Salut !
La bonne nouvelle c'est que j'ai encore un chapitre d'avance, vu que j'ai recontacté la traductrice. Bon, qu'un pour l'instant, mais hé, c'est déjà ça non ?
Du coup bonne lecture ! ^^
Chapitre 19 : Qui suis-je ?
(Deuxième partie)
ooOO-OOoo
Trad par A-Key, relecture par Eclipse
Fic originale de Tobina
Shinichi grommela intérieurement. « Oh, génial – un jeu de question-réponse, tout ce dont j'avais besoin. C'est une blague ? Je pense que le professeur adorerait – on dirait un de ses quizz idiots sur les kanji. »
Il soupira. « Bon, je pense que je n'ai pas vraiment le choix, alors voyons voir. Le premier devrait être 金. Il se lit « kin », « kon », « kana » et « kane ». En l'assemblant avec 城 on obtient « château imprenable ». Les lectures de 城 sont « jô » et...
Il eut un hoquet. Non, cet homme... je l'ai rencontré il y a des lustres. Je me souviens bien de cette affaire parce que Ran avait fait des pieds et des mains pour trouver un alibi au champion de karaté, et parce que ça tournait autour du « Baron Noir ». La réponse se trouvait juste sous mes yeux, en train de me rire au nez !
Il se souvint de ce que Vermouth lui avait dit plus tôt. Qu'elle était le boss à ce moment-là. Ce qui voulait dire qu'elle devait être l'employée qui se trouvait à ses côtés. Shinichi masqua sa surprise et sa colère autant qu'il le put, et tenta de répondre de son ton de détective habituel.
« Si seulement parler ne me faisait pas aussi mal. Allez, ressaisis-toi, Kudô- s'il veut jouer, autant rendre la partie intéressante. »
-On peut aussi le lire comme 金-Kane... et 城-Shiro...玄. « Gen » signifie juste « noir », ou « mystérieux ». Je n'ai rencontré... qu'un seul homme avec ce nom... et cet homme faisait semblant d'être aveugle... et d'être le patron d'une entreprise d'informatique... nous nous sommes rencontrés... à la compétition qui tournait autour du virus informatique « Le Baron Noir »...
Il eut besoin de marquer une pause pour reprendre son souffle.
-J'ai raison... Kaneshiro Genichiro ?
ooOO-OOoo
Ils étaient prêts – enfin ! Donner les instructions à tout le monde avait pris un temps fou à Heiji, et ce tandis que l'heure tournait.
Megure était devenu enragé en recevant un appel de l'équipe de renforts au manoir Kudô, pour annoncer qu'ils avaient dû libérer Satô et Takagi du sous-sol. Il s'en voulait de ne pas avoir pris son informateur davantage au sérieux. Heureusement, tous deux étaient sains et saufs, à part quelques bleus sur le cou de Takagi.
Rien ne laissait deviner ce qu'il était advenu de Bourbon.
A présent, Heiji et Jodie se rendaient en voiture sur les lieux où ils passeraient à l'action, mais l'adolescent s'était vu obligé de rester sur la banquette arrière – à son grand mécontentement. Au moins il avait le droit d'être là, pas comme le professeur et Haibara. Pas que la petite fille ait tenu à les accompagner, de toute façon.
Elle leur avait dit tout ce qu'elle savait sur les membres et les structures de l'Organisation. Il en avait déjà entendu une bonne partie par Kudô, ou encore un peu plus tôt au refuge.
Le groupe gardait à l'esprit deux points importants : en ramener le plus possible en vie. Et tirer à la moindre arme levée – car eux n'hésiteraient pas à les tuer.
Heiji enfonça ses ongles si fort dans le siège passager que ses phalanges blanchirent, tandis que le bâtiment de l'entreprise apparaissait dans leur champ de vision.
« J'vous en prie – faites qu'on n'arrive pas trop tard ! »
ooOO-OOoo
Des applaudissements espacés se firent entendre dans le haut-parleur.
-Je n'en attendais pas moins de celui qui se fait appeler « le sauveur de la police japonaise ». Bien joué, détective.
Cette fois, la voix suintait de sarcasme.
-Pourquoi... ? Tout ça, juste pour l'argent ? gronda Shinichi.
Kaneshiro sembla réfléchir à sa question, car il prit un moment avant de répondre.
-Tu ne trouves pas que l'argent est un argument en soi ?
Pour toute réponse, Shinichi souffla.
-Très bien, tu m'as percé à jour. Donc, tu te rappelles mon déguisement de vieil homme aveugle et – non, ce n'est pas ma véritable apparence. Tu te souviens aussi ce que je t'ai dit sur le Baron Noir et ce qu'il signifiait pour moi ?
Shinichi creusa dans son cerveau. Bon sang – cela faisait des lustres, et le « vieil homme » n'étant pas le coupable, il l'avait relégué au second plan dans sa mémoire une fois l'affaire résolue. Mais il se souvint que pendant l'enquête, il avait ressenti ces mauvaises ondes qui le prévenaient qu'il était observé par un membre de l'Organisation, sans savoir d'où elles provenaient.
« C'était donc son regard que j'avais senti. Réfléchis, Shinichi – qu'est-ce qu'il t'a dit ? Attends ! Il n'avait pas parlé d'un fils qui était mort ? »
-Je peux le lire sur ton visage – tu connais la réponse. Oui, j'avais un fils, Kiyoshi, qui est mort d'insuffisance hépatique. Cela arrive, tu me diras, mais ce n'était pas un buveur. Il n'avait pas le droit à la moindre goutte d'alcool, son foie ne le lui permettait pas. Il souffrait de plusieurs maladies et de lésions cérébrales de naissance, et il devait passer tout son temps confiné à l'intérieur. Les jeux vidéo étaient sa plus grande joie, et j'en ai créé énormément juste pour lui. Comme tu peux le constater, l'entreprise d'informatique n'était pas entièrement un mensonge. L'un de mes jeux – son préféré, avec des éléments fantastiques comme des vampires ou des loups-garous – est devenu un immense succès. Le marché est une jungle sans pitié et la concurrence l'a détruit avec le virus « Le Baron Noir », me faisant comprendre que je ne devais plus jamais créer de jeux vidéo. Kiyoshi en était ulcéré et démoralisé.
Je n'étais pas chez moi ce jour-là, mais lorsque je suis rentré, j'ai découvert son infirmière en train de pleurer dans sa chambre, berçant mon fils inconscient dans ses bras, en train de répéter encore et encore que ce n'était pas de sa faute, qu'elle lui avait donné du chocolat pour le calmer. A côté d'eux se trouvait une boîte de bonbons ouverte, avec une carte disant « N'oublie pas – ta partie est terminée ». Dans la panique, l'infirmière n'avait pas remarqué la carte. Les bonbons contenaient un pourcentage d'alcool élevé, et bien qu'il n'en ait mangé qu'un seul, c'était déjà trop. Il est tombé dans le coma et les médecins ne lui donnaient que sept mois à vivre, tout au plus. Durant cette période, j'ai investi tout mon argent pour trouver un moyen de le sauver, et mettre la main sur les monstres qui nous avaient envoyé ce « cadeau ». La police ne m'a été d'aucune aide, mais je les ai retrouvés, dit Kaneshiro d'une voix qui sonnait comme une promesse de mort.
-J'ai découvert cette organisation, active depuis plus de cinquante ans. Leur chef était un homme avide, doublé d'un tueur de sang-froid. Tout ce qui l'intéressait, c'était de trouver le moyen de contrôler les organisations secrètes aux quatre coins du monde et d'accroître sa fortune. On l'avait engagé pour se débarrasser de moi, et ce en détruisant mon jeu et en m'envoyant des lettres de menace. Et c'est Kiyoshi qui a dû payer ! hurla-t-il.
Sa respiration lourde se fit entendre dans le haut-parleur jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Sa voix, glaciale et rocailleuse, fit frissonner Shinichi.
-Je l'ai tué et j'ai pris sa place. C'était assez facile, car aucun de ses sous-fifres ne savait qui il était. J'ai laissé leurs « affaires » reprendre leur cours. Les membres hauts-gradés s'occupaient de tout cela, de toute façon. Ils se sont chargés de donner la mort au patron de l'entreprise concurrente en informatique sous mes ordres. J'ai pu alors sentir toute la puissance que me conférait ce poste. Tout à coup, j'avais toutes les options dont je rêvais pour sauver mon fils. Je pouvais engager autant de scientifiques que je le souhaitais pour qu'ils trouvent un remède.
Un jour, ils ont découvert par accident une substance qui permettait de rajeunir. Le sujet de test avait rajeuni de vingt ans en la prenant, et tous ses troubles de santé avaient disparu. J'ai pensé que j'avais enfin trouvé mon remède – mais nous n'avons pas été capables de la recréer. Au moins, je savais désormais ce que je recherchais. C'était le secret de jouvence. J'ai redoublé d'efforts, mais en vain – Kiyoshi est mort, emportant avec lui tout ce qui était cher à mes yeux. C'est à ce moment-là que je me suis mis à me comporter comme leur ancien chef. J'ai donné à mes assassins des noms d'alcool, car l'alcool était le tueur silencieux de mon fils.
A présent, l'argent est tout ce qui compte pour moi, et le secret de la jeunesse me rendra plus riche que quiconque ne l'a jamais été. Imagine ma surprise lorsque j'ai consulté les recherches de Sherry. Quel dommage qu'elle se soit révélée être un traître. Ses parents avaient produit une telle réussite avec l'APTX4869. Qui aurait pu croire que ce poison serait ma poule aux œufs d'or ? Nous devons juste le modifier encore un peu, de façon à pouvoir rajeunir du nombre d'années que l'on souhaite – oh, et en éliminer les effets secondaires mortels, naturellement.
-Vous êtes... fou ! Hggn... siffla Shinichi alors que la douleur qu'il connaissait bien envahissait son corps de nouveau.
-Tu as sans doute raison, mais je pense quecette discussion est terminée pour l'instant. Mes scientifiques prendront la suite. Bien que l'un de mes meilleurs assassins connaisse mon identité, je ne commettrai pas la même erreur que mon prédécesseur et mes scientifiques ne savent rien de moi. Donc si tu veux bien m'excuser – ce fut un plaisir de discuter avec toi, détective. A bientôt !
Le micro émit un dernier crachotement avant de s'éteindre. Une seconde plus tard, la porte s'ouvrit de nouveau et Akamoto, Joshura et Sakai entrèrent dans la pièce.
L'esprit de Shinichi essayait de digérer ce que Kaneshiro venait de lui raconter, d'analyser ses paroles comme il le faisait toujours, mais il était trop préoccupé par la substance qui était en train de remonter ses veines, s'accompagnant d'une sensation de brûlure intense. Il entendit la voix sèche de Akamoto :
-Joshura – vérifiez ses organes vitaux. Sakai-san, occupez-vous du monitorage cérébral.
Une main froide s'empara de son poignet et chercha son pouls. « Pourquoi sa main tremble-t-elle ? »
-Joshura ! Qu'est-ce que tu fabriques ? Prends-moi cette planchette et note ce qu'affiche le moniteur. C'est pourtant pas si dur ! s'écria Akamoto, qui reçut un simple « Uhm » pour toute réponse.
Shinichi lutta pour ouvrir les yeux. Qu'est-ce qui lui prend ? Elle était pourtant si brutale jusqu'à maintenant.
A travers sa vision embrouillée, il jeta un œil vers la femme à la chevelure blonde. Le visage penché au-dessus du bloc-notes, elle semblait chercher nerveusement ce qu'elle était censée y écrire. Elle se mordit les lèvres, et ses grands yeux bleus remontèrent jusqu'à ceux de Shinichi– lesquels s'écarquillèrent lorsqu'il réalisa de qui il s'agissait.
« Non ! Pas elle – pas ici ! »
Ce fut sa dernière pensée, avant que sa conscience ne vacille lorsque les élancements reprirent de plus belle, lui arrachant un hoquet de douleur avant qu'il ne sombre une fois de plus dans les ténèbres.
Posté le 24.08.2020
