Laure se rue sur son téléphone et appelle les urgences afin de prendre en charge rapidement sa colocataire. Le supérieur de la jeune femme arrive promptement sur les lieux, il est accompagné d'une dizaine de policiers. Ils entrent sur la scène du crime et commence à baliser le terrain, ils recueillent les témoignages des elfes grâce à Thibault et Laure qui traduisent les paroles de ces derniers avant que l'humaine soit elle-même interrogée. Tous les témoignages disent la même chose, lorsqu'ils sont entrés dans la pièce, les jumeaux étaient à terre et Emy était inconsciente dans la cuisine à peine en vie.
Les policiers relèvent les empreintes de tout le monde afin de pouvoir distinguer celles des habitants de l'appartement, d'une éventuelle empreinte inconnue. Ils relèvent les empreintes visibles dans tout le logement et repartent avec les prélèvements. Suspicieux, ils regardent les elfes avant de sortir de la maison.
Alors que l'inspecteur Renardier va pour sortir de la pièce, Riliam reprend connaissance et regarde l'air hagard autour de lui. Il s'inquiète de ne pas voir son frère à ses côtés, il semble totalement désemparé. Prestement, le roi se place devant le jeune garde et ce dernier commence à se détendre. D'un filet de voix très serré, il demande :
- Mon seigneur, où se trouve mon frère, nous avons été attaqués, on n'a rien pu faire…
- Calmez-vous soldat, tout va bien, faites-moi votre rapport de manière limpide. Des vies sont peut-être encore en danger !
- Il ne faut pas être aussi dur avec lui, ce n'est pas comme ça que vous obtiendrez des réponses.
- Je vous interdis de parler sur ce ton au roi !
- Venedil ! Qu'est-ce que je vous ai dit à propose du statut de votre chef, pas un mot !
- N'empêche qu'il n'a pas tort, nous avons l'habitude de voir des choses horribles et il nous faut être fort pour protéger les nôtres. Il faut qu'il parle vite avant que le coupable ne puisse s'échapper, il peut dire quelque chose qui peut nous aider.
- Je n'ai pas vu son visage mais c'était un homme grand, environ 1 m 80, il avait des yeux noirs et j'ai pu voir une mèche brune sortir du drôle de truc qu'il avait sur la tête. Il portait le même genre de pantalon que Laure et un haut foncé. C'est tout ce dont je me rappelle, il s'en est pris à Raëlios après moi.
- Comment peux-tu en être sur ?
- Raëlios était encore debout quand j'ai pris le coup à la tête. Par contre l'humaine elle était à Terre. Mon seigneur, il vous cherchait vous. Il répétait votre nom, et votre titre distinctement mais il ne parlait pas la langue des elfes.
Laure et Thranduil se regardent surpris. Il est évident qu'un des humains sait où les elfes sont logés et il connait le titre exact de Thranduil. L'inspecteur se déplace pour se mettre à côté du souverain, ce qui provoque un mouvement imperceptible de la part de Venedil et de Lilith qui s'inquiètent pour leur roi après cette attaque.
D'un regard du roi, les deux gardes se calment et le policier s'approche doucement du garde à terre. Il interroge Laure sur les paroles de son colocataire, la jeune femme demande à son supérieur de s'écarter afin de laisser le jeune elfe reprendre ses esprits. Laure lui rapporte donc les observations faîtes par Riliam et lui explique que l'intrus cherchait en particulier le conseiller du roi, Thranduil.
Le regard plus que pénétrant du roi croisa celui trouble de Raëlios qui finit par reprendre connaissance. Rapidement, Thranduil lance un regard vers l'inspecteur Renardier et braque son oppressante attention sur la jeune traductrice.
- Le conseiller semble un peu en colère.
- Il faut le comprendre, on vient d'agresser deux de ces gardes et on était à la base venu pour lui, ça n'est pas vraiment une chose très rassurante.
- Je comprends. Nous allons doubler la garde de votre appartement et vous devrez être accompagnés à chaque sortie.
- Bien Monsieur. Nous devons aller visiter l'Arc de Triomphe et la Tour Eiffel dans les prochains jours. Il faudrait que les monuments soient privatisés, cela assurerait la sécurité des elfes.
- Je suis d'accord mais cela ne permettra pas aux elfes de rencontrer des humains, or c'est ce que veut le président.
- Il faut dans ce cas, privatisez les monuments mais permettez aux gens de les rencontrer à l'extérieur. Il faut également établir un périmètre de sécurité autour d'eux. Il faudra fouiller les gens qui s'approcheront pour éviter un couteau dissimulé.
L'inspecteur accepte les conditions énoncées par la jeune Laure et décide de laisser deux de ses meilleurs policiers devant la porte de la jeune femme. Les elfes reprennent les devants et décident de s'installer pour la nuit. Laure décide de laisser les elfes seuls pour quelques heures, le temps de rendre visite à son amie qui est toujours à l'hôpital.
Elle prévient les gardes qu'elle sera absente pendant quelques temps et qu'elle ne veut personne à l'intérieur de chez elle. Caseyliëssa et Tressalia acquiescent et se postent derrière la porte de l'appartement. Laure prend son sac et sort rapidement de l'appartement. Elle jette un léger regard sur les policiers avant de s'élancer dans les escaliers. Elle court jusqu'au bus 32 et s'engouffre dedans de justesse. Son objectif la Clinique de la Muette…
Elle arrive environ 15 minutes après, elle interrompt la secrétaire dans sa discussion avec sa collègue, ce qui lui vaut une œillade noire, et demande :
- Bonjour. Où se trouve la chambre de Mme Brery?
- Vous êtes ?
- Sa colocataire. Je viens la voir dans le cadre d'une affaire qui a eu lieu à notre domicile, je suis Mme Tehcoh, je travaille au quai des orfèvres.
- Je vous reconnais, vous êtes la fille aux elfes ?
- Oui je suis bien la fille aux elfes mais je souhaiterai voir Mme Brery, s'il vous plait.
- Chambre 205 !
- Merci
La jeune femme laisse les deux jeunes femmes reprendre leur passionnante discussion tandis qu'elle se rend au deuxième étage de la clinique pour retrouver son amie. Cette dernière est allongée dans un lit blanc aux draps immaculés. Ses longs cheveux bruns et sa peau foncé tranchent violemment avec la pièce fortement éclairée. A son arrivée, Emy ouvre les yeux et lui offre un sourire éclatant. Elle tend sa main et Laure s'avance pour la lui prendre.
- Ça va ma belle ?
- J'ai l'impression d'avoir été écrasée mais sinon ça va. Les jumeaux, comment vont-ils ?
- Ils vont bien, ils ont la tête dure, ils étaient aussi inquiets à ton sujet. Comme nous tous. Lorsque je t'ai vu par terre, quasiment inanimée, je me suis sentie tellement coupable. C'est à cause de moi si tu as été blessée car c'est moi qui ai fait venir les elfes chez nous. Je suis terriblement désolée.
- Ce n'est pas de ta faute, personne ne pouvait savoir que quelqu'un cherchait à s'en prendre à eux !
- Il en a surtout après le roi apparemment…
- Oui c'est ce que j'ai cru comprendre.
Les deux femmes se regardent longuement, elles savent que l'homme va repasser à l'attaque dès qu'une occasion se fera sentir. Tant qu'il n'aura pas le roi, il ne lâchera pas. Emy peut voir dans le regard de Laure de la culpabilité et elle sait que rien de ce qu'elle pourra dire n'aidera son amie à se sentir mieux. Elle doit juste guérir rapidement pour que cela soit un mauvais souvenir.
Les deux amies continuent de parler pendant environ une heure avant que le médecin arrive dans le but de faire partir Laure, l'heure des visites étant terminée. La jeune bureaucrate sort de l'hôpital et décide de marcher un peu à l'extérieur avant de rentrer à son domicile. Son but: ne pas inquiéter les elfes avec ses états d'âmes. Elle sait qu'ils vivent cela de manière très détachée et elle ne souhaite pas leur montrer que cette attaque l'a autant bouleversée.
Finalement, le bus passe et elle décide de rentrer à pieds, cela ne devrait pas lui prendre longtemps, elle n'est qu'à un kilomètre de chez elle. Elle avance dans la rue Paul Doumer, les magasins sont fermés et les bars laissent sortir les derniers clients de la soirée. Sans regarder son chemin, Laure avance tranquillement. C'est alors qu'elle sent une présence derrière elle. Sans se retourner, elle jette un coup d'œil derrière elle en s'aidant d'une vitrine de restaurant.
Une silhouette se trouve effectivement dans son dos, elle tente de garder son calme afin de ne pas montrer à la personne qu'elle l'a repérée et prépare le numéro de la police sur son téléphone, un reflexe qu'elle a depuis qu'elle habite sur la capitale et qu'elle prend les lignes de métro tard le soir. La personne avance et Laure décide d'avancer plus rapidement dans le but de semer son poursuivant. Seulement après cinq minutes de marche rapide, la jeune femme commence à fatiguer et elle ne sait plus quoi faire. Elle décide donc à la prochaine intersection de changer de direction…
Elle tourne à gauche et s'engouffre dans une petite ruelle, alors qu'elle pense que la personne va la suivre, la silhouette dépasse la rue et continue son chemin. Laure sort de sa cachette et continue son chemin, la silhouette a disparu de son champ de vision. Elle rit de sa frayeur et reprend son chemin. Soudain, une énorme masse la pousse par terre et la plaque au sol. Un rire rauque répond à son cri de détresse. La personne s'empare de son téléphone et le jette un peu plus loin avant de prononcer une phrase d'une voix grave et menaçante « N'aidez pas les elfes où cette fois-ci je pourrais m'assurer que votre amie ne s'en sorte pas ».
Laure hoche la tête et le poids disparait aussi soudainement qu'il est apparu. La jeune femme récupère son téléphone et appelle son supérieur, tout en inspectant tous les coins de la rue. Elle tremble et se sent véritablement observée. Elle sait que l'homme, car il s'agit bien de la voix d'un homme, est toujours dans les parages. Son supérieur décroche et elle se précipite pour lui raconter ce qui vient de lui arriver.
Une patrouille de police se rend à l'adresse indiquée et récupère Laure qui est emmenée au Quai des Orfèvres le plus rapidement possible. Elle est reçue par le Major Chevalier et l'inspecteur Renardier qui souhaitent savoir ce qui s'est passé dans les moindres détails. Elle leur raconte donc son envie de marcher après avoir rendu visite à Emy et fini par expliquer sa rencontre avec son agresseur. Elle le décrit comme étant un homme grand, de corpulence moyenne à la voix grave et rauque. Malheureusement, elle n'a pas vu son visage mais elle se rappelle qu'il portait, un jean noir, un sweat à capuche noir et des vans rouge. Elle se rappelle de ses chaussures car elle s'est rendue compte qu'elle était très flashs par rapport au reste de sa tenue et cela l'a marqué.
Pour sa sécurité, le major demande à ce que l'on raccompagne Laure à son domicile. Il augmente également le nombre de policiers affectés à la protection de son appartement. Personne ne doit entrer à part eux, les elfes et les deux jeunes femmes habitant dans l'appartement. Laure remercie ses supérieurs et suit le policier qui la reconduit jusqu'à chez elle.
Elle entre dans l'appartement et s'aperçoit que les elfes lui ont préparé un repas avant d'aller se coucher. Doucement, elle avance dans la pièce et s'installe dans le but de manger. Elle espère ne pas faire trop de bruit car ses visiteurs semblent profondément endormis mais alors qu'elle débarrasse sa table, elle capte un mouvement dans le fond de la cuisine. Apeurée suite à sa dernière rencontre, elle avance à pas de loup. Brusquement la lumière l'éblouie et elle se retrouve face à Venedil, seul.
Si Lilith a arrêté de la terrifier, Venedil lui, continue de la faire se sentir mal à l'aise. Il jauge sa tenue et entreprend de l'aider à débarrasser. Elle en reste bouche-bée et attend la suite.
- Le roi se doutait que vous avez eu des problèmes car vous aviez dit que vous ne partiez pas longtemps. Il m'a donc demandé de veiller à votre retour.
- J'ai …été…
- Etant donné l'état de vos habits, je dirais que vous avez fait une mauvaise rencontre ?
- Comment le savez-vous ?
- Vous avez une trace de chaussures, derrière. Ce qui me fait penser que quelqu'un vous a marché dessuis, jeune fille.
- En effet, l'agresseur des jumeaux m'a attrapé dans la rue après ma visite à l'hôpital. Il m'a poussé et m'a dit de ne plus vous aider. J'ai donc été voir mes supérieurs afin de les prévenir que j'étais en danger. Mais je ne compte pas abandonner ma mission aussi facilement et je vous aiderais à revenir chez vous.
- Je vois…je vais donc prendre les mesures nécessaires pour que vous ne soyez pas en première ligne puisque vous êtes loin d'être aussi forte que vous souhaitez le montrer.
Venedil s'éloigne et part s'installer devant la porte du roi aux côtés de Lilith qui semble dormir comme un bébé. Laure quant à elle, décide de s'installer confortablement dans le canapé et s'endort rapidement.
