Titre : Transcendantal

Rating : T

Genre : aventure, mystère, romance

Temporalité : l'histoire se situe juste après le film "Le dernier Jedi".

Réponse aux reviews :

Nouns : Hello !

Alors tout d'abord, un grand, énorme, et gigantesque merci pour tes deux reviews. J'ai eu un sourire grand comme l'Everest en te lisant, donc merci pour ce moment ^^

Et pour répondre à ta question, je finirais cette fic, c'est certain. En revanche, là je commence à bloquer un peu. J'avais imaginé une fin, mais je ne sais pas si je ne vais pas la changer... Il faut que je pèse le pour et le contre ^^

Normalement, le chapitre suivant (qui est indécemment court) est déjà écrit. Ce sont les autres qui posent problèmes... Bref. En tout cas, à nouveau, un très grand merci à toi :-D

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Rey s'était installée devant le grand miroir, la boule au ventre. Autour d'elle, les autres participants : robots, peaux violettes, antennes de fourmis, pattes de girafes... Les concurrents venaient de tous horizons et ils étaient tous très concentrés à se mettre en valeur. Une attitude qui décida Rey à se recentrer les idées. Elle attrapa l'un des pinceaux devant elle, appliqua la poudre rose sur ses joues, comme le lui avait montré Leia, puis s'occupa de sa bouche et de ses yeux. Elle n'était pas sûre de l'ordre dans lequel elle s'y prenait mais le résultat lui plu.

Discret mais visible.

Elle détacha ses cheveux, coinça une barrette brillante, et s'autorisa à jeter un coup d'œil à la robe, encore dans son plastique. Rey ignorait à quoi elle ressemblait et si même elle était à sa taille. Ben et elle s'étaient organisés dans la précipitation en apprenant que le concours avait été fixé au lendemain. Il s'était donc chargé de la robe et elle du maquillage.

« Encore cinq minutes ! » annonça une voix pressante.

Rey ravala sa fatigue et sortit la robe de son plastique. Ou devait-elle dire les robes ? Car après analyse, le vêtement était composé de deux parties. Une robe intérieure, longue, satinée, dorée, au col carré et aux manches longues. Une robe extérieure, sans manche, en velours rouge sang, brodé d'or, et qui s'attachait au niveau de la taille. Autrement dit, l'ensemble était ajustable.

Ben Solo pensait vraiment à tout, pensa la jeune femme. Prévoyant, pragmatique, et attentionné.

« Tu as raison : ta fièvre a baissé. »

Elle évacua le souvenir et se focalisa sur sa mission. Elle se dirigea derrière un paravent, enfila la robe intérieure qui épousa ses formes jusqu'à la taille, puis revêtit la robe extérieure à la manière d'un gilet qu'elle resserra au niveau de la ceinture. Ainsi clippé, l'ensemble donnait l'impression de n'être qu'un.

« C'est à vous ! »

Rey acquiesça, et suivit la vieille dame.

...

O'Donel marchait lentement mais fermement. Il ouvrit la porte, cueillit la statuette en or massif, et la tendit à Rey. Et sitôt l'objet remis, il sortit de la pièce pour retourner à son jury.

Rey cala l'objet dans un petit sachet à l'intérieur de sa manche, puis sortit. Elle était plus qu'heureuse d'en avoir enfin terminé avec ce concours de beauté. Répondre à des questions intrusives avec un sourire grand sur les lèvres, ce n'était définitivement pas pour elle.

« Avoue-le, c'est toi le voleur ! »

Elle s'interrompit et jeta un coup d'œil à la pièce d'à côté. Elle tomba sur un Ben Solo, dos à elle, encerclé par des vigiles. Un soupir, un geste de la main, et tous se désarticulèrent et tombèrent.

« Ben ? »

Il se retourna, la main toujours tendu de lui, et écarquilla les yeux. Elle se précipita et s'agenouilla devant les corps.

« Ils ne sont qu'endormis, précisa Ben, peiné.

— Je sais, répondit Rey sans hésiter. Je cherche leurs clés. »

Il afficha du soulagement, puis se racla la gorge et détourna le regard. Rey le nota et se releva.

« Quelque chose ne va pas ? »

Panique dans le regard.

« Est-ce que... c'est ma tenue ? »

Elle était ridicule, elle le savait !

« Non ! protesta brusquement l'homme. C'est... Au contraire, ça... Ça te va bien. Vraiment bien... »

Ce qui ne l'aidait pas vraiment à oxygéner son cerveau, mais ça, il ne pouvait évidemment pas l'avouer.

Elle l'observa qui persistait à fuir son regard, puis sourit doucement. Elle ignorait pourquoi, mais le voir aussi dérouté la rendait plus légère.

Des bruits de pas se firent entendre, les faisant sortir de leur bulle, et ils se remirent en mouvement. Avec le nouveau trousseau de clé, Rey ouvrit l'autre porte de la pièce et aboutit dans les couloirs réservés au personnel. Ils parvinrent bientôt à l'extérieur du bâtiment. La plus jeune se dirigea d'un pas déterminé vers le chariot qui les attendait, mais Ben lui saisit le bras.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

— C'est un guêt-apens, expliqua Ben. Le cocher nous a dénoncé. Des gardes nous attendent dans le chariot et d'autres sont postés aux alentours. »

Rey réfléchit. BB-8 et toutes leurs affaires étaient dans ce chariot. Ils ne pouvaient donc pas l'abandonner. Elle observa les alentours puis se décida.

« Tant pis, nous allons devoir le faire à la Finn. »

Ben savait désormais très bien ce que « le faire à la Finn. » signifiait. C'est pourquoi, sa prochaine question fut :

« Comment ?

— En utilisant ce canyon là-bas. Il est parfait pour une embuscade. Et avec l'effet de surprise, ce chariot sera nôtre.

— Mais il faut un appât », anticipa Ben.

Elle acquiesça.

« Et comme tu ne peux pas courir avec cette robe... »

Elle suivit son regard sur la longue robe cintrée et grimaça.

« ... ce sera à moi de le faire. »

Elle acquiesça à nouveau.

« Très bien, allons-y », déclara Ben.

...

...

Rey riait au éclat pendant que le chariot poursuivait sa folle course à travers le désert aride d'Alfor. Ils avaient eu une chance monstre de s'en être sortis sans blesser personne, la statuette en or au chaud et BB-8 bien en sécurité à l'arrière. Elle jeta un coup d'œil à l'homme à ses côtés, les cheveux corbeau au vent, concentré sur la route et les rennes.

Elle ravala son sourire, et porta son regard ailleurs, le cœur gonflé par une étrange excitation.

Ben Solo était vraiment différent de Kylo Ren...

De son côté, l'homme faisait tout son possible pour ne pas regarder en direction de la Jedi. La robe qu'elle portait lui allait à merveille et le vent qui balayait ses cheveux lâches lui donnait des airs de princesse rebelle.

Elle était... à couper le souffle.

Ils arrivèrent chez Babu Frik à la nuit tombée. Il l'aida à descendre du chariot en la stabilisant au niveau de la taille. Il la relâcha aussitôt (et tout en douceur), et pourtant, Rey ne put s'empêcher d'en ressentir de la gêne. Cette robe était décidément bien encombrante... L'anzellan fut ravi de retrouver sa pièce de collection. En échange et comme promis, il déposa deux supraconducteurs chromés dans les mains de Rey. Il leur offrit en outre, et une nouvelle fois, l'hospitalité.

Ils entrèrent dans la chambre et Ben, après avoir déposé ses affaires, souffla un :

« Ton tour. »

Elle acquiesça et, une fois l'homme parti, s'effondra sur le lit, les bras en croix.

De son côté, une fois la porte refermée derrière lui, Ben se dirigea vers un coin de l'atelier, tandis que Babu Frik trifouillait le programme de BB-8.

Il profita de cette intimité pour ressortir une missive jauni et froissé de sa poche. De Lor San Tekka à Leia. À l'époque, le membre de l'église de la Force avait été de passage chez eux et le jeune Ben Solo lui avait révélé son mal être. Une confidence que l'homme avait gardé pour lui de son vivant mais qu'il avait révélé à sa grande amie après sa mort.

Leia savait désormais : elle connaissait son rôle involontaire dans la naissance de Kylo Ren.

Comment avait-elle réagi en découvrant la vérité ? Mal, songea aussitôt Ben, mais avec force et dignité également.

Et elle lui avait laissé cette lettre dans les ruines aqueuses de Konpa, en lieu et place des Textes fondateurs Jedi, pour le lui faire comprendre.

« Rey, depuis le tout premier jour où je t'ai vu dans ce quartier marchand, je n'ai jamais eu de cesse de vouloir ton bonheur. »

Ben redressa la tête, surpris.

« ... tu es la première personne qui m'a donné envie de me battre pour autre chose que moi même. »

Il se releva et s'approcha de la source de la voix.

« ... la première personne dont le bonheur compte tellement pour moi que le mien semble dérisoire. »

Une lumière bleue. Un hologramme.

« Je te savoir en vie. Je veux te savoir heureuse. »

FN-2187.

« Tu es ma camarade, tu es mon amie. Mais tu es bien plus encore. Tu es... »

La lumière bleutée disparut. Ben cligna des yeux, comme pour se réveiller, et fixa Babu Frik.

« Abu wabu ke bua. »

Il n'avait pas besoin de parler l'anzellan pour comprendre que le droïdiste s'excusait d'avoir involontairement activé le système du droïde. Ben hocha la tête et retourna à sa place.

Il se laissa glisser sur le sol, vide.

FN-2187 était amoureux de Rey.

Et l'attachement indéfectible de cette dernière à l'ancien Stormtrooper ne laissait planer aucun doute sur la réciprocité du sentiment...

Ben s'agrippa les cheveux et ferma les yeux.

Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu qu'il tombe amoureux d'elle ? De dix ans sa cadette, forte, courageuse, jolie... Elle était hors de portée mais avait, par toute sa compassion, fait naître l'espoir dans son cœur. Quelque part, il aurait même pu la détester pour ça.

Mais ce n'était pas le cas.

Parce qu'au-delà du chagrin, il y avait la reconnaissance.

Rey lui avait tendu la main et libéré de la solitude. Elle lui avait accordé sa confiance et lui souriait sans réserves. Elle était sincère et lui, lui en était bien trop reconnaissant pour exiger davantage d'elle.

Il ne voulait pas être une erreur dans la vie de la Jedi.

Il l'avait suffisamment été dans la vie de ceux qu'il aimait...

Alors même si elle en aimait un autre, il l'endurerait.

Il l'endurerait parce qu'il l'aimait.

Au delà de tout.

Même de la souffrance.

.

Rey balayait pensivement le plafond des yeux et, bercée par les bruits d'insectes nocturne, les sentiments enfouis au plus profond d'elle rejaillirent dans ses pensées.

Durant ces trois dernières années, elle avait rencontré des hommes, par centaines et de tous horizons : drôles et séduisants comme Han Solo, sérieux et mignon comme Luke Skywalker...

Mais aucun ne l'avait bousculée comme Ben Solo le faisait.

Aucun n'avait sa ligne de mâchoires, ses lèvres pleines, ses cheveux ondulés.

Tout dans le visage de Ben Solo était une ode à la mer et à la liberté.

Et tout dans son attitude l'attirait follement : voix caverneuse, son sourire pétillant, son regard sérieux, et par dessus tout, son aura de bienveillance et de vulnérabilité.

Ben lui donnait des papillons dans le ventre et faisait s'éclipser le monde entier.

Rey songea à Leia. Ses paupières s'alourdirent et une dernière pensée la traversa avant de définitivement s'endormir :

Est-ce que c'est ça l'amour ?