Résumé : Après la disparition des membres de l'équipe Huntik, le conseil a envoyé plusieurs équipes afin de tenter de les retrouver. C'est l'équipe composée de Mary et Scarlett qui les a retrouvés dans une caverne secrète de la Grotte Bleue en Italie près de Naples. Alors que l'équipe avait réussi à sortir de leur cellule, ils ont décidé de partir affronter Defoe et ses agents pour tenter de les arrêter une bonne fois pour toutes. Alors que la bataille semblait être gagnée pour nos héros, Defoe s'est relevé et s'est dangereusement rapproché de Dante…

Chapitre 19 : Goodbye

La bataille touchait à sa fin. Le titan d'Adrian, Bénéfico, venait d'être renvoyé dans son amulette, l'affaiblissant un peu plus. Dante se saisit de l'occasion et se prépara à lancer un ultime toucher-bélier afin d'en finir avec toute cette histoire. Alors que le sort apparaissait dans sa main, Zhalia vit Defoe se relever et se ruer sur Dante en invoquant un vague-lame. Son sang ne fit qu'un tour et elle se jeta sur Dante afin de le protéger. Mais le sort n'en rata pas moins sa cible. Le toucher-bélier de Dante frappa de plein fouet Adrian qui tomba aussitôt inconscient sur le sol, il était enfin hors d'état de nuire. Zhalia et Dante tombèrent par terre et roulèrent sur un demi-mètre. Alors que Defoe pensait avoir touché sa cible, il baissa sa garde, un sourire en coin, mais se fit surprendre par un for-givre lancé par Den. Il alla taper contre le mur et tomba de tout son long. Avant qu'il n'ait eu le temps de se relever, Lin lui avait déjà attaché les mains grâce au sortilège corde enchantée et s'attelait à lui attacher les jambes de la même manière. Les sbires de Defoe étaient pour la plupart inconscient et gisaient sur le sol, seuls quelques-uns étaient encore debout et à la vue de leur chef ligoté leur décision était prise : ils devaient fuir le combat pour sauver leur peau. Les chercheurs de la Fondation les laissèrent s'échapper, ils n'étaient en rien une menace, la majorité d'entre eux allaient déjà rejoindre l'une des prisons de la Fondation.

C'est à ce moment-là que les renforts arrivèrent avec à leur tête Montéhue.

« _ Vous auriez pu m'en laisser un peu.

_ Ce sera pour une prochaine fois vieux, lui rétorqua Eric.

_ En espérant qu'il n'y ait pas de prochaine fois. Rester enfermée, très peu pour moi, j'ai eu ma dose !

_ Allez Soph, on leur a quand même fait passer un sale quart d'heure ! »

Derrière Den, Lin s'afférait toujours à garder Defoe en place alors que Dante et Zhalia s'étaient finalement relevés. Cette dernière avait été touchée par le sort de Defoe et était blessée à l'abdomen. Lorsque Dante remarqua sa blessure, il ôta son manteau, le plaça sur les épaules de Zhalia avant d'enlever son pull afin de faire pression sur la blessure avec.

« _ C'est bon, ça va aller.

_ Laisse moi faire pour une fois Zhaal, il faut arrêter le saignement.

_ Je vais le faire, tu devrais aider Lin. »

Ce fut à contre-cœur que Dante laissa Zhalia pour rejoindre Lin et Defoe. Sans prendre la peine de poser un œil sur son ennemi, Dante lança un songe ténébreux afin de l'assommer une bonne fois pour toute. Cela fait, il aida Lin à asseoir Defoe et rejoignit son équipe.

« _ Quelqu'un a vu Carmen pendant la bataille ? demanda alors Zhalia.

_ Non, j'ai regardé pendant le combat, je ne l'ai pas vue, je n'ai même pas senti son aura magique, elle a dû partir après sa dernière visite. »

Si ce que Sophie disait été vrai, ils n'en avaient pas encore fini. Mais sachant que son aura ne les atteignait pas, ils décidèrent de sortir de la grotte. Ils avaient tous l'air épuisés. Même si les sbires de Defoe étaient plus faibles qu'eux, leur nombre avait suffi à fatiguer toute l'équipe. Il était temps de partir d'ici et de rentrer chez eux. Cependant, le retour à la maison allait devoir attendre, ils devaient s'arrêter au quartier général de Naples afin de recevoir les soins de bases. Les chercheurs rejoignirent ainsi le QG de Naples en moins d'une heure, après avoir pris soin de fouiller les lieux à la recherche de quelques agents restés en retrait.

Après trois heures au bloc, Zhalia était enfin en salle de réveil. Lors de son combat avec Adrian elle avait eu deux côtes cassées, une hémorragie interne au niveau de l'estomac, son bras et sa jambe gauches avait été salement amochés et le sort de Defoe l'avait blessée à l'abdomen. Les chirurgiens avaient eu des difficultés à arrêter l'hémorragie au niveau de l'estomac mais Zhalia s'en sortait bien. Alors que l'anesthésie se dissipait doucement, Zhalia ouvrit les yeux, les plissant le temps de s'adapter à la luminosité de la pièce. Une infirmière s'approcha et lui sourit gentiment avant de s'adresser à elle.

« _ Nous n'allons pas tarder à vous emmener dans votre chambre, vous avez eu de la chance. »

Le mot « chance » n'était pas le plus adapté à la situation selon Zhalia mais elle avait compris le message. Elle était en vie c'était un bon début et ses blessures n'étaient pas trop sérieuses.

« _ Et les autres ?

_ Ils vont bien, ils ont déjà été soignés. Ils sortiront ce soir comme vous. »

C'était sans doute les meilleures nouvelles qu'elle avait eues depuis un moment. Non seulement son équipe allait bien mais en plus elle sortirait le soir même. Zhalia n'avait jamais aimé les hôpitaux, rien à voir avec l'odeur ou une expérience passée comme c'était le cas pour beaucoup, mais elle ne supportait pas de rester allongée dans une chambre sans rien faire. Au cours de sa carrière en tant que chercheuse, elle s'était toujours arrangée pour aller en ambulatoire et ne jamais passer une nuit en observation. Ce qu'elle faisait à l'hôpital elle pouvait le faire chez elle, enfin c'était la version qu'elle donnait aux médecins. Sur toutes leurs recommandations de repos, elle n'en avait suivi aucune et s'était toujours remise au travail immédiatement après. Alors que l'infirmière s'était éloignée, les derniers jours lui revinrent à l'esprit. Dante et elle avait passé sept jours enfermés dans le repère de Defoe, sans réelle nourriture et à peine plus d'un verre d'eau par jour. C'était la première fois qu'elle était retenue captive par un ennemi et avait eu un avant-goût de ce que l'Organisation pourrait lui faire subir s'ils l'attrapaient. Ces sept jours avaient été une épreuve pour elle. Elle avait découvert une partie de la vie de Dante qu'elle été loin d'imaginer, et malgré le fait qu'elle avait enquêté sur lui avant d'infiltrer son équipe, cette histoire n'avait jamais atterri sur son bureau. Le fait d'avoir découvert aussi subitement que Dante avait presque été père de famille lui avait brisé le cœur, bien qu'elle admît volontiers être allée trop loin avec lui. A tête reposée, elle comprenait qu'il ne lui ait jamais parlé de cette histoire. Elle-même à sa place aurait fait la même chose. Sur le moment elle avait perdu son calme et avait été égoïste. Au fond d'elle, elle pensait connaître Dante par cœur, mais cet évènement avait tout remis en question. Ça les avait remis en question tous les deux.

L'anesthésie était encore forte et Zhalia se rendormi juste avant que l'infirmière n'arrive pour l'amener à sa chambre.

Lok, Sophie et Den attendait dans la chambre du dernier des nouvelles concernant leurs mentors. Eux-mêmes avaient été blessés pendant le combat mais rien de sérieux, la majorité des blessures qu'ils avaient étaient superficielles, une entorse au poignet pour Lok et une foulure à la cheville pour Den. Sophie s'en était sortie avec de simples ecchymoses et quelques légères coupures sur les jambes et bras. Den était assis sur un fauteuil près de la fenêtre alors que Sophie était lovée dans les bras de Lok sur le lit. C'était l'un des rares moments où ils laissaient aller leurs sentiments en face de quelqu'un, mais cette fois ils en avaient besoin. Alors que le silence régnait et que les trois adolescents étaient perdus dans leurs pensées, un médecin entra dans la chambre.

« _ Ravi de voir que vous êtes tous les trois réveillés. M. Vale n'est pas avec vous ?

_ Il est au téléphone avec Metz.

_ Je vois… Je venais juste vous informer que Mlle Moon est sortie du bloc et que tout s'est bien passé dans l'ensemble. Elle sera dans sa chambre dans quelques minutes.

_ Dans l'ensemble ?

_ Nous avons eu quelques complications avec une hémorragie à l'abdomen mais rien de préoccupant rassurez-vous. Je vous laisserai le soin d'informer M. Vale de la situation je suis attendu sur une autre opération.

_ Bien sûr, merci beaucoup. »

Après un dernier sourire, le médecin sortit et ferma la porte derrière lui. Les trois adolescents n'ajoutèrent rien et se levèrent en même temps afin de rejoindre la chambre de leur mentor. Ils étaient rassurés de savoir qu'ils allaient tous bien et qu'aucune complication n'était venue s'ajouter à leur journée déjà suffisamment désagréable.

Dante avait passé une heure au téléphone avec Metz à lui expliquer les grandes lignes de leur combat avec Defoe. Il avait passé les détails pour aller à l'essentiel. Il lui avait donc expliqué qu'Adrian et Defoe étaient retenus au QG de Naples et qu'ils étaient maintenant dans l'attente d'un transfert au centre de détention de Berlin. Il l'avait aussi informé de la disparition de Carmen, ce à quoi Metz avait réagi en envoyant immédiatement une équipe à sa poursuite. Lorsque Metz lui avait demandé comment son équipe et lui allaient, Dante avait encore omis les détails, n'étant pas d'humeur pour un récit complet des sept derniers jours. Connaissant son élève, Metz n'était pas allé chercher plus loin et avait simplement rappelé à Dante qu'il pouvait « lui en parler » s'il en ressentait le besoin plus tard ce à quoi Dante avait répondu par un « je sais, merci ». Alors qu'il venait de raccrocher et s'apprêter à retourner avec les adolescents, il croisa Scarlett devant l'entrée.

« _ Dante ! Je te pensais avec les autres, qu'est-ce que tu fais là ?

_ J'avais un appel à passer. Tu repars déjà ?

_ Non, j'avais besoin de prendre l'air, j'avais trop chaud à l'intérieur. » La jeune femme avait en fait prévu son coup. Elle avait vu son collègue sortir téléphoner et s'était mise en tête de pouvoir lui parler ensuite, rien à voir avec la chaleur dans l'hôpital. Scarlett restait Scarlett, quand elle avait une idée en tête elle ne la lâchait pas, surtout lorsqu'il s'agissait de passer du temps avec Dante.

« _ Tu vas bien Dante ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette. » Le chercheur hocha la tête en signe de réponse, toujours pas d'humeur à parler de quoi que ce soit.

« _ Tu sais, si tu as besoin d'une oreille je suis là, tu peux demander à Lok, je suis de bon conseils !

_ Merci Scarlett, mais pas maintenant. Il faut que j'aille voir comment vont les autres. » Il sourit une dernière fois à Scarlett avant de se diriger vers l'entrée et de la laisser seule sur le parvis. Son plan avait raté, encore une fois. Elle devait se rendre à l'évidence, soit le moment était très mal choisi soit elle ne l'intéressait pas. Scarlett étant Scarlett, elle opta pour la première explication.

Quand Dante arriva dans la chambre de Lok il fut accueilli par l'absence des adolescents et ressortit aussitôt de la chambre. Il alla trouver une infirmière de garde afin de savoir où ils étaient allés. Celle-ci lui répondit qu'ils étaient sans doute dans la chambre de Mlle Moon, il la remercia et se dirigea vers ladite chambre. Alors qu'il approchait, il pouvait déjà entendre la voix de Zhalia disant qu'elle n'allait « sûrement pas rester une minute de plus allongée » et celle de Sophie lui rétorquant qu'elle devait se reposer. Il entra donc et trouva Lok et Den assis sur le lit de Zhalia, Sophie à la porte de la salle de bain et Zhalia visiblement à l'intérieur de celle-ci. Alors qu'il arrivait au niveau du lit, la porte de la salle de bain s'ouvrit sur une Zhalia déjà habillée, comme prête à repartir travailler. Celle-ci s'arrêta net en voyant Dante.

« _ Si tu as l'intention de t'allier à Sophie sur ce débat, c'est non. »

« _ Ce serait peine perdue. » lui répondit-il avec un léger sourire, provoquant la stupéfaction de Sophie qui avait visiblement espéré qu'il la rejoindrait. Alors qu'elle s'apprêtait à lui rétorquer que c'était idiot de laisser Zhalia faire, il reprit :

« _ Est-ce que vous pouvez nous laisser seuls un moment ? »

Les trois adolescents se regardèrent surpris, soupçonnant déjà le sujet que leurs mentors allaient aborder. Les garçons se levèrent doucement, comme si le moindre mouvement avait un impact sur la situation, et se dirigèrent vers la porte, suivis par Sophie. Avant de refermer la porte, Lok les informa qu'ils les attendraient à la cafétéria. Une fois la porte refermée, le silence engouffra la pièce. Il ne s'agissait pas du genre de silence auquel les deux chercheurs étaient habitués en la présence de l'autre, ce silence-là était lourd des récents évènements. Dante était assis sur le bord du lit alors que Zhalia était adossée au mur, aucun des deux n'osait regarder l'autre. Après plusieurs minutes à rester immobile et silencieuse, Zhalia fut la première à parler.

« _ Je n'aurai pas dû réagir comme je l'ai fait, c'était idiot. Tu as une vie privée aussi après tout.

_ En effet.

_ C'est le plus proche d'une excuse que je peux faire.

_ Je m'en doutais. » Les rôles étaient clairement inversés. Alors qu'habituellement Dante essayait de continuer la conversation, cette fois-ci il se contentait de donner des réponses courtes. Zhalia de son côté avait fait le premier pas vers Dante, quelque chose de très rare pour elle, et avait l'impression de parler à un mur. Les récents évènements avaient clairement remis leur relation en question. Si tant est que l'on peut qualifier leurs comportements actuels l'un envers l'autre de relation. Ils restèrent immobiles et silencieux pendant quelques minutes supplémentaires avant que Zhalia ne finissent par se décoller du mur et se diriger vers ses amulettes afin de les remettre à la cuisse. Elle avait l'intention de sortir de cette chambre en voyant que leur « conversation » ne mènerait visiblement nul part.

« _ Je n'en avais parlé qu'à Metz. » Zhalia, qui était sur le point d'ouvrir la porte, stoppa net et se retourna vers Dante qui s'apprêtait visiblement à continuer ses explications.

« _ C'était il y a des années et ça ne fait pas partie des moments que je veux garder en mémoire. Le moins j'y penserais le mieux je me porterais. » Zhalia fixa Dante pendant quelques secondes avant de se diriger vers le lit et s'asseoir à côté de lui. Elle ne savait pas quoi lui répondre, et plutôt que d'essayer de mettre des mots sur le sujet, elle se contenta de poser sa main sur la sienne. Elle comprenait parfaitement le souhait de Dante d'oublier cet épisode de son passé, elle-même ressentait la même chose vis-à-vis de son passé dans l'Organisation.

« _ Désolée. »

Dante serra la main de Zhalia un peu plus, sourit légèrement mais resta silencieux. Les deux chercheurs restèrent ainsi quelques minutes, profitant d'un silence qui s'était allégé depuis le début de leur conversation, avant de se lever et de rejoindre les adolescents à la cafétéria. Il était temps de rentrer à la maison.

Le petit mot de l'auteure : Après presque trois ans, le dernier chapitre de cette fiction est en ligne (hourra) ! Bon, je vais (encore) demander pardon pour le temps d'attente entre les chapitres, et ce tout au long de cette fiction commencée en… 2012 ? Aie aie aie, niveau productivité on a vu mieux… En tout cas, merci aux personnes qui ont continué de m'envoyer des messages, ça m'a vraiment fait plaisir, merci également à celles et ceux qui ont continué de lire cette histoire, j'étais même surprise de voir qu'elle était encore lue ! Alors merci d'être arrivé(e) jusqu'ici, et je vous revois très vite pour l'épilogue (et cette fois très vite veut dire ce mois-ci, l'épilogue est presque prêt !).

Prenez soin de vous,

Merci encore.

Adalia.