Disclaimer : les personnages de cette histoire sont TOUS à JK Rowling.

Couple : HP/DM léger

Résumé : Voldemort vient de tomber, la guerre est finie et un nouveau monde doit se construire. Mais Draco Malfoy cache quelque chose. Le trio doré doit garder ses sens en alerte et la paix ne semble pas encore garantie.

Petit post it : Entre le chapitre 17 que vous venez de lire et celui-ci, il y a un saut d'environ deux mois dans le temps. J'espère que cela vous paraîtra logique en lisant. Bonneuh lectureuh ! ^^


CHAPITRE 18 : ASPIC et révélations.

Le temps était passé plus vite qu'il ne l'aurait cru, entre l'efficacité de sa cachette, les cours d'Occlumancie qu'il donnait à Potter et le soutien de ce dernier, infaillible, surtout la nuit. Ils étaient ainsi arrivés aux deux semaines d'examens qui s'achevaient enfin avec les épreuves de Défenses Contre les Forces du Mal : la théorie le matin, la pratique l'après-midi. Trois mois étaient passés depuis la mort de Voldemort et avec sa Marque qui le brûlait encore régulièrement, Draco Malfoy trouvait assez ironique de se présenter à cet ASPIC en particulier. Minerva McGonagall avait accepté qu'il passe les examens étant donné, avait-elle dit, les circonstances exceptionnelles de cette année tronquée par la guerre. Il avait refusé le gîte et le couvert, prétextant ne pas vouloir abuser de sa gentillesse. En vérité, le blond dormait encore, depuis qu'il avait découvert que sa Marque était un Horcruxe, dans le lit de Dean Thomas au dortoir des Gryffondors.

Sa théorie s'inspirant du fait que Potter avait lui aussi porté un éclat d'âme de Voldemort sans avoir de conséquence pendant des années, semblait fonctionner. Il gérait de mieux en mieux ses crises. La voix de Voldemort dans sa tête n'était plus qu'un murmure dérangeant et il s'était presque habitué à la douleur de son épaule.

Potter n'était pas innocent à cette réussite. À chaque fois que son sommeil avait été perturbé, il était venu s'allonger à ses côtés, lui murmurant les mots qui l'aidaient tant. À chaque fois qu'il avait envoyé Coquecigrue, Potter était apparu. En contre partie, le Gryffondor avait travaillé son Occlumancie et sa forte empathie lui jouait bien moins de mauvais tours.

Lorsque Draco était revenu de façon officielle au château, il avait retrouvé ses camarades Serpentards en notant combien la relation qu'il y avait entre eux pouvait être différentes de celle entre les trois héros du monde sorcier. Sa jalousie envers Potter et son groupe avait fait place à de l'envie, et même, à certains moments, à de l'espoir. Celui de ne plus avoir à se cacher sous la cape d'invisibilité lorsqu'il voulait assister à une de leur soirée, comme la veille, pour l'anniversaire de Londubat. Il était resté dans un coin de la salle commune, à les regarder offrir des cadeaux au Tueur de Serpent comme certains s'amusaient à l'appeler. Ils avaient ri, mangé des choses étranges, ri encore plus. Invisible, Draco avait suivi la scène, comme tant d'autres sur les semaines précédentes, en lisant distraitement un livre.

Et comme après chaque soirée de ce genre, Potter était venu sans rien dire se glisser sous ses draps, prétextant qu'il cachait mal sa solitude, que cette dernière lui faisait mal et l'empêchait de dormir. Si cela était sûrement vrai les premières fois, c'était simplement devenu une habitude par la suite. Draco le laissait faire. Parce qu'il avait réalisé que les nuits où Potter n'était pas juste derrière lui, finissant toujours par le coincer avec un bras ou une jambe, cela lui manquait.

Il observa avec attention les reflets du ciel sur le lac. Il était assis, comme chaque matin depuis le début des épreuves, sur les marches menant au château, un café à la main. Il devait faire croire aux professeurs et aux autres élèves qu'il venait d'arriver. Zabini, Pansy et quelques autres avaient bien essayé de savoir ce qu'il avait fait tout ce temps. Pour palier à ce problème, il s'était amusé, sur un conseil plutôt bon de Granger, à répondre autant de choses différentes que le nombre de fois qu'on lui posait la question.

Ainsi, pour certains, il était parti pêcher le poisson-diable dans le pacifique afin de se constituer un stock suffisant de poudre de leurs épines. Pour d'autres, il était simplement retourné au Manoir. Certains disaient qu'il n'était pas parti bien loin : juste percer les mystères de la Forêt Interdite. L'idée la plus répandue était qu'il s'était installé à Pré-Au-Lard pour y monter un commerce. Un soir, le trio doré lui avait fait le reproche d'aller un peu loin lorsqu'ils avaient appris qu'une rumeur supplémentaire circulait : le peureux Draco Malfoy serait en réalité aller aider les Aurors à retrouver la piste des derniers Mangemorts en liberté. Il avait beau eu leur assurer que cela ne venait pas de lui, ils avaient refusé de le croire.

Pourtant, il n'était pas celui qui avait lancé cette idée. Et ce n'était pas la seule. Petit à petit, il n'avait plus eu besoin d'inventer de nouvelles réponses. Entre ceux qui se fichaient éperdument de ses activités et ceux qui inventaient leurs propres versions, il était à présent plutôt tranquille.

Dans son dos, la lourde porte du château s'ouvrit. Le Gardien des clefs le salua, comme chaque matin depuis deux semaines.

- La Grande Salle n'est pas encore prête, annonça Hagrid. C'est encore le petit-déjeuner.

Draco haussa les épaules, ne prenant pas la peine de répondre, et entra tout de même. Aujourd'hui était un jour spécial. Ce n'était pas seulement le dernier jour des ASPIC. C'était aussi le 31 juillet. Huit semaines plus tôt, alors qu'il ne fréquentait le trio doré que depuis un mois, Harry Potter avait attendu que ses camarades de chambre quittent le dortoir pour lui lancer un gros paquet de Chocogrenouilles tout en lui souhaitant un bon anniversaire.

Tandis qu'il s'avançait dans l'allée formée par la table des Poufsouffles et celle des Gryffondors, il laissa son appréhension s'échapper. Il voulait voir si Potter allait le sentir arriver ou bien s'il utilisait son Occlumancie correctement. Alors qu'il était encore à une petite dizaine de mètres, le brun releva brusquement la tête vers lui sourcils légèrement froncés.

Si au retour de Draco toute l'école avait pu constater qu'il n'y avait plus d'altercations entre lui et les Gryffondors, d'où certaines suppositions lui donnant un beau rôle pour expliquer son absence, personne ne l'avait pour autant vu discuter avec eux. Le fait qu'il s'arrête donc juste à côté de Potter qui ne le lâchait pas des yeux lors de ce petit déjeuner banal en surprit donc plus d'un.

- Alors Potter, lâcha Draco de sa voix traînante, il paraît qu'on se fait vieux aujourd'hui ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il posa sur la table devant lui un petit sachet de couleur violette contenant une jolie quantité de Ballongommes du Bulard.

- Euh… merci ?, lâcha Potter.

Draco trouva sa prestation d'acteur pitoyable tandis que lui-même était si naturel. Il haussa les épaules et poursuivit son chemin comme si de rien n'était. Il entendit dans son dos la fille Weasley demander à Harry quel sort il allait utiliser pour vérifier si les bonbons n'étaient pas empoisonnés. Il ne put empêcher un sourire satisfait apparaître sur ses fines lèvres lorsque Potter répondit « aucun ».

Une heure plus tard, il ne souriait plus du tout. Face à sa feuille blanche pour l'épreuve de DCFM, assis au milieu de tous les autres élèves de septième année, il savait déjà qu'il n'aurait pas un Optimal sur cet ASPIC. Au mieux pouvait-il espérer un Acceptable. Quelques rangées plus loin derrière lui, Potter écrivait sans s'arrêter des lignes et des lignes, ce qui l'agaçait profondément. Il finit par prendre sa plume et la tremper dans un peu d'encre. Le sujet portait sur les différences entre les Inferi et les fantômes et cela ne l'inspirait pas du tout.

Malgré tout, au bout des quatre heures que duraient l'épreuve, il était satisfait de rendre un devoir, certes peu ambitieux, mais au moins complet. L'après-midi fut plus critique. Face à l'Auror Williamson, qui avait accepté de reprendre les cours de DCFM pour la fin de l'année, il réalisait une bien piètre performance. En ressortant de la salle, il entendit plusieurs élèves qu'il savait faire partie de l'Armée de Dumbledore, se vanter de leurs exploits à l'examen pratique.

Comme chaque soir après les épreuves, il se rendit discrètement dans les toilettes les plus proches et sortit la cape d'invisibilité. Une fois enveloppé dedans, il ressortit et prit la direction des dortoirs Gryffondors. Il lui fallait toujours attendre un peu qu'un élève passe par le portrait de la Grosse Dame pour éviter d'intriguer celle-ci sur une ouverture fantôme.

Cette fois-ci, il put rentrer grâce à un groupe de jeunes première année qui ne se rendirent pas compte de son passage. Il avait un peu traîné dans le parc avant de monter et s'attendait donc à ce qu'il y ait Londubat dans la chambre. Lorsqu'il ouvrit tout doucement la porte pour que cela puisse passer pour un courant d'air, il fut surpris de voir le nombre d'élèves qui semblaient s'être donnés rendez-vous en ces lieux. Sans surprise, Potter était être le centre d'intérêt de toute cette assemblée. Draco comprit pourquoi ils fêtaient l'anniversaire du Survivant ici plutôt que dans la salle commune lorsqu'il aperçut des uniformes de Serdaigles et de Poufsouffles. Certains élèves étaient rentrés en douce et ne voulaient sûrement pas se faire voir des plus jeunes qui étudiaient encore dans la pièce du bas.

Se retrouvant bloqué contre la porte, Draco n'osait plus bouger. Le lit de Thomas qu'il empruntait depuis plusieurs mois était de toute façon réquisitionné par la Weasley femelle et les jumelles Patil. Il en voulut aussitôt à Potter de ne pas avoir pensé qu'il allait revenir et se retrouver, une fois de plus, obligé de rester transparent. Il lui en voulait de l'avoir fait entrer dans ce monde d'amitié qu'il ne connaîtrait jamais. Il lui en voulait de s'amuser autant sans lui.

Draco se reprocha toutes ses pensées qui l'amenait vers un terrain qu'il évitait depuis plusieurs semaines. Depuis cette nuit exactement, où tout en dormant, Potter avait affiché une belle érection que Draco avait senti naître, doucement, par petits-à-coups, contre sa cuisse. Cela l'avait immédiatement fait réagir à son tour et il n'avait su comment échapper à ce problème. Cela c'était renouvelé plusieurs fois sans que jamais il n'en parle au brun.

À présent, debout et immobile dans un coin du dortoir Gryffondor, espérant qu'aucun de ces imbéciles n'ait l'idée de venir se poser par ici, il maudissait Potter et il ne se privait pas pour laisser ses émotions s'exprimer, espérant que leur puissance fasse naître au moins une petite pointe de douleur chez le Survivant. Mais ce dernier devait avoir mis ses propres barrières en place pour ne pas se laisser submerger par la joie de ses camarades. Après la colère, Draco ressentit donc de la déception. Il avait été trop bon professeur et ne pouvait visiblement plus atteindre Potter. Condamné à attendre que chacun de ces intrus retournent à leur dortoir, il observa les visages avec plus d'attention, essayant de remettre un nom sur chacun d'eux.

Il était à peu prêt certain que tous les membres de l'AD étaient réunis, hormis ceux comme Thomas et Finnigan qui avaient fait le choix de ne reprendre leurs études que l'année suivante. Il commençait à être fatigué par les rires lorsque Granger réclama le silence, annonçant que Potter voulait dire quelque chose. Un instant plus tôt, Draco avait vu le brun se pencher vers son amie et murmurer à son oreille. Il leva les yeux au ciel, s'attendant au pire.

- Franchement, merci, lança aussitôt Potter. Je crois que j'ai suffisamment de bonbons pour tenir toute une vie.

- T'inquiète, je t'aiderai, ricana Weasley pas très loin.

- Je n'en doute pas Ron ! Je voulais juste vous dire aussi que cette fin d'année a été un peu bizarre pour nous tous. Mais que grâce à ça, ajouta-t-il en sortant un faux gallion de sa poche, on pourra rester en contact.

Tous les élèves présents sortirent solennellement leur propre faux gallion et le levèrent au-dessus de leur tête confirmant à Draco qu'il était bien en présence de l'AD.

- J'aimerais aussi que vous me fassiez confiance une dernière fois, ajouta alors Potter en rangeant sa pièce. Ce que je vais vous demander est énorme, mais je crois que c'est important.

Le silence, à présent était lourd et attentif. Certains fronçaient les sourcils, se demandant pourquoi leur leader prenait un ton si sérieux.

- On s'est tous battu pour que les sorciers puissent vivre en paix. Pour que quelque soit notre origine, on soit tous considéré de la même façon. Que l'on soit moldu, né-moldu, de sang-mêlé, ou de sang-pur.

Le cœur de Draco, sans trop savoir pourquoi, se mit à battre furieusement. Il n'aimait pas ce discours. Il n'était pas certain d'être prêt pour la suite. Et surtout, il n'aimait pas les yeux verts qui venaient de se poser pile à l'endroit où il se trouvait, sous la cape d'invisibilité.

- Le but de notre alliance était d'effacer les préjugés. Vous êtes d'accord ?

Tous répondirent, certains fermement, comme un cri de guerre, d'autres plus modérément, ne comprenant pas le but de ces explications.

- Avec Ron et Hermione, ça fait trois mois qu'on aide quelqu'un à effacer ses préjugés en cachette. Je me rends compte aujourd'hui qu'il m'a aidé aussi. J'avais des idées assez arrêtées finalement sur les sang-purs comme lui et surtout sur leur incapacité à changer. C'est faux, on peut tous changer.

Il se tut. Il les regardait à présent et semblait ne pas trop savoir comment continuer. Ce fut Granger qui reprit le flambeau.

- Draco Malfoy n'a pas quitté le château, annonça-t-elle calmement. Il est resté avec nous, ici.

- Ici ?, s'exclama Neville. Mais je ne l'ai jamais vu !

- On est des sorciers Neville, plaisanta Harry. Tu sais, les barrières de protection, tout ça.

Sous la cape d'invisibilité, Draco était figé. Le brun avait dû sentir sa peine finalement. Son épaule le lançait furieusement et il espérait que l'émotion et l'ambiance de la pièce n'allaient pas réveiller l'Horcruxe.

- Mais pourquoi ?, s'étonna Boot, un Serdaigle que Draco connaissait très peu.

La réponse de Weasley, qui était celui avec qui les relations avaient eu le plus de mal à se stabiliser, l'étonna davantage.

- Attends Terry, si on te laissait la possibilité de transformer un connard fini en mec supportable, au nom de notre cause, tu ne le ferai pas ?

- Mec supportable, tu exagères, rigola Potter. Je dirais potable.

- Supportable, ajouta Granger avec un petit sourire complice.

- Vous êtes sérieux ?, demanda la sœur Weasley. Et il est où là ?

- Si je ne me trompe pas, répondit Potter en plantant de nouveau ses yeux sur lui, il attend par là-bas depuis dix minutes.

Un silence s'installa tandis que tous les regards se tournaient vers le coin de mur vide que désignait le Survivant.

- J'attends surtout de pouvoir me coucher, répliqua Draco de sa voix traînante avant de laisser la cape glisser à ses pieds. Et au passage Potter, ajouta-t-il en ignorant les visages surpris, beau discours. Presque émouvant.

En vérité, et il savait que Potter le sentait, son cœur battait la chamade. Il était à la fois surpris, paniqué, satisfait.

- Ah mais sous mon nez en fait !, s'exclama encore Londubat à qui Granger venait d'expliquer les sorts qu'elle avait mis en place sur le lit de Dean Thomas.

Cela eut le mérite de relancer quelques conversations. Draco ne participait pas plus que lorsqu'il était sous la cape et personne ne semblait vouloir s'approcher. De tout façon, au bout d'une courte minute, Potter reprit la parole pour demander à tout le monde de bien garder le secret et annonça ensuite qu'il était temps pour chacun de retourner dans son dortoir.

- T'es pas drôle Harry, grommela Crivey qui descendit du lit de Weasley pour se diriger, avec les autres vers la porte.

Du fait de sa proximité avec la sortie, tous passèrent devant Draco. Certains lui jetèrent un coup d'œil, la plupart l'ignorèrent. Seules Weasley fille et Lovegood s'arrêtèrent à sa hauteur alors que tous les autres étaient partis. Londubat s'approcha aussitôt.

- T'as de la chance de ne pas avoir été trop chiant cette année en cours, lâcha la rouquine.

- Certaines de vos filatures n'étaient pas très discrètes, répliqua Draco qui savait très bien que des membres de l'AD l'avaient suivi au début de l'année.

- De toute façon, tu n'étais pas intéressant, compléta Londubat.

Draco haussa un sourcil mais ne répondit rien. Il avait un grand nombre de piques assassines qui lui venaient à l'esprit et une envie folle de les clamer. Mais il avait conscience de l'effort de Potter en l'ayant officiellement fait entrer dans ses fréquentations et cela aurait été idiot de tout gâcher maintenant. Ce qui venait de se jouer ce soir était mieux qu'un mariage arrangé.

- Merci pour l'eau, énonça calmement Lovegood en le regardant avec ses yeux écarquillés.

- Pour… l'eau ?, répéta Draco sans comprendre.

- Chez toi, explicita la blonde en entourant une mèche de ses longs cheveux autour d'un doigt. Quand tu m'as apporté de l'eau en prison. C'était gentil.

Tous regardaient la jeune Serdaigle avec étonnement, y compris Draco. Ce dernier n'aurait jamais pu imaginer que son acte, banal à ce moment là, prenne une telle ampleur à présent.

- Et bien… de rien, se crut-il obligé de répondre.

- Bon allez, bonne nuit, lança Ginny Weasley en se tournant vers les autres Gryffondors. Luna, ajouta-t-elle en tirant la manche de la jeune fille, viens. Hermione ?, interrogea-t-elle également.

- Ah oui !, répondit Granger.

Elle déposa un furtif baiser sur les lèvres de Weasley et descendit à la suite de ses deux amies. La porte se referma enfin. Sans un mot, Draco se dirigea aussitôt vers son lit d'emprunt, tâchant d'ignorer les emballages de bonbons éparpillés un peu partout. Il en ôta quelques uns de sur son drap et s'allongea, après avoir enlevé ses chaussures. Il plaça ses bras sous sa nuque et tourna la tête vers Londubat qui l'avait regardé faire, ahuri.

- Alors c'est tout ?, demanda celui-ci en levant légèrement les bras. Tout ce temps, tu étais là ?

- Tu as peur de quelque chose ?, lui lança Draco que son étonnement commençait à agacer.

- Non, alors on va pas commencer, coupa tout de suite Saint Potter. Neville on est vraiment désolé de te l'avoir caché mais…

- Vous savez que je n'aurais rien dit ?, lança soudain Londubat en se tournant vers ses deux camarades Gryffondors. J'aurais gardé ça pour moi, même Hannah n'aurait rien su !

Draco fut impressionné de le voir s'énerver ainsi. Il l'avait toujours imaginé comme une chose molle et peu utile. Voilà qu'il s'avérait en quelques mois être un guerrier plutôt courageux, même si le blond avait dû mal avec cette image, et qui en plus, avait de l'orgueil.

- Écoute Neville, commença Weasley…

- Non, vous écoutez !, le coupa le Tueur de Serpent tout en ôtant ses vêtements. Les autres vont carrément se faire à l'idée parce qu'au fond, tu as raison Harry. Tout le monde peut changer. Mais que vous m'ayez menti tout ce temps, j'ai du mal à le concevoir après tout ce que j'ai fait !

Draco tourna la tête vers Potter et Weasley avec curiosité pour voir leur réaction. Il aimait bien être le spectateur de cette dramaturgie. Les deux fautifs se jetèrent un coup d'œil embarrassé.

- Si vous avez une bonne excuse, ça serait pas mal de me la dire maintenant, rajouta Londubat en enfilant son haut de pyjama.

- Ok, Malfoy faisait partie du plan, lança Potter avec un dernier regard vers le rouquin.

- Comment ça ?, demanda Londubat dont le ton s'était brusquement calmé sous l'effet de la surprise.

- Tu sais… la mission que Dumbledore nous a confiée. Malfoy avait un lien avec ça. On devait finir le travail avec lui et il ne fallait pas que ça se sache.

Draco trouvait que Potter ne s'en tirait pas trop mal entre vérités et semi-cachotteries. Le regard que posa Londubat alors sur lui était nouveau. Il y avait des questions mais aussi une certaine forme de résignation.

- C'était pour le plan ?, demanda-t-il encore d'une voix parfaitement posée.

- Oui mon vieux, répondit Weasley. On est désolé.

Il les regarda un moment avant de se diriger vers son lit et de s'y coucher.

- Vous me devez au moins un sac de bonbons chacun. Et Harry, tu n'as pas le droit de prendre dans tes cadeaux d'anniversaire, ajouta-t-il avant d'éteindre sa lumière.

Les deux Gryffondors le remercièrent et reconnurent que c'était un minimum. Chacun se coucha et le dortoir fut bientôt aussi silencieux que d'habitude. La respiration bruyante de Weasley se mit en place, celle plus profonde de Londubat également. Draco était certain qu'ils dormaient. Contrairement à Potter. Comme souvent, le brun était le dernier à trouver le sommeil. Allongé sur le dos, Draco ne voyait de lui que son profil éclairé par la faible lumière de la lune qui perçait par la petite fenêtre séparant leur deux lits.

Et soudain, son cœur s'emballa. Que lui arrivait-il ? Lui qui était capable de supprimer tout le bon qu'il avait en lui pour être à la hauteur de ce que la vie lui avait imposé jusqu'ici, il se laissait avoir par le profil de Potter éclairé par une lune même pas pleine ? Il se retourna vivement et ferma les yeux. Il essaya de penser à autre chose : la dernière lettre de sa mère, ravie d'apprendre qu'il passait ses ASPIC. La tignasse de Potter concentré au-dessus de son parchemin le matin même. Son épreuve réussie de potion. Les yeux émeraudes de Potter lorsqu'il le fixait. Son retour programmé au Manoir en attendant de savoir quoi faire de sa vie. La main de Potter qui se posait sur sa Marque et parfois, la caressait.

Et pour la première fois depuis la mort de Voldemort, il sut que la Marque ne serait pas la responsable de son insomnie.

à suivre...


Il se passe pas mal de choses dans la tête de notre petit Draco. ^^ C'est jamais bon de dormir trop souvent avec son ennemi on dirait. J'espère que ce chapitre vous a plu. Qu'avez-vous pensé de la réaction de Neville ? Bises à vous !

Lusaka.