Hey ! Je vois que le précédent chapitre a fait naitre pas mal de réaction XD
A présent, nous quittons un peu l'action..
Dans l'espoir que ça vous plaira
Chapitre 20 : Orion
Les bruits de cavalcade rebondissaient sur les murs des couloirs, les rires allant de paire avec l'adolescente qui gambadait dans ce château immense.
Se stoppant avant de percuter la porte qu'elle avait enfin atteinte, elle respira doucement, tenta de ravaler son sourire, et mis quelques mèches en ordre, sans voir que c'était l'entièreté de sa chevelure qui partait dans tout les sens.
Lissant sa tunique bleue et son pantalon en toile, elle finit par pousser la porte qui donnait sur la salle du trône. On annonça son nom, et elle prit sur elle pour ne pas courir jusqu'au trône.
Marchant avec le peu de patience qu'elle avait, elle arriva au coté de son roi et lui fit une révérence tout en gardant pour elle un éclat de rire.
Elle avait l'impression d'être dans une pièce de théâtre où tout semblait faux.
S'asseyant à ses cotés, elle regarda les alentours. Les vitraux colorés qui répandaient leurs lueurs vives sur le sol, leurs sujets qui s'agglutinaient devant eux en demi cercle, les yeux étonnés, heureux mais aussi inquisiteurs.
L'impatience rendait ses mains fébriles.
Ca n'allait être qu'une heure, pour qu'elle s'habitue, mais peu importe, elle ne pouvait s'empêcher de rester avec un sourire figé.
Les 60 minutes de demandes et de conseils passèrent en un clin d'œil, et elle vit leurs sujets partirent très vite, la laissant avec son roi.
Celui ci poussa un profond soupir, se passant une main sur son visage avant de la regarder avec colère. Reculant un peu, elle lui demanda si elle avait fait une erreur.
Il soupira une seconde fois avant de dire « Plusieurs ».
-Déjà t'as des saletés sur le visage, puis c'est quoi cette tenue ! Tu es une princesse, pas une paysanne.
Retirant son gant blanc, il essuya le cambouis qui avait taché sa tempe droite et sa pommette. Comment arrivait elle à s'en mettre partout a chaque fois ?
Celle-ci regarda tristement le sol, s'excusant tout bas alors que son frère se relevait pour la regarder droit dans les yeux.
-Ton but est d'être calme et sage. Comme le mien est d'être présent et conquérant. N'oublie pas ta place.
La dessus, il partit dans ses appartements, surement pour se préparer à faire une balade à cheval avec ses amis.
Elle resta un moment sur son trône qui lui sembla plus froid et grand que d'habitude. Se glissant sur ses pieds, elle repartis dans son atelier.
Même si Orion avait raison, elle ne pouvait pas s'empêcher de sentir un gout amer lui monter à la gorge. Arrivant dans son atelier, elle donna un violent coup de pied dans une de ses créations, grinçant des dents.
Elle ne voulait pas être une princesse immobile et muette.
Le feu de la création lui brûlait la peau, et s'handicaper par des vêtements riches ou une étiquette stupide la rendait furieuse.
Il fallait être pragmatique et compétent, voilà tout ce que voulait le pays, et rien d'autre.
Jetant un regard à un miroir mit dans l'atelier, elle se dévisagea. Dans ce corps de 15 ans, ses cheveux noirs, sa peau étrangement sombre alors qu'elle ne sortait jamais dans cette pièce, elle fronça des sourcils, assombrissant ses yeux bleue.
Quelques secondes plus tard, des miettes miroitaient le sol.
...
Orion était partit seul à cheval, sentant avec joie ses cheveux blonds voler derrière lui, une liberté gonflant sa poitrine hors des murs du château.
S'arrêtant sur le bord d'une falaise, lui montrant l'océan qui s'étendait sous le ciel d'été, il respira l'air iodé, chargeant son corps d'une nouvelle fougue qui faisait battre son cœur deux fois plus vite.
Il avait toujours eut l'envie de voyager, découvrir le monde, partir loin des responsabilités, mais il se retrouvait enchainer sur ses terres, à la gouverner.
Il ne pouvait pas tout laisser tomber alors que sa petite sœur était incapable de reprendre les rennes du pays en son absence.
C'était peut être une de raison pourquoi il se montrait dur avec elle.
Frustré par son isolation et cet enfermement dans ce palais qui lui semblait plus petit chaque année.
Voyant avec peine la lumière du jour décliner, Orion comprit qu'il était temps qu'il rentre au palais. Rien que cette idée lui retourna l'estomac, alors que la rage lui revenait comme claque au visage.
Il aurait bien voulu en parler avec Hécate, mais il n'y arrivait pas.
C'était lui qui les avait embringué dans cette aventure étrange.
Pourquoi avait il fallu qu'ils prennent conscience de leurs existence ?
Deux éléments dans l'univers qui avait soudainement eu connaissance de leurs vies, de leurs pensées.
Seuls dans le glacée de l'espace, ils avaient été deux à s'échanger des pensées, fuyant cette solitude qui les entouraient.
Puis Hécate lui avait parlé de ce qu'elle avait sous les yeux.
Cette terre peuplé de formes de vies étranges, éphémères et rapides.
Orion avait prit la décision d'y aller, emportant Hécate avec lui pour voir de plus prés ce qu'il se passait sur cette étrange surface bleue.
Ils avaient eut soudainement des corps humanoïdes, la parole…
Et la solitude était partit.
Il ne savait plus comment ils avaient eut l'idée de fonder ce pays, ou du moins comme lui avait eut cette idée. Hécate ne faisait que de le suivre, prenant tout ses paroles comme des vérités.
345 ans… Voilà le temps qui s'était écoulé depuis.
Si au départ, ils avaient souvent été attaqué à cause de l'immortalité, leurs sujets s'étaient plié à ce fait. Ils avaient même penser que leurs souverains était des dieux perdus…
Mais étaient ils des dieux ? Des consciences ? Etaient ils vraiment quelque chose ?
Hécate ne semblait pas perturbée par cette recherche d'identité, prenant la vie comme elle venait, enfermée dans son atelier en compagnie de ses créations.
Seule et heureuse…
Peut être que c'était de la jalousie que ressentait Orion.
Qu'elle s'acclimate parfaitement a cette vie casanière, a cet isolement.
Pourtant s'était elle qui avait le plus quitté en le suivant, mais elle ne s'en était jamais plainte, ni dit quoi que ce soit.
Mais si elle arrivait à vivre cette demi vie, ce n'était pas le cas d'Orion.
Il devait partir, vivre sa vie, sinon il en deviendrait fou.
Raiponce sentit sa poitrine se gonfler d'oxygène alors que ses paupières papillonnèrent.
Dans un espace blanc et lumineux, elle semblait flotter au grès d'un courant irréel.
Que venait elle de voir ?
Etait ce la vie d'Orion et d'Hécate qui passait dans son cerveau ? Mais pourquoi ?
D'un coup les images de leurs combats revirent à Raiponce. Hécate, ou Varian, avait dit qu'il fallait qu'ils se souviennent de l'origine de leur combat…
Et de ce qu'elle avait vu, les frères et sœurs n'avaient déjà pas une très bonne base.
Chacun frustré et en colère par leurs situations, alourdis par les agissements de l'autre.
Mais comment avait ils put en arriver à s'entre tuer ?
Et Varian dans tout ça ?
Bon sang, elle espérait que l'alchimiste n'était pas blessé.
Maudissant Orion pour ce qu'il avait fait, elle tenta de retrouver le brun quand son corps s'immobilisa dans un nouveau flash.
Quelques années s'étaient écoulées et les deux frère et sœur avaient eux aussi évolués.
La séance de doléances était à nouveau passée en un clin d'œil, Hécate, droite sur son trône, le visage sévère dans sa robe couleur nuit malgré la chaleur ambiante.
Elle n'avait plus rien de la jeune adolescente d'avant. La vingtaine, ses cheveux n'était plus à la garçonne mais coulait le long de son dos. La princesse se leva pour voir son frère débarquer dans la salle du trône.
Lui faisant un petit sourire, Hécate lui fit la remarque de son arrivée tardive.
Illuminé par les carreaux colorés des vitreaux, il jeta un œil au grandes porte qui s'était déjà refermé sur leurs sujets, repartit à leurs vies.
-Tu es en retard Orion, mais j'ai géré ton absence comme une pro. Déclara Hécate, quittant son rôle de reine pour se moquer de son frère.
Orion lui fit un petit sourire, se grattant sa barbe blonde naissante alors que ses yeux verts portaient quelques rides de rire.
-Désolé, je ne vois pas le temps passé quand je suis dehors.
Hécate répondit à son excuse d'un petit rire. Son frère prenait de plus en plus de liberté, mais ça ne la dérangeait pas.
Il était tout pour elle, et qu'il prenne plus de temps pour lui, la rassurait.
Elle avait rarement vu son frère aussi serein et joyeux, mettant un peu de baume sur les inquiétudes qu'elle nourrissait à son sujet. Et si pour qu'il soit heureux il fallait qu'il aille dehors pour galoper de longues heures, alors qu'il le fasse.
Elle serait heureuse de le décharger de quelques poids que la royauté instaurait sur les épaules des seigneurs.
Alors qu'elle allait devant lui pour balayer quelques feuilles qui s'était accrochées a la longue chevelure de son frère, le régent du palais raconta les actes de la princesse.
-La princesse Hécate a été parfaite dans son rôle. Elle a même fait un conseil en rapport à nos problèmes de frontière avec les clans des montagnes.
-Quoi ?!
-J'ai essayé de te prévenir, mais impossible de te contacter, annonça Hécate le regard inquisiteur.
Orion resta un moment silencieux avant de détourner cette conversation où il devenait mal à l'aise. Déjà qu'il devait se sentir chanceux qu'elle ne l'engueule pas pour son désistement de derniére minutes à ses devoirs de roi.
-Et donc ? Qu'as tu obtenu ?
-Plusieurs autres terres et de nouveau sujets.
-Tu… Tu as réussi à les fédérer ?
-Ils savaient que c'était dans leurs intérêts… Ou plutôt, je leur ait fait comprendre.
-Je vois… Je suis fier de toi, Hécate.
Mue d'un optimisme nouveau, Orion prit Hécate dans ces bras, elle même se cagoussant contre lui. Depuis quand ne s'était ils pas prit dans les bras, simplement par joie, ou pour se réconforter. Depuis des années.
Ça lui avait manqué.
Car si Orion avait des amis, ce n'était pas le cas de sa jeune sœur qui était de nature solitaire.
Mais la solitude se faisait un peu ressentir avec les nombreux départs du roi.
Elle avait essayé de se lier avec des gens, mais sa discrétion des précédentes années lui avait valu la méfiance des habitants et des serviteurs.
Orion lui avait proposé de prendre une dame de compagnie, mais elle avait décliné cette offre.
Elle voulait une amie, pas une personne payer pour éloigner la solitude.
Ça l'aurait peut être plus renforcée encore.
Mais qu'importe ses sentiments, cette peur du vide et d'être seule. Tant que son frère était heureux et à ses cotés, tout irait bien.
Mais dans cette accolade, si Hécate était heureuse d'avoir enfin rendu son frère fier d'elle, et égal a lui, Orion avait autre chose en tête.
Il allait pouvoir fuir cette vie.
Raiponce sentit son souffle se couper, une gène dans sa poitrine alors que les sentiments des deux êtres l'électrisait, le conflits de leurs envies et de leurs désirs la déchirant de l'intérieur.
Mais malgré sa terreur, les images continuaient d'arriver, des ellipses de plusieurs mois pour se concentrer que sur les moments important qui les avaient conduit à la situation présente.
Hécates courraient dans les couloirs du château, dépenaillée, échevelées, elle n'avait plus rien de la princesse vu quelques vision d'avant.
Courant, pieds nues dans les couloirs assombris par la nuit, elle ouvrit avec force une porte qui la laissa entrer dans une chambre vide, le lit non défait. Regardant autour d'elle, elle appela son frère pour la millième fois, ses prunelles bleue courant sur toute la surface de la chambre.
-Orion ?
-Princesse Hécate !
Se tournant vers la voix, elle tomba sur trois gardes qui trottaient vers elle.
Allant vers eux, elle attrapa l'épaule de l'un d'eux.
-Vous l'avez retrouvé ?
-Non… Nous n'avons trouvé aucune trace de sa majesté…
Lâchant l'homme, Hécate sentit ses jambes lâchées. Orion aurait du revenir depuis longtemps.
Il était partit, avec ses deux meilleurs amis en voyage.
Il devait revenir sous trois mois…
Mais voilà que cinq étaient passé et ils n'avaient aucune nouvel du roi.
Depuis Hécate ne dormait plus, réveillée par des cauchemars mettant en scène son frère en péril, l'appelant pour qu'elle le sauve.
Elle avait envoyé des soldats et des mercenaires au quatre coins du pays et plus loin encore.
Mais aucune trace du roi Orion.
Des cernes longues et sombres décoraient a présent le visage pâle de la princesse, qui alla a la salle du trône pour s'avachir sur son trône argenté, décoré du drapeau de son frère. Un soleil incrusté d'un quart de lune.
Posant son front dans sa paume, accoudé à son trône, elle avait l'impression d'avoir pris vingt ans en quelques semaines. Soupirant doucement, elle résista à l'envie de pleurer.
Elle voulait partir à sa recherche, mais son pays avait besoin d'elle…
Elle ne pouvait partir sur les chemins dans l'espoir de tomber sur son frère.
Puis suite à sa disparition, beaucoup de pays avaient commencés à les menacer.
Soit en voyant des menaces aux travers des soldats envoyés en quêtes d'Orion, soit en voyant un trône vide au coté d'une princesse jeune et d'une beauté incroyable.
Ce n'était pas encore arrivé, mais Hécate sentait que la guerre était à leur porte.
Elle espérait que cette annonce fasse revenir son frère, inquiet pour elle et pour le pays… Mais les derniers soldats qui étaient partis à la recherche du monarque, étaient revenus bredouilles.
Ravalant un second sanglots, elle leva la tête en entendant le régent arrivé dans la salle du trône, lui aussi échevelé et habillé à la hâte. Elle avait dû le tirer du lit avec tout le tohubohu qu'elle avait fait dans sa panique.
-Je suis désolée de vous avoir réveillé.
-Ce n'est rien, ma reine…
relevant la tête, Hécate fusilla le régent du regard.
-Arrête avec cette histoire. Je ne suis pas votre reine.
-Vous en êtes une, même si vous ne portez pas encore ce titre. Mais ça ne devrait pas tarder.
-Mon frère n'est pas mort, vous le savez autant que moi !
Orion ne pouvait pas mourir. Il était comme elle, immortel.
Et même plus.
Si un simple couteau pouvait enlever la vie d'Hécate, ce n'était pas le cas d'Orion qui avait une peau impénétrable. En clair, personne n'avait pu venir à bout de son frère.
-Vous avez peut être l'espoir qu'il soit encore en vie, tout comme moi. Mais il n'est pas là pour guider le pays. Et si vous ne reprenez pas la couronne, sachez que votre pouvoir sera bientôt disputé, créra des émeutes et peut-être même une guerre civile.
Hécate fixa le régent, prenant les accoudoirs pour les serrer entre ses doigts blancs de frustration. Elle savait tout cela, mais elle ne pouvait accepter que son frère soit mort, disparu à jamais.
Toutes les possibilités lui vinrent à l'esprit.
Malgré sa peau indestructible, son frère aurait put mourir de tant de façon.
Noyé, empoisonné, malade…
Fermant les yeux, elle entendit le régent lui conseiller de prendre la couronne dans le mois à venir, avant de partir dans les ombres du palais.
À nouveau, seule dans la salle du trône, Hécate prit sa décision.
Son frère lui avait donné les clés du royaume et son devoir était de le garder à flot jusqu'à son retour.
Elle emprunterait donc celles-ci jusqu'à son retour, et abdiquerait dés qu'il passera à nouveau la porte du palais.
…
Le couronnement se fit dans les semaines qui suivirent.
Drapés de noir, un voile de deuil devant les yeux, Hécate avait reçut la couronne sur son front. Une toute simple, argenté, un quart de lune dont les deux pointes allait vers le ciel, trônant sur son front, entouré de quelques courbures d'acier.
Elle l'avait fait elle même, enlevant le soleil de ce bijou.
Elle n'était que la lune, et rien d'autre.
Il lui était impossible de voler le symbole de son frère.
Une fête fut donnée, la joie en demi teinte, la reine silencieuse face a ce faste qui convenait bien plus à Orion qu'a elle.
Elle n'avait mis aucun bijou, allant toujours dans la plus grande simplicité.
Elle fut critiquée pour cela, autant que pour son silence et sa mine basse.
Les mois qui suivirent ne furent pas plus joyeux.
Bon nombre de sujet ne voyant en elle qu'une simple ombre de ce qu'avait été leur roi, muette et discrète. Elle ne descendait pas en ville voir ses concitoyens, ne participait pas aux festivals, ni aux autres fêtes.
Ses apparitions étaient rapides, éphémère avant qu'elle ne retourne dans sa tour, la plus haute du château, où un globe de verre et d'argent servait de toit à la demeure.
Beaucoup pensaient qu'elle ne resterait pas reine très longtemps, beaucoup de roi et prince voisin venant lui proposer une alliance par mariage.
Elle était après tout reine d'un grand pan de terre, et il serait difficile pour une femme seule de maintenir la paix dans son royaume.
Suite au multiple refus, les pays qui avaient été leurs amis devinrent des rivaux. Si Hécate parvint a gagner du temps en les montant les uns contre les autres, elle imaginait bien que ça n'allait pas durer.
Quand la guerre éclata officiellement, le peuple claqua des dents.
Ils allaient être massacrés.
Alors qu'un vent de panique était monté dans tout le royaume, l'armée était sortit de la caserne, à coté du château.
À leur tête, Hécate, en armure, arc dans le dos et épée a la ceinture.
Contrairement à ce que tous les sujets pensait, elle s'était préparée à la guerre, et avait déjà moult tactiques pour gagner du terrain, et même conquérir les autres royaumes.
Elle avait passé donc ces derniers mois à apprendre a se battre, la coupant des festivités et autres célébrations.
La sécurité du royaume était bien plus importante, et hors de question qu'elle se retrouve à l'arrière comme quand son frère avait disparu.
Elle commanderait son armée et écraserait elle même les ennemis.
…
La guerre fut violente, le royaume du Nord détruisant son premier ennemi avec une sauvagerie et une intelligence militaire jamais vu jusqu'ici.
Avec les nouvelles armes créer par Hécate elle même, l'armée du Nord ne perdit presque aucun homme, faisant plier la royauté ennemi facilement.
Et ce fut avec une joie non feinte qu'elle accueillie les vaincus dans son palais.
Leur promettant de les laisser en vie et à la tête de leurs terres, elle leur fit promettre de lui obéir, fédérant leurs royaumes à leurs terres.
Le prince ennemi grinça des dents, mais entouré de gardes à l'épée facile, il plia le genoux et promit obéissance à sa nouvelle reine. Les bannières furent brulée sur la place de la capitale pour laisser place au symbole du Nord.
La lune.
Les tissus sombres et argentés régnant à présent dans toute la ville, Hécate se leva, congédiant son nouveau seigneur par son simple mouvement, avant de se tourner vers son ami, le régent.
-Bien, passons au suivant.
Ainsi, la guerre de 18 mois s'étendit sur 84 ans.
Hécate fédéra tous les royaumes avoisinants, agrandissant son royaume sans une once de pitié. Voulant a tout prix éviter le soulèvement du peuple, elle gardait l'ancien seigneur un temps.
Puis elle instaurait sa politique et apportait aux terres nouvelles ce qui leur manquait.
Une diète trop longue ? Elle apportait des vivres et faisait du libre-échange avec le peuple.
Petit à petit, elle devenait irremplaçable, au cœur même du bon fonctionnement de ces terres qui lui devenaient complétement soumises, la reconnaissance du peuple mettant toute idée de révolution aux oubliettes.
Et a ce moment précis, le seigneur se pliait alors a ce changement, ou se retrouvait remplacé.
La plupart avait l'intelligence de courber la tête et de se taire.
Au bout de quelques décennies, la reine Hécate était devenue une figure presque divine aux yeux de son peuple et même des royaumes environnants.
Belle et immortelle, combattante et cruelle, elle devint un mythe aux yeux des pays extérieurs.
Son peuple heureux, gardé loin de la famine et de la maladie, tous bienveillants et généreux.
Il fallait dire que si Orion avait le pouvoir visible de l'invulnérabilité, elle, s'était totalement autre chose. Il fallait dire que c'était moins voyant mais tout aussi pratique.
Inconsciemment, elle arrivait à manipuler l'état d'esprits des gens autour d'elle.
Un peu handicapant, son pouvoir l'avait contrainte à l'isolement, son impression de rejet se multipliant dans l'esprit de son entourage.
Seul Orion y était totalement protégé, ce qui l'avait désespérée quand il avait disparu, ne pouvant donc pas communiquer avec lui, ni même deviner où son frère était enfermé.
Mais avec les humains…
Cette connexion faisant sentir les humains étranges, peu d'entre eux osait réellement la côtoyer, les ressentiments de la reine en écho au leur.
Cependant avec les années, le peuple s'était habitué a cela, et trouvait même cela touchant.
Cette reine forte et vulnérable à la fois, les poussant encore plus à la protéger des autres royaumes.
Cette envie de protection et cette force attirèrent encore bon nombre de personne aux cotés d'Hécate, qui se retrouva ainsi entourée de personnes réellement sensible à elle, à sa personne.
Et plus la reine était heureuse, plus le pays le ressentant, il semblait que la terre elle même soit plus fertile, le climat plus clément.
Devenue puissante et ayant prouvé sa force dans tout les domaines, la reine évinça l'étiquette de la royauté, prenant a contre pied tout ce que les autres royaume déclaraient comme convenable.
Qu'importe sa tenue, c'était ses conseils et son intelligence qui était précieuse.
Qu'importe qu'elle ne soit pas mariée ou qu'elle ait plusieurs amant et amantes. Si un jour elle porte un enfant, on sera sur qu'il sera de sa lignée.
Qu'importe l'avis des autres royaumes, ils savaient qu'ils ne pouvaient la confronter sans perdre.
Il n'y avait que les royaumes au delà de l'eau qui lui était encore inconnu.
Elle avait entendu des rumeur, des histoires et autre chimères, mais n'y fit pas attention.
-Ma reine ? Vous semblez soucieuse ?
Hécate glissa ses yeux sur son général et chef et amant. Se glissant à ses cotés, elle glissa sa main sur les tempes grisonnantes de son ami, soupirant tristement.
-As tu rencontré quelqu'un ?
Son amant se chiffonna un peu, puis roula sur le dos.
-Il y a une jeune femme en effet, que j'apprécie beaucoup.
-Est elle intelligente ?
-Oui.
-Bien.
Se glissant contre lui, Hécate glissa sa tête contre l'épaule de son amant. Ils savaient tout les deux ce que ça signifié.
C'était la dernière nuit qu'ils passaient ensemble.
Hécate, étant immortelle, avait fait une règle simple pour ses relations amoureuses.
Elle ne pouvait gardé quelqu'un a ses cotés que 15 ou 20 ans, si leurs relations ne s'arrêtaient pas avant bien sur.
Si elle faisait cela, c'était pour que son amant ou amante puisse refaire sa vie sans elle.
Avoir une famille, des enfants… Chose qui lui avait été interdite.
Posant une main sur son ventre, Hécate soupira.
Malgré toutes ces années, pas une seule étincelle de vie n'avait naquit dans ses tripes.
Pas qu'elle ait réellement désiré des enfants jusqu'ici, mais ça lui donnait un peu plus l'impression d'être une chose indéfinissable.
Orion s'était il lui aussi posé la question ?
Une main calleuse arriva sur sa joue, son ami la regardant, peiné.
-Ne soit pas triste Hécate…
Hécate posa ses doigts sur ceux de son ami. Voilà pourquoi avoir des gens prés d'elle était complexe.
Ils devaient accepter que l'âme d'Hécate s'étende sur eux, empiète sur leurs existences de façon intrusive.
Pourtant Hécate faisait tout pour ne pas faire ressentir ses pensées mélancoliques aux autres.
-Désolé, je ne voulais pas te faire ressentir ça… Je pensais seulement à mon frère.
-Oh…
Plus personne ne se souvenait d'Orion, le premier roi de Royaume du nord.
Ni même du drapeau qui avait jadis flotté au dessus du château.
A présent tout le monde arborait l'étendard de la lune, solitaire sur la surface textile.
Oubliant qu'il y avait eut un jour, le soleil a ses cotés.
-Si tu veux Hécate… On peut toujours repousser notre séparation.
Hécate prit doucement son amant contre elle, un petit sourire triste aux lèvres.
-Non. Je veux que tu vives ta vie au prés d'une humaine, que tu ais quelqu'un pour vieillir a tes cotés…
Son amant se crispa un peu contre elle, avant de céder et de l'embrasser sur la tempe.
-Je ferais tout pour te faciliter la tâche. Mais au besoin, je serais là comme ami.
Hécate le serra un peu plus contre lui.
Il allait lui manquer.
Avec lui tout avait été si facile. Contrairement à beaucoup d'autres qui pleuraient, la suppliaient de rester à leur coté, lui avait de suite accepté cette réalité.
Peut être parce qu'il avait comprit que ce n'était pas facile non plus pour elle…
Mais elle ne supporterais pas de voir ses amants vieillir à ses cotés pour mourir en la haïssant.
Elle préférait mille fois être détesté par eux quand ils avaient encore de temps de guérir et de l'oublier.
Mais son général ne ressentait aucune haine à son égard, ce qui rendait la chose plus difficile encore.
Un an plus tard, elle le félicita pour son mariage et rencontra la femme qui allait partager sa vie.
La félicitant elle aussi, elle fut prise a dépourvu, non par la révérence de la femme mais par son propos.
-C'est un honneur d'avoir un époux qui a été l'amant de sa majesté.
Hécate était resté coi face à une telle déclaration, tout comme son ancien amant, et général.
Dans le palais, il était devenu courant de connaître les amants et amantes de la reine.
C'était devenu un honneur et même une façon d'atteindre l'immortalité.
La reine n'oubliant jamais ses partenaires.
Beaucoup avait même tenté de l'approcher avec cette idée en tête.
C'était peut être comme ça que son général l'avait charmé.
Quand elle lui avait proposé, il lui avait seulement demandé a ce qu'ils restent le plus discret possible.
Hécate avait été d'accord, si ca pouvait aidé son amant.
Pendant plusieurs années Hécate fut donc officiellement seule.
Ce fut quand un seigneur la courtisa avec acharnement, au point de tenter de l'enlever, que son général sortit de l'ombre comme bouclier.
Eloignant ainsi les êtres assez stupides pour oser harceler sa majesté, Il s'occupa même personnellement de l'exécution de cet homme dangereux.
Après cela, il s'était agenouillé devant Hécate pour se faire pardonner.
Il n'avait pas voulu saper son autorité, mais il aimait trop sa reine pour ne pas réagir.
Hécate avait peut être sentit son cœur se gonfler d'amour pour la première fois de sa vie.
Il avait même été une entorse à sa règle.
Ils étaient restés amant durant 30 ans.
C'était trop longtemps et trop court en même temps. Mais Hécate n'avait put le garder plus longtemps à ces cotés sans le condamner.
La vie des humains était décidément vraiment trop courte.
...
D'autres années s'étaient écoulées. Hécate avait pleuré la séparation et la mort de son général, décédé à ses cotés dans une bataille, trois ans après son mariage.
A l'enterrement, la femme de celui ci, vint la voir, les yeux rouges et la colère au visage.
-Il a préféré mourir à vos cotés que de vivre avec moi. En le quittant, vous l'avez poussé à la mort.
Durant des années, cette phrase tourna dans la tête d'Hécate, lui volant son sommeil et son appétit.
Il fallait qu'elle arrête de s'accrocher trop aux humains, de risque d'y perdre la raison…
…
Une affaire avec un royaume du sud qui la désappointait quelque peu.
Les griffons de pittsford, un nom bien pompeux pour un royaume si petit que le leur.
Mais ce n'était qu'une histoire de matière première.
En bref, Hécate avait apprit qu'il y avait là-bas un acier qu'elle désirait pour une expérience.
Après avoir envoyé un émissaire pour savoir l'économie du pays et le prix de cet acier, elle déchanta très vite à l'annonce du prix exorbitant.
Se tournant donc vers les montagne du Nord où il y avait aussi ce genre de métal, mais bien plus dur à extraire, elle coupa court au négociation. Mais ce pays, aussi petit que bruyant, cria aux scandales et à la rupture de contrat.
Ce qui était totalement faux, Hécate surlignant qu'elle n'avait signé aucun accord et que ses émissaires n'étaient venus sur leurs terres qu'à but informatif.
Ne lâchant pas le morceau, le petit pays appela au secours le royaume de Saporia et celui de Corona, qui pouvaient rivaliser avec le royaume du Nord, en guise de taille et d'armées.
Soudainement, Hécate se sentit dépassée.
Comment en était ils arrivé là ?
Assise sur son trône, le seul de la salle depuis des décennies, Hécate attendait le roi de Saporia et de Corona. Quelque peu stressée, Hécate se rassurait comme elle le pouvait.
S'ils voulaient la guerre, ils seraient venues avec plus d'effectifs, alors que ses douaniers avaient bien dit qu'ils n'étaient qu'une simple troupe de voyage, discrète et peu armée.
Ils lui avaient même fait parvenir un message pour leur confirmer leurs bonnes intentions.
Hécate s'était donc préparé à accueillir ces monarques quand le régent annonça l'arrivé des dirigeants.
Serrant avec plus de hargne les accoudoirs de son trône, la reine respira avec profondeurs, avant d'ordonner de les faire entrer.
Un homme, accompagnés de quelques soldats arborant le sigle de leurs pays sur leurs armures, arrivèrent. Le premier avait le visage découvert, les cheveux ébéne et le teint chocolat. Ses yeux dorés étaient d'une intensité rare, et un sourire bienvenu sur son visage carré.
Il fut le premier à prendre parole :
-Reine Hécate, je suis le roi de Saporia, Ilan.
Hécate hocha la tête, un sourire poli au visage alors que ses prunelles cherchait le second roi qui devait se présenter à elle. Le roi de Saporia éclaira de suite la reine.
-Le roi de Corona arrivera bientôt.
La reine fronça légèrement des sourcils face à ce manque de ponctualité, ou d'organisation de ses homologues. Il était logique et bien vu d'arriver ensemble.
Mais qu'importe, ils ne pourront donc pas de suite accorder leurs violons contre elle.
Se redressant sur son trône, Hécate joignit ses mains sur ses genoux, ayant un port parfait, et fit un sourire chaleureux au roi de Saporia.
-Soyez donc le bienvenu au Royaume du nord, Roi Ilan. Sachez que je suis désolée que notre rencontre soit en pareille circonstance.
-Sachez Majesté que si j'avais eut l'écho d'un quart de votre beauté, je serais venu deux fois plus vite.
-Il faut dire que ce n'est pas la beauté qui m'importe le plus.
-En effet, j'ai surtout entendu de vous vos faits guerriers.
Le roi Ilan ne put cacher son regard admiratif et curieux sur les cicatrices qui décoraient la peau de la reine. Elle les portait comme des bijoux, les mettant en valeurs comme le ferait des guerriers rustres et barbares, une poudre argentée transformant ses stigmates en reliefs exotiques.
Si sur une autre, ce serait perçut comme une balafres mal-guérie, la reine semblait tellement les assumer que ça en devenait des trophées.
Ilan baissa les yeux d'embarras en se rendant compte qu'il ne quittant pas celle qui faisait le tour de la gorge de la reine. Hécate, elle, ria intérieurement de la curiosité du roi du Sud, fixant ses marques comme d'étranges tatouages.
Toussotant un peu, le roi de Saporia arracha à sa vue la silhouette de la reine pour expliquer plus en détail la cause de sa venue.
-Reine Hécate, je suis venu pour parler de votre affaire avec mon allié, les griffons de Pittsford.
Faisant un geste, deux serviteurs amenèrent un siège confortable au roi de Saporia et fit sortir tous les autres serviteurs et autres conseillers de la pièce.
Seul le régent resta debout à ses cotés, apaisant Hécate par sa seule présence.
-Un malentendu malheureux.
-En effet. Il faut dire que le roi des griffons pensait qu'un marché avait été décidé par vos émissaires.
-Je ne donne pas assez de pouvoir à mes messagers pour qu'ils prennent des décisions à ma place. Si c'est une coutume du Sud, elle n'est pas de rigueur ici.
-Une idée bien saugrenus de mon allié, je dois l'avouer.
-Si vous êtes en accord avec cela, pourquoi avoir fait tout ce chemin jusqu'ici ? Ne me dites pas que ce n'était que pour me voir.
-Pour vous proposer un marché.
Un marché ? Hécate resta en alerte, alors que le roi de Saporia posa son dos contre le dossier du siège. En une vitesse éclair deux tables furent posées au coté d'Hécate et du roi Ilan avec des rafraichissements.
Pour Hécate, s'était une simple tasse de café. Elle avait ses habitudes.
Elle remercia le régent du regard, sachant que c'était lui qui avait fait passé le message, le devoir de mettre à l'aise son invité lui ayant complétement sortie de l'esprits.
Reportant son attention sur son invité, elle attendit que celui ci explique sa venue.
Ce dernier se réinstalla confortablement dans son siège avant d'exposer les faits.
-Il faut dire qu'avant cette affaire, votre pays a réussi à garder une certaine discrétion malgré sa taille et votre puissance.
Hécate souleva un sourcil perplexe. Ou voulait il en venir ?
Le roi Ilan continua son exposé.
-Ce fut le roi de Corona qui me montra les points forts de votre pays. Votre armée et vos armes révolutionnaire, faite de vos propres mains, si j'ai bien compris.
La anse de la tasse d'Hécate sentit la pression augmentée alors que la reine gardait un regard fixe.
-Vous avez vraiment beaucoup de corde à votre arc, reine Hécate.
-Je sais juste me servir de celle que j'ai acquise. Mais ça ne me dit toujours pas le but de votre venue dans mon royaume.
-Saporia et Corona veulent que vous arrêtiez de fabriquer ces armes et de dissoudre une partie de votre armée.
Hécate resta silencieuse avant d'éclater de rire.
Le régent, mal à l'aise, ne sut comment réagir, ni même le prochain mouvement de sa reine, qui malgré tout, restait impulsive.
Celle-ci tenta de ravaler son rire en posant le dos de sa main contre ses lèvres, mais il fallut quelques minutes pour qu'elle se calme complétement.
-Et vous êtes venu jusqu'ici pour me faire cette demande absurde. Vous aimez perdre votre temps et le mien.
Le roi Ilan se redressa sur son fauteuil, un air sérieux au visage.
-Vous serez protéger par nos armées, en échange de votre savoir.
Hécate stoppa son rire, les larmes yeux pour reprendre un air plus sérieux, un sourire restant malgré tout aux lèvres tant la situation était grotesque.
-Alors autre que de me demander de ne plus avoir d'armée, je dois aussi vous donner mon savoir ? Et vous arrivez à dire cela sans exploser de rire.
-Votre puissance fait un grand bouleversement dans les forces du monde.
-Vous avez dit que nous étions resté discret jusqu'ici, c'est que nous ne sommes pas si bouleversant.
-Peut être, mais quand votre puissance sera éventé à l'ouest et à l'est, vous serez prise en tenaille entre des pays qui se déchireront votre science.
Hécate soupira un ricanement avant de s'adosser confortablement à son trône, fermant les yeux.
-Alors ce serait par inquiétude pour moi, j'en suis flattée. Mais je n'ai besoin de personne pour prendre soin de mon royaume. Vous pouvez partir tranquille, vous et votre sagesse de 25 ans.
-Vous ne savez devant quel danger…
-Vous avez fait combien de guerre, roi Ilan.
Le brun resta silencieux pour dire la réponse avec aplomb.
-J'ai participer à trois guerres, et mené deux autres…
-Jolie palmarès pour votre âge. Pour ma part, j'ai mené des guerres sur plusieurs décennies. Alors que crois savoir ce qu'est le risque d'une guerre et d'un combat.
Fronçant durement des sourcils, le visage d'Hécate se ferma alors qu'elle rouvrait ses paupières en fixant le roi devant elle.
-Maintenant que vous m'avez sortie votre pathétique mensonge, pouvez vous réellement me dire ce qui vous amène ici ?
Le roi Ilan ne parvint pas a cacher son mouvement de recul face à la reine du Nord, mais se reprit rapidement.
-Nous venions vous conseiller d'arrêter vote course à l'armement.
-Dommage que vous n'ayez pas de pression quelconque pour appuyer vos propos. Dois je aussi vous préciser que c'est un refus ?
-Je crains que vous n'ayez pas le choix.
Hécate se raidie soudainement, mue d'une nouvelle colère.
-Oh ? Et puis je savoir ce que vous avez pour me confronter ?
Ilan soupira doucement avant de se lever et regarder la porte de la salle du trône.
Sous la demande silencieuse de la reine intriguée, le régent alla ouvrir la porte sur un homme encapuchonné qui entra dans la pièce, d'un pas détendu.
-Reine Hécate, je vous présente le roi de Corona. Et le votre.
L'homme retira sa capuche, présentant sa chevelure dorée au monde et son visage. Si le régent regarda sans comprendre la scène, il vit sa reine se lever, le visage blanc comme neige.
-Orion…
Son frère.
Son frère était là, devant elle. Vivant et en bonne santé.
Son frère qu'elle croyait mort, qu'elle avait pleuré.
Il était vivant… Durant tout ce temps.
Serrant des poings, elle l'observa.
Sa barbe avait poussé, aussi doré que ses cheveux et sa peau.
Il semblait même avoir grandit, ses épaules larges et carré lui donnant une prestance de roi de conte de fée. Une lourde épée à la ceinture, tous ses vêtements respiraient l'opulence et la richesse, son armure parée d'arabesque et autres pierreries.
Toujours aussi m'as tu vu.
-Hécate, tu es devenue superbe.
Chassant une envie de hurler de rire, Hécate lui répondit par un sourire tordu.
-Et toi, toujours aussi clinquant.
Orion resta un moment silencieux, attendant des reproches de la part de sa sœur, mais la voyant muette, il fit un pas en avant.
-Hécate, je ne voulais pas en arrivé la. Mais j'y suis obligé. Même si tu n'es pas en accord avec ce marché, je suis et je reste ton roi. Tu dois…
-Non.
Orion se stoppa dans son mouvement, regardant avec étonnement Hécate qui, les yeux dans le vague, venait d'asséner sa réponse d'un ton implacable.
-Quoi ?
Hécate releva doucement la tête, ses yeux bleue portant un voile opaque qui s'y était déposé tant sa colère était grande.
-Tu n'es plus mon roi, Orion. Tu as perdu ce droit depuis longtemps.
Continuant son mouvement fluide en se levant de toute sa hauteur, elle regarda froidement son ancien monarque avec dédain. Orion sentit son influence et sa position lui glisser entre ses doigts, alors que sa jeune sœur descendait les escaliers d'un pas félin.
-Hécate.
-Je t'ai pleuré. Réellement. J'ai pleuré lors de ta disparition, à chaque fois que de mes mercenaires revenaient bredouilles, que mes messagers n'entendaient pas un seul mot de toi… J'ai pleuré quand on m'a imposé cette couronne que je m'étais promis de te rendre…Mais toi…
Ses lèvres se relevèrent comme dans un feulement, son visage se tordant en une haine pure.
-ET TOI, TU ETAIS EN VIE ET LIBRE DEPUIS LE DEBUT ?!
Une aura de puissance poussa le roi Ilan à se rasseoir, contemplant cette reine glaciale, les dominant par sa seule aura de guerrière.
Orion se ressaisit rapidement et sortit son épée.
A ce demander comment elle était resté a sa ceinture.
-Hécate, ne me force pas à te soumettre.
Hécate resta silencieuse avant d'éclater de rire.
Se tordant délicieusement en deux, elle laissa sa voix faire écho sur les murs alors qu'elle regardait son frère qui se sentait de plus en plus petit.
-Toi ? Me soumettre ? Regarde ce pays, ce royaume. Entre mes mains, il est devenu trois fois plus grand, cinq fois plus puissant. A ton avis, j'ai fédéré les clans en leur demandant gentiment ? Tu n'as absolument rien pour me soumettre mon frère, si ce n'est en jouant sur notre lien de parenté qui me rendra peut être clémente.
La porte s'ouvrit soudainement sur les guerriers du Nord, les yeux illuminés d'une étrange lueur, hallebardes et fusils à la main, prêt à défendre leur reine. Sur le coté, assommés et ligotés, gisait les soldats du Sud.
Comment les avait elle appelé, seul Orion le savait. Grinçant des dents, il fixa sa sœur.
-Tu leur as enlevé leur libre arbitre.
-Disons plus tôt qu'ils me connaissent, contrairement à toi.
Descendant les dernières marches, elle se planta devant son frère qui la surplombait d'une demi tête.
-Tu as osé revenir ici, non pour me voir ou pour me rassurer, mais pour me donner un ordre. Tu pensais réellement que j'allais accepter ? Tu es bien naïf.
Jetant un regard au roi Ilan, elle passa devant eux, leur tournant le dos sans une once d'hésitation.
Que pouvaient-ils faire sans se condamner ? Rien.
-Et en plus, tu as amené un de tes amis, le mettant en danger. Car si tu es immortel, ce n'est pas son cas, n'est ce pas ?
Le roi Ilan se tendit soudainement alors qu'Orion se mit entre les soldats du Nord et son ami.
-Je t'interdis de…
-Tu n'es pas en position de m'interdire quoi que ce soit, cher frère.
Les soldats levèrent leurs armes avant d'être stopper par Hécate elle même.
-Cependant, je ne vois pas pourquoi je lui ferais du mal. Toi seul m'as blessé, Orion. Il serait injuste de lui faire payer le fruit de ton erreur et de ta bêtise.
Faisant couler un nouveau regard sur le roi étranger, Hécate continua.
-Il t'a suivis car il est loyal. Ce que je respecte. Mais tu le sais déjà, vu que c'est sur ma loyauté que tu comptais pour me faire ployer.
S'avançant vers une des fenêtres de la salle du trône, elle regarda en contre bas la capitale où ses sujets regardaient les chevaux et carrosses qui avaient amenés les dirigeants sudistes.
-Et tu as raison. Je suis loyale envers toi.
Se tournant vers son frère, elle le regarda sévèrement, le visage fermé et la bouche emplis de venin.
-Mais je le suis encore plus envers mes gens et mon royaume.
Orion rangea son épée. De toute façon, il ne pouvait rien faire.
-Et que comptes tu faire de nous.
-De vous ? Rien… Pour l'instant.
Ouvrant grand les fenêtres, elle fut accueillit par une ovation qui laissa les deux rois muets.
Faisant un petit salut aux foules, elle se dirigea vers eux tout en congédiant ses soldats qui partirent de la pièce. Dans un geste fluide et imparable, elle attrapa les deux bras des souverains, se mettant entre eux deux.
-Il faut dire que je suis lasse des guerres pour les années à venir, et pour le bien de tous, oublions cet incident. Vous êtes seulement deux souverains venus me proposé un marché de libre échanges entre nos royaumes.
S'avançant avec eux vers le balcon, elle salua à nouveau ses sujets qui scandèrent son nom et ceux des deux nouveaux alliés.
Ilan restait rigide, admiratif et craintif de cette reine.
Si elle semblait minuscule entre eux deux, elle les dominait complétement, son sourire carnassier mettant en exergue sa glorieuse victoire.
Lâchant Orion pour faire une salutation, elle continua de leur parler, loin de toute autres oreilles.
-Je discuterais du marché avec le roi Ilan. Toi, retourne à Corona. Tu n'es plus le bienvenu dans ce palais.
-Il est autant à moi qu'à toi.
-C'était avant que tu m'abandonnes.
Posant une main sur son épaule, Orion tenta de parler à sa sœur qui le coupa de suite.
-Ne fait pas comme si je t'importais. Tu n'as jamais pensé aux autres jusqu'ici, alors pourquoi commencer maintenant.
Repoussement sèchement la main d'Orion, elle salua à nouveau la foule, le roi Ilan toujours à son bras. Ce dernier n'arrivait pas à quitter Hécate du regard malgré les appels de foule.
Orion lui avait souvent parlé de sa petit sœur, ne tarissant pas l'éloge sur son intelligence tout en mettant en avant son coté impulsif qui pouvait lui faire avoir des colères noires.
Bercé dans le mythe du roi Corona, immortel et invincible, le jeune Ilan avait toujours voulu rencontrer la sœur de ce dernier, glacée et changeante comme l'astre lunaire.
Elle lui adressa un petit sourire en sentant son regard insistant, ce qui le fit rougir et regarder à la hâte le peuple pour les saluer, lui aussi.
Pourtant Orion l'avait prévenu, de son intelligence et de son charme indéniable…
Mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'Hécate était incroyable, belle dans sa fureur et sa force combattive.
Et nous voila pour voir le destin d'Hécate et d'Orion... Ce chapitre était le premier clou dans le cercueil.
A plus pour la suite !
