CHAPITRE 15 : Semaine de chagrin

Ennuyée, Emma regarda une nouvelle fois son téléphone à côté d'elle pour voir si elle n'avait pas de nouveaux messages. Elle se balança en arrière et mit ses deux bras derrière sa tête, les croisant. Elle en avait marre de sa paperasse et cela faisait trois jours qu'elle n'avait pas eu de nouvelle de Regina. Elle en avait eu lorsque Regina était partie de chez elle et puis plus rien depuis. Emma se disait que c'était parce que Regina avait beaucoup de choses à faire, mais ça l'inquiété un peu ... Et elle lui manquait terriblement. Et, pour couronner le tout, elle s'ennuyait cruellement. Elle laissa lourdement retomber les quatre pieds de sa chaise et se leva, abandonnant une bonne fois pour toute sa paperasse. Elle alla se servir un verre d'eau qu'elle but d'une traite et se dirigea vers la chambre de Henry qu'elle trouva assit à terre en train de coller des allumettes sur son château - fort pour en faire un pont - levis.

-Salut.

-Hey ! Regarde, j'ai presque fini le pont.

-C'est génial. Je peux t'aider ? Demanda Emma.

-Tu t'ennuies ? Se moqua Henry.

-J'en ai marre, oui.

-On peut aller voir Mary ? Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu.

-Oui, je suis partante. On passera en même temps au poste pour déposer mes rapports. Prépare - toi.

Les deux rassemblèrent rapidement leurs affaires et ils s'en allèrent à bord de la petite Beetle jaune d'Emma. Celle - ci était habillé d'un simple short en jean noir et d'un débardeur orange avec une paire de sandales marron dont les lanières montaient à mi - mollet tandis que Henry était vêtu d'un short bleu avec un tee - shirt blanc. Emma se gara derrière le poste et, aidée de Henry, elle prit le tas de dossiers et ils montèrent les trente - deux marches blanches pour entrer dans le poste. Elle alla vers un petit bureau dans lequel elle y déposa tous les dossiers pour que le coursier puisse les récupérer. Ils allaient partir lorsque Henry lui signala que Mary était un peu plus loin. Ils s'approchèrent donc en silence et derrière elle, Emma mit ses mains sur les yeux de la petite brune et Henry sauta autour de ses jambes, faisant sursauter la pauvre institutrice.

-C'est pas vrai, vous m'avez trop peur ! S'exclama Mary, une main sur son cœur. Qu'est - ce que vous faites - là ?

-On est venu déposer des rapports à maman et ensuite, on voulait venir te voir. Expliqua Henry.

-Yep, ça fait longtemps. Maintenant que tu as un mec, tu nous snobes ou quoi ? Taquina la blonde.

-Tu es bien placé pour dire ça. Et je pensais que vous étiez partis avec Regina, je n'ai pas osé déranger.

Emma allait répondre, mais David arriva.

-Tu n'es pas en vacances, toi ?

-Si, retard de dossiers. Déclara simplement Emma en haussant des épaules.

-Moi aussi. Rigola David. Je te conseille de partir tout de suite, je me suis fait choper par Cavanaugh et il est d'une humeur de chien. Conseilla le jeune homme en les poussant vers la sortie. Pourquoi vous êtes là, d'ailleurs ? Je pensais que vous étiez à Storybrooke.

-Bah, allez - y, dites le que vous ne voulez pas nous voir. C'est pas grave, on le prend bien avec Henry.

-Mais non, c'est pas ce qu'on dit.

-Regina a dit que ça servait à rien parce qu'elle travaillait et qu'on se verrait même pas. Expliqua Henry.

-C'est ce qu'elle a dit ? S'étonna David.

-Pourquoi tu es étonné ? Demanda Emma maintenant suspicieuse. Son instinct lui disait que quelque chose n'allait pas.

-Nan, pour rien.

-Bon, et pourquoi on irait pas se manger une glace ? Proposa Mary dans une tentative manifeste de changer de sujet.

Henry et David acceptèrent vivement et Emma laissa passer. Ils allèrent tous commander une glace qu'ils mangèrent dans un parc. Ils passèrent quelques heures ensemble puis ils repartirent chacun de leur côté. En arrivant chez eux, Emma vit August dans son appartement, dans la cuisine, en train de faire à manger.

-Mais qu'est - ce - que tu fais là ?

-Je fais à manger.

-Je le vois bien ça. La question est : pourquoi est - tu chez moi, en caleçon, en train de faire à manger ? Tu n'as pas une maison, Pinocchio ?

-Non, justement. Dégât des eaux. J'ai dû partir en vitesse.

-Merde. Y a beaucoup de dégâts ?

-Nan ça va. Mon propriétaire avait commencé à mettre mes affaires en hauteur pour protéger et j'ai terminé. L'eau est coupée maintenant, mais il y a trois centimètres d'eau partout dans le studio.

-Donc tu squattes ?

-Sauf si ça te dérange.

-Bah tiens, comme si mon avis comptait. Tant que tu fais à manger ça me va.

-Tu fais quoi ? Demanda Henry assis sur le comptoir.

-Paëlla.

-Ouais. Cria Henry en frappant dans ses mains.

-La douche d'abord. Ordonna Emma.

Henry n'attendit pas une seconde et couru se laver. Emma déboucha une bouteille de vin rouge qu'elle versa dans deux verres.

-Vous étiez où ?

-Avec Mary et David.

-Tu en penses quoi de ce mec ?

-David ? Il est génial, Mary pouvait pas trouver mieux. Pourquoi ?

-J'ai passé une soirée avec eux trois il y a quelques jours. Je ne le connaissais pas tant que ça du coup j'en ai profité. Et puis Mary a l'air complètement accro. Je ne voudrais pas qu'elle se prenne une porte. On sait tous les deux qu'elle sera à ramasser à la petite cuillère si c'est le cas.

-Je ne penses pas que ça arrivera. David est vraiment quelqu'un de bien et Regina m'a dit qu'il était complètement accro, aussi. Il est vraiment cool et attentif et de toute manière, on ne peut rien y faire. Ils sont ensemble, on ferait mieux de se réjouir pour eux que de paniquer et d'attendre le jour où Mary débarquera en miette parce que ça aura cassé, tu ne crois pas ?

-Et bien, je ne vous savez pas réfléchi, Princesse.

-Qu'est - ce - que tu veux, l'amour change les gens. Répliqua Emma théâtralement. Et toi ? Ce mystérieux coup génial ?

-Silence radio.

-August.

-Silence radio.

-Homme ou femme, au moins.

.ce .o. Déclara August en détachant chaque syllabes. Branle - bas. Déclara - t - il ensuite.

Emma ne tenta pas plus. "Branle - bas" était un code entre eux pour signaler un danger imminent. Ils avaient commencé à le dire pour alerter l'autre lorsqu'un surveillant débarquait alors que l'un d'eux faisait une bêtise. Puis ce mot c'était transformé en un panneau STOP lorsqu'ils se passaient quelque chose qui ne leur plaisait pas. Une action, une discussion qui allait trop loin ... En un mot, ils savaient que c'était le moment de se taire et de ne pas essayer d'aller plus loin.

Ils passèrent la soirée ensemble et Emma alla se coucha, seule. Elle essaya d'appeler son médecin, mais elle tomba sur la messagerie directement. Agacée, elle jeta loin son téléphone et s'endormit. Elle fut réveillée par Henry et August qui lui sautèrent dessus. Avec beaucoup de mal, elle réussit à les virer pour aller se préparer. Elle regarda son téléphone et elle vit qu'elle avait un message non lu de Regina datant de quatre heures du matin. Elle souri et s'empressa d'ouvrir sa page de message, impatiente, mais le regrettant aussitôt.

#Désolé. Super occupée. Je t'appelle plus tard.#

Ce message eut l'effet d'une douche froide pour Emma qui trouvait le message trop froid à son goût. Définitivement agacée, elle alla prendre sa douche pour se calmer et rejoignit rapidement Henry et August pour déjeuner. Puis, étant toujours de mauvaise humeur, elle préféra s'isoler et terminer ses dossiers. L'avantage lorsqu'elle était triste ou en colère, c'est qu'Emma devenait redoutablement efficace dans son travail, focalisant son esprit sur sa tâche plutôt que de penser à ce qui la troublait. Du coup, elle avait réussi à boucler tous ses dossiers avant onze heures. Mais son humeur n'avait pas descendu. Elle en avait parlé avec August qui l'avait un peu forcé à avouer ce qui la perturbait, mais cela ne lui avait pas permis de descendre. Au contraire.

A treize heures, alors que tous les deux discutaient dans le canapé attendant que Henry ne leur montre son château - fort terminé, le téléphone d'Emma sonna. Un numéro inconnu. Elle raccrocha, n'ayant aucune envie de parler, mais celui - ci résonna aussitôt une nouvelle fois et, poussée par August, elle décrocha.

-Emma Swan, j'écoute.

-Emma, c'est Zelena.

-Zelena ? Qu'est - ce je peux faire pour toi ?

-Qu'est - ce - que tu fous ? Pourquoi tu n'es pas là ?

-Pardon ?

-Tu m'as dit que dorénavant? tu serais toujours là pour Regina et tu n'es pas là. A quoi tu joues ? C'est quoi ton problème ? Questionna la sœur de Regina, véhémente.

-Okay, alors tu vas te calmer, premièrement. S'agaça Emma. Je ne sais même pas de quoi tu parles.

-De ton absence à Storybrooke, bon sang.

-C'est Regina qui me l'a demandé. Elle m'a dit qu'elle aurait trop de travail pour faire attention à nous et que par conséquent, elle ne souhaitait pas qu'on vienne parce qu'on ne se verrait pas. Pas la peine d'en faire tout un plat !

-Quoi ? C'est ... C'est vraiment ce qu'elle t'a dit ? Demanda Zelena dont le ton c'était clairement radouci.

-Oui, pourquoi ? Qu'est - ce - qu'il se passe Zelena ? Il y a un problème ? Ça fait plusieurs jours que je n'ai pas de nouvelles.

-Ma sœur est une idiote. Je pensais qu'elle t'en avait parlé.

-De quoi, Zelena ?

-De Daniel. Notre frère. Elle m'a dit qu'elle devait t'en parler avant aujourd'hui et je pensais qu'elle l'avait fait. Merde, elle est trop bête parfois.

-Il se passe quoi avec lui ?

-Elle ne travaille pas du tout cette semaine. C'est juste ... C'est la semaine où il est mort, Emma. Et je pensais que pour une fois, elle le vivrait mieux parce qu'elle t'avait toi, mais quand je suis arrivée tout à l'heure, papa m'a dit qu'elle était venue seule. Je suis désolé, j'ai cru que tu avais préféré faire autre chose plutôt que venir ici. C'est morbide je sais, mais elle a besoin de toi. Il faut que vienne.

-Ce n'est pas morbide, mais je ne sais pas. Si Regina ne m'a rien, c'est probablement parce qu'elle ne voulait pas justement qu'on soit là ... Suggéra Emma, peinée et blessée.

-Non, ma sœur n'est pas vraiment le genre de personne qui se plaint et qui va demander du soutien. Elle préfère tout gérer seule. Viens s'il te plaît, je sais que ça lui fera du bien. Et elle ne peut pas garder sa toute sa vie, vous êtes ensemble tu dois être pour la soutenir, qu'elle le veuille ou non.

-Et si elle se met en colère et qu'elle se sente plus mal après, tu y as pensé deux secondes ?

-Alors elle se mettra en colère et te rejettera, mais au moins, tu seras là pour la soutenir. S'il te plaît, viens. Pour moi, cette période c'est nettement amélioré quand j'ai eu Robin. Et je sais que ce n'est pas pareil pour Regina, mais je suis sûre que ce sera un peu moins dur si tu es là, avec Henry.

-Très bien. Je prépare un sac et on débarque avec Henry. On arrivera d'ici deux ou trois heures.

-Merci.

Emma raccrocha et resta un moment à regarder son téléphone dont l'écran était devenu noir, se mettant en veille. August observa son amie, attendant qu'elle réagisse. Il avait entendu toute la discussion et il savait qu'elle était en train de réfléchir à toute puissance. Il finit, ceci dit, par la sortir de sa torpeur, trouvant le temps long.

-Tu as l'intention de rester bloquer comme ça longtemps ?

-Tu ne crois pas que si Regina ne m'a rien, c'est justement parce qu'elle ne voulait pas qu'on vienne et que justement, si on débarque, elle risque de se sentir plus mal ?

-Je pense que tu dois y aller. Je t'avais dit de mettre le sujet sur le tapis. Ça doit être super dur de parler de la mort de son frère et pire encore, de son jumeau. Son père t'a dit qu'elle n'en parlait jamais, elle n'a peut-être juste pas eu le courage et il faut peut - être juste la pousser un peu, comme elle l'a fait avec toi.

-J'ai l'impression que si on débarque comme ça, sans son accord... J'ai l'impression qu'on va fracasser une porte super intime, contre son gré.

-Tu aurais pété un câble et tu te serais braqué, toi.

-Carrément.

-Mais Regina ne m'a pas l'air comme toi, donc je ne pense pas qu'elle se transformera en un pit - bull enragé et aux crocs acérés. Se moqua August. Je sais que tu lui as raconté toute ton histoire, ou presque, alors que tu n'as jamais voulu et pu en reparler avec nous. Tu t'es senti comment, ensuite ?

-Sur le moment, franchement, j'avais envie de l'envoyer le plus loin de moi. Mais je me suis senti mieux, apaisée et plus ouverte, après coup. Avoua Emma.

Elle comprit ce que voulait lui faire comprendre son meilleur ami et elle n'avait plus aucun doute sur sa décision. Elle se leva et demanda à Henry de faire rapidement son sac pour partir quelques jours. Emma alla dans sa chambre et sortit son sac pour y fourrer plusieurs affaires en se disant ironiquement, que c'était la deuxième fois qu'elle se rendait au Manoir Mills et toujours sans y avoir été invité par Regina. Pas moins de dix minutes plus tard, les deux Swan étaient dans la voiture roulant vers le Maine pour rejoindre leur brune. Dans la voiture, Emma raconta à Henry l'appel de Zelena et le petit garçon approuva vivement leur débarquement improvisé. Emma roula sans faire de pause, pressée malgré - elle d'arriver et elle se gara dans l'allée en milieu d'après - midi. Ils descendirent de la petite voiture jaune et, stressée, Emma sonna à l'énorme porte blanche qui s'ouvrit quelques secondes plus tard sur le père de Regina.

-Bonjour Monsieur Mills. Salua Emma en se dandinant.

-Bonjour Henry. Salua l'autre Henry en serrant le vieil homme dans ses bras, ravis de le retrouver.

-Bonjour, Henry. Miss Swan. Salua - t - il dans un sourire bienveillant.

-Je suis désolé de débarquer ainsi, mais votre fille ... Enfin Zelena, m'a demandé de venir et ... Enfin ... S'expliqua laborieusement Emma.

-Je sais, j'étais là et je pense effectivement qu'il faut que vous soyez là maintenant que vous faîtes partie de la vie de ma fille. Merci d'avoir fait la route. Dit - il en s'écartant de la porte pour les laisser entrer.

Henry leur proposa quelque chose à boire et ils s'installèrent dans le salon. Il leur avait dit qu'il ne savait pas où était Regina et que Zelena comme sa femme étaient en ville pour des courses. Toutefois, Emma était nettement plus rassurée de se retrouver seule avec le père de la brune plutôt que d'être tombée sur la maîtresse de la maison. L'homme était rassurant et agréable, posant de nombreuses questions à Henry sur ses vacances, lequel fut ravi de raconter tout ce qu'il avait fait, racontant avec plaisir son voyage avec sa maman et Regina. L'atmosphère était paisible et tranquille, tellement que lorsqu'une voix forte retentit, tous sursautèrent.

-Qu'est - ce - que vous faites ici ? Demanda Regina, les bras ballants.

"Regina, ma chérie. C'est nous qui leur avons demandé de venir". Signa son père à voix haute.

-Pourquoi ?

"C'est leur rôle". Se contenta de dire Henry faisant souffler Regina qui se pinça l'arrête du nez.

-Ne le prenez pas mal tous les deux, mais repartez. Ordonna Regina en faisant demi - tour, fuyant.

Emma se lança à la poursuite de la brune, ne souhaitant pas la laisser partir ainsi. Elle réussit à la stopper en haut des marches du porche et put apercevoir par la même occasion Cora et Zelena vider des sacs de course du coffre.

-Je t'ai dit que je ne voulais pas que vous soyez là. S'exclama Regina, les larmes aux yeux, son corps collé à celui de la policière.

"Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Zelena m'a appelé pour me dire de venir. Tu aurais dû me le dire."

-Non, tout ça ne te concerne pas.

"Si, je suis là pour toi. Quand tu vas bien et quand tu vas mal. Tu as était là pour moi, c'est mon tour, Regina".

-Non, je ne veux pas de toi. Je ne me suis jamais imposée là où tu ne le voulais pas. Tu n'as pas le droit de faire pareil. Je ne veux personne et encore moins toi. Va-t-en ! Rentrez ! Ordonna Regina désormais en pleurs s'échappant d'Emma.

La blonde la regarda partir préférant lui laisser le temps de se calmer. Elle ne s'était absolument pas attendu à une réaction si virulente de sa compagne d'ordinaire très calme et joyeuse, réaction qui l'amena à se demander si elle avait bien fait de débarquer, brisant le jardin secret de sa compagne. La phrase rassurante du vieil homme lui disant qu'elle allait se calmer et qu'elle n'en pensait pas un mot la rassura un instant jusqu'à ce que la mère de Regina ne parle.

-Je vous l'avez bien dit que c'était une mauvaise idée. Se contenta de dire la matriarche avec un regard accusateur envers son mari et sa fille avant d'entrer dans la maison.

Zelena se contenta d'un sourire réconfortant et passa son bras autour des épaules d'Emma pour la faire rentrer dans la maison. Les deux Henry allèrent jouer aux échecs dans un coin, pendant que Zelena et Emma s'étaient mises dehors afin de parler un peu, Zelena s'excusant d'avoir forcée Emma à débarquer ici alors qu'il se jouait, comme chaque année, un drame familial. Mais Emma lui avait assuré préférer être ici plutôt qu'ailleurs, même si elle était inquiète de la réaction de Regina. Zelena l'avait à son tour rassurée en lui disant que sa sœur ne lui en voudrait pas, elle n'aimait seulement pas que l'on touche à son frère et à elle. Elle lui raconta alors le drame qui avait traversé sa famille onze ans plus tôt, les changeants tous et les marquants à vie. Finalement, après des heures d'histoires, elles furent appelées pour manger par la fille de Zelena qui était arrivé un peu plus tôt dans la journée. Durant le repas, Robin, Margot et Henry comblèrent le silence lourd et pesant qui régnait à table, avec quelques interventions d'Emma. Zelena était un peu remuée par toutes les confidences qu'elle avait faite et Henry et Cora ne disait aucun mot, les deux étant fâchés l'un contre l'autre. C'est rapidement que tous prirent congé dans leur chambre respective, Emma dans celle de Regina. Mais elle n'avait pas réussi à dormir, se tournant et se retournant, attendant que la brune ne débarque. Elle n'avait qu'une envie, prendre Regina dans ses bras et la réconfortait, mais elle voulait lui laisser un peu de temps. De toute manière, elle n'avait aucune idée d'où elle pouvait être. Durant toute la nuit elle tenta de comprendre la réaction de Regina. Emma savait bien que lorsqu'on la brusquait et qu'on la mettait au pied du mur pour en apprendre plus sur elle, elle se braquait et fuyait ; mais Regina n'était pas comme ça, elle parlait facilement, n'avait aucun secret pour personne ou presque et elle était toujours calme, à l'écoute, compréhensive alors elle n'arrivait pas à saisir cette réaction presque disproportionnée. Regina avait semblé trahie et avait pris la mouche en un quart de seconde sans même tenté de rester auprès d'Emma et la jeune femme s'en voulait parce qu'elle s'était promis de ne jamais revoir dans les yeux de son médecin ce sentiment de trahison.

N'en pouvant plus, elle décida de sortir de sa chambre afin d'aller prendre l'air. Elle enfila une paire de chaussettes qu'elle avait posée sur la chaise du bureau et sortit discrètement, tentant de ne pas trop faire craquer le parquet du couloir. Elle descendit et alla dans le jardin pour s'asseoir sur une petite balancelle blanche en - dessous des étoiles. Ayant un peu froid, elle passa ses genoux en - dessous de son tee - shirt blanc, les collants contre sa poitrine et elle resta - pensive - à observer cette immensité noire. Emma ne put s'empêcher de se dire que n'importe où elle allait sur ce domaine, tout semblait extrêmement magnifique. Bercée par les étoiles, ses paupières finirent par devenir de plus en plus lourdes et sans vraiment s'en rendre compte, Emma finit par s'endormir. Elle se réveilla quelques heures plus tard en sentant la balancelle bouger brusquement la faisant sursauter. Les yeux à moitié fermés, elle regarda à côté d'elle et vit Cora s'asseoir doucement, avec un petit sourire traduisant une certaine vulnérabilité chez l'aînée.

-Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je ne voulais pas vous faire peur Mademoiselle Swan.

-Ne vous en faites pas, c'est pas grave.

-La première fois que vous êtes venus, c'est Henry que j'ai rencontré en me levant. Il faisait une insomnie et nous avons longuement parlé, il m'a d'ailleurs fait la morale et je dois bien reconnaître qu'il avait raison. Vous avez élevé un petit garçon remarquable. Et maintenant, c'est vous que je retrouve, endormie sur cette balancelle. Ne pensez - vous pas qu'un lit serez plus confortable, Mademoiselle Swan ?

-Appelez - moi Emma, s'il vous plaît. Je n'arrivais pas à dormir. Je suis inquiète pour Regina et le fait de savoir que je dormais dans sa chambre sans son autorisation m'a encore plus bloquée. Je suis venue ici et je crois que j'ai fini par m'endormir sans m'en rendre compte.

-J'avais prévenu mon mari et ma fille que vous faire venir de cette façon était une mauvaise idée. Ils n'en ont fait qu'à leur tête, comme toujours.

-Vous pensez qu'elle m'en veut ? Je ne voulais pas lui faire de mal, j'ai ...

-Je le sais très bien, ne vous en faite pas. Coupa Cora en posant une main bienveillante sur le bras de la blonde, la surprenant encore plus n'ayant encore jamais rencontré cette femme douce dont Regina lui avait tant parlé. Regina nous a dit que vous aviez beaucoup de travail et que vous ne pouviez pas venir. Elle ne sait pas mentir, je l'ai vu tout de suite et je me suis douté qu'elle ne vous avez rien dit. Voyez - vous, depuis toute petite, Regina a prit l'habitude de minimiser ses peines afin que l'on continue de s'occuper des autres et non d'elle. Ce trait de caractère est malheureusement un des traits que je lui ai légué : ne jamais se plaindre, toujours garder la tête haute, si bien que lorsque quelque chose nous touche de trop prêt, nous ébranle trop, nous fermons nos portes. Et Regina avec Daniel ... Avec Daniel, ils étaient inséparables, terriblement fusionnels. Commença - t - elle se balançant. Daniel était l'inverse de Regina : extravertie, sociable alors que Regina était réellement introvertie, elle a eu énormément de mal à s'en sortir avec les élèves de l'école. Elle aurait dû sauter deux classes, mais elle a toujours catégoriquement refusé, Daniel aussi, car ils ne voulaient pas être séparés. C'était impossible, ils étaient beaucoup trop fusionnels et pourtant, croyez - moi, on a essayé. Alors ... alors quand il est mort, son monde s'est effondré et elle était tellement en colère que pendant un temps, elle refusait d'entendre quiconque parlait de lui. Personne n'avait le droit de parler de lui sinon elle se mettait dans une colère noire et indomptable. Aujourd'hui ça va mieux, même si nous ne parlons pas de lui, mais il serait faux de croire que tout est plus simple. C'est ce que pense Zelena et Henry. Il ne comprenne pas que faire entrer quelqu'un dans ce drame est quelque chose d'assez dur pour Regina parce que cela signifie faire entrer une personne que Daniel n'a jamais rencontré et apprécié. Cela signifie aussi rendre sa mort plus visible aux yeux des autres, aux yeux de personnes qui n'étaient au courant de rien au préalable. Et c'est la chose la plus douloureuse du monde. Je le sais parce que je vis exactement la même chose.

-Oui, mais vous ne pouvez pas le renier.

-Non, je le sais bien. Avec Regina, on aurait plutôt eu cette tendance à vouloir tout effacer pour moins souffrir. On a commencé à en reparler lorsque Zelena à amener Robin en cette période. Je ne voulais pas de lui comme Regina. Je ne voulais aucun intrus. On n'avait pas compris que, Henry comme Zelena, ils réagissaient différemment de nous. Eux, ils avaient besoin d'en parler, ils avaient besoin de se souvenir. J'ai même découvert qu'ils se retrouvaient en dehors de la maison, nous mentant sur la véritable raison de leur sortie, juste pour ne pas nous froisser. Après de nombreuses conversations avec mon mari, j'ai fini par accepter la présence de Robin dans ces moments - là, ce qui ne signifie pas que ça m'est plus facile aujourd'hui. Mais je me suis rendue compte qu'essayer de cacher tout ça et de faire comme s'il n'y avait que nous qui souffrions était une erreur.

-Alors je dois faire quoi ? La laisser m'accepter ?

-Vous êtes là, vous ne pouvez pas faire demi - tour. Je pense qu'elle a besoin de quelqu'un sur qui se reposer et pas uniquement sur cette période - là, mais sur les autres aussi. Je sais que celle - ci est très dur et le sera probablement toute sa vie, mais je sais aussi que les fêtes ou les événements importants la rende, au moins un instant, très mal et nostalgique parce que son frère n'est pas là pour voir tout cela. Henry et Zelena n'auraient pas dû vous faire venir ainsi, c'est un sujet beaucoup trop sensible pour Regina pour agir sur un coup de tête, sachez - le, Emma. Mais la secouer un peu ne peut probablement ne pas lui faire trop de mal. C'était sûrement trop tôt et brusque à mon goût, mais je pense aussi que si vous auriez décidé d'attendre que Regina vous laisse entrer dans cette histoire, vous auriez attendu des années.

-Lorsque j'ai rencontré Regina, je l'ai détesté. Elle m'agaçait pour tout, un mot, un geste, je ne la supportais pas. Commença Emma en ignorant le regard accusateur de Cora sur elle. En vrai, ce que je ne supportais pas, c'était sa candeur, son innocence que je lui enviais, finalement. Et cette innocence, elle avait réussi à la transmettre en quelques instants à mon fils qui l'avait perdu depuis bien longtemps, à cause de moi. Et elle m'a appris à revoir la vie d'une autre façon. D'une façon ...

-D'une façon plus sucrée. Coupa Cora dans un sourire.

-Ouais, voir la vie avec gourmandise, son maître - mot.

-C'est un mantra qu'elle s'est imposé et qu'elle a imposé à tous après avoir fait son deuil. Pendant des mois, elle a était au fond du trou et un jour, elle est venue dans le salon et nous a demandé, je cite, "de nous bouger le cul parce qu'il n'y a pas moyen de rester assis à se morfondre plus encore". Elle nous a dit que la vie était du sucre et que l'on venait d'avoir une super intoxication, mais que cela ne signifiait pas qu'il fallait avoir peur du sucre plus tard. A partir de là, elle a toujours tout fait pour avoir une vision des choses plus optimistes, plus rêveuse. Elle avait toujours eu une vision de la vie bien à elle et utopique, mais elle s'est encore plus accentué après cela. Regina n'aime pas être triste et elle ne s'octroie ce bénéfice que très rarement, d'où cette semaine qu'elle s'offre chaque année.

-Un soir, alors que j'avais complètement pété les plombs, elle m'a emmené dans une des maisons que Katherine retapait. Elle m'a fait faire exploser les murs à coup de masse et, mon dieu, ça m'a tellement fait de bien. Et pour la première fois de ma vie, j'ai tout déballé. Ma vie, mes peurs, mes traumatismes, tout ce que je n'avais jamais raconté à personne, pas même à moi. Et je me suis sentie tellement libérée ensuite, comme lavée de tout ce que je trimbalais derrière moi depuis des années. Elle m'a libéré et je veux être là pour Regina, comme elle a était là pour moi. Seulement, je ne sais pas comment faire. Je ne suis pas comme elle. C'est bizarre, mais Regina, elle agi et pouf, ça passe comme par magie, moi j'ai plutôt tendance à mettre les deux pieds dans le plat et tout foutre en l'air.

-Pourtant jusque - là, vous avez réussi à vous en sortir et à tout réparer. La soutenir et être là, c'est tout ce qu'il faut. Croyez - moi, j'ai mis bien plus de temps pour réussir à agir comme vous le faites. J'ai rencontré Henry et vous Regina, il nous faut les garder et faire attention à eux parce qu'ils sont plutôt du genre à rester silencieux et être trop patient.

-J'aimerais tellement être avec elle, là maintenant, si vous saviez comme je l'aime et comme j'ai envie de la réconforter. Murmura Emma qui n'arrivait pas à concevoir que sa belle était malheureuse quelque part et elle, ici, et donc loin. Incapable de la réconforter.

-Venez. Ordonna presque Cora dans un ton sans appel en se levant et en se dirigeant dans la maison.

Emma suivit Cora à travers le salon, puis l'entrée où la maîtresse de maison récupéra des clefs de voiture et sortit de la maison. Emma la suivit, n'osant pas être en retard et par conséquent, n'osant pas lui rappeler qu'elle était à pieds nus. Elle entra dans la vieille Ford de Cora et celle - ci démarra aussitôt, passant par une petite route de campagne pleine de bosse. Le trajet ne dura que quelques minutes, Cora freina en plein milieu du champ et se tourna vers Emma.

-C'est notre lieu secret. Je l'ai découvert il y a plusieurs années et j'y ai emmené Regina. On vient ici lorsqu'on a besoin d'être seule sans personne pour venir nous parler et par - là, j'entends mon mari. Elle y est en ce moment même, continuez tout droit et vous trouverez un saule pleureur sur la berge. Allez - y, elle y sera.

-Si c'est votre endroit secret, pourquoi vous m'y envoyait ? Demanda Emma, perplexe, se demandant si ce n'était pas un piège.

-J'ai confiance en vous et elle a besoin de vous. Elle ne sait juste pas comment vous inviter dans sa souffrance. Et de toute façon, Regina pourrait sortir de sa cachette dans deux heures comme dans six jours. Quand elle s'y met, elle sait très bien s'isoler. Alors allez - y et ne me le faites pas regretter, Emma.

-Merci, Madame Mills.

-Cora.

Emma acquiesça et ouvrit la portière pour en sortir. Elle avait peur. Elle était heureuse de ce grand pas qu'elle venait de faire avec la mère de sa compagne, mais elle avait peur de se faire à nouveau rejeter. Regina l'avait envoyé bouler parce qu'elle avait pénétré dans une partie de son jardin secret et là, elle s'apprêtait à refaire la même erreur en pénétrant dans un endroit inconnu de tous. Mais puisque tous la pousser à détruire les murs que Regina s'était forgé, Emma avait un peu plus d'assurance.

Elle marcha un long moment, se demandant même si elle ne s'était pas perdue. Cora lui avait dit de toujours marcher tout droit, alors elle avait marché tout droit vers ce lieu inconnu. A travers un champ de blé pour ensuite entrer dans une forêt qu'elle traversa de tout son long à la même allure que le soleil montait dans le ciel et enfin, elle vit le saule pleureur un peu plus bas sur la berge ou plutôt sur une petite île. Emma descendit prudemment la petite pente et passa sur trois planches en bois alignées au - dessus d'un petit écoulement de la rivière. Elle passa sur le côté de l'arbre qui en fait cachait totalement l'île. Si on ne connaissait pas l'endroit, on n'aurait pas pu remarquer que l'île était relativement vaste, ses feuilles couvrants tout ainsi que son énorme tronc. Lorsqu'elle arriva enfin devant, elle la vit. Regina était endormi sous une couverture et entourée de plusieurs oreillers. Emma s'approcha et vint s'asseoir aux côtés de Regina. Elle se demanda s'il fallait qu'elle la réveille ou non, mais après réflexion, elle préférait la laisser dormir, consciente que Regina en avait besoin de dormir au vu des énormes cernes qu'elle avait sous les yeux. Elle attrapa un petit oreiller rose plein de graine qu'elle mit sous sa tête, tira une couverture solitaire sur elle et, bercée par le chant des oiseaux qui commençaient à se réveiller et par le son de la rivière qui s'écoulait, elle finit par s'endormir, enfin, aux côtés de Regina. Elle se réveilla quelques heures plus tard, sentant le soleil plus chaud taper sur elle. Elle ouvrit un œil, puis un second, légèrement désorienté. Elle se tourna sur le côté se souvenant de sa présence ici et se redressa vivement en voyant que le médecin n'était plus là. Elle se sentit soulagé en voyant Regina assise près du bord. Doucement, elle s'approcha de la brune pour se mettre à côté d'elle, sans la toucher, assez éloigné d'elle pour ne pas être collée.

"C'est ta mère qui m'a amenée ici."

-Parle. Demanda Regina en passant sa main derrière son oreille. Des semaines que ma mère me met en garde à ton égard et là, elle me tanne pour que je sois avec toi et elle te montre le seul endroit que nous deux connaissons. Elle n'est vraiment pas nette.

-Elle s'inquiète pour toi. Mais je m'excuse, débarquer comme ça alors que tu ne voulais pas de nous était bête et irréfléchie. J'aurais réagi de manière aussi virulente, mais quand Zelena m'a appelé j'ai pas réfléchi. Je voulais juste être avec toi.

-Je n'ai pas réfléchi non plus. Je n'aurais pas dû réagir ainsi, mais dans ces moments - là, je suis à fleur de peau... C'est pour ça que je viens ici, parce que je ne supporte personne. Je ressens cette espèce de colère que je n'arrive pas à dompter et un rien me fait péter les plombs. J'ai horreur de cette période parce que tout le monde sait ce qu'il se passe, tout le monde devient bizarre parce que c'est la date. Et j'ai l'impression qu'une fois qu'ils savent, tout le monde lit en moi comme dans un livre ouvert et je trouve ça insupportable.

-Pour quelqu'un qui adore tout raconter à sa famille et ses amis, c'est pas un peu contradictoire ?

-Ça n'a rien à voir parce que d'habitude, je choisis ce que j'ai envie de dire. Je dis ce que je veux et je garde ce que je ne veux pas dire. Mais là, c'est comme si je n'avais pas le choix.

-C'est comme si tout le monde te donner l'impression de te comprendre et de tout savoir sur toi en ayant un regard différent alors que tu n'as jamais rien dit. C'est pour ça que tu ne voulais pas qu'on soit là pour toi ? Parce que tu avais peur qu'on anticipe ta peine ?

-Je ne veux pas que tu me voies avec pitié ou quoique ce soit d'autre. Et je ne veux pas que tu sois sur mon dos pour savoir si je vais bien ou non.

-Je ne l'aurais pas fait, je ne t'aurais pas vu avec ce regard. Peut être que j'aurais étais inquiète pour toi. C'est certain même, mais si tu m'avais dit avoir besoin d'être seule, je t'aurais laissé seule parce que je te comprends. J'agis pareil et pas une fois par an. Mais, et c'est une chose que tu m'as dite, nous sommes un couple et il y a des choses que je dois savoir. Je t'ai tout raconté, tu dois le faire aussi. Tu ne peux pas garder des choses ainsi pour toi, mais je peux attendre tout de même. Tu as tout ton temps. Saches juste, que je suis là pour toi et je peux à apprendre à vous connaître.

Regina ferma les yeux. Elle avait envie de parler de lui, mais ça lui faisait si mal. Rien que d'y penser lui compresser la poitrine et lui donnait l'impression de s'enfoncer dans quelques choses de gluant, d'enlisant. Cela faisait des années qu'elle n'avait plus parlé de lui, évitant ce sujet trop douloureux. Une fois par an, elle laissait libre cours à ce chagrin qu'elle enfouissait au plus profond de son cœur pour tenter d'oublier. Mais en vain. On n'oublie jamais. Alors elle venait ici et vivait comme un zombie attendant de voir apparaître, comme un miracle, son frère. Elle venait ici car c'était le seul endroit où elle avait d'innombrable souvenirs de lui, mais elle ne supportait pas non plus de voir toutes ces personnes qui l'avaient connu avec elle et qui avaient de la peine. Personne ne pouvait avoir plus de peine qu'elle et personne n'en avait le droit, d'ailleurs. Alors elle s'isolait, errant partout sur le domaine essayant de se rappeler des souvenirs de son frère, mais n'y restant jamais trop longtemps, ne supportant pas son absence. Regina avait toujours été plus proche de son père alors que Zelena avait toujours été plus proche de sa mère. Pourtant, s'agissant de Daniel, Regina n'arrivait pas à comprendre son père ni sa sœur qui ne la comprenaient pas non plus d'ailleurs. Alors que Cora avait parfaitement su quoi faire, comment agir, quoi dire. Un jour, elle l'avait emmené sous ce saule pleureur alors que Regina avait explosé de colère ne supportant plus cette absence étouffante et ce silence étourdissant. Et la brune s'était apaisé en sachant que cet endroit était sur la terre où avait vécu Daniel, mais qu'il n'y avait jamais mis les pieds. Au fil des années, Cora avait aménagé l'île de manière plus confortable, pouvant y restait des heures et des heures entières lorsqu'elle ressentait le besoin d'être seule. Henry savait qu'elle allait quelque part et ne lui avait jamais demander où, respectant son caractère solitaire. Souvent, les deux femmes s'étaient assise l'une à côté de l'autre parfois sans parler, observant simplement la nature qui s'épanouissait devant elle et parfois, elles venaient pour s'apaiser et se mettaient à parler de tout et de rien, de leur métier le plus souvent. Ceci dit, ces fois étaient rares. Elles ne se résumaient qu'aux grands événements comme le jour où Regina fut diplômé ou le jour où Zelena accoucha de Margot. Cet endroit était l'endroit du silence. Mais jamais, elles n'avaient parlé de Daniel dans cette cachette.

Et même si Regina avait l'impression de mourir étouffée chaque fois que quelqu'un l'abordait, elle savait que ça lui manquait parfois de ne pas, de plus l'évoquer. Même si elle avait l'impression que son crâne était compressait contre un étau chaque fois qu'elle pensait à lui, elle ne voulait pas arrêter de penser à son frère.
Alors, doucement, elle se rapprocha du corps rassurant de sa compagne, posant doucement sa tête contre l'épaule de sa compagne. Pour la première fois depuis très longtemps, elle se sentait à peu près bien avec une autre personne que sa mère, alors, elle décida de laisser sortir les mots qui compressaient son cœur. Emma passa ses bras autour des épaules de Regina et la serra fort contre elle lui transmettant tout l'amour et tout le courage dont elle disposait.


J'ai scindé ce chapitre en deux, sinon il était beaucoup trop long, du coup je posterai le suivant mercredi prochain.

Ceci - dit je tiens à vous avertir qu'il sera assez dur et principalement concentré sur l'histoire de Regina alors si vous ne voulez pas le lire, je comprendrais.

Bonne semaine et prenez soin de vous,

LilyTom.