ET OUI. JE SUIS DE RETOUR. POUR VOUS FAIRE DE MAUVAIS TOURS.
Le confinement m'a faite travailler sur d'autres projets, donc j'ai mis la fic de côté, mais l'année 5 a bien avancée, et finit sur les chapeaux de roues, donc ne vous inquiétez pas, la parution reprend ! L'OS sur Louis va être cependant repoussé à la fin de la partie, car je vais rajouter des éléments.
Et vous avez choisi Lucy Carson :
Lucy Carson, 18 ans, était une élève à Gryffondor. Sang-Mélée, Lucy a les cheveux bruns chocolat, les yeux clairs et bridés. Elle porte parfois des lunettes rectangulaires. Sa mère, Sun Li, est moldue, d'une famille chinoise est une peintre reconnue et son père, Lysandre, est réparateur de balais magique à Liverpool. Malgré leurs métiers et leurs caractères opposés, les parents de Lucy s'aiment comme au premier jour.
Les parents de Lucy se sont rencontrés lors de la guerre. Le père de Lucy, sang pur de petite famille, était en fuite car refusant de se plier à Voldemort. Il rencontre Sun alors qu'il s'enfuit en Allemagne et trouve refuge dans le Berlin magique. Sun travaille alors dans un café en tant que serveuse, tout en faisant ses études aux beaux-arts de Berlin. Lysandre lui, qui venait au café placé non loin de son apprentissage de réparation de balais magiques, tombe immédiatement amoureux. La magie qu'il montre à Sun, devient la plus grande inspiration de sa femme qui devient réputée en Allemagne puis en Europe sous le pseudonyme de Sunny.
Après la fin de la guerre, le couple revient en Angleterre et achètent une maison pour élever leurs futurs enfants. Joshua, naquit d'abord et devient un coureur dans les courses de balais professionnelle. Il n'est pas un joueur bien classé mais il vit de sa passion notamment en Russie. Puis la petite Lucy naquit et comme sa mère, se prend d'amour pour l'art, et l'art magique qu'elle apprend sur le tard. Frustrée, elle s'intéresse à l'histoire de l'art magique et est tellement passionnée qu'elle se dirige dans des études d'archéomagie.
Lucy adore le foot, sentir de vieux livres, découvrir des endroits abandonnés, voler en balai, mais elle n'aime pas la vitesse. Elle peint souvent avec sa mère, et pense de plus en plus à étudier la peinture magique sur son temps libre.
Ses meilleurs amis sont Johnny Quake et Gerald Fields, qu'elle connait depuis le moment qu'elle a pris le Poudlard Express. Elle travaille avec eux à mi-temps à l'Imaginerium pour à terme payer ses études et partir en voyage.
PS : Lucy est très inspirée de la Poufsouffle Polly McBee de la fabuleuse fanfiction Secrets Saugrenus d'une Sorcière écrite par Docteur Citrouille. Vous aimez le fluff ? Charlie Weasley ? C'est votre fic !
Son père Lysander est cependant inspiré par Lysander Whitehorn, de la GENIALE fanfic Astoria de leelax (à lire franchement, c'est une des meilleures fic HP dehors). Lysander Whitehorn a eu malheureusement une vie tragique, mais pas ici. Il vit, il est avec sa femme une fabuleuse peintre et deux gosses formidables. Il mérite.
Réponse aux reviews :
Tiph : Mais les cliffhangers, j'adoooooore ça ! Aurélia malgré tout ce qu'on peut croire n'est pas SI rancunière. Elle explose beaucoup, mais elle peut pardonner. Et puis Elisa lui demande beaucoup d'eau dans son vin.
Asphodèle : Haha oui Méphisto est un fauteur de troubles en ce moment… aurélia réalise de plus en plus qu'elle est VUE comme une ado. Parfois ses synapses ne connecte pas. Elle voit un mur entre elle et le reste du monde, mais pas le reste du monde x) Ce qui la renvoie à ce genre de situations. L'amour est donc plus un problème pour elle… qu'elle gère dans le déni. Mais jusqu'à quand ?
Aspirations - Partie 05
« Tu as avancé dans le jeu, tu as préparé un plan d'attaque, le roi ennemi t'attend dans la salle du trône. Si tu avances avec ton cavalier, Il meurt, éliminé par la Tour, mais tu as une ligne directe pour mettre la Reine en échec. Si tu avances avec ton pion, tu pourras certes manger le fou ennemi, mais tu seras éliminé par le pion adverse avant de libérer ton prisonnier. En revanche avec le fou qui ouvre la voie, un pion pourra libérer un prisonnier mais tu laisses ton propre roi vulnérable et ce sera un échec.
Quel est ton choix ? Que fais-tu ?
- Je défonce le plateau. »
Louis dévisagea sa sœur d'un air navré et secoua la tête alors qu'Isaac était explosé de rire sur le canapé du salon.
« Tu me sidères. Tu es reniée, se désespéra le garçon aux cheveux bouclés en rangeant les pièces d'échecs dans leur boîte.
- J'y comprends rien aux échecs, lâcha Aurélia. Je préfère le go. »
Le jeune Buttermere se figea et fronça les sourcils.
« Le go ?
- C'est un jeu japonais, expliqua Louis à la place de sa sœur. Ça ressemble beaucoup aux dames. Le but consiste à s'étendre et occuper le territoire ennemi. Si tu gagnes la majorité du plateau, tu gagnes.
- Tout à fait, approuva sa sœur en se levant pour s'étirer. Il n'y a pas d'élimination de pions, c'est créer des périmètres qu'on peut contrôler.
- Intéressant, songea Isaac. »
Il fronça les sourcils en regardant les deux Ruvas alors qu'Owen revenait avec un livre d'aventures qu'il avait emprunté dans la chambre de Louis.
« Ça explique beaucoup de choses sur ta personnalité, continua le petit Gryffondor.
- Oh ? sourcilla Aurélia.
- Et bien, commença Isaac. Les échecs c'est la cause-conséquence sur a minima trois coups dans le futur. Toi, tu ne te projettes jamais, tu anticipes sur le court terme et tu construis par rapport à des certitudes plutôt que des prévisions. Je pense que tu détestes le flou. Envisager des options qui pourraient capoter car il y a un paramètre hasardeux doit te rendre dingue… Je pense que tu es concrète Aurélia. »
Isaac croisa les bras, alors que Louis affichait un regard plutôt songeur. Oswald et Colin levèrent leurs nez de leurs livres respectifs.
« Le go semble être une photo instantanée. Un échiquier, c'est un développement. »
Il afficha un rictus amusé.
« Tu n'es clairement pas une politicienne. Tu es une manageuse de situations de crises. Je ne pense pas que tu craquerais sous la pression. »
Ah. Ça…
« Isaac, tu me surestimes grandement, soupira Aurélia.
- J'aurais eu tendance à dire la même chose quelques années auparavant, siffla Louis, mais j'ai plutôt l'impression qu'il a raison non ? Le fait que tu sois très calme avec toute cette affaire Sirius Black montre bien ça. »
Bon sang. Ils avaient vraiment trop de foi en elle. Aurélia jeta un coup d'œil à Owen et Colin qui la regardait avec un éclat un peu impressionné dans les yeux. Surtout Colin.
« Je vais monter dans ma chambre, maintenant marmonna Aurélia. Ne foutez pas le feu.
- Tu nous as pris pour toi » répliqua Louis tandis qu'Oswald éclatait de rire.
Aurélia se contenta de lui tirer la langue et monta marche après marche dans sa chambre. Elle avait changé la couleur des murs quand elle était revenue. Alors que le rouge et or dominaient auparavant, sa chambre était maintenant d'un pimpant lilas et une grande bannière avec les symboles des quatre maisons était accrochée sur son mur. Sa chouette Ponyo somnolait sur son perchoir. Aurélia soupira en s'asseyant sur le rebord de la fenêtre pour contempler le ciel gris de Londres.
Noël s'était bien passé, ses parents, son frère et elle avaient réveillonné tous ensemble sous une pluie de cadeaux. Aurélia et Louis avaient mis en commun toutes les friandises qu'ils avaient reçues et très franchement, ils en avaient assez pour le reste de l'année.
Aurélia avait été très surprise de recevoir des cadeaux de la part d'élèves de première année. Un sifflet de la part de la petite Ambre Kwebana de Poufsouffle (pour qu'on t'entende approcher, disait-elle). Des cartes de vœux très mignonnes et des friandises de la part de beaucoup de premières années de Gryffondor. Un grand nombre de dessins d'ours qui avaient fait lever un sourcil à son père Victorien :
« L'ours est à la mode chez les jeunes en ce moment ou... ?
- Seulement l'ours dans la maison, papa, avait cyniquement lâché Louis »
Aurélia l'avait profondément fixé du regard avec un air de reproche tandis que son frère avait souri comme un sale gosse en buvant son jus de fruit.
« Mon patronus est un ours, avait finalement expliqué Aurélia. Je l'ai maîtrisé, et… Je l'utilise pas mal.
- Sachant que des Détraqueurs surveillent votre école, j'en suis ravie » était intervenue sa mère.
Elle avait bu un peu de son verre d'eau.
« Enfin… Pendant la guerre c'était pire mais… On dirait que rien n'a changé.
- Comment était-ce ? » avait demandé Louis avec curiosité. « Ah (il avait croisé le regard de Victorien qui avait froncé les sourcils), pardon maman. »
Mais Annabelle avait lentement secoué la tête.
« Non ça va. »
Elle avait regardé un peu en l'air, comme pour chercher dans son esprit des anecdotes qui l'avaient marquée.
« La guerre… même si elle était hors des murs, les conséquences étaient bien réelles à l'intérieur de l'école. Il y a eu beaucoup de sorts jetés entre les élèves qui soutenaient un camp ou un autre. L'ambiance était intenable, j'ai… rafistolé une ou deux fois certains amis. »
Annabelle s'était assombrie.
« Qui sont tous morts pendant le conflit. Et ils étaient une perte… pour les deux camps. »
Elle était donc amie avec des sympathisants des Mangemorts et de l'Ordre du Phénix. Aurélia en était restée coite. Annabelle avait vu l'expression de sa fille et l'avait reprise :
« Le monde n'est pas manichéen Aurélia. Certains de ces élèves avaient le futur devant eux mais… Quand un tel conflit éclate, que les familles sont visées... la pression monte et tout le monde devait faire un choix de gré ou de force… J'ai vu des lignées s'éteindre, des familles décimées… La violence s'exprimer entre un cours de Potions et de Botanique. Le professeur Dumbledore tenait à bout de bras tout ce monde-là… »
Un silence avait souligné les paroles d'Annabelle Ruva qui avait croisé les bras.
« Nous avons presque été détruits à cause de l'arrogance d'un homme qui s'est cru être un dieu vivant. Alors qu'il était bien moins que ce qu'il prétendait… J'espère que ça n'arrivera plus jamais. »
Hélas. Ce ne sera pas le cas, avait failli laisser échapper Aurélia.
Et évidemment qu'elle s'était retenue. Louis avait vraiment l'air flippé. Un garçon de douze ans ne devrait pas gérer ce genre de choses.
« Maman, avait-elle demandé… Est-ce que tu as connu Sirius Black ? »
Louis s'était instantanément tourné vers Aurélia mais celle-ci était en train de fixer sa mère avec un regard curieux et grave. Annabelle l'avait regardée sans montrer une seule émotion pendant quelques secondes… puis avait repris la parole d'une voix acide :
« Il était bien plus jeune que moi, avait elle dit. Toujours entouré par ses amis, ou son clan plutôt. Il était arrogant, agressif… même violent. Humiliant toute personne qui osait le regarder de travers ou le contredire en public. »
Annabelle avait reniflé. Aurélia, elle, avait eu la désagréable impression de se retrouver dans cette description.
« Il criait à qui voulait l'entendre qu'il n'était pas le monstre que ses parents étaient. Qu'il n'était pas un assassin de Serpentard. Mais tout ça, c'était hypocrite. Se dire être un héros quand il était un irresponsable qui maltraitait toute personne qui ne partageait pas son opinion ou portait d'autres couleurs ? Gryffondor était haïe quand cet homme en faisait partie. Enfin lui et… »
Annabelle s'était interrompue, et avait regardé ses enfants. Aurélia savait pourquoi elle se retenait. Sa mère était bien plus intelligente qu'elle. Ce n'était pas prudent de dire que James Potter était aussi l'un des membres de ce groupe de bourreaux.
« Tu le détestes vraiment ? Avait demandé Louis.
Victorien qui n'avait rien dit jusqu'à présent avait laissé échapper un son agacé avec sa bouche. Annabelle l'avait regardé :
« Vu le portrait que tu nous en dresses… Qui peut-on blâmer ?
- Il a tué bien plus de gens que certains Mangemorts. Black est un bourreau. Et qu'il soit du « bon côté » lui a juste offert une certaine impunité. Mais cet homme est dangereux. J'ai travaillé à St-Mangouste quand il travaillait pour la résistance. J'ai vu de quoi il était capable. »
Message reçu. Comme Aurélia le pensait, cet homme était réellement une grenade dégoupillée qui ferait plus de mal que de bien… Voilà pourquoi l'éloigner avait du sens.
Et Elisa et elle avaient un plan en béton dans ce sens.
Trois jours après Noël, les amis de Louis étaient en vacances chez eux et les parents Ruva avaient accepté qu'ils passent le Nouvel An avec eux. Aurélia savait que c'était leur façon à eux de s'excuser de ne pas pouvoir être là pour le réveillon. Annabelle était de garde et Victorien d'astreinte pendant une grande partie de la soirée. Il serait cependant là peu avant minuit.
Aurélia dit aux enfants de ne pas trop faire de bêtises (ce qui lui valut des roulements d'yeux et des reniflements), et s'absenta. Elle avait pris sa baguette, rangée dans un porte-baguette accroché à son avant-bras que Nathaniel lui avait offert pour Noël. Cela l'avait surprise… Mais apparemment c'était des excuses en bonne et due forme, après tout elle ne lui envoyait plus aucune lettre depuis le fiasco de Pré-Au-Lard. C'était une bonne chose qu'on l'ait ramenée à la réalité. Aurélia avait beau en être consciente, son décalage en termes de maturité était parfois source de problèmes.
Elle remit en place son manteau bleu marine à capuche, rectifia son écharpe rouge et or en cache-nez, puis sortit de la bouche du métro pour entrer dans le Chaudron Baveur, son son sac se balançant à son épaule.
Les clients étaient nombreux dans la taverne sorcière. Aurélia salua en souriant Tom le Barman, qui était aussi le gardien du passage au Chemin de Traverse, et se dirigea vers l'arrière cour. Sortant sa baguette, elle tapota les briques et celles-ci se séparèrent pour la laisser entrer sur le chemin de Traverse qui était bien fréquenté. Sans doute que les gens se préparaient pour le réveillon du Nouvel An. Aurélia passa devant la librairie Fleury&Bott, ne pouvant résister à jeter un coup d'œil à la devanture. Puis, en descendant l'allée, elle se fit la réflexion qu'elle devrait acheter des graines pour sa chouette Ponyo car elle commençait à en manquer. Elle passa devant la boutique d'Ollivander, avec un petit rictus. Elle avait quand même une baguette non enregistrée et on ne l'avait toujours pas remarquée. Elle avait même vérifié si les examens des BUSES seraient un problème mais aucun examen de baguette n'était prévu.
Bref, elle continua et finalement gagna l'Imaginarium.
L'affiche géante du cinéma bougeait et présentait Indiana Jones qui agitait son fouet. À côté le Roi Lion rugissait et enfin Keanu Reeves, le héros de Speed, se disputait avec Sandra Bullock dans un bus. Aurélia sourit largement, se faisant la réflexion qu'elle devrait aller voir ces films et entra. Elle découvrit une file d'attente de sorciers qui prenaient leurs billets. Jarod, Johnny et Lucy (qui étaient devenus employés à mi-temps), poinçonnaient les billets et guidaient les gens vers la bonne entrée. Aurélia leva la tête pour voir le panneau d'affichage. Apparemment, c'était la séance d'Indiana Jones qui commençait dans dix minutes.
« - Aurélia ! appela une voix familière.
Aurélia se tourna vers une tornade rousse qui se précipitait vers elle avec un grand sourire. Seraphina Clyde était une fois de plus heureuse de la voir, ce qui fit rougir d'embarras la jeune Ruva. Elle n'était pas trop habituée à ce genre de joie… à part venant de ses amis vraiment proches.
- Bonjour Seraphina.
- Seraph, corrigea la jeune femme d'un ton réprobateur.
Aurélia s'esclaffa et la suivit à travers la foule en direction la salle de projection où Gilbert les attendait.
- Fermez la porte, ordonna l'ancien Serdaigle, sitôt que les deux jeunes filles l'eurent rejoint dans la petite salle éclairée de quelques boules de lumière.
Le garçon changeait une pellicule tandis que le public s'installait en contrebas. Aurélia sourit légèrement, mais revêtait un air très sérieux. La conversation allait être cruciale.
Le mercredi qui avait suivit son départ en vacances, Aurélia avait reçu une missive de Gilbert qui lui demandait de reporter leur rencontre programmée. Inquiète, elle avait attendu en se rongeant les ongles que le garçon daigne lui donner un signe de vie… Ce qu'il avait fait le jour de Noël avec une note accrochée à son cadeau :
« Viens dans trois jours, seule, à 17h, à L'Imaginérium. »
Aussitôt, Aurélia avait rassemblé tout ce dont elle avait besoin. Elle avait tout préparé, avant même de dire quoi que ce soit à Élisa. Le timing était bien trop juste pour préparer du Polynectar, mais elle avait des potions qui changeaient la voix et des teintures de cheveux efficaces. Des accessoires pour les déguiser. Ils pourraient aussi appliquer des glamours. Des alias au cas où. Surtout, des laisser-passer pour un Portoloin direction la Barbade. Le départ était prévu le jour de l'An même. La jeune Gryffondor n'avait rien laissé au hasard. Elle les ferait quitter le pays.
Elle l'avait promis à Elisa et se l'était promis à elle-même.
- C'est bon, siffla Gilbert en s'asseyant un peu soulagé.
Le film venait en effet de commencer, et Séraphina avait lancé une bulle de silence au-dessus de leurs têtes. Ils pouvaient parler à présent :
- Je suis contente de te voir Gil, dit Aurélia.
- Moi aussi… soupira Gilbert. Aurélia, je suis désolé de te mettre dans une telle position. Je n'aurais jamais dû te dire ce que nous avions découvert, tu n'es qu'une enfant et…
- L'âge n'a rien à avoir, lâcha Aurélia en levant un sourcil.
- Tu vois ce que je veux dire, renvoya le jeune homme. Tu n'es pas censée être au courant, et c'est justement ce que je veux te dire… Tu n'es au courant de rien. Tu ne dois rien dire. Laisse-nous gérer les retombées dit -il avec dureté.
Aurélia ouvrit la bouche puis la referma. Elle croisa les bras, en les regardant tous les deux. Gilbert avait de larges cernes noirâtres sous les yeux. Séraphina était crispée alors que d'ordinaire elle était plutôt pétillante. Mais une sorte de bulle bouillonnait dans l'estomac d'Aurélia. Pas de la colère… Non… Autre chose.
- Nous avons brûlé les lettres que tu nous as envoyées, dit Séraphina. Nous te demandons de ne rien dire. Tout cela est dangereux, Aurélia.
- Qu'est-ce que vous comptez faire ? coupa Aurélia avec dureté.
Séraphina et Gilbert s'échangèrent un regard.
- Nous ne pouvons pas te le dire, déclara la rousse. Tu ne dois être au courant de rien Aurélia, il s'agit de ta sécurité.
- Vous ne croyez pas que c'est un peu trop tard ? Si vous avez laissé des traces, le Ministère me rendra quand même une visite pour me poser des questions, cilla Aurélia. Laissez-moi vous aider.
- Aurélia, dit Gilbert lentement et avec un ton précautionneux. Je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais… tu es encore une enfant. Ce n'est pas ton combat.
Cette fois Aurélia s'esclaffa nerveusement. Cela fit ciller Gilbert. Il ouvrit la bouche mais Séraphina l'arrêta pendant qu'Aurélia le regardait en secouant la tête.
- C'est une erreur commune, on me sous-estime beaucoup trop. Alors bien sûr, cela a son lot d'avantages, mais dans cette situation c'est vraiment… insultant.
Aurélia les regarda tous les deux sans un seul sourire. Gilbert semblait sous le choc mais Séraphina… beaucoup moins.
- Ils ont envoyé des Détraqueurs pour tuer un homme à qui ils n'ont donné aucun procès juste pour se débarrasser de lui avant qu'il ne l'ouvre trop, dit la lionne d'un ton monocorde. Donc vraiment, je suis au courant de ce qu'ils peuvent faire. Je suis au courant… des risques que je vous ai fait prendre.
Un éclat apparut dans les yeux de Séraphina Clyde.
- Et tu savais, souffla Séraphina. Tu savais qu'on allait trouver ça.
- Quoi ? s'exclama Gilbert. Séraph, c'est impossible, personne n'aurait pu décemment…
- Je le soupçonnais, coupa Aurélia.
Autant jouer cartes sur table. Elle ferait tout pour les éloigner.
Séraphina elle, ne rigolait pas. Elle regardait Aurélia avec un regard intensément songeur alors que le pauvre Gilbert était vraiment sonné. Pour la première fois, lui, Gilbert Ronan, perdait son calme.
Aurélia regarda le plafond.
- Je n'avais pas prévu que les dossiers passés à la trappe soient si nombreux.
- Sirius Black est innocent ? C'est ce que tu es en train de dire ? réalisa Gilbert avec horreur.
- Non, je dis que c'est une possibilité.
- Hypothèse intéressante, souffla Séraphina.
- Juste des soupçons, répondit Aurélia en hochant la tête. Plausibles, compte tenu du contexte de l'époque. Procès courts, jury quasi populaire, impero impossible à prouver, procès supprimés… Et Black ? héritier légitime de la maison la plus puissante de la Grande-Bretagne avec les Malefoy ? Pas de procès malgré son nom ? Malgré sa fortune et sa puissance ? Coupé donc de tout soutien ? Ou…
- Ou poignardé dans le dos par ceux qui aurait été ses alliés, pour le monopole du Magen, murmura Séraphina. J'ai comparé les données des arrestations qu'un ami m'a exhumé des archives des Aurors et tireurs d'élites, et il n'y a pas moins de 36 exécutions et 50 incarcérations sans procès. Black était le nom le plus connu. Mais beaucoup de Sang-Mélés, sorciers pauvres, addictions avérées à la Mimbulus mimbletonia ou philtre de paix… Quand on regarde ils étaient tous liés de près ou de loin à des familles puissantes qui ont eu leurs noms lavés. Malefoy était après tout le conseiller de Fudge… Ou il le contrôlait.
- Je pense que non, dit Gilbert d'un ton sombre, c'était un échange de bons procédés. La traque de Black est aujourd'hui orchestrée par Fudge… certainement pas Malefoy qui est en disgrâce suite aux révélations sur Vous-Savez-Qui.
Aurélia hocha la tête avec un peu d'amusement dissimulé. Elisa avait véritablement bien joué son coup. Malefoy affaibli, Fudge était un électron libre et comme dirait Louis il fallait le mettre en échec.
- Vous êtes des lanceurs d'alerte, dit-elle finalement. Vous avez vu et mis la main sur des dossiers qui mis bout à bout pourraient être une grosse épine dans la chaussure de Fudge. Il vous traquera. Vous le savez.
- On se battra, dit Séraphina avec force. Rester ici et mettre les familles au courant, défendre ceux encore incarcérés, prévenir Bones… Nous avons des plans et des procédures Aurélia…
- Qui n'arriveront jamais à terme. Fudge encore au pouvoir, il n'y a aucune institution neutre qui pourra le destituer, renvoya Aurélia. C'est vraiment un risque que vous voulez prendre ? Vous n'êtes que deux, et Gil…
Aurélia se tourna vers le jeune homme qui semblait foudroyé sur place.
- Vous avez besoin de puissance de frappe… Vous l'aurez seulement en sécurité.
Silence. Gilbert Ronan ferma les yeux, comme s'il était plongé dans des souvenirs désagréables. Par contre Séraphina était furieusement butée. Alors il mit la main sur le bras de la rouquine et soupira :
- Nous partirons en Irlande dans quelques jours, j'ai des avoirs là-bas.
- Non. Trop risqué, il faut mettre un océan entre vous et les Détraqueurs, renvoya Aurélia.
Elle sortit alors une enveloppe de son sac qu'elle leur tendit.
- La nuit du 31 au 1er, Dawson Street, Manchester. Vous aurez un portoloin qui vous expédiera directement aux Barbades. Vous y serez en sécurité.
- Tu as pensé à ça, déglutit Gilbert presque sans voix. Aurélia c'est…
- Vous allez vivre, dit la jeune Gryffondor. Car le pays a besoin de vous deux. J'ai besoin de vous deux.
- Le pays hein… marmonna Gilbert. C'est un intérêt récent ?
Aurélia sourit légèrement et se leva.
- Disons que… J'aime la théorie du chaos. »
Un souvenir. En filigrane.
Elle ne se rappelait pas l'heure ou du jour du départ. Elle ne se rappelait même plus qu'elle avait payé pour ce portoloin, car elle avait brûlé le reçu. Elle était allée à l'Imaginérium pour rendre visite à des amis. Elle avait mangé du pop-corn en riant, et était ensuite partie flâner à Fleury&Bott.
Puis elle était rentrée, avait joué avec les Gamins et passé une bonne soirée. Un souvenir. En filigrane. Conservé dans une fiole qu'elle avait posé dans son coffre-fort personnel de Gringotts, dissimulé dans une boîte noire. Un souvenir. En filigrane. Dont elle ne savait pas la teneur, car dès qu'elle était sortie de la banque. Plus rien. Le brouillard.
Une missive cependant. Alors que la neige tombait peu après minuit, le 1er janvier, et que la famille Ruva célébrait le nouvel an avec les Gamins et certains de leurs parents invités pour faire bonne mesure.
« Bonne année, Aurélia – Gilbert Ronan et Séraphina Clyde. »
oOoOoOoOoOo
« - Auréliaaa, s'écria Raashid en l'attrapant par le cou alors qu'elle sortait sur le quai, arrivée à Poudlard. Et tes vacances ?
- Bah écoute, sourit Aurélia. Vachement reposantes, malgré la tribu de mômes qui jouaient dans mon salon.
- Tu as pris un Cognard pour l'équipe, lâcha Trisha derrière elle. Et pour ça… Nous te remercions.
- Oh ? dit Aurélia d'un ton blagueur à Trisha Buttermere qui remontait le quai avec Élisa qui salua la tempête violette.
- Ouais, répondit Trisha avec humeur. Ne t'habitue pas à ça.
- Mais… dit Aurélia alors que Buttermere s'éloignait pour rejoindre Cédric en bout de quai. Et bien sa bonne résolution d'être civile avec moi a tenu… exactement 10 secondes.
Élisa et Raashid éclatèrent de rire tandis que les jumeaux Weasley balançaient une boule de neige à la figure d'Angelina qui leur renvoya un sort de chatouillis. Les Gryffondors et leur sens de la mesure.
- Ah, voilà Teddy, se réjouit Aurélia en voyant l'un de ses meilleurs amis l'attendre pour prendre une calèche. À toute !
- Attends… siffla Élisa. Je voulais te demander en personne… Comment ça s'est passé ?
- Hm ? Quoi donc ?
- Seraphina et Gilbert ? Ils vont bien ? Ils sont en sécurité ?
- Euh… Oui ? Enfin… ils sont juste partis en vacances Élisa, je ne sais pas pourquoi tu demandes ça… ?
Élisa cilla en voyant qu'Aurélia était vraiment confuse avant de lâcher la manche de sa robe de sorcière et de s'éloigner d'un pas.
- Je croyais que… laisse-tomber. Ce n'est pas grave.
- D'accord ?
Aurélia sourit légèrement tandis qu'Élisa semblait prier quelqu'un en silence. Cela inquiéta Aurélia. Elle avait manqué quelque chose ?
- Euh… Liz ? Y'a un problème ?
- Non, non aucun. Ah, par contre j'ai…
Elle inspira.
- Neal Bowman. Tu vois qui c'est ?
- Ouais, le mec qui t'a aidé à fonder Tourmaline. Je te rappelle que j'ai aidé à repeindre quelques murs l'été dernier ?
- Oui, et euh… Il m'a donnée une lettre sur-
- Élisa ! s'écria Trisha. Tu viens ? On va pas rester trop longtemps ici.
- J'arrive. On en parle après, d'accord ?
Aurélia hocha la tête puis vit Elisa monter dans une calèche. Elle rejoignit celle de Teddy et Quentin, dans laquelle Vivian et Jean étaient aussi présents.
- Bah ? Où est Meph ? demanda Aurélia.
- Il est parti avant, dit gentiment Teddy. Avec euh… Izzie.
Jean semblait scruter la réaction d'Aurélia avec une grande curiosité, comme Vivian, et Quentin paraissait être en apnée, mais la jeune fille aux cheveux violets se contenta de hausser des épaules.
- Cool. »
Quentin respira avec soulagement, et Jean eut l'air de s'ennuyer. Vivian quant à elle préféra se plonger dans la lecture du Chicaneur.
- Tu lis ça toi ? s'esclaffa Teddy en la regardant lire un article sur les Heliopathes cachés dans les caves du Ministères.
- Si on lit ça avec de la distance c'est un vrai bol d'air frais. »
Le dîner terminé, Aurélia bailla largement, en maudissant Percy de lui avoir ajouté une ronde le soir-même. Alors au lieu de rentrer au dortoir, elle préféra se dégourdir les jambes, et aller respirer l'air frais sur la tour d'Astronomie… Bon non, en fait elle avait planqué une bouteille de Whisky pur Feu dans son sac Extensible, et voulait boire un verre en solitaire en regardant les étoiles. Cela changerait de la Salle sur Demande. Un privilège certain et sa petite tradition depuis l'année dernière. Bref après avoir souhaité bonne nuit à ses amis (Sauf Méphisto qui avait disparu en un éclair), elle partit dans les dédales du château et rejoignit l'entrée de la tour quand elle entendit des rires.
Elle soupira, elle allait devoir sévir. En espérant que ce n'était pas des ados qui faisaient une blague, qui fricotaient dans un placard, ou qui consommaient de la mimbletonia. Elle voulait UNE soirée de paix, bordel !
Elle tourna sur elle-même, s'éclaircit la voix et ouvrit la porte de la salle de classe à la volée d'un coup de baguette magique.
- Haut les mains, gronda Aurélia. Le couvre-feu a été déclaré, allez immédia…
Elle s'interrompit. Devant elle Méphisto était avec une fille qu'elle reconnaissait de Serdaigle, Irina sans doute ? Du moins de la même promo que lui. Et la fille était à moitié dénudée. Comme Méphisto d'ailleurs.
Merlin lui vienne en aide.
- Ah. C'est toi, fit Méphisto d'un ton désagréable alors qu'Irina ou Isadora se rhabillait rouge comme une pivoine.
Aurélia leva un sourcil, plutôt irritée. Fallait quand même se calmer là.
- Ouais c'est moi. Je suis préfète, t'as oublié ?
Méphisto renifla et remis son pantalon tandis qu'Aurélia regardait ailleurs. Bordel. Quelle situation embarrassante.
- Le couvre-feu a été dépassé, et fricoter dans les salles de classe vides, n'est pas hyper bien vu par le règlement, ajouta-t-elle en croisant les bras.
- Ouais ouais, désolé préfète Ruva, fit Méphisto d'un ton traînant alors qu'Isadora ou Ilona se confondait en excuses. Tu vas me punir ?
- Je pourrai en être tentée, ouais, répliqua Aurélia.
Baisse d'un ton Méphisto.
- On… On va rentrer aux dortoirs, fit la Serdaigle d'une petite voix.
- C'est une sage décision. Dégagez hors de ma vue avant que je vous foute en retenue.
Méphisto fronça les sourcils mais ne rajouta rien et s'en alla en suivant la Serdaigle. La porte se referma d'un son sec derrière eux. Aurélia se couvrit les yeux en soupirant.
Méphisto lui avait envoyé un cadeau de Noël, donc elle pensait qu'ils s'étaient réconciliés, mais…
Apparemment non.
Le lendemain matin, Aurélia baillait encore pendant qu'elle mangeait son petit-déjeuner. Elle s'était couchée un peu tard, car elle avait dû intervenir pour qu'Olivier Dubois arrête de danser dans la salle commune parce que Harry Potter avait maintenant un éclair de feu. Et pas offert par Sirius, mais un qu'il avait acheté avec son propre argent. Une divergence au canon qu'elle ne comprenait pas véritablement mais qu'elle appréciait car peut-être qu'ils allaient gagner cette fichue coupe cette année. Teddy était ébloui, et le club de supporters ragaillardi. Merlin. Elle s'était donc réveillée et avait couru autour du lac couverte de deux pulls pour ne pas attraper la mort et était arrivée la première dans la Grande Salle. Elle n'avait pas cours de la matinée, donc elle voulait en profiter pour manger tôt, et remonter dans le dortoir pour lire ou dormir un peu plus. Et puis elle avait aussi sa décision à communiquer à Rogue dans la semaine concernant son futur à 18h pétantes.
Elle soupira. Franchement, elle ne savait pas quoi en penser. Était-elle vraiment faite pour des études si longues ? Et elle était aussi une aventurière, elle avait peur que la vie en laboratoire l'encroûte. Elle était quand même très active. Au début par nécessité, ensuite c'était devenu une routine qu'elle appréciait.
Bref, elle improviserait sur le moment. Et en attendant elle pouvait continuer à s'exercer à la magie élémentaire.
C'est en sortant de la grande Salle qu'elle croisa Élisa qui venait manger avec Cédric et Trisha.
- Salut, sourit Aurélia. Bien dormi ?
- Comme un loir, plaisanta Élisa.
Aurélia hocha la tête et lança un clin d'œil à Cédric qui lui répondit. Les choses s'étaient vraiment réchauffées avec Diggory, elle l'appréciait vraiment maintenant… Ce qui n'était pas du tout problématique.
- Je vais remonter dans ma tour, mais avant… tu voulais me dire quelque chose hier soir… ? demanda Aurélia.
- Oui, dit Élisa. Tu as du temps plus tard ?
- Je n'ai pas de ronde, et le club de foot n'a pas de séance ce soir… Je pensais préparer la séance du CSD de demain, songea Aurélia. Tu peux me rejoindre à la salle du club.
Élisa hocha la tête, et lui effleura l'épaule avant de s'éloigner. Aurélia sourit légèrement, et s'en alla rejoindre la Tour des Gryffondors direction son dortoir.
L'après-midi même, elle eut cours de Potions. Rogue semblait bien plus hargneux que d'habitude, une émotion qu'elle soupçonnait liée au chien noir qui se baladait dans le parc de Poudlard, ou aux fêtes de Noël, qu'il avait sans doute passées à boire dans ses appartements. Franchement, elle le comprenait. Y'a pas plus terrifiant que l'ignorance d'un impact qu'on savait arriver.
Ainsi, l'erreur n'était pas de mise. Plusieurs fois elle empêcha Lee de rajouter des ingrédients en trop et réévalua le mélange de la Potion d'Enflure. Rogue leur faisait réviser tous les mélanges de premier cycle pour les préparer aux BUSES. Et Aurélia pouvait faire la grande majorité de ces potions les yeux fermés. Finalement, le cours se termina dans un soupir général de soulagement, et les élèves s'en allèrent, sauf Aurélia qui pris son temps pour ranger ses éléments. Lee et le reste de ses amis en levèrent un sourcil de surprise :
- Tu ne viens pas ? souffla le jeune homme.
Aurélia secoua la tête.
- Je dois parler à Rogue au sujet de mon orientation post-Poudlard. Je vous rejoindrai au dîner.
Lee et les jumeaux échangèrent un regard catastrophé et amusé tandis qu'Angelina lui posait la main sur l'épaule, le regard faussement grave :
- Ne fais aucun mouvement brusque.
Aurélia rigola à ça, avant de faire passer l'éclat pour un toussotement, et rentra à nouveau dans la salle pour fermer la porte derrière elle. Rogue s'était déjà emparé des copies de leurs dissertations imposées pendant les vacances de Noël. Aurélia s'approcha la tête haute. Il ne s'agissait pas de flancher :
- Oui Miss Ruva ? demanda Rogue.
- Je suis venue vous dire que je souhaite poursuivre un Doctorat d'Alchimie suite à mes études à Poudlard. Mais aussi une Licence en Défense contre les Forces du Mal.
Rogue interrompit son flot d'écriture et leva ses yeux noirs perçants vers le visage mat de la jeune fille aux cheveux magenta. Aurélia frissonna une seconde mais soutint son regard, le sien empli de défi. Rogue croisa ses doigts pour la juger :
- Vous rendez-vous compte du travail et de la discipline que vous allez devoir fournir ? dit-il d'une voix désagréable.
- Oui Monsieur.
- Cela veut dire que votre comportement de teigne devra s'arrêter immédiatement, ainsi que vos manquements au règlement de l'école et vos démonstrations d'effronterie puérile.
- Oui Monsieur, mentit Aurélia avec conviction.
- Je suis très sérieux Miss Ruva. Il n'y a pas de place pour les tire-au-flanc et l'arrogance quand on poursuit un Doctorat dans une discipline pointue comme l'Alchimie. Il n'y a de place que pour le travail acharné et un esprit aiguisé.
- Je le conçois Monsieur.
Silence. Rogue fixa Aurélia au fond des yeux comme s'il voulait trouver quelque chose. Aurélia retint son souffle. Le professeur de Potions ne lui faisait pas peur de façon générale, mais parfois, oui, parfois, il était vraiment flippant.
- Bien, dit lentement Rogue.
Il agita sa baguette, et un rouleau de parchemin apparut devant lui.
- Vous suivez déjà un programme de révisions pour les BUSES, mais votre niveau est déjà au-dessus des exigences de cet examen. Vous pouvez passer directement à la préparation de vos ASPICS et préparer votre projet à présenter. Pendant les prochaines semaines et jusqu'à la fin de l'année, vous viendrez un vendredi soir sur deux étudier sous ma surveillance, ainsi que me présenter vos avancées sur vos travaux en Alchimie.
Aurélia hocha lentement la tête. Et bien. Elle était fichue.
- Comme vous le savez sans doute – car vous avez lu la brochure que je vous ai donnée – vous devrez faire part de votre inscription au Ministère qui le transmettra au CERVEAU. Selon vos résultats qui devront être exemplaires, le CERVEAU acceptera ou non votre demande. Suite à votre acceptation, vous devrez suivre vos cours pour qu'à terme vous ayez vos Masters en Métamorphose et en Potions, ainsi que votre licence en Arithmancie. Cela vous prendra du temps et une organisation millimétrée si vous souhaitez obtenir votre Doctorat d'Alchimie en dix ans minimum.
Il s'interrompit.
- Et vous voulez ajouter une Licence de Défense en plus ? Avez-vous perdu ce qu'il vous reste d'intelligence Miss Ruva ?
- Non Monsieur. Je ne veux juste pas laisser tomber cette discipline. J'ai conscience que cela risque de rallonger le temps de mon Doctorat en Alchimie mais suis prête à cette éventualité. De plus…
Aurélia s'éclaircit la voix.
- Je trouve cela… rassurant d'avoir un futur prévu sur plus d'une décennie. Les objectifs tangibles me motivent.
Aurélia hocha lentement la tête, alors que les jointures de ses doigts blanchissaient. Dans quoi s'était-elle encore embarquée ?
- Notez qu'il vous faudra les lettres de recommandation de deux Maîtres ou personnalités ayant des rangs équivalent à celui-ci, et qu'une personne ayant ces qualifications devra être votre Mentor.
Oh fichtre.
- Vous… ne serez pas mon mentor ? demanda Aurélia d'une voix qu'elle voulut confiante mais qui était misérablement petite. Je sais, se reprit-elle, que vous ne m'appréciez guère Monsieur, mais je suis capable d'être professionnelle et de suivre vos recommandations sans me plaindre. Je ne vous ferais pas perdre votre temps.
Il était surtout le meilleur. Aurélia le savait. Et elle n'avait pas l'intention d'être formée par un incompétent. Rogue cilla, peut-être surpris par cet éclat, mais se contenta de toussoter en lui tendant le parchemin.
- Je n'ai pas le temps de m'occuper de votre formation, Miss Ruva, je suis pris par d'autres prérogatives.
Comme être un agent-double pour le compte de l'Ordre du Phénix ? Tu m'étonnes.
- Et quant à la lettre de recommandation? demanda Aurélia
Rogue cligna encore des yeux pendant qu'elle prenait le parchemin et pour y découvrir un emploi de temps avec toutes ses sessions privées avec Rogue ainsi que ses dates butoir pour une liste de devoirs supplémentaires au verso.
- Je n'accepterai que des Optimal en Potions, Métamorphose, Arithmancie et aucun résultat sous Acceptable dans toutes vos matières… y compris en Histoire de la Magie.
Oh shit.
- Pour que j'envisage de vous écrire cette lettre de recommandation. Maintenant déguerpissez.
Aurélia s'inclina et sortit de la salle de classe. La porte refermée, elle laissa sortir un impressionnant soupir de soulagement… Ses épaules s'affaissèrent et pour la première fois depuis un petit moment elle entraperçut, un futur… Un futur plutôt stimulant qui lui tendait les bras.
- Dans dix ans j'aurais 25 ans, murmura-t-elle.
L'âge de son décès. Une adulte accomplie, même plus que la version qui était décédée sous un éclair. Aurélia sourit légèrement pour elle-même en s'en allant d'un pas décidé.
Il n'y avait plus de retour en arrière possible.
oOoOoOo
Aurélia rejoignit la salle du CSD qu'elle trouva vide. Elle se détendit et alluma le poste de radio modifié du club pour passer une compilation de the Who, puis, en sifflotant, se mit à nettoyer la salle d'un coup de baguette avant de s'asseoir derrière le bureau pour ouvrir un livre de Défense. Son cours de demain serait sur le sort d'Entrave, Impedimenta. Elle voulait s'y exercer, et faire des groupes qui tournaient pour épicer un peu la pratique. Les deuxième et troisième année pouvaient être trop énergiques.
Ses yeux tombèrent sur les noms de Harry, Ron et Hermione. Elle s'interrompit un instant. Élisa avait dit cent fois qu'elle s'occupait d'eux, mais plus Aurélia y réfléchissait… plus elle envisageait très sérieusement de les entraîner à sa manière. Elle avait elle-même bénéficié des conseils d'anciens élèves qui étaient des bêtes dans leur discipline. Il n'était pas question de faire de Harry une machine, mais qu'il n'aie aucune hésitation quand il s'agissait de frapper ? De faire de lui quelqu'un de plus impitoyable ? Élisa était une bonne pédagogue, mais avec ce qu'il arrivait, il fallait peut-être y aller un cran au-dessus. Et puis, Aurélia voudrait bien voir la Poufsouffle lui sortir ses arguments. Elle dirigeait un Club de Défense, nom d'un dragon, elle était quand même bien placée ! Et avec elle Harry pourrait être sûr qu'elle ne le brosserait pas dans le sens du poil.
Bon ok, c'était peut-être insultant pour Élisa, mais la différence entre elle deux, c'était qu'Aurélia n'était pas proche de Harry ou du reste du Trio comme Élisa. Elle était s'était éloignée et avait préféré la distance de sécurité. Aujourd'hui ça lui permettait d'être honnête. Le niveau de Harry était bon… Mais elle avait besoin qu'il sache se battre pour survivre.
Elle soupira et c'est au moment où elle posait sa liste d'élèves sur la table qu'Élisa entra.
« - Salut, sourit la Poufsouffle. Désolée, j'étais prise.
- Des premières années t'ont coincée dans un coin sombre pour te demander des conseils ? demanda Aurélia avec un petit sourire.
Élisa se figea un instant.
- Comment tu sais ?
- Tu es prévisible Élisa, s'exclama Aurélia en roulant des yeux.
D'un coup de baguette, elle attira une chaise qui vint se poser devant elle et son bureau. Élisa s'y assit en fronçant les sourcils.
- C'est faux.
- Va falloir me le prouver.
Aurélia lui adressa un sourire mesquin tandis qu'Élisa croisait les bras en grimaçant comme une gamine. Puis ses yeux tombèrent sur les parchemins et listes devant Aurélia.
- C'est encore étrange pour moi de te voir comme ça.
- On le saura, soupira Aurélia. Trop de gens ont confiance en ma capacité à ne pas faire exploser le château maintenant. Ce n'est pas marrant du tout. Sans parler de Rogue…
Elle soupira en regardant ailleurs. Élisa leva un sourcil :
- J'ai entendu dire que tu passais du temps avec lui ?
- T'as combien d'espions ?
- Une promo entière de première année qui sont très bavards. Les petits Gryff t'adorent d'ailleurs. Et ceux qui viennent à ton club?
- Urgh.
Élisa secoua la tête avec un sourire. Aurélia se faisait passer pour une rebelle, mais elle était plutôt une mère poule digne de Molly Weasley maintenant. Néanmoins, elle ne se risquerait pas à le faire remarquer à l'intéressée. Aurélia, elle, hésita. Seul ses amis âgés hors de l'école savaient. Elle n'avait rien dit à personne car il n'y avait rien de définitif, mais maintenant… elle pouvait s'y risquer :
- Et bien… Tu sais qu'il surveille un peu plus mes travaux en Alchimie et me donne des exercices supplémentaires en Potions ?
- Tu l'avais mentionné en passant, oui ? sourcilla Elisa.
- Il m'a proposé de faire un Doctorat en Alchimie.
Silence. Élisa s'était figée.
- Et… que lui as-tu répondu ?
- J'ai accepté.
Les yeux de la Poufsouffle s'écarquillèrent davantage. Elle était coite. Surprise, évidemment. Aurélia se mit les mains dans les cheveux.
- Ce n'est pas tout… Je m'aligne aussi pour une Licence de Défense contre les Forces du Mal.
Élisa cilla encore.
- Tu vas étudier un Doctorat ET une Licence ?
- Plus précisément, deux Licences et un double Master qui me délivre le Doctorat. Il n'y a pas de formation d'Alchimie précise, il faut un Master en Métarmorphose et en Potions en plus d'une Licence en Arithmancie.
Élisa était vraiment sous le choc.
- Et bien… dit-elle lentement. Tu as dépassé mes espérances.
- Je sais, dit Aurélia. C'est fou. Même Dumby qui me dit qu'il serait intéressé par mes travaux est dingue.
- Quoi ? Quand ça ?!
- Avant Noël.
Un autre silence passa, Élisa hocha lentement la tête comme pour visualiser tout ça, puis sourit largement :
- Aurélia Ruva, Maître Alchimiste.
- C'est pas encore fait, soupira Aurélia, il faudra que je trouve un mentor. Je ne sais pas qui pourrait faire l'affaire. Rogue m'écrira une lettre si mes résultats aux exams sont parfaits et en attendant me donnera des cours particuliers un Vendredi sur deux. Je suis tellement fichue.
Mais elle avait dit cela avec une lueur d'excitation, un sourire déterminé, ce qu'Élisa remarqua.
- Tu veux faire ça ?
- Ouais. Après tout le bordel avec Voldy, ce serait une alternative intéressante.
Élisa hocha la tête encore une fois.
- On sera deux Doctorantes alors.
- Que veux-tu dire ? cilla Aurélia.
- Flitwick m'a offert la possibilité d'étudier pour faire un Doctorat en Sortilèges.
Aurélia ouvrit sa bouche et la referma.
- C'est génial, s'exclama la jeune Gryffondor. Regarde-nous. On va dominer le monde sorcier.
- Le changer.
- Le dominer, répéta Aurélia.
Élisa éclata de rire pendant qu'Aurélia se mis à ranger ses parchemins, elle aussi hilare.
- Bon… À part ça, continua la lionne en claquant des mains. Tu m'as dit que tu voulais me dire quelque chose ?
L'ambiance rigolarde passa alors à un sérieux coupant. Élisa eut un petit temps d'arrêt et plongea sa main dans son sac à bandoulière pour en tirer une lettre avant de la tendre à Aurélia.
- Comme je te disais… Neal Bowman a reçu des témoignages de personnes qui ont connu les Maraudeurs et il a reçu cette lettre.
Aurélia cilla mais la pris et la lut en silence. Le temps de la lecture, Élisa put voir le visage impassible d'Aurélia se tordre de dégoût puis revenir à son expression neutre alors qu'elle lui rendait la missive sans un mot, surprenant la Poufsouffle.
- Tu es… plus calme que je le pensais.
- Ma mère m'a aussi livré son témoignage, et vu ce que Black a fait à la Grosse Dame, je m'attendais à un truc dans ce délire. Ce mec est un sadique. Loyal à en crever certes, mais sadique quand même.
Élisa encaissa ce qu'Aurélia avait dit la voix froide. La Gryffondor croisa les bras et se pencha en arrière, affalée sur le dossier de sa chaise.
- Et donc ? demanda Aurélia d'une voix égale. Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Faire ? répéta Élisa avec un rire nerveux. Je suis pas psychomage, c'est pas de mon ressort. En ce qui me concerne le plan n'a pas changé : capturer Pettigrew, capturer Black, révéler la vérité de façon à ce que le Ministère ne puisse pas l'enterrer, et ensuite flanquer Black chez un psy jusqu'à ce qu'il ne soit plus dangereux.
– Je veux dire pour la lettre.
– Oh.
Élisa marqua un temps d'arrêt, ses doigts pianotant nerveusement sur la pochette cartonnée d'où elle avait sortit le courrier. Finalement, elle soupira :
– Il n'y a aucune bonne solution. Si j'annonce à Harry que son père était ami avec Sirius, il refusera de le croire sans avoir lu le témoignage, et je ne veux vraiment pas lui mettre ça sous le nez. Mais si je garde le secret, eh bien… Ça va finir par me péter au nez. Ma seule chance est d'espérer collecter des témoignages un peu plus nuancés, comme ça je pourrais les présenter à Harry en premier et… qu'il découvre ça en douceur.
- Hm…
Aurélia regarda dans le vague, Élisa pouvait dire ce qu'elle pensait ou plutôt qu'elle avait une idée bien arrêtée sur le sujet. Sans doute pas ce qu'elle voulait entendre, mais… n'était-ce pas leur dynamique ? Aurélia dirait toujours quelque chose qu'elle réprouverait. Qui serait contraire à ses principes, mais qui parfois (pas souvent mais parfois) était viable.
- Et toi, demanda lentement la Poufsouffle. Qu'est-ce que tu ferais ?
Aurélia pencha la tête sur le côté quand elle le faisait souvent avait de répondre et soupira :
- Ce n'est pas vraiment ce que je ferais, c'est plutôt une question d'importance. Très franchement, même si ça permet de dresser un portrait psychologique de Black, Lupin et de Pettigrew à court terme, ce sont des informations que ne sont pas nécessaires pour quiconque, du moins les personnes qui n'ont pas à affaire avec eux. Et Harry ? C'est la première personne qui sera impactée par ça, on se l'était déjà dit il y a quelque temps.
Aurélia soupira.
- Pour moi c'est clair. On n'a pas besoin que qui que ce soit à part nous le sache. Brûle la lettre ou planque là dans un endroit verrouillé pour la donner à Harry le jour où il sera assez âgé pour savoir la vérité. Outre cela, cette lettre n'apportera rien à part traîner des morts dans la boue. Des gens qui étaient des connards certes, mais qui ne seront pas là pour se défendre. Enfin… UN mort.
Elle s'interrompit.
- Qui est au courant à part nous ?
Élisa regarda ailleurs.
- Trisha.
Aurélia renifla.
- Bravo Élisa.
- Elle est ma meilleure amie, elle ne dira rien, assura Élisa outragée.
- Pas sûr.
- Ce n'est pas parce que vous ne vous entendez pas que ça remet en cause son sens moral.
- C'est bien une réponse de Poufsouffle ça, siffla Aurélia. Quoi ? Ai-je le droit de montrer la lettre à quelqu'un de confiance, ou c'est deux poids, deux mesures ? s'agaça Aurélia d'une voix glaçante.
Élisa ne répondit pas.
- C'était une question piège, bien entendu que je ne la montrerai pas car ça ne regarde personne d'autres que les personnes impactées. Tu fais trop confiance aux autres !
Élisa fronça les sourcils :
– Je ne veux pas être le genre de personne qui prend toutes les décisions toute seule parce qu'elle considère que son jugement est le seul qui à avoir de la valeur. C'est comme ça qu'on devient Dumbledore ou Voldemort.
Aurélia en eu le souffle coupé, parce que c'était vraiment une accusation pas subtile du tout. Et le pire ? C'était que c'était vrai. Élisa collectionnait les filets de sécurité, les cellules indépendantes, les plans de secours qui permettraient aux choses d'avancer même en son absence. Aurélia ne pouvait pas faire ça, parce que ça serait comme lâcher prise, ça serait terrifiant… Et elle savait que c'était aussi le raisonnement que devaient avoir les autres control-freak de cet univers, à savoir Dumbledore et Voldemort. Ce n'était pas un vice, d'être parano, mais la comparaison faisait quand même mal.
Aurélia cilla et se leva.
- Je vais dîner.
Élisa cilla à son tour tandis qu'Aurélia soupirait.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise Élisa ? Quoi que je dise j'aurai toujours tort. Tu es le cerveau, je suis les muscles, restons à nos rôles respectifs, j'en ai marre de me battre sur un terrain où je perdrai toujours. J'en ai plus l'énergie, ajoute-t-elle d'un ton las. À plus.
Et Aurélia sortit de la salle du club d'un pas agacé.
Le lendemain matin, Aurélia mangea son petit-déjeuner en compagnie de Quentin et Teddy qui apprirent qu'elle visait le Doctorat d'Alchimie. Quentin en fut profondément fier :
- Bravo. Tu vas rentrer dans le rang.
- Je fais aussi une Licence en Défense. Je pensais demander des infos à Lupin, répondit Aurélia en roulant des yeux.
Mais qu'importe, Quentin se contenta de lui saisir les épaules avec un grand sourire.
- Je suis fier de toi.
- Teddy, aide-moi.
Teddy se contenta d'éclater de dire, et de lui dire qu'il était aussi content. Aurélia regarda partout pour le dire à Méphisto, avant de le voir manger avec Izzie et ses amies. Décidément, c'était toujours le Pôle Nord.
- Quand est-ce qu'il va me pardonner ? marmonna-t-elle.
Quentin et Teddy échangèrent un regard.
- Quand tu seras mariée à un autre ? hasarda Teddy.
- Si loin ? Que Merlin m'aide !
Quentin rigola, compatissant.
- Donne lui un peu de temps, c'est un ado, il encaisse en faisant la gueule.
- On est tous des ados, gronda Aurélia. On est tous bourrés d'hormones et d'imbécilité.
- D'hormones ? répéta Quentin en fronçant les sourcils.
Aurélia soupira et préféra manger ses œufs brouillés. C'est à ce moment que les hiboux vinrent livrer leur courrier quotidien. Elle buvait son café au lait quand une liasse de deux enveloppes tombèrent devant elle. Elle cilla en reconnaissant le hibou ou plutôt la chouette qui l'avait livrée. Ponyo.
Elle était partie quelque part ? Aurélia pensait qu'elle était restée à la volière.
Bref, la Gryffondor fronça les sourcils et récupéra les deux enveloppes qui lui étaient adressées et qui portaient chacune un chiffre. Elle ouvrit alors le numéro un et la lut rapidement.
Son regard s'écarquilla. Sa peau pâlit. Et alors que Teddy ou Quentin lui demandaient ce qui n'allait pas, elle bondit de son banc et se précipita à la table des Poufsouffles, où Élisa la regardait arriver avec un peu de méfiance et un filament d'énervement suite à leur conversation de la veille.
- Je sais que tu es énervée, dit précipitamment Aurélia d'une voix basse en se penchant vers elle sans daigner de regarder qui que soit d'autre. Mais c'est une alerte rouge.
Élisa cilla et ouvrit la bouche quand le professeur McGonagall les interrompit :
- Miss Ruva. Le professeur Dumbledore voudrait que vous veniez à son bureau. Immédiatement.
Certains élèves de la table des Poufsouffle se retournèrent, dont Raashid, Trudy ou Rhonda qui questionnèrent Aurélia du regard. Mais la Gryffondor s'était fermée alors que les yeux d'Élisa se remplissaient de questions. Ambre Kwebana demanda à haute voix ce qu'Aurélia avait bien pu faire, avant qu'on l'empêche de parler.
Aurélia soupira et parla finalement :
- Professeur pouvez-vous me donner une minute s'il vous plaît ? Le temps de prendre mon sac et de… J'ai un livre à rendre à Élisa que j'ai sur moi, elle en a besoin pour le cours de Défense.
Cédric et Trisha se tournèrent vers Élisa qui se leva doucement :
- Euh oui. Je l'ai oublié et… Aurélia en a une copie pour moi.
Mcgonagall cilla mais ne releva pas.
- Je vous attends à la porte. Dépêchez-vous Miss Ruva.
Puis miracle, elle s'éloigna.
Aurélia plongea immédiatement sa main dans sa poche et en sortit la missive numéro 2. Elle siffla et d'un coup de baguette, attira son sac d'un sort d'attraction et récupéra son livre alors qu'Élisa avait fait le tour de la table.
Aurélia glissa la missive 01 et 02 dans le livre et lui donna.
- Je me suis effacé la mémoire… n'est-ce pas ? murmura-t-elle si bas que seule Élisa pouvait l'entendre.
Élisa blanchît, mais acquiesça.
- Putain. J'espère que suis allée assez loin.
Aurélia commença à s'éloigner quand Élisa lui attrapa la manche.
- Surtout…
- Ouais. Rester calme… et ne pas mentir. »
Aurélia lui lança un clin d'œil et s'éloigna. Élisa elle, ouvrit le livre.
Chère Aurélia,
Tout va bien. Ne panique pas.
Tu ne te souviens sans doute pas, mais Gilbert et Séraphina sont impliqués dans une affaire d'État par un affreux concours de circonstances. Pour les protéger et te protéger toi-même, tu as demandé à Gil de t'effacer la mémoire et de la flouter. Le souvenir extrait, à regarder en cas d'extrême urgence, est dans ton coffre personnel à Gringotts.
Suite à cette modification, plusieurs des actions que tu préparais ont été floutées, ou effacées. Pour plusieurs raisons tu ne peux y avoir accès qu'à un moment précis et c'est pour cela que j'ai écrit une autre missive qui sera à ouvrir dès que les Aurors t'auront interrogée, car oui les chances qu'ils viennent sont maintenant très fortes et non, je ne peux pas te dire pourquoi.
Pour l'heure, ne fait qu'une seule chose.
DIS LA VÉRITÉ A CHAQUE QUESTION QU'ILS TE POSERONT.
On va y arriver, passe la lettre à Élisa, elle va sans doute paniquer, mais franchement…
Y'a aucune raison.
Signé, Auré (du passé)
oOoOoOoOo
« - Miss Ruva, l'accueillit le directeur d'une voix enjouée alors qu'elle passait la porte. Je suis navré de vous déranger en plein déjeuner, mais messieurs Dawlish et Dickens voudraient vous poser quelques questions.
Les deux hommes (Dawlish, qui lui adressa un hochement de tête et Dickens, plus agréable) s'avancèrent. Aurélia leva un sourcil et s'assit devant le directeur. Il n'était le moment de faire la mariole.
- Que se passe-t-il ? demanda sincèrement Aurélia en regardant tous les adultes, dont le professeur McGonagall qui fermait la porte. J'ai des problèmes ?
- Pas du tout Miss Ruva, la rassura Dumbledore, ce sont juste des questions. Cela ne prendra pas beaucoup de temps.
- Ah. Car je vous assure que mon expérience d'Alchimie est tout à fait légale professeur.
Celui-ci en laissa échapper un sourire.
- Je vous crois.
- Miss Ruva, commença Dawlish d'un ton impérieux qui lui rappela sa fille, nous sommes ici afin de vous poser des questions sur Mr Gilbert Ronan et Mrs Seraphina Clyde.
Aurélia cilla.
- Oui... ?
- êtes-vous amie avec eux ?
- Et bien je connais Gilbert depuis ma première année et Seraphina c'est bien plus récent mais je la considère comme une amie oui.
- Êtes-vous l'associée de Mr. Ronan dans l'établissement L'Imaginarium ?
Le professeur McGonagall afficha un léger air d'intérêt. Ce n'était pas comme si Aurélia avait caché son invention, mais personne ne savait qu'elle avait des parts de l'Imaginarium. On pensait juste qu'elle avait vendu le concept.
- Oui, dit Aurélia. Nous sommes trois cependant : Gilbert, Jarod Mezart et moi.
- Miss Ruva, Mr. Ronan est présentement recherché pour vol de documents confidentiels juridiques, un vol qu'il a perpétré avec l'aide de Miss Clyde.
Aurélia hocha lentement la tête.
- Je n'étais pas au courant.
Ce qui était vrai.
- Mr. Ronan et Mrs. Clyde ont notamment forcé le bureau du Ministre de la Magie pour récupérer un certain dossier. Êtes vous au courant ?
- Encore une fois, Aurélia est une simple élève, renifla le professeur McGonagall, et je ne comprends pas pourquoi elle serait…
- Miss Ruva est la dernière personne connue à avoir vu Mr. Ronan et Miss Clyde.
Et merde.
- Je ne sais absolument rien, répéta Aurélia d'une voix calme et maîtrisée. Je ne sais absolument rien des agissements de Gilbert et Séraphina. La dernière que je les ai vus, ils m'ont dit qu'ils partaient en vacances tous les deux et c'était quand j'étais venue rendre visite à l'Imaginarium car comme vous le savez… J'en suis l'une des propriétaires.
Silence. Le professeur Dumbledore regardait fixement Aurélia comme pour vouloir déceler le vrai du faux, mais Aurélia… ne mentait pas. N'importe qui pouvait le voir. Elle manquait franchement de flegme.
- J'ai une dernière question, intervint Dickens alors que Dawlish semblait fulminer face au temps qu'ils venaient de gâcher. Vous connaissez bien Mr. Ronan et au moins un peu Miss Clyde… Pourquoi croyez-vous qu'ils aient agi ainsi ?
Aurélia pencha la tête sur le côté, prise de court. Elle lança un regard à Dumbledore qui l'encouragea en silence.
- Je ne sais pas, dit-elle finalement. Mais Gilbert est la personne la plus altruiste que je connaisse et Seraphina ne ferait pas de mal à une mouche. S'ils ont agi ainsi ce n'est pas dans le but de nuire.
- Vous pensez qu'ils auraient pu faire l'objet d'un chantage ? demanda vivement Dawlish.
Aurélia cilla, parce que c'était une drôle de question et qu'elle ne voyait pas où il voulait en venir. Quoique, c'était probablement une piste assez attirante pour les Aurors. Elle grimaça :
- Je ne sais pas. Ils n'avaient pas d'ennemi.
Les deux étaient vrais. Est-ce qu'elle leur avait fait du chantage, ne serait-ce que pour les obliger à partir ? Elle n'avait aucun moyen de le savoir. Et Gilbert et Seraphina n'avaient eu aucun ennemi, en effet… Du moins jusqu'à leur crime.
– Ils auraient donc agi par eux-mêmes ? insista Dawlish. Êtes-vous sûre que vous ne savez pas ce qui aurait pu les pousser à commettre ce crime ?
– Non, répéta Aurélia. Mais… Je sais qu'ils n'auraient jamais rien fait de mal s'ils ne s'y étaient pas sentis obligés. Il doit y avoir une raison.
Sur ces derniers mots, Dawlish et Dickens partirent du bureau pour quitter le château, raccompagnés par le professeur McGonagall. Aurélia resta alors seule en compagnie du professeur Dumbledore.
- Ils ont vraiment de gros problèmes ? demanda la lionne au directeur.
- Ils sont surtout recherchés pour répondre à des questions. Les dossiers qu'ils ont subtilisés étaient sensibles, selon le Ministre.
Aurélia tiqua sur ce dernier mot et croisa ses bras pour regarder le barbu qui était derrière le bureau.
- Je vois. Je pense que cela ne sert à rien de vous demander quels dossiers ils ont pris ?
Dumbledore sourit amusé :
- Je ne peux malheureusement pas vous informer.
- Évidemment.
Aurélia soupira.
- Puis-je aller en cours, professeur ?
- Bien entendu Miss Ruva, cependant, avant de vous laisser partir, j'ai quelque chose à vous demander.
Aurélia hocha lentement la tête alors que les yeux d'Albus Dumbledore pétillaient dangereusement.
- Le professeur Rogue m'a informé que vous avez décidé de poursuivre vos études et de viser un Doctorat d'Alchimie ?
- Euh… oui ?
- Miss Ruva, vous êtes la deuxième élève en 50 ans à vouloir poursuivre une telle carrière, seul Mr Roy Ackerley s'y est risqué. Vous m'en voyez ravi.
- Bah euh… merci ?
- Cependant, le professeur Rogue m'a aussi dit que vous étiez intéressée par une Licence en Défense.
Nous y voilà.
- Cela aurait pu être surprenant, mais sachant que vous présidez le Club de Soutien de Défense, cela me semble cohérent.
- J'aime la Défense, lâcha Aurélia sans savoir quoi dire d'autre.
Dumbledore sourit avec son insupportable sourire compatissant et hocha la tête avant de croiser ses mains sous son menton.
- Vous pouvez aussi envisager la Ligue de Duel ? Si votre objectif est de vous améliorer en affrontement ?
- Sauf votre respect professeur, les règles du Duel… Ne sont pas vraiment dans mon intérêt. Je suis plus intéressée par les règles alternatives et ce type de combat n'est pas très développé au sein de la Ligue, s'amusa presque Aurélia malgré sa raideur.
- Il est vrai que vous n'avez jamais été… traditionnelle.
Dumbledore cilla mais sourit légèrement.
- Miss Ruva je voulais simplement vous dire que si vous avez besoin d'un autre regard pour parfaire votre orientation, je serais ravi de vous aider.
Aurélia fut surprise mais hocha la tête.
- Merci Professeur. »
« - Je me suis effacé la mémoire rigolait presque Aurélia en compagnie d'Élisa assise en face d'elle complètement au bout de sa vie. C'est génial !
- Paranoïaque oui.
- C'est toi-même qui m'a dit d'être plus attentive, non ? Du génie, rectifia Aurélia. Avec ça, même s'ils m'avaient fait boire du Véritaserum de force, je n'aurais jamais parlé.
- Dumbledore n'aurait jamais accepté ça Aurélia.
- Meh. D'ailleurs…. Tu lui as donné le cadavre du Diadème ?
Élisa soupira.
- Pas encore.
Aurélia hocha la tête alors qu'elles profitaient toutes les deux de la Salle Sur Demande.
- J'admire le fait que je n'ai absolument aucune confiance en moi, siffla Aurélia. Mais bon… Je l'ouvre ?
Elle agitait la deuxième lettre et Élisa lui fit signe de le faire de mauvaise grâce. Aurélia ouvrit l'enveloppe et en tira le papier :
- Chère moi,
Si tu lis cela, c'est que tu es vivante et non pas sur le point de te faire exécuter par des Détraqueurs. Ah et dis à Élisa d'arrêter de rouler des yeux.
Aurélia leva sa tête vers Élisa qui était VRAIMENT fatiguée.
- Bref, le plan était très simple mais les choses ont changé un petit peu car Seraphina et Gilbert ont… forcé le bureau du Ministre pour récupérer le dossier Black. Par miracle, il n'était pas détruit. Peut-être par arrogance ? Gilbert pense que cela aurait fait mauvais genre auprès de Bones.
Mais surtout, j'ai suggéré en passant qu'il pique le dossier de Barty Croupton Junior. Sache qu'il avait parlé de façon très intéressante dans les retranscriptions de ses interrogatoires. Ce qui a été enterré par Malefoy et Fudge pour les raisons politiques qu'on imagine bien toi, moi et Élisa.
Il y a au total une quinzaine de familles aisées, dont trois vieilles familles de sorciers qui ont été flouées par le système, Croupton et Fudge. Seraphina et Gilbert travaillent à tous les contacter.
C'est pour cela que Gilbert et Seraphina ont décidé de faire un petit crochet par l'Australie où vit la seule descendante de la famille Montgomery, qui était une famille aisée et respectée dans le même gabarit des Ronan (car oui figure-toi que Gilbert n'est pas juste riche mais influent ? Sa famille sont des Serdaigles de génération en génération et hyper établis dans le département de la Justice).
Elle a la rage car son fils a été exécuté sans procès et sa belle-fille est en taule. Comme qu'elle était une Sang-mélée, le procès est passé par la fenêtre.
Aurélia leva sa tête immédiatement et rencontra les yeux Elisa qui s'était redressée sur le fauteuil. C'était inédit !
- Je ne sais pas comment ça se passe, mais guette pour une lettre de Mogs, car ils sont sans doute aux Barbades en ce moment-même. Ils vont bien. Ils sont en vie. Et tu connais la famille, Morgan et Robyn ne laisseront personne les toucher.
Le volet juridique ne sera qu'une question de temps, notre seule action est aujourd'hui d'arrêter Pettigrew. Les plans du piège sont dans la Salle sur Demande dans une boite en métal gravée avec mes initiales.
Aurélia fronça les sourcils et une boîte en métal apparut devant elle. Elle l'ouvrit et en sortit un plan en papier avec des instructions, des cristaux taillés et un flacon avec une amibe à couler.
- J'avais avancé apparemment… souffla Aurélia.
Elle se remit à lire la lettre.
- Y'a aucune raison de s'inquiéter. On va choper ce sale rat, et le plan marchera. Au pire. Y'a l'option McFly. Élisa pense que c'est de la folie.
- C'EST DE LA FOLIE.
- Mais c'est une option viable si tout se passe mal. Les explications sont dans la boîte.
Ne meurs pas s'il te plaît, on a déjà donné.
Auré.
PS : La boîte a été prévue pour fin Février. D'après mes calculs, elle sera fonctionnelle à ce moment-là. Le coffre à multi verrouillages est à étudier dès qu'il arrive, les branchements sont vitaux. Le protocole est un protocole simple à trois expérimentations. Mais d'après moi tant que les cristaux ne sont pas connectés y'a aucun problème à faire de tests sur soi. Demande juste à Élisa d'être là pour te libérer, on ne peut pas expliquer ça au Trio après tout.
PS02 : Réconcilie-toi avec Méphisto. Il nous manque. Tu le sais.
Silence. Aurélia lève sa tête vers Élisa qui était éreintée.
- Et bien… La bonne nouvelle c'est qu'apparemment Seraph et Gil sont en sécurité et sur le point de défoncer juridiquement Fudge, dit Aurélia.
Silence encore.
- C'est quoi le plan McFly ? »
