Chapitre 18: Rencontre avec l'Héritier
Avant que les deux autres n'aient le temps de le retenir, Ron se précipita vers sa sœur pour essayer de la réveiller. Harry et Drago le rejoignirent plus calmement, tout en discutant des derniers événements. Ils se demandaient, notamment, si Lockhart allait prévenir quelqu'un de leur absence. Drago pensait que oui : après tout, en tant que professeur, c'était son devoir. Harry, lui, disait que non : tout au long de l'année, l'adulte avait prouvé à plusieurs reprises qu'il n'était pas un bon professeur.
Alors qu'ils allaient intervenir pour aider leur ami à transporter sa sœur, ils furent interrompus par une voix qui venait de derrière eux :
- C'est inutile, il est trop tard pour elle.
Les trois garçons se retournèrent pour se retrouver face à un jeune homme d'environ 16 ans. Grand, ses traits fins soulignés par des cheveux bruns, ses yeux étaient bruns foncé, presque noirs. Il était d'une beauté à couper le souffle. Mais ce qui interpella le trio ce ne fut pas son physique plutôt avantageux mais le fait qu'il était… opaque, presque transparent, et semblait gagner en consistance à vue d'œil. Harry demanda :
- Vous êtes une sorte de fantôme ?
Le jeune homme répondit :
- Plutôt un souvenir, sauvegardé pendant cinquante ans dans un journal intime.
Il se mit alors à leur raconter ses années à Poudlard, depuis son arrivée dans la célèbre école jusqu'au moment où il avait dénoncé Hagrid. Les trois enfants étaient si absorbés par son récit qu'ils ne remarquèrent pas que Tom avait profité de leur manque d'attention pour les priver de leurs baguettes.
Tom profita des trois baguettes qu'il avait en sa possession pour expédier les propriétaires de ces dernières contre le mur situé au fond de la pièce, les assommant au passage puis quitta la chambre.
Lorsqu'ils reprirent conscience la première chose qu'ils remarquèrent fut qu'ils étaient seuls dans la chambre, ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : Tom était parti... avec leurs baguettes.
Aussitôt qu'ils eurent totalement reprit leurs esprits, Ron alla s'assurer que sa sœur était toujours en vie tandis que les deux autres réfléchissaient à un moyen de sortir d'ici - vivants et en un seul morceau, crut bon de préciser Drago -. Alors qu'ils cherchaient et commençaient à désespérer, Harry eut une idée. En le voyant se tourner vers lui comme s'il venait d'avoir l'idée du siècle, le blond eut envie d'aller se cacher quelque part où personne ne pourrait le retrouver. Deux ans d'amitié lui avaient appris qu'Harry étant un Gryffondor pur souche, ses idées n'étaient pas toujours sans danger. Aussi c'est pourquoi il fut agréablement surpris lorsque le brun se contenta de lui demander si un elfe pourrait les trouver ici, ce à quoi il répondit par l'affirmative, la magie de ces derniers n'ayant que peu de limites.
Ce fut pourquoi il eut envie de se taper la tête contre un mur lorsque son ami lui demanda s'il avait un elfe, ce à quoi il répondit que, oui, évidemment qu'il avait un elfe, puis de l'appeler. Il ne put s'empêcher de penser qu'il aurait dû se douter que quelque chose clochait quand Harry lui avait posé la question. Ou, plutôt, qu'il aurait dû se rappeler le côté Gryffondor du brun reviendrait au galop aussitôt qu'il aurait la réponse attendue. Toutefois, il devait bien admettre que l'idée de Harry, quelle qu'elle soit, était la seule qu'ils avaient. Tout à leur conversation, ils n'avaient pas remarqué que Ron était revenu vers eux.
Il s'exécuta donc sans se poser plus de questions et appela :
- Dobby !
Dans un « plop » plus discret que les transplanages sorciers, le petit elfe apparut. Il portait une tenue crasseuse et déchirée un peu partout qui avait tout l'air d'être une taie d'oreiller. Lorsqu'elle eut fini de se triturer les doigts, la petite créature se tourna vers le jeune blond et demanda :
- Le jeune Maître Malefoy a appelé Dobby. Que peut-faire Dobby pour le jeune Maître Malefoy ?
Drago réfléchit. Quel adulte était le plus susceptible de leur venir en aide sans poser de questions ?
Lorsqu'il se retourna pour poser la question à Harry, il vit que Ron était de retour et ne faisait pas une tête d'enterrement. Ce qui voulait dire que les nouvelles étaient bonnes ou, tout du moins, pas trop mauvaises. Cela signifiait, en tout cas, que personne n'était mort et c'était le plus important. Une fois qu'il eut attiré l'attention de Harry sur le retour de leur ami - et expliqué au roux ce qu'un elfe faisait dans la chambre -, ils purent se concentrer sur leur problème actuel le plus important : qui appeler pour demander de l'aide qui viendrait sans poser de questions ?
Drago proposa le professeur Rogue mais les deux autres refusèrent net. Harry expliqua que l'homme détestait trop les Gryffondor en général - et lui en particulier - pour ne pas leur poser de problèmes et le blond dû admettre qu'il avait raison. Ce fut finalement Ron qui trouva la solution, Harry ayant refusé catégoriquement d'appeler Dumbledore : le professeur McGonagall. La femme était, certes, directrice de Gryffondor mais elle était également, et surtout, la directrice adjointe de l'établissement. Et donc, par la même, l'adulte ayant le plus de pouvoir hiérarchique à Poudlard, après le directeur bien sûr. Ils avaient d'office écarté Lockhart de leur liste, l'homme étant tout sauf un adulte responsable.
Le blond demanda donc à son elfe d'aller chercher le professeur McGonagall. La créature parti sans demander son reste et revint quelques secondes plus tard avec la directrice de Gryffondor. Qui se dégagea aussitôt arrivée et se tourna vers les garçons.
Ils reculèrent de quelques pas en voyant à quel point elle semblait furieuse. Et effectivement, lorsqu'elle prit la parole, ce fut pour leur demander des explications. Harry raconta l'histoire depuis le début. Ou, plus précisément, depuis la conversation qu'ils avaient surpris dans le couloir jusqu'à maintenant.
Une fois qu'ils lui eurent expliqué ce qu'ils attendaient d'elle - à savoir qu'elle détruise le journal -, la femme demanda à l'elfe de les emmener ailleurs - eux trois et Miss Weasley - et de revenir la chercher quand elle l'appellerait.
L'elfe déposa les trois garçons dans le hall puis emmena la jeune fille à l'infirmerie. Ne sachant pas ce qu'ils devaient faire ensuite, ils décidèrent d'attendre là que la directrice de Gryffondor revienne les chercher.
Ils eurent l'impression d'attendre des heures durant alors qu'il ne s'écoula probablement que quelques minutes. Ils relevèrent la tête en entendant du bruit et furent soulagés en voyant l'elfe réapparaître avec l'adulte qui venait très probablement de leur sauver la vie. Harry ne pensais pas avoir un jour ce genre de pensées mais, pour une fois, il était très heureux de voir arriver un professeur.
En voyant l'interrogation dans leurs regards, le professeur McGonagall acquiesça sèchement. Aussitôt, Ron voulu aller à l'infirmerie mais l'adulte l'en empêcha et s'adressa à eux d'une voix sèche, qui laissait présager à quel point elle était furieuse :
- Mr Weasley, votre sœur va bien, dit-elle tout de même dans le but de rassurer un minimum l'adolescent, vous irez la voir plus tard. Et maintenant, suivez moi, nous allons régler toute cette histoire dans le bureau du directeur.
Ils la suivirent en silence. En arrivant devant la gargouille qui gardait le bureau directorial, Harry commença à avoir peur pour son avenir à Poudlard. Il était à peu près sûr que ce qu'ils venaient de faire, tous les trois, violait la quasi totalité des articles du règlement de l'école. Ils montèrent à la suite de la femme mais, une fois devant la porte, elle leur fit signe d'attendre là.
Et ils durent attendre. Encore. Mais cette fois ci, l'attente fut beaucoup moins longue et assez rapidement le professeur McGonagall ressortit et leur dit que le directeur voulait les voir. Harry espérait que c'était pour entendre leur version de l'histoire et non pour les renvoyer sans sommation. Le trio entra dans le bureau du directeur et celui-ci leur fit signe de s'asseoir. Il prit la parole :
- Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous renvoyer. Enfin… je devrais le faire, mais compte tenu des circonstances ça ne me semble pas être une réaction appropriée. Après tout, vous venez de sauver la vie d'une élève et d'empêcher la fermeture de l'école, dit-il de son habituel ton bienveillant.
Après les événements de l'année précédente, Harry se méfiait du directeur et se demandait si ce ton affable était authentique où si ce n'était qu'une façade destinée à tromper tout le monde sur la véritable personnalité du vieil homme. Revenant à la situation actuelle, il s'apprêtait à protester : après tout, ce n'était pas vraiment eux qui avaient sauvé les choses et toute cette histoire ce serait beaucoup plus mal finie sans l'intervention de sa directrice de maison mais le directeur le coupa avant qu'il ne commence à parler:
- Je sais qu'au sens strict du terme, ce n'est pas vous qui avez sauvé l'école et Miss Weasley. Mais je pense ne pas me tromper en disant que personne ne vous a forcé à entrer dans cette chambre et que c'est une décision que vous avez pris seuls. En cela, on peut considérer que si nous n'aviez pas décidé d'y aller, nous aurions fini la journée avec un mort et Voldemort de retour avec l'apparence qu'il avait à 16 ans.
Pour avoir permis au monde magique rester en paix encore quelques années et épargné un deuil pénible à toute une famille, je pense que vous méritez tous les trois une médaille pour services rendus à l'école. Et je crois que vous méritez de faire gagner 200 points chacun à vos maisons respectives, dit-il avec un sourire.
Il finit en ajoutant que les élèves pétrifiés allaient être réveillés dans la soirée et qu'ils n'auraient pas de séquelles.
En entendant ça, Harry eut envie de sauter dans tous les sens. Après cela, le directeur les laissa partir et les deux Gryffondor prirent la direction de l'infirmerie tandis que Drago rejoignait la grande salle.
Après leur avoir répété ce que leur avait dit le directeur - et avoir assuré à Ron que sa sœur allait bien -, l'infirmière les mit dehors sans ménagement et les renvoya vers la grande salle, où ils retrouvèrent Drago. Bien qu'il n'en dise rien, Harry ne serait rassuré que lorsqu'il reverrait Sarah et les deux autres le savaient.
Assis à la table de leurs maisons respectives, ils mangeaient en silence quand l'attention de toute la salle fut requise par le directeur. Harry et ses deux amis levèrent la tête, en même temps que le reste de l'école, pour écouter ce qu'il avait à dire :
- Pour commencer, bonsoir à tous. Je me doute que vous devez être affamés alors pas d'inquiétude, je ne vous dérangerais pas longtemps. Tout d'abord, je voulais vous avertir que l'affaire de la chambre des secrets avait été réglée. Pour des raisons de confidentialité, je ne dévoilerais pas les noms de ceux qui ont permis que les choses rentrent dans l'ordre. Libre à eux de vous en parler s'ils le souhaitent.
À ce moment-là, le discours du directeur fut interrompu par l'ouverture des portes de la grande salle et l'entrée dans la pièce des élèves ayant été pétrifiés. Harry, concentré sur son repas, ne prêta pas attention au vacarme ambiant. Du moins, jusqu'à ce que Ron, assis en face de lui, ne lui fasse remarquer qu'il y avait du nouveau. Le brun releva la tête et vit ce qui était en train de se passer. Il était comme figé. Il ne réagit que lorsque son regard croisa celui de sa sœur. Il se leva et alla se jeter dans ses bras. La jeune fille n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait que, déjà, son frère était dans ses bras en lui demandant de ne plus jamais lui refaire une peur pareille. Bien que n'ayant qu'une très vague idée de ce qu'il s'était passé, son dernier souvenir remontant à plusieurs mois, elle lui rendit maladroitement son étreinte et lui promit que ce genre de chose ne se reproduirait pas. Après cela, le garçon se recula et l'observa de la tête aux pieds. Sarah était contente de retrouver son frère mais elle devait avouer que, pour le coup, le comportement de celui-ci était plus gênant qu'autre chose. Elle décida d'intervenir :
- Harry ! dit elle à voix basse, pour être sûre de n'être entendue que de lui.
- Quoi ? répondit-il sur le même ton.
- Arrête ! Tu me gênes, là.
- Oh… euh… désolé.
Elle lui expliqua qu'elle aimerait retrouver ses amis. Elle ne précisa pas qu'elle voulait parler à Astoria, seule à seule. Elles avaient des choses à se dire.
Depuis la table de Serpentard, un certain blond observait la scène. Lui, contrairement à Harry, remarqua que la plus jeune semblait préoccupée.
Côté Serdaigle, Astoria aussi était ailleurs. Depuis des mois, elle n'attendait qu'une seule chose : pouvoir se réconcilier avec Sarah. Et maintenant qu'elle allait enfin en avoir l'occasion… Elle avait peur que la Poufsouffle ne veuille pas lui pardonner. Après tout, elle avait laissé tomber les recherches alors que son… amie ? Était allée jusqu'à se mettre en danger pour aider Colin. Son attention fut détournée par la suite du discours du directeur qui annonça la suppression des examens et la victoire de la coupe des quatre maisons par Gryffondor, celle de Quidditch ayant été annulée à cause des événements de cette année.
Quelques heures plus tard, tous les élèves avaient regagné leurs dortoirs. Dans deux d'entre eux, l'un situé près des cuisines, l'autre dans une tour, deux jeunes filles n'arrivaient pas à s'endormir. Chacune de leur côté, elles descendirent dans leur salle commune respective puis sortirent dans le couloir.
Ne se préoccupant pas de se faire prendre ou non, elles prirent sans le savoir la même direction. Perdues dans leurs pensées, elles ne virent pas arriver l'autre… et ce qui devait arriver arriva : elles se percutèrent mutuellement.
Sarah eut droit, pour la deuxième fois cette année, à une rencontre pour le moins brutale avec le sol de Poudlard. Elle se figea, des images de ses années chez les Dursley remontant dans sa tête. Elle sentit deux mains se poser sur ses épaules mais était incapable de bouger. Elle avait l'impression d'être revenue plusieurs mois en arrière, à l'époque où elle était seule chez les Dursley tandis que son frère était ici, à Poudlard. Elle entendit quelqu'un l'appeler et se concentra sur cette voix. Finalement, elle réussit à se calmer sans qu'il faille appeler un adulte. Une fois ceci fait, elle releva la tête, prête à hurler sur l'imbécile qui lui avait rappelé ces mauvais souvenirs. Elle se figea en voyant qui était en face d'elle. Astoria. Visiblement, il était temps qu'elles aient une discussion. Elles se regardèrent, étonnées de cette rencontre pour le moins inattendue, puis dirent en même temps :
- Je suis désolée !
Elles rirent. Sarah fut la première à retrouver son calme et à s'expliquer :
- Je… T'avais raison. J'aurais pas dû aller aussi loin dans mes recherches. C'était idiot, en plus d'être dangereux. Je sais que j'ai aucune excuse mais… je sais pas… si je l'avais pas fait, je… je crois que j'aurais eu l'impression de… d'abandonner Colin.
- Non. C'est ma faute. Je… je t'ai laissée tomber quand tu m'as demandé de l'aide. Tu es allée jusqu'à risquer ta vie pour aider un ami et moi… j'ai… je vous ai tous les deux laissés tomber.
Pendant quelques minutes, le couloir fut à nouveau silencieux, chacune réfléchissant dans son coin. Puis Sarah réalisa que cette situation lui pesait trop pour être encore supportable. Alors elle proposa, en espérant recevoir une réponse positive :
- On fait la paix ?
Astoria acquiesça et lui tendit une main qu'elle serra sans hésitation. Après cela, elles regagnèrent leurs dortoirs.
Le lendemain matin, Sarah eut un mal fou à émerger. Lorsqu'elle se rappela qu'aujourd'hui signait la fin de l'année scolaire, elle eut envie de replonger sous sa couette. Elle ne voulait pas retourner chez les Dursley. Il fallut que l'une de ses camarades de dortoir vienne la chercher pour qu'elle consente à se lever.
Elle descendit dans la salle commune, tirant sa grosse valise derrière elle, puis sortit dans le couloir et rejoignit le hall de l'école. Elle fut vite rejointe par ses amis. De là, ils rejoignirent la gare de Pré-Au-Lard puis montèrent dans le train.
Le trajet fut tranquille, et nettement plus détendu que celui de septembre, puisqu'ils n'avaient plus à s'inquiéter de savoir dans quelle maison ils iraient. En milieu de matinée, ils eurent la visite de la dame au chariot. Puis, juste après ce fut Harry qui vint les voir, pour informer sa sœur qu'ils partiraient avec les Weasley. Pour Sarah, ce fut la meilleure nouvelle de l'année. Puis, un peu plus tard, Astoria lui dit qu'elle allait voir avec ses parents si elle pouvait passer la deuxième partie des vacances chez eux. Elle passa le reste du trajet en ayant l'impression d'être sur un petit nuage, comme disent les moldus.
Lorsque le train arriva en gare de King's Cross, les trois amis récupérèrent leurs valises et descendirent sur le quai. Ils se dirent au revoir et se séparèrent, Astoria promettant à Sarah de lui envoyer une lettre pour l'informer de la réponse de ses parents, puis la jeune fille rejoignit son frère qui l'attendait. Ensemble, ils cherchèrent les Weasley puis allèrent vers eux une fois qu'ils eurent repéré la famille de rouquins.
Ils attrapèrent le bras qu'on leur tendit puis ressentirent la sensation désagréablement familière inhérente à un transplanage.
