Titre : Si nous pouvions revenir à ce jour...

chapitre 20 : En sécurité dans tes bras

couple : milo x camus

note : si je vous dit que tous les éléments loufoques sont prévus depuis le début, vous me croyez ?

résumé : cauchemars, camping et barbecue, voyage spirituels (ou pas) sont au programme

disclaimer : M. Kurumada, pas de droits sur Saint Seiya (même si vous ne pouvez pas réutiliser sans autorisation de ma part les personnages que j'ai créé)

BONUS : anecdotes sur Hémithéa du Taureau

1) son âge m'a posé problème : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais au tout début de la fanfic', j'avais dit qu'elle avait le même âge que Psyché. Et là je me suis dit « Hum... Si je la mets comme prévu avec Ikki, il va y avoir beaucoup de différence d'âge. Changeons discrètement son âge en disant que c'est la faute d'Antéros et qu'il n'avait qu'à faire de meilleurs illusions. Niark Niark Niark »

2) Elle est très, très, très respectueuse des règles. C'est pour ça qu'au départ, elle comptait tuer Ikki dans son duel. C'est parce qu'elle a vu qu'elle en était incapable qu'elle a finit par accepter ses sentiments.

3) Au tout départ je comptais écrire une fanfction sur elle et développer ses sentiments pour Ikki, la manière dont ils sont tombés amoureux etc... Mais il n'y avait pas assez de matière pour faire une vraie histoire, donc je les ai collés ici. Donc je suis la première à avouer que leur histoire est trop rapide.

4) Elle est originaire de Rodario, le village qui se trouve à côté du Sanctuaire. C'est là qu'Aldébaran l'a trouvé. Elle y vivait avec ses parents (c'est une des rares qui n'est pas orpheline) et ses six petits frères et sœurs.

5) Physiquement, elle est inspirée d'une carte que j'avais acheté à la JE. Tapez « femme chevalier du Taureau saint seiya » et vous devriez trouver.


En sécurité dans tes bras

La lumière. Blanche, et aveuglante.

- Non ! Ne t'en vas pas !

Une silhouette qui se retourne.

- Reste, s'il te plaît !

Une main qui se tend. Elle se rapproche de la silhouette, est au moment où elle va la toucher... Une autre main attrape la sienne et la force à reculer.

- Ne m'abandonne pas !

La silhouette dit quelque chose, mais elle ne l'entend pas. Elle est entraînée, toujours plus loin, en arrière, pour finir par sombrer.

- Papa !


Camus regardait le soleil se coucher sur la mer méditerranée. Une bien belle vision, comme chaque soir depuis une semaine. Une semaine qu'il était ici, à tenter d'en savoir plus sur cette mystérieuse femme chevalier et les raisons de sa venue à Délos, ainsi que celle de cacher son identité. Elle ne l'avait pas confiée à son disciple, c'était une chose qu'il pouvait concevoir. Mais pourquoi aussi à lui ? Ils ne venaient certainement pas d'époques semblables, qu'il découvre son identité ne devrait normalement pas poser de problèmes. Et puis elle lui avait aussi interdit de fouiller dans son passer. Pourquoi ?

Plus il y réfléchissait, moins le chevalier du Verseau comprenait. Si ce n'était que le maître de Déimos était quelqu'un de puissant et d'entêtée. Mais il ne pouvait s'empêcher de la trouver... familière. Peut-être était-ce à cause de cette facilité à ne rien laisser paraître, si communes aux chevaliers du froid. Mais Camus était intimement convaincu qu'elle n'était pas des leurs. Tout simplement parce qu'elle formait le chevalier d'Orion, connu pour être le maître des flammes, comme lui était le maître de la glace.

Le bras de Déimos entra dans son champs de vison, interrompant le cours de ses pensées.

- À table, intima le jeune adolescent.

D'un certain côté, Déimos lui rappelait Hyoga, le côté sentimentaliste en moins. À moins qu'il ne considère son maître comme une mère de substitution, ce qui n'était pas improbable. Il jeta un coup d'œil à la femme chevalier, occupée à féliciter Ancha – il n'arrivait toujours pas à comprendre le pourquoi d'un tel nom – pour une proie fraîchement capturée et dépecée. Difficile de voir le côté maternel chez elle. Et puis il n'était pas censé y avoir des hormones qui rendaient les femmes enceintes plus émotives ? Pas chez celle-là, apparemment.

- Bon appétit.

Psyché ne précisa pas d'où elle tenait la viande qui servait dans le bouillon. Autant cela passerait si elle révélait qu'elle avait envoyé son disciple faire la cueillette des légumes, autant dire qu'elle se servait de son chien pour anéantir la faune de l'île serait sûrement moins bien accueillit. Surtout pour des raisons d'hygiènes.

- Camus, je peux vous poser une question ?

Déimos et ses questions. Il avait fallut un peu de temps pour faire comprendre à son élève que son maître ne voulait pas dévoiler sa vie privée. Et depuis l'arrivée du chevalier du Verseau, il ne se passait pas un seul repas sans que le futur chevalier d'Orion n'essaie de capter quelques informations. Dommage que Psyché n'ait pas été espionne, elle aurait pu le former à ce genre d'activité, surtout que le jeune garçon semblait avoir des prédispositions. Mais la Scorpion était un assassin, et elle n'était pas sûre que ce genre d'activités soit adaptées à Déimos.

- Oui.

Réponse concise et net. De toute façon, un refus n'aurait pas arrêté l'apprenti.

- Vous ne seriez pas français, par hasard ?

Celle-là, elle ne s'y attendait pas. Psyché jeta un regard interrogateur à son disciple, imitée par le onzième gardien.

- Pourquoi une telle question ?

Répondre à une question par une autre. Typiquement Camus, ça.

- C'est discret, mais des fois, quand vous parlez, vous avez un léger accent.

- Tu es perspicace, apprécia le concerné. Effectivement, je suis né en France.

L'adolescent brun esquissa un sourire.

- Ce ne serait pas aussi votre cas, maître ? Vous avez le même accent quand vous vous énervez.

- Je... Pardon ?

Comment, comment avait-elle pu laisser passer un détail aussi important ? Comment avait-elle pu oublier qu'elle avait pris la mauvaise habitude de passer au français quand elle se mettait en colère, et que si elle restait au grec elle avait un accent qui remontait ? Psyché se frappa mentalement.

- Et des fois, vous parlez dans votre sommeil, continua son élève. En grec, la plus part du temps, mais des fois vous vous mettez au français, surtout quand vous chantez cette berceuse, là.

Déimos ouvrit la bouche pour se mettre à chanter, mais la main de son professeur sur sa bouche l'en empêcha. Si jamais Camus entendait la berceuse, il comprendrait tout de suite. Parce que c'était la chanson qu'il lui chantait, le soir pour s'endormir, quant elle était enfant.

- Pitié Déimos, ne chante pas. Oui je suis française et j'ai tendance à parler en dormant, mais pour l'amour du ciel, ne chante pas.

Elle retira sa main et vit le sourire qu'arborait son disciple en dessous.

- Qu'est-ce qui te fais rire, grogna la Scorpion. D'avoir une si mauvaise voix que tous les oiseaux s'envolent quand tu ouvres la bouche ?

Camus haussa un sourcil à cette déclaration. On pouvait dire que la gentillesse n'était pas la première qualité de cette femme chevalier.

- Si je ne peux pas chanter, alors c'est vous qui le ferez.

- Pardon ?

De quel droit cet enfant lui donnait-il des ordres ?

- Aller, s'il-vous plaît, maître ! Vous avez une si jolie voix, et j'aimerais tellement vous entendre dans votre langue natale !

Du chantage, en plus. Vraiment, ce disciple lui aurait tout fait.

- Va chercher ta guitare.

Les yeux de Déimos s'illuminèrent.

- Vous savez en jouer ?

- Ne pose pas de questions et fais ce que je te dis !

Le jeune adolescent aux cheveux bruns obtempéra et reparut une minutes plus tard, l'instrument de musique à la main.

Psyché réfléchit un instant à ce qu'elle allait pouvoir jouer. Camus allait analyser, pour savoir de quelle époque elle provenait, ça elle en était certaine. Le mieux était donc de jouer quelque chose qui n'existait pas encore à son époque. Et de simple à la guitare, de préférence. Son regard se posa par inadvertance sur les cheveux rouges de l'homme assis en face d'elle, et elle se fit la réflexion qu'ils ressemblaient aux cheveux d'Ariel dans La Petite Sirène. Ce qui lui fit penser qu'il n'y avait que deux princesses à la chevelure rousse chez Disney. L'autre étant...Mérida. Dans le dessin animé Rebelle. Avec la chanson Soleil Brûlant, accompagnée notamment par une guitare. Et qui n'était pas encore sortie en 1986*. Validé.

La Scorpion s'installa aussi bien qu'elle le put, guitare + grossesse gémellaire de six mois (soit l'équivalent de neuf avec un seul enfant) ne faisant pas bon ménage. Après être parvenue à une position à peu près acceptable, elle entama les premiers accords, et laissa s'élever sa voix.

- L'amour est une étoile lointaine
Qui nous guide dans la nuit incertaine
L'amour est un soleil brûlant
Éclairant nos vies indéfiniment

Je veux te comprendre, te parler
Mais les mots s'envolent pour l'éternité

Quand le mur tombera-t-il enfin ?
Qui saura me montrer le chemin ?
Je pense à cet amour partagé
Je voudrais le garder

J'espérais pouvoir tout changer
Je commence déjà à le regretter

Pourquoi ce jour qui file vers l'oubli
Ne peut-il pas durer toute la vie ?
Les murs du silence s'écroulent enfin
Et je reviens sur le droit chemin

Je pense à cet amour partagé
Je voudrais le garder

Je voudrais le garder
Je voudrais le garder

L'amour est un soleil brûlant

Camus regarda avec attention l'étrange chevalier qui lui faisait face, ses doigts courant sur les cordes de la guitare et sa voix s'élevant à travers les cieux. Comme si une nouvelle facette de la personnalité du maître de Déimos venait de lui être dévoiler. Une facette peut-être pas plus douce, mais plus gentille, plus...protectrice. Cela lui rappelait un peu Milo, en quelque sorte. Sous le guerrier puissant, sous l'assassin sadique, se trouvait un homme bon aux côtés incroyablement protecteur et soucieux du bien-être de son entourage. Cela lui donnait encore plus l'envie de retrouver son compagnon, et de ne pas penser qu'il était en train de déjouer le complot de la divinité de la Discorde**, ainsi que d'oublier l'ombre menaçante de la guerre qui approchait dangereusement du Sanctuaire.


Le petit être poussa un soupire. De sa main droite, il retraça la constellation du Verseau, essayant d'imaginer ce que pouvait bien faire son ami pendant ce temps. Mais quelque chose de doré attira son regard et le tira par la même occasion de ses pensées. Là, près de l'olivier où il était assis, l'urne sacrée contenant l'armure d'or du Scorpion s'était mise à luire. Il s'approcha et se pencha au dessus de la boîte, essayant de reconnaître le cosmos qui s'en était emparé. Et, brusquement, une silhouette fantomatique s'en éleva. Une silhouette de femme. Avec des cheveux rouges et l'armure du Scorpion sur le dos.

- Bordel, s'énerva la madame-fantôme, pourquoi, POURQUOI, il n'y a qu'à moi que ce genre de choses arrivent ? Les malédictions, les communications en rêves, les pouvoirs bizarres, et maintenant ça ! Et j'en déduis que c'est encore toi, n'est-ce pas ? Je t'ai déjà dit que me faire faire ce que tu voulais en rêve ne servait à rien puisque je ne m'en souvenais pas. Mais j'imagine que si tu m'as envoyée ici c'est pour une bonne raison, alors autant y aller jusqu'au bout. D'ailleurs où est-ce que tu m'as fait atteri..

Psyché se retourna pour faire face à... un mini Milo. Haut comme trois pommes, tout en boucles blondes*** et grands yeux brillants.

Son visage qui s'était crispé sous la colère se radoucit immédiatement.

- Oh. Excuse-moi. Je n'avais pas vu que tu étais là.

Le gamin ouvrit grand la bouche. Le fantôme l'avait vu ! Mais est-ce que c'était vraiment un fantôme ? Non parce qu'elle avait l'air tellement gentille, avec son grand sourire et son aura qui était si proche de la sienne. En plus il avait l'impression que, si il tendait la main, il allait pouvoir la toucher.

- Vous êtes qui ? finit-il par demander. Vous êtes l'esprit de l'armure ? Pourquoi vous portez par de masque alors que vous êtes une femme ? Et pourquoi est-ce que vous êtes-là ? Pourquoi vous avez les cheveux de deux couleurs différentes ? Pourquoi vous avez juré quand vous êtes apparue ? Et pourquoi mainten...

Psyché mit un doigt sur la bouche de mini-Milo.

- Oulà, doucement mon bonhomme. Je veux bien répondre à tes questions, mais une à la fois, d'accord ? Et évite de crier. Il ne faudrait pas réveiller ton maître.

Elle lui adressa un clin d'œil à la fin de sa phrase. Se pourrait-il qu'elle connaisse son professeur ? Quoi qu'il en soit, l'apprenti Scorpion hocha la tête. Puis il s'installa sur une branche basse de l'arbre et attendit que la femme aux cheveux écarlates vienne s'asseoir près de lui.

- Vous êtes un fantôme ?

- Non. Je suis un chevalier du Scorpion, venue d'une autre époque. Ce que tu vois doit-être une projection de mon âme, ou quelque chose comme ça. Une partie de moi qui est restée dans l'armure.

Mini-Milo plaça ses mains sur une des jambes de la chevalier d'or, l'air très concentré.

- Je peut vous toucher, constata-t-il.

La jeune femme se fendit d'un sourire très doux. Elle leva une main et attendit que la petit garçon vienne placer la sienne de manière à faire correspondre leurs paumes. Celle de la huitième gardienne était plus grande. Cela lui rappela avec un pincement au cœur la fois où, petite, Milo avait retracé exactement le même geste pour lui montrer que, même si elle avait été adoptée, ils étaient pareils. Qu'il l'aimait qui qu'elle soit.

- C'est vrai, finit par dire Psyché. Je ne suis pas de ce monde, ou alors un esprit tout au plus, mais je peux te toucher. Je peux également sentir ton cosmos, et savoir que toi aussi tu es lié à la constellation du Scorpion, petite pomme****.

- Comment vous savez comment je m'appelle ? demanda mini-Milo.

- Et bien...je le sais, c'est tout.

Le petit être regarda un instant cette femme revêtue de la même armure que son maître, armure pour laquelle il était venue ici, sur l'île de Milos. Il ne lui fallut pas beaucoup plus pour se coller à elle et enfouir son nez dans ses cheveux, tout en serrant fermement sa taille dans ses petits bras.

Psyché considéra pendant quelques secondes l'enfant qui venait de se coller elle. Tellement...mignon. Et si...adorable. Surtout ne pas craquer, ne pas craquer, ne pas...Trop tard. Mini-Milo était bien trop irrésistible. La jeune femme pris donc la petite masse blonde et bouclée dans ses bras et l'installa sur ses genoux, tout en caressant d'une main ses cheveux si doux.

De son côté, Milo se blottit encore plus tout contre cette femme chevalier. Il ne savait même pas comment elle s'appelait, mais il n'en avait que faire. Elle avait quelque chose de rassurant. Comme... comme une maman. Et elle sentait très bon, aussi, une odeur un peu de neige, comme celle de Camus, et un peu de terre et de soleil, comme l'endroit où il était né. Oui, vraiment, il se sentait en sécurité. Avec quelqu'un qui lui rappelait tout ce qu'il aimait : sa maison, l'été, la nature, et Camus, son meilleur ami qui faisait toujours s'accélérer un petit peu son cœur.

- Je t'aime bien, finit-il par murmurer.

La jeune femme suspendit un instant son va et vient dans la chevelure emmêlée. Elle commençait à comprendre pourquoi on l'avait envoyé ici : parce qu'en cet instant, Milo avait besoin d'amour. Et c'était une manière de lui rappeler qu'il y avait des gens qui avait besoin d'elle, en ce moment. Psyché jeta un coup d'œil à l'enfant qui regardait fixement les étoiles. En cet instant, elle ne savait absolument pas si Milo se souviendrait de ce moment, ni même s'il était réel. Pourtant, elle répondit dans un souffle :

- Moi aussi.


*théoriquement, l'histoire se passe en 2002 (ou en 2001, je m'y perds dans toutes mes propres dates). Rebelle n'est pas encore sortit, théoriquement Psyché n'a aucun moyen de le connaître. Veuillez me pardonner ce faux-raccord historique, j'étais en panne d'inspiration sur ce coup là.

** temporalité de Saintia Shô, pendant le tournoi galactique

*** on va dire qu'il a commencé à se teindre quant il a eu son armure (comme les autres, d'ailleurs)

**** « milo » signifie « pomme » en grec