Chapitre 25 : petits secrets entre amis

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James embrassa une dernière fois ses parents et grimpa à bord du Poudlard Express en compagnie de ses amis. Sirius avait rapidement remercier les parents de Cornedrue avant de déguerpir du quai afin de rejoindre Cara, cette dernière était retournée chez elle la veille pour préparer ses affaires et le préfet en chef devait maintenant trouver le compartiment dans lequel ses deux amis avaient pris place.

-J'espère qu'ils auront encore leurs vêtements…Couina Peter dans sa barbe.

-Ils savent se tenir quand même ! Les défendit-il, en laissant échapper un petit rire.

-Ça dépend ! Intervint Remus amusé. Cara, peut-être…Patmol, ça dépend !

-Au moins, ils s'amusent eux. Ronchonna Lily d'une voix à peine audible qui n'échappa pas à Cornedrue.

Son attention se concentra immédiatement sur la jeune femme. Il lui saisit discrètement la main, se pencha vers elle afin de lui chuchoter à l'oreille :

-Ne sois pas jalouse…on trouve le compartiment et on s'éclipse tous les deux…

Les joues de Lily s'enflammèrent aussitôt et le sorcier ne put que se délecter de l'effet qu'il venait de provoquer chez elle. Personne ne savait pour leur relation. Remus et Peter n'avaient rien remarqué, si ce n'est leur rapprochement depuis les vacances. Ils avaient décidé d'être discrets sur leur relation et le maraudeur gardait jalousement leur secret, même auprès de Sirius qui lui avait demandé un million de fois si leur relation était passée au stade supérieur. La seule personne qui devait très certainement être au courant était Cara, il l'avait surprise à de nombreuses reprises en train de les fixer et il ne douta pas un seul instant qu'elle avait eu accès aux pensées de Lily et aux siennes, mais son amie d'enfance avait eu la délicatesse de garder tout cela pour elle.

Ils ne leur fallut que quelques minutes pour trouver le compartiment où se trouvaient Sirius et Cara. Cornedrue ne put s'empêcher de sourire en les voyant. Cara avait retrouvé sa joie de vivre, son rire avait raisonné dans tout le couloir, et Sirius se nourrissait littéralement de cela. Lorsqu'ils ouvrirent la porte du compartiment, des fées d'orge s'en échappèrent et deux paires d'yeux se posèrent sur eux. S'il ne les connaissait pas, James leur aurait donné le bon dieu sans confession.

-Vous êtes vraiment incorrigibles…les gronda faussement Remus en prenant place sur la banquette près de Patmol.

Ce dernier haussa les épaules avec désobligeance sans lui accorder plus d'importance, les yeux rivés sur Cara qui se retenait d'éclater de rire.

Cornedrue ferma la porte derrière eux et resta debout, prêt à repartir aussitôt. Il croisa le regard bleu de son amie d'enfance qui lui offrit un clin d'oeil complice. Il n'avait plus aucun doute, elle savait parfaitement pourquoi il restait ainsi debout prêt à partir avec Lily. James s'apprêta à sortir son subterfuge quand des bruits de pétards se firent entendre dans le couloir, déclenchant l'hilarité de son meilleur ami et de la brunette.

-Ce n'était pas seulement des Fées d'orge, n'est-ce pas ? Fit James en les regardant amusé.

Ses deux amis échangèrent un regard complice.

-On va dire qu'on les a légèrement…modifiées ! Se défendit Cara en levant des yeux innocents vers lui.

En tant que préfet en chef, il aurait dû lui rappeler que les pétards étaient formellement interdits mais il était tout bonnement incapable de la réprimander alors qu'elle affichait un air si innocent et si heureux alors son regard noisette glissa vers son meilleur ami mais ce dernier avait trouvé un intérêt soudain au quai de la gare. L'influence de Patmol ne se limitait pas à la joie de vivre de toute évidence, si Cara avait toujours été malicieuse, ce trait de caractère ne faisait que s'accentuer aux côtés du maraudeur. Pour l'instant, il ignorait encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose mais elle avait retrouvé le sourire et l'attaque semblait n'être qu'un mauvais souvenir alors le sorcier passa outre cette entorse au règlement.

-Bon bah…je crois que le devoir nous appelle déjà ! Reprit Cornedrue en s'adressant à Lily qui venait à peine de ranger ses valises.

Cette dernière fit volte face en comprenant. Elle rangea sa baguette et enfila sa cape avec l'insigne de préfet en chef, prête à faire sa ronde.

-Le train n'a même pas démarré, leur fit remarquer Lunard.

-Oui mais comme tu peux le voir et l'entendre, personne n'a attendu qu'il démarre ! Rit James en poussant la co-préfète vers la sortie.

Remus marmonna quelque chose d'inaudible lorsqu'il referma la porte du compartiment derrière eux.

-Personne ne va nous croire si on va faire une ronde maintenant !

-Mais si ! Ne sois pas négative, Evans ! Lui répondit James en passant un bras autour de ses épaules. Connor, je te rappelle qu'aucun chaudron ne doit être allumé dans le train ! Réprimanda t-il en passant devant le compartiment connexe. Si je le vois de nouveau allumé à mon retour, ta maison perdra des points !

Il sentit aussitôt le regard réprobateur de Lily sur lui.

-Tu ne ferais pas un peu de favoritisme, Potter ?

-Moi ? Jamais !

-Evidemment ! Pas de favoritisme avec tes amis qui viennent à l'instant même de modifier des dragées innocents en pétard ?

-Je vois pas de quoi tu parles…

Son amie esquissa un sourire malgré elle.

-Ne renies pas le maraudeur qui dort en toi, Evans ! Sourit-il. Tu es tellement pire que nous !

-Pas du tout ! S'offusqua faussement la rouquine en croisant les bras sur la poitrine.

-Oh si…Tu violeras un grand nombre de règles sans t'en rendre compte d'ici peu ! Et je peux même affirmer avec certitude que tu vas adorer !

-Je suis prête à parier que ça ne sera pas le cas !

James lui lança un regard en biais amusé.

-Je te rappelle que tu as déjà perdu un pari contre moi…

Lily écarquilla les yeux de surprise.

-Quoi ?

-Tu as été la première à succomber, lui expliqua le maraudeur, un sourire satisfait scotché aux lèvres.

Lily lui donna un coup dans l'épaule mais le sourire de James ne fit que s'élargir. Elle n'arrivait pas à croire qu'il lui parlait de ce vieux pari.

-Je peux revenir sur ma décision, finit-elle par dire d'un air malicieux.

-Hors de question ! S'exclama James en resserrant son étreinte autour de ses épaules. Je serais obligé de sortir avec une autre et tu me feras la pire scène de jalousie que tout Poudlard ait connu…

La sorcière éclata franchement de rire.

-Je pensais que ta réponse serait plus romantique que ça ! Tu penses déjà à aller voir une autre sorcière !

-Il faudra bien que je noie mon chagrin dans les bras d'une autre…

La simple visualisation de cette idée rendit la jeune femme nauséeuse alors elle garda le silence, il était hors de question qu'elle avoue une telle chose alors que leur relation venait tout juste de commencer. James remarqua son changement soudain d'humeur et se sentit soudain mal d'en être à l'origine.

-Je rigolais, Lily…Tenta-t-il désespérément. Je ne le pensais pas…

En guise de réponse, la sorcière se contenta d'hocher la tête alors James les arrêta au beau milieu du wagon et se planta devant elle, l'obligeant à lever les yeux sur lui.

-Tu penses réellement que ça serait ma réaction si tu venais à regretter notre relation ? L'interrogea-t-il à voix basse.

Lily ne savait pas quoi lui répondre, elle ignorait quelle serait sa réaction et encore moins la sienne.

-Tu penses qu'après tout ce temps à te courir après, ça serait la première réaction que j'aurais ?

La gryffondor planta son regard dans les yeux noisettes de son petit ami. Il avait perdu son sourire arrogant et semblait réellement inquiet de sa réponse. Cependant, il était difficile d'ignorer que cette réaction avait été celle de ses précédentes relations.

-Ça ne serait pas la première fois que tu réagirais comme ça, non ?

Un éclair passa dans le regard du sorcier.

-C'est vrai, admit-il. Mais comme je ne compte pas de laisser filer, cela n'arrivera pas !

Lily fronça les sourcils devant se retournement soudain de situation.

-On finira nos jours ensemble, continua-t-il amusé. Donc ce scénario n'aura jamais lieu !

James avait reprit son air léger et suffisant.

-Donc inutile de te faire du soucis pour rien !

La préfète en chef se mordit la lèvre inférieure, à la fois gênée et flattée par cette déclaration parfaitement farfelue. Et sans attendre davantage, James remit son bras sur ses épaules et les fit traverser le train d'un pas confiant, échangeant brièvement des familiarités avec les élèves qu'il croisait et rappelant le règlement aux élèves perturbateurs.

Il était difficile de passer inaperçu à ses côtés, il connaissait la moitié du château et tout le château le connaissait. Cependant, personne ne posa de question sur son bras sur ses épaules, comme si ce geste était anodin et parfaitement normal. Peut-être que personne n'osait poser la question à James Potter, après tout, il était avant tout le leader des maraudeurs, le capitaine de l'équipe de gryffondor et le préfet en chef. Juste ça. Personne n'oserait poser la question.

Lily n'arrivait absolument pas à s'y faire. Elle n'arrivait pas à être complètement indifférente aux regards des autres, elle n'arrivait pas à passer outre leur jugement qu'elle sentait se poser sur elle et sur le bras de James Potter autour de ses épaules. Car s'il y avait bien une chose dont elle était sûre c'était qu'elle serait jugée par tous les élèves du château s'ils apprenaient sa relation avec lui. Et alors qu'elle se mit à douter du bien fondé de leur relation, le rire du sorcier la ramena à la réalité et son sourire balaya tous ses doutes. Le maraudeur croisa le regard qu'elle posait sur lui, il parut d'abord étonné puis finit par la prendre entre ses bras.

-Evans va finir par m'étriper si on ne reprend pas notre ronde, Tyler ! On se voit dans la Grande Salle de toute façon ! S'exclama le maraudeur.

Le gryffondor les salua d'un signe de la main et les préfets en chef continuèrent ainsi, Lily dans les bras de James, les joues rouges plus que jamais.

-Je te montre un endroit secret ? Lui chuchota le sorcier à l'oreille.

La jeune femme hocha la tête avant que le sorcier ne dépose un rapide baiser que sa joue qui ne fit que la faire rougir davantage. Il jouait dangereusement avec elle et elle était parfaitement incapable de dissimuler ses réactions. Elle se sentait totalement à sa merci.

Ils traversèrent le train ainsi jusqu'à arriver dans un wagon isolé du reste. Immédiatement, Lily remarqua que ce wagon n'était pas disposé comme tous les autres. Il n'y avait ni compartiment ni banquette, seule une porte trônait en plein milieu de la pièce.

-Un autre secret de maraudeurs ? demanda Lily.

-Un autre secret de maraudeurs, lui confirma le brun en s'approchant de la porte,

Il tapota sur la poignée avec sa baguette et ouvrit grand la porte d'un geste théâtrale : « Si Madame veut bien entrer ! ». La sorcière s'approcha de la porte à pas de loup et y jeta un coup d'oeil.

-Il faut franchir le seuil, Lily…L'invita James, non sans une pointe de moquerie dans la voix.

La concernée lui lança un regard consterné et franchit prudemment le seuil. A première vue, c'était un compartiment comme un autre, sauf qu'il était bien plus grand et confortable que tous ceux qu'ils avaient pu connaitre. Les banquettes avaient l'air bien plus moelleuses avec leurs velours bordeaux molletonnés, des machines à thé et café étaient posées une table au fond et la décoration était bien plus personnalisée et chaleureuse que les compartiments des élèves.

James prit place sur la banquette et regarda Lily avec amusement.

-Tu donnes toujours l'impression de découvrir la magie, la taquina-t-il avec un sourire en coin.

Lily haussa les épaules, c'était à moitié vrai. Elle ne côtoyait la magie que depuis son entrée à Poudlard mais cette forme de magie la surprenait toujours, celle qui modifiait l'espace de la sorte la fascinait.

-C'est en partie le cas, avoua la sorcière en prenant place à ses côtés et se calant contre lui. Ça me semble toujours aussi invraisemblable que l'espace puisse être modifié de la sorte !

Le maraudeur le regarda d'un air tendre. Ce qui lui semblait être une évidence était une découverte pour la jeune femme à ses côtés. Ses yeux verts s'illuminaient toujours d'émerveillement devant la magie et il espéra au fond de lui qu'il continuera à voir cet éclat dans quelques années. Cette pensée le gêna et il se passa nerveusement une main dans ses cheveux.

-Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta Lily en le fixant sans ciller.

-Rien, pourquoi ?

La jeune femme arqua un sourcil, sceptique.

-Tu te passes une main dans les cheveux quand tu es nerveux ou stressé, James.

Le concerné esquissa un sourire.

-Mais c'est que tu me connais bien plus que ce que je pensais...fit le maraudeur d'une voix suave avant de se pencher vers elle pour l'embrasser.

Il la sentit littéralement se détendre contre lui. Il ne put s'empêcher de l'amener un peu plus vers lui et son esprit déconnecta du reste du monde lorsqu'elle passa une main dans ses cheveux en bataille, transformant rapidement ce baiser chaste en quelque chose de bien plus passionné. Leurs souffles se firent plus courts, leurs langues se cherchèrent et tout devint hors de contrôle. Rapidement Lily se retrouva assise en califourchon sur ses genoux et James dut faire preuve d'une volonté de fer pour garder les pieds sur terre et la tête froide. Il apprécia sa chaleur qui se dégageait d'elle, ses mains douces parcourir ses cheveux et se poser dans son cou. Le maraudeur redoubla d'effort pour ne pas lui enlever ses vêtements et dut se séparer d'elle qu'à contre coeur.

-Il faudrait aller faire la réunion des préfets, dit James sans grande conviction. Si on s'absente trop longtemps, ils risquent de se poser des questions…

Lily le regarda avec des yeux ronds puis finit par acquiescer d'un signe de tête. La jeune femme avait insisté pour que cela reste entre eux, elle avait peur des « on dit » et du regard que les autres porteraient sur elle, alors James n'avait rien dit lorsqu'elle lui avait demandé cette petite faveur. Puis, pour l'instant, cela lui allait parfaitement. Le fait que leur relation soit secrète donnait un petit quelque chose en plus à cette dernière, il profitait pleinement de ces moments à deux et il n'allait absolument pas s'en plaindre.

-Tu te rends compte que c'est la dernière fois que l'on prend le Poudlard Express ? Fit Lily d'un ton léger alors qu'ils dirigeaient vers le compartiment des préfets.

Le maraudeur s'immobilisa, réalisant la chose, il avait eu l'esprit tellement préoccupé ces derniers temps que cette simple évidence ne lui avait pas effleuré une seule fois l'esprit. C'était la dernière fois qu'il faisait le trajet pour Poudlard, la dernière fois qu'il arriverait à la gare de Pré-au-Lard et c'était les derniers mois qu'il allait passé dans l'enceinte du château. Cependant, le gryffondor refusait de se laisser aller à la nostalgie, le temps qu'il leur restait devait être inoubliable.

-Cela devra être mémorable alors ! Lui répondit il d'un air taquin en pénétrant dans le compartiment des préfets en chef en lui offrant un clin d'oeil.

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Regulus fixait le paysage sans le voir. Pour une fois, la pluie ne s'abattait pas sur le Poudlard Express, le paysage était dégagé et permettait d'en profiter mais l'esprit du jeune sorcier était ailleurs, égaré dans ses propres pensées, se remémorant encore et encore son engagement envers le mage noir. Il avait franchi le cap. Il avait rejoins ses rangs et cela lui donnait l'impression d'avoir accompli quelque chose d'important qui l'emplissait de fierté et qui redorait sa famille. Il se sentait prêt à défendre la cause, plus motivé que jamais. Il avait vu la fierté dans le regard de son père et de sa mère lorsque Bellatrix leur avait annoncé qu'il avait rejoins leur rang.

Le jeune sorcier partageait son compartiment avec Rosier, Mulciber et Avery. Tous avaient rejoint les rangs de Voldemort et même si Regulus ne les tenait pas particulièrement en estime, ils étaient liés par cette même marque et ce même engagement.

-Je suis étonné que le maitre ait décidé de te faire rentrer dans nos rangs, lâcha Avery sans prendre la peine de cacher son dédain.

L'héritier des Black tourna la tête vers lui et le regarda froidement. Avery arborait un sourire malsain et provocateur. S'il était craint par la plus part des élèves de Poudlard, il n'en était rien pour Regulus. Ce n'était pas un sang pur comme lui qui allait remettre en cause sa légitimité à faire partie des rangs de Voldemort.

-Ne sois pas jaloux, lui répondit-il sèchement.

-Moi ? Jaloux ? Se moqua Avery. De toi ? Un gamin sans expérience ?

Sa remarque imposa un silence pesant dans leur compartiment. Mulciber et Rosier osaient à peine respirer.

-De toute évidence, oui. Conclut le cadet des Black en plantant froidement son regard dans le sien.

-On sait tous que tu as rejoint ses rangs uniquement parce que tu es un Black ! Cracha son camarade.

Le jeune Black eut un rictus amusé.

-Oui je suis un Black, dois-je te rappeler ce que cela implique ?

-Que tu as obtenu ta place grâce à ta cousine ? Rit Avery.

Le sang du jeune serpentard ne fit qu'un tour, il serra les poings mais resta de marbre en apparence. Il ne perdrait pas son sang froid face à lui. Il ne lui donnerait pas ce plaisir.

-Je te conseille de faire attention à tes paroles, Avery. L'avertit-il d'une voix doucereuse. Personne ne contrôle ce que tu manges ni ce que tu bois au château, un accident arrive tellement vite de nos jours…

Le sourire confiant de son camarade se dissipa soudainement.

-Un sortilège de magie noire pourrait également frappé chaque membre de ta famille mais ça ce n'est que dans les meilleurs des cas, car je crois que le pire serait que j'informe Bellatrix de tes propos et là…

Le serpentard fit mine de réfléchir un instant

-A vrai dire, je n'ai aucune idée de ce qu'elle pourrait faire ! Elle est tellement imprévisible ! Sourit Regulus amusé par cette simple idée.

-Elle n'osera jamais s'en prendre à des sangs purs ! S'indigna le sorcier.

Le jeune Black fit une moue avant de lui répondre :

-Tu devrais demander à Sirius et à Welth si elle ne s'en prend pas aux sangs purs…Ça répondra très certainement à ta question.

Son camarade jeta un regard inquiet à Rosier et Mulciber mais ces derniers prirent soin d'éviter son regard, ils mangeaient dans le creux de la main du cadet de la famille Black, ils ne lui seraient d'aucune aide.

-Alors, je te déconseille de t'adresser une nouvelle fois à moi de la sorte et si j'apprends que tu salis le nom des Black…cela risque d'être tes dernières paroles, le menaça Regulus en prenant soin d'appuyer sur ses derniers mots.

Le serpentard avait pensé chacun de ses mots. Avery mourrait d'envie de lui répondre, il le voyait mais il ne fit rien.

-Cela vaut pour vous aussi, cracha avec dédain le jeune sorcier en s'adressant à Rosier et Mulciber. Je suis peut être le plus jeune mais je ne manque pas de ressources.

L'air dans le compartiment se fit encore plus lourd et écrasant mais cette mise au point était nécessaire. Personne ne s'adressait ainsi à un Black. Son âge n'était pas synonyme de faiblesse et s'il fallait le leur prouver, il n'hésiterait pas. L'ambiance pesante fut brisé par l'ouverture de la porte de leur compartiment.

-On arrive bientôt, mettez vos uniformes. Ne me faites pas repasser pour ça !

Personne n'accorda un regard à James Potter qui fit claquer la porte de leur compartiment sans plus de cérémonie. Mais aussitôt que la porte se ferma, ses camarades se mirent à le critiquer. Potter le traitre à son sang. Regulus ne prit pas part à leur conversation, il les écouta d'une oreille peu attentive tandis qu'il enfilait son uniforme.

Potter avait été comme une piqure de rappel pour lui. Il lui avait rappelé son frère qui n'avait même pas prit la peine de lui adresser un regard sur le quai de la gare, comme s'il n'existait pas, comme s'ils ne s'étaient vu durant ces vacances. C'était du Sirius tout craché, dès qu'il était entouré de ses amis, il oubliait tout le reste. Mais étrangement ce dernier n'avait pas été accompagné de Cara. Il n'avait pas eu l'occasion de la voir sur le quai, non pas qu'il l'ait cherché. Il avait réussi à la sortir de sa tête pendant quelques jours, ce n'était pas le moment de flancher.

Cependant, dès que le train arriva à la gare de Pré-au-lard et que les élèves rejoignirent la Grande Salle et la table de leur maison, il ne put s'empêcher de la chercher du regard à la table des rouge et or. Leur table était toujours la dernière à être au complet. A croire qu'aucun des élèves de cette maison n'était capable d'être ponctuel et discipliné.

Lorsque Celya prit place à ses côtés, il l'embrassa furtivement sans détacher son regard de la table des lions.

-Tu cherches ton frère ? Lança-t-elle sans réellement attendre de réponse.

-Occupe toi de tes affaires, lui répondit-il durement sans lui accorder le moindre regard.

Il vit du coin de l'oeil la jeune femme se raidir et reprendre ses affaires sans faire de vague. Etrangement, le serpentard fut déçu de voir son absence de réaction. Même s'il appréciait ce trait de caractère chez elle, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle aurait pu être moins accommodante. Sa vie serait peut-être ainsi faite, une femme docile qui n'allait jamais à l'encontre de ses idées, d'affaires familiales et de magie noire. Si le tableau semblait d'apparence parfait, il manquait cruellement de piquant.

Son regard tomba enfin sur son frère assit avec son groupe d'amis. Ils n'étaient pas au grand complet, il manquait Potter et cette sang de Bourbe d'Evans mais par dessus tout, il manquait Cara. Ses yeux gris balayèrent leur table mais aucun signe de la brunette. Il ne l'avait vu ni sur le quai de la gare ni à leur arrivée. Etait-elle au moins revenue à Poudlard ?

Sa respiration s'accéléra. Il ne devait pas paniquer. Il reposa alors ses yeux gris sur le seul baromètre de la situation : Sirius. Ce dernier avait l'air plus épanoui et décontracté que jamais. Il ne serait jamais ainsi si elle n'était pas dans les parages. Le jeune sorcier tourna alors la tête vers la table des professeurs, il manquait Minerva Mcgonagall et Dumbledore. Il n'en fallut pas plus au sorcier pour qu'un million de questions ne se bousculent dans son esprit et qu'un poids s'installe dans son estomac. Cela ne signifiait qu'une chose.

Le serpentard reporta alors son attention sur ses camarades, se pencha vers eux et leur demanda d'être particulièrement discret sur leur dernier sortilège de magie noire, ils ne devaient en aucun cas ébruiter leur exploit sur Welth. Ils risquaient d'être tous étroitement surveillés maintenant.

Ce ne fut que lorsque Dumbledore et la directrice des Gryffondors prirent place à la table des professeurs que ses yeux gris dérivèrent discrètement vers la table des rouge et or. Cara venait d'arriver à sa table où tous ses camarades l'accueillirent chaleureusement, il regarda cette mascarade jusqu'à ce qu'elle prenne place aux côtés de Sirius et que ce dernier la prenne dans ses bras en attendant le discours de Dumbledore. Regulus détourna le regard lorsque son ainé déposa un baiser sur la joue de la sorcière. Autant de mièvrerie l'écoeurer. Il ignorait jusqu'alors que son frère était capable d'autant de démonstration affectueuse.

Il n'écouta pas le discours de leur directeur. Son ton était grave, il entendait des mots si et là, les forces du mal, le ministère, les choix et enfin l'attaque. Seul ce dernier point accapara toute l'attention de l'assemblée, dont la sienne

-Je vous dois la vérité en tant que Directeur de cet établissement. Fit Dumbledore d'une voix grave et profonde en posant son regard sur la table des Gryffondors.

Regulus ne put s'empêcher de suivre son regard et remarqua qu'il ne regardait pas toute la table des lions mais uniquement Cara qui fixait leur proviseur sans ciller.

-Les moldus n'étaient pas la cible de cette attaque, reprit leur directeur après avoir marqué une longue pause. Les mangemorts ne s'en prennent pas qu'aux moldus et aux sorciers issus de famille moldus. L'une de vos camarades était la cible de cette attaque à Londres. Et pourtant, elle est ce certain appelle « une sang pure », issue depuis toujours d'une lignée de sorcières et sorciers.

Des chuchotements s'élevèrent dans la Grande Salle comme un essaim d'abeilles. Le regard de Dumbledore se posa sur chacune des maisons avant de reprendre :

-La plus grande menace de notre nation ne se trouve pas à l'extérieur des murs de ce château. Elle est là. Chacun d'entre vous, chacune de vos décisions pourra aider ou tuer vos camarades. Ne vous laissez pas amadouer par des causes qui n'en sont pas. Ne laissez pas vos jeunes esprits se faire embrumer par des promesses qui ne seront jamais tenues. Je suis convaincu que chacun d'entre vous a ici une personne ou une raison qui pourra faire pencher la balance, qui pourra le retenir de rentrer dans les rangs de Voldemort. Un ami ! Un camarade de dortoir qui vous agace par ses ronflements mais à qui vous repenserez avec nostalgie dès la fin de vos études…

Le regard du directeur balaya doucement la salle et croisa le regard du serpentard qui resta parfaitement impassible tandis qu'il reprenait :

-Une personne chère à votre coeur qui occupe vos pensées, qui vous fait sentir vivant et pour qui vous serez prêt à tout. Pensez à toutes ces personnes qui vous entourent et demandez-vous : « Est-ce vraiment ce que je veux ? Est-ce que je souhaite les voir mourir ? » Car c'est exactement de ça dont il est question ! De la mort ! Ne croyez pas que vos sentiments et amitiés intéressent les mangemorts ou Voldemort…

Dumbledore se passa une main dans sa barbe, réfléchissant un instant puis reprit :

-La guerre qui se prépare n'oppose pas Voldemort aux sorciers d'ascendance non magique. Elle opposera Voldemort et ses partisans à tous ceux qui ne partagent pas cette idéologie de suprématie du sang, sans aucune distinction. La peur est une arme redoutable…ne la laisser pas s'immiscer en vous. Conclut-il.

Le directeur de Poudlard reprit place à la table des professeurs. Il n'y eut aucun applaudissement, aucun bruit pendant cette minute flottante qui suivirent ses derniers mots.

Regulus tira instinctivement sur sa manche. Toute cela n'était que des mots, des beaux discours, mais il n'y avait pas de choix à faire. Le choix s'imposait de lui-même. Cette idée qu'ils avaient le choix de leur camp ainsi que de leurs idées n'était qu'une illusion. Il les berçait d'illusion, rien de plus.

De manière totalement inconsciente, comme s'il avait été appelé, il leva les yeux vers la table des Gryffondors et croisa le regard bleu de son amie qui lui sourit discrètement. Puis, sans crier gare, le fil de ses pensée se décousit doucement, comme si quelqu'un tirait un fil invisible dans son esprit. Il devenait incapable de se concentrer davantage, il n'arriva pas à détourner le regard d'elle, il avait l'impression d'être son prisonnier. Tout était flou, ses pensées qui étaient si claires étaient voilées d'un brouillard. Il réussit à lire sur ses lèvres un bref « Salut » avant que Sirius n'accapare de nouveau toute son attention et que cette impression de flou se dissipe.

Le cadet de la famille Black secoua la tête tandis que ses pensées s'éclaircirent. Il reporta son attention sur ses camarades qui l'entouraient et commença à diner mais il ne put s'empêcher de jeter un dernier regard à Cara. Il s'était passé quelque chose, il en était certain.

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Sirius passa à travers un fantôme et manqua de renverser le professeur de divination dans sa course contre la montre. Les cours avaient repris depuis bientôt deux semaines mais le sorcier avait toujours autant de mal à sortir de son lit le matin. Il n'avait eu ni le temps de passer à la Grande Salle pour prendre un bout de brioche ni de vérifier qu'il avait bien tous ses manuels dans son sac. Le maraudeur arriva in extremis en salle de métamorphose.

-Prenez rapidement place, ! Et nouez moi cette cravate, par Merlin ! Fit le professeur McGonagall en le fusillant du regard.

Patmol s'excusa brièvement et chercha ses amis du regard. Il fut surpris d'apercevoir son meilleur ami au premier rang aux côtés de Lily, ce dernier lui adressa un sourire moqueur par dessus son épaule avant de se faire rappeler à l'ordre par la préfète en chef. Leur amie transformait radicalement le leader des maraudeurs en élève exemplaire de Poudlard et le sorcier commençait à avoir de sérieux doutes quant à la relation que son meilleur ami entretenait avec la jolie rousse. Ils étaient devenus aussi inséparables que les doigts de la main et étrangement, ces deux là disparaissaient très régulièrement. Il n'aurait pas été surpris de les surprendre en plein bécotage dans les appartements des préfets en chef, l'idée lui avait bien évidemment traversé l'esprit mais l'hypothèse de se faire littéralement trucider par James l'avait rapidement coupé dans son élan de fouiner. Puis, il n'avait pas vraiment eu le temps de s'occuper des histoires de coeur de Cornedrue, il passait la grande majorité de son temps avec Cara quand les maraudeurs n'étaient pas ensemble.

Toutes les places avaient été prise et il hésita un instant à prendre place à la seule place de libre. Il avait l'impression que cela avait été minutieusement préparé.

-Vous attendez une invitation du Ministère, M. Black ?

Tous les regards se tournèrent vers lui, sans exception, y compris le regard bleu de Cara. Il lui lança un regard désolé et prit place aux côtés de Marlène. Quelque chose lui disait que ce cours n'allait rien lui apporter de bon.

-J'ai hâte de découvrir quelle merveilleuse leçon nous allons avoir aujourd'hui, répondit le maraudeur d'un ton mielleux.

-Sortez vos affaires Black, s'impatienta faussement la directrice de leur maison. Vous êtes déjà en retard ! Et ne me faites pas répéter, nouez votre cravate !

Sirius obtempéra sous le regard félin de leur professeur, il sortit son parchemin, sa plume et…il n'avait pas pris son manuel de métamorphose.

-Excusez-moi, Professeur ! Il faudrait que je retourne à mon dortoir, un elfe a sorti mon manuel de métamorphose de mon sac !

Minerva Mcgonagall roula des yeux, exaspérée. Il crut pendant un instant qu'elle allait briser sa baguette de désespoir.

-Mademoiselle Mckinnon, partagez votre manuel avec votre camarade ! J'ai bien peur qu'il ne nous sortent des larmes de crocodile s'il n'a pas de manuel pour étudier !

Sirius dut se résigner, il ne bougerait pas de sa place. Il chercha Cara du regard mais la brunette qui était assise à quelques rangs devant lui ne se retourna pas. C'était plutôt mal parti pour le moment.

-Tiens, fit Marlène à voix basse en faisant glisser le manuel entre eux.

-Merci, souffla Sirius en ne daignant même pas lever le regard vers elle.

Il noua négligemment sa cravate tandis que leur professeur leur énoncer le sujet des prochains jours : la métamorphose humaine. Le maraudeur ne put s'empêcher d'esquisser un sourire malicieux et d'adresser un clin d'oeil à Lunard assis un peu plus loin. Il n'eut aucun doute que ce choix de sujet enchantait le préfet en chef au premier rang qui faisant de toute évidence semblant de prendre des notes de manière assidus. Chaque maraudeur connaissait parfaitement ce sujet, cette prise de note et ce manuel étaient donc totalement inutiles.

-Tu ne prends pas de notes ? S'étonna Marlène en lui lançant un regard interrogateur.

-Pas pour le moment, lui répondit-il simplement.

Marlène s'apprêta à rajouter quelque chose mais se ravisa. Sirius écouta tout de même d'une oreille attentive les explications de leur professeure sur la théorie de la métamorphose humaine. McGonagall ne lésinait pas sur les détails, il se surprit même à prendre quelques petites notes interessantes. Dans tous les cas, Lunard lui passerait ses parchemins.

-Est-ce que tu comptes continuer à m'éviter ?

-Je ne t'évite pas, Marlène.

La concernée lui offrit un sourire franc.

-Bien sûr que tu m'évites, tu m'évites comme la dragoncelle !

Sirius lui lança un regard las et reprit sa prise de notes. Il n'avait aucune envie de compliquer les choses.

-Tu n'as répondu à aucune de mes lettres durant les vacances…

-J'ai été particulièrement occupé, lui expliqua le maraudeur sans grande conviction.

-Evidemment…

Il n'allait pas lui expliquer qu'il avait trouvé du une solution de magie noire à l'état catastrophique de Cara. Ce n'était définitivement pas ses affaires.

-Alors tu es vraiment avec elle ? L'interrogea la jolie blonde à voix basse.

-Oui, je suis vraiment avec elle.

-Qui l'aurait cru ? Se moqua son amie.

Patmol ne répondit rien à sa provocation. Il savait pertinemment qu'il était la cause de l'animosité entre les deux sorcières, ce n'était plus un secret personne maintenant mais s'il pouvait éviter que les choses s'enveniment il n'hésiterait pas.

-C'est elle qui t'a demandé d'agir ainsi ?

-D'agir comment ?

-De m'éviter, de ne plus me parler et de faire comme si je n'existais pas ? Enuméra Marlène en comptant du bout des doigts.

Le sorcier pivota sur sa chaise pour faire face à son amie qui attendait fermement une réponse.

-Elle ne m'a rien demandé.

La sorcière se pinça les lèvres avant d'esquisser un sourire en coin.

-Ça ne durera pas, surenchérit la jeune femme sûre d'elle.

-Ah bon ? Et tu l'as lu dans la boule de cristal ? Ou dans ta tasse de thé ce matin ?

-Non ! Je te connais, c'est tout !

Sirius ouvrit la bouche pour lui répondre mais fut aussitôt interrompu par leur professeur qui les menaça de retirer vingt points à gryffondor s'ils ne la mettaient pas en veilleuse. James se tourna vers lui pour lui faire les gros yeux. Ça ne lui avait jamais posé de problèmes auparavant qu'ils perdent des points, Miss Presque Parfaite avait définitivement décalqué sur lui. Patmol reprit sa prise de notes ou du moins, il reprit ses dessins en haut à droite de son parchemin.

-Ne boude pas, je t'ai simplement dis la vérité…Chuchota Marlène.

-Je ne boude pas, Marly…

-Un petit peu, le taquina la sorcière en le bousculant légèrement de l'épaule.

Sirius ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. C'était plus fort que lui. Il n'arrivait pas à lui en vouloir même lorsqu'elle se comportait comme une peste, comme à cet instant, car il savait pertinemment que ses questions étaient loin d'être anodines.

-Je ne savais pas qu'être assis à côté de moi te déranger, reprit-elle d'un air anodin.

-Ne dis pas de bêtises…

-Tu avais pourtant l'air particulièrement déçu de voir que la seule place disponible était celle-ci !

-J'essaie simplement d'éviter les problèmes…se justifia le maraudeur à voix basse.

-Ah maintenant je suis un problème ?

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et tu le sais très bien ! Se rattrapa-t-il maladroitement.

Marlène hocha simplement la tête en reprenant minutieusement des notes de son cours. Le maraudeur crut pendant quelques minutes que la conversation était close mais c'était sans compter sur l'entêtement légendaire de Marlène.

-Est-ce que tu lui as dis ?

-Dis quoi ?

-Ce qui c'est passé après le bal de Noël, lui répondit son amie sans détour.

Le sang de Sirius se glaça et il baissa le regard honteux en se rappelant ce moment.

-Je n'étais plus avec elle à ce moment, se justifia le maraudeur. Il n'y a aucun intérêt qu'elle apprenne ça…

-Plus avec elle ? S'étonna la jolie blonde. Tu étais avec elle avec qu'elle soit transférée à l'hôpital ?

-C'est plus compliqué que ça et tu le sais très bien ! Siffla le gryffondor à voix basse.

-McKinnon et Black ! De toute évidence vous avez énormément de choses à vous dire, deux heures de retenue ce soir devraient vous suffire !

Sirius se mordit l'intérieur des joues et se retint de souffler d'agacement de peur d'aggraver leur sanction. Il venait de mettre les deux pieds dans un problème, à croire que c'était plus fort que lui. Il glissa un regard vers Cara qui continuait à prendre ses notes comme si de rien n'était, comme si la mention du nom de Marlène et du sien ensemble n'avait pas déclenché un excès de jalousie. Il pouvait sentir sa magie bouillir comme un chaudron oublié sur le feu.

Lorsque la fin du cours sonna enfin, le maraudeur se pressa de ranger ses affaires et de se diriger vers le bureau de leur directrice afin de récupérer son coupon de retenue. Leur directrice venait de les priver d'une sortie à Pré-au-Lard.

-On ne pourrait pas décaler l'heure de retenue, professeure ? Demanda Sirius en lui offrant son plus beau sourire.

-Bien-sûr, Monsieur Black ! Vous n'avez qu'à me faire part de vos disponibilités !

-Ah génial ! S'enthousiasma ce dernier. Car j'avais des choses de prévue ce soir et je vous avoue que ça tombait mal !

Minerva Mcgonagall leva ses yeux de félin sur lui, visiblement lasse.

-Je ne sais pas si je dois rire de votre culot ou si je dois rallonger votre retenue de quelques heures pour cela…Fit leur professeure exaspérée.

-J'opterais pour le premier choix, sourit maladroitement le gryffondor en se grattant l'arrière du crâne.

-Bien. Je vais opter pour le second choix alors !

-Mais Professeur ! Je souhaitais passer du temps avec Cara ! S'offusqua le sorcier.

Sa directrice planta son regard dans le sien. Il espéra que cette confidence joue en sa faveur, après tout, Cara était sa nièce, elle savait ce qu'elle avait traversé, elle ne pouvait pas être sans coeur.

-Quatre heure de retenue, Monsieur Black. Je ne fais aucun favoritisme, je pensais que depuis toutes ses années vous le saviez…

Cette fois-ci, Sirius souffla d'exaspération. C'était la dernière chose dont il avait besoin.

-Cara comprendra parfaitement ma position, reprit-elle d'un ton plus doux. Maintenant, allez à votre prochain cours ! J'aimerais que vous brilliez par votre talent et non par vos retards !

Le jeune sorcier prit son coupon de retenue et sortit de la salle en trainant des pieds. James l'attendait devant, un sourire en coin.

-Laisse moi deviner…Six heures de retenue ? Se moqua son ami.

-Quatre ! Ralla Patmol en fourrant le papier dans son sac. J'avais d'autres projets…

Cornedrue lui tapota le dos d'un geste amicale.

-Va falloir revoir ta stratégie avec Mcgonagall ! Visiblement, ça ne marche pas ! Rit le préfet en chef.

-Je fais quoi ? Je me mets au premier rang et je joue l'élève modèle ? Fit cyniquement l'ainé de la famille Black non sans une mimique.

James haussa les épaules.

-Peut-être que ça te laissera plus de temps pour être avec Cara ! Je n'ai pas été collé une seule fois depuis la reprise des cours ! Se vanta t-il.

-On va se faire coller dans moins de cinq minutes, lui rappela Sirius en lui jetant un regard en biais. Flitwick est du genre à cheval sur la ponctualité et on a déjà dix minutes de retard !

-Qu'est ce que je ne ferai pas pour le grand et beau Sirius Black ? Rit James en battant exagérément des cils.

Patmol éclata de rire, au moins certaines choses ne changeraient jamais et comme prévu, ils arrivèrent avec plus de dix minutes de retard et récoltèrent deux heures de retenue pour le non respect des horaires. James eut le droit à un regard mi-exaspéré mi-amusé de la part de Lily et son sourire ne fit que s'élargir davantage. Il jouait à l'élève parfait depuis la rentrée, il pouvait se permettre de temps en temps de dépasser la ligne.

Sirius prit place aux côtés de son meilleur ami et fixa le dos de Cara, assise juste devant lui, parfaitement impassible. Il savait pertinemment qu'elle sentait son regard. Ce n'était pas de sa faute s'il avait eu une retenue, pour une fois qu'il n'avait rien fait de particulier il avait récolté quatre heures.

Le maraudeur s'enfonça dans sa chaise et se mit à se balancer, désespérée de son absence de réaction. Ses yeux gris croisèrent immanquablement les yeux verts de Marlène qui lui adressa un discret sourire. Il eut à peine le temps de lui adresser un clin d'œil qu'il reçut un coup de coude dans les côtes de la part de son meilleur ami qui le rappela à l'ordre.

Sirius continua néanmoins de se balancer d'avant en arrière, observant le professeur Flitwick leur faire une démonstration du sortilège d'animation des objets. De prime abord, ce sortilège semblait être de niveau de première année. Le jeune homme se rappelait parfaitement avoir déjà animé des objets inertes lors de son enfance comme tout jeune sorcier, mais lorsque leur professeur leur fit la démonstration complète, l'attention du maraudeur fut complète. Ce n'était pas simplement une animation d'objet, c'était un réel contrôle, comme s'il avait insufflé la vie dans ces objets inertes. Ils lui obéissaient comme de parfait petits soldats. Un império pour objet parfaitement légal. Pour la première fois, le maraudeur fut complètement absorbé par le cours.

Ce ne fut qu'au son de la cloche annonçant l'heure du déjeuner qu'il sortit de sa concentration, il demanda à James de récupérer leurs heures de retenu et courut à la recherche de Cara dans les couloirs. Il arrêta sa course lorsqu'il retrouva sa belle dans les escaliers en pleine discussion avec un élève de leur maison. Première ou deuxième année, il n'arrivait pas réellement à le cibler mais il semblait sortir tout droit des jupes de son mère. Sa timidité se lisait encore sur ses joues de bébé.

Sirius resta en retrait et attendit. Il ignorait complètement qu'elle connaissait ce jeune sorcier et ce dernier était tout excité de lui montrer ses notes et ses différents parchemins, il débitait un flot de paroles incessants sous l'air amusé et attendrit de la jeune femme. Elle, d'habitude si impatiente, faisait preuve d'une patience d'or avec ce jeune sorcier. Patmol patienta encore un instant mais ne tint plus lorsqu'il les vit descendre ensemble en direction de la Grande Salle. Il les rejoignit en quelques enjambées et passa aussitôt son bras autour des épaules de Cara d'un geste possessif, cette dernière lui lança un regard amusé. Il n'était absolument pas jaloux de ce jeune élève qui accaparait son attention, loin de là.

-Je peux savoir qui accapare tout ton temps ? Demanda le maraudeur curieux.

-Je suis Oliver, se présenta le jeune sorcier en le regardant avec de grands yeux.

-Enchanté Oliver ! Je suis…

-Sirius Black ! Tout le monde te connait ! L'interrompit Oliver sur le ton de l'évidence et avec admiration.

L'ainé de la famille Black sourit franchement à son jeune camarade. Ses cheveux bruns en bataille et son regard espiègle lui rappelaient brièvement quelqu'un.

-Oliver est en première année, expliqua Cara. Je l'aide dans certaines matières et il fait des progrès incroyables !

Les joues du jeune sorcier prirent soudain une teinte cramoisie.

-C'est grâce à toi…réussit-il à articuler malgré tout. Tu m'aides beaucoup…

Cara lui offrit un clin d'oeil complice qui ne fit qu'aggraver la timidité d'Oliver.

-Elle est une excellente tutrice, reprit-il en s'adressant à Sirius. J'ai réussi tous les sortilèges du professeur Flitwick et je n'ai fait aucun dégât en cours de métamorphose depuis !

-C'est une excellente sorcière, lui assura Sirius avec aplomb en se penchant légèrement vers lui. Mais fais attention, elle est aussi brillante que charmante…

Oliver resta un instant interdit puis finit par simplement hocher la tête, visiblement impressionné.

-Oui, elle est très jolie, c'est sûr…chuchota t-il particulièrement gêné en fixant ses chaussures.

Patmol ne put s'empêcher de rire en voyant la gène se peindre sur le visage du jeune gryffondor.

-N'écoute pas tout ce qu'il te dit, Oliver. Intervint Cara sans cacher son amusement. C'est un maraudeur, il ne peut pas s'empêcher de dire et faire des bêtises !

Le concerné haussa une épaule, comme si ces détails étaient insignifiants.

-C'est pourtant vrai ce qu'il dit, reprit-il en surmontant sa timidité.

Il rangea maladroitement ses parchemins dans son sac et n'osa plus les regarder. Son excès de confiance venait soudain de s'envoler. Ce petit bout de sorcier avait semblé réellement fier de ses progrès que Sirius ne put que se prêter au jeu.

-Je pourrais t'aider en métamorphose, lui proposa spontanément le maraudeur.

Oliver leva soudain ses yeux vers lui, plein d'espoir.

-C'est vrai ? Tu voudrais bien m'aider ?

Son enthousiasme fit soudain douter Patmol. Cependant, il ne pouvait plus faire marche arrière maintenant.

-Oui, pourquoi pas ?

-Wow, alors ça ! S'exclama le jeune sorcier, surexcité. J'aurais jamais cru qu'un maraudeur m'aiderait !

Sirius se sentit soudain mal à l'aise et se contenta d'hausser les épaules en guise de réponse.

-Il parait que tu es aussi doué que James Potter en métamorphose !

Cette fois-ci, l'ainé de la famille Black éclata franchement de rire qui résonna dans le hall.

-Je suis meilleur que ce vieux Cornedrue ! Rit Sirius de bon coeur.

Le jeune gryffondor le regardait avec des yeux plein d'espoir et d'admiration.

-Faut que j'aille le dire à mes camarades de dortoir ! Ils me croiront jamais ! Fit Oliver en courant dans la Grande Salle.

Patmol regarda un instant ce jeune lion s'enfuir dans grande salle tout en se demandant comment il allait gérer tout ça. Il n'avait ni la patience ni la pédagogie nécessaire.

-Je ne le croirais pas non plus si je ne l'avais pas entendu moi-même, avoua Cara en lui faisant face toute sourire tout en serrant ses livres contre elle.

Le maraudeur se pencha vers elle et embrassa ses lèvres sucrées.

-Il faut assurer la relève, déclara le sorcier en lui prenant ses livres d'un geste galant. Puis, je me dis que si tu lui accordes de ton temps c'est que c'en a vaut la peine !

-Oui, il en vaut la peine ! Fit Cara en glissant ses mains sous sa cape et en se blottissant contre lui.

Elle leva les yeux et Sirius ne put s'empêcher de l'embrasser qui lui arracha un sourire, il sut que si elle lui en avait voulu quelques minutes plutôt tout avait été oublié.

La sorcière lui expliqua rapidement comment elle était arrivée à faire du tutorat à ce première année tandis qu'ils entraient dans la Grande Salle et qu'ils prirent place à leur table.

-Il est issu d'une famille de moldu, précisa-elle en se servant du rosbif. Il était totalement pétrifié d'utiliser sa baguette, à chaque fois qu'il essayait de l'utiliser, c'était une catastrophe ! J'étais dans la salle commune quand je l'ai vu se faire quelque peu malmener par certains de ses camarades à cause de ça…

-On a déjà fait bien pire, lui rappela Sirius. On se moquait également de certains d'entre nous quand les sortilèges les plus simples tournaient en catastrophe ! Et je ne te parle même pas de Servilius…

-Oui mais on n'a jamais reproché à l'un de nos camarades le fait qu'il soit issu d'une famille de moldus !

Patmol qui s'apprêtait à mettre sa fourchette dans la bouche arrêta son geste.

-C'était un soir avant que je sois hospitalisée et de toute évidence ils n'avaient pas vu que j'étais assise dans un coin de la salle commune, reprit Cara en jouant avec ses légumes avec sa fourchette, visiblement soucieuse. Ses camarades de dortoir lui ont dit qu'il était très certainement un cracmol et qu'il ne réussirait jamais à jeter convenablement un sort car il était issu d'une famille de moldu.

La sorcière glissa un regard discret vers la place du jeune garçon qui était en pleine conversation animée avec ses camarades.

-L'insulte « Sang de Bourbe » a fini par être prononcé…

-Par des gryffondors ?

-Oui.

-Qui a été insulté de Sang de Bourbe ? Se mêla aussitôt Lily qui venait d'arriver en compagnie de James.

Sirius regarda successivement son meilleur ami et la préfète en chef, tous deux tout sourire et beaucoup trop décoiffés pour avoir juste fait leur tache de préfet. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin en les voyant ainsi. Ses doutes se confirmaient peu à peu avec un tel comportement. S'ils lui disaient que c'était la cohue d'élèves devant la Grande Salle pour le déjeuner qui les rendaient aussi dépravés, il n'en croirait pas un mot.

-Oliver, un premier année, répondit Cara. Par ses camarades de dortoir apparemment.

Il n'en fallut pas plus pour que tout le groupe se joigne à leur conversation. James était furieux d'apprendre que des gryffondors traitaient l'un de leur de la sorte. Lily dut le retenir à plusieurs reprises de se lever pour aller leur passer un savon.

-Seule Cara est supposée le savoir ! Fit la préfète en chef. Si tu débarques comme un cow-boy, il n'aura plus confiance en elle et il n'aura plus personne à qui se confier !

-Elle n'a pas tort…avoua Remus.

-Un cow-boy ? Répéta James incrédule en jetant un regard interrogateur à Patmol dans l'espoir qu'il lui explique.

Ce dernier secoua la tête, lui indiquant qu'il n'en savait pas plus sur cette référence moldue.

-Tu pourrais lui proposer ton aide, rajouta aussitôt Cara. Sirius va l'aider en métamorphose, tu peux lui proposer également de l'épauler dans cette matière et dans toutes les autres matières nécessaires !

-Quoi ? Tu me demandes de faire du tutorat ? S'étrangla Cornedrue. Avec un élève de première année ?

-Tu pourrais l'épauler, il parait que Dumbledore souhaite mettre en place des tutorats pour apprendre aux plus jeunes à se défendre…Fit Lily.

-Il sera parfaitement encadré, se moqua Lunard, un éclat malicieux dans les yeux. Patmol et Cornedrue ! Les deux meilleurs tuteurs que Poudlard ait connu !

James regarda son meilleur ami interdit afin qu'il lui vienne en aide sur cette pente glissante alors que Quedever et Remus riaient ouvertement.

-Personne ne s'en prendra à lui s'ils savent que vous êtes dans les parages ! Rajouta Peter plus sérieusement.

-Il a juste besoin de prendre confiance en lui, lui assura Cara à voix basse. Il était plus qu'enchanté quand Sirius lui a proposé son aide !

Cornedrue lâcha ses couverts, peu enchanté par cette idée. Son regard noisette glissa successivement sur chacun de ses amis puis finit sur Lily. Le regard émeraude de la sorcière attendait patiemment qu'il réponde. Il n'avait plus réellement le choix.

-Très bien, consentit le préfet en chef. Je pense que c'est dans mes cordes d'apporter un peu d'aide à un première année !

Cara lui offrit un sourire reconnaissant avant de se tourner vers Sirius qui lui vola un baiser. Si un jour quelqu'un lui avait dit que son meilleur ami agirait de la sorte, James ne l'aurait jamais cru et pourtant c'était bel et bien l'ainé de la famille Black qui agissait ainsi, qui volait des baisers à sa petite amie, qui l'attendait à la fin des cours et qui lui portait ses livres. Il avait même été étonné de voir qu'il n'avait fait de charme à aucune autre sorcière depuis leur rentrée. Le préfet en chef avait l'impression de découvrir une toute autre personne. Lily avait peut-être raison finalement puis, comme pour le rappeler à l'ordre, la gryffondor passa sa main dans ses cheveux en bataille d'un geste tendre. Seul Remus vit ce geste mais ce dernier détourna aussi vite le regard et reprit sa discussion avec ses amis comme si de rien n'était. Il savait qu'il pouvait compter sur la discrétion de Lunard.

xoxoxoxox

Regulus était particulièrement à cran depuis la reprise des cours. Même si ses notes étaient excellentes, il n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'il faisait. Son esprit ne cessait de revenir constamment sur son marquage et son allégeance, comme s'il essayait de se rassurer sur ce choix. Le sorcier toucha à peine à son diner, il avait l'estomac bien trop noué pour avaler quoique ce soit. Le benjamin de la famille Black se rendit dans son dortoir dès que le diner fut fini tout en prenant soin d'éviter Celya, il ne serait pas agréable de toute façon alors autant lui épargner ses sautes d'humeur.

Lorsque l'heure fut assez tardive pour descendre dans la salle commune pour ne pas être dérangé, le sorcier s'y installa et entama un nouveau chapitre de son livre d'occlumencie en attendant que l'heure passe. Ce livre était une vraie mine d'or mais nécessitait une pratique rigoureuse.

Le serpentard n'arrêtait pas de s'interroger depuis la rentrée, les questions fusaient de toute part, d'abord ce livre puis la terrible impression que ses pensées ne lui avaient plus appartenu lors du diner de la rentrée lorsqu'il avait croisé le regard de Cara. Il n'arrêtait pas de se demander si finalement tout cela n'était pas des indices qu'elle lui avait laissé. C'était insupportable, toutes ces questions l'empêchaient de se concentrer plus de dix minutes. Il referma d'un geste brusque son livre et fixa l'horloge de sa salle commune. Il allait bientôt être l'heure et, comme prévu, la salle commune était vide, il prit ses affaires et sortit de la pièce pour se rendre dans l'un des cachots abandonné.

Regulus prit place à l'un des bureau, ouvrit son livre et attendit. Il était comme à son habitude à l'heure, cependant, le doute commença à s'immiscer en lui lorsqu'il vit le temps passer et personne arriver. Peut-être que Sirius lui avait tout raconté. Cela ne l'étonnerait pas après tout, tous les coups étaient permis entre eux et s'il était sur de quelque chose c'est que son frère ne lui pardonnerait jamais son geste.

Le serpentard fixa intensément la page de son livre, continuant à se poser mille et une questions, lorsque la porte se mit à grincer et l'obligea à lever les yeux. Elle était là.

Il regarda Cara refermer la porte derrière elle avec précaution et l'observa sauter sur le bureau face à lui afin de s'y asseoir. Elle avait l'air particulièrement en forme pour quelqu'un qui venait de subir une attaque. Il ne put s'empêcher de chercher des égratignures sur ses jambes croisées puis sur son visage mais elle était intacte.

-Bonsoir Regulus, sourit Cara en tentant d'attirer son attention.

-Tu es en retard, fit sèchement le cadet de la famille Black.

Le sourire de la gryffondor ne fit que s'élargir.

-Moi aussi je suis ravie de te voir ! Lui répondit-elle d'un ton léger et amusé en se penchant vers lui.

-La ponctualité n'a rien à voir avec mon enthousiasme, se défendit le serpentard.

-Je vois ça ! Rit la brunette.

Le concerné s'enfonça négligemment dans sa chaise et regarda son amie. Il pouvait se permettre de mal se tenir avec elle, elle ne le jugeait pas, elle n'attendait pas un certain comportement de sa part ni une certaine tenue. Il avait l'impression qu'elle venait le voir juste pour lui, pour sa personne, mettant de côté absolument tous les préjugés qui tournés autour de son nom de famille.

-Tu sais que je déteste le retard, encore plus quand je prends des risques…finit-il par avouer.

Cara pencha légèrement la tête sur le côté, elle n'arrivait pas à cacher son amusement et cela commençait à irriter le serpentard.

-Quand tu prends des risques ? Répéta la gryffondor, un sourire en coin.

-Oui, je te signale qu'il est interdit de sortir de sa salle commune après le couvre-feu !

La jeune femme balança ses jambes comme une enfant impatiente.

-Nous sommes à exactement six salles et un couloir de ta salle commune et c'est toi qui prends des risques ?

-Garde tes remarques désobligeantes pour toi, ce soir, Cara…La prévint-il.

-Sinon quoi ? Tu vas m'étrangler et laisser mon corps dans ce cachot abandonné ? Se moqua ouvertement la sorcière.

Le sang de Regulus ne fit qu'un tour et sans qu'il ne s'en rendit compte, il renversa le bureau et se tint debout. Cara eut aussitôt un mouvement de recul, il la vit serrer quelque chose dans la poche de cape, sa baguette, et alors il réalisa.

-Tu as peur de moi ? S'étrangla le sorcier.

Il scruta les yeux bleus de son amie qui resta muette et sur ses gardes. Il contourna alors le bureau qu'il venait de renverser et se planta devant elle. Il posa ses mains de part et d'autre de son corps et planta durement son regard dans le sien.

-Est-ce que tu as peur de moi, Cara ?

-Est-ce que je devrais ? Lui répondit la gryffondor en ayant de nouveau un imperceptible mouvement de recul.

Regulus se rapprocha davantage d'elle. Il refusait de rentrer dans son petit jeu.

-Tu ne réponds pas à ma question. Est-ce que tu as peur que je te fasse du mal ?

Le silence fut sa seule réponse. Il pensait qu'elle savait depuis tout ce temps, que malgré tout, absolument tout, il ne lui ferait jamais de mal. Il se pencha alors doucement vers elle et elle n'eut ni mouvement de recul ni de panique lorsque son visage frôla doucement le sien et qu'il lui chuchota à l'oreille :

-Je ne te ferai jamais de mal, Cara.

La jeune femme tourna doucement la tête vers lui et les yeux gris du serpentard accrochèrent immédiatement ses lèvres. Leurs visages étaient si près qu'il avait juste à pencher la tête pour l'embrasser. Cette idée erra dans son esprit pendant de longues et interminables secondes, il était tenté de gouter au fruit défendu, juste une fois. Il n'avait qu'à faire un mouvement imperceptible pour y céder. Il entendit son coeur battre comme jamais dans sa cage thoracique, prêt à en sortir. Tout son corps l'appelait à céder. Cependant, le sorcier se résigna. Il ne pouvait pas se laisser contrôler de la sorte par ses sentiments. Regulus détourna alors le regard afin de reprendre ses esprits et prit une profonde inspiration pour calmer les battements de son coeur, complètement désemparé.

-Je ne te ferai jamais de mal…Je pensais que tu le savais…Reprit-il d'une voix à peine audible en reculant d'elle afin de prendre ses distances.

Il prit appui sur le bureau connexe à celui qu'il venait de renverser et leva les yeux sur la gryffondor. Il se devait de la rassurer, il ne voulait pas la perdre, même s'il n'avait que son amitié, il ne voulait pas qu'elle sorte de sa vie.

-J'en serai incapable ! Reprit vivement Regulus. Je ne peux même pas l'imaginer !

-Eh bien tu aurais du te voir quelques secondes plutôt ! L'interrompit Cara en sautant de sa table.

Le sorcier la regarda, surpris, mais ne se démonta pas pour autant.

-Ne sois pas ridicule ! S'emporta-t-il.

La gryffondor le fusilla du regard.

-Je ne toucherai jamais à un seul de tes cheveux ! Jamais !

-STOP ! Cria Cara en levant les mains et en lui coupant littéralement la voix.

Regulus était désemparé mais il refusait de céder. Elle doutait et cela le tuait à petit feu. Jamais il ne lui ferait de mal, il pensait qu'après tout ce temps, qu'après sa lettre, elle le savait.

-Alors quoi ? Tu as peur de moi ? Tu ne me fais plus confiance ? S'emporta-t-il.

Elle restait de marbre alors qu'il bouillait littéralement. Il détestait lorsqu'elle se jouait de lui ainsi, elle jouait avec ses nerfs et cela avait le don de le mettre hors de lui.

-Réponds moi ! Aboya Regulus en tapant rageusement du poing sur le bureau.

Sa voix résonna dans le cachot. Il fulminait intérieurement de ne pas avoir de réponse. Elle planta durement son regard dans le sien et de nouveau, il sentit ses pensées lui échapper. Elles ne lui appartenaient plus.

-Est-ce que tu es une légilimens ? L'interrogea soudain le sorcier.

-Non, répondit spontanément la brunette.

Regulus ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. Tout paraissait clair maintenant, aussi claire que de l'eau de roche.

-Tu es une légilimens. Affirma-t-il avec aplomb.

-Ce n'est pas en le répétant que j'en serai une, dit la jeune femme impassible en le regardant droit dans les yeux.

Le doute s'immisça doucereusement en lui tel un venin. Il avait l'impression d'être une marionnette entre les mains d'un marionnettiste qui s'amusait à tirer les ficelles, pourtant ses pensées avaient été claires à peine quelques secondes plus tôt.

-J'ose croire que tu ne feras pas de mal, finit par lui répondre la sorcière.

Elle semblait tout aussi perdu que lui à cet instant à fixer tout sauf lui.

-Ce n'est pas une réponse, Cara.

-Si c'en est une, affirma sèchement la gryffondor.

-La question est simple, c'est soit « oui » soit « non ».

De nouveau le silence. Sirius lui avait monté la tête contre lui, il n'y avait pas d'autres explications et cela le fit entrer dans une rage noire qui désagrégea le bureau sur lequel il s'était appuyé.

-Réponds, Cara ! Par la barbe de Merlin, réponds à cette putain de question ! Est-ce que tu me crois capable de te faire du mal, oui ou non ?

Cette fois-ci, elle n'eut aucun mouvement de recul face à sa perte de contrôle.

-Je ne sais plus…Lui avoua la brunette en levant les yeux vers lui.

Ce n'était pas la réponse qu'il attendait et cela lui fit plus de mal qu'il ne voulut l'admettre. Il se serait bien appuyé de nouveau sur le bureau mais son excès de colère l'avait désagrégé.

-C'est Sirius qui t'a mis ça en tête, n'est-ce pas ?

-Quoi ? Mais qu'est-ce que ton frère vient faire dans cette histoire ?

-C'est lui, j'en suis sûr.

-C'est incroyable, vous êtes tous obsédés par Sirius ! S'énerva Cara.

-Il t'a tout raconté, j'en suis sûr, fit Regulus à lui même. Il ne paie rien pour attendre !

-Tu perds la tête ! Je ne sais même pas de quoi tu parles !

-C'est lui, je reconnais bien sa signature…

Cara souffla agacée. Elle replaça une de ses mèches brunes derrière l'oreille, visiblement perdue et énervée.

-J'en ai assez, je ferai mieux d'y aller !

-Oui, casse-toi ! C'est mieux !

La gryffondor le regarda, interdite. C'était la première fois qu'il s'adressait à elle ainsi. C'était la première fois qu'il perdait ainsi son sang froid en sa présence.

-Sors de là ! Lui ordonna le serpentard.

Il ne fallut que quelques secondes avant qu'il n'entende la porte du cachot claquer sans ménagement. Sirius ne perdait rien pour attendre. Il lui avait dit qu'il ne dirait rien à Cara mais le preux chevalier n'avait pas pu s'empêcher de tout lui raconter. C'était la raison pour laquelle elle ne lui faisait plus confiance et qu'elle le croyait capable de lui faire du mal. Il avait immiscé le doute en elle et elle, complètement aveuglée, avait cru ses paroles.

xoxoxoxoxo

James jouait avec son vif d'or tout en observant Sirius se démener à expliquer à Oliver les principes fondamentaux de la métamorphose. Le jeune gryffondor n'était pas un cas désespéré mais ses questions incessantes commençaient à mettre à bout la patience du maraudeur.

-Si tu ne devais retenir qu'un seul principe ça serait d'imager la forme que doit prendre ta métamorphose, insista Patmol.

Oliver pencha la tête sur le côté, l'air pensif. Cornedrue crut pendant un instant que son meilleur ami avait réussi à enseigner quelque chose à leur jeune camarade mais ce dernier demanda aussitôt :

-Pourquoi ?

Patmol ferma les yeux un instant, désespéré. Lorsqu'il les rouvrit, il s'apprêta à lui répondre mais le préfet en chef vint à sa rescousse, amusé.

-Parce que si tu n'arrives pas à imaginer la forme de ta métamorphose, comment-veux tu que ta magie réponde à ta demande ?

Le jeune sorcier tourna la tête vers James, surpris qu'il intervienne. Le capitaine de l'équipe de gryffondor sortit sa baguette et jeta un coup d'oeil aux objets qui les entouraient.

-Regarde, je vais te montrer ! Déclara-t-il. Tu vois la lampe sur le bureau ?

Oliver hocha la tête en guise de réponse.

-Bien. Je vais la transformer en un lapin. Mais pour y arriver, je dois penser à chaque détail. Sa couleur, sa taille, la forme de ses oreilles…Je vais même me rappeler comment un lapin bouge !

D'un geste de poignet, James transforma la lampe en lapin noir sous le regard admirateur du jeune gryffondor.

-Frimeur, lâcha Sirius, un sourire en coin.

James se tourna de nouveau vers le jeune gryffondor et vit le même éclat dans ses yeux que celui qu'il avait vu chez Lily lorsqu'elle avait découvert le wagon du conducteur du Poudlard Express, de l'émerveillement.

-A ton tour maintenant, l'invita le préfet en chef. Transforme cette montre en verre à pied.

Oliver lança un regard paniqué à Patmol qui l'incita d'un signe de la tête. Cela faisait déjà plusieurs soirs que Sirius essayait d'enseigner les bases à ce jeune gryffondor mais James se demanda si le problème ne venait pas plutôt de son absence de confiance en ses pouvoirs.

-Allez, tu connais la formule, l'encouragea Cornedrue en se penchant en avant après avoir récupéré son vif d'or.

Le jeune sorcier déglutit difficilement et pointa sa baguette sur la montre. Sa main tremblait et son poignet était bien trop fébrile pour que le sort réussisse mais James garda ses remarques pour lui même.

-Imagine un verre à pied, sa couleur, ses détails, sa hauteur, sa largeur…reprit James posément.

-Tiens fermement ta baguette ! Intervint Sirius en posant également sa main sur la baguette d'Oliver. Si ta main tremble, tu rateras le sortilège mais si elle est ferme et que tu sais quel sortilège tu vas lancer, ça sera une réussite…

Oliver lança un regard peu convaincu au maraudeur avant de se concentrer sur la montre, puis après un long moment d'hésitation, il prononça la formule et la montre se transforma en un verre à pied légèrement avec des aiguilles qui continuaient à tourner.

-J'ai encore échoué…s'apitoya le gryffondor.

-Moi je trouve que c'est plutôt réussi, au contraire ! Dit le préfet en chef d'un ton encourageant. On a un verre à pied, les détails sont plutôt convaincants et…

-Il y a encore les aiguilles de la montre, lui fit remarquer Oliver.

-Ça viendra en pratiquant ! Le rassura Patmol en s'affalant dans le canapé. Crois-moi, il faut pratiquer pour que la métamorphose soit parfaite !

-Essai de nouveau, l'encouragea James en transformant le verre en montre. Sans l'aide de Sirius, cette fois-ci.

-Ne doute pas de tes capacités. Jamais.

Oliver hocha la tête et se concentra de nouveau. Il pointa la montre, se pinça les lèvres et prononça la formule à haute et intelligible voix, et découvrit la montre se transformait en parfait verre à pied, sans aiguilles et sans mécanisme de montre.

-J'ai réussi ? S'étonna-t-il en regardant successivement les deux maraudeurs.

-Tu as réussi, lui confirma Sirius dans un sourire bienveillant.

Oliver recommença le sortilège une dizaine de fois sous la responsabilité de ses ainés et James ne put que constater que le sort était réussi à chaque fois. Le problème ne venait pas de ses compétences mais bel et bien de sa confiance en lui. Plus il pratiquait ce sortilège, plus le verre gagnait en précision.

-Bon, je crois qu'il est temps pour toi d'aller dans ton dortoir. L'informa James en reprenant son rôle de préfet en chef. Le couvre feu est dépassé depuis de nombreuses minutes…

Le jeune gryffondor ne se fit pas prier pour ramasser ses affaires et remonter dans son dortoir, laissant les maraudeurs seuls devant le feu de cheminée. Il ne restait plus qu'eux dans la salle commune des gryffondors. Lily avait rejoint les appartements des préfets en chef à la fin du diner et Cara les avait abandonné une fois que Oliver avait fini son parchemin de sortilèges.

-Je suis suis sûr que demain il va courir voir Cara pour lui annoncer qu'il a réussi son sortilège, rit Sirius en s'accoudant à son fauteuil.

-Il n'a pas confiance en lui. Sa main tremblait lors de sa première tentative, et j'ose à peine imaginer les pensées qu'il doit avoir lorsque ses camarades de dortoir lui disent qu'il est un cracmol…

-C'est certain que ça ne doit pas aider…Lui répondit Patmol en baillant sans retenu. Ça viendra avec le temps, je lui donne quelques semaines avant de devenir un poil trop confiant !

James se passa une main dans ses cheveux en bataille. C'était certainement ce qui allait se passer s'ils continuaient à lui enseigner. Il se mit à fixer son meilleur ami. Il était persuadé que son acolyte cachait quelque chose, il avait caché quelque chose au manoir et il avait l'intime conviction qu'il avait ramené ce qu'il cachait ici, hors de portée du Manoir. Sans compter sur Regulus qui avait clairement fait allusion à la pratique de la magie noire par son ainé lors des vacances lorsqu'il l'avait croisé.

-T'as trouvé un cadeau pour Lily ? L'interrogea soudainement Sirius.

-Pourquoi voudrais tu que je cherche un cadeau à Lily ?

-Eh bien…C'est bientôt son anniversaire, répondit son ami surpris qu'il n'y ait pas pensé lui même.

Cornedrue se frappa mentalement. Comment avait il pu être aussi négligent ?

-Je dois dire que tu deviens de plus en plus tête en l'air depuis que t'es en couple…

Le maraudeur lui lança un regard interrogateur, faisant mine de ne pas comprendre son allusion.

-Oh s'il te plait ! Tu mentir à tout le château mais pas à ton vieux Patmol ! Je te rappelle que je suis un pro des relations amoureuses !

-Le fait de changer régulièrement de petite amie ne fait pas de toi un pro des relations amoureuses, ralla James. Je dirais même plutôt le contraire !

S'il avait accepté de garder sa relation secrète c'était uniquement pour Lily. Il n'y voyait aucun mal de garder leur relation loin des regards curieux et interrogateurs mais une question ne cessait de lui revenir en tête : « Pourquoi ? ».

-Ne me juge pas ! Je te signale que tu n'es pas mieux ! Rit Patmol en se levant.

-J'ai encore le temps, lui affirma James. Ce n'est que dans deux semaines, j'ai le temps de trouver quelque chose d'approprier.

-Oui, évite la demande en mariage…Je ne pense pas que ça serait judicieux ! Se moqua Sirius en prenant sa cape.

Cornedrue ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Cette idée ne lui avait même pas frôler l'esprit. Il aurait bien continuer sur cette lancée mais c'était le moment de jouer cartes sur table. Cela faisait plusieurs semaines que la question restait en suspend mais il devait savoir si oui ou non Sirius avait pratiqué la magie noire. Les mots de Regulus résonnés encore dans sa tête : « Tu devrais demander à Sirius ce qu'il a fait de ses vacances de Noël ! J'ai encore beaucoup à apprendre lui » lui avait lancé le benjamin de la famille Black. Depuis ses doutes n'avaient cessé de croitre.

-Cornedrue ? L'interpella son meilleur ami visiblement inquiet. Tout va bien ?

-Est-ce que tu as pratiqué la magie noire, Sirius ? l'interrogea James en plantant durement son regard noisette dans celui de quasi-frère.

-Oui comme tous les membres de la famille Black, mais tu le sais déjà ça !

Son ton était léger. Sirius ne prenait pas au sérieux sa question qui avait été trop vague. Evidemment que James savait qu'il avait pratiqué la magie noire, ce n'était plus un secret pour personne que les membres de la famille Black étaient plongés dans ce type de magie dès leur plus jeune âge. Le maraudeur n'avait aucune envie de reformuler sa question mais il n'avait pas d'autre choix s'il voulait en avoir le coeur net.

-Est-ce que tu as pratiqué la magie noire durant les dernières vacances ?

Cette fois-ci, la question pesa lourdement entre eux. Toute la légèreté de Sirius venait de s'envoler avec cette question.

-Quoi ?

-Tu as très bien entendu la question, ne me fais pas répéter…s'impatienta James.

-C'est ça que tu cherches depuis ? Se vexa son meilleur ami. Tu as fouillé ma chambre au manoir et le dortoir pour ça ?

Visiblement, Cornedrue n'avait pas été aussi discret qu'il l'avait pensé et cela ne fit que l'agacer davantage que Sirius ait su tout ça et n'ait rien dit.

-Tu me cachais quelque chose durant les vacances et Regulus n'a fait que confirmer mes doutes…

-Regulus ? T'as parlé avec lui ? S'emporta Sirius en se rapprochant de lui.

La conversation prenait une tournure particulièrement délicate. Les deux sujets les plus sensibles étaient la table.

-Qu'est-ce que t'as fait ? Demanda de nouveau James qui perdait petit à petit son sang froid.

S'il y avait bien quelque chose qu'il ne supportait pas, c'était bel et bien la pratique de la magie noire, de plus est à son domicile. Il espéra de tout coeur que son meilleur ami le contredise mais sa réaction ne faisait que creuser un peu plus sa culpabilité.

-Alors c'est vrai ? Tu as pratiqué la magie noire durant les vacances ? S'énerva le préfet en chef.

Sirius détourna rageusement le regard, il était furieux mais garda le silence. Il hésita longuement, James voyait parfaitement le lutte intérieure qu'il menait. Il mit un long moment avant de lever de nouveau les yeux vers lui et de lui répondre :

-Oui.