Chapitre 19


"I was halfway to the pacific coast

I had left you in your longing and your yearning like a ghost

There's little room for wonder now, and little room for wildness too

We crawl into our wounds

I'm nearly all the way to Malibu..."

Hollywood - Nick Cave & TBS.

- Ghosteen (2019) -


« MAMAN ! »

Salomé se jeta sur les bras de sa mère qui entrait dans l'arrière-boutique d'un potier où Scar, le capitaine Naxem, Mustang et toute la Dream Team se trouvaient en train de discuter à voix basse. Scar échangea un regard sombre avec Otep qui sembla s'en taper complètement. Betty prit sa fille dans ses bras avant de se redresser et de demander :

«- J'ai raté un truc ?

- T'étais où ? demanda Victoria.

- Je faisais une crise existentielle, soutenue par l'incroyable Otep Shamaya.

- On a une bombe. Du moins c'est ce qu'on croyait jusqu'à il y a dix minutes, lui dit Naxem.

- Jay s'est suicidé. Il a avalé une capsule de poison après s'être fait capturer. Mais il a eu le temps de nous dire qu'il allait tous nous emmener avec lui, expliqua Mustang. On a trouvé trois bombes dans les environs et on cherche s'il en reste d'autres.

- C'est délicat de sa part de prévenir.

- Le problème, c'est qu'on a pas de démineurs sur place.

- Ah merde.

- Moi j'ai fait un stage. »

Tout le monde se tourna vers Clémence. Solf fixa son épouse sans parvenir à trouver quoi lui dire. Elle n'avait pas l'air vraiment réelle ou plutôt, sa présence donnait une sensation de réalité écrasante à cette situation irréelle.

« - Quoi ? C'était proposé à l'académie, je l'ai fait !

- Super, on a un démineur.

- Une démineuse ? murmura Jane.

- Une démineure ?

- Merde à la fin. Qui d'autre s'y connaît ? Très drôle, dit Mustang quand Kimblee leva la main.

- Mais je suis sérieux. Vous croyez que j'irais exploser des choses et des gens si je savais pas comment marchent les explosifs ?

- Je vous fais pas confiance, lança Mustang tandis que Otep et Scar approuvaient en silence.

- Bah démerdez-vous pour trouver un autre spécialiste en... On a combien de temps ?

- Moins de trente minutes.

- Et bah bon courage.

- Je m'y connais aussi, dit Ryûko.

- Plus qu'un et on est bon pour partir.

- Vous voulez dire que personne parmi les soldats ici ne sait arrêter une bombe ? demanda Winthe en fixant Mustang.

- Je veux éviter la panique, dans les troupes et dans les civils.

- Clairement, ils vont pas paniquer quand ça va péter, lui fit remarquer Otep.

- Et puisque je vous dis que je m'y CONNAIS ! » cria Solf qui était fatigué, harassé et énervé.

Face à soudain éclat de voix et la gravité galopante de la situation, Mustang convoqua un conciliabule de crise entre deux jarres avec Otep, Scar et Naxem. Il manqua de balancer un kilo d'argile par terre quand il récapitula :

« - On a trois bombes connues, deux personnes de confiance pour en désamorcer et une de moyen confiance-

- De moyen confiance ? Vous êtes optimiste Mustang, le coupa Scar.

- Il a plus son alchimie, je lui botte les fesses à tout moment.

- Effectivement, c'est un avantage pour nous, dit Naxem.

- Je refuse que ce type s'approche d'explosifs ou essaie de se faire passer pour un sauveur alors que c'est un tueur de la pire espèce ! grommela Scar d'une voix sourde.

- On a pas des masses de choix non plus, lui rappela Otep.

- Il y a sûrement une autre option que ce...

- La radio ! s'écria Ryûko qui prit la communication. Oui. Oui. Oh merde ! Ok. Ok ! Meeeeeeeeeeeeeeeerde.

- N'utilise pas ce mot à la légère et pas avant huit ans Sally, dit Beth en couvrant les oreilles de sa fille.

- Promis. On se décide là-bas ou on prend un pastis ?! s'écria la petite fille qui fusilla les cinq personnes à l'autre bout de la pièce du regard.

- Quelle merveilleuse enfant, laissa échapper Scar à voix basse tandis que Mustang s'entretenait brièvement avec Ryûko.

- MEEEEEEEEERDE, s'écria-t-il très naturellement.

- Arrêtez d'exposer inutilement ma fille à de tels propos Mustang ! s'emporta Beth.

- On a trouvé une quatrième et dernière bombe.

- Ah.

- Et il y a un souci.

- Ah ?

- C'est une bombe alchimique.

- AAAH !

- Je suis l'homme de la situation alors, dit Solf d'un ton très à-propos.

- Je veux pas trop la ramener mais on dirait bien que c'est lui, l'homme de la situation, » glissa Naxem à ses nouveaux acolytes.


Enfin, reconnu à sa juste valeur d'expert en explosifs ! Et pas seulement dans un cadre génocidaire ! On avait accepté à contrecœur que Solf se charge de la bombe alchimique au vu de sa spécialité mais on l'avait forcé à être accompagné de son épouse et de Otep. Salomé avait été confiée à Victoria (qui s'était finalement décidée à dire que oui, elle pouvait désamorcer des bombes mais qu'elle aurait préféré rester en dehors de tout ça) et Jane, Recewinthe et Ryûko étaient parties de leur côté avec Naxem et Clémence et Mustang étaient en train de courir en direction de la dernière bombe.


Ils ne leur restait plus que quinze minutes avant que tout ne pète. Victoria s'attacha les cheveux et se concentra de toutes ses forces pour travailler correctement. Sauf qu'elle réalisa au bout de quelques minutes qu'elle ne se rappelait plus comment terminer son travail. Et le minuteur ne s'arrêtait pas.


Receswinthe s'arrêta net. Elle reconnaissait les bâtiments qui l'entouraient, ils avaient été bâtis à l'identique depuis la guerre. Elle était capable d'y superposer les images qui la hantaient depuis quinze ans, ces images qu'elle n'avait capable de noyer ni par les larmes, ni par l'alcool. Elle sentait à nouveau l'odeur du sang et des corps déchirés, du soufre, de la poudre à canon, des flammes et de la sueur.

« Winthe ! Winthe ! »

Elle sentit Ryûko lui secouer fermement les épaules avant de la fixer droit dans les yeux. Receswinthe s'y accrocha de tout son être. Elle avait la sensation de se retrouver au nouvelle fois au front, mais loin de la ligne de combat. Elle se souvenait avec honte de ses déboires alcoolisés mais se rappelait aussi ses heures où Ryûko était venue l'accompagner et la soutenir, à l'époque où elle était sa supérieure et non pas sa collègue.

« - J'y arrive pas, arriva-t-elle à dire entre deux sanglots. Je peux pas.

- Ne te force pas si tu ne peux pas.

- Je peux pas te laisser toute seule !

- Je suis assez grande pour me débrouiller seule. Ne t'inquiète pas.

- Non, je veux rester avec toi. »

Ces mots lui sortaient tout droit du cœur, mais Ryûko pouvait-elle comprendre à quel point ils étaient sincères ? La profondeur des sentiments qu'ils cachaient ? Receswinthe prit une grande inspiration et saisit les mains de son amie pour finalement se relever et suivre le capitaine Naxem qui les attendait un peu plus loin.


Bethsabée se mit à rire. Puis, elle tenta de cacher son rire. Mais cacher son rire ne fit que l'amplifier et les Ishbals finirent par voire une femme rousse hilare se balader dans leurs rues avec leur cheffe de sécurité Otep Shamaya et un être androgyne bizarre avec d'énormes lunettes de soleil et un chapeau.

« - On l'a perdue, ça y est, déclara Otep d'une voix égale.

- Ah non, je veux pas me ramasser toute la paperasse en rentrant.

- Et elle repart, dit l'Ishbale après que Beth soit reprise d'une nouvelle crise de rire.

- Ça change de la crise existentielle.

- Vous dites ça comme si vous n'aviez rien à avoir là-dedans. »

Solf s'arrêta un bref instant avant de continuer à marcher sans rien dire. Bien sûr, il essayait de faire comme si tout ça ne le concernait pas ou peu. Il était là pour Beth, il la soutenait du mieux qu'il pouvait, il s'occupait de leur fille. Mais au fond de lui, il savait bien que son épouse méritait mieux. Elle avait mérité bien mieux quinze ans auparavant. Il aurait du renoncer à l'avoir pour lui et pour lui, pour son désir égoïste, son envie de possession et de destruction. Il se disait à l'époque participer au cycle de la vie bien connu des alchimiste : compréhension, déconstruction, reconstruction. Il voyait bien à Ishbal qu'il avait bien compris et déconstruit, détruit tout l'endroit et ses habitants tout comme il était bien conscient que la région se reconstruisait. Sans lui.

Il avait compris Beth mieux que quiconque, elle l'avait compris mieux que quiconque, et il pensait l'aimer. Il était convaincu que l'être et peut-être l'avait-il vraiment été. Mais il avait utilisé sa compréhension de Beth pour l'isoler, l'affaiblir et la détruire. Il l'avait analysé, décortiquée et déconstruite pour la reconstruire partiellement à son goût. Beth l'avait compris sans arrière-pensée. Solf avait tenté de se dire qu'elle avait été difficile, parfois violente et méchante mais il réalisait qu'elle n'avait pas eu d'autre choix ni d'autres armes. Il avait pensé leur première partie de relation comme un combat ou un jeu alors que les dés étaient truqués. Il avait pensé cette partie-là de sa vie, de leur vie, comme de l'amour. Mais il ne l'aimait pas alors. Il ne voulait pas voir qui elle était vraiment, ses intérêts en dehors de lui, sa vie en dehors de lui, ses attaches en dehors de lui, tout ce qui faisait de Beth, Beth. Il était retourné vers elle en se disant qu'ils reprendraient là où ils s'étaient laissés, dans le goût du sang et du papier, mais ça n'avait pas été le cas. Elle avait changé et lui non. Mais il la voulait toujours. Il avait du faire des efforts pour se montrer à sa hauteur et alors seulement Solf avait réalisé que Betty avait toujours été la plus forte des deux, et cela l'avait blessé au plus profond de son ego. Encore aujourd'hui, il savait qu'il avait tendance à se montrer comme le plus responsable des deux, celui qui n'avait pas de crise d'angoisse ni de nerfs. Celui qui n'avait pas de syndrome post-traumatique. Celui qui n'avait rien à se reprocher.

Celui qui a l'audace de se croire toujours le meilleur et sans faute, celui qui n'aura jamais le courage d'affronter le mal qu'il avait, celui qui serait toujours condamné détruire sans reconstruire.


« Ouah, c'est Roy Mustang ! Je peux avoir un autographe ? »

Roy hésita : il jeta un coup d'œil à ses admirateurs, à Clémence, de nouveau à ses admirateurs puis à Victoria à qui il fit une moue de chiot battu. Celle-ci dut le traîner par le col une fois qu'il eut signé un lot de cartes postales avant de lui asséner :

« - Mais grouillez-vous, nom de Dieu !

- Dur de parler de Dieu quand on est comme vous.

- Et mon pied au cul ?!

- Je n'ai pas le souvenir d'une telle vulgarité de votre part, dit-il.

- Je suis morte après de terribles souffrances, j'ai été ressuscitée dans de terribles souffrances et je vis dans un corps de chimère et dans l'illégalité et l'ostracisme le plus total, ce qui apporte aussi de terribles souffrances. J'ai pas le temps pour vos conneries ! Sauf si vos conneries nous aident un minimum, nous les chimères ! »

Mustang se tut. Il se rappelait des chimères qui avaient aidé lors du Jour Promis, de leur courage et leur ténacité. Il avait fait en sorte qu'elles soient reconnues à leur juste valeur et avait promis de dédommager toutes les personnes victimes de telles expériences alchimiques. Mais l'opinion publique ne semblait pas prête pour une telle révélation. Même le travail que Clémence et ses amies allaient faire pour déjouer cet attentat serait tu.

Y avait-il vraiment une justice possible ?


«- Ah, bordel de merde ! hurla Jane une fois que Victoria eut avoué qu'elle avait un petit souci. Il jeta un coup d'œil en direction de Salomé et s'empourpra.

- Comme vous dites, se contenta de répondre l'enfant.

- Mais fais un effort !

- Et pourquoi tu sais pas désamorcer les bombes toi hein ? répondit Victoria tandis que le compteur dégringolait jusqu'au zéro.

- Parce que je suis dyspraxique et tu le sais !

- Mais c'est toi l'adulte !

- TU ES AUSSI UNE ADULTE VICTORIA ! »


La bombe alchimique, facile. L'alchimie explosive était très complexe et très peu de gens la maîtrisaient : c'était ce qui avait de Solf un Alchimiste d'État réputé à ses débuts. Il se rappela l'aura de pouvoir qui l'auréolait quand les gens apprenaient son statut, aura de pouvoir vite remplacée par une aura de crainte et de terreur. La bombe de Jay utilisait cette alchimie, oui, mais elle était très basique et brouillon. Malgré ses meilleurs efforts, l'homme n'avait pu se reposer que sur des ouvrages ou archives publiques et non sur un maître spécialisé comme Solf l'avait fait. Avec précaution, il maîtrisa l'objet, lut ses runes et réussit à dessiner le signe manquant, celui qui éteignait l'objet. Otep le saisit avec précaution et le mit dans un sac de toile avant de courir rejoindre les autres désamorceurs du dimanche, laissant le couple Kimblee derrière elle.

Beth s'approcha de son époux et lui prit la main. Elle n'eut qu'à peine le temps d'ouvrir la bouche qui lui dit :

« Je suis désolé. »

Elle entendait au loin les rires et les cris de joie, la musique et les bruits de pas, le chant de oiseaux et les aboiements des chiens. Mais aucun de ces sons ne se comparait à ceux qui venaient de sortir de la bouche de son mari qui semblait sincèrement désolé. Il n'attendit même pas qu'elle réponde pour continuer :

«- Je t'ai fait plus de mal que n'importe qui et je l'ai fait délibérément. Pourquoi as-tu accepté que je revienne, je l'ignore. Même si tu as cru en moi et le fais encore, tu sais que je ne suis pas bon pour toi. Je ne l'ai jamais été. Même en essayant, je n'y arriverai jamais.

- Pourquoi partir du principe que tu n'y arriveras pas ?

- J'essaie et je ne me convaincs pas.

- C'est pas toi qu'il faut spécialement convaincre tu sais, sourit-elle faiblement.

- Tu crois que... J'ai progressé ?

- Oui. »

Son aplomb surprit Solf qui retira ces foutues lunettes de soleil et son chapeau pour la fixer.

« Le mal que tu m'as fait est indéniable. Je serai peut-être incapable d'un jour te pardonner totalement et je ne l'oublierai jamais. Mais tu as pris conscience de ça. Et même si tu as tes défauts, tu es tellement, tellement loin de la personne que tu étais. Et pas seulement car tu n'as plus d'alchimie. Tu aurais pu vivre sans moi, j'aurais pu vivre sans toi et nous le savons tous les deux. Mais tu es revenu et je suis revenue et tu es resté et je suis restée. Et je veux rester avec toi malgré tout. »

Beth s'était approchée de son mari et lui avait pris le visage entre ses mains en un geste tendre. Pour la première fois depuis leur mariage, elle avait l'impression qu'il allait laisser échapper quelques larmes. Elle l'embrassa pour le faire taire pour de bon. Il lui murmura à l'oreille :

« N'hésite jamais à fuir si un jour tu ne m'aimes plus. »


Quelques minutes plus tard :

« - ON EST FOUTUES ! hurlaient Jane et Victoria en cœur.

- Quoi ? s'alarma Mustang qui débarquait, Clémence sur les talons.

- Vous avez pas réglé ça ? dit Otep.

- Mais barrez-vous ! leur cria Beth qui courut vers sa fille. Sally, non ! »

Salomé esquiva les bras de sa mère pour s'approcher de la bombe qui indiquait moins de deux minutes avant d'exploser. Elle se saisit de la pince de Victoria et noua ses longs cheveux roux avec un ruban. Avant qu'un adulte ne réussisse à l'attraper, elle avait réussi à couper quelques fils, sans aucune hésitation. Winthe sentait la fin approcher, elle entendait la fin approcher et elle voyait la fin approcher. Elle se tourna vers Ryûko et la saisit par les épaules pour lui dire d'une voix qu'elle espérait être ferme :

" Ryûko, tu es la personne la plus gentille et merveilleuse que j'ai rencontrée de ma vie. Tu as été là dans les pires moments et tu m'as aidée sans rien redemander en retour. Même aujourd'hui, tu t'obstines à aider autrui, des gens dans des situations horribles et à me soutenir jour après jour de tout ton cœur. Et je veux que ça continue. Je veux rester avec toi. Je veux passer tout le reste de ma vie avec toi. Parce que..."

Salomé se débattait tandis que Victoria tentait de l'éloigner de la bombe et que le reste de l'assistance hésitait entre se ruer sur la bombe près à exploser, faire évacuer Sally, Jane et Victoria ou d'écouter la diatribe soudaine de Receswinthe. Ryûko restait elle les yeux ronds et le visage pâle à écouter ce qu'on lui disait, des mots qui ne demandaient qu'à sortir depuis des années, des mots qui faisaient écho à ce qu'elle-même ressentait:

"Parce que je t'aime!"

Salomé coupa un dernier fil avant d'être saisir par sa mère. Le temps se figea. Le minuteur s'éteignit en douceur.

Dans le silence stupéfait qui accompagna son acte et la déclaration de Receswinthe, on entendit Solf Kimblee crier quelque chose qui était longtemps sorti de la bouche de Maes Hughes :

« C'EST MA FILLE ! »


Aujourd'hui, c'est les dix ans de mes débuts dans la fanfiction et ça, ça se fête !

Avec un nouveau chapitre !

Et c'est l'avant-dernier de cette fic et ma carrière d'autrice de fanfics. Eh beh, dix ans, ça fait très long et très court à la fois. Beaucoup de fics, de reviews, de gens que j'ai touchés (ça m'émeut toujours) et beaucoup de corrections à faire encore (je ne corrige que Sable d'Ishbal même si toutes mes fics ont des fautes, surtout des fautes de frappe, je le sais).

Cette fic est très indulgente, je la fais surtout pour le fun donc vous étonnez pas si ça part dans tous les sens.

Dans les notes du dernier chapitre, je parlais de Ghosteen donc je le cite ici pour faire raccord. Et pour double raccord, je devais voir Nick Cave en concert dans trois semaines et finalement, ce sera pour l'an prochain (merci le Covid...).

Si vous voulez lire d'autres trucs de moi, j'indique où me lire sur mon profil (même si on peut mettre de lien sur ce maudit site).

Bisous pistache-chocolat sur vous !