Chapitre 17 : Guerre des Farces : Sommeil interrompu
Voilà le prochain chapitre. Celui-là est très long :)
Je crois que je finirai de traduire cette fanfiction en 2027 haha ^^''
Bisous! Enjoy!
La partie de lui qui s'était dissociée de ses sentiments il y a longtemps insistait pour dire que le moment était bien choisi pour arrêter les farces. Elle s'inquiétait, s'ils continuaient, que Sherlock « s'attache » à Molly d'une manière qui ne pouvait lui amener que des ennuis. Cette part de lui, lui rappelait la raison pour laquelle il s'était séparé de ses sentiments en premier lieu, il l'avait fait pour se protéger lui-même et les personnes auxquelles il pouvait s'attacher. Elle osait même blâmer les beaux yeux de la pathologiste pour les meurtres qui continuaient à se dérouler sans que Sherlock ne réussisse à élucider l'affaire.
Sherlock écouta ces accusations et arguments pendant quelques heures, mais quand la femme en question rentra du travail et le salua avec le plus chaud des sourires en commençant à cuisiner pour eux, ses ruminations intérieures furent rapidement oubliées et il se leva pour discuter avec elle.
Une autre raison qui lui permit de se convaincre que la guerre devait continuer était qu'il ne pouvait simplement pas abandonner maintenant. Pas en la laissant avoir le dernier triomphe. Elle avait osé couper deux gros trous dans son pantalon noir, juste au niveau des fesses. Il n'avait pas remarqué parce qu'il avait été réveillé plutôt brusquement par Lestrade ce matin-là, qui était venu en personne lui demander de venir inspecter une nouvelle scène de crime (c'est ce qu'il avait dit, mais Sherlock savait exactement qu'il voulait juste draguer Molly pendant qu'il s'habillait), alors il avait rapidement sauté dans sa paire de pantalons troués. Heureusement, il portait des sous-vêtements, donc ses fesses n'étaient pas visibles. Et il ne peut considérer que comme une bénédiction le fait d'avoir porté sa veste de costume et de ne pas l'avoir enlevé de toute la journée, parce que Molly l'a vraiment laissé sortir comme ça! Il n'avait remarqué les trous que le soir en voulant mettre son pyjama. Inutile de dire qu'il avait été furieux et qu'elle n'avait pas été impressionnée par sa rage, assisse à table, sirotant son café, le mettant au défi du regard, de la chasser à nouveau dans l'appartement. Il ne l'avait pas fait, les souvenirs des événements ayant résulté de cette chasse encore frais dans son esprit.
Non, Sherlock voulait gagner cette guerre. Et c'était amusant. Ce n'était pas dur à admettre. Il s'amusait beaucoup à lui préparer des farces (parfois, même se faire avoir était divertissant). Alors il fit taire sa voix intérieure et se trouva accroupi devant le lit de Molly quelques jours plus tard, la tête d'un mannequin masculin dans la main. Il jeta un coup d'œil prudent au delà du bord du lit pour vérifier si Molly était encore endormie. Son dos était face à lui, mais sa respiration était profonde et régulière, Sherlock se mit donc au travail.
Il plaça soigneusement un des coussins sous la couverture. Puis il plaça la tête sur l'oreiller vide à côté d'elle, le visage dans sa direction. Il mit la couverture par-dessus le cou, pour mieux faire croire à une vraie personne couchée à côté d'elle dans le lit. Ses doigts tirèrent la couverture jusqu'à ce qu'il soit satisfait du résultat. Il s'accroupit à nouveau. Une seconde plus tard, le manche d'un balais émergea d'en-dessous du lit, avançant lentement vers Molly. Regardant d'un œil, Sherlock dirigea le manche vers ses fesses et commença à donner des petits coups avec le bâton. Il fallu plusieurs essais pour provoquer une réaction. Puis elle commença à remuer et Sherlock se cacha, il ne pouvait qu'écouter la manière dont elle se tournait. Une seconde de silence. Sherlock imagina la manière dont elle ouvrait les yeux et voyait le mannequin qui la fixait. Comment elle avait besoin d'une seconde pour réaliser qu'elle était dans son lit et qu'elle dormait habituellement seule…
Un sourire malicieux apparu sur le visage de Sherlock quand son cri résonna dans la chambre.
« SHERLOCK ! »
Un bruit sourd indiqua que Molly était tombée du lit et Sherlock ria quand il se mit debout et vis l'amas de couvertures et de draps sous lequel elle était probablement cachée. Ricanant, il caressa la tête du mannequin et sorti de la chambre, la tête haute et un sourire sur le visage.
Il attendait qu'elle le poursuive, mais fut déçu quand elle ne le fit pas. Après quelques minutes, il se demanda si elle ne s'était pas cognée la tête, et jeta un coup d'œil dans sa chambre. Elle était encore assise sur le sol, le dos contre le lit, la tête dans les mains.
Ça a du être un sacré choc, pensa malicieusement Sherlock.
Puis elle laissa échapper un sanglot et son sourire s'effaça immédiatement.
Molly pleurait.
Sherlock était perdu.
« Pourquoi tu pleures ? »
Elle repris de plus belle.
« Molly ? »
« Va-t'en» réussit-elle à dire entre les sanglots.
Sherlock contourna le lit pour se mettre à ses côtés.
« Est-ce que c'est le choc ? »
« Laisse-moi seule. »
« C'est juste une farce, Molly. Pas besoin de s'énerver pour ça. »
Molly leva la tête, ses yeux étaient gonflés.
« Tu trouve ça drôle ? »
Sherlock ne comprenait pas.
« Tu as dépassé une ligne, Sherlock. Me faire croire que Jim était dans mon lit… »
Elle frissonna et les yeux de Sherlock s'écarquillèrent.
« …c'est pas drôle. »
Alors qu'elle remettait son visage dans ses mains et continuait à pleurer, Sherlock examina le mannequin.
Bien réveillé, cette tête ne ressemblait en rien à James Moriarty. Mais il pouvait imaginer qu'une personne encore à moitié endormie puisse confondre ce visage avec celui du criminel mort.
Un autre sanglot parvint aux oreilles de Sherlock et avant qu'il ne sache ce qu'il était en train de faire, il s'agenouilla auprès d'elle.
« Molly je suis désolé. Je n'ai pas vu la ressemblance. Je jure que ce n'était pas mon intention de te faire penser que c'était Moriarty. »
Molly tremblait et il compris qu'elle avait appelé à l'aide en criant son nom. Et non pas parce qu'elle savait que c'était lui qui avait fait ça.
Il se sentait vraiment mal de la voir comme ça, alors il décida de l'attirer dans ses bras. Molly mis immédiatement ses bras autour de lui et enterra son visage dans le creux de son cou.
« Je suis désolé, Molly » marmonna Sherlock dans ses cheveux et il commença à la balancer d'avant en arrière. Il ressentait que c'était la bonne chose à faire.
« Pendant une seconde, j'ai vraiment pensé qu'il était revenu pour moi… » chuchota-t-elle.
Sherlock avala difficilement.
« Il est mort. Il ne peut plus te faire de mal. »
« Je sais…mais je ne peux pas m'en empêcher. Parfois je fais des rêves… »
Elle frissonna à nouveau.
« Je te vois tomber, même si en vrai je ne t'ai pas vu tomber. Et là, il y a le visage de Jim, souriant comme le diable en personne et il me pointe du doigt, et il me dit 'tu es la prochaine'. »
Sherlock remarqua que les bras de Molly lâchaient son cou et il la serra encore plus fort.
« Ce ne sont que des rêves, Molly. Je suis en vie et il est parti. Et même s'il ne l'était pas, je ne lui permettrais jamais de poser la main sur toi. Je le tuerai s'il essaye. »
« Vraiment ? »
Elle regarda vers lui, ses grands yeux doux, effrayés et pleins d'espoir en même temps.
Le cœur de Sherlock battait plus fort, la pensée que Moriarty aurait pu blesser Molly lui serrait la poitrine. Il hocha de la tête et leurs regards s'accrochèrent.
Molly avait l'air tellement fragile et vulnérable et tout ce qu'il voulait faire en ce moment était de la tenir, de la protéger de tout mal et de ne jamais lâcher.
« C'est la chose la plus gentille que tu m'aie dite. Maintenant, je suis presque désolée… »
Ses sourcils se froncèrent. Ses yeux captivaient encore les siens et il n'arrivait pas à réfléchir.
Molly avait compté sur ça et d'une seconde à l'autre, son expression vulnérable se transforma en sourire de Cheshire le chat et avant que Sherlock puisse réagir, elle lui attrapa sa nuque avec sa main pour le tenir et lui étaler de la crème de Wasabi dans la bouche avec l'autre main.
Sherlock était plus choqué par le changement soudain de la pathologiste que par la douleur qui rugissait dans sa bouche, causée par la tonne de Wasabi qui avait franchi ses lèvres.
Alors que Molly sautait vite sur le lit et roulait jusqu'à l'autre côté, Sherlock grimaça et se dépêcha d'essuyer la pâte verte avec les draps. Il toussa et frotta le drap sur sa langue, ses lèvres et l'intérieur de sa bouche.
Pendant qu'il luttait pour supporter la douleur, Molly rigolait bien.
« Je croyais que je n'arriverai pas à utiliser ça sur toi. »
Il la regarda, des larmes coulant sur les joues rougies et il toussa encore, ce qui ruina son intention de la fusiller du regard.
Molly pris la fausse tête et l'examina de plus près.
« Comme si ça pouvait me faire penser que c'était Jim. » Elle renifla et plaça la tête sur son étagère, la tournant vers Sherlock pour se moquer de lui. Il s'était encore une fois fait avoir.
Molly laissa échapper un éclat de rire.
« Tu y a cru ! La petite biche apeurée qui a besoin de protection. C'est comme ça que tu me vois après toutes ces années ? Bon, pour ta défense, mes frères tombaient presque à chaque fois dans le panneau. Même au 21e siècle les hommes aiment penser que les filles sont fragiles et ont besoin d'être sauvées, hein ? »
Elle le regarda, les mains sur les hanches, attendant une réponse alors que Sherlock était encore occupé en train de tousser, grimacer et essuyer sa langue avec le drap.
Molly roula les yeux.
« Très bien. Tu restes là. Je vais te chercher un verre de lait et du pain. »
Quand elle fut partie, Sherlock arrêta de jouer et se mit à chercher le tube qui devait être quelque part par là. Il le trouva dans la pile de draps et le laissa glisser dans sa poche juste à temps. Molly amena un plateau dans la chambre et le plaça sur le lit. Sherlock se servit immédiatement, il toussait à nouveau et il avala le lait d'un coup. Il mangea le pain et Molly ricana en le regardant.
Il lui lança enfin un regard qui tue et reçu un sourire malicieux en retour.
« Capitule et arrête de te torturer » dit gentiment Molly, ses cheveux encore en désordre à cause de la nuit.
« Jamais » croassa Sherlock.
Elle soupira et se coucha sur le lit, sa tête vers la sienne.
« Je suis tellement fatiguée. Pourquoi tu dois toujours voler mon sommeil ? »
Elle ferma les yeux. Ça aurait été l'opportunité parfaite, mais il trouvait ça pathétique de refaire la même farce qu'elle venait de lui faire quelques minutes auparavant. A la place, il s'assit, son dos contre le lit, comme elle avait été assisse avant lui, et il posa sa tête contre le bord du matelas. Ils étaient si proches, que ses boucles foncées et ses longs cheveux lisses se mélangeaient. Il entendait sa respiration régulière et il ferma aussi les yeux.
« Tu vole aussi le mien. »
Il l'entendit rire.
« Tu es tellement adorable quand tu dors. Comme un petit garçon. »
Il renifla et elle ria encore une fois.
« On ne peut pas arrêter de se faire des farces durant la nuit ? On a les deux besoin de notre sommeil. »
Sherlock renifla à nouveau.
« Bel essai. Je ne te fais plus confiance après cette jolie démonstration de ta tromperie. »
« Merci. »
« Ce n'était pas un compliment. »
« On en aurait dit un. »
« Oh, ferme-là. »
Molly rit encore, puis le silence tomba sur la pièce. Ils étaient vraiment fatigués après ces semaines à se faire des farces et ils s'assoupirent les deux. Dans un demi-sommeil, Sherlock fut attiré par la source de chaleur qu'était Molly et son front s'appuya contre le sien. Il en était conscient, mais trop fatigué pour commencer à paniquer comme il le faisait d'habitude à chaque contact physique. Pour être honnête, il aimait beaucoup être comme ça. L'intimité était tellement rare dans son monde qu'il décida de faire une exception et profita de faire la sieste sa peau contre la sienne, il sentait sa chaleur et son parfum. Il pensera plus tard que cette demi-heure fut un des moment les plus paisibles de sa vie…
L'harmonie de 221b Baker Street fut ruinée par le réveil de Molly. Sherlock se réveilla entièrement, mais Molly émit juste un bruit de déplaisir, leva le bras pour appuyer sur silence, sans succès et le laissa retomber sur le lit. Elle refusait simplement de se réveiller.
Sherlock se redressa et tourna la tête vers la pathologiste endormie. Son visage était serein, ses fines lèvres légèrement entrouvertes. Ses cheveux coulaient sur le matelas comme une cascade et Sherlock sentit l'envie de les toucher du bout des doigts. Ils semblaient si doux et soyeux…
Ses yeux s'écarquillèrent, quand il réalisa que sa main était à mi-chemin, suspendue en l'air.
C'est exactement ce qui ne doit PAS arriver, se réprimanda-t-il lui-même et il se mit sur pieds, contourna le lit et arrêta l'alarme agaçante.
« Molly, réveille-toi. »
Aussitôt que ces mots passèrent ses lèvres, Toby arriva en miaulant bruyamment. Il sauta sur le lit et commença sa routine habituelle pour réveiller son humain, ce qui incluait des miaulements sonores dans les oreilles et marcher sur son corps à de multiples reprises. Sherlock regardait cette tradition et la réaction de Molly avec amusement. Au début, elle gémit et tourna la tête, ce qui fit arrêter Toby qui vérifia si elle avait les yeux ouverts, et il continua une seconde plus tard quand il vit que ses yeux étaient bel et bien fermés.
Puis ses lèvres tressaillirent quand Toby commença à mâchouiller ses doigts. D'un mouvement souple du bras, elle attrapa et enferma le chat dans une embrassade. Il se plaint d'un miaulement sonore et se débattit pour être libre. Molly le laissa aller et Toby sauta du lit, encore en train de se plaindre.
Juste avant que Molly ouvre les yeux, Sherlock sorti de la chambre silencieusement et descendit les escaliers. En passant il caressa la tête de Toby, qui attendait impatiemment que son humaine vienne enfin le nourrir.
Comme Sherlock l'avait prédit, Molly n'arrêta pas de lui faire des farces durant la nuit. Lui non plus. Pour l'amusement des lecteurs, établissons une liste des tours que les colocataires se jouèrent :
-Un faux rat dans le lit de Molly
-Attacher Sherlock au lit en l'emballant dans du cellophane (ça lui avait pris presque une heure d'en sortir)
-Réveiller Molly en faisant exploser des pétards dans un pot
-Étaler de la glace sur le visage de Sherlock et laisser Toby la lécher (Molly avait ignoré les bruits de plaisir que Sherlock avait laissé échappé dans son demi-sommeil)
-Effrayer Molly en actionnant une tronçonneuse et en portant un masque de clown (Sherlock avait arrêté d'être gentil avec elle)
-Verser de l'eau froide et des glaçons sur la tête de Sherlock (elle avait de toutes façons planifié de changer les draps de son lit)
-Écraser un cornet de glace sur son visage
-Jouer le son d'une mitraillette sur son téléphone à côté de son oreille (Sherlock avait sursauté un millions de fois, hilarant !)
-Lancer des boules de neige sur Molly (Sherlock ne lui dira jamais ou ils les avaient obtenues en printemps)
-Lui tirer des billes dessus avec un lance pierre et quand il se lève du lit pour l'attraper, il marche dans les pièges à souris qu'elle a placé dans sa chambre
-Faire grincer le violon
-La klaxon à air comprimé (Molly ramena les classiques)
-Bruits assourdissants en général
Toutefois, lorsque le neuvième corps fut retrouvé à Hyde Park, Sherlock fut approché par Molly un matin avant qu'elle ne parte au travail. Elle portait déjà sa veste et son sac à main. Même s'il était concentré sur la carte de Londres, marquée avec les scènes de crime et la localisation des magasins ou le meurtrier avait fait imprimer le papier, du coin de l'œil, il remarqua qu'elle se tordait les mains nerveusement.
« Sherlock ? » demanda-t-elle de sa voix douce.
« Hm ? »
Il garda sa position : sûr de lui, les mains accrochées sous le menton.
« Est-ce que je peux te parler une minute ? Si je ne t'interromps pas, bien sûr. »
« Tu est en train de m'interrompre. »
Sherlock savait qu'il pouvait être direct avec elle. Il l'avait toujours été, et le serai toujours. Il savait qu'elle pouvait le gérer (non, ne pense pas à ce Noël maintenant !).
« Oh, désolée. Je… Je te parlerai ce soir alors. »
Elle le mettait toujours en premier, faisait passer ses besoins avant les siens.
Sherlock soupira.
« Dis-moi. Et pas de bégaiement. Mon temps est précieux. »
Elle se tourna vers lui et éclaircit sa gorge. Elle essaya de ne pas penser au fait qu'il était absolument magnifique aujourd'hui, avec son costume noir et sa chemise blanche, une main dans la poche, et elle dit ce qu'elle avait à dire.
« C'est exactement pour ça que je voulais te parler…Je pense que ça serait mieux d'arrêter la guerre des farces. »
Cette phrase le prit par surprise. Il se redressa et cligna quelques fois des yeux.
« Pourquoi ? »
Molly pouvait se tromper, mais elle percevait une… tristesse dans son regard ?
Elle avança vers lui et pointa la carte du doigt.
« Pour ça. Des gens meurent, Sherlock. Tu dois être capable de travailler correctement. Et je crois que notre guerre t'en empêche. »
« Es-tu en train de suggérer que tes farces perturbent ma concentration ? Si c'est le cas, tu surestimes grandement tes pouvoirs. »
Elle secoua rapidement la tête et leva les mains en défense.
« Non, bien sûr que non…Mais tu es fatigué Sherlock et tu as besoin de sommeil. »
« J'ai déjà dormi bien moins durant une affaire. »
« Tu as des poches sous les yeux, Sherlock. »
« Toi aussi. »
« Je suis fatiguée. »
Sherlock haussa les épaules et Molly soupira.
« Écoute, je sais que tu es brillant et personne ne crois plus en toi que moi, même pas John… » Sherlock vit ses joues rougir et son cœur fit un petit saut, « …mais je ne veux pas être un obstacle pour toi. »
« Ne sois pas ridicule, tu n'est jamais un obstacle dans ma vie » commença Sherlock, et il rajouta « Je ne te remarque presque pas. »
Ça avait tellement bien commencé, mais Sherlock avait bien sûr tourné cela en commentaire blessant. Molly le regarda un moment, espérant qu'il réalise, mais il n'en fit rien.
« Non, tu ne le fais jamais. » répliqua-t-elle faiblement avant de partir sans autre mot.
Sa remarque fit réfléchir Sherlock, et il compris finalement qu'il l'avait encore blessée.
« Femme stupide. C'était évident que je ne voulais pas le dire dans ce sens » se dit-il à lui même, avant de retourner au travail, verrouillant les pensées et les sentiments de culpabilité qu'il avait à son égard.
Elle pensa à Sherlock presque toute la journée. Ce n'était pas inhabituel, bien sûr. Mr. Holmes était constamment dans ses pensées, il était partout, et ça depuis des années, alors elle ne le remarquait plus. Seulement, ces jours où il se moquait d'elle ou il disait des choses stupides comme ce matin, elle se rendait compte que son ombre était dans tous les coins de sa conscience et que c'était terriblement difficile d'arrêter de penser à lui. Évidemment elle faisait des bêtises dans son travail et ses dossiers, rageant à chaque fois de se laisser atteindre par des remarques aussi bêtes. Elle devrait vraiment y être habituée depuis le temps.
Molly appela Mary pour aller prendre un ou deux verres (deux, c'est sûr, deux !) juste pour rentrer le plus tard possible, mais sa meilleure amie avait planifié une soirée romantique avec John (quand Mary dit romantique, c'est probablement regarder un fil d'horreur et « s'y mettre » après. John était d'accord pour la dernière partie mais il détestait ces films). Pendant un petit moment, Molly pensa à appeler Greg, mais se résigna. Elle ne voulait pas rendre sa femme jalouse sans raison. Leur relation était assez fragile comme ça.
Alors Molly retourna à Baker Street après la fin de son service à 9h. Elle bailla plusieurs fois en montant les escaliers. La fatigue était une autre constante dans sa vie en ce moment, et elle se réconforta en pensant qu'elle pourrai se laisser tomber dans son lit dans les prochaines minutes.
Molly lâcha son sac au sol et suspendit sa veste avant d'aller dans la cuisine chercher une bouteille d'eau quand elle remarqua Sherlock debout sur le pas de la porte menant au salon.
« Salut » le salua-t-elle doucement en ouvrant le frigo.
« Tu avais raison », commença Sherlock et Molly se retourna avec la bouteille dans la main.
« Qu'est-ce que veux dire ? »
« J'ai besoin de sommeil. »
Molly laissa échapper un soupir soulagé.
« On fait une trêve, alors. »
« Non. »
Il sorti des menottes de sa poche et les yeux de Molly s'écarquillèrent.
« Tu ne prévois pas sérieusement de m'attacher pour être sûr que je ne te fasse pas de farce pendant que tu dors, si ? »
« Effectivement. »
Il s'approcha d'elle et agrippa sa main. Molly était trop fatigué pour réagir assez vite et se libérer de son emprise, alors la menotte se referma sur son poignet.
« Sherlock, c'est ridicule. »
« Est-ce que tu dois aller aux toilette avant de te coucher ? »
« Quoi ? Non ! Oui, en fait. Mais je ne laisserai pas m'attacher à mon lit. Ça va beaucoup trop loin ! »
Sherlock l'ignora complètement, pris la bouteille, la poussa dans la salle de bain et ferma la porte.
Molly resta là, hébétée pendant quelques secondes, le regard fixé sur la porte fermé et les menottes pendues à son poignet droit, calculant les chances de ne pas se faire attacher au lit. Sherlock avait l'air très déterminé et Molly réalisa que les probabilités étaient minces. Elle bailla à nouveau, elle avait de la peine à s'en inquiéter. Elle voulait juste dormir.
S'il l'attache au lit, au moins elle aura une bonne nuit de sommeil. Elle se brossa donc les dents et se prépara pour la nuit.
Alors avec peu de résistance, elle laissa Sherlock lui prendre le poignet et l'amener à l'étage. Mais à la place, Sherlock la conduisit dans le salon.
Juste au moment ou elle allait demander ce qu'il comptait faire, Sherlock referma l'autre menotte autour de son propre poignet. Molly cligna des yeux et le fixa pendant au moins dix secondes.
« Je ne comprend pas. »
« C'est à cause du manque de sommeil. Je ne te fais pas confiance, alors la seule façon de dormir est de te garder près. Proche, mais sous contrôle. »
Elle ricana.
« C'est la chose la plus stupide que je n'ai jamais entendue. Je suis une adulte, Sherlock. Je vais réussir à m'empêcher de te faire des farces. »
« J'en doute. »
« Bon Dieu ! Mais c'est moi qui ai proposé la trêve ! »
« Tu peux discuter autant que tu veux, mais cela nous fera uniquement perdre des heures de sommeil. »
Molly regarda le canapé.
« Pourquoi sur le canapé ? Il y aurait plus de place dans un de nos lits. »
Merde, même en manque de sommeil elle réussi à rougir.
« Et il y aurait aussi plus d'opportunités pour ta fourberie. Non, le canapé est la solution logique. »
Molly voulait objecter, mais Sherlock avait déjà enlevé ses chaussures et s'était assis sur le canapé, secouant l'oreiller avant de se coucher. Il la regarda, attendant une réaction, mais elle n'arrivait pas à bouger. Elle était maintenant totalement réveillée et à l'idée de dormir son corps collé contre le sien, elle eu de la peine à avaler. Elle rougit encore plus, Sherlock le remarqua et leva les yeux au ciel, avant de tirer sur sa main menottée et de tirer Molly sur le canapé.
« Je ne te toucherai pas de manière inappropriée, si c'est ça qui t'inquiète. »
Molly enleva ses chaussures, les joues brûlantes.
« Non, bien sûr que non. Que tu me touches, c'est la dernière des choses qui m'inquiète. »
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »
« Rien. »
Énervée à présent, Molly se coucha, son dos contre lui. Il n'y avait pas beaucoup de place, mais Molly essaya d'éviter le plus possible de le toucher. Mais Sherlock dut passer son bras au dessus d'elle à cause des menottes et sa main effleura par erreur sa poitrine.
Ils se figèrent immédiatement et un silence de mort se fit.
« Tu… » Sherlock s'éclaircit la gorge, « tu dois te rapprocher. »
« Non, merci » grinça-t-elle, et elle bougea son bras jusqu'à ce que le sien repose sur sa taille.
Elle ferma les yeux et essaya d'ignorer l'homme magnifique juste derrière elle, la chaleur qu'elle sentait dans son dos et son souffle dans son cou. Cela lui pris longtemps pour ralentir les battements de son cœur, mais la fatigue l'aida à finalement se relaxer et à ignorer Sherlock, qui avait lui aussi les yeux bien fermés…
Martha Hudson, la polie et discrète propriétaire de 221b Baker Street, plaçait des muffins fraichement sorti du four dans un panier tout en chantonnant. Elle les avait faits spécialement pour Sherlock. Il avait un air terrible ces temps et Mrs. Hudson pensait que cette horrible affaire devait le fatiguer. Elle était un peu fâchée avec Molly, elle pensait que la pathologiste ne faisait rien pour prendre soin de lui, pour lui faciliter la vie dans cette période stressante. Elle commençait même à croire que Molly n'avait plus de sentiments pour lui, ce qui était tellement dommage.
Peut-être qu'emménager avec lui n'était pas une si bonne idée après tout, car Mrs Hudson savait mieux que quiconque à quel point il était difficile. Malgré cela, la bizarrerie de Sherlock allait lui manquer quand elle partirait en Australie pour de bon.
Elle avait pensé que Molly prendrait soin de lui, mais elle l'avait peut-être mal jugée, réfléchit Mrs Hudson en prenant les escaliers pour monter au 221b.
Son fil de pensée s'arrêta brusquement après qu'elle aie placé le panier sur la table de la cuisine et qu'elle se soit retournée pour repartir silencieusement. Sa bouche s'ouvrit ébahie, et elle ne pouvait que rester bouche bée devant la scène qu'elle voyait :
Le premier rayon de soleil illuminait le canapé sur lequel Molly et Sherlock était profondément endormis. Martha du presque se pincer quand elle vit le bras de Sherlock enroulé autour de Molly, la tenant serrée contre lui, leur corps collés l'un à l'autre. Une larme de joie se forma au coin de son œil quand elle vit le visage serein de Sherlock, sa tête dans le creux du cou de Molly, son souffle faisait voleter une mèche de cheveux châtain. Ils avaient les deux l'air si paisibles que Martha voulait pleurer et jubiler en même temps, tellement heureuse pour eux. Sa conviction que Molly et Sherlock était le couple parfait fut instantanément renouvelée. Elle s'autorisa à regarder son garçon être heureux et serein pendant encore un instant avant de descendre les escaliers, sans faire de bruit.
Cela prit encore deux heures avant que Sherlock et Molly se réveillent. Il s'éveilla en premier, une mèche de cheveux lui chatouillait le nez. La première chose qu'il sentit était une chaleur inconnue. Différente que celle d'un bain ou de quelques chose qu'il avait déjà ressenti auparavant. Il se sentait incroyablement bien et pendant une seconde il voulu plonger dans cette chaleur et dormir pour toujours. Mais la logique lui dit qu'il ne devrait pas ressentir cette chaleur et ses sens s'éveillèrent, il sentit une odeur qu'il reconnaissait entre toutes.
Molly…
Les yeux de Sherlock s'entrouvrèrent.
En une seconde, son corps se réveilla et il sentit chaque centimètre de contact avec le corps de Molly. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, alors qu'il sentait le corps de la femme qu'était Molly.
Il la tenait encore serré contre lui, il avait peur que s'il bouge, elle se réveille. Il n'était pas encore prêt à lui faire face. Il avait tout d'abord besoin de cataloguer ses sentiments et observations. Comme ses cheveux touchaient sa joue (il savait qu'ils étaient doux, mais c'était incroyable), la manière dont ses lèvres touchaient sa peau (sa bouche était placée proche de son cou et il devait combattre l'envie d'embrasser la peau chaude), le sentiment qu'il avait de la tenir dans ses bras, sa respiration faisant monter et retomber sa poitrine (ses bras étaient entremêlés avec les siens, comme si elle ne voulait pas qu'il la lâche), la manière délicieuse dont ses fesses pressaient contre entrejambe (non, mieux vaut ne pas cataloguer ce sentiment. Juste faire une note 'ses fesses son chaudes et fermes' et ne plus y penser avant que son corps ne réagisse) et la manière dont leurs jambes sont entremêlées.
Il n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un de sa vie d'adulte. La dernière fois c'était quand il avait 12 ans et c'était un des rares moments ou sa maman et lui avait été seuls et se câlinaient sur la canapé, elle lui lisait un livre. Et cela n'était pas comparable à cette situation. Pas. Du. Tout.
Sherlock leva la tête et observa leur corps entrelacés, avant que son regarde se porte sur son visage. Elle était vraiment magnifique. Pas une beauté conventionnelle, elle était plus subtile, plus simple, mais encore plus spéciale d'une manière toute particulière.
A quoi es-tu en train de penser ? se dit-il et il compris qu'il était entré dans des eaux dangereuses en la faisant dormir avec lui, surtout dans cet espace réduit. C'était une mauvaise idée. Vraiment, vraiment mauvaise…
Mais alors pourquoi est-ce que tu ne bouges pas ?
Question légitime.
Il devrait probablement y répondre.
…
…
Encore quelques minutes de plus…
