Chapitre 18
Au loin, des oiseaux joueurs chantaient tandis que la lumière du jour se faisait pénétrante dans la salle. Un vieux mal de crâne prit soudainement Drago. Sa chute, sans doute.
Tout lui revint alors en mémoire ...
Une discussion étrange avec Potter, un mot énigmatique, une révélation trop dure à assumer puis le trou noir.
Le jeune sorcier se releva péniblement de sa position et constata qu'il avait dormi très profondément et durant longtemps. Il ne savait plus quel jour on était. Il observa la pièce autour de lui et ses yeux se posèrent indubitablement sur la silhouette dans le fond de la pièce. Il fronça ses sourcils et tenta d'identifier l'intrus. D'un geste machinal, il tâtonna ses draps à la recherche de sa baguette. Quand soudain … Il se redressa violemment et manqua de peu de s'écraser une deuxième fois au sol.
-Par le caleçon de Merlin ! Mère ! Ne me faites plus jamais une peur pareille, haleta t-il la main sur le coeur.
-Mon chéri, je suis aussi très ravie de te revoir. Comment vas-tu depuis … près de 2 mois à présent ? Je n'ai des nouvelles de toi que par ton ex folle de fiancée ou par les journaux ! De mieux en mieux mon garçon. J'ai appris par nos elfes de maison, que tu étais passé voir ton père. N'as-tu donc plus envie de me voir ? Tu sais bien que ton père et moi sommes en … froid ces derniers temps. Il ne veut plus m'adresser la parole depuis que je lui ai parlé de divorce.
Elle continua sa litanie et un mal de crâne s'empara de Drago qui se massait délicatement les tempes tout en gardant patience.
-Je suis désolé, dit-il promptement en lui coupant la parole.
Il n'osa pas la regarder dans les yeux mais ça aura eu le mérite de lui couper la parole. Il releva doucement la tête et observa sa mère silencieuse.
-Drago, j'ai ce qu'il te faut. J'ai le remède.
Elle lui intima d'un geste de ne rien dire.
-J'ai toujours été la pour ton père. Pour le meilleur comme le pire. Je l'ai aimé de toutes mes forces. On s'est aimé.
Elle s'approcha de la fenêtre et observa la nature prendre vie sous ses yeux tout en tournant le dos à son fils.
-On s'est aimé à s'en détester. Je l'ai accompagné dans tous ses méfaits et … puis tu es arrivé. Et tu as été la meilleure chose qui puisse nous être arrivé. Il était si fier de toi et avait des grands projets pour toi ! Mais … aucun ne parlait d'amour. Il n'avait que de la considération, de l'estime et parfois de la fierté à ton égard. Mais jamais de l'amour ! et je n'ai su t'enseigner l'amour … le vrai. Jusqu'à ce que j'apprenne par la Gazette -elle le fusilla du regard- que tu t'étais entiché d'une jeune femme -qui plus est l'héroïne de Guerre- que ton père déteste le plus. J'ai souri en lisant ça. J'étais fière de toi.
Elle se retourna enfin et le gratifia d'un tendre sourire qu'une mère donnerait à son enfant chéri.
-Tu as appris à aimer malgré ce qu'il t'avait appris. Et je n'ai peut-être pas été une brillante mère mais tu es un fabuleux garçon, mon fils. Alors … comme je répare toujours, tout ce que ton père a fait … Je vais t'aider à la sauver. Après quoi, je t'interdis de me mettre hors de ta vie ! Il ne sera pas question de ne pas m'inviter au mariage ! Gronda t-elle.
Si il avait été touché par la première partie de son discours, il était à présent ahuri par la suite.
-Ma-mariage ? Demanda t-il éberlué.
-Drago, minauda t-elle. Ne me prends pas pour une idiote. Tu ne fais jamais du bien par charité. Je te connais, chéri, tu es amoureux. Et quand tu veux quelque chose, tu l'obtiens.
Elle souria de toutes ses dents et le regarda d'un air "ose mentir à ta mère".
-Tu es au courant que je me suis évanoui à cause de ce … ça ! Dégaina t-il violemment et épuisé émotionnellement.
-Ce que tu nomme infamant "ça" c'est l'amour, mon poussin. Et "ça" t'a conduit à faire des choses que tu n'aurais jamais faites. Alors arrête donc de geindre et lève toi ! Allons chercher ce que tu cherches.
Il se résigna. Sa mère l'avait percé à jour et il ne pouvait le nier. D'un pas traînant, il récupéra ses affaires et suivit sa mère. Ils saluèrent sobrement les infirmières et les remercièrent pour tout ce qu'elles avaient fait et surtout pour leur discrétion (l'évanouissement d'un Malefoy aurait pu faire les gros titres …). Ils ne croisèrent personne dans les couloirs et décidèrent de rentrer pour s'atteler à la tâche.
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Maggie Pomeran, l'ex fiancée de Drago Malefoy, mannequin internationale dans le monde magique, s'est suicidée dans des circonstances étranges dans un service hospitalier psychiatrique moldu.
Le blond reposa violemment le journal.
-Pourquoi lis-tu encore ses chiffons ? Demanda sa mère qui portait sa tasse de thé à ses lèvres.
-Cela fait des semaines que j'essaie de lui soutirer des informations au sujet du remède et rien ! Elle s'était plongée dans un mutisme inquiétant et voilà que j'apprend par la presse qu'elle s'est suicidée ! Grogna t-il.
-Ce n'est pas une perte, chéri. Elle n'était bonne qu'à baiser Lucius.
Il recracha sa gorgée de thé et toussa bruyamment face à l'aveu glaçant de sa mère. Elle lui lança un regard inquisiteur "tu ne le savais pas ?". Il réajusta son col et reprit contenance sur sa chaise.
Cela faisait déjà quelques jours que sa mère avait emménagé dans l'aile est de son manoir. Evidemment, elle n'était là que de manière temporaire : le temps de mettre au point le remède et de finaliser les dossiers du divorce.
Ce remède était en fait composé de coeurs de Marie, un des principaux composants du philtre d'amour, l'Amortentia. En effet, cette potion n'est qu'un philtre d'amour mais modifiée … elle devient une véritable arme de magie blanche. Une perfusion de ce nectar devrait suffire au rétablissement d'Hermione. Son sang serait alors purifié et la magie noire qui s'y trouve, éliminée. Sa réalisation fût très aisément mais le temps de pose assez important malgré l'utilisation de la fameuse plante rocheuse. Il en manquait d'ailleurs ... Mais sa mère se dévoua pour aller en chercher. Il se contenta d'hocher sobrement la tête.
Cette idée quelque peu farfelue eut le don de lui redonner espoir. Mais il ne voulait pas alerter faussement les autres, si bien qu'il décida de déserter St Mangouste pour un temps. Ces derniers jours, lui ont permis de renouer avec sa mère qu'il avait si souvent rattaché à son père. Il avait découvert comme elle était aimante et fidèle à son fils depuis des années. Mais aussi à quel point, elle avait souffert aussi bien lors de la Guerre qu'après. Son absence lui avait déchiré le coeur. Elle ne voyait plus son fils comme avant et avait de ses nouvelles par Maggie ou Pansy et Blaise. Mais depuis peu, Drago les avait délaissé tous les trois pour se recentrer sur lui-même et le développement de la MI. Elle croyait l'avoir perdu à tout jamais jusqu'à ce qu'elle lise ce chiffon que Skeeter avait écrit … Elle y dessinait une idylle qui aurait commencé à Poudlard et connu ses prémices dans la Salle sur Demande. Que des conneries et de l'encre pour vendre ses feuilles de choux mais … entre les lignes, Narcissa pouvait y lire les traits de personnalité caché de son fils … Et elle comprit alors qu'il avait besoin d'elle. L'amour d'une mère est sans doute ce qu'il y a de plus fort sur cette Terre, se disait-elle en lisant les lignes, il est temps de rentrer en scène.
Forte de sa décision, elle jeta un dernier coup d'oeil à son fils et lui souria tendrement avant d'ajuster son chapeau et de transplaner dans la nuit.
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-Hermione, ma puce, comment vas-tu ? Demanda Jane Granger, sa mère.
-Laisse-la tranquille, tu veux bien ? Elle est encore fatiguée, asséna son mari.
Hermione papillona des yeux et observa sa mère, l'air inquiet. Elle souria tant bien que mal puis ferma doucement les yeux.
-T'en fais pas, Papa. Je vais bien.
Elle serra la main de sa mère qui était assise sur son lit. Elle essaya de lui insuffler tout l'amour qu'elle lui portait pour la rassurer. Depuis quelques temps, elle avait retrouvé ses moyens : ses cheveux avaient repris leur châtain habituel, son visage était moins fripé, ses rides estompées … Elle recouvrait ses forces doucement. Elle devait avoir une quarantaine d'années physiquement. Et tout ça … grâce à Drago. A cette pensée, elle fronça ses sourcils. cela faisait un moment qu'elle ne l'avait pas vu. Depuis le baiser, en réalité … Elle rassembla ses forces pour s'installer plus confortablement sur son lit et tira la couverture à elle. Ses parents l'observèrent attentivement.
-Il n'est pas là, déclara sobrement son père devinant aisément la raison de son froncement de sourcils.
-Qui donc ? Demanda Hermione éberluée.
-Chérie, souria sa mère, nous savons pour ce garçon. Celui qui a pu améliorer ton état. Cela fait des jours qu'on l'entrevoit dans les couloirs de l'hôpital. Harry nous a raconté qu'il était très impliqué dans la recherche d'un médicament.
-Le même qui te maltraitait au collège, asséna son père aigri.
-Richard ! Je t'en prie, on en a déjà parlé ! Et puis, si il s'avère que Ronald ait raison, il va être ton gendre !
-Jane, cela ne va pas pardonner ce qu'il a fait à ma petite fille ! Je ne le laisserai pas s'en tirer comme ça ! Grogna t-il toujours en colère.
A l'instar de Drago, Hermione fut prise d'un violent mal de tête qui calma spontanée ses parents. Elle massa fragilement ses tempes et murmura.
-Papa, maman, il ne se passe rien entre Drago et moi. C'est plus … compliqué que cela. Je vous expliquerai en temps voulu. Promis. Mais, papa, je t'en prie, sois cool avec lui. Il a changé, souffla t-elle avec force.
Sa femme le regarda d'un air entendu et il se renfrogna mais acquiesça. Il ne pouvait rien refuser à sa fille sur son lit d'hôpital. Il était bien trop heureux de la savoir en vie ! Harry était passé les voir un soir pour leur avertir de l'état de leur fille sans se vouloir trop inquiétant. Mais mission impossible ! Un parent est toujours inquiet du sort de son enfant ! Enfin, c'est une vérité chez les Granger -un peu moins chez les Malefoy- …
La petite famille resta ainsi profitant des quelques heures de répit que la vie leur donna.
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Plusieurs jours se sont écoulés et la potion a été mis au point. Une expérimentation de haut vol finalement car jamais il n'a été perfusé de philtre d'amour. Au vue des circonstances, l'entourage de la sorcière a été unanime et le traitement a pu commencer dans des conditions optimales.
Hermione soupira passablement. Cela faisait des jours qu'elle ne l'avait pas vu. Ses parents et ses amis veillaient pourtant sur elle. Même Ronald était repassé pour présenter ses excuses. Elle était simplement déçue qu'il ne lui en ait pas parlé plus tôt. Après tout, ils étaient meilleurs amis et n'avaient pas de secret l'un pour l'autre. Puis elle se rappela des manigances avec Drago et s'enfouit plus profondément dans son oreiller pour oublier. Elle n'avait pas non plus été honnête avec Ron … Elle devrait lui parler avant son mariage. Non pas pour l'en empêcher ! Car son bonheur est le sien ! Mais pour s'expliquer d'une part et s'excuser à son tour. Elle se trouva bien ridicule à présent d'avoir conclu un pacte aussi ridicule. Après tout, on ne force pas l'amour ! Et une date limite pour se marier n'est pas la garantie d'un mariage réussi. Plus elle y pensait et plus elle ressentait un vide qui se faisait plus présent chaque jour. Car si elle voyait tout le monde à son chevet … Il manquait à l'appel. Elle ne savait pas pourquoi elle espérait le voir ni même pour quelle raison il viendrait. Oui c'était pour son pari … et un Malefoy ne fait jamais les choses à moitié … mais avec la mort de Pomeran, elle s'était dit qu'il s'était lassé et préférait s'occuper de ses affaires.
La seule chose qu'elle savait, c'est que les quelques jours passés ensemble ont changé l'image qu'elle avait de lui. Et elle aimait beaucoup ce … nouveau lui.
Elle n'entendit pas la porte s'ouvrir. Drago s'engouffra dans la pièce et lui souria timidement. Instantanément, son visage s'illumina mais elle remarqua rapidement qu'il n'allait pas bien. Son visage paraissait plus blafard que d'ordinaire et strié par la fatigue. Des cernes violacées s'étendaient sous ses yeux ne rendant pas cependant son faciès vilain. Il s'avanca vers elle, souriant de manière lasse.
-Ne t'en fais pas pour moi, dit-il tout en lissant de ses doigts fins la ride du lion qui trônait sur la bouille ronde de la jeune femme. Tu iras mieux à l'avenir.
Il fit glisser la paume de sa main sur sa joue et à ce contact, elle ferma les yeux et se délecta de sa douceur. Il effleura brièvement ses lèvres du bout des doigts. Et elle les embrassa timidement. Il souria devant tant de malice puis retira sa main.
-Je vais te laisser te reposer. Je passais juste voir comment tout se passait, soupira t-il.
-Non ! Ne pars pas !
Il releva la tête. Elle pouvait lire dans ses yeux la fatigue, le stress, la tristesse et les tensions qui lui pèsent depuis déjà plusieurs jours. Elle tendit alors la main.
-Viens ! Viens, s'il te plaît. J'ai perdu un peu de poids, il y a de la place pour deux ici, indiqua t-elle tout en tapotant une place minuscule dans son lit.
Il souria narquoisement et étant trop fatigué d'être sage, il retira ses chaussures et s'installa comme il le pouvait à ses côtés.
-Rapproche-toi donc par ici, tu risques de tomber.
Elle souria bêtement car elle savait autant que lui qu'elle ne tomberait pas, mais il valait mieux être prudent. Calée dans ses bras et tout contre son torse, elle souffla enfin d'aise et ressentit la définition même du bien être. Elle ne voulait pas poser d'étiquette la-dessus de peur de le faire fuir … mais elle savait à présent qu'elle n'aimait plus Ron.
Quant à lui, sa proposition l'a surpris mais … il n'en était pas moins heureux. Et la tête de Potter ou de Weasley le lendemain matin n'était que du bonus. Sur cette dernière pensée, il s'endormit en priant Merlin que les infirmières ne viendraient pas pour lui tirer les oreilles.
Bonjour à toutes et à tous !
C'est bien Minipuce après autant d'absence ... je suis très heureuse de vous retrouver malgré le contexte actuel très difficile ... N'oubliez pas que la vie est belle et que ce sont des épreuves comme celle-ci qui nous permettent d'apprécier la vie par la suite !
Prenez soin de vous ! La suite arrive ...
Gros bisous !
