DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3

Cette traduction est aussi disponible sur AO3.

Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte


Des trois frères, Dori était celui qui savait ce que c'était vivre seul.

Sa mère avait été une naine magnifique. Avec ses cheveux rouge flamme, ses yeux verts et son sourire, elle charmait tout ceux qu'elle rencontrait. Elle aimait facilement, pardonnait tout le monde, et ne laissait pas son statut de descendante d'un bâtard royal la blesser. Elle était féroce et sauvage comme le vent ; ne s'inclinant jamais devant qui que ce soit et ne s'installant jamais réellement à un seul endroit. Dori savait qu'il pourrait vivre une centaine d'année, et que sa mère lui manquerait toujours autant que le jour de sa mort.

Mais aussi fascinante que l'était sa mère, il ne pouvait pas dire qu'elle avait été un bon parent. Dès le jour de sa naissance il avait été mis à l'écart et oublié jusqu'à ce que sa mère ait besoin de quelque chose. Il avait appris à marcher et parler sans elle. Il avait appris à se nourrir lui-même, à s'habiller, et à se protéger sans elle. Et il avait appris à se réconforter quand il avait peur ou était seul.

Parfois Dori souhaitait pouvoir la détester pour avoir été une si mauvaise mère, mais il ne pouvait pas. Son cœur souhaitait toujours son amour et son attention et il ne pouvait pas lui en vouloir. Et, au final, il savait que c'était mieux ainsi. Sans sa mère, il avait appris à être assez fort pour prendre soin de lui-même. Ces talents étaient devenus utiles après la naissance de Nori et Ori.

Le jour où sa mère avait placé Nori dans ses bras, elle lui avait dit de le surveiller et de prendre soin de lui avant de repartir. Il avait regardé son petit frère une fois et était tombé amoureux. Au moins il n'était plus seul. Il avait quelqu'un à aimer et à réconforter et pour lui tenir compagnie. Pour la première fois de sa vie, Dori sut ce que c'était d'aimer et d'être aimé en retour.

Il avait fait de son mieux pour élever son frère mais c'était difficile d'essayer d'être un adulte quand l'on était soi-même un enfant. Et alors que Nori grandissait, il devenait évident qu'il avait hérité plus que les yeux, lèvres, et doigts de sa mère. Il avait aussi sa personnalité féroce et la capacité de charmer tout ceux qu'il rencontrait. Ces traits lui avaient apportés beaucoup de problèmes.

Au début, il avait pu le combattre, mais en grandissant Nori était devenu plus agité et indépendant. Il voulait être libéré de son frère surprotecteur et avait commencé à ignorer ses réflexions incessantes. Dori s'était éloigné à contre-cœur et avait donné à son frère une chance de vivre même si cela voulait dire être seul à nouveau.

Mais il était resté fort et l'avait supporté. Même après la chute d'Erebor et leur fuite à travers les cités des hommes, sa mère et son frère étaient restés loin de lui. Il l'avait supporté et s'était concentré sur des manières de gagner de l'argent et d'apprendre où ils se trouvaient quand ils disparaissaient pendant plusieurs jours. Ce n'était pas une vie heureuse mais ce n'était pas horrible, et Dori compta ses bénédictions et continua à vivre.

Jusqu'au jour de la naissance d'Ori.

De nombreuses manières, Ori était plus son enfant que son frère. Comme pour Nori, leur mère lui avait laissé Ori pour qu'il puisse l'élever avant de repartir. Avec leur grande différence d'âge et leur mère absente, Dori était devenu une mère, un père et un frère pour Ori. Il était celui qui le nourrissait et le changeait et lui chantait des berceuses le soir. Il lui avait appris à marcher et à parler et à rire et à chanter et à coudre et tellement d'autres choses. Ori était devenu tout sa vie et pendant très longtemps Dori ne fut plus seul.

Quand leur mère décéda enfin – et comme c'était étrange pour lui d'être orphelin à cet âge – Nori était revenu pour rester. Il partait de temps en temps, bien sûr, mais jamais pendant des périodes trop longues, et il revenait toujours. Avec ses deux frères, Dori avait à nouveau l'impression d'avoir une famille. L'impression qu'il n'était plus seul et ne le serait plus jamais.

Être resté seul pendant si longtemps voulait dire qu'il était doué pour le voir chez les autres. Il pouvait le voir des les yeux de Bifur et les épaules de Thorin et les sourires de Bilbo. Parfois il pouvait le voir chez Gandalf, mais c'était rare. Il ne savait pas comme ils pouvaient se sentir isolés quand ils étaient entourés de tant de personnes qui les aimaient, mais ce n'était pas à lui de poser la question. Mais ce que Dori savait, c'était que la solitude était une expérience handicapante qui pouvait vous dévorer de l'intérieur. Il avait passé des années seuls et ne pouvait pas supporter l'idée de voir l'un de ses amis – sa famille – vivre la même chose. Alors il jura silencieusement de rester avec la compagnie et ses frères aussi longtemps que nécessaire.

Parce que sans eux, Dori savait qu'il allait aussi se sentir seul.


Bilbo avait oublié à quel point une guerre pouvait être bruyante.

C'était un détail stupide et insignifiant au milieu d'une bataille. Mais – en train de chevaucher sur le dos de Beorn alors que Tauriel découpaient orcs et gobelins avec sa lame – le bruit était la seule chose sur laquelle il pouvait se concentrer. Il pouvait entendre les chocs du fer contre le fer alors que des armes frappaient des armures. Il pouvait entendre les cris de bataille de toutes les races – gutturaux des orcs ; les crissements des gobelins ; les chants des elfes ; les nains puissants ; et même les rugissements des hommes– créant une symphonie de guerre. Il pouvait même entendre les cris de douleur et de mort alors que ses alliés et ennemis tombaient sous une lame ou une flèche ou une hache. Ces derniers lui firent fermer les yeux et serrer plus fort la fourrure de Beorn.

Il ne voulait pas réécouter la chanson des morts.

« Je pense que je peux voir certains de tes compagnons ! » Commenta Tauriel après un moment. Il ouvrit les yeux et regarda l'endroit pointé par l'elfe, et vit ce qui semblait être Nori, Balin et Gloin. Ils combattaient en cercle contre l'ennemi et étaient légèrement blessés. Balin en particulier, qui avait une coupure sur le visage qui couvrait ses joues de sang comme une peinture de guerre.

« Devons-nous les rejoindre ? » Demanda l'elfe derrière lui alors qu'il hochait la tête et sortait son sifflet.

« Ce n'est même pas une question, » Déclara Bilbo avant de souffler le plus fort possible dans son sifflet.

Les nains se tournèrent d'un même mouvement vers lui. Malheureusement, les orcs et wargs et gobelins se tournèrent aussi pour leur faire face. Ses nains furent capables d'en stopper quelques uns mais la majorité commença à foncer sur eux ; leurs armes ensanglantées prêtes à ouvrir plus de gorge.

« Beorn, ne les attaque pas ! » Ordonna Bilbo en sortant sa pochette de son manteau et en l'ouvrant rapidement pour récupérer une poignée de petits paquets. Il sortit aussi une allumette et l'alluma rapidement.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda Tauriel en abattant quelques wargs avec son arc.

« Regarde, » Répondit-il avant d'enflammer les petits paquets et de les lancer le plus fort possible sur leurs ennemis.
Le résultat fut instantané. Les petits paquets explosèrent ; certains en plein air et d'autre au contact des orcs et gobelins. Des morceaux de chair et d'armure volèrent dans les airs alors que les victimes hurlaient et tombaient au sol. Certains se tordirent, en feu, alors que d'autres se vidaient de leur sang.

« Qu'est-ce que tu as fait ? » Haleta Tauriel dans son oreille alors que la prise sur sa taille se resserrait.

Il leva les yeux au ciel. « Je les ai explosés, évidemment. »

« Oui, j'ai vu ça, mais comment ? » Rétorqua l'elfe alors que Beorn galopait vers les nains.

« Avec du soufre, du charbon et du salpêtre, » Lista-t-il facilement. « Ce sont les ingrédients des feux d'artifice de Gandalf. »

« Quand est-ce que tu as fabriqué ça ? » S'émerveilla la guerrière.

« Hier, » Expliqua-t-il, tressaillant lorsque Beorn piétina un gobelin sans s'arrêter. « Qu'est-ce que j'ai fait toute la journée à ton avis ? Tu pensais que je pleurais et que j'écrivais des poèmes tristes ? »

Tauriel rit de son rire de carillon et sortit une nouvelle fois son arc quand ils arrivèrent au niveau des nains. Beorn ne s'arrêta même pas lorsque Bilbo repoussa Tauriel en glissant du dos de l'ours. Il courut vers ses amis et fit de son mieux pour ne pas glisser ou trébucher sur les corps sanglants autour de lui.

« Bilbo ! » Cria Gloin en salutations ; l'attrapant dans un embrassade à un bras et le manipulant pour pouvoir enfoncer sa hache dans l'abdomen découvert d'un orc. « Qu'est-ce que tu fais ici ?! Gandalf a dit que tu serais dans le camp de ce foutu mangeur de feuilles ! »

« Gandalf devrait me parler à moi avant de décider ce que je devrais faire ! » Rétorqua-t-il, enfonçant Sting dans un gobelin qui essayait de couper la jambe de Gloin.

« Ces explosions que tu as lancées à ces vers – tu dois m'en parler plus tard ! » Déclara Nori, agitant sa masse des deux mains et l'enfonçant dans le torse d'un orc.

« Marché conclu ! » Répondit Bilbo, évitant un marteau ensanglanté qui essayait de lui éclater le crâne. « Où sont les autres ?! »

« Nous avons été séparés mais Thorin devrait toujours être près des portes ! Les autres sont probablement en train d'essayer de le rejoindre ! » Expliqua Balin, maniant à la fois une hache et une épée en une dance synchronisée.

Bilbo hocha la tête et laissa Gloin le tirer sur la gauche pour éviter un warg en train de charger. La bête ne survit pas longtemps puisque Bilbo lui enfonça son épée dans la nuque alors que Nori fracassait sa cage thoracique. « Nous devons les rejoindre avant Azog ! Cette bataille n'existe que parce qu'il veut tuer Thorin Fili et Kili ! »

« Plus facile à dire qu'à faire ! » Pointa Nori alors qu'il se baissait pour éviter une masse et se tournait pour faire tomber un autre gobelin. « Cette horde ne veux pas nous laisser passer ! »

« Ne vous inquiétez pas ; j'ai un plan ! » Assura-t-il en sortant d'autres feux d'artifices et allumettes, « Et nous ne sommes pas seuls ! Tauriel ! Beorn ! »

Beorn rugit en réponse en finissant de réduire un warg en charpies. Près de lui, Tauriel fit un salto impressionnant pour éviter une épée et tirer une flèche à l'envers sur son attaquant. Sa flèche tua facilement l'orc avant qu'elle ne retombe sur ses pieds.

« Je suis là ! » Cria-t-elle, bougeant sa tresse sur son épaule d'une main et transperçant le visage d'un gobelin de l'autre.

Balin s'arrêta soudain et prit un moment pour fixer l'animal rugir et déchirer les ennemis comme s'ils étaient fait de papier. « Beorn ?! Le changeur de peau ?! »

« Qu'est-ce que tu fais avec eux ?! » Demanda Gloin en enfonçant sa hache dans la tête d'un orc ; éclaboussant son visage de sang et de chair. « Un chien géant et une gamine délicate ne sont pas une protection adéquate ! Où est le roi des herbes et des glands ?! Il était censé te protéger ! »

« Qui est-ce que tu traites de délicate, la belette ?! » Rétorqua Tauriel ; désarmant un gobelin d'un coup de pied quand il tenta de la poignarder. Elle frappa le gobelin et l'envoya voler loin d'elle.

Gloin gronda et frappa un warg avec sa hache avec un peu plus de force que nécessaire. « Belette ?! Je vais te montrer une belette espèce de sale petite mangeuse de terre - »

« Gloin, la ferme ! Ce n'est pas le moment ! » Cria Nori en lançant une de ses dagues sur un orc. « Bilbo, quel est ton plan ?! »

« Nous utilisons ces feux d'artifice et Beorn pour tracer un chemin jusqu'aux portes » Répondit le hobbit, tressaillant lorsqu'une épée gobeline lui coupa le bras avant qu'il ne puisse le transpercer avec Sting.

« Ca me va ! » Dit Balin avant de grogner lorsque la hache d'un orc le frappa sur la clavicule. Elle ne transperça pas son armure mais Bilbo eut le sentiment que le nain allait avoir un gros bleu. L'orc en question ne dura pas longtemps et Balin le décapita en un coup.

« Allons-y alors ! » Ordonna Tauriel avant d'attraper Bilbo par le manteau pour le hisser sur le dos de Beorn. Le hobbit glapit mais attrapa instinctivement la fourrure de l'ours en serrant les genoux pour ne pas tomber.

« Préviens-moi avant de faire ça ! » Réprimanda-t-il.

« Pas de promesses ! » Rétorqua l'elfe en donnant un coup de tête à l'orc qui l'avait attrapée. « Est-ce que tu vas exploser ces horreurs, Maître Baggins ? »

« Est-ce que tu vas m'appeler par mon nom avant le siècle prochain? » Répondit-il en allumant quelques feux d'artifices et en les lançant le plus fort possible sur la foule d'orcs et de gobelins.

« Beorn, bouge dès que possible, » Dit-il alors que les feux d'artifices explosaient.

Beorn grogna ce qui semblait être un acquiescement avant de partir en avant et de sauter à travers la fumée et les cris des orcs et des gobelins. Derrière eux il pouvait entendre Tauriel crier aux autres de les suivre avant de sortir plus de feux d'artifices.

Ok, Bilbo. Voyons combien de ces bâtards nous pouvons exploser, pensa-t-il avant d'illuminer une fois de plus la zone avec du feu et de la fumée.


Bilbo était incapable de dire depuis combien de temps la bataille faisait rage. Il ne pouvait pas dire si cela lui avait pris des heures ou des minutes pour traverser les hordes d'ennemis et atteindre Erebor. Tout ce qu'il savait, c'était ses mouvements désespérés pour allumer ses feux d'artifices avant de les jeter sur ses ennemis en espérant de pas blesser d'alliés. De temps en temps il regardait derrière lui pour regarder ses camarades et les voyaient de plus en plus ensanglantés et fatigués. Cela lui faisait mal au cœur et ses doigts le démangeaient de rejoindre le combat, mais chaque fois qu'il essayait de descendre de Beorn, l'ours le forçait à rester perché. Il avait finit par abandonner quand il était devenu clair que le changeur de peau n'allait pas le lâcher.

Quand ils arrivèrent enfin aux portes d'Erebor, Bilbo sentit son sang se glacer dans ses veines.

Azog n'était pas dans son champ de vision parce qu'il y avait assez d'orcs et de gobelins pour compenser son absence. Tous étaient concentrés sur les portes de la cité où quelques nains familiers se tenaient au milieu des corps des alliés et des ennemis. Le hobbit repéra Dwalin en premier puisqu'il se battait avec une intensité mécanique devant Fili et Kili, blessés mais toujours vivants. Près de lui se tenait Dain ; féroce et inflexible alors qu'il abattait ennemi après ennemi sans faire de pause. Enfin, un peu plus loin, se battait le Roi Sous la Montagne.

Au départ Bilbo ne sut pas dire ce qui n'allait pas avec ce qu'il regardait. Thorin était blessé et ensanglanté mais il ne semblait pas fatigué ou faible comme les autres. Il se battait avec la même grâce habituelle et découpait facilement les gobelins et les wargs. Ce ne fut qu'après un instant qu'il comprit ce qui n'allait pas avec le roi.

Thorin se battait imprudemment.

Toutes les ouvertures et faiblesses qu'il surveillait si prudemment d'habitude étaient maintenant grandes ouvertes et vulnérables. En le regardant, un orc fut capable de transpercer les défenses du nain beaucoup trop facilement et le décapita presque. Thorin l'évita avec peine et gagna une coupure à l'oreille. En regardant le roi se battre de cette manière, Bilbo sentit sa peur et son choc fondre sous les flammes de sa fureur.

Non. Ca ne va PAS continuer.

Avant que Beorn ne puisse le stopper, le hobbit se jeta de l'ours et couru vers le roi nain. Il esquiva et sauta et tourna dans les rangs ennemis et put éviter la majorité des armes et des mains. Un orc attrapa son manteau mais il résolut rapidement le problème et accourut aux côtés de Thorin.

« Thorin ! » Cria-t-il en se rapprochant de plus en plus. « Thorin, espèce d'imbécile, attention à ta gauche ! »

Le nain fit comme indiqué et para le coup d'un gobelin. Alors qu'il massacrait la bête avec Orcrist, il leva les yeux et croisa le regard de Bilbo.

« Bilbo ! Qu'est-ce que tu fais ici ?! » Cria-t-il alors que son visage devenait blanc sous le sang et la saleté.

Bilbo laissa échapper un soupir exaspéré et évita un warg qui essayait de lui arracher la tête. « Tu m'as banni d'Erebor, tu te souviens ?! Tu n'as rien dit sur les terres autour ! »

« Ce n'est pas ce que je veux dire ! » Rétorqua Thorin, attrapant le poignet d'un orc pour l'empêcher de lui ouvrir le crâne. « Qu'est-ce que tu fais dans cette bataille ?! Tu es censé être au camp avec Thranduil, en sécurité ! »

« Et te laisser combattre Azog seul ? » Cracha-t-il. « Jamais en un million d'années ! »

« Punaise, halfling, je ne peux pas me battre si tu es là ! » Gronda Thorin en tordant le poignet de l'orc pour le faire tomber à genoux avant de lui couper la tête. « Retourne au camp ! »

« C'est halfling maintenant ? Est-ce que j'ai perdu ton respect avec ta confiance lorsque tu m'as renvoyé ?! » Questionna-t-il, essayant d'ignorer la douleur provoquée par ces mots. Derrière lui il pouvait entendre les rugissements de Beorn et les insultes de Nori alors que les autres les rejoignaient enfin.

Thorin gronda et pointa Bilbo d'une main alors que l'autre balayait une flèche sur le côté. « Ne me regarde pas avec ces yeux ! Tu n'as pas le droit d'être offensé quand c'est toi qui m'as volé ! »

Bilbo gronda en retour alors qu'il se mettait hors de portée de la masse d'un orc. « Tu ne m'as pas laissé le choix ! Qu'est-ce que j'étais censé faire alors que tu étais aveuglé par tes propres peurs ?! M'asseoir et attendre que tu te fasses tuer ?! Je préférerais voler un millier de joyaux et confronter Smaug une nouvelle fois que de laisser ça arriver ! »

« Ce n'est pas à toi de décider de mon destin ! » Contra le roi alors que le hobbit rejoignait enfin ses côtés. Alors que Bilbo s'arrêtait à côté de lui, il passa Orcrist au-dessus de la tête du cambrioleur pour contrer l'épée d'un orc qui l'aurait transpercé. D'un grognement, le nain repoussa l'épée et tira Bilbo de sa main libre.

« Tu n'apportes que des problèmes ici, » Gronda Thorin en parant un autre coup de l'orc avant de lui couper le bras. Alors que l'orc hurlait, le roi enfonça son épée dans son torse et arrêta ses souffrances avant de se tourner vers le hobbit derrière lui.

« Va à l'intérieur avant de te faire tuer, » Gronda-t-il, pointant Erebor avec Orcrist.

Bilbo secoua la tête et leva le menton. « Non ! Je reste ici avec toi et les autres ! »

« Merde, Bilbo, ce n'est pas le moment d'être têtu ! »

« Je ne te laisserais pas seul ! Tu es aussi en train de te battre - »

« FILI ! »

Le duo se tourna d'un seul mouvement alors qu'un cri terrifié résonnait sur le champ de bataille. Ils virent Kili effondré sur le sol ; son arc a quelques mètres de lui, sa bouche en train de saigner. Ses yeux noirs étaient écarquillés et son visage pâle alors qu'il fixait le nain debout devant lui. Fili était debout et déterminé, son épée enfoncée dans l'estomac du large orc devant lui. L'épée de l'orc était elle enfoncée dans l'épaule gauche du prince. Fili ne sembla pas le remarquer alors qu'il enfonçait l'épée encore plus profondément et frappait le torse de l'orc avec sa deuxième lame. L'orc tressaillit et tomba ; laissant sa lame derrière et s'effondrant dans un mare de sang noir.

Le prince se tint immobile et le regarda jusqu'à ce que la créature arrête de bouger, avant de tomber à genoux. Ils regardèrent Fili attraper son épaule là où la lame était toujours enfoncée et serait tombé en avant si son frère ne l'avait pas attrapé. Kili le tint fermement et le tira presque sur ses genoux alors que ses mains étaient au-dessus de la blessure ; sans savoir quoi faire.

« Fili, » Haleta Thorin, trébuchant dans la direction de ses neveux et lâchant presque son épée. « Oh, Mahâl, non. Pas eux, pas eux. Pas mes garçons… ! »

Bilbo ignora le roi et se tourna vers l'endroit où ses amis se battaient. Il entoura sa bouche de ses mains et hurla le plus fort possible, « BEORN ! TAURIEL ! EMMENEZ LES PRINCES JUSQU'A LA CITE ! »

L'ours et l'elfe se tournèrent vers les deux frères avant de courir vers eux. Alors qu'ils se frayaient un chemin à travers l'armée de l'envahisseur, Dwalin et Dain bougèrent pour protéger les deux jeunes nains des orcs wargs et gobelins qui les attaquaient. Sachant que les princes seraient en sécurité pour le moment, le hobbit se tourna vers le roi toujours choqué.

« Thorin, reprends tes esprits ! Ce n'est pas le moment de t'effondrer ! » Cria-t-il, attrapant le bras du nain.

Thorin l'ignora ; les yeux posés sur ses neveux. « Non, comment est-ce que je peux… je dois… »

Bilbo sentit sa patience se réduire encore plus. Tirant le roi en arrière, il bougea jusqu'à se trouver en face de lui et lui frappa le torse avec sa main libre. « ASSEZ ! Si tu veux sauver tes neveux alors reste en vie ! Tu es inutile si tu es mort ! »

Thorin cligna des yeux deux fois ; ses yeux alternant entre le noir ébène et un bleu trouble. Avant que ses yeux ne puissent changer de couleur définitivement, ils s'écarquillèrent. Bilbo n'eut qu'une seconde pour se demander pourquoi lorsque le roi le prit dans ses bras et tourna. Le mouvement lui donna le tournis et le laissa désorienté et ce n'est que lorsqu'il sentit Thorin grogner contre ses cheveux qu'il réalisa que quelque chose n'allait pas.

« Thorin ? Que… ? » Commença-t-il avant de remarquer la flèche dans le dos du roi. « Thorin ! Qu'est-ce que tu as fait ?! »

« T'ai protégé, » Grogna le nain, se redressant et tendant le bras pour casser la flèche. « Parce que tu ne sembles pas capable de le faire toi-même ! »

« Dis le nain avec une flèche dans le dos ! » Rétorqua Bilbo alors que ses yeux cherchaient leurs amis. « Tiens bon et laisse-moi chercher de l'aide ! Nous pourrons te ramener à la cité - »

« Baisse-toi ! » Ordonna Thorin en réponse, le tirant vers le bas hors de la trajectoire d'une hache. « Je peux toujours me battre alors mets-toi derrière moi ! »

« Pour que tu puisses te blesser à nouveau ? Je ne crois pas ! »

« Pourquoi est-ce que tu es ici ?! » Gronda le roi, esquivant une lance gobeline. « Pourquoi est-ce que tu es revenu me tourmenter ?! Avoir trahi ma confiance et volé le plus grand trésor de ma famille n'était pas assez ?! »

Bilbo grogna et frappa un orc au visage. « Sérieusement ?! Tu veux parler de ça maintenant ?! »

« Réponds à ma question ! » Craqua le roi en brisant la lance en deux avec son épée.

« Espèce d'imbécile de nain ! Comment est-ce que tu ne peux pas voir que je fais tout pour te sauver parce que tu es mon trésor ?! » Rugit-il en retour, esquivant un coup de poing de l'orc et plongeant Sting dans ses entrailles. Lorsqu'il la retira et se tourna vers Thorin, il vit le nain figé en plein mouvement, la bouche ouverte et les yeux écarquillés et bleus.

« Quoi… ? » Marmonna le nain avant de jurer lorsqu'un gobelin enfonça son épée dans sa cuisse.

Bilbo sentit le monde s'effondrer sous ses pieds.

- Thorin prend une dernière inspiration et soupire presque en mourant. Ses yeux bleus deviennent éteints et vides et ressemblent maintenant aux joyaux que son peuple aime tant. La main molle entre les siennes glisse entre ses doigts pleins de sang et il commence à pleurer encore plus fort parce que tout ce qu'il a fait jusqu'à maintenant l'a été en vain. Thorin est mort et partit pour toujours –

« THORIN ! »

Le roi grogna et décapita le gobelin d'un coup avant de tomber à genoux. Il planta Orcrist dans le sol pour s'appuyer dessus alors que sa main libre se posait sur sa blessure ; essayant d'arrêter le sang qui coulait entre ses doigts et le long de sa jambe.

Bilbo fut en mouvement avant que le gobelin ne soit mort. Il sauta par-dessus un warg mort et glissa sur le champ de bataille ensanglanté avant de tomber à genoux à côté du nain agenouillé. Il pouvait sentir la boue et le sang tremper son pantalon et ses jambières ; salir sa peau. Une fois à côté du roi, il posa sa main contre la blessure de Thorin. Il pouvait entendre les instructions d'Oin dans son esprit lui disant qu'il avait besoin d'arrêter le saignement avant toute chose.

« Merde, » Jura Thorin, serrant la mâchoire et la garde de son épée. « B-Bilbo va-t'en. Je ne peux pas te p-protéger comme ça ! »

« Arrête de parler, » Ordonna-t-il en enlevant son manteau et en poussant la main de Thorin pour l'enrouler autour de sa cuisse le plus fort possible. Le roi siffla à cause de la douleur mais ne le combattit pas. Mais avant que Bilbo ne puisse faire un deuxième nœud, Thorin jura à nouveau et le poussa pour enfoncer Orcrist dans un nouvel orc des deux mains.

« Tu dois partir avant qu'ils ne nous aient tous les deux, » Gronda le nain en tournant la lame avant de la sortir.

« Une bonne chose que nous soyons ici pour aider alors, » Dit Nori d'une voix traînante en éloignant l'orc mort avant de frapper un gobelin avec sa masse.

« On ne peut pas vraiment vous laisser seuls hein ? » Commenta Gloin, détournant une flèche dirigée vers Thorin.

« Bilbo, reste avec lui jusqu'à ce qu'Oin nous trouve. Nous allons garder les cafards à distance, » Ordonna Balin en prenant position devant son cousin.

Bilbo hocha la tête et bougea pour aller aider Thorin alors que le roi retombait à genoux. A sa grande inquiétude, le nain commençait à devenir de plus en plus pâle, et ses mains commençaient à trembler autour de la garde de son épée. « Thorin ! Thorin regarde-moi ! Nous devons - »

« Les garçons… Est-ce qu'ils sont… ? » Haleta le roi, s'appuyant contre le hobbit alors que Bilbo passait un bras autour de ses épaules pour le tenir.

Il hocha frénétiquement la tête même s'il ne pouvait pas voir les deux princes. « I-Ils vont bien ! Dwalin et Dain sont avec eux et Beorn et Tauriel aussi ! »

Thorin rit doucement et appuya sa tête contre l'épaule de Bilbo. « M-Menteur. T-Tu es toujours en train de m-mentir pour m-me protéger. »

« Je sais. Je fais beaucoup de choses stupides pour toi, » Murmura-t-il en retour, poussant les tresses du roi pour pouvoir regarder son visage. « Comme affronter un dragon et rejoindre cette bataille. Tu me dois tout ça, alors tu as intérêt à rester en vie, Thorin Oakenshield. »

« A-Autoritaire. C'est p-pour ça que tant de gens e-essayent de te t-tuer, » Marmonna le roi en commençant à suer fortement. Ses yeux bleus étaient brumeux lorsqu'il croisa le regard du hobbit. « B-Bilbo, t-tu m'as appelé t-ton t-trésor. P-Pourquoi… ? »

« A ton avis ? » Rétorqua-t-il, lançant un regard à la blessure de Thorin et la découvrant en train de saigner à travers le bandage de fortune. « Merde ! Thorin, j'ai besoin que tu t'allonges pour que je puisse refaire ton bandage. Vite ! »

Thorin grogna mais bougea jusqu'à être à plat avec ses jambes sur les genoux de Bilbo. Le hobbit détacha rapidement le manteau ensanglanté pour le réenrouler autour de la blessure. Une fois posé, il attacha sa ceinture encore plus serré pour arrêter le saignement.

« B-Bilbo, s-stop, » Ordonna le roi, tendant une main pour attraper le poignet du hobbit. « J'ai b-besoin de te d-dire que j-je suis d-désolé. »

« Dis-le-moi lorsque nous aurons gagné cette bataille, » Suggéra-t-il, retirant la jambe de Thorin de ses genoux et attrapant la main de Thorin. « Après tout ça, tu pourras t'excuser et te ridiculiser en face de tout le monde. D'accord ? »

« P-Pourrais ne pas avoir c-cette c-chance, » Pointa le nain en commençant à respirer avec la bouche. Sa peau avait pris une teinte grisâtre et Bilbo pouvait voir la sueur sur son front. Même la main autour de son poignet commençait à trembler alors que le roi perdait conscience.

« Thorin, Thorin reste avec moi, » Ordonna-t-il, se rapprochant du roi et attrapant son visage froid des deux mains. « S'il te plaît, s'il te plaît, reste avec moi. Oin t'aidera dès qu'il nous aura trouvés. »

« J-Je suis désolé de t'avoir b-blessé. V-Voulais pas, » Marmonna Thorin en fermant les yeux. « V-Voulais juste que t-tu restes… »

« Je sais que tu ne le pensais pas. Tu n'étais pas dans ton état normal, » Acquiesça Bilbo alors que quelque chose ressemblant à de la panique s'emparait son cœur. Il pouvait le sentir de plus en plus serré et serré à chaque respiration laborieuse du roi alors qu'il réalisait qu'il allait à nouveau perdre Thorin.

Non. S'il te plaît, non, pas encore. Ce n'était pas censé finir comme ça - !

Se penchant en avant, il pressa son front contre celui de Thorin jusqu'à ce que leurs nez soient alignés et que leurs lèvres se touchent presque. « S'il te plaît ne t'en va pas. S'il te plaît, s'il te plaît… ne me laisse pas revivre cette vie seul encore une fois… »

« Bilbo ! Je pense que je vois Oin ! » Cria soudain Balin, faisant signe à un groupe de nains courant vers eux. Quand Bilbo leva les yeux, il réalisa que le guerrier avait raison. Oin arrivait.

« Ici ! Oin, nous sommes là ! » Cria-t-il, s'asseyant et faisant signe.

Le groupe chargea facilement à travers les orcs, les gobelins et les wargs pour venir les aider. Oin courut vers le roi et tomba à genoux à côté de son cousin ; son visage sanglant portant une grimace affreuse.

« Merde, Thorin, espèce d'imbécile, » Jura le guérisseur en vérifiant le pouls du roi. « Nous devons le ramener à la cité. Dori ! Bifur ! Aidez-moi à transporter cet idiot ! »

« Les garçons – Fili a été poignardé ! Il a besoin d'aide ! » Dit Bilbo en se levant et en se reculant pour que les deux nains puissent soulever le roi.

Oin agita une main vers les deux princes. « Dwalin le ramène avec son frère. Doucement, tous les deux, ne bougez pas trop sa nuque ! »

Bilbo hocha la tête et regarda ses amis transporter leur roi jusqu'aux portes. Sur le chemin ils furent rejoints par Dwalin et Kili qui tenaient un Fili inconscient entre eux. Alors qu'il les observait, les portes furent ouvertes par les archers à l'intérieur et la compagnie entra rapidement dans la ville avec leur royauté. Alors que les portes se refermaient derrière eux, il se demanda si c'était la dernière fois qu'il allait voir Thorin et Fili en vie.