N/A : Enfin les épreuves... La première année touche bientôt à sa fin, et rien ne sera plus comme avant...
Un autre de mes chapitres préférés, notamment car il y a enfin l'épreuve de logique des potions. J'aurais adoré qu'ils la laissent dans les films, ça montre que tout ne peut pas être résolu par un sort.
Bonne lecture à tous et n'oubliez pas de laisser une review !
Dix-huitième Chapitre - Les Épreuves
Une bouffée d'air.
Puis une autre.
Une étrange douleur la traversant de toute part... Puis plus rien.
Une grande inspiration...
Et Aurore reprit le contrôle de son corps.
La puissance et le désir de revanche bouillaient dans ses veines. Elle n'avait plus peur de rien.
Un hurlement de rage fendit l'air tendu de Poudlard. Le hurlement puissant d'un obscurial ayant enfin fusionné avec l'obscurus.
Elle devait se rendre dans la salle des épreuves, maintenant. La brume l'entoura et, telle un boulet de canon, la fit traverser tout le château jusqu'à la porte. Le choc de la brume s'évaporant fit violemment trembler la porte sur les gonds.
Les yeux réduits à deux fentes, Aurore observa la poignée de la porte. Plusieurs personnes étaient déjà passées par là. Elle pariait sur Quirrell et sur les Gryffondor.
Mais alors qu'elle s'apprêtait elle même à détruire la porte et à s'enfoncer dans le passage, elle fut interrompue par le bruit de pas de deux personnes courant vers elle. Deux élèves de première année, à en juger par la cadence.
Et avant qu'elle n'ait eu le temps de faire un pas, Céleste et Drago arrivaient dans sa direction. Elle ne se retourna pas vers eux, se contentant de soupirer.
- Aurore ! S'écria Céleste avec un soulagement audible dans sa voix. Nous t'avons cherchée partout !
- Oui. Heureusement que tu vas bien. Continua Drago. Pendant un moment, il y a eut d'horribles hurlements venant de la forêt... On a cru que tu...
La voix de Drago se tarit. Céleste se figea. Aurore s'était lentement retournée vers eux, et maintenant qu'ils voyaient, ils tremblaient de peur. Les yeux noirs d'Aurore s'étaient posés sur eux. Vides, sans vie.
- Je suppose que les Gryffondor sont déjà partis ?
La voix sortait du corps d'Aurore, mais ce n'était plus celle de leur amie : elle était à la fois caverneuse, aiguë et grave. C'était la voix du pouvoir.
Sans quitter leur expressions horrifiées, Drago et Céleste hochèrent la tête. L'expression sur le visage d'Aurore devint renfrognée. Si ce n'avait été pour ces yeux si noirs et vides, Céleste et Drago auraient juré que c'était bel et bien Aurore qui se trouvait devant eux.
- Quels idiots. Dit froidement la voix. Venez, il faut les empêcher de se tuer. Ils ne peuvent pas vaincre Quirrell ou Voldemort seuls.
Et avant qu'ils aient pu protester, de la brume s'enroula autour de la jeune Serpentard et détruisit la porte alors que celle-ci s'avançait tranquillement vers le couloir du cerbère.
Une harpe et une flûte se trouvaient dans un coin de la pièce. Mais il n'y avait pas de musique. Or, la destruction de la porte avait causé un bruit d'enfer qui n'avait pu passer inaperçu.
Les oreilles de Touffu s'étaient agitées, premier prémice de son éveil. Moins d'une seconde plus tard, les têtes se levaient, les yeux s'ouvraient, la bave se mettait à couler, les babines se retroussaient puis les hurlements remplirent l'air et dechirèrent les tympans.
Derrière, Drago et Céleste tremblaient. La jeune fille tenta de tirer Aurore en arrière, de la faire partir, mais elle resta immobile. Les yeux fixés dans ceux de la plus grosse tête, elle respirait la puissance.
- COUCHÉ !
Sous les yeux étonnés des deux Serpentard, Touffu recula, couinant et posa ses têtes tremblantes entre ses pattes. Mais ce qui avait surpris les deux blonds était la trace d'Aurore dans la voix impérieuse : comme si sa voix avait été dissoute au milieu d'une autre, couverte. Pourtant elle était bien là.
Jetant un dernier regard au molosse, Aurore ouvrit la trappe, l'étudiant avec attention.
- Il va falloir se laisser tomber, fit remarquer à nouveau l'étrange voix, toute trace d'Aurore disparue.
Et sans attendre, elle se glissa dans l'ouverture. Effrayés que Touffu puisse les attaquer maintenant qu'Aurore était partie, Drago et Céleste se hâtèrent de passer à leur tour, cette dernière en oubliant même sa terrible peur de la chute.
La chute leur sembla éternelle. Puis il y eut un drôle de bruit sourd et ils atterrirent sur quelque chose de mou. Malgré l'obscurité, ils surent tous qu'il s'agissait d'une sorte de racine. Seulement, avant même qu'ils aient le temps de bouger, les vrilles de la plante, telles des tentacules s'étaient enroulées autour de leurs chevilles et de leurs bras, tandis qu'une branche tentait d'accéder à la poche où se trouvait leur baguette.
- C'est un filet du diable ! Réalisa Céleste avec horreur.
- Il faudrait faire un Incendio mais je n'arrive pas à attraper ma baguette ! Cria Drago en retour, tentant vainement de se dégager.
La seule à ne pas s'être agitée était Aurore. Après quelques secondes, les deux Serpentard s'aperçurent de l'étrange litanie dans laquelle elle semblait s'être plongée. Petit à petit, les racines se dégageaient, reculaient comme si elles avaient été brûlées. La plante se rétractait. Bientôt, Céleste et Drago furent libres également. Tranquillement, Aurore épousseta ses robes, comme si rien ne s'était passé.
- Bon, on continue ?
Cette fois, la voix et l'expression ennuyée appartenaient réellement à Aurore. Il n'y avait presque plus cette étrange chose, c'était comme si elle avait quitté le corps. Si ce n'avait été pour les yeux, ils auraient juré qu'Aurore était de retour parmi eux. Le petit sourire qu'elle leur adressa leur redonna de l'espoir.
- Par là, indiqua-t-elle en désignant le seul chemin libre. Il faut nous dépêcher.
Ils s'engagèrent alors dans le passage qui s'enfonçait sous la terre, où l'on entendait que le doux ruissellement de gouttes d'eau le long des murs. Dans un flash de pure conscience, Aurore réalisa que cela lui faisait penser au clapotis de l'eau dans la grotte sous la cascade de BeauxBâtons. Ils parcoururent ainsi une bonne dizaine de mètres, tous trois gardant résolument le silence, avançant à la vitesse de la marche rapide d'Aurore.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda soudain Céleste en s'arrêtant.
Ils rendirent l'oreille : au loin, un bruissement confus auquel se mêlaient quelques tintements résonnait entre les murs. On aurait dit des bruits d'ailes mêlés à des tintements de clefs emmêlées entre elles.
Parvenus à l'extrémité du passage, ils découvrirent une salle éclairée, avec un plafond en forme d'arche. Les lieux étaient envahis par d'immenses clefs ailées voletant furieusement dans toutes les directions.
- Elles protègent la grosse clef, là-bas ! Cria Drago en montrant une grosse clef d'apparence rouillée dont les deux ailes semblaient déjà avoir été malmenées.
- Comment allons-nous faire pour l'attraper ? Se lamenta Céleste. Les deux balais qui sont là ont l'air en bien piètre état...
Et c'était vrai : les deux vieux Brossdur reposaient en plein milieu de la salle. L'un d'entre eux avaient le manche félé tout le long tandis que l'autre semblait avoir perdu la moitié de se brindilles.
- Allez à la porte. Préparez-vous à l'ouvrir. Leur ordonna une voix grave.
Il fallut à nouveau quelques secondes aux deux Serpentard pour comprendre que la chose avait à nouveau pris le contrôle d'Aurore. La puissance et l'autorité en émanant les forcèrent à obéir et ils coururent se réfugier près de la porte massive. Ils observèrent tandis qu'Aurore s'avançait lentement au milieu de la salle. Elle leva la main vers la clef. Pendant un instant ils s'attendirent à ce que la clef vole gentiment jusqu'à elle mais ce ne fut pas le cas. De la brume noire s'enroula autour de ses doigts et se propulsa vers la clef, l'attrapant sans ménagement. La clef se débattit, sans succès. Toutes les autres clefs piquèrent d'un même mouvement vers Aurore. Alors, il y eut un rugissement sur-humain. Toute la brume sortit d'Aurore avec un hurlement de rage. Quand Céleste et Drago rouvrirent les yeux, toutes les autres clefs se trouvaient sur le sol, en pièces, alors qu'Aurore marchait tranquillement vers eux, clef à la main.
Quand elle l'eut tournée et ouvrit la porte, ils n'avaient toujours pas réussi à calmer les tremblements de peur les agitant. Ils regardaient Aurore avec de gros yeux terrifiés. Celle-ci tourna simplement la tête vers eux, arquant un sourcil interrogateur. Visiblement, ni elle ni la chose en elle ne comprenaient leur état.
Dès qu'ils franchirent la porte, un triste spectacle les força à s'arrêter. Une faible lumière éclairait ce qui restait d'un plateau d'échec. De nombreuses pièces, débris et morceaux de pierres joncheaient le sol. Alors qu'ils se freyaient un chemin à travers le champ de bataille, un détail interpella Aurore qui s'immobilisa avant de contourner lentement un morceau de pion blanc. Céleste, qui la suivait de près, lâcha une exclamation d'horreur.
Ron Weasley était étendu sur le sol, respirant à peine.
Malgré le fait qu'aucun d'eux n'avait la moindre sympathie pour le Gryffondor, la scène leur ôta le peu de couleur qu'ils avaient.
- Ils ne sont pas loin... Malgré le fait que la voix d'Aurore soit libre de celle de la chose, elle restait parfaitement calme et stoïque, au contraire de son visage qui avait viré à une couleur presque transparente. Drago, reste avec lui. Vérifie qu'il respire toujours. S'il se réveille, allez chercher de l'aide, il y en aura besoin. Viens Céleste.
Et elles se dirigèrent vers la prochaine porte.
- Qu-Quoi ? S'écria Drago. Il est hors de question que je reste là avec lui et...
- Drago.
La voix sèche de la chose et profonde l'interrompit dans sa plainte. Il déglutit mais s'attela à la tâche tandis que les filles ouvraient et passaient la porte suivante.
Aussitôt, une répugnante odeur leur frappa les narines. Les deux jeunes sorcières se mirent à tousser incontrôlablement, et durent se couvrir le nez avec leurs robes. Il y avait, allongé sur le sol, le plus gros troll qu'elles aient jamais vu. Il était plus grand encore que les trolls qu'Aurore avait combattus à Halloween. Cela lui rappela de tellement mauvais souvenirs que son échine s'érissa et que l'obscurus faillit sortir pour tuer impitoyablement la créature. Il fallut à Aurore toute l'énergie du monde pour rester aux commandes.
- Au moins, celui-là dort, marmonna Céleste alors qu'elles se hâtaient de parvenir à la porte.
Seulement, à peine ouverte, elles se retrouvèrent face à une barrière de flammes violettes qui refusaient résolument de les laisser passer.
Sans un mot, Aurore tira de la poche de sa robe la potion contre les flammes violettes, en but une gorgée, et la tendit à Céleste. La blonde lui lança un regard dubitatif et incertain, auquel Aurore répondit en traversant sans l'attendre la barrière de flammes. Décidée à ne pas rester seule, Céleste lui courut après.
Devant elles, Harry et Hermione étaient penchés au-dessus d'un parchemin. Près d'eux, sept bouteilles de potions. L'épreuve de Rogue. Du soulagement envahit Aurore tandis que l'obscurus se retirait pour lui laisser totalement les commandes : il devait avoir compris que cela ne servirait à rien de tout détruire dans cette salle. Ou était-ce à cause de la présence d'Harry ?
- Aurore ! S'écria le Gryffondor. Qu'est-ce que tu fais là ?
Pour toute réponse, la Serpentard haussa les épaules. C'était trop long à expliquer. En était-elle seulement capable sans que l'obscurus e reprenne contrôle sur elle ?
- Aurore, Céleste ! S'exclama Hermione. Oh, vous arrivez juste à temps ! Merlin et tous les sorciers cette épreuve est brillante !
Tout sourire, elle se retourna vers elles, leur tendant le parchemin.
- Regardez moi ça, c'est remarquable : de la logique ! Continua-t-elle. Une énigme. Il y a beaucoup de grands sorciers qui n'ont pas la moindre logique, ils n'arriveraient jamais à trouver la solution, même si on leur laissait pour cela l'éternité.
En effet, sur le parchemin était inscrite l'énigme de Rogue :
Devant est le danger, le salut est derrière.
Deux sauront parmi nous conduire à la lumière,
L'une d'entre les sept en avant te protège,
Et une autre en arrière abolira le piège,
Deux ne pourront t'offrir que simple vin d'ortie,
Trois sont mortels poisons, promesse d'agonie,
Choisis, si tu veux fuir un éternel supplice,
Pour t'aider dans ce choix, tu auras quatre indices.
Le premier : si rusée que soit leur perfidie,
Les poisons sont à gauche des deux vins d'ortie,
Le second : différente à chaque extrémité,
Si tu vas de l'avant, nulle n'est ton alliée.
Le troisième : elles sont de tailles inégales,
Ni naine ni géante en son sein n'est fatale.
Quatre enfin : les deuxièmes, à gauche comme à droite,
Sont jumelles de goût, mais d'aspect disparates.
- Trois bouteilles de poison... Marmonna Céleste. Presque quarante-trois pour cent de chances de prendre du poison... Vaut mieux être sûrs de votre coup.
Trois regards ahuris se tournèrent vers elle et la Serpentard rougit légèrement.
- Quoi ? Marmonna-t-elle. J'ai toujours été douée en calcul mental.
- Bon, revenons à nos potions. Murmura Aurore.
Tout à gauche, il y avait une bouteille de potion ronde de taille moyenne, à sa droite, une fiole allongée de couleur rouge, légèrement plus grande. La troisième fiole était la plus petite de toutes : elle était bleu et de forme cubique. La quatrième était dorée, allongée, mais ce n'était pas la plus grande. Celle à sa droite était plus petite, mais restait de taille moyenne, et avait une couleur verte. La sixième était la plus grande et ressemblait tout simplement à une grande bouteille de vin, mais noire et opaque. La septième était de taille moyenne, la plus ronde de toutes et avait une couleur violette virant sur le mauve.
- Bon, soupira Hermione, voilà mon raisonnement. Dis-moi ce que tu en penses Aurore. Le premier indice est que les poisons sont à gauche des vins d'ortie. Cela veut donc déjà dire que la potion toute a droite est inoffensive. Le troisième dit également que ni la grande ni la petite ne sont fatales. Nous savons donc que la dernière, la sixième et la troisième sont inoffensives. Ensuite nous savons que la deuxième a droite et la deuxième à gauche sont identiques. Or nous savons déjà que la noire, la sixième, n'est pas fatale. Donc la rouge et la noire ne sont pas les poisons. Par déduction, nous savons donc que la première, la quatrième et la cinquième sont des poisons. On peut aussi en déduire que la deuxième et la sixième sont les vins d'ortie. Maintenant reste à savoir laquelle de la septième ou de la troisième potion nous permet d'avancer et laquelle permet de reculer. On nous dit que si l'on veut aller de l'avant les extrémités ne sont pas nos alliées. Donc la troisième potion permet d' aller de l'avant et la septième de reculer.
A la fin de la démonstration, Aurore hocha lentement la tête. Elle était parvenue à la même conclusion. Décidément, c'était trop facile.
Harry se pencha alors et se saisit de la plus petite bouteille. Lorsqu'il ouvrit, son sourire victorieux et réjoui tomba.
- Il n'y a qu'une gorgée la dedans. Ce n'est pas assez pour nous quatre. Il va falloir choisir qui doit y aller...
Il prit une grande inspiration et avant que quiconque puisse faire un mouvement il dit :
- Je suis désolé. C'est trop dangereux. Je ne veux pas vous perdre.
Et il avala la potion avant de se jeter à travers le rideau de flammes.
- Retournez au près de Ron ! L'entendirent elles une dernière fois. Prenez les balais et utilisez les pour ressortir par la trappe : Touffu n'aura pas le temps de vous mordre. Envoyez un mot à Dumbledore, on a besoin de lui. Quant à moi je vais retenir Rogue.
Pendant un instant, elles restèrent toutes les trois, immobiles de stupéfaction.
- Quel imbécile, finit par dire Céleste.
Et Aurore ne put que l'approuver. A côté d'elles, Hermione se saisit avec un long soupir de la fiole ronde. Et se fut l'odeur qui en sortit qui ramena brutalement Aurore à elle : son esprit de potionniste s'était remis en marche. Et alors, elle comprit pour elle se sentait mal depuis qu'Hermione avait débouché la fiole.
- NON ! Hurla-t-elle à pleins poumons dans un flash de souvenir. Hermione ne boit pas la pot...
Mais elle ne termina jamais sa phrase : Hermione venait de se retourner, le goulot de la fiole dans la bouche, lui jetant un regard interrogateur. Horrifiée, Aurore se jeta sur le fioles de potions, et ouvrit toutes celles qui auraient du contenir du poison, une par une. Malheureusement, à la troisième fiole de poison, elle trouva ce qu'elle avait espéré ne pas trouver : la potion des flammes violettes.
Il n'y avait qu'un explication plausible : Quirrell avait saboté l'épreuve en transvasant les potions.
Au moment même où Aurore tirait la terrible conclusion, Hermione s'écroula, prise par des convulsions.
- HERMIONE ! Hurlèrent les deux Serpentard, terrifiées.
Prise par la panique, Aurore se précipita sur Hermione, et la redressa légèrement.
- Allez... Tiens bon...!
Par miracle, elle se souvint du bézoard que Rogue avait voulu qu'elle garde toujours sur elle. Même s'il ne stoppait pas entièrement le poison, il ralentirait l'effet... Elle pouvait encore être sauvée... Rapidement, elle mit la pierre au fond de la gorge d'Hermione et pria pour que cela fasse effet.
Des larmes de panique lui montaient aux yeux. Sans même s'en rendre compte, elle avait souhaité voir Rogue, elle souhaitait qu'il soit là, qu'il sauvé Hermione.
Alors, son esprit brisé fit la seule chose qu'il était encore capable de faire dans une telle situation : il appela à l'aide. L'appel rebondit dans tout le château jusqu'à ce qu'il touche finalement son destinataire qui lâcha sa plume d'horreur et stupéfaction avant de s'élancer vers le passage du cerbère. Aurore l'avait senti : Rogue était en route.
Alors, tentant de calmer ses sanglots, elle déposa délicatement Hermione sur le sol et se releva, sortant sa deuxième potion contre les flammes.
- Je... Harry... Elle prit une grande inspiration puis se força à parler distinctement : Harry va avoir besoin d'un peu d'aide, éventuellement. Des secours arrivent. Reste avec Hermione. Le bézoard devrait aider...
- Je comprends, la coupa Céleste. Vas-y. J'ai suivi des cours de secourisme en cas d'empoisonnement. Je devrais pouvoir la surveiller.
Et alors qu'Aurore traversait les flammes, elle lança un dernier :
- Bonne chance Aurore ! Tu peux y arriver !
À la sortie des flammes, Aurore se retrouva dans un petit tunnel. Dès qu'elle fit un pas en avant, elle s'aperçut avoir du mal à respirer, avoir le cœur serré par un étau qui se fermait de plus en plus. Elle eut un haut-le-cœur. Au loin, il y avait deux voix indistinctes en pleine conversation agitée.
À chaque petit pas, la respiration d'Aurore se faisait plus sifflante, si bien qu'elle dut s'arrêter plusieurs fois pour prendre une grande goulée d'air. C'était comme si elle se battait à la fois contre elle-même, contre l'obscurus et contre Quirrell alors qu'elle n'était même pas encore dans la pièce.
Realisant qu'on pourrait l'entendre et la voir, elle tira la cape d'invisibilité et l'enfila d'un geste rapide. Enfin, rassemblant tout son courage, elle prit une dernière inspiration roque avant de rentrer dans la salle en apnée. Le plus vite possible, elle se cacha derrière l'une des colonnes de la salle. Quirrell et Harry étaient en pleine discussion. Ils parlaient de Rogue, étrangement, pendant que Quirrell continuait d'observer le miroir. Le miroir d'Erised qui avait été déménagé, sûrement sur ordre de Dumbledore... Son épreuve... Harry, lui avait été ligoté, probablement grâce à un sort.
- Oh mais bien sûr que Rogue vous déteste, répondit Quirrell. Il était à Poudlard avec votre père et les parents de Sunshine. Vous ne saviez pas ? Ils se haïssaient cordialement. Mais ce n'est pas pour cela qu'il aurait essayé de vous tuer. Vos instincts vous ont trompé cette fois, Potter. Vous auriez dû écouter Sunshine et ses amis de Serpentard.
- Mais... Mais... Je vous ai entendu gémir dans un soir, sans l'une des salles... Je... Je croyais que Rogue vous menaçait !
Il y eut un court silence, pendant lequel Aurore lutta pour rester immobile, pour ne pas laisser échapper le moindre bruit.
- Mon maître est un grand sorcier... Moi... Je ne suis rien. Alors... Parfois... Je fais des erreurs et mon maître doit me punir... Il n'était pas très content après mes premiers échecs avec la pierre philosophale... Il a dû garder un œil sur moi...
Aurore l'entendit vaguement prendre une inspiration pour se calmer.
- Cela veut dire qu'il était avec vous ? Demanda finalement Harry.
- Oh, mais mon maître est toujours avec moi, Potter. Toujours.
Quirrell fut soudain parcouru par un frisson. Malgré tout, il continua :
- Il ne pardonne pas facilement les erreurs. Notamment après Gringotts... C'est depuis ce jour là qu'il a décidé de me surveiller de plus près.
La voix de Quirrell faiblit. Au bout d'un moment, un léger bruit indiqua à Aurore qu'il s'était retourné vers le miroir.
- Et Aurore ? Demanda Harry, la voix étrangement nouée par l'émotion. Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Un autre silence. Puis un bruit ténu annonçant que Quirrell s'était à nouveau retourné vers Harry.
- Eh bien, qu'y a-t-il avec Sunshine ? Demanda Quirrell avec curiosité avide dans la voix.
- Ne faites pas l'imbécile ! Vous savez très bien de quoi je veux parler !
Au milieu de sa bataille contre elle même, Aurore fut surprise : la voix d'Harry était pleine de colère, en tremblait presque. Son souffle s'était fait plus irrégulier.
- Je l'ai senti figurez-vous ! Cria-t-il. Je l'ai entendue aussi... Dans la forêt... Les hurlements de douleur... On aurait dit qu'elle était en train de mourir.
La fin avait été murmurée si bas qu'Aurore avait failli ne pas l'entendre. Au milieu de tout son brouillard, elle réalisa qu'Harry l'avait vue il y a quelques minutes, et donc qu'il savait qu'elle était en un seul morceau. Alors pourquoi poussait-il Quirrell à parler ? Avait-il vraiment senti quelque chose ?
- Vous voulez savoir ce qui s'est passé, n'est-ce pas, Potter ? Comprit Quirrell. Eh bien sachez, Potter, que votre sœur n'est qu'une arme.
- Ce n'est pas ma sœur mais ma cousine, imbécile ! Cracha Harry.
Pendant un moment, il y eut un silence et Aurore devina que Quirrell devait être surpris. Mais une fois le choc passé, ce fut lui qui les surprit en éclatant d'un rire franc :
- Ah oui, se souvint-il. C'est vrai que j'ai la fâcheuse tendance de confondre ce genre de chose. C'est la fille de votre tante, non ? J'aurai dû m'en souvenir, après tout j'ai entendu cette histoire tellement souvent...
La nostalgie avait changé la voix du professeur en murmure et, pendant un court instant, il sembla que le Quirrell de BeauxBâtons avait refait surface. Cependant il se reprit bien vite.
- Je disais donc que ce n'est qu'une arme. Et en tant qu'arme elle n'a pas voix au chapitre. Mon maître lui a vite fait comprendre qu'elle le rejoindrait et lui obéirait.
- Espèce de...
Le grondement d'Harry fut interrompu par un bruit sourd. Le jeune Gryffondor s'était écrasé sur le sol après avoir certainement tenté de s'attaquer à Quirrell, les liens le maintenant prisonniers étant probablement trop serrés. Encore une fois, l'adulte éclata de rire, même si cette fois, ce fut d'un rire malsain.
- Vraiment, Potter? Et dire que cette fois, alors que vous en avez le plus besoin, Sunshine ne pourra pas vous aider : quelle dommage qu'elle agonise au beau milieu de la forêt interdite, n'est-ce pas ? Elle est enfermée dans une prison magique de mon invention, elle ne pourra jamais en sortir, dommage non ? Néanmoins, il est assez drôle de se rendre compte que les ragots et rumeurs de couloirs sur un possible lien entre vous deux s'avèrent fondés. Ne faites pas cette tête, Potter : vous n'auriez pas pu l'entendre hurler depuis le château. Jones et Malefoy, peut-être, comme il me semble qu'ils cherchaient quelque chose près de la forêt, mais pas vous. Sur ce, si vous voulez bien me laissez, j'ai ce magnifique miroir à inspecter.
Pendant un moment, la plus grande peur d'Aurore fut qu'Harry ne démente le fait qu'elle soit toujours dans la forêt interdite. Heureusement il ne dit rien.
- Je ne comprends rien à ce miroir... Comment fonctionne-t-il ? Aidez-moi, Maître !
Alors, la voix d'outre-tombe de la forêt interdite raisonna à nouveau, faisant trembler Aurore. Non. Non. Pas encore.
- Sers-toi du garçon... Sers-toi du garçon...
Cette fois le corps d'Aurore tremblait incontrolablement. Enfin. Enfin. Ils étaient tous deux là, au même endroit. Il ne serait pas difficile de se débarrasser d'eux. Oh oui, c'était le moment idéal ! Mais en même temps elle risquait de toucher Harry...
S'engagea alors la plus terrible bataille qu'elle ait jamais eu à mener : l'obscurus voulait se libérer, détruire Voldemort et son idiot d'assistant. L'obscurus voulait reprendre le contrôle du corps d'Aurore mais celle-ci ne le laissait pas faire. Elle se battit avec toute la force de son âme et de son esprit brisé. Elle n'entendit plus rien autour pendant un bon moment. Elle sembla simplement comprendre que Quirrell fit mettre Harry devant le miroir, tentant de récupérer la pierre. Harry dut mentir car il y eut des cris de protestation. Voldemort dut également crier à un moment.
Harry avait des ennuis, elle le savait. Mais tant qu'il était là, elle devait se battre contre l'obscurus : il voulait attaquer mais Aurore savait bien qu'il le ferait pour tuer. Et peu lui importerait de tuer Harry au passage.
Au bout de quelques minutes, il n'y eut presque plus aucun son. Puis le cri de douleur de Quirrell raisonna dans toutes la pièce. Sans trop savoir pourquoi Aurore enleva brutalement sa cape d'invisibilité et vit avec horreur Harry, à genoux, et Quirrell, regardant avec horreur ses mains brûlées.
- Tue-le imbécile ! Qu'est-ce que tu attends ? Qu'on en finisse ! Cria Voldemort.
Quirrell leva le bras pour lancer un maléfice mortel, mais Aurore, dans son fort inconscient, se rendit compte qu'il allait tenter de tuer Harry. La seule personne de sa famille encore en vie. Alors, tout en retenant l'obscurus, elle se changea en animagus. Seulement, la magie noire battait dans ses veines avec une telle puissance qu'Aurore comprit, malgré son esprit brisé, que la transformation serait différente. L'une des trois formes. La chose en laquelle elle se transforma n'était pas réellement un pégase : sa tête ressemblait plus à un crâne équin sur lequel on aurait tout simplement ajouté la peau. Trois cornes pointues et démoniaques étaient apparues sur son front. Les côtes de l'animal saillaient. Ses ailes n'étaient plus garnies de plumes : il n'y en avait plus que cinq énormes, à l'apparence de rasoirs, aussi tranchantes que des haches.
Un mot raisonna dans son esprit : Ethesh. Tel était son nom.
Dans un bond la créature mythique se jeta sur le professeur et expira violemment : un immense jet de flammes sortit de ses naseaux et vint le brûler.
Quirrell hurla de douleur et Harry en profita pour lui sauter dessus : dès qu'il le toucha au visage, le professeur s'écroula à terre. Voldemort hurlait mais, étrangement, Aurore et Harry ne l'entendaient pas : leurs regards se croisèrent un bref instant. Puis le Gryffondor s'écroula alors que la Serpentard titubait et se retransformait.
Au moins, Quirrell était mort.
Ou du moins, ce fut ce qu'elle pensa pendant une seconde. Avant qu'elle ne sente le peu d'énergie vitale lui restant s'envoler douloureusement de son corps.
Avec un cri de douleur, elle s'écroula par terre.
Avec le peu de force lui restant, elle leva la tête, pour voir un Quirrell parfaitement guéri la regardant avec amusement.
- Vraiment ? Interrogea-t-il. Eh bien, Sunshine, je ne m'attendais pas à vous voir là. C'est drôle comme vous avez le don de toujours tout faire rater...
Au même moment, au loin, une vieille voix bien connue surprit Quirrell. Une voix qui hurlait "HARRY ! AURORE !".
- Tiens ! S'étonna le professeur. Dumbledore ? Mais... Il devait être à Londres !
À ce moment, le regard d'Aurore retomba sur le corps inanimé de Harry. Son corps se mit alors à trembler violemment, ses yeux se révulsèrent, de la fumée s'échappa de son corps.
Et en un mouvement, l'obscurial sauta sur Quirrell dans un horrible hurlement de rage. Personne n'eut le temps de réagir.
Le corps sans vie s'écroula sur le sol froid.
Une traînée de poussière s'échappa alors du cadavre et s'enfuit de la pièce.
Rogue, qui achevait de soigner Hermione, sursauta et tourna un regard effaré et horrifié vers la forme. Moins d'une minute plus tard, McGonagall arriva en courant depuis sa salle, où elle s'était occupée de Ron.
- Est-ce que c'était... Commença-t-elle, paniquée.
- Surveillez-les ! Aboya seulement Rogue en se précipitant vers la salle du miroir.
Cependant, quand il y arriva, ce qu'il vit le pétrifia. Et quand Dumbledore, le grand Dumbledore, lui jeta un regard apeuré, il comprit :
Il était trop tard.
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SCliffhanger bonsoir!
Il me reste un chapitre à poster ici, un ou deux à écrire et à poster sur les deux plates-formes, et ce sera fini. Quelque part au fond de moi, je n'arrête pas de me dire que je traîne car je n'ai pas envie que cela se termine... Bien-sûr il y a d'autres années dans ma tête, toute la vie d'Aurore... Mais je n'aurai probablement jamais le temps pour ça.
Enfin, bref, il fallait que je mette l'épreuve des potions et surtout, je trouvais ça bizarre que vu le niveau de simplicité personne ne se soit amusé à bouger les potions de place.
N'oubliez pas de laisser une review (je sais je suis pénible, mais cela m'aide à rester motivée et souvent à ne pas oublier de poster XD)
La suite cette semaine.
J'espère que vous et toutes vos familles allez bien avec ce virus...
A bientôt et merci de lire !
