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Chapitre 16

7ème Année

La guerre de deux femmes

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La septième et dernière année d'Ivy commença sous de mauvaises augures. D'abord, elle ne vit personne de l'été, cantonnée à l'intérieur du manoir familial. Ses parents se posèrent ensuite la question si elle devait retourner à Poudlard ou non, sa mère ayant terriblement peur pour elle. Enfin, elle fit le trajet seule avec Terry, ses amis Serpentards étant invisibles..

Puis, une fois dans la grande salle, des murmures se propagèrent rapidement. De nouvelles têtes étaient assises à la table des professeurs. Et elles n'étaient pas joyeuses. Ça sentait le mangemort à plein nez. D'autres par contre, manquaient dans la salle : Drago, mais aussi Harry, Ron et Hermione.

Il ne fallut pas longtemps pour annoncer que Rogue remplaçait dès aujourd'hui Dumbledore au poste de Directeur (Ivy faillit d'ailleurs s'étouffer avec sa salive), qu'Alecto Carrow, une femme aux traits mesquins, allait remplacer Charity Burbage pour le cours d'étude des moldus et que son frère, Amycus Carrow allait enseigner l'art de la magie noire…

Les premières années eurent un regard effrayé, quant aux plus anciens, notamment les Gryffondors, ils eurent un mouvement de recul et d'appréhension. La guerre était clairement annoncée.

Évidemment, les cours des Carrow furent obligatoires, et toute absence entraînait une punition.

Amycus adorait faire s'exercer les élèves entre eux, notamment sur les plus jeunes qui étaient en retenus. Tout manquement entraînait une punition.

Alecto détestait les enfants. Quand elle le pouvait, elle donnait des ordres incongrus à des premières années, ordres qu'ils ne pouvaient souvent pas accomplir du fait de leur jeune âge. Tout manquement entraînait une punition.

Se plaindre de la sévérité des Carrow auprès du Directeur ou des autres professeurs, entraînait une punition.

Les premières semaines furent difficiles pour tout le monde, surtout les plus jeunes. Mais les sixièmes et septièmes années, essayèrent de faire garder le moral à tout le monde, les protégeant au maximum.

Puis l'absurdité et les punitions évoluèrent, devinrent cruelles, et là, Ivy dit stop.

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Elle assista à tout et n'importe quoi. Amycus demandant à un septième année de jeter l'Endoloris sur un second année. Amycus apportant des niffleurs et demandant à des cinquièmes années de jeter l'Avada Kedavra sur eux. Amycus jetant l'Impero sur des troisième année, pour rigoler, les faisant s'exécuter des danses irlandaises.

Sa sœur n'était pas en reste. Elle réussit à amener une moldue dans le château, à l'exhiber, la torturant, montrant ses faiblesses avant de lui jeter le sort d'amnésie (au départ, elle avait souhaité celui de mort, mais l'intervention de McGonagall la calma). Alecto rassembla aussi plusieurs crânes moldus et les exposa, expliquant par des théorèmes fourbes que leur boîte crânienne était plus petite que la moyenne sorcière, et que cela démontrait leur stupidité.

Ivy rageait de jour en jour, et plusieurs choses finirent par l'achever.

D'abord ses "amis" Serpentards. Eux étaient épargnés, les Gryffondors prenant le plus grand nombre de punitions possibles. Mais ce qui fut pire, était leur "participation". Notamment celle de Pansy. Daphné et Blaise se tinrent à l'écart à son plus grand soulagement, cependant, elle se sentit tout de même trahie par la jeune brune.

Mais ce qui lui fit le plus mal, fut de voir Tom rigoler lorsqu'elle lui racontait ce qui se passait. Leurs entrevues se raccourcirent, leurs contacts devinrent rares et leur entraînement, laissé petit à petit à l'abandon.

Il essayait, en ce début d'année, de lui apprendre un sort d'attaque qui permettait de faire bouillir le sang de son adversaire, et ce, jusqu'à sa mort. Le processus ne prenait qu'une quinzaine de minutes pour arriver à sa fin, mais était extrêmement douloureux, faisant éclater les vaisseaux sanguins et peu à peu, par correspondance, les organes internes. Ce sort, ferveret sanguis, était pour lui d'une grande utilité, mais Ivy le trouvait très barbare. Sur qui pourrait-elle le lancer ? Elle n'en avait de toute manière pas envie.

En plus de son moral au bas des pâquerettes, elle ne réussissait qu'à créer soit l'éclatement immédiat des organes, soit un coup de chaud. Tom perdit très vite patience et la congédia de plus en plus tôt. Cela la fit aussi perdre de plus en plus pied.

Un début de soirée d'Octobre en particulier, avant le souper, Ivy fut rejetée violemment par Tom devant son manque de maîtrise et de pouvoir. Ils se disputèrent alors et Ivy partit, en claquant la porte et enlevant la bague. Elle s'arrêta un instant contre le mur et laissa de grosses larmes s'échapper. Elle resta ainsi quelques longues minutes, avant de se ressaisir alors qu'un Poufsouffle de quatrième année passa devant elle. Elle n'allait quand même pas se montrer en spectacle, non ?

Mais elle sentait toute la situation lui échapper. Comment avait-on pu passer aussi rapidement d'une sixième année idyllique à une septième année chaotique ?

Tandis qu'elle descendait l'escalier menant à la Grande Salle, elle surprit au détour d'un couloir, Alecto entrain de menacer un première année. Le jeune garçon était de Serdaigle.

Il semblait sous l'Impero car faisait semblant de faire des claquettes, sous le rire cruelle de la femme.

Ivy vit alors rouge et sortit sa baguette, et sans plus réfléchir, lança un Expelliarmus bien placé qui fit voler la professeure contre un mur du couloir. La jeune Serdaigle s'approcha encore un peu avant de lancer l'Immobulus, ce qui fit geler sur place Alecto.

Se retournant vivement vers le première année qui avait cessé de danser et qui pleurait à présent, elle lui prit la main et l'emmena plus loin le plus vite possible. Ce n'était qu'une question de minute avant qu'on ne la découvre dans cet état et qu'elle soit libérée.

"Ça va ?"

Le jeune garçon renifla et essuya ses grosses larmes avec la manche de sa robe.

"Oui… Merci"

Elle lui tapota gentiment la tête avant de le serrer contre elle. Elle lui murmura alors.

"S'il te plait, essaie d'éviter les Carrow, je ne serais pas toujours là"

Il acquiesça avant qu'elle ne se relève et prenne sa main. Ils se dirigèrent vers la Grande Salle où là, elle le fit s'asseoir avec ses compagnons et déclara à voix haute.

"Si jamais vous avez un problème, venez me voir, et j'essaierais de vous aider… Soyez prudents. Nous vivons des moments bien sombres, mais c'est en se serrant les coudes que nous en sortirons vainqueurs"

Ils acquiescèrent, surpris, et elle put voir que son discours eut un certain effet à la table des Gryffondors où Londubat lui sourit lentement. Lui aussi, et plusieurs septièmes années, avaient commencé la rébellion. L'armée de Dumbledore pour être exacte, l'avait commencée. Elle devait essayer de récupérer leur Gallion dans sa malle afin d'être un peu plus au courant et de se caler avec eux.

Alors qu'elle s'asseyait à côté de Terry, celui-ci eut un sourire contrit quand soudain, une Alecto rugissante comme un Botruc, entra dans la Grande Salle. Le calme se fit immédiatement, et Ivy n'eut pas le temps de réagir qu'elle se fit propulser à terre. Un cri d'horreur se fit entendre alors qu'elle sentit un poing s'abattre sur sa figure et déchirer ses pommettes.

Dans la confusion, il fut au moins deux bonnes minutes au professeure McGonagall pour se frayer un chemin jusqu'à la furie qui achevait Ivy, toujours à terre.

Ce fut finalement la voix de Rogue qui calma Alecto.

"Il suffit !"

La professeure se redressa vivement, comme prise en flagrant délit, et commença à expliquer l'attaque qu'elle avait subi. Ivy, avec l'aide de McGonagall, se releva doucement, encore étourdie, la tête bouffie. Elle sentait sa lèvre être fendue, son arcade saigner et des hématomes apparaître sur toute la surface de son visage. Mais ce fut les paroles du Directeur qui étonna tout le monde.

"Alecto, vous savez parfaitement qu'elle ne doit pas être touchée, c'en est assez à présent"

La femme jeta un regard foudroyant à Ivy, avant de lui cracher dessus et de se diriger vers la table des professeurs. Cette dernière ne put s'empêcher de lui murmurer qu'elle aurait sa peau si elle touchait encore à un jeune. Il n'en fallut pas plus pour qu'Alecto revienne à la charge, mais elle fut vite écartée par Amycus.

"Stafford, allez à l'infirmerie…"

Ivy, fumante de rage, acquiesça à McGonagall et partit sans un regard en arrière, seule.

La guerre était belle et bien déclarée entre les deux femmes.

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Bien évidemment, elle ne se dirigea pas vers l'infirmerie, mais vers son dortoir où elle se décrassa comme elle le put. Une fois sortie de la douche, elle se mit en pyjama et remis la bague par automatisme. Enlevant d'un coup de manche la buée, elle s'observa à travers le miroir. Sa pommette gauche était fendue, ainsi que le haut de sa lèvre, et un joli coquard allait apparaître rapidement.

Rien de bien terrifiant. Mais tout de même.

Fulminant, elle serra les poings et ne remarqua pas la présence derrière elle.

"Qui t'a fait ça ?"

Ivy n'eut pas le courage de regarder à travers le miroir, reconnaissant parfaitement la voix. Ce n'était pas le moment.

"Va-t-en ou c'est moi qui t'enlèverais"

La menace était claire et c'était la première fois qu'il l'entendait depuis bien longtemps. Tom plissa des yeux. Certes il était exécrable avec elle ces derniers temps, mais c'était voulu. Elle se reposait trop sur lui et … il appréhendait la situation... Il avait... peur de cette faiblesse… Il n'en voulait pas. Il ne voulait pas s'avouer qu'elle était devenue sa fragilité.

"Ivy…"

La jeune femme se retourna, folle de rage, et lui cria dessus, les larmes aux yeux.

"VA-T-EN !"

Sans un mot de plus, elle enleva la bague et la jeta dans la vasque. La silhouette de Tom s'évapora alors immédiatement dans une volute de fumée, leurs regards ne se séparant jamais. Il était furieux, cela se voyait. Mais c'était de sa faute, de la faute de Voldemort. Dumbledore était mort, Rogue maintenant sur le trône, deux de ses sbires bien connus étaient professeurs et faisaient régner la terreur… Non… Ce n'était pas acceptable.

Ce n'était pas ça Poudlard.

Et elle se battrait pour son école.

Sans un regard en arrière, elle se coucha et essaya de s'endormir. Il lui fallut plusieurs heures, avant de tomber finalement de fatigue.

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Le lendemain, elle se réveilla revigorée. La journée se passa plutôt calmement. Beaucoup la dévisagèrent. Elle avait en effet choisi de ne pas jeter de sort de glamour sur son visage, laissant apparentes ses blessures. Elle rencontra même Pansy au détour d'un couloir, qui baissa la tête comme honteuse.

Aujourd'hui, elle n'avait pas cours avec les Carrow, mais avec McGonagall et Slughorn. Les deux lui glissèrent, à sa grande surprise, de faire attention à ses actions. La première avec fierté, le second avec peur.

Lors des repas, elle sentait le regard d'Alecto sur son dos, mais décida de l'ignorer. Elle se battrait jusqu'au bout, qu'importe ce qu'on lui dirait.

Elle se sentait bouillonnante, prête à faire front. Elle n'avait jamais été courageuse comme un Gryffondor, mais l'injustice était hors de question pour elle. Maintenant qu'elle y était confrontée, elle ne pouvait restée silencieuse. Et elle savait aussi qu'une autre discussion s'imposait avec le principal concerné par cette situation...

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Plus tard, ce soir là, elle récupéra la bague et se dirigea vers la tour d'Astronomie, décidée. Là même où Dumbledore était mort. S'asseyant au bord, elle glissa la bague autour de son doigt.

D'abord, elle ne le sentit pas. Mais elle savait qu'il était là, tapis dans l'ombre.

Pour le provoquer, elle commença un monologue belliqueux.

"C'est ça pour toi, l'école ? C'est ça ta vision de Poudlard ? Des élèves terrorisés ? Maltraités ? Qui s'entre-tuent à moitié ? Plus aucune vision d'un avenir heureux ? On achève directement dans l'œuf toute ambition ? Savoir ? C'est ce que tu souhaites que ça devienne ? Ta chère maison ? La seule qui ne t'ait jamais accueilli ? Hein Tom ? En instaurant un régime de terreur avec tes sbires à la noix ? Mais sache qu'on sera debout, jusqu'à la fin. Tu veux maltraiter les nés moldus ? Les sang-mêlés ? Et bien j'en suis une… Alors vas-y. Je suis ici, à ta merci. Il ne faudrait pas grand chose pour que je tombe et de cette hauteur, aucune chance pour moi d'y survivre. Allez, sois courageux pour une fois dans ta vie".

Elle s'était certes, un peu laissée emporter, mais elle en avait assez de cette situation. Soudain, elle entendit soupirer derrière elle.

"Arrête, tu es ridicule ..."

Ivy se redressa alors vivement, lui faisant face. Il avait l'air las.

"Moi ? Je suis ridicule ? Mais regarde donc où en est Poudlard à cause de toi !?"

Il secoua négativement la tête.

"Ce sera juste durant quelques années, pour que tous prennent le pli"

La colère grouillant au fond d'elle explosa alors totalement.

"Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu es infâme ! Tu veux éliminer les nés moldus ? Mettre au pas les sang-mêlés ? Alors vas-y, salis toi un peu les mains. J'en suis un !"

Son regard commença à devenir rouge écarlate, montrant sa fureur.

"Arrête, ou je serais tenté de la faire."

Pris dans la vague de haine, elle pointa son doigt sur lui, le menaçant, l'intimant de le faire.

"Fais-le alors. Une fois dans ta vie, aies le courage d'aller jusqu'au bout et de ne pas demander à tes minions de le faire pour toi."

Elle savait qu'il s'était déjà sali les mains, mais là... Il s'approcha alors vivement d'elle, l'empoignant par le col. La magie qu'il lui arracha de son être lui fit sûrement plus mal que ce simple geste. Il était en colère, elle pouvait le ressentir au plus profond de son âme.

"Tais-toi… Ou je vais vraiment le faire... Après tout... tu ne me sers plus à rien dans cet état..."

Ivy fronça les sourcils... De quoi parlait-il ?

"Regarde comme tu réagis... En plus, Voldemort m'a doublé. Il semble plus déterminé que moi, dans sa conquête du pouvoir..."

Ivy sentit son cœur s'accélérer.

" Comment ça ? Tu... Voulais m'utiliser ?"

Tom eut un rictus, effrayant.

"T'utiliser... Pourquoi crois-tu que je t'ai supportée tout ce temps ? Que je t'ai entraînée ? Tu n'es qu'une sang-mêlé... Tu ne m'apportes rien, hormis des informations et du pouvoir... De la puissance magique... "

Ivy surprise recula légèrement.

"Mais vu la tournure des événements... Je devrais te ponctionner jusqu'à ta dernière goutte de magie..."

La jeune femme se figea, ne pouvant y croire. Est-ce que tout cela avait été faux ? Refoulant les larmes, elle se mit une carapace, plus dure et plus irritante que jamais, protégeant son âme et son cœur, saignants. Il voulait jouer ? Elle allait le suivre, quitte à en mourir.

"Et bien dans ce cas je te donne ta chance... Vas-y..."

Tom plissa les yeux, mais aucunement déstabilisé. On l'avait souvent menacé, imploré, provoqué... Ivy ne changerait rien à l'histoire... Enfin... C'est ce qu'il se persuadait.

"Qu'est-ce que tu cherches ?"

Ivy ne put s'empêcher d'esquisser un sourire machiavélique, moqueur. Elle avait l'impression d'être le soir de la mort de Dumbledore. Elle avait l'impression d'être à la place du vieil homme et de ressentir sa tristesse, sa détresse. Deux pas en arrière et une pichenette de Tom suffiraient à la faire tomber de la tour.

C'est les larmes aux yeux qu'elle le challengea encore une fois, ne se démontant pas.

"Fais-le…"

Et c'est là qu'elle le vit réellement. Tom n'était plus le beau jeune homme qu'elle croyait connaître depuis tant d'années, mais juste une statue de cire sans cheveux, ayant des fentes rouges à la place des yeux. D'un mouvement sec, il la poussa en arrière sans sourciller, et trébuchant, elle tomba.

Tomba.

Encore et encore.

Elle sentit sa chute plus qu'autre chose, le vent fouettant l'arrière de sa tête et son regard, bloqué sur le visage de Tom, encore en haut de la tour.

1...

2...

3...

Les secondes semblaient être interminables et elle ne put se retenir de fermer les yeux, les larmes s'échappant enfin. Il l'avait trahi, lui aussi.

Lorsqu'elle les rouvrit, une fumée noire l'entourait et alors qu'elle sentait le sol se rapprocher, sa chute se ralentit d'un seul coup avant d'être arrêtée nette, quelques centimètres au dessus de la terre.

Puis son corps la heurta violemment. La fumée s'était dissipée, laissant la place à la silhouette de Tom affalée sur elle. Il semblait se maudire et planta son regard dans celui de la Serdaigle, furieux.

"Tu es heureuse, idiote ?"

Ivy tourna son regard vers le ciel étoilé, sous le flot d'injures que proférait Tom.

Elle ne savait pas si elle était heureuse. Elle ne savait même pas pourquoi elle s'était comportée ainsi ? Pour voir sa vraie personnalité ? Ses vrais sentiments ?

Il avait repris son apparence normale, mais Ivy décida de l'ignorer.

Il était très énervé. Lorsqu'il l'avait poussé, lorsqu'il vit son corps tomber comme une poupée de chiffon, il ressentit quelque chose d'étrange. Comme si son cœur, inexistant, s'était mis à saigner. Et il avait alors compris. Il n'utilisait pas Ivy. C'est elle qui le manipulait, qui l'avait ensorcelé, et ce depuis le début. Et il n'avait pu que la sauver. Il ne l'avait pas utilisé... Il avait essayé de le faire, de s'en convaincre... Mais jamais il n'était allé au bout de ses pensées.

Oui... Il avait dit tout cela sur le coup de la colère...

Se rendre compte de cet état de fait le mettait hors de lui et il ne pouvait s'empêcher de la traiter d'idiote. Pourquoi avait-elle fait ça ?

Ivy, quant à elle, ferma son esprit jusqu'à ce que les paroles de Tom atteignirent ses oreilles et la surprirent.

"Je ne veux pas devenir ainsi… pas avec toi"

Ivy se releva sur les coudes et lui jeta un regard interrogateur. Il avait l'air tellement las, tellement vieux en cet instant, comme s'il portait le fardeau de toutes ses âmes séparées.

"La forme que tu as vu… C'est moi après cet horcruxe. Celui de trop sûrement. La magie noire me mange comme un millier de vers… Inlassablement. Je… Je…"

Il semblait hésiter et cela était vraiment étrange de sa part. Jamais elle ne l'avait vu ainsi.

"Jamais je n'aurais pensé dire ça… À personne mais… On a passé de bons moments ensembles… Alors… Je laisse cette partie noire de ma vie, ce genre d'actions indélébiles à Voldemort"

Ivy s'assit sur l'herbe mouillée et regarda ses mains. Elle avait une tonne de questions qu'elle décida de laisser de côté. Elle lui en voulait, terriblement. Il avait cédé à sa colère, et l'avait poussée…

Et en même temps, il l'avait sauvé. Il s'était ouvert à elle, lui révélant de nombreuses choses enfouies que personne ne connaissait.

Cela montrait bien le paradoxe qu'était son âme. Il n'était pas né méchant, mais empruntait trop facilement cette voie. Était-ce dû à son manque d'amour ?

"Ivy…"

Il l'a sortie de ses pensées noires et elle n'eut le courage de croiser son regard. Elle se trouvait sale, humiliée mais aussi honteuse. Elle sentit alors ses mains se faire emprisonner dans la sienne et une autre, relever son menton.

"Ivy… Je ne pensais pas ce que je disais…"

Les larmes coulèrent enfin le long des joues de la jeune Serdaigle.

"Si… Justement…"

Elle entendit son rire glacial avant de sentir ses bras l'enlacer. Il lui murmura alors à l'oreille.

"Je te promets de ne jamais t'abandonner…"

Elle marqua cette promesse au fond de son cœur, mais savait qu'à la première occasion, il briserait ses paroles, et ainsi son âme.

"Mettons cela sur le compte d'une dispute de couple…"

La surprenant de plus en plus avec ses paroles, elle ne put s'empêcher de lui jeter un regard interrogateur. Un couple ?

"Allez, allez… Ne fais pas cette tête. Ne me fais pas regretter mes paroles"

N'esquissant toujours aucun geste et n'émettant pas de son, elle sentit Tom qui commençait à rager intérieurement… Et … oui… Comme cela était étrange… Il y avait un autre sentiment sous-jacent. Comme... De la... peur…?

Elle esquissa alors un faible sourire et l'étreignit fermement.

Oui… une dispute de couple…

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Les jours passèrent et Terry fut de plus en plus inquiet pour Ivy. Elle mangeait peu et commençait à avoir un teint de cadavre. À la moindre occasion, les étincelles faisaient éclater une bagarre entre elle et Alecto. Souvent, les deux femmes se retrouvaient à l'infirmerie. Il n'y avait aucune pitié dans leur combat. Alecto était même à deux doigts de la tuer, et ce frontalement.

Et ce jour arriva plus rapidement que prévu. Alors qu'Ivy transitait d'un cours à l'autre, elle vit une jeune Poufsouffle crier à l'aide. La voyant en nage, elle arrêta la petite étudiante et lui demanda ce qui se passait. Cette dernière pointa d'où elle venait et commença, haletante.

"C'est Peter... Il s'est fait attrapé par Alecto pour avoir jeté des boules puantes dans le couloir. Ce n'était rien de méchant, mais elle était tellement énervée qu'elle est entrain de lui jeter un endo.. un endo..."

Voyant son hésitation, Ivy lui indiqua d'aller chercher McGonagall et se dirigea avec hâte vers l'endroit indiqué. La jeune fille avait surement voulu dire Endoloris. Il n'y avait donc pas de temps à perdre. Plus elle se rapprochait, plus elle voyait des écoliers fuir et plus elle entendait les râles de souffrances.

Quand elle arriva sur place, Alecto était dos à elle. Le jeune Peter était en boule par terre, un filet de bave sortant de sa bouche. Ivy savait que la professeure n'était pas à son maximum, mais pour un petit de 12/13 ans, cela était amplement suffisant.

Ne réfléchissant pas plus, elle laissa tomber son sac, prit sa baguette et lança le premier sort qui lui vint à l'esprit, Expulso qu'elle dirigea à ses pieds. La puissance de la déflagration fut si forte qu'Alecto se fit projeter contre le mur, quelques mètres plus loin.

Profitant de l'instant d'inattention, elle prit le bras du jeune Poufsouffle, le remit debout et le confia à une sixième année, passant par là. Il devait aller à l'infirmerie. Alors qu'elle allait se retourner, elle entendit Alecto lui lancer un Expelliarmus, qui la fit voler à son tour. Retenant son souffle, elle atterrit lourdement sur le sol. Grognant, elle allait se relever lorsque son adversaire lui jeta l'Endoloris. Entendant les premières syllabes, Ivy se roula par terre pour éviter le sort qui rebondit juste à côté de sa tête.

Afin de détourner l'attention d'Alecto, la jeune Serdaigle lança un Agua eructo si puissant, que le jet d'eau fit tomber en arrière la mangemorte et la sonna quelques instants. Ivy serra alors les dents et se releva. Replaçant une mèche de cheveux, elle entendit Alecto, encore à terre, lui lancer un Diffindo. Le sort ne l'effleura qu'à peine, mais Ivy cria de douleur. Une longue entaille de 15cm de long sur 2 cm de hauteur, était béante sur son bras gauche. Surprise, elle essaya de compresser la plaie avec un Episkey mais prise dans le feu de l'action, reporta très vite son attention sur son adversaire.

Alecto s'était relevée, un grand sourire sur le visage. Implicitement, les deux femmes surent que le combat serait à partir de maintenant, violent. Tous les coups seraient permis. Ivy serra sa baguette et alors que la professeure levait la sienne pour lancer un nouveau Endoloris, la jeune Serdaigle fut plus rapide et lança un Everte Statum qui projeta Alecto en arrière. Sans plus réfléchir, elle lança de suite un sort que lui avait appris Tom, l'acri obumbratio.

Un nuage sortit de la baguette d'Ivy et entoura son adversaire, qui cria de douleur. Alors que les ombres disparaissaient, la femme à genoux avait les mains et le visage en sang, de nombreuses petites entailles mais profondes sur toute la surface de sa peau. Ivy, l'observa un instant, essayant de se convaincre qu'elle avait eut raison d'utiliser ce sort.

Alors qu'un attroupement se formait derrière elle, elle entendit son prénom et se retourna. Surprise, elle vit Daphné et Pansy dans la foule, effrayées. Mais leurs yeux s'agrandirent de plus belle lorsqu'Alecto prit sa baguette bien en main et envoya sur la jeune Serdaigle, inattentive, un Endoloris. Celui-ci la toucha de plein fouet.

Le sort fut si violent qu'Ivy tomba à terre, criant de toutes ses forces. Elle avait l'impression d'être sur un bucher et l'espace d'un instant, elle se remémora les paroles de Tom lors de la fête du Solstice, l'an passé. C'est ainsi que la purge des sorcières s'était faite. Et la douleur était insoutenable. Soudain, la souffrance s'arrêta nette, permettant à Ivy de reprendre son souffle. Quelqu'un était devant elle, la protégeant. De dos, la jeune Serdaigle put reconnaître Daphné grâce à son uniforme et ses longs cheveux blonds. Elle la protégeait...

Encore l'esprit brumeux, elle vit son amie se faire éjecter, sa tête cognant lourdement contre le mur. Daphné s'écroula alors, inconsciente. Ivy eut juste le temps d'entendre le cri de Pansy rejoignant la Serpentarde, et cela lui suffit pour reprendre contenance et se relever.

Haletante, elle leva sa baguette et lança un Expulso qui détona dans le couloir, assourdissant tout le monde et blessant Alecto. Énervée au plus au point, Ivy continua, lançant sans s'en rendre compte, le sort que Tom lui avait appris pour faire bouillir les veines. Un silence s'abattit sur la foule alors qu'Alecto, en mauvais point, recula légèrement. Elle devint soudainement rouge et commença à cracher du sang. Tombant à terre, elle cria de toutes ses forces, se roulant de par et d'autre.

Soudain, la voix de Pansy s'éleva, étonnant la jeune Serdaigle, folle de rage.

"Arrête ça Ivy ! Elle va mourir !"

Et c'était vrai. Alecto allait mourir... Quinze minutes avait dit Tom... Quinze petites minutes d'une douleur incommensurable.

"IVY !"

Alors qu'elle hésitait à arrêter son sort, la jeune Serdaigle fut mise sans ménagement de côté pendant que McGonagall lançait un "Finite Incantatum" sur sa collègue, à terre. Rouge et fumante, Alecto était un spectacle misérable. Les vaisseaux de ses yeux étaient éclatés et du sang s'écoulait lentement de son nez. La professeure de métamorphose s'agenouilla alors près d'elle et lui lança d'autres sorts afin surement, de la guérir.

Mais Ivy, choquée et furieuse, les regardait sans les voir. Soudain McGonagall était devant elle, la secouant par les épaules. La vieille femme semblait à bout, inquiète et enragée. Cependant, la jeune élève en face d'elle était dans un autre monde, n'entendant rien. Qu'avait-elle fait ? Elle allait la tuer... Et finalement, s'abaisser à son niveau.

Alors qu'elle reprenait ses esprits et qu'elle allait s'expliquer avec McGonagall, la bague d'Ivy se remit à chauffer, comme la nuit où Dumbledore avait été tué. Étonnée, Ivy observa le bijou, puis son regard fut attiré par Alecto, encore à terre.

La suite des évènements se déroulèrent au ralenti. Avec le peu de force qui restait à la mangemorte, elle attrapa sa baguette et la pointa sur Ivy. Cette dernière reconnut immédiatement le sort lancé. Avada Kedavra. Alors que le temps s'arrêtait, la jeune Serdaigle pensa qu'elle l'avait mérité.

Cependant, de manière inconsciente sa baguette se leva et elle susurra schilderia ombrae.

Un nuage noir, impassible, l'enveloppa, faisant ricocher vers le plafond le sort impardonnable. Un sursaut prit l'assemblée, ainsi qu'Alecto. La peur se voyait dans son regard. Alors que les ombres se dissipaient, Ivy la regarda sans sourciller avant qu'un sourire triste n'apparaisse sur ses lèvres.. La femme en face d'elle ressentait des émotions contradictoires et venait de comprendre…

Il n'y avait qu'une personne qui utilisait ce bouclier si sombre, si inconnu...

Son Maître.

Du bout de ses lèvres bleuies, elle commença à bégayer, à bout de force.

"Mais… C'est impossible… Où... Où as-tu appris ce sort ? Dis-le moi !"

Ivy semblait inerte comme un pantin avant de la regarder droit dans les yeux, tout sourire disparu. Elle avait gagné, sur tous les points, mais à quel prix ?

"Tu devrais le demander à son créateur…"

Les yeux d'Alecto s'agrandirent alors sous la peur et elle se mit à trembler…C'était... Impossible...

Soudain, une voix rauque s'éleva derrière elle. Le Directeur venait d'arriver avec Amycus Carrow. Ce dernier, en voyant sa sœur à terre, dans un piteux état, se précipita sur elle. Tous les observèrent, les élèves comme le Directeur et McGonagall. Certains montraient une mine satisfaite par cette vengeance, d'autres était horrifiés.

Rogue intima à McGonagall d'emmener Alecto à l'infirmerie avec Amycus, et attrapa le bras d'Ivy. Sans ménagement, il la tira jusqu'à dans son bureau, fermant la porte derrière lui.

"Que s'est-il passé bon sang ? Par Merlin, êtes-vous folle ?"

Ivy, qui s'était un peu calmée, s'assit dans le fauteuil en face du bureau et regarda ses pieds. Regrettait-elle ses actes ? Après tout, elle n'avait que rendu la monnaie de sa pièce à cette femme. Rogue continuait à lui crier dessus, sans ménagement, et Ivy sentait une fureur s'élever de plus en plus dans son cœur.

"Monsieur le Directeur, vous savez parfaitement que les Carrow punissent et torturent les élèves depuis le début d'année. Elle a attaqué un élève et j'ai donc essayé de l'aider... S'en ai suivi le combat avec la finalité que vous avez vu..."

Rogue s'affala dans son fauteuil et porta sa main devant ses yeux. Il avait l'air tellement las.

"Professeur Rogue... Je crois qu'il vaut mieux en rester là... Certes je lui ai jeté des sorts...violents mais elle a essayé de me tuer..."

Un murmure se fit entendre auprès des tableaux accrochés dans la pièce circulaire, et Ivy prit un moment pour les observer. Elle s'arrêta net lorsqu'elle vit Dumbledore. Il était assis dans son fauteuil, caressant doucement sa barbe. Qu'il était étrange de le voir là.

Le Directeur quant à lui, la regarda un long moment. Il avait vu le bouclier qu'elle avait invoqué. Seul Vodemort l'utilisait... Comment se faisait-il que... Secouant négativement la tête, il se dit qu'il était dans une impasse, que les choses allaient vraiment trop loin. Est-ce que tout cela en valait réellement la peine ?

"Dégagez, que je ne vous vois plus le restant de l'année"

Ivy, surprise, coupa le contact visuel avec Dumbledore, acquiesça et se leva de la chaise. Elle descendit les trois marches menant à la porte et avant de l'ouvrir, se retourna et déclara.

"Au faite... Je vais bien, merci... Maintenant, il serait peut-être temps de vous demander si vous êtes dans le bon camps..."

Et sans un regard en arrière, elle s'en alla, refermant derrière elle.

Depuis ce jour, Alecto l'attaqua moins frontalement. D'abord, car elle se rétablissait de ses blessures et car une appréhension grondait au fond d'elle. Est-ce que tout cela était vrai ? Est-ce que cette enfant était liée au Seigneur des Ténèbres ?

Amycus lui, se calma aussi un temps, aidant sa sœur. Cependant, il n'hésitait jamais à attaquer frontalement les élèves et avait dans sa ligne de tir, Ivy... Oui... Pour lui, elle ne passerait pas l'année.

Ce statut quo continua néanmoins plusieurs mois, jusqu'au moment fatidique.

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Note de l'auteur

Tadaaaa

J'aurais aimé approfondir la rivalité entre Alecto et Ivy, mais le format n'était pas assez long !

Qu'en pensez-vous ? Les derniers chapitres arrivent !