Hello ! Encore une fois, merci pour vos commentaires ! ça va être difficile pour moi d'y répondre dans les semaines qui viennent, mais je les lis tous, et ils me font tous tellement plaisir, j'adore voir vos réactions à certaines fins de chapitres... pleines de suspens x) Voici le chapitre de la semaine, préparez vos mouchoirs ^^


Le temps semble s'arrêter.

Quand Stiles sent l'arme appuyée à l'arrière de sa tête, ses membres se figent et son cœur oublie de battre. Une part de lui veut fermer les yeux, mais c'est peut-être la dernière fois qu'il peut regarder le visage de son père. C'est un visage rongé par l'inquiétude, habituellement il est à la fois sévère et ouvert, mais là, il est dévasté. Pâle et dévasté dans la lumière de la lune, et le shérif regarde Stiles comme s'il voyait un fantôme.

Stiles peut entendre Kate reprendre son souffle derrière lui.

La transpiration goutte sur sa nuque, vers le canon de l'arme.

Stella le regarde, yeux écarquillés et bouche bée, et Stiles veut lui dire de fermer les yeux, mais il ne peut pas parler. Il n'arrive même plus à respirer.

Kate commence à parler : « Personne ne bou - »

Mais le shérif est déjà en mouvement.

Il a pris l'arme de la ceinture de Stiles, et il la lève avant même que Stiles réalise ce qu'il fait. Stiles arrive à débloquer ses membres sans savoir comment, et il s'effondre au sol. Le coup de feu est bruyant, ça fait sonner ses oreilles. Il est allongé là, haletant, à se demander s'il est encore en un seul morceau.

« Bouge ! », lui hurle son père. « Vite ! »

Stiles prend Stella par le poignet et l'entraîne de l'autre côté du mémorial. Il regarde en arrière et voit son père les suivre tant bien que mal avec les poignets et les chevilles menottés.

Kate Argent est au sol, mais elle bouge encore. Elle se relève, titube comme si elle était ivre. Elle tend une main pour retrouver son équilibre, l'autre serrée autour de son arme.

Et Derek court en sa direction, grondant.

Kate pivote, tire, et Derek touche le sol. Stiles n'arrive pas à dire s'il est touché ou s'il a évité.

Puis il ne peut rien voir d'autre parce que son père est là, et il le protège et le tire en même temps. Stiles heurte l'arrière du mémorial, un bras autour de Stella, l'autre main agrippée à la chemise de John.

Il aperçoit un flash argenté entre deux tombes. La robe de Lydia.

« Stella. », dit Stiles. « Lydia est là. Tu la vois ? Cours vers elle. »

« Non ! » Stella secoue la tête, le visage humide de larmes. Elle s'accroche à Stiles. « Non ! »

Là, Stiles voit une forme sombre bouger entre les tombes. C'est la seconde fois ce soir qu'il est stupéfait de voir Jackson Whittemore. À un moment ou un autre, il va devoir réévaluer son opinion de lui.

Jackson atteint la dernière pierre tombale, puis il se met à découvert, court vers le mémorial.

Stiles, avec plus de force qu'il ne pensait en posséder, pousse Stella vers lui. Jackson la récupère et s'enfuit avec elle. Kate fait le tour du mémorial, attirée par le mouvement, et John la frappe avec ses deux jambes. Elle fait un pas en arrière avant de retrouver son équilibre.

C'est assez.

Jackson et Stella sont partis.

Kate regarde Stiles et son père de haut, et lève son arme.

Le cœur de l'adolescent s'arrête de battre.

« Non. » Le mot est clair et articulé, tellement étrange à entendre venant des mâchoires d'une bête.

Peter.

Il a fait le tour de l'autre côté.

« C'est moi que tu veux, pas eux. », dit-il. « L'alpha Hale. »

Kate lui tire dessus et il tressaille à peine quand la balle le touche.

Il montre les crocs. « C'est tout ce que tu as, salope ? »

Il recule, encore, encore, et Kate le suit comme un papillon attiré par la lumière. Elle dépasse Stiles et son père, et c'est le signal qu'attendait Stiles pour bouger.

« Pars. », articule son père. « Vas-t'en. »

Stiles secoue la tête.

Il ne peut pas. Pas sans son père.

Il relève les yeux et voit Derek.

Ils la tiennent, maintenant, pense-t-il. Elle a une arme, mais Derek et Peter la prennent en tenaille. La proie au milieu.

Quoi qu'il arrive, elle ne pourra pas échapper aux deux loups.

Derek s'agenouille et prend les menottes aux chevilles du shérif. Il brise la chaîne comme si elle était faite de papier, puis fait la même chose pour les menottes aux poignets. Ses yeux brillent et ses crocs sont sortis, sa poitrine vibre sous un grondement qui veut sortir, et il est aussi beau comme ça – fort et puissant – qu'il l'est sous forme humaine.

Stiles prend la main de son père et ils dévalent la pente sous la protection des pierres tombales.

Puis, luttant pour retrouver sa respiration, il se retourne pour regarder le mémorial.

OoOoOoOoOoOoO

Le mémorial est fait de granit noir mais il brille sous la lune ; un flambeau sur la colline. Peter et Derek sont chacun d'un côté – une bête, et un homme pas tout à fait humain – et Kate se tient entre eux deux. Elle tourne le dos à Derek, mais elle est prête, elle anticipe, elle sait qu'il est là. Son regard est fixé sur Peter mais elle n'ignore pas Derek.

C'est une chasseuse. Elle connaît les prédateurs. Elle doit savoir qu'ils l'encerclent, qu'ils essaient de diviser son attention pour l'obliger à faire une erreur. Elle sait qu'ils cherchent une faiblesse. Et Kate Argent n'a pas l'air d'être le genre de personne à se laisser facilement avoir.

« Elle est venue chasser un alpha, Peter. Elle sera préparée. », a dit Chris Argent un peu plus tôt.

Stiles a l'impression d'avoir du plomb dans l'estomac quand, de sa main libre, elle sort quelque chose de sa veste.

« Hé, Peter. » La voix de Kate porte dans la nuit claire. « Va brûler en enfer. Encore une fois. »

Elle prend de l'élan –

Derek plonge sur elle une fraction de seconde trop tard.

– et lance.

L'objet heurte Peter en pleine poitrine, il y a une lumière et Peter hurle en se reculant, soudainement submergé par les flammes.

Quelque part derrière lui, Stiles entend Stella crier.

OoOoOoOoOoOoO

Kate se retourne en riant, le bras tendu, et tire en plein dans la poitrine de Derek.

Il recule.

Elle tire à nouveau.

Peter plonge sur elle, il l'attrape par derrière et la fait tomber par terre. Ils luttent, les flammes continuent de brûler et Kate hurle, ou peut-être qu'ils hurlent tous les deux et Derek essaie de dégager Peter, de sauver son oncle puis, aussi vite que ça a commencé, c'est terminé.

Les hurlements s'arrêtent.

OoOoOoOoOoOoO

Quand sa mère est morte, ils avaient l'habitude de venir souvent ici. Stiles se souvient de Stella, petit nourrisson potelé, instable sur ses jambes entre les pierres tombales. John avait l'habitude de s'asseoir sur la tombe de Claudia, Stella sur les genoux et Stiles à ses côtés, et il racontait à sa femme tout ce qui se passait dans leurs vies maintenant qu'elle n'était plus avec eux. Stiles essayait de faire la même chose mais c'était bizarre, ça n'allait pas. Il ne pouvait pas regarder les arbres et les fleurs et penser que l'endroit était joli. Pas quand tous ces morts pourrissaient sous leurs pieds.

Pas quand sa mère était l'un d'eux.

Il pense à sa mère, maintenant, et aux Hale, et aux milliers de morts ici, et ça ne lui fait plus peur, mais ça fait mal.

Tout fait mal.

Le cri de Derek n'est pas tout à fait celui d'un loup. C'est aussi celui d'un homme et il est plein de désespoir, d'incrédulité et de déchirement.

Stiles se remet sur ses pieds, attiré par ce son comme par le chant d'une sirène.

« Stiles. », lui dit son père en essayant de l'attraper.

Stiles l'évite et se dépêche de monter la petite colline vers le mémorial. Son père le suit, tout comme Lydia, une étrange créature sans sa robe argentée sous la lune, son étole volant dans la brise. Jackson, qui tient toujours une Stella en larmes, reste en arrière.

Bien.

Bien, parce que Stella ne devrait pas voir ça.

Personne ne devrait voir ça.

Chris Argent s'est relevé et il s'appuie à une pierre tombale comme s'il venait de ramper hors de la tombe. Il ne fait aucun geste pour les rejoindre. Peut-être qu'il ne veut pas voir le corps de sa sœur. Peut-être qu'il ne veut pas voir celui de Peter. Ou peut-être qu'il se vide lentement de son sang et n'a plus l'énergie de bouger.

Stiles ne sait pas d'où vient son énergie, et il n'a pas été touché par des balles. Mais Derek a besoin de quelqu'un – peut-être même qu'il a spécifiquement besoin de Stiles – et rien dans l'univers ne pourra l'empêcher de le rejoindre.

À bout de souffle, il arrive au mémorial.

Peter n'est plus une bête. C'est un homme, son corps rouge et noir de brûlures. Sa poitrine monte et descend, mais sa respiration fait un bruit mouillé et irrégulier. Il y a une lueur dans son regard, désespérée et perçante, et Stiles ne peut pas tourner les yeux.

Derek l'a éloigné du corps de Kate et il est agenouillé à côté de lui, aux pieds du mémorial.

Il n'y a pas de noms individuels sur ce côté. Juste un mot : HALE.

Peter lève une main tremblante, ses doigts ne sont plus... plus vraiment formés, et il touche la pierre. Quand il repose son bras, il a laissé une empreinte sanglante sur le granit, comme celle d'un enfant dans la peinture.

« Peter ! », pleure Stella au loin. « Peter ! »

Non.

Non, ça ne peut pas finir comme ça, pense Stiles. C'est impossible. Ils ont réussi, malgré tout, ce n'est pas juste que ça se termine ainsi. Peter n'est pas le méchant de l'histoire, personne ne mérite de brûler comme ça deux fois. Peter ne peut pas mourir. Pas quand ils ont gagné. Pas quand il a eu sa revanche. Pas quand – un rire étranglé, dérangé essaie de s'échapper de la gorge de Stiles – pas quand Stella et lui n'ont pas fini de lire Matilda.

C'est injuste.

Stiles sent ses yeux le brûler et il s'agenouille à côté de Peter. Il approche sa main de lui mais n'ose pas le toucher. Il a peur de lui faire mal, même si rien de ce qu'il peut faire ne peut empirer l'état de l'alpha.

Les doigts de son père s'enfoncent dans son épaule.

« Peter. » La voix de Derek est aussi petite que celle d'un enfant. « Oncle Peter. »

Il n'a pas peur, comme Stiles, de le toucher. Il pose une main sur la poitrine de son oncle – Stiles grimace au son poisseux que ça fait – et des lignes noires montent sur son bras.

Lydia s'agenouille auprès de Stiles. Elle a le visage pâle mais son regard est à la fois féroce et solennel. Son étole glisse, dénudant ses épaules. Elle est blessée, réalise Stiles. Elle saigne de l'épaule.

Elle remonte son étole en frissonnant.

La bouche boursouflée de Peter bouge, mais sa respiration se coupe. C'est comme s'il était en train de s'étouffer. Son regard reste fixé sur Derek. « Fais-le. », croasse-t-il. « Prends-la. »

Derek lève la main et fait sortir ses griffes.

Stiles ferme les yeux pour ne pas avoir à regarder.

Il entend quand même le moment où les griffes de Derek glissent dans ce qu'il reste de la gorge de Peter, comme du Velcro mouillé.

« Derek ? », demande-t-il, les yeux encore fermés. « Ça va ? »

Et Derek lui répond, la voix tremblante : « C'est moi l'alpha maintenant. »