Bonjour tout le monde, le chapitre 17 vient d'arriver : le fameux premier rendez-vous de Drago et d'Harry, enfin ! J'espère qu'il vous plaira.
Comme toujours l'histoire ne m'appartient pas, il s'agit d'une traduction de la fic de Lunadeath, du même nom.
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire à la fin de votre lecture, ça fait toujours plaisir ! Et merci à tous ceux qui suivent cette histoire, et qui ont laissé des reviews !
Bonne lecture !
Chapitre 17
Le grand jour arriva finalement. Harry s'était habillé avec les meilleurs habits qu'il possédait, même s'il savait que Malefoy serait très certainement plus apprêté. Il se coiffa du mieux qu'il put mais, comme toujours, c'était une cause perdue. Il s'assura qu'aucune tâche embarrassante ne restait sur ses lunettes, noua sa cravate, puis se retourna pour vérifier que l'arrière de son pantalon n'était pas froissé. Ça n'avait pas grande importance, étant donné qu'il portait aussi sa meilleure robe de sorcier, une robe infroissable, mais il valait mieux prévenir que guérir. Connaissant Malefoy, il serait capable de détecter la moindre faute de goût au moment où ils se rejoindraient dans le hall du château.
Harry essaya de garder ses mains aussi sèches que possible, mais pour une étrange raison, il en était incapable – elles restaient moites, et c'était très agaçant. Il vérifia par deux fois son apparence générale dans le miroir, miroir qui le sifflait à chaque fois, le faisant rougir. Il sentit une petite pique dans son estomac lorsqu'il remarqua qu'il n'était pas si mal, avec les joues rouges.
Décidant qu'il ne pourrait pas faire mieux, il sortit de la tour Gryffondor lentement, et avec nervosité. Il pria Dieu de n'avoir rien oublié. Le hall arriva bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu et, avant qu'il ne s'en rende compte, il était à son seuil. Harry remarqua bien vite Malefoy, appuyé contre un mur, près de l'entrée qui menait à la cour, et ensuite à Pré-au-lard, les bras croisés élégamment sur son torse. Il sentit son cœur se mettre à battre bien plus rapidement dans sa cage thoracique.
Il ne savait pas combien de temps il était resté là, mais il finit par voir que Malefoy avait relevé un sourcil et lui faisait signe de venir d'un geste du menton. Il prit une profonde inspiration, se répétant qu'il ne s'agissait que d'un pari, pas d'un véritable rendez-vous, et qu'il devait faire de son mieux pour gagner. Ce n'était pas juste une question d'argent. Son honneur et sa dignité d'homme était en jeu.
Harry se rapprocha alors rapidement de Malefoy, restant à environ un mètre de celui-ci. Il retint un hoquet de stupeur en voyant à quoi Malefoy ressemblait dans son costume Armani, la cravate légèrement défaite, les cheveux partiellement plaqués en arrière, alors que son pantalon moulait parfaitement ses hanches tout en lui faisant de longues jambes.
« Fais attention, Potter, ou tu vas marcher sur ta langue, » commenta Malefoy, faisant sortir Harry de sa transe.
Harry ferma la bouche et jeta un regard noir à Malefoy. « Ferme-là. Je ne ferai jamais une chose pareille.
- Bien sûr, dit Malefoy avec un sourire effronté. Il se décala du mur. Eh bien, et si on y allait ? »
Harry hocha la tête il savait qu'il ne servait à rien de retarder l'inévitable. Il était néanmoins inquiet, car Malefoy n'avait pas semblé très heureux de son apparence, à moins qu'il soit vraiment très fort pour cacher ses émotions.
Arrivés environ à la moitié de la cour, Malefoy prit soudain la parole.
« Un point pour moi, Potter.
- Pardon ? Hoqueta Harry, tournant la tête pour regarder le profil de Malefoy d'un œil noir.
- Tu n'as fait aucun commentaire sur mon apparence physique, explicita Malefoy. Donc un point pour moi.
- J'attendais que tu me dises quelque chose ! Souffla Harry.
- Tu n'assumes jamais, Potter.
- Donc j'ai aussi un point. Ce n'est que justice.
- Peut-être, dit Malefoy. Il jeta un œil à Harry. Le feu qui brûlait dans les prunelles d'Harry provoqua une drôle de réaction dans l'estomac de Drago. Il reporta son regard droit devant lui. C'est une bonne chose que la Belette et la Sang…
- Un deuxième point pour moi, Malefoy, le coupa rapidement Harry, qui jubilait néanmoins que Malefoy ait perdu ses bonnes manières. Eh bien, eh bien, tu ne t'en sors pas si bien, n'est-ce pas ?
- Attends un peu pour juger, Potter, dit Malefoy. Je serai si poli que tu oublieras vite cette petite erreur.
- J'en doute grandement, » maugréa Harry.
Ils marchèrent jusqu'à Pré-au-lard, l'un à côté de l'autre, en silence. Harry ne savait pas vraiment ce qu'il aurait pu dire à Malefoy, et il se demanda si son adversaire aurait un point s'il ne trouvait pas un sujet de conversation intéressant.
En arrivant en ville, Harry fut en réalité plutôt surpris par les manières de Malefoy. Il n'avait pas réellement pensé qu'il serait aimable avec lui. Lorsqu'ils entrèrent aux Trois Balais, Malefoy lui ouvrit la porte. Harry cligna des yeux sous le coup de la surprise et fixa Malefoy, qui était légèrement incliné et lui faisait un geste de la main pour l'inviter à entrer dans le pub. Harry tenta de ne pas trop rougir, mais il se doutait que c'était peine perdue. C'était une bonne chose qu'il fasse froid à l'extérieur, car il pourrait mettre ça sur le compte de la température.
Rapprochant son écharpe rouge et or autour de son visage pour se protéger du froid et cacher son rougissement, Harry rentra aux Trois Balais sans un mot. Malefoy le suivit, fermant la porte avec délicatesse derrière eux. Harry savait qu'il le suivait, alors il se fit un chemin parmi la foule et trouva une table libre. Il se retourna pour voir où était son compagnon, et sursauta violemment en constatant que le visage de Malefoy était terriblement proche du sien.
« Du calme, Potter, ricana Malefoy. Je ne vais pas te sauter dessus au milieu de cette foule. »
Harry se moqua, pas sûr qu'il disait la vérité, étant donné que Malefoy avait déjà été proche et intime avec lui.
Avant qu'il ne puisse s'asseoir, Malefoy sut soudain là, tirant la chaise pour Harry. Celui-ci bafouilla un moment, son visage rougissant plus encore que le feu dans la cheminée du pub, et s'assit lentement. Malefoy l'aida à replacer sa chaise, puis s'assit également. D'un geste un peu théâtral, il retira sa veste et la plaça sur le dossier de sa chaise.
« Oh, aimerais-tu que je t'aide à retirer ton manteau, Potter ? Demanda-t-il, comme s'il venait tout juste de réaliser qu'il l'avait oublié.
- Eh bien, j'aurais parié que tu l'aurais fait de toi-même, répliqua Harry, ses yeux brillant d'une joie vindicative. Et de trois points, Malefoy. »
Drago souffla, se leva de sa chaise et répara son erreur. Tandis qu'il faisait glisser la manteau d'Harry le long de ses bras, ses doigts frôlèrent en une caresse les épaules et les bras de son vis-à-vis. Harry sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale de haut en bas.
« Excuse-moi, dit poliment Malefoy. Je ne voulais pas t'oublier. Je pensais que tu avais toujours un peu froid.
- Il fait assez chaud à l'intérieur, merci, répliqua Harry. Malefoy l'aida également à retirer son écharpe.
- Ce que je voulais dire, c'est que tu semblais avoir froid, se justifia Drago. Tes joues étaient encore bien rouges. »
Harry ravala sa salive, ses joues se colorant de nouveau à la simple mention de son rougissement. Eh bien… je vais bien, merci. Je suis en train de me réchauffer. »
Malefoy lança à Harry un regard de connaisseur. « Oh, je vois ça… maintenant. »
Harry baissa la tête, semblant trouver le menu devant lui très intéressant. Les lèvres de Malefoy se retroussèrent en un léger sourire alors qu'il rejoignait sa place. Harry le regarda prendre sa serviette et la placer sur ses genoux. Il décida qu'il fallait mieux faire de même, et l'imita. Puis, il observa la disposition de leur table. Aucune nourriture n'y était, car ils n'avaient pas encore commandé, mais on y trouvait néanmoins les couverts, ainsi que du pain et du beurre. Les couteaux et la cuillère à soupe se trouvaient sur la droite, alors que les fourchettes se trouvaient à gauche. Un verre d'eau et un verre de vin complétaient le tout.
Il regarda Malefoy prendre un morceau de pain dans la corbeille, puis un morceau de beurre à l'aide de son couteau. À la surprise d'Harry, il ne l'étala pas de suite sur le pain il le mit d'abord dans son assiette puis, après avoir pris un petit bout de pain, il l'étala enfin. Se sentant observé, Malefoy releva les yeux et haussa un sourcil.
« Un problème, Potter ? Tu ne sais pas reconnaître les règles de bonne conduite à table quand tu les vois ?
- Oh, euh, bien sûr que si ! Répondit Harry. Il connaissait bien certaines de ses règles, tante Pétunia les lui ayant enfoncé dans le crâne lors des rares fois où il avait été autorisé à manger à table avec sa famille. Il n'avait simplement jamais vu quelqu'un manger du pain de cette manière. Il ne pensait pas que Dudley avait un jour fait ça.
- Un autre point pour moi, alors ? Demanda Malefoy, le sourcil toujours relevé.
- Non, non… je n'avais juste simplement jamais vu quelqu'un manger le pain comme ça…
- C'est pourtant la manière dont on est censé le faire, répliqua Malefoy. Quoi ? Aucun des membres de ta famille moldu ne connaît les règles de bonne conduite ?
- Si, mais d'habitude, mon cousin Dudley arrache juste un gros morceau de pain et y met une grosse couche de beurre avant d'enfourner le tout dans sa bouche.
- Quel rustre dégoûtant, fit remarquer Malefoy. Il beurra un autre morceau de pain et mordit dedans. Il avala avant de continuer à parler. C'est comme ça qu'on fait, Potter. Tu prends un peu de beurre que tu mets dans ton assiette, pour ne pas avoir à en reprendre plusieurs fois dans le beurrier avec ton couteau sale, et puis tu l'étales sur chaque morceau de pain avant de le manger. On n'utilise jamais son couteau pour couper le pain, et on ne prend pas non plus un gros paquet de beurre.
- Alors mon cousin a des manières encore plus terribles que je le pensais, répondit Harry. Il imita Malefoy et reproduisit ce qu'il venait de lui expliquer. Il se sentait un peu bête, mais au moins il faisait quelque chose de la bonne manière. Ma tante donne toujours des excuses à mon cousin, alors ça ne m'étonnerait pas qu'elle laisse passer certaines choses à table. Harry reposa avec précaution son couteau, avant de prendre son verre d'eau.
- Ton cousin est à moitié baleine, non ? »
Harry ricana dans son verre, et faillit inhaler un peu d'eau. C'était une question tout à fait légitime d'après lui, mais la manière dont Malefoy l'avait posée était vraiment drôle. Une fois que la serveuse eut pris une partie de leur commande (Harry n'avait pas réussi à prendre une décision) et fut partie, Harry lorgna Malefoy.
« De la caille ? Demanda-t-il, choqué. Tu as choisi de la caille ?
- De la caille avec des champignons, répliqua Malefoy. C'est plutôt pas mal. »
Harry fronça les sourcils alors qu'il analysait le menu. Il n'avait vraiment pas l'impression que ça avait l'air bon, en réalité. Il n'était pas certain non plus d'avoir envie de manger de la viande ce soir. Il regarda la partie végétarienne et vit quelque chose qui lui sauta aux yeux.
« Des oignons confis farcis au riz sauvage ?
- C'est ce que tu as choisi, Potter ?
- Ça a l'air sympa, répondit Harry. Il regarda par-dessus son menu. Tu ne trouves pas ?
- C'est tout à fait ce qu'il te faut, commença Malefoy. Si tu aimes les oignons.
- Ils ne me dérangent pas. Je pense que je vais tester ça. »
Malefoy haussa les épaules, finissant son pain tout en regardant la liste des vins. Harry n'avait aucune idée que Les Trois Balais pouvaient être un restaurant aussi chic. Il devrait sûrement en parler à Madame Rosmerta à un moment.
Lorsque la serveuse revint, Harry lui dit ce qu'il avait choisi, et Malefoy commanda du vin rouge. Elle leur reprit les menus et les laissa seuls.
« Alors, commença Harry, tentant de trouver un sujet de conversation.
- Alors ? l'interpella Malefoy, un sourcil relevé.
- Euh, alors… comment se passe ton année pour le moment ? Demanda Harry. Il rougit légèrement, se morigénant d'avoir l'air si stupide.
- Tu veux dire à part le fait d'avoir un rendez-vous avec un crétin à lunettes, aux cheveux en bataille et aux yeux verts ? Tout simplement génial.
- Ferme-là, répliqua Harry sans grande conviction. J'essaie juste d'engager la conversation.
- J'ai remarqué. Je te remercie d'essayer d'avoir l'air poli.
- Je suis poli, grogna Harry.
- Pas d'après ce que j'ai vu, répliqua Malefoy. La serveuse revint avec le vin avant qu'Harry ne puisse répliquer. Merci, dit Malefoy à la serveuse, qui rougit brusquement. Harry la foudroya du regard jusqu'à ce qu'elle parte.
- Je suis poli, répéta Harry, déterminé à avoir le dernier mot. C'est juste que, parfois, tu rends ça si compliqué.
- Alors toute la faute vient de moi, c'est ça ?
- Mais c'est vrai ! Répliqua Harry, de plus en plus agacé. Malefoy ne sembla pas du tout prêter attention à la tirade d'Harry, qui tentait de prouver à quel point il était désagréable. À la place, il prit son verre de vin et fit lentement tourner le liquide dans son contenant. Est-ce que tu m'écoutes ? Lui demanda-t-il à un moment.
- Pourquoi voudrais-je écouter un discours sans queue ni tête ? Malefoy continua un instant d'observer son vin, avant de le renifler. Harry admira le tout avec une certaine fascination, oubliant complètement pourquoi il était si en colère au départ.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est comme ça qu'on goûte le vin. D'abord, tu l'observes, en prenant le verre délicatement, mais fermement… tu observe sa robe, son intensité, et sa clarté. La vraie couleur du vin se voit quand on le regarde par dessous, en observant les variations de lumière qui le traversent. L'intensité, la profondeur de la couleur, est bien mieux déterminée ainsi. La clarté, le degré auquel telle ou telle particule est visible, est bien plus visible quand la lumière passe à travers les bords du verre. Ensuite, tu observes la couleur des variétés de raisin différentes donnent des couleurs différentes. Un Cabernet est généralement d'un pourpre plus intense et profond que le rouge rubis d'un Pinot Noir…
- Très bien, très bien, je n'ai jamais demandé à avoir un cours sur l'histoire du vin !
- Tu m'as demandé ce que je faisais, je t'ai répondu, répondit Malefoy en souriant. Il prit finalement une gorgée de vin, faisant de légers bruits de bouche. Hmm… pas mal, conclut-il après avoir avalé. Il a beaucoup de nez.
- Beaucoup de quoi ?
- De nez, Potter, répliqua Malefoy impatiemment. C'est un terme qui désigne les odeurs développées à partir du raisin et du processus de fermentation.
- Désolé, mais je n'ai pas grandi en apprenant ce genre de choses, fit remarquer Harry en soupirant.
- Je ne comprendrai jamais pourquoi Dumbledore a choisi de t'envoyer vivre chez ces horribles Moldus, dit Malefoy. Il reposa son verre de vin. Honnêtement, un Potter vivant au milieu d'un groupe de grossiers Moldus…
- Attention, Malefoy, je pourrais finir par croire que tu te fais vraiment du souci pour moi. »
Drago ricana.
Leurs plats arrivèrent vite, et Harry ne pouvait pas être plus heureux : il mourait de faim. L'odeur de ses oignons farcis au riz était si alléchante qu'il se sentait presque saliver, mais il se retenait pour conserver ses bonnes manières. Une fois les assiettes posées et leurs verres remplis à nouveau, Harry prit une bouchée (d'une manière très élégante), se répétant de fermer la bouche en mangeant.
« Pas mauvais, » commenta Harry après avoir avalé. Il regarda de l'autre côté de la table Malefoy goûter à son propre plat, et attendit de voir sa réaction. Tout ce qu'il put voir fut un sourire de plaisir, tandis que son vis-à-vis continuait de manger. Ça voulait sûrement dire qu'il aimait particulièrement ce plat. Avec précaution, Harry prit son propre verre de vin, et le regarda comme il avait vu Malefoy le faire. Il ne savait pas vraiment ce qu'il regardait, ni quelle couleur signifiait que le vin était bon, alors il laissa tomber cette étape et fit bouger le liquide dans son verre. Il ne savait vraiment pas ce qu'il était censé voir… De longues lignes zébraient le verre:était-ce ça qui était si intéressant ? Est-ce que cela voulait dire que le vin était bon ? Il décida de le sentir avec précaution. L'odeur lui plut. Il prit une petite gorgée, tentant de ne pas faire de bruits comme Malefoy, et le garda sur la langue.
Il releva le regard au moment où Malefoy le fixait, les yeux brillant d'hilarité contenue. Harry avala et leva un sourcil dans sa direction.
« Quoi ? Est-ce que j'ai fait quelque chose qui n'allait pas ?
- Tu te fiches de savoir comment goûter un vin, alors je ne vais rien te dire.
- Alors j'ai bien fait quelque chose qui n'allait pas, n'est-ce pas ? »
Malefoy haussa les épaules. « Ne t'en fais pas pour ça. Je ne vais pas gagner un point juste parce que tu ne sais pas savourer le vin.
- Eh bien, au moins je ne faisais pas de bruits de bouche bizarres en le goûtant. »
Malefoy renifla. « Potter… on est censé faire des bruits de bouche bizarres. Quand tu as le vin sur la langue, il faut laisser passer un léger filet d'air entre tes lèvres pour qu'il vienne se mêler au liquide. Ça fait forcément un bruit, comme ceux que tu as entendu. Ainsi, les particules volatiles du vin se libèrent. Tu le garde en bouche entre dix et douze secondes. Chaque partie de ta bouche reconnaît les saveurs de différents composants.
- Oh, répondit Harry. Il fit tourner son verre à nouveau. Et pourquoi est-ce que tu fais ça ?
- Tourner le vin ? C'est d'abord pour laisser s'échapper les arômes cachés, mais aussi pour recouvrir les bords du verre. Ensuite, tu regarde le vin glisser. Si tu vois des lignes rester sur les bords, ce sont des « larmes ».
- Et c'est bien ?
- Il y a débat quant à savoir si c'est un indicateur de bon vin ou non. C'est surtout le signe de la combinaison entre le sucre, l'alcool et la glycérine.
- D'accord, merci, » répondit Harry. Il prit une autre gorgée de son vin. C'était plutôt étrange de voir à quel point Malefoy connaissait de choses sur le vin, mais ce n'était pas un réel choc.
Le reste du repas se passa en silence ou en discutant de sujets légers (Harry se surprit à rire quelques fois). Il remarqua que Malefoy faisait de son mieux pour que des sujets comme l'origine des sorciers, la politique, ou n'importe quel autre sujet qu'il n'apprécierait pas, n'interviennent pas dans la conversation. Harry fit également de son mieux pour ne rien dire de désagréable. Passer du temps avec Malefoy était en réalité bien plus agréable qu'il ne le pensait.
Lorsque plat de résistance et dessert furent avalés, on leur apporta l'addition. Harry et Drago se disputèrent un peu pour savoir qui allait payer, mais Malefoy l'emporta. Harry décida de le laisser faire, juste pour cette fois. En plus, son camarade avait agi comme « l'homme » ce soir – même si Harry n'aimait pas du tout avoir ce genre de raisonnement – en tenant la porte pour lui, en lui tirant sa chaise, et par tout un tas d'autres petits détails. Harry se dit qu'il pourrait sûrement lui rendre la pareille une prochaine fois.
Était-il réellement en train d'envisager un autre rendez-vous ? Le visage d'Harry devin rouge pivoine.
« Quelque chose ne va pas, Potter ? Demanda Drago, se levant pour aider Harry à mettre son manteau.
- Non, tout va bien, ce n'est rien, affirma Harry. Il étira ses bras vers l'arrière pour lui rendre la tâche plus facile. Malefoy lui passa également l'écharpe autour du cou, l'ajustant pour qu'elle le protège bien.
- Ce rougissement ne me paraissait pas être rien, fit remarquer Drago. Mais si tu n'es pas prêt à en discuter, je te laisse tranquille. Il dégagea les cheveux d'Harry de l'écharpe, ses doigts frôlant la base de la nuque.
- C'est une première, » marmotta Harry, frissonnant au contact des doigts de Drago sur son cou. Celui-ci le regarda, un sourcil relevé, et Harry détourna le regard.
Malefoy régla la note sans sourciller, laissant un généreux pourboire en complément. Harry pensa à prendre cet argent pour faire croire qu'il n'avait rien laissé, mais cela lui sembla enfantin, alors il lui emboîta le pas.
Harry ne savait pas depuis combien de temps ils étaient ensemble, mais ça devait faire quelques heures, au vu de la pénombre à l'extérieur. Il avait aussi commencé à neiger légèrement de légers flocons flottaient dans l'air avant de se poser sur le sol. Il ne fit pas attention à l'endroit où il allait, trop occupé à admirer la façon dont les flocons de neige tombaient, certains venant atterrir sur ses lunettes, et sursauta donc quand une main lui agrippa le poignet, l'empêchant de marcher dans ce qui semblait être une flaque de neige fondue sale. Son visage prit une teinte cramoisi en se rendant compte qu'il était pressé contre Malefoy.
« Fais attention à l'endroit où tu mets les pieds, Potter, le prévint-il. Leurs cheveux et écharpes flottaient dans le vent. Je n'ai pas envie de retourner au château avec un Potter plein de boue. Tes amis pourraient très bien nous attendre, et en te voyant comme ça, ils pourraient penser que je t'ai jeté un sort cuisant.
- S'ils croient ça, ils croiront aussi que j'ai gagné le pari, répliqua Harry. Au fait, qui a gagné finalement ?
- Attends, dit Malefoy en réfléchissant quelques secondes. Je n'en suis pas certain. J'ai perdu le compte, en réalité.
- Tu avais trois points, il me semble.
- Je crois que toi aussi tu en avais trois. En plus, j'ai laissé quelques erreurs passer.
- Alors c'est un match nul ? Demanda Harry, un peu sous le choc. Il ne s'était pas détaché de Malefoy, et pour cause : celui-ci lui tenait le coude.
- Il semblerait bien. Est-ce que tu voudrais qu'on remette ça ? » Demanda Malefoy sans préambule.
Harry se mordit la lèvre inférieure, signe de sa nervosité. Il n'avait jamais pensé qu'ils pourraient avoir plus d'un rendez-vous. Est-ce qu'un n'était pas suffisant ? Il jeta un coup d'œil à Malefoy, qui lui rendit son regard sans ciller. Leur marche ralentit jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent complètement à l'entrée de Pré-au-lard. Quelques sorciers et sorcières quittaient également la ville, rejoignant la gare ou une zone de transplanage. Harry avait presque oublié que Drago et lui étaient les seuls étudiants en ville aujourd'hui : tous les autres étaient encore chez eux, c'était les vacances après tout.
Il se fixèrent. Pendant un instant, Harry songea à dire à Drago non, il ne voulait pas d'un autre rendez-vous avec lui, un était bien suffisant, merci ! Mais, maintenant qu'Harry y pensait, l'idée n'était pas si mauvaise. Et puis, Harry n'allait pas continuer à faire l'autruche longtemps. Il savait, depuis des jours maintenant, qu'il avait un petit faible pour Malefoy, et l'idée d'un autre rendez-vous, un vrai cette fois, réchauffa ses joues.
« Un rendez-vous qui ne serait pas… euh… un pari ? »
Malefoy sembla surpris par cette idée, puis ses traits prirent un air fier. « Pourquoi, Potter, es-tu en train de suggérer qu'on ait un vrai rendez-vous ? »
Les joues d'Harry le brûlèrent d'autant plus. « Euh, eh bien… en réalité, la voix d'Harry se fit plus basse. J'ai toujours considéré ce rendez-vous… comme un vrai rendez-vous… »
Ils se fixèrent à nouveau, les yeux écarquillés. Malefoy semblait sur le point de s'évanouir, ou de s'enfuir, tant il paraissait paniqué.
Mais Malefoy ne s'enfuit pas. Comme s'il venait de trouver une réponse à ses questions, il se mit à sourire, son corps se détendant visiblement. Les yeux d'Harry se mirent à balayer les alentours, sans parvenir à trouver un point sur lequel se focaliser, tant il se sentait mal à l'aise. Il savait aussi qu'il rougissait fort, car même ses oreilles chauffaient.
« Donc, finit par dire Malefoy, presque dans un murmure. La vérité fini par faire surface. »
Le regard d'Harry se posa sur lui. « Tu ne veux pas considérer ce rendez-vous comme un véritable rendez-vous, alors ? »
Drago franchit la distance qui les séparait en quelques pas, ne se trouvant plus qu'à quelques centimètres d'Harry. Un vent frais passait entre eux, faisant voler leurs cheveux et leurs vêtements. « Je n'ai jamais dit ça, non ?
- Tu n'as jamais exprimé le… hmm… besoin… tu n'as jamais vraiment dit quelque chose à propos de tout ce… euh… »
Le vent se faisait plus fort autour d'eux, faisant s'envoler quelques objets : un ruban rouge, qui décorait peut-être un cadeau de Noël, vola autour d'eux.
« Tu n'as jamais demandé. »
Les yeux d'Harry s'étrécirent. « C'est une excuse tellement banale. » Avant qu'Harry ne puisse ajouter quoi que ce soit, Drago le fit taire d'un doigt sur les lèvres. Il pouvait sentir son cœur battre furieusement dans sa poitrine et, pour une raison qui lui échappait, il avait l'impression que ses genoux flageolaient, prêts à lâcher sous le point de son corps. En relevant les yeux, il put voir à nouveau tous les détails de la peau si parfaite de Malefoy, de ses yeux, de ses cheveux, de ses…
Lèvres. Sur les siennes. Oh, mon, Dieu…
Malefoy était en train de l'embrasser ! Les yeux d'Harry se fermèrent d'instinct. Il n'eut pas le temps d'être sous le choc il sentit uniquement la sensation chaude et douce des lèvres de Malefoy sur les siennes. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentit ses orteils se recroqueviller dans ses chaussures.
Les lèvres partirent trop vite, et Harry ouvrit les yeux, puis la bouche pour parler, mais Malefoy le devança.
« Allons-y.
- Euh… je… tu viens juste… et… La réalité de ce qui venait de se passer arrivait progressivement au cerveau d'Harry.
- Qu'est-ce qui ne va pas, Potter ? Demanda Malefoy en souriant. Tu n'as jamais entendu parler d'un baiser de bonne nuit ? »
