas le droit ! s'énerve-t-elle en se levant et tapant du poing sur la table. Les loups-garous, les Vélanes, les Strangulots et toutes les bêtes que vous pouvez aimer, ne sont que des foutaises !

— Elle va s'en mordre les doigts…

La phrase de Harry atteint avec peine mes oreilles dans le capharnaüm qu'est devenue la Grande Salle. J'ai l'impression de me retrouver en cinquième année, devant Ombrage et sa politique de diffamation des nuisibles.

— Asseyez-vous, Edgecombe ! cinglé-je, faisant claquer ma magie comme un fouet sur le sol, la voix polaire. Vous êtes une petite sorcière croyant tout savoir, alors que ce n'est pas le cas.

— Parce que tu te crois meilleure que moi, Sang-de-Bourbe ? sourit-elle, narquoise.

Norberta gronde furieusement, crachant des jets de flamme vers le plafond alors que les vagues de plus en plus violentes de haine et de colère pulsent sous ma peau, semblant prendre fin dans mon bras. Sur la marque de Bellatrix.

Mais c'est le fait que même les Serpentard de mon année se rebellent et tentent de lui envoyer des sortilèges qui me ramène à l'instant présent. Je ne peux pas, je n'ai pas le droit de me laisser aller à ces émotions qui obscurcissent mon jugement.

Les remerciant rapidement d'un geste de la main et faisant signe à Luna de les calmer après les avoir tous placé sous une bulle de silence, je ramène le calme d'une forte détonation dans la salle. Alors tous les regards se posent sur moi, et ce qu'ils voient semble les calmer immédiatement.

— Je retire cinquante points à Serpentard, et je me ferais un plaisir de détailler ce qu'il vient de se passer aux professeurs Rogue et Sinistra, souris-je, carnassière. Étonnamment, aucun des deux n'aime l'emploi de ces mots.

Le rouge de ses joues est un véritable délice pour les yeux, mais je n'en ai pas fini avec elle. Je n'ai peut-être pas pu avoir ni Lestrange, ni Ombrage, mais je lui ferais comprendre, à elle, ce qu'il en coûte de s'en prendre à moi.

— Vous aurez aussi le droit à une retenue de deux mois avec monsieur Rusard, continué-je narquoisement. Sachez aussi que, durant tout le tournoi, vous serez assignée au couple Weasley-Delacour.

— Je n'ai pas peur d'eux, ricane-t-elle.

— Ai-je oublié de dire que la première tâche se déroulerait le soir de la pleine lune ? fais-je semblant de m'inquiéter.

— Tu n'as pas le droit ! s'écrie-t-elle furieuse, baguette brandie.

— J'ai tous les droits, Edgecombe ! sifflé-je en la faisant se rasseoir de force. Vous n'êtes qu'une élève ici, et je suis votre professeur. Vous vous plierez à ce que j'attends de vous, ou ce sera dans le nid d'Aragog que je vous enverrais !

Le déferlement de puissance qui jaillit en même temps que ma magie fait voler le sable tout autour de moi comme une tornade, mais il me permet de reprendre peu à peu mon calme pour poursuivre, je l'espère cette fois-ci, mon cours.

— Je disais donc qu'il y a une différence entre race et créature magique, reprends-je plus calmement, d'une voix plus ou moins douce. Une race est composée d'individus, alors qu'une créature est un des individus de cette même race.

— Alors à quoi sert le Bureau de contrôle et régulation ? fronce les sourcils Naomi Wayts, Poufsouffle de première année. Et quelle est sa place réelle dans le Magenmagot ?

Parfois, après sept années dans le monde des sorciers, j'en oublie la petite née-Moldue que j'étais en débarquant à Poudlard. Mais les personnes comme la petite Wayts me le rappellent. Née-Moldue, la première sorcière de sa famille depuis des siècles, et ne sachant rien avant son arrivée ici.

— Avez-vous déjà entendu parler de peuple parlant, Miss Wayts ?

— Non, secoue-t-elle la tête, vite reprise par de nombreuses personnes. Pourquoi ?

— Du temps de Merlin, commencé-je, nombre de peuples que les sorciers appellent maintenant des créatures magiques, pouvaient communiquer en parole ou en pensées avec des sorciers qu'elles jugeaient dignes.

— Alors pourquoi ne le font-elles plus ? demande-t-elle, rougissant lorsqu'elle voit qu'elle m'a coupé la parole. Désolée.

— Maintenant, le champ est plus restreint, mais les anciens peuples continuent de communiquer avec nous grâce aux runes qu'ils forment.

— Les runes ?

Nott n'est pas le seul à s'interroger sur ce dernier point. De part et d'autre des gradins, certains sorciers, peu importe leur année, chuchotent entre eux, ou même parlent plus fort, comme les trois Serpentard de la tribune professorale.

— Quels jeux de runes enseignes-tu aux troisième et quatrième année, en ce moment, Nott ? souris-je discrètement à son intention.

— Les runes nanesque, celtiques et elfiques pour la plupart, fronce-t-il les sourcils. Pourquoi ?

— Je peux me débrouiller avec ça, hoché-je la tête.

Traçant rapidement quatre runes dans les airs, je me tourne ensuite vers ceux que je sais avoir pris l'étude des Runes comme option, haussant un sourcil vers eux.

— Qui peux me dire ce qu'elles représentent ? Monsieur Delaunay ?

— Celle du milieu est la rune elfique de l'eau, celle de droite est celle celte de la chance, se concentre-t-il. Mais je ne connais pas les deux autres.

— Pourtant, vous la connaissez, ris-je doucement. Vous la voyez à chaque Gallion que vous prenez en main.

Intrigué, il plonge sa main dans sa poche, vite imité par quelques autres, pour en ressortir un Gallion qu'il examine sous toutes les coutures avant de relever un sourcil étonné dans ma direction.

— Je ne l'avais jamais vu, souffle-t-il.

— Et pourtant, il s'agit du moyen de communication qu'ont gardé les gobelins depuis le temps de Merlin, hoché-je la tête. De même que, par exemple, le point d'impact d'un jet de flamme de dragon.

D'un signe, je demande à Norberta de cracher ses flammes dans le sable de l'arène. La chaleur est suffocante, mais lorsque le sable finit de voler de part et d'autre, sur le sol, nous pouvons tous voir une sorte de H et de R stylisé et entremêlé.

— Trop fort ! s'écrie Abraham Zilkonys. Il sait faire quoi d'autre ? Vous croyez qu'il sait faire de la magie comme nous ? Qu'il sait invoquer les quatre éléments ? Qu'il sait…

— Doucement, monsieur Zilkonys, soupiré-je, amusée par son entrain.

Mais ses questions sont reprises par nombre d'autres, et très rapidement, sous les pas fiers de Norberta, le torse bombé, je me retrouve à crouler sous des demandes auxquelles je ne sais pas répondre. Auxquelles seules deux personnes pourraient répondre. Et j'ai autant de mal à me décider laquelle est la pire à contacter…

— Putain, je n'aurais jamais cru devoir faire ça, soupiré-je en soufflant, faisant apparaître ma loutre argentée. S'il te plaît, peux-tu aller porter un message pour moi ?

Le calme s'est fait à l'instant où elle est apparue, mais les murmures appréciateurs devant la beauté de l'apparition me réchauffent le cœur. La jeune génération n'a pas perdu de son émerveillement, et en soi, c'est une nouvelle victoire sur Voldemort…

« J'ai besoin de toi dans la Grande Salle immédiatement. Elle peut très bien se finir en solitaire », ris-je sur la fin, certaine qu'il comprendra. Va porter le message à Charlie Weasley, s'il te plaît, ma belle.

— Pas la peine, Granger, je suis déjà là.

Levant le sortilège d'invisibilité qui le protégeait depuis le début du cours, visiblement, il passe la balustrade de la tribune professorale, caressant doucement Norberta au passage qui se met à ronronner, avant de me rejoindre. Il vient de faire un saut de deux mètres, et il parait en bien meilleur état que moi après un duel acharné ! Décidément, la vie n'est pas juste…

— Tu sais qu'en temps normal, il est vivement recommandé de ne pas appeler d'aide pendant un examen ? sourit-il narquoisement, visiblement très amusé. Surtout quand ladite personne appelée est l'examinateur ?

Parfait ! Vraiment, parfait ! De toutes les personnes auxquelles je puisse penser assister à ce cours et m'observer, il a fallu que ce soit à lui que McGonagall et Rogue aient refilé le bébé ! La vie est cruelle, et je n'ai décidément pas de chance.

— Pourquoi m'as-tu fait mander avec tant de délicatesse, Granger ? hausse-t-il un sourcil moqueur.

Je le savais. Je savais qu'il s'agirait d'une erreur regrettable si j'envoyais mon Patronus à cet abruti de rouquin ! Mais non ! Il a fallu que je fasse passer le besoin de connaissance de mes élèves avant mon propre bien-être !

Résultat des courses, il est là, devant moi, à me regarder avec son air narquois, les bras croisés sur le torse, et pourtant, j'arrive quand même à m'accorder une pensée totalement stupide : il est vraiment sexy comme ça… Reprends-toi, Granger ! Ce n'est pas le moment de flancher !

— Non, laisse tomber, c'était une erreur, soupiré je.

— Dans ce cas, je t'en prie, réponds donc à monsieur Zilkonys, rit-il doucement.

Il sait parfaitement qu'il me tient en me faisant une proposition comme celle-ci ! Comment veut-il que je réponde au torrent de questions du petit Poufsouffle de première année, alors que mes connaissances des dragons se limitent au peu que j'ai lus dans les livres ?

— Tu sais très bien que je ne peux pas, grimacé-je de mécontentement. Les dragons ne sont pas ma spécialité, alors que toi, c'est la tienne !

— Que me donnes-tu, en échange ? Soulève-t-il un sourcil intrigue et calculateur.

— Je te demande de parfaire leurs connaissances, m'énervé-je, pas de leur fournir des secrets d'État !

Il devrait sauter sur l'occasion de montrer qu'il est le meilleur dans son domaine, et pourtant, il reste là, son sourire narquois aux lèvres, plus amusé que jamais, visiblement ! Qu'il peut m'énerver cet abruti de Weasley !

— Non, chérie, reprend-il toujours aussi narquois. Ce que tu me demandes, c'est de leur donner des secrets que seuls les dresseurs de dragons, les soigneurs et les dragonniers possèdent. Alors je te repose la question, Granger, que m'offres-tu en échange ?

Sa voix s'est faite soyeuse à la fin de sa demande. Pourquoi ai-je l'impression de me retrouver devant une sirène ? Mais c'est le murmure des élèves, ainsi que celui des étudiants présents dans la tribune officielle, qui me rappelle à l'ordre. Nous ne sommes pas seuls dans cette conversation.

D'un mouvement ample du poignet, j'érige une bulle assourdissante, nous procurant un semblant d'intimité. J'ai l'impression qu'il s'agit d'une très mauvaise idée…

— Que veux-tu pour faire ce que je te demande ? fais-je, mal à l'aise. Qu'attends-tu de moi en échange ?

— Passe la nuit avec moi, déclare-t-il mortellement sérieux. Cette nuit, avec moi.


Le chapitre vous a plu ? N'hésitez plus ! Laissez une review ! Je réponds toujours à vos messages, et ils m'aident toujours à m'améliorer !

À vos claviers ! Dites-moi tout ! Qu'en avez-vous pensé ? Que pensez-vous de ce cours d'Histoire de la Magie sur le Tournois des Trois sorciers ? Avez-vous versé votre petite larme pour Cédric ? (Grosse pensée à tous les Poufsouffle dans le cœur ?) Aimez-vous ce petit Zilkonys ? Vous fait-il, vous aussi, penser à ce que devait être Charlie lorsqu'il était jeune ? Que voyez-vous comme épreuves pour le Tournoi des Trois sorciers ? À quoi vous attendez-vous pour la suite de ce cours, d'autant plus après l'arrivée comme par magie (désolé, je ne pouvais pas ne pas la faire…) de Charlie ? Que pensez-vous de cette demande de sa part ? Qu'attendez-vous de la suite de cette histoire ? Allez, je vous laisse sur ces questions, j'en aurais un million d'autres à vous poser sinon… C'était un assez lourd chapitre, et pourtant, je ne vous laisse que quelques questions, vous voyez, je suis magnanime !

Je vous dis donc à samedi prochain pour la seconde partie du chapitre 14 ! Au programme : La fin du cours d'Histoire de la Magie et une revisite de l'Histoire de Poudlard, une nouvelle manière de voir Severus Rogue, des Dragons et des Dragonniers ! Je vous ai donné envie ? Si c'est le cas, ne manquez pas notre prochain rendez-vous, et mettez cette histoire en favori ! Les reviews sont appréciées, si vous en doutiez ?

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous,
Bisou,

Mya