Ciao tutti ! J'espère que ça va bien pour vous,
Voici la suite des aventures d'Ava à Dressrosa. J'en profite pour rappeler que l'ensemble des personnages (hormis les OCs) appartiennent à Oda et que j'essaye d'être le plus fidèle possible à leur description et à leur caractère ! Ceci passe par mes propres représentations, ce qui biaise forcément le résultat. Donc si ce n'est pas correspondant à vos attentes je m'en excuse !
Sur ce, bonne lecture amici ! :)
Chapitre 19 - Le grand corsaire
Doflamingo était un homme très grand. Assis dans son siège à l'autre bout d'une très longue table, il était difficile pour Ava d'évaluer sa taille, mais il devait dépasser les trois mètres aisément. Malgré ses lunettes cachant son regard, la jeune femme sentait qu'il la détaillait avec attention. Elle en faisait de même. Bien qu'elle ne vit pas la partie centrale de son visage, elle devinait un homme qui devait être beau et, à quarante ans, en plein dans la fleur de l'âge. Son attitude montrait qu'il avait plus que conscience de son physique attirant. Il était installé négligemment dans son fauteuil et sa chemise blanche était bien trop ouverte, révélant un torse musclé. Il se redressa un peu en apercevant Ava et Gladius s'approcher de la grande table de banquet à laquelle il était assis. Il attendit qu'ils soient suffisamment proches pour parler d'une voix dont l'intonation était grave :
« Gladius, a-t-elle la marque ? »
Ava se sentit immobilisée de force et remarqua alors le mouvement subtil que faisait Doflamingo avec sa main. Elle devina sans mal que c'était grâce à un fruit du démon.
Gladius s'approcha d'Ava et souleva ses cheveux suffisamment longs pour masquer son tatouage. Les doigts de l'homme frôlèrent sa nuque, entraînant un frisson désagréable le long de la colonne d'Ava.
« En effet maître.
- Décrit-la.
- Un dragon qui se mort la queue avec en son centre la marque des dragons céleste. Il y a aussi…
- Un diadème couronnant le dragon, termina Doflamingo. Alors tu es membre des Saraswati. Je n'en ai pas douté un instant en te voyant. »
Ava resta décontenancée. Il était bien renseigné. Elle ne baissa pourtant pas les yeux, convaincue que l'homme derrière ses lunettes la fixait.
« Tu demandes à voir ma marque, mais tu ne me montres pas la tienne ? »
Une fine veine gonfla sur le front du corsaire. Sa mâchoire se crispa imperceptiblement, puis en laissant son fauteuil raclé contre le sol, il se leva, révélant en entier sa longue silhouette dégingandée. Il s'approcha alors qu'un rire proche du feulement sadique s'échappait de sa bouche. Quand il fut devant elle, il la considéra de toute sa hauteur avant de s'asseoir à la table devant elle.
Il lui tournait désormais le dos et elle avait une vue plongeante sur la marque des DonQuichotte, une rose à cinq piques avec en son centre la marque des dragons célestes.
« Satisfaite ? »
Alors qu'elle allait répondre, Doflamingo ne lui laissa pas le temps et se retourna dans le fauteuil.
« Cela se voit que ta mère n'a pas écouté les consignes. À part tes cheveux noirs, tu es son portrait. Seulement tous les membres de ta famille sont blonds. Tu devais détonner parmi eux. »
Un nouveau rire s'échappa d'entre ses lèvres puis d'un ton mielleux reprit la parole :
« Mais je manque à tous mes devoirs, assieds-toi donc et profite de ce dîner. »
Il désigna la chaise à sa droite et Gladius passa près d'Ava. Il s'empressa de reculer par un geste courtois. Sans un mot, elle s'installa sur une chaise alors que l'homme masqué restait un pas derrière elle, surveillant le moindre de ses faits et gestes. Ava commença à manger, sans réelles convictions. L'appétit lui vint d'un coup quand elle réalisa qu'elle n'avait rien avalé depuis la veille. Alors qu'elle découpait soigneusement sa viande, Doflamingo qui ne mangeait toujours pas, reprit la parole d'une voix bien plus suave :
« Sais-tu que ta mère aurait dû être l'épouse de mon jeune frère, si mon père n'avait pas renoncé à ses privilèges.
- Je l'ignorais.
- Je n'imagine que trop bien comment on a dû te traiter, les bâtards sont forts mal vu par là-haut. Je serais ravi de savoir comment tu as pu t'échapper.
- J'ai eu de la chance…
- J'ai bien peur que ce ne soit pas suffisant, vois-tu, je n'ignore pas que tu as été recueillie par Barbe Blanche, qu'il t'a élevé. Je veux savoir le fin mot de l'histoire. Crois-moi, je saurais te faire parler. »
À peine a-t-il prononcé ces mots, qu'Ava ressentit une brûlure au-dessus de son coude. Une très fine coupure barrait son bras. Elle posa ses couverts avant de mettre sa main sur sa coupure pour en cacher la cicatrisation éclair. Elle sentait derrière elle le regard de l'homme de main de Doflamingo, la mettant mal à l'aise. Ava se força à reprendre sa respiration le plus calmement possible avant de répondre.
Pendant une longue heure elle raconta, prenant soin de ne pas parler de son fruit du démon, ni de ses rêves, et des œufs. Après un long silence, un long sourire étira de nouveau les lèvres du géant blond, alors qu'il allait reprendre la parole, Ava le coupa :
« J'ai un marché pour toi. »
Doflamingo éclata de rire, puis s'enfonça profondément dans son fauteuil après s'être étiré les bras. Il la fixa d'un regard moqueur :
« Quel est-il ?
- Emmène-moi à Marie-Joa. En échange, tu auras récompense.
- Je t'écoute, répondit-il en haussant les sourcils.
Tu collectionnes les fruits, n'est-ce pas ?
Tu marques un point petite, mais ce n'est pas suffisant pour que je parte en expédition là-haut.
Donne-moi des hommes et je mettrai à sac le Safèd Niilaa*. Je sais que c'est mon grand-père le principal acteur de l'interdiction de ton retour à Marie-Joa. Tu aurais là une belle vengeance. »
Le sourire de Doflamingo s'étira encore plus. Ava ne s'était pas trompée et elle venait de marquer un point. C'était connu, la principale caractéristique de cette homme était sa rancune sans commune mesure. Toucher ce point de sa personnalité était donc une idée intéressante ; il en avait rêvé et elle venait de lui offrir sa vengeance personnelle contre le chef du clan des Saraswati.
« Je commence à saisir ce que tu veux faire Aranel*.
En échange, tu me permets d'y aller et d'en revenir. »
À ces mots, il éclata alors d'un rire tonitruant, laissant sa tête basculée vers l'arrière. Ava ne savait plus comment réagir, et commençait à avoir du mal à gérer son angoisse.
« Dans le pire des cas, tu n'auras qu'à te jeter une nouvelle fois du sommet de Red Line.
Je ne tiens pas à renouveler l'expérience. »
Doflamingo se redressa et posa ses coudes sur la table et observa longuement Ava. Contre toute attente, il fit un bref signe de tête et Gladius tira la chaise en arrière avant de prendre Ava par le bras pour la relever. La panique, abrupte, sans prévenir, sans comprendre pourquoi Doflamingo restait silencieux ni pourquoi son acolyte l'avait saisie aussi violemment. Ava eut l'impression d'avoir manqué quelque chose alors que l'homme de main l'entraînait à l'extérieur de la tonnelle en la tirant fermement. Avant de quitter l'abri végétal, elle eut le temps de voir une dernière fois le grand corsaire qui lui adressa un sourire des plus inquiétant.
Une fois dans l'allée, Gladius la relâcha et l'invita presque trop poliment à passer devant lui. Son changement d'attitude était extrême. Il la raccompagna galamment jusqu'à un grand salon où attendaient les jeunes femmes qu'avait vues Ava avait son dîner en compagnie de Doflamingo. D'un signe de tête, l'homme leur indiqua qu'elles pouvaient rejoindre leur maître. Une fois qu'elles furent parties dans une multitude de gloussements et de clin d'œil au serviteur de Doflamingo, ce dernier se tourna vers Ava et s'approcha d'elle.
Elle ressentit de nouveau un grand frisson en distinguant le regard d'acier derrière les lunettes de Gladius. Cet homme semblait être un danger à ne pas sous-estimer.
« Le maître va réfléchir à ta proposition. Je te raccompagne jusqu'à tes appartements. »
Il se détourna et s'engagea dans un grand corridor. Ava le suivit sans un mot.
OOOoooOOO
Ava émergea d'un sommeil de plomb. Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas dormi dans un lit aussi confortable. Le baldaquin décoré au-dessus de sa tête représentait un ciel bleu traversé de nuage, comme dans un rêve. Elle crut encore dormir avant de finalement entendre un bruit répétitif qui résonnait dans toute la pièce. C'était cela qui l'avait réveillée : on toquait à la porte. Elle voulut s'enfoncer plus profondément entre les draps tant elle était bien, mais cela n'aurait peut-être pas été le bon moment et choisit de répondre :
« Entrer ! » Fit-elle en se redressant.
On déverrouilla la porte et plusieurs serviteurs entrèrent, dont un chargé d'un imposant plateau d'argent qui contenait un petit-déjeuner qui aurait pu largement nourrir un régiment.
À la grande surprise d'Ava, Doflamingo fit son entrée à leur suite. Il traversa la chambre sans un mot et s'assit sur une large banquette face à Ava, bras écartés sur le dossier.
Pendant ce temps, les majordomes ouvraient en grand les rideaux et les fenêtres, laissant entrer la lumière du matin puis on déposa le plateau sur le lit près d'elle. Quand ils eurent terminé, les valets s'alignèrent tous et s'inclinèrent devant Doflamingo, puis une seconde fois devant Ava, avant de sortir en refermant derrière eux.
Dire qu'elle ne se sentait pas à l'aise était un euphémisme. Après un tel ballet à travers la chambre, se retrouver seule face au grand corsaire ne faisait que souligner l'inégal rapport de force. Ava sentait le danger à plein nez. Cet homme transpirait le danger. Il resta silencieux un long moment. De ses longs doigts, il tapotait ses tempes comme s'il réfléchissait intensément. Finalement, il joignit ses mains en entrelaçant ses doigts.
« Tes appartements te conviennent ?
- Tout est parfait.
- Mieux qu'un vaisseau pirate n'est-ce pas ? Lui demanda Doflamingo d'un ton mesquin.
- Pardon ?
- Je sais que tu accompagnais l'équipage du pirate Eustass Kidd. N'essaye pas de me mentir, j'ai des espions partout. »
Ava resta interdite. Après tout, Gladius l'avait reconnue quand elle était descendue du vaisseau la veille. Elle se doutait qu'il n'aurait pas tardé à répéter à son maître qu'il l'avait déjà vu avec les Kidd's pirate. Ava réfléchit alors à ce qu'elle allait dire. La prochaine question allait bientôt concerner ses motivations : pourquoi tant vouloir aller à Marie-Joa. Elle était presque étonnée que Doflamingo ne l'ait pas encore posée. Elle devait faire comme si elle n'avait aucune information à cacher alors autant jouer franc-jeu.
« Je dois aller à Marie-Joa pour voler des pierres qui appartiennent à ma famille. Tu te doutes bien qu'Eustass Kidd et son équipage ne m'aurait pas été d'une grande aide pour cela. »
Ava avait parlé d'une voix posée qu'elle n'aurait pas pensé pouvoir prendre quelques mois plus tôt.
Le sourire qu'afficha en réponse le shichibukaï était illisible. Cet homme était une forteresse pensa Ava. Impossible de savoir ce qu'il pouvait bien penser ou prévoir. Même Killer derrière son casque était plus facile à cerner. Elle fit mine alors de s'intéresser au plateau que l'on avait posé sur son lit et ne regarda pas Doflamingo lorsque celui-ci soupira.
« Manipulatrice, n'est-ce pas ? Dois-je me méfier de toi ? Tu utilises les gens pour arriver à tes fins, j'aime ça. Essayeras-tu de me noyer dès que tu n'auras plus besoin de moi ? Oh, tu pensais que je l'ignorais ? Ne feins pas la surprise Nikolaëvna, je sais presque tout de toi désormais, à commencer par ton intéressant pouvoir. Comme le zoan du phoenix supporte n'importe quelle blessure, ton zoan te permet de contrôler l'eau tant qu'elle est douce. Ah… Ces zoans légendaires sont peut-être bien plus puissants que les logias. »
Le ton du sarcasme allait à merveille sur cet homme. Il jouait avec elle comme si c'était une seconde nature. Le diable incarné. Mais elle était allée de son plein gré vers lui, qu'il referme donc son piège autour d'elle. Elle inspira, il fallait qu'elle ait confiance : un des œufs l'attendait. Cette pensée rasséréna Ava qui reprit :
« Effectivement mes pouvoirs présentent un grand nombre d'avantages.
- Oui, comme ta cicatrisation éclair hier soir…
- Par exemple, répondit-elle sans trop sourciller.
- Tes pouvoirs m'ont l'air utiles Nikolaëvna… Nous en reparlerons.
- Ava.
- Quoi ?
- C'est ainsi que je me nomme désormais.»
Doflamingo fronça les sourcils. Il se leva du sofa et s'approcha jusqu'au lit. Il se pencha vers Ava jusqu'à ce que leurs visages soient face à face. Ava sentit l'angoisse envahir son corps. Elle pouvait sentir l'entêtant parfum du corsaire alors qu'elle n'osait plus bouger. les lèvres bougèrent, libérant leur venin :
« Écoute moi bien, tu ne peux pas renier ce que tu es Nikolaëvna. Tu es comme moi, tu es égoïste, égocentrique. L'orgueil coule dans tes veines tout comme dans les miennes. Il est ce sang qui anime nos êtres. Tu peux te convaincre d'être une autre, d'être juste « Ava », mais c'est un mensonge que tu te racontes pour mieux t'endormir le soir. »
Ava retint sa respiration. Elle voulait lui dire qu'il avait tort. Qu'ils n'avaient rien en commun, mais elle en fut incapable. Une petite voix lui susurrait quelque part de ne pas répondre. Était-elle si sure de leur différence ?
Doflamingo se redressa et remit correctement son lourd manteau de plume et tourna les talons pour sortir de la pièce. Avant de sortir, il la regarda une dernière fois :
« Tu ne parviendras pas à me berner. Je sais mieux que quiconque qui tu es. »
Ava resta sans bouger, sans même toucher à son plateau. Elle savait qu'au fond d'elle, une part de son être aimait à se savoir au-dessus de tous les autres. Elle ferma les yeux. Mais ce n'était pas le fait d'être un dragon céleste qui la rendait si sûre d'elle. Ava préférait croire en la supériorité que lui conférerai l'œuf qui l'attendait. À ce moment-là, toute l'énigme que formait son existence prendrait sens. Tout s'assemblerait comme le font les pièces d'un puzzle. Doflamingo se trompait. Elle n'était pas comme lui.
Elle savait qui elle était, elle ne devait pas laisser Doflamingo remettre en question ça. Elle tendit une main et attrapa un petit pain et croqua dedans avec appétit.
Il était midi quand Gladius se présenta à son tour dans le salon de la suite qu'occupait Ava. Il se tenait droit comme un I alors qu'Ava sortait, tout juste habillée, de la salle de bain. L'homme de main de Doflamingo était fidèle à lui-même, son visage masqué par ses lunettes avant-gardistes et son cache-cou remonté le plus haut possible. La froideur qui se dégageait de lui aurait même fait passé Kidd pour la plus sympathique des personnes.
Néanmoins, il s'inclina quand elle arriva dans la pièce et laissa son regard passé sur la silhouette d'Ava avant de revenir à son visage. Elle fronça les sourcils comme seule réponse à son long regard puis elle s'assit dans l'un des fauteuils, attendant qu'il révèle l'objet de sa visite.
« Des jeux sont organisés aujourd'hui au Corrida Colosseum, Doflamingo apprécierait que tu te joignes à lui pour profiter du spectacle. »
Ava n'avait pas compris un traître mot de ce que venait de lui dire l'homme masqué.
« Des jeux ? C'est-à-dire ?
- C'est une tradition de notre royaume. Tu découvriras bien assez tôt. »
Elle sentait que l'invitation n'offrait pas la possibilité de décliner. Ava chercha à croiser son regard, mais derrière ses verres fumés, Gladius se jouait d'elle.
« À quelle heure devons-nous nous y rendre ?
- Le maître est déjà en route. Tu peux déjeuner ici et l'y rejoindre.
- Bien. »
Après avoir mangé dans un silence plus que religieux Ava rejoignit le centre de la capitale en compagnie de Gladius. À sa surprise, la famille royale utilisait encore des chevaux pour effectuer les courts trajets. Elle monta dans un fiacre en compagnie de l'homme masqué qui semblait avoir pour ordre de ne pas la lâcher d'une semelle. Elle ne savait pas vraiment à quoi elle s'était attendue en arrivant ici. Était-elle si surprise d'être sous la surveillance constante de cet homme ? Pas plus que ça. Mais l'homme lui déplaisait fortement. Ce qui se dégageait de lui, l'inquiétait au plus haut point. Elle choisit de regarder le paysage alors qu'ils quittaient la cour du palais alors que Gladius ne la quittait pas un seul instant des yeux, comme s'il guettait la moindre de ses réactions.
La ville apparut dès la sortie de l'enceinte du palais. On ne pouvait manquer le fameux Corrida Colosseum Ava se souvenait parfaitement des longues rues, pleines d'animations et de boutiques, mais comment avait-elle pu ne pas remarquer les gigantesques arènes, épicentre de la capitale. Le bâtiment étaient vraiment impressionnant vu des hauteurs, à mesure qu'ils descendaient vers la ville, les façades aux couleurs chatoyantes s'agrandissaient jusqu'à ce qu'ils s'insèrent dans la circulation de l'artère qui partait des pieds de la colline du château et qui s'achevait sur la grande place du Colisée. La clameur provenant de l'intérieur de l'édifice surprit Ava. Ils devaient être des milliers là-dedans. Le fiacre s'arrêta devant un comité d'accueil auquel elle ne s'attendait pas. Des soldats de l'armée de Dressrosa l'attendaient de pied ferme, et l'un d'eux s'avança pour lui tendre une main galante. Elle s'en saisit et sauta élégamment sur le sable de la place. Suivit de près par Killer, elle pénétra dans les couloirs démesurés des arènes et accéda à la tribune royale où Doflamingo l'attendait.
Protégée par des toiles blanches, la tribune royale dominait l'arène tout en restant visible de la quasi-totalité des spectateurs. Les gradins étaient combles. Des centaines et des centaines de personnes étaient venues assister aux jeux. Le bruit était assourdissant et rappelait à Ava d'autres événements bien plus sombres, au point de lui donner l'impression d'être de retour dans ses pires cauchemars. Elle fut tirée de sa vision par Gladius.
« Un problème ?
- Non, non… Balbutia-t-elle. Un mauvais souvenir…
- Vous devriez vous asseoir. Vous êtes très pâle. »
Il lui désigna le fauteuil installé à la droite de Doflamingo et alors qu'elle s'asseyait, il se pencha vers son maître et chuchota à son oreille. Ava observa les deux hommes du coin de l'œil. Et c'est là qu'elle la vit. De l'autre côté de Doflamingo une femme l'observait en coin, elle aussi. Assise à la gauche de corsaire, le femme était habillée d'une robe pourpre dont le tissus trahissait la valeur élevée. Quand leurs regards se croisèrent, elle détourna les yeux et regarda droit devant elle.
Doflamingo ne prit pas la peine de présenter les deux femmes. Il se leva et s'approcha du rebord de la loge et s'y appuya. Ce simple geste sembla galvaniser un peu plus la foule. Doflamingo avait un effet sur le peuple qui aurait fait pâlir beaucoup d'autres rois. Il leva une main et l'effet fut immédiat, les clameurs retombèrent et il commença un long discours introduisant les jeux. Le charisme de l'homme donnait le vertige et quand il se retourna vers elle, Ava comprit. Son pouvoir de séduction qu'il exerçait sur ses sujets lui venait du Haki. Elle en était sûre. Doflamingo avait trouvé comment le distiller suffisamment pour abuser tous ces hommes et toutes ces femmes. Les cris de joie reprirent alors que le roi s'asseyait entre les deux femmes. Il s'accouda vers Ava et observa ses réactions alors que les combats débutaient.
Ava comprit très vite que ceux-là se déroulaient jusqu'à la mort d'un des participants. Les rumeurs n'avaient pas menti. Doflamingo, s'il n'était pas fou, était sans pitié, et ses loisirs le prouvaient largement.
Ava laissa s'exprimer malgré elle son dégoût et son effarement quand plusieurs hommes tombèrent, mort, sous les coups de leur ennemi. Les « jeux » étaient terribles. Jamais elle n'aurait pensé que ce genre de chose puisse encore avoir lieu. À ses côtés, elle entendit Doflamingo avoir un léger rire.
« Le spectacle ne te plaît pas Aranel* ? »
Ava sentit tous les regards se tourner vers elle. La loge semblait être à cet instant un lieu encore plus dangereux que l'arène en contrebas. Effectivement, le combat d'homme forcé à tuer pour survivre ne lui plaisait guère. Elle se voyait pourtant assez mal le dire. À son grand dam, Doflamingo répondit à sa place, en visant juste encore une fois.
« Les mises à mort ne t'inspirent pas… Serais-tu donc restée trop longtemps loin des nôtres ?
- La barbarie est donc une habitude des nobles ? »
Sa riposte le fit rire.
« Sache que j'excelle dans ce domaine. Regarde-les bien Nikolaëvna, si tu me trahis, tu les rejoindras très vite.
- Espérons que l'issue de notre collaboration soit heureuse, conclut Ava d'une voix blanche. »
* Safèd Niilaa = le palais blanc
* Aranel = ma douce
