Chapitre 16 : Témoignage.

Onze ans plus tôt. 27 août 2008.

Cinq heures du matin, un enfant cours dans toute la maison une casserole à la main et une spatule dans l'autre les claquants l'une contre l'autre pour réveiller toute la maison, pendant qu'un autre enfant, un peu plus calme, mais tout aussi excité, prépare un bon petit déjeuné pour tous. L'enfant turbulent débarque en courant pour se cacher derrière l'enfant calme alors qu'il est poursuivi par une tornade rousse furieuse menaçant de le tuer et de l'enterrer dans les boxes. La rousse peste alors que le turbulent lui tire la langue, se chamaillant avant d'être réprimandé par les parents -tout juste réveillés- leur demandant de baisser le ton.

Tous se mettent à table et l'enfant calme, Regina, sert le déjeuné à chacun, donnant et recevant de chacun un baiser sur la joue. Puis elle s'installe à côté du turbulent, Daniel. Son frère jumeau. Et en face de sa demi - sœur, Zelena. Daniel est surexcité, comme toujours, mais encore plus en ce matin car dans quelques heures, il participera à une grande compétition équestre, d'où ce réveil très matinal au grand dam de Zelena. Le déjeuné se fit tranquillement et tous allèrent se préparer.

Cora et Henry Mills avaient eu Regina et Daniel six ans après Zelena. Ils avaient été surpris d'apprendre que Cora était enceinte de jumeau et cela les avaient un peu stressé, mais ils s'en étaient sortie à merveille ayant deux enfants extraordinaires. Les deux jumeaux étaient inséparables au plus grand désarroi de Cora qui avait tout fait pour les séparer un petit peu voulant qu'ils apprennent à vivre un peu l'un sans l'autre. Elle avait commencé par tenter de leur donner une chambre séparée, mais sans succès. Chaque matin, elle retrouvait Daniel dans la chambre de Regina. Ils avaient seize ans et Daniel continuait à découcher chaque soir pour dormir avec celle qu'il appelait son âme sœur. Pourtant, ils étaient le jour et la nuit. Daniel était extraverti, sportif, sociable, intenable alors que Regina était introvertie, peu sociable, préférant étudier et apprendre plutôt que de faire du sport. Ils se complétaient à merveille, l'un protégeant l'autre et l'autre tempérant l'un.

Après ce petit déjeuné express, Daniel était parti voir son cheval, Dieu, afin de le préparer pour son départ. Pendant ce temps, Regina était parti se préparer et était ensuite allée faire une partie d'échec avec son père. Elle adorait ces parties d'échecs et son père adorait en faire avec la brune, de toute manière, c'était la seule qui acceptait. Cora détestait cela car ça signifiait qu'elle devrait admettre sa défaite – et Cora était bien trop fière pour oser faire un jeu tout en sachant qu'elle allait perdre -, quant à Daniel et Zelena, ils trouvaient tout ça simplement terriblement ennuyant et "ringard". Si Regina et Daniel étaient très fusionnels, c'était Zelena et Daniel qui se ressemblait le plus notamment au niveau des caractères, en dehors du fait que Zelena savait se comportait en parfaite petite peste lorsqu'elle le voulait. Celle – ci était d'ailleurs dans sa chambre potassant ses cours de médecine. Lorsqu'elle avait annoncé à ses parents vouloir faire de grandes études -de médecine qui plus est-, ses parents l'avaient de suite encouragé. Mais pour dire vrai, ils n'y avaient pas trop cru. Zelena n'avait jamais été très assidue en cours préférant sortir voire sécher pour sortir avec ses petits copains ou ses amis et pourtant, elle s'était réellement révélée et avait impressionnée ses parents par ses efforts qui étaient plus que récompensés. Bien entendu, elle sortait encore énormément et Cora avait dû monter quelques fois à Boston pour vérifier que sa fille n'était pas encore en train d'essuyer une énième cuite, mais Zelena préférait réussir ses études, travaillant d'arrache-pied. Pour agacer ses parents et surtout sa mère, Zelena disait souvent qu'elle préférait réussir parfaitement ses études et devenir un grand médecin avec plein d'interne à ses pieds comme sa mère pour pouvoir se les tapaient plus tranquillement. Zelena avait toujours adorée provoquer ses parents alors Daniel avait pris l'habitude de tout faire pour toujours provoquer Zelena, afin de renverser la vapeur. Et Regina se retrouvait souvent entre les chamailleries enfantines de sa sœur et de son frère.

Alors que Regina était en train de gagner contre son père et se moquant gentiment de lui, Katherine et David débarquèrent. Katherine s'affala lourdement sur le sofa non loin de Henry et de Regina et râla contre Daniel. Cela faisait un an qu'ils sortaient ensemble après avoir été poussée par David et Regina. Ils étaient amis depuis leurs cinq ans. À l'époque, Regina et Daniel avaient été mis dans deux classes différentes à la demande de leur mère afin de les séparer le plus tôt possible. Cette séparation avait eu un effet catastrophique : Daniel était intenable en classe piquant parfois dans des colères noires et ingérables et Regina était totalement perdue sans son frère, renfermée et se mettait à pleurer pour un rien. David et Katherine n'étaient pas jumeaux, mais ils étaient nés la même année : Katherine au mois de mars et David -d'un petit accident- au mois de décembre. Comme Regina et Daniel, ils avaient été séparés, la différence résidait dans la raison de leur séparation : ils ne s'entendaient absolument pas et passaient leur temps à se battre violemment, jaloux l'un de l'autre.

Un jour, Regina s'était mise dans un coin pour faire le travail qu'on lui demandait – comme toujours – mais refusant de le faire avec d'autres enfants qui, de toute façon se moquaient d'elle et qu'elle ne comprenait pas. David s'était assis à côté de la petite brune et avait commencé à lui parler. Butée, la petite fille n'avait daignée lui répondre et le petit garçon avait réitéré l'opération pendant des semaines, ayant le béguin pour la brune. Et un jour, alors que David se faisait malmener par d'autres enfants, Regina avait débarqué pour le défendre et avait collé une baigne à un des garçons qui embêtait tout le monde en permanence. À partir de ce jour là, les deux enfants devinrent très amis, passant leur temps ensemble à l'école. Et puis, vers le milieu d'année, Daniel et Katherine avaient été renvoyé de leur classe pour être avec leur frère et sœur. La pauvre institutrice n'en pouvait plus des colères incendiaires de Daniel alors elle n'avait pas laissé le choix à Cora pour remettre Daniel avec sa sœur. Katherine avait suivi le petit garçon, car, comme Regina, ils étaient devenus de très bons amis. Regina comme Daniel avaient vanté les joies extraordinaires d'avoir un frère ou une sœur et les deux petits Nolan s'étaient rendus compte qu'ils étaient bien plus fort ensemble plutôt qu'à se battre l'un contre l'autre. Ils avaient toujours continué de se disputer – souvent pour des broutilles -, mais ils étaient devenus bien plus proches. Tous les quatre étaient devenus très vite inséparables et avaient même découvert que leurs pères travaillaient ensemble et étaient de très bon amis. Des repas entre les deux familles commencèrent à affluer les rapprochant et scellant une véritable amitié entre les quatre enfants. Regina avait parfois un peu de mal à comprendre les trois enfants qui se lançaient dans des jeux qu'elle qualifiait de bizarre et d'immature du haut de ses sept ans, faisant rire les adultes. Mais c'était les seuls enfants avec qui, malgré ses différences avec eux, elle arrivait à s'entendre. Les années étaient passées et jamais leur amitié n'avait faibli. Regina et David étaient devenus les meilleurs amis et Katherine et Daniel aussi. Ils se tournaient autour depuis qu'ils étaient tout petit d'ailleurs, alors avec David, Regina avait décidé de, enfin, les faire tomber dans les bras l'un de l'autre. Et ils avaient partagé leur premier baiser lors de la fête de l'indépendance, le quatre juillet, un an plutôt.

Katherine râlait souvent après son petit - ami - souvent pour la forme - et ce jour ne faisait pas exception. Daniel était tellement angoissé par sa compétition qu'il était obnubilé par son étalon et ses nerfs se répercutaient sur tout le monde. Regina informa ses parents qu'elle allait le rejoindre pour le rassurer et l'apaiser et leur demanda de ne pas l'attendre, elle partirait avec Daniel et le père des Nolan - c'était lui qui tenait le ranch et entraînait Daniel -. Elle monta sur son vélo pour arriver plus rapidement dans la propriété voisine et se dirigea directement vers les boxes de celle - ci où elle trouva Daniel en train de donner un coup de pied contre une porte. Elle s'approcha doucement en l'appelant. Il se retourna et se mit à crier en disant qu'il allait tout rater, qu'il ne voulait plus faire la compétition, qu'il y aurait trop de monde, avant de s'affaler sur une botte de foin, abattu. La compétition qui avait lieu était une compétition assez connue dans la région et attendue où tous faisaient la fête en suivant les exploits des cavaliers et de leur monture : rodéo, dressage, course, cross ... Il y avait toujours un monde incroyable mélangeant toutes les sociétés et Daniel y avait déjà participé trois fois, remportant les deux dernières compétitions de cross et de dressage, mais c'était toujours la même chose, il angoissait avant et devenant aigrie voire parfois en violent. Regina le rassura avec des mots qu'elle seule pouvait trouver et pris son frère dans ses bras pour un câlin rassurant. Elle ne le lâcha que lorsque le père de David et de Katherine, George, débarqua pour leur dire qu'il était l'heure de faire monter le cheval de Daniel. Regina prit le sac de son frère et Daniel son cheval qu'il fit monter dans le vanne et ils démarrèrent. Pour une fois, la langue de Regina était totalement déliée, n'arrêtant pas de parler, pour rassurer et changer les idées de son frère. Elle lui parlait de tout et de rien. Ils étaient à trois devant, dans cette camionnette : Regina contre la fenêtre et Daniel au milieu, leurs mains liées.

Ils étaient bientôt arrivés lorsque à un croisement, le conducteur ne vit que trop tard la petite Twingo griller la priorité. Dans un mouvement de panique et pour éviter de percuter la voiture qui ne s'en sortirait pas si elle était percutée par la camionnette, le père Nolan braqua violemment son volant tout en freinant. Mais le vanne ne suivit pas et commença à se renverser sur le côté. George essaya de se remettre droit en braquant rapidement le volant, mais c'était trop tard. Le vanne se renversa et lorsque l'accroche se brisa, il fit un effet catapulte sur la voiture qui s'envola dans les airs sous les cris des trois personnes terrifiées avant de retomber lourdement sur le côté et de terminer ses tonneaux dans le champ, volant à chaque fois dans les airs pour s'écraser à nouveau sur le sol. Secoués dans tous les sens, ils étaient totalement perdus dans ce fracas de tôle, n'arrivant pas à reprendre leur souffle tant la surprise et la peur les assaillaient. Daniel et Regina ne se lâchèrent pas la main à aucun moment dans tout ce capharnaüm. Paniquée, Regina resserra sa prise sur son frère jusqu'à lui casser les os. Et finalement, plus rien. La voiture se figea sur le côté, de la fumée sortant par le moteur et des oiseaux chantant au - dessus de cette horreur.

Le souffle erratique, paniqué, Daniel regardait partout essayant de voir où il était. Ce qu'il s'était passé. Il leva les yeux en l'air et vit le père de ses amis inconscient contre le volant, maintenu par la ceinture. Il tourna la tête sur sa gauche et vit sa sœur également inconsciente, la tête reposant sur l'herbe à la place de la vitre disparue. Il la secoua pour la réveiller, elle était pleine de sang, ses cheveux longs et bruns d'habitude si bien ordonné était dans tous les sens et collés à son front plein de sang. Il était terrifié. Et il avait mal. Très mal. Il baissa la tête et vit qu'il avait l'essui glace dans son ventre. Il paniqua et resecoua sa sœur en criant son nom, des larmes perlant sur ses joues. Il se redressa avec difficulté et secoua plus mollement le père de ses amis qu'il considérait comme son oncle. Il recommença avec sa sœur en hurlant, incapable de se sortir de cet habitacle. Totalement paniqué et apeuré, il était sur le point d'abandonner et de se mettre à pleurer. C'est en voyant la main de sa sœur bouger avec difficulté qu'il se calma. Pour elle. Pour elle, il devait se calmer et trouvait un moyen de les sortir de là. Il chercha son sac pour y prendre son téléphone portable, mais celui - ci était trop loin pour lui et il n'arriva pas à bouger plus de quelques centimètres, ne sentant plus ses jambes et sentant tout son corps s'engourdir. Il se souvint que sa sœur l'avait pris et l'avait dans une des poches de sa veste. Il glissa sa main dans celle la plus proche, rien. Il laissa échappa un sanglot et sa tête se mit à tourner. Il reprit sa respiration, déterminé à appeler des secours. Il glissa sa main de l'autre côté, mais lorsqu'il tira sur la veste pour en faire sortir la poche, sa ceinture céda et il tomba lourdement et complètement sur Regina, hurlant en sentant sa blessure s'ouvrir. Totalement essoufflé, il se mit à rire en sentant le téléphone de sa sœur qu'il sortit. L'écran était cassé. Son cœur accéléra de peur que le téléphone lui soit inutile. Il appuya sur le bouton et vit l'écran s'allumer sur une photo d'eux deux avec ses parents et Zelena. Il bénit la manie qu'avait sa sœur de ne jamais mettre de code sur rien. Manie qu'il avait toujours reproché à Regina qui répondait toujours que puisqu'elle n'avait rien à cacher, pas besoin de code. Il déverrouilla le téléphone de ses mains tremblantes et appela les secours en leur donnant les informations dont il se souvenait. Où est-il ? Il ne s'en souvenait plus. C'était une dame. Une dame très gentille qui tentait de le rassurer du mieux qu'elle pouvait, lui parlant sans cesse et lui indiquant la progression des secours toutes les minutes afin de le garder éveillé. Mais il n'entendit jamais les secours arriver.

Personne n'aurait pu se douter du drame qui venait de se dérouler. Personne ne s'inquiétait de l'absence des trois. Ils parlaient, riaient, jouaient, pariaient, tous dans la bonne humeur et dans une joie éphémère. C'est Cora la première qui avait commencé à s'inquiétait lorsque son fils n'avait pas paru sur le départ de la première course. Personne ne s'était inquiété de ne pas voir Regina, il lui arrivait souvent de rester avec son frère jusqu'à la fin et de l'attendre à la sortie pour être la première à le féliciter. Elle ne s'était pas inquiétée non plus en ne voyant pas le père Nolan puisque celui-ci se trouvait soit avec ses cheveux, soit en bas des gradins pour observer son coureur ou en haut des gradins pour parlementer avec des sponsors ou des personnes influentes. Mais son fils était absent et cette situation n'était absolument pas normal. Regina réussissait toujours à le convaincre de concourir. Comme une douleur sourde dans sa poitrine, elle se persuada que quelque chose n'allait pas. Elle attrapa son téléphone et téléphona aux trois -tombant dans le vide à chaque fois-. Elle fit part de son malaise à son mari et quitta précipitamment les gradins pour se mettre là où il y avait moins de bruit, suivit par son mari et la mère des enfants Nolan qui essayaient de la rassurer avec assez peu de conviction. Ça n'arrivait jamais à Cora de paniquer, c'était inédit. Elle téléphona encore en se rendant vers les écuries où elle appela ses enfants. Ou plutôt où elle hurla leur prénom. Elle croisa Katherine, David et Zelena et elle leur demanda où se trouvait Regina et David. Aucune idée. Elle appela encore. Elle déambulait partout, suivit par les autres, et chaque fois que la sonnerie tombait dans le vide, elle réappuyait sur le bouton appel, sans même le regarder, par pur automatisme. Encore une fois. Elle entendit une voix et se figea. Elle regarda son téléphone pour voir qui elle avait appelé. Sa fille. Sa fille. Alors pourquoi était - ce une voix d'homme qu'elle venait d'entendre ? Elle remonta doucement le téléphone et se présenta. Plus rien n'avait d'importance. Elle était comme seule dans son monde, coupé par un épais brouillard noir. Elle entendit l'homme se racler la gorge et se présenter à son tour. Un pompier ? Pourquoi ? Son cœur lui sembla soudainement trop gros pour sa poitrine tant il se compressait. Ils avaient eu un accident. Il ne pouvait pas en dire plus. Ils avaient été emmenés à l'hôpital Providence Health Care. Sans plus attendre, ils se rendirent tous à l'hôpital sans voir le lieu de l'accident puisque la route avait été coupée afin de permettre aux professionnels de faire leur travail. Jamais Henry Mills n'avait roulé aussi vite de sa vie, mais il n'y pouvait rien. Savoir sans savoir était le pire des sentiments et avoir sa femme morte de peur et incapable de paraître impassible le troublait plus que jamais. C'était la première fois qu'il la voyait ainsi et pourtant, ils avaient vécu des choses terribles ensemble. Et ce comportement lui disait que c'était un signe, seule une mère pouvait savoir comment allaient ses enfants sans même les voir.

Henry se gara rapidement sur le parking, et Ruth, la mère des enfants Nolan, se gara juste en face de lui. Ils sortirent rapidement et Cora se dirigea directement vers un de ses collègues au lieu d'aller vers l'accueil. C'était l'hôpital dans lequel elle travaillait. Elle parla avec son collègue qui lui avait dit avoir vu une arrivée récemment pour un important accident de voiture, mais il n'avait pas vu qui c'était, trop occupé à gérer d'autres arrivées. Il lui demanda d'attendre cinq minutes, le temps de se renseigner et avec toute la plus mauvaise volonté, elle attendit. Elle se sentait rassurée car son collègue lui avait dit qu'il n'y avait qu'un blessé grave. Elle angoissait encore, mais dans sa tête cela signifiait que l'accident ne devait pas être si grave si une seule personne avait été admise. Ils allèrent s'asseoir et ils attendirent que quelqu'un vienne à leur rencontre. Cora détestait les patients impatients qui ne cessaient de demander des nouvelles toutes les cinq minutes, mais elle n'avait jamais était à leur place. Et maintenant qu'elle y était, elle comprenait. Elle se faisait violence pour ne pas agresser les infirmières qui ne savaient pas lui dire qui était admis et si son mari n'avait pas été là pour l'apaiser, elle aurait déjà passée les portes et aurait vérifiée bloc par bloc si ses enfants étaient ici ou non.

Elle vit un de ses collègues arriver, pâle. Cora sut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elle avait opéré des centaines de fois avec lui, c'était un ami en même temps qu'un collègue avec qui elle aimait travailler. Rumple Gold. Toujours aussi froid et distant qu'elle, gardant bien à toujours maintenir les apparences. Mais là, il n'en était rien. Il semblait épuisé, vaincu, troublé. On savait déjà qu'il n'avait pas une bonne nouvelle.

-C'est eux qui ont eu un accident. Demanda Cora, à moins qu'elle n'exposa simplement les faits ... Gold hocha la tête, ne sachant pas vraiment comment annoncer la nouvelle à sa plus grande et seule amie dont il avait longtemps été amoureux. C'est bon vas - y. Ordonna - t - elle en serrant fort la main de son mari qui avait son autre main crispée dans le bas de son dos, terriblement inquiet.

-Très bien, mais allons ailleurs. Vous serez mieux, s'il te plaît. Proposa - t - il en lançant un regard à diverses personnes du personnel qui les observaient. Cora hocha de la tête et tous suivirent l'homme jusqu'à une salle qu'il ouvrit avant de leur intimer de s'asseoir. Et il débuta son discours funeste. A priori, le conducteur a perdu le contrôle du véhicule. Le vanne s'est détaché et a projeté la camionnette en l'air, d'après les premières constatations de la police. Ils ne savent pas ce qu'ils s'est passé. Il se racla la gorge. Ils ont fait plusieurs tonneaux dans ton champ, Henry, celui du carrefour des Pensées. Vingt-sept tonneaux pour être exact. Et George Nolan est mort sur le coup. Je suis désolé.

Tous haletèrent et Ruth serra fort sa fille qui venait de l'enlacer pour y cacher sa tête et pleurer. David retint ses larmes comme l'homme qu'il pensait devoir être, mais il broya la chaise qu'il tenait de sa main, ses phalanges devenant blanches tant il serrait le siège, alors que sa mère avait attrapé son autre main pour la poser sur son cœur.

-Et mon frère et ma sœur ? Demanda Zelena, les larmes coulant alors que son père la réconfortait.

-Daniel a été le seul conscient après l'accident et c'est lui qui a téléphoné aux secours. Cependant, s'empressa-t-il de rajouter en voyant le soulagement dans les yeux de la famille Mills, il a perdu connaissance alors qu'il était encore en téléphone. Les pompiers ont tout tenté, mais c'était déjà trop tard.

-Non, stop. Supplia Cora.

-Sa blessure était trop importante et quoiqu'il arrive...

-Tais-toi. STOP ! Arrêta Cora en se levant, furieuse. Elle ne pouvait pas entendre ça. C'était trop dur. Impossible. Irréaliste.

-Cora. Attrapa son mari alors que la femme voulait sortir. Dans le coin de la porte, il l'étreignit, l'empêchant de prendre la fuite.

Cora tenta de contenir le sanglot qui lui montait en attrapant vivement les deux mains de son mari sur son ventre et posa sa tête contre la porte.

-Quoiqu'il arrive, il n'aurait pas survécu. Continua son ami. Daniel Mills est mort.

Comme un couperet, les jambes de Cora vacillèrent à l'entente de ces mots, et sans plus aucune volonté, elle se laissa tomber dans les bras de son mari dans un cri déchirant. Henri la suivit dans sa chute et laissa couler ses larmes, se mélangeant à celle de sa femme. Sous le choc, Zelena n'avait pas bougée, si ce n'est les tremblements furieux qui la parcouraient. David se leva et prit la rousse dans ses bras et avec Zelena, il se mit lui aussi à pleurer, oubliant son désir d'être un homme fort. La salle n'était remplie plus que de peine et de souffrance. Une souffrance harassante et étouffante. Rumple resta là, assis, leur laissant le temps d'assimiler ces deux terribles nouvelles. Il n'avait pas fini et se sentait épuisé. Il s'était cru capable d'annoncer cette nouvelle à ses amis, il avait voulu le faire par respect pour eux, mais finalement, il trouvait cela bien plus dur que ce qu'il pensait. Il était le parrain de Daniel. Il avait perdu son filleul. A cette pensée, et en les voyant tous brisés, en voyant la femme la plus forte qu'il n'avait jamais connu dans sa vie totalement anéantie, il laissa couler deux larmes sans prendre la peine de les essuyer et il attendit que tous se calment. Il attendit plus longtemps qu'il n'aurait fallu, mais il n'avait pas la force de les interrompre.

-Et ... Et Regina ? Demanda David après de très longues minutes, dans un sanglot et Zelena toujours dans ses bras.

A l'entente de ce prénom, tous relevèrent la tête vivement. Plongés dans leur peine, ils en avaient oublié la petite brune. La sœur jumelle de Daniel. Gold se redressa sur sa chaise et comme pour abréger tout supplice à cette famille, il n'alla pas par quatre-chemins.

-Elle est vivante.

Chacun laissa échapper leur soulagement et le médecin jeta un œil sur le couple toujours à terre, dans le coin. Il vit Cora reprendre ses esprits et se faire violence pour reprendre contenance pour sa fille. Il la vit essuyer rapidement ses yeux et elle se leva avec son mari pour aller s'asseoir sur la chaise qu'elle occupait précédemment, tremblante. A peine fut-elle assise que Zelena plongea dans ses bras. Cora l'attrapa et caressa doucement la tête de sa fille en hochant de la tête pour demander à son ami de continuer.

-La ceinture était trop grande et le choc lui a cassé une côte. Durant les tonneaux, probablement, cette côte a perforée son poumon gauche. Cela - dit, nous l'avons prise en charge à temps et de ce côté-là, elle semble allait bien. Elle a une fracture diaphysaire de l'humérus droit et nous avons dû procéder à une réduction fermée. La vitre s'est brisée et elle a dû être traînée sur le sol puisqu'elle présente des brûlures assez importantes de son côté droit. Cette vitre la coupé à divers endroits, mais les éclats de verre n'ont pas aggravé les choses. Il nous a fallu, cependant, recoudre sa lèvre dont elle gardera une cicatrice, je pense. Nous avons également dû procédé à une ablation de la ratte. Enfin, elle a un premier traumatisme crânien que j'ai réussi à résorber et ... elle ... Elle a aussi une fracture longitudinale du rocher.

-Non. Mon dieu. Non. Souffla Cora dans un sanglot, en mettant sa main devant son visage.

-Ça signifie quoi ? Demanda Henri qui ne connaissait pas le jargon médical.

-Cela signifie qu'elle a un important traumatisme. Que sa boîte crânienne, le rocher, s'est fracturé, si tu veux. Le trait de fracture a traversé la mastoïde et l'atrium et s'étend jusqu'à l'infundibulum tubaire. Ce choc a entraîné une hémorragie dans la caisse ce qui produit une surdité et a priori ce n'est qu'une surdité de transmission. Expliqua - t-il de la façon la plus simple dont il pouvait.

-Ma petite fille est sourde ? Demanda Henri en mettant sa main devant sa bouche pour étouffer un sanglot.

-Sa surdité peut-être transitoire ou définitive. Si elle n'est que transitoire, nous devrons attendre environ trois semaines pour le savoir. De toute façon, nous en saurons plus à son réveil.

-Je veux la voir. Ordonna Cora.

Son ami hocha la tête et il emmena la famille Mills jusqu'à Regina, laissant les Nolan dans la salle. Il les laissa entrer et repartit en ordonnant au personnel de ne les déranger sous aucun prétexte. En voyant sa sœur, Zelena fondit à nouveau en larmes dans les bras de son père tout en continuant de s'avancer vers la petite brune. Cora fit lentement le tour du lit, sans pouvoir détourner le regard de sa fille endormie et tira la chaise derrière elle pour s'asseoir. Elle prit la main de sa petite-fille et l'embrassa. Regina était pâle comme les draps, un pansement sur sa lèvre, un tuyau dans sa bouche et un bandage sur la tête. Son épaule droite était compressée contre une attelle grise. Ils restèrent des heures, toute la nuit à vrai dire, à attendre un signe de leur fille. Mais rien. Le seul bruit qui résidait était le bip insupportable du monitoring signifiant que Regina était bel et bien vivante.

Le lendemain matin avait été le jour le plus douloureux de leur vie. La police était venue afin de leur faire le relevé préliminaire de leur enquête et l'un d'eux devait aller reconnaître le corps de leur fils. Gold s'était proposé, mais Cora avait insisté pour le faire avec son mari. Mais elle n'avait pas supporté de voir son beau garçon allongé, sans vie, sans son éternel sourire, sur cette table froide et avait fini par tomber dans les pommes. Tout s'enchaînait trop rapidement pour tout le monde. La veille encore, ils étaient heureux, rigolant, se chamaillant et tentant de tempérer la pile électrique qui sévissait chaque jour et le lendemain, cette pile électrique n'avait plus d'électricité et ils devaient organiser son enterrement. Zelena ne comprenait pas pourquoi il fallait le faire maintenant. Elle voulait que sa sœur soit là, elle avait peur de son réveil car elle savait que sa souffrance serait supérieure à la sienne et elle n'arrivait déjà pas à gérer la sienne. Mais elle savait aussi que Regina voudrait et aurait besoin d'assister à l'enterrement, mais tous lui avaient dit non. Quoiqu'il arrive, Regina ne serait pas en état d'y assister avant un bon bout de temps. Zelena avait toujours été colérique, mais ce jour-là, elle avait eu probablement sa plus grosse colère de toute sa vie. Elle avait hurlé, désemparée, et tout cassée. Chaque objet était bon pour le jeter sur son père et sur son oncle qui tentait de la raisonner. Elle n'avait cessé qu'une fois qu'elle n'avait plus eu de force ni de crier ni de pleurer ni de jeter tout ce qu'elle avait autour d'elle. Elle était terrifiée, elle ne voulait pas qu'on enterre son frère parce qu'elle ne voulait pas qu'il ne soit plus, elle ne voulait pas que l'on continue de vivre sans sa sœur parce que pour le moment, sa sœur ne vivait pas. Elle ne voulait pas la perdre. Zelena avait fini par s'effondrer dans le salon, en boule et son père l'avait prise dans ses bras combattant un instant contre les faibles coups qu'elle lui donnait et il s'était mis à pleurer avec elle. Son frère, Léopold, les avaient laissés et était allés préparer un repas pour tous. Avec sa femme, ils avaient décidé de s'imposer chez eux voulant les soutenir et heureusement, parce qu'il était sûr que s'ils n'étaient pas venus, tous auraient oubliés au moins de se nourrir. C'est sa femme, Eva, qui avait également et pratiquement tout organisé pour l'enterrement. Henri ne s'en sentait pas capable et Cora ne voulait pas quitter sa cadette des yeux. Elle voulait revoir les yeux bruns, presque noirs, de sa fille.

Yeux que Regina ouvrit quatorze jours plus tard.

Tout était totalement flou. Elle avait l'impression d'être dans une chambre à pression. Elle constata qu'elle ne pouvait bouger qu'une main. Pourquoi ? Sa vision devint plus nette alors que sa respiration devint plus difficile à cause de la douleur qu'elle ressentait. Elle porta sa main jusqu'à son flanc droit et la laissa lourdement tomber, avec l'impression qu'elle pesait des tonnes. Les murs blancs, les draps blancs ... Elle comprit qu'elle était à l'hôpital. Mais pourquoi ? Elle essaya de faire un effort pour se souvenir, mais son attention se porta avant sur sa mère endormie à côté d'elle, son visage sur son lit. Doucement, elle ramena sa main toujours engourdie et caressa la joue de sa mère qui sursauta aussitôt la faisant elle aussi sursauter. Sa mère avait l'air terriblement fatiguée, des cernes noires mangeaient son visage. Elle vit Cora sourire et pleurer. Elle porta sa main vers le visage de Cora et essuya ses yeux avec son pouce. Cora l'embrassa et se leva pour appeler du personnel, mais lorsqu'elle revint, Regina s'endormait déjà alors elle en profita pour appeler son mari et sa fille. Elle n'attendit pas très longtemps pour tous les voir débarquer et chacun, sans un mot, attendit que la jeune adolescente de se réveilles.

Lorsque Regina rouvrit les yeux, elle se sentit un peu moins désorientée, mais elle avait toujours l'impression que tous ses membres pesaient des tonnes. Elle ouvrit plus les yeux et vit sa famille autour d'elle. Elle fronça des sourcils. Il lui avait semblé que son père parlait, mais son imagination devait lui jouer des tours, puisqu'elle ne percevait aucun son. Elle essaya de parler, mais se ravisa immédiatement avec l'impression d'avoir des aiguilles dans la gorge. Elle toussa et sa mère se précipita pour la faire boire lentement. Cette eau lui semblait une véritable bénédiction et elle se demanda depuis combien de temps elle était là. Elle regarda autour d'elle encore une fois et fronça à nouveau des sourcils. Tous étaient là. Même son oncle et sa tante ... alors pourquoi elle ne voyait pas Daniel ? Elle prononça son nom, mais tout ce qu'elle reçu fut des regards encore plus triste. Un flash s'imposa dans son esprit. Elle était en l'air, le verre volant partout dans la voiture qui retomba avec une violence inouïe sur le sol. Regina haleta et réclama son frère encore. Elle voulut se lever, mais Henri la retint et Regina le repoussa avec une force que personne n'aurait imaginé qu'elle aurait d'autant avec de pareilles blessures. Dans son geste brusque, sa perfusion s'arracha, mais elle n'en eut cure. Elle tenta de se lever, la respiration totalement erratique, criant désormais le nom de son âme-sœur. Zelena lui avait crié que Daniel était mort, mais sa sœur n'entendit rien. Soudain, son esprit se mit à tourner, sa vue se troubla, et la dernière chose qu'elle vit lorsqu'elle tomba au sol fut un infirmier brun courir vers elle suivit d'une infirmière avec des dreadlocks.

Ce n'était pas son travail, mais Gold avait tenu à faire tous les tests de Regina. Il avait intimé la famille Mills de rentrer afin qu'il puisse faire son travail et afin qu'ils puissent tous se reposer un peu. Regina irait mieux, ça ne pouvait que l'être. Mais comment annoncer à une jeune fille, qu'elle était désormais sourde -en tout cas pour un temps- à cause d'un accident de voiture qui avait tué son frère. Il eut énormément de mal à faire cela. Il ne savait pas comment faire pour la garder calme tout en lui annonçant les milliers de nouvelles. Il avait passé tout une nuit à écrire sur des pancartes, qu'il avait numérotés, indiquant tout ce qu'il avait à dire. Sur la première pancarte, Regina avait lu qu'il lui expliquerait tout petit à petit et qu'elle devait attendre pour avoir ses réponses, sans quoi il partirait, la laissant s'imaginer n'importe quoi. Regina connaissait suffisamment le meilleur ami de sa mère pour savoir qu'il serait capable de la laissait en plan, alors elle obtempéra, faisant du mieux qu'elle pouvait pour retenir ses questions. Rumple s'en voulait un peu, il avait l'impression de lui mentir et de la trahir en lui faisant croire que tout aller bien, mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour qu'elle l'écoute sans paniquer et demander sans cesse son frère. Il avait également demandé à Cora de ne pas revenir avec Henri et Zelena tant qu'il n'avait pas fini les tests afin de ne pas la perturber de ne pas voir Daniel. Cora avait hurlé et menacé de le tuer sur-le-champ, mais Henri -comme à son habitude- avait su la raisonner. Toutefois, elle avait refusé de quitter l'hôpital. Alors elle était restée dans son bureau, tentant sans réellement tenter, de travailler.

Dans sa deuxième pancarte, Rumple lui dit qu'elle avait eu un accident et lui demanda si elle s'en souvenait. Elle hocha la tête et s'apprêta à demander des nouvelles, mais il la fit taire avec e une autre pancarte lui interdisant toute question si elle n'avait pas un rapport avec sa santé. Elle respira douloureusement, ravala ses larmes et attendit la prochaine pancarte. Les suivantes lui expliquèrent ses blessures. Il commença par la plus bénigne à la plus grave. Et ensuite, il lui dit qu'il voulait l'ausculter et à chaque examen, il lui faisait lire la pancarte lui expliquant ce qu'il lui faisait et ce qu'il voulait qu'elle fasse. Jamais il n'avait été aussi lent pour faire des examens, jamais non plus il n'avait été autant à l'écoute d'un patient. Mais il voulait faire en sorte que tout soit le moins pénible possible. Il avait toujours adoré Regina. C'était sa préférée des enfants Mills et un secret pour absolument personne. Elle était calme, intelligente, à l'écoute et elle avait quelque chose qui ne s'expliquait pas ... Il passa plusieurs heures à effectuer tous les examens, faisant parfois de longues pauses afin que Regina puisse se reposer un instant, les examens étant très éprouvants. Et finalement, il arriva aux dernières pancartes. Durant toutes ces heures, Regina n'avait pas dit un mot. Elle se contentait de hocher la tête de droite à gauche ou de haut en bas. Parler la perturbait parce qu'elle ne s'entendait pas. Elle sentait ses cordes vocales bouger, mais elle n'entendait aucun son sortir et cela la mettait mal-à-l'aise. Elle avait peur d'avoir l'impression de sortir un son, mais de n'en sortir aucun. Elle avait peur de se tromper de mot. Ça pouvait sembler bête. Une fois un mot appris, on ne l'oublie pas, mais comment être sûre de dire les bonnes choses lorsqu'on ne s'entend pas ?

Elle regarda Rumple s'asseoir face à elle et elle eut l'impression qu'il portait toute la peine du monde sur ses épaules. Il semblait si fatigué d'un coup.

-Daniel ? Prononça-t-elle comme pour lui donner du courage.

Il la regarda et eut envie de pleurer en voyant le petit sourire encourageant qu'elle avait. Il tira sa pancarte qu'il retourna lentement vers la petite brune qui, en lisant, ramena ses genoux contre sa poitrine et cacha sa tête entre les deux, respirant doucement sentant son cœur s'emballer. George était mort. Cela lui paraissait totalement impossible. Elle avait compris. Elle ne voulait pas comprendre, mais elle avait compris. Elle attendit d'avoir le courage nécessaire et releva la tête et croisa à nouveau le regard du médecin qui semblait ne plus avoir de courage pour abattre sa dernière carte. Elle lui prit sa main et la serra doucement comme pour le faire réagir et lui donner un peu plus de courage. Rumple se flagella et s'en voulu d'être aussi lâche quand la petite fille en face de lui faisait preuve d'autant de courage. Il retourna sa pancarte et lui laissa le temps de la lire. Il avait fait attention à choisir des mots allant droit au but, ne voulant pas qu'elle se fasse de faux espoirs. Il attendit qu'elle finisse de lire, se préparant à une réaction violente. Mais il était bien loin de tous les scénarios qu'il avait imaginé. Regina s'est contenté de hocher la tête plusieurs fois, comme si elle assimilait ce qu'elle venait de lire, laissant ses larmes couler et puis, en silence, elle s'allongea et offrit son dos à l'homme. Totalement surpris, il préféra attendre voulant être sûr qu'elle allait bien, mais au bout de deux heures, il décida de partir. Il ne l'avait pas entendu pleurer, ni crier, ni supplier. Il n'avait vu que son corps trembler quelques fois lui indiquant qu'elle ne dormait pas. Il se rendit à son bureau et expliqua sa journée à Cora qui ne comprit pas non plus la réaction de sa fille.

Les jours suivants, Regina accepta de faire ce qu'on lui demandait, c'est-à-dire manger, boire, coopérer pour faire ses exercices de rééducation dans l'unique but qu'on lui fiche la paix ensuite. A bien y réfléchir, sa famille et ses amis auraient cent fois plus préférés que Regina ne les rejette plutôt que ça. La première fois que Zelena l'avait vu -et même si sa mère lui avait demandé de ne pas être trop brusque-, Zelena n'avait pas pu s'empêcher de prendre sa petite sœur dans ses bras, trop heureuse. Mais Regina n'avait pas réagi une seule seconde, elle avait senti la secousse de sa sœur, mais n'avait pas rendu l'accolade. Elle n'avait même pas sourcillé, attitude que Zelena n'avait pas compris. La rousse avait eu l'impression que sa sœur était là sans vraiment l'être. Juste après, Regina s'était rallongée et, les yeux grands ouverts, elle leur avait tourné le dos. Elle était incapable de fermer ses yeux. Tout ce qu'elle voyait, c'était la main de Daniel serrant la sienne et des débris de verre voler partout. Elle n'arrivait même pas à se souvenir de lui dans la voiture. Elle était totalement perdue. Elle avait vécu tous ses jours avec lui et il n'était plus là. Elle avait l'impression d'être morte à l'intérieur d'elle. Elle ne ressentait absolument rien, un vide total qui la perturbait énormément, sans compter ce silence. En plus de ne plus l'entendre rire et parler fort, elle n'entendait plus personne du tout. La seule chose qui lui rappelait qu'elle était bien vivante, c'était ses horribles migraines et cette impression d'avoir du coton dans les oreilles. Cette douleur qui lui donnait parfois la nausée, mais elle n'avait rien dit à personne.

Finalement, ils la ramenèrent au Manoir. Epuisée, Regina s'était endormie durant le trajet et Henri avait attrapé sa fille, la portant comme une princesse, et la coucha. Zelena demanda si elle pouvait dormir avec sa sœur et personne n'avait eu le cœur à lui refuser. La brune s'était réveillée le lendemain matin à cause du volet qu'ils avaient oublié de fermer. Confuse, elle avait eu énormément de mal à se retrouver. Elle se souvenait avoir passé plusieurs semaines dans un hôpital ? Elle était rentrée, c'est vrai. Elle était dans sa chambre. Elle ne voulait pas y être. Des larmes commencèrent à lui monter, mais elle les ravala brusquement en sentant un mouvement contre elle. Elle tourna la tête et vit une masse à ses côtés et un dos. Un cauchemar ? Oui, c'est ça, elle avait fait un cauchemar. Elle laissa ses larmes couler totalement à l'aise avec son frère et le pris dans ses bras en l'appelant. Zelena entendit sa sœur l'appelait et compris immédiatement qu'elle avait fait une erreur en entendant Regina lui dire qu'elle avait fait un horrible rêve avec lui qui était mort. Elle se retourna rapidement pour faire stopper sa petite-sœur qui avait hurlé en voyant Zelena à sa place et s'était vivement reculé, se rattrapant de justesse pour ne pas tomber du lit. Zelena essaya de la rassurer, mais tout ce que Regina voyait c'était sa sœur tendant ses mains vers elle, les yeux grands ouverts et ouvrant fermant frénétiquement la bouche sans émettre aucuns sons. Pourquoi pas de bruit ? Elle ne se souvenait plus, ou peut être que si. Elle attrapa le cadre à côté d'elle et le jeta à terre. Elle vit le verre se briser, mais pas de bruit. Ce n'était pas un cauchemar. Jamais. Elle lâcha un cri de désespoir, mais encore une fois elle n'entendit rien. Elle en avait marre de ne rien entendre. Elle hurla encore une fois en poussant brusquement Zelena de son lit faisant tomber la rousse à terre. Dans le même fracas, la porte de la chambre s'ouvrit sur les parents de Regina, paniqués. Ils tentèrent de la calmer, mais Regina les repoussa, hurlant toujours plus fort et appelant toujours plus son frère. Elle hurlait tellement que ses cordes vocales auraient pu lâcher, mais elle voulait s'entendre. Comme une claque, elle comprit que plus rien ne serait comme avant. Elle vit son oncle et sa tante dans le coin, toujours dans le couloir. Elle vit sa sœur en larme dans les bras de sa mère, elle s'en voulu d'être comme ça, mais elle était incapable de se contrôler. Elle se laissa tomber contre sa tête de lit et pleura alors que son père la prenait dans ses bras, la berçant tout doucement, lui chuchotant des mots rassurants qu'elle n'entendrait jamais. Elle sentit sa respiration lui devenir de plus en plus douloureuse alors qu'elle ne contrôlait plus rien. Elle avait tellement mal à la tête, tellement mal au cœur, sa mâchoire tellement crispée lui devenait douloureuse. Elle n'en pouvait plus. Elle savait que c'était le chaos, mais elle n'entendait plus rien. Il n'était plus là, il n'y avait plus aucun bruit. Son frère avait emporté avec lui tous les bruits. Toute la vie. Toute sa vie. Elle sentit son ventre se contracter brusquement et eut l'impression d'étouffer. Cora comprit immédiatement et indiqua à son mari d'emmener rapidement sa fille aux toilettes. Il la porta à nouveau, ne sachant pas où il pouvait trouver encore la force de porter sa fille dans ses bras. A peine l'eut-il déposé sur le sol de la salle-de-bain que Regina se laissa aller, incapable de combattre les convulsions de son estomac plus longtemps.

Elle sentit la main de son père caresser son dos doucement, la rassurant toujours, tout en la soutenant contre les toilettes, incapable de se supporter elle-même. Elle laissa reposer sa tête contre la cuvette, tremblante et pleurant toujours, occupée à essayer de reprendre sa respiration entre deux hauts le cœur. N'en pouvant plus, elle se laissa tomber en arrière dans les bras de son père, sur le carrelage froid. Son père lui caressait ses cheveux collés à cause de la sueur et elle vit sa tante Eva lui tendre doucement un verre d'eau fraîche. Regina tenta de prendre le verre à travers sa vision floue, mais constatant la faiblesse et les tremblements de sa nièce, Eva garda le verre dans ses mains malgré les petites mains de l'adolescente qui s'étaient posé sur le verre et l'aida à boire, la forçant à finir tout le verre. Une fois finie, elle resta dans les bras de son père jusqu'à s'endormir. Ou s'évanouir.

Les jours suivants, Regina passa son temps couché dans son lit, refusant systématiquement que quelqu'un d'autre que ses parents n'entre dans sa chambre. Les nausées avaient disparu laissant place au vide écrasant qu'elle ressentait. Même dormir lui devenait impossible, seuls les médicaments que le médecin lui avait prescrit parvenait à l'apaiser un temps. Ses parents se relayaient à son chevet, tentant de la faire manger et parler, mais Regina ne faisait plus rien. Elle restait en boule dans son lit, l'oreiller du côté où son frère dormait toujours compressé dans ses bras. Ses parents étaient terriblement inquiets et Cora n'en pouvait plus. Un soir, elle avait demandé à sa fille ce qu'elle voulait qu'elle fasse pour qu'elle puisse se sentir mieux. Regina, qui n'avait pas parlé depuis des semaines, avait dit qu'elle voulait mourir et retrouver son frère. Regina avait brisé le cœur de sa mère. Cora n'avait pas supporté ces mots et était sortie rapidement de la chambre pour s'adosser contre la porte et s'y laisser glisser, pleurant à chaude larme. Son mari l'avait retrouvé là et elle lui avait raconté ce que sa petite-fille avait pu lui dire. Il avait tenté de la rassurer et elle s'était énervé contre lui, ne voyant pas son autre fille cachée -qui avait préférée ne pas retourner en cours tout de suite- dans les escaliers un peu plus haut.

-Regarde-là ! Elle n'a pas mangé depuis une semaine et elle arrive à peine à bouger. Et maintenant ça. Je ne supporterais pas de perdre un autre enfant, Henri. Avait hurlé Cora en se laissant aller à pleurer, épuisée par tout ça. Il y avait beaucoup trop de choses à gérer pour elle, son deuil, le deuil de sa fille ... C'était beaucoup trop.

Zelena en voulu terriblement à sa sœur de faire encore plus souffrir ses parents. Elle avait déjà vu son père pleurer, être inquiet, mais sa mère, jamais. Et la voir aussi anéantie la perturbait énormément, elle mourrait d'envie de secouer sa petite-sœur pour qu'elle remonte la pente. Mais elle n'osa pas, encore plus en entendant ce que sa petite-sœur souhaitait réellement. Le lendemain et les jours suivants, Zelena décida de se relevait et prépara le petit - déjeuné et les repas pour tous, forçant ses parents à manger. Elle fit tout ce qu'ils ne faisaient plus -et finalement tout ce qu'elle avait refusé de faire avant-, elle faisait en sorte de revivre et de leur montrer qu'elle revivait. Cette attitude avait redonné de la force à Henri qui avait repris le travail et s'était rendu compte que les dernières semaines, il ne s'était focalisé que sur sa cadette et pas un moment sur son aînée qui ne devait pas se sentir aussi bien qu'eux. Il voyait à quel point elle avait mûrit et à quel point elle prenait sur elle, car d'ordinaire, elle ne supportait pas ne pas être le centre de l'attention et le faisait savoir. Pour lui changer ses idées, il avait demandé à sa belle-sœur de rester à la maison pour veiller sur sa fille, ne sachant pas où était sa femme et respectant son besoin de solitude et il avait emmené Zelena dans un spa pour la détendre et parler un peu. C'était la première fois qu'ils avaient ce moment père/fille. Avant cela, jamais ils n'avaient fait quelque chose que tous les deux, cet instant leur permis de se rapprocher et permis à Zelena de vider son sac. Henri s'était excusé de l'avoir un peu oublié et Zelena lui avait assuré qu'elle comprenait totalement. Elle lui fit part de son sentiment qui la mettait mal-à-l'aise depuis quelques jours, cette colère qu'elle ressentait envers sa sœur de ne pas réussir à se relever. Elle avait l'impression de ne pas avoir aimé correctement son frère. Son père l'avait rassuré en lui disant que chacun gérait sa peine à son rythme et comme il le pouvait et qu'il ne fallait pas oublier que Regina et Daniel étaient très fusionnels. C'était la première fois de toute sa vie que Regina était séparé de son frère depuis plus de neuf heures. Il y a avait trop de changement pour la brune pour qu'elle puisse faire le tri dans son esprit et prendre les choses bien entre la mort et sa cécité. Cette conversation leur avait fait énormément de bien, tellement que les semaines suivantes, une fois par semaine, Henri emmenait sa fille quelque part pour prendre soin d'elle -et vice-versa- et s'évader de cette maison devenue étouffante.

Quelques jours plus tard, un médecin était venu et avait lourdement insisté pour faire hospitaliser la brune, soulignant son état de santé alarmant. Mais Cora avait refusé, ne voulant pas être loin de sa fille et Henri comme Zelena avaient argumenté le fait qu'il n'y avait que chez eux et entourée de sa famille que Regina irait mieux, persuadés que l'éloignement ne ferait qu'empirer les choses. Le médecin avait fini par cédé et avait posé une perfusion à la brune.

Les semaines continuaient de passer et Regina n'avait pas bougé d'elle-même une seule fois. Elle laissa sa mère la nettoyer sans combattre, telle une poupée de chiffon. Elle ne voulait plus vivre sans son frère. Elle était incapable d'abréger ses souffrances, trop faible et parce que cela signifierait bouger et agir, et faire quelque chose signifiait vivre et elle refusait de vivre sans lui, alors elle attendait. La situation devenait de plus en plus invivable pour Cora qui arrivait de moins en moins à résister. Voir son mari et Zelena reprendre goût à la vie la désespérait encore plus, elle ne voulait pas qu'ils aillent mieux. Pure jalousie finalement parce qu'elle n'arrivait pas à voir comment ils pouvaient, parfois, sourire.

Toujours le regard dans le vide, Regina fronça des sourcils en ayant cru voir une ombre passer. Elle sursauta presque en voyant cette ombre ouvrir rapidement les rideaux, l'éblouissant et la faisant mettre sa tête sous sa couverture. Cependant, sa couverture fut vivement tirée et ses yeux furent attirés par son amie totalement paniquée tenant une feuille dans les mains. Elle la lu et son cœur se serra de panique, elle ravala la nausée qui lui monta et se leva rapidement oubliant qu'elle était branchée à sa perfusion. Elle l'arracha et se raccrocha à Katherine pour ne pas tomber et se laissa conduire jusqu'à la chambre de son frère. Elle vit David au téléphone, probablement avec les secours.

-Maman ? Appela - t - elle. Mais sa mère ne réagit pas. En tout cas, elle n'entendit rien.

Elle respira, tentant de calmer l'angoisse qui montait en elle et tenta de réfléchir à quoi faire, essayant de chasser le brouillard de sa tête. Elle vit que Katherine avait simplement écrit "elle gémit". Regina connaissait d'ordinaire les bons gestes à prendre ayant suivi des cours de premiers secours, mais elle sentait son esprit s'embrumer. Elle sentait qu'elle était à deux doigts de s'évanouir.

-Aidez moi. Articula - t - elle, détestant toujours autant le fait qu'elle ne s'entendait pas parler. David l'aide à mettre sa mère sur le côté et Regina plongea ses doigts au fond de la gorge de sa mère afin de la faire vomir. Après deux tentatives, sa mère régurgita tout et retomba aussitôt dans les pommes n'entendant pas les mots suppliants et rassurants de sa fille.

Entre temps, David avait entendu les secours arriver et était descendu pour les guider au plus vite. Katherine prit Regina dans ses bras pour la décaler et laisser les ambulanciers faire le travail. Elle tremblait et angoissait terriblement. Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Elle ne pourrait pas la perdre aussi. Elle ne sut pas vraiment ce qu'il s'était passé ensuite, puisqu'elle se réveilla à nouveau dans son lit, Zelena allongée sur le dos à côté d'elle, fixant le plafond, tout un tas de feuille sur son ventre. Elle fronça des sourcils. Avait-elle encore rêvé ? Non, elle ne rêvait plus. Doucement, elle caressa la joue de sœur qui sursauta, surprise et de peur de faire paniquer à nouveau sa sœur. Depuis l'incident, Zelena n'avait pas revu sa Regina.

-Maman ? Murmura la cadette, les larmes aux yeux.

Zelena prit un post-it qu'elle tendit à sa sœur et sur lequel il était écrit : 'Maman est vivante'. Regina hocha doucement de la tête, sa mâchoire crispée pour ne pas pleurer.

-Ma faute ? Murmura-t-elle à nouveau.

Zelena se retourna pour se mettre face à sa sœur dans le but de la rassurer, mais elle en fut incapable là maintenant. Alors, elle se contenta de hocher doucement la tête pour dire oui. Regina hocha à nouveau de la tête et se mit à pleurer en demandant pardon. Zelena s'en voulut immédiatement et doucement, elle prit sa sœur dans ses bras espérant ne pas se faire repousser. Regina s'agripa au gilet de sa sœur et pleura, Zelena avec elle. Elles pleurèrent un long moment, savourant leur retrouvaille. Une fois un peu plus calme, Regina s'écarta de sa sœur pour pouvoir voir son visage et essuya ses joues, faisant rire Zelena. C'était un geste que sa sœur avait depuis qu'elle était petite, ne supportant pas de voir les gens pleurer, elle ne pouvait pas s'empêcher d'essuyer leurs yeux en fronçant des sourcils.

-Quoi ? Souffla encore une fois la plus jeune en montrant les feuilles qui étaient tombées entre elles.

Zelena attrapa le bloc de post-it et écrivit rapidement quelque chose dessus. Elle avait réfléchi deux secondes pour savoir si c'était une bonne idée de montrer tout ce qu'elle avait écrit à sa sœur plus que fragile, mais bien vite elle s'était dit que Regina avait justement besoin de vérité au lieu de continuer de l'enliser dans tout ce drame.

'J'étais en colère contre toi, mais je pouvais rien te dire. Alors papa m'a conseillé d'écrire tout ce que je voulais te dire. Et hier soir, j'étais plus qu'en colère, alors je suis venue écrire ici comme pour te parler pour de vrai'.

-S'il te plaît. Demanda Regina alors que Zelena avait retenu les feuilles qu'elle avait tenté de prendre.

Zelena lâcha les feuilles et prit sa sœur dans ses bras, la laissant lire. Les feuilles étaient dans le désordre et Regina eut dû mal à se repérer dans le temps. Parfois, elle lisait à quel point sa sœur se sentait mal de toute cette situation, à quel point Zelena la détestait de ne pas réussir à se relever, à quel point Zelena avait peur de perdre aussi sa petite sœur et à quel point elle lui manquait ... Au fur et à mesure qu'elle lisait, elle se rendait compte qu'elle avait laissé la peine l'envahir tellement qu'elle en avait même oublié que les autres pouvaient en avoir. Pour dire vrai, elle avait occulté l'existence de sa sœur, se focalisant seulement sur l'inexistence de son frère. Lire tous ses mots, parfois crus et douloureux, auraient pu la rendre encore plus mal, mais au contraire, elle se rendit compte qu'elle n'aurait pas dû s'accabler autant. En réalité, elle commençait à avoir honte de s'être accaparé toute la peine du monde, empêchant tous ses proches de faire son deuil, envenimant même la situation avec sa mère. Elle ne lut pas tout, n'en pouvant plus. C'était trop dur. Et de toute façon, certaines feuilles disaient la même chose, seulement avec des mots différents. Elle se mit à pleurer en demandant inlassablement pardon d'être si égoïste. Zelena essaya de la rassurer et de lui dire qu'elle ne lui en voulait pas, mais elle ne savait pas comment faire pour communiquer simplement. Lorsqu'elle sentit Regina un peu plus calme et capable de se concentrer pour lire, elle reprit un post-it et écrivit : 'je veux savoir ce qui te broie l'esprit'.

Regina voulu lui répondre par écrit, mais trop faible, elle n'arriva pas à manier le stylo, la rendant plus mal encore. Elle n'avait pas envie de parler à voix haute, mais elle voulait continuer de discuter avec la rousse. Zelena réfléchit un instant et se leva sous les yeux pleins d'incompréhension de sa sœur et revint avec l'ordinateur posé sur le bureau. Elle l'alluma et ouvrit un traitement de texte puis posa l'ordinateur sur sa sœur. Avec un doigt et affreusement lentement -même pour Regina qui était assez patiente-, elle expliqua à sa sœur son incapacité à se relever.

'Je suis désolé, mais c'est trop dur. J'y arrive, je peux pas vivre sans Daniel. Je suis pas assez forte'.

'Bien-sûr que si tu l'es. Tu as toujours été la plus forte d'entre nous trois. Tu as toujours pris soin de nous quand on avait nos peines de cœur ou qu'on se disputait. C'est grâce à toi si on ne s'est jamais battu plus que ça, parce que tu nous as toujours tempérés. Tous les deux. Tu n'as jamais rien abandonné de ta vie. Je ne veux pas que tu abandonnes là. Daniel était juste ton filet, mais tu as toujours agi de toi même. Tu ne te rends pas compte que le vrai pilier entre nous trois, c'était toi. Et j'ai besoin de mon pilier, moi. Et si vraiment tu as besoin d'un filet, je peux être là pour toi.'

'C'est pas juste.'

'Je sais.'

'J'aurais dû mourir avec eux.'

'Non...' Commença à écrire Zelena, mais Regina reprit l'ordinateur.

'Je ne comprend pas pourquoi ils n'ont pas survécu et moi si. C'est injuste. George avait une famille des enfants, Daniel devait être un cavalier extraordinaire, il avait Katherine. J'aurais voulu mourir avec eux.'

'Ne dis pas ça, s'il te plaît. On aurait tout autant été dévasté si tu étais morte. Je ne veux pas te perdre, sis'. Tu as toujours été ma première confidente, j'ai besoin de toi moi'.

Cette phrase fit finalement un peu sens dans l'esprit torturé de la jeune fille. Elle passa doucement son index sur les touches du clavier, réfléchissant quoi répondre et puis elle appuya.

'J'ai l'impression d'être totalement vide. De ne plus pouvoir rien ressentir si ce n'est cette douleur dans ma tête et ces nausées dès que j'y pense.'

'Quelle douleur dans ta tête ?'

'J'ai tout le temps mal à la tête, comme quand tu rentres de tes soirées et que tu as tes gueules de bois, je crois. Et j'entends toujours ce bruit assourdissant, qui m'entête et me rends encore plus malade.'

'Tu entends du bruit ?' S'enquit Zelena, gardant difficilement son enthousiasme, pensant que sa sœur commençait à réentendre.

'Non. C'est juste un sifflement aigu que j'entends tout le temps et qui me fait mal.'

'Pourquoi tu n'as rien dit ? Question bête, je refais : les médicaments que tu prends te font quelque chose ?'

'J'en prends pas.'

'Pourquoi tu ne prends rien si tu as mal ?'

'Parce que ça me fait sentir que je suis vivante.'

Zelena ravala le sanglot qui lui enserrait la gorge, reprenant sa respiration pour se calmer. Elle trouvait toutes ces paroles trop dures, mais elle avait envie de continuer. Elle avait encore une question qu'elle voulait poser depuis le réveil de sa sœur. Elle voulait retrouver leur relation d'avant où toutes les deux, lorsque Daniel n'était pas là, elles pouvaient parler de tout et de rien. Elle s'en voulait d'être jalouse de la relation que son frère et sa sœur avaient, elle s'en voulait d'avoir été si longtemps jalouse d'être laissée de côté. Toute son enfance, elle avait gardé cette rancœur qu'elle n'avait comprise que ces dernières semaines en parlant avec son père et elle voulait l'oublier pour tout reconstruire.

'Pourquoi tu ne veux pas parler ?'

'C'est bizarre. Et j'ai peur.'

'De quoi ?'

'De me tromper. Je sais que je parle, mais j'entends pas ce que je dis et c'est déstabilisant. J'ai peur de me tromper de mot et de ne pas m'en rendre compte, j'ai peur de parler trop fort ou pas assez fort parce que j'arrive pas à sentir ma tonalité. C'est comme si mon corps agissait, mais que j'étais à l'extérieur de celui-ci pour le voir, mais que tout était flou et donc, je ne peux pas contrôler ce qu'il se passe. C'est bizarre et j'aime pas.'

Zelena hocha la tête et reprit sa sœur dans ses bras pour la bercer et s'apaiser. Elle resta un long moment dans les bras l'une de l'autre jusqu'à ce que Regina ne rallume l'ordinateur tombé en veille et ne tape :

'J'ai même pas pu lui dire au revoir'.

Zelena embrassa sa sœur et lui expliqua la crise qu'elle avait eu quelques jours après l'accident. Néanmoins, elle lui raconta aussi l'enterrement de son frère qui avait été atroce et terriblement dur pour elle. Elle s'était sentie seule, terriblement seule. Elle avait détestée voir autant de monde présent, même des élèves du lycée que Daniel n'appréciait pas ou des gens qu'il ne connaissait pas. Elle avait haï toute cette situation qu'elle avait perçue comme terriblement hypocrite et avait fini par aller à l'hôpital pour être avec la seule personne avec qui elle voulait être ce jour-là. Après cet énorme pavé, Regina lui demanda si elle pouvait l'emmener jusqu'au caveau. Zelena ne savait pas si c'était une bonne idée, mais elle dit oui. Elle prit la perfusion de sa sœur prenant garde à la maintenir dans le bon sens, et doucement, elle aida sa sœur à marcher, celle-ci étant encore très faible. Dans le hall, elle attrapa les clefs de sa mère en se disant que si elle apprenait un jour qu'elle avait osé conduire son bébé, elle se ferait sûrement arracher le cœur sur le champ. Elle installa Regina à l'avant de la voiture et passa côté conducteur et démarra. Elle aurait dû mettre à peine dix minutes, mais à la place elle mirent à peu près le double puisque en route, Regina eut peur de la vitesse qu'arborait sa sœur et ne voulant pas que Regina ne fasse une crise d'angoisse maintenant, elle avait roulé à la vitesse la plus lente qu'elle pouvait. Elle la guida ensuite vers la tombe de leur frère, encore submergée de fleur de différentes couleurs. Regina s'approcha de la stèle et passa ses doigts dans la gravure du prénom de Daniel, puis sur les dates de sa vie. 01/02/1992 - 27/08/2008. Elle jeta un vase loin d'elle dans un accès de rage incontrôlable et Zelena la prit immédiatement dans ses bras pour que sa sœur ne profane pas la tombe et la petite brune se mis à pleurer à nouveau. Lorsqu'elle n'entendit plus sa sœur pleurer, elle comprit que celle-ci avait fini par s'endormir. Elle essaya de la réveiller, mais Regina était tombé dans un sommeil profond. La journée avait été plus que rude en émotion. Elle se félicita d'avoir pris son téléphone et appela son oncle, incapable de porter sa petite-sœur. Celui-ci arriva rapidement, paniqué et les récupéra en grondant la rousse, mais Zelena le réprimanda en lui disant qu'en quelques heures, elle avait fait plus de progrès qu'en quelques mois.

Les jours suivants, Zelena prit à cœur à faire en sorte de changer les idées de sa sœur, lui racontant des histoires, lui montrant des dessins qu'elle faisait ... Parfois, Regina lui répondait et d'autres fois, elle passait ses journées à parler seule. Alors que Zelena était en train de montrer une robe qu'elle voulait donner, elle entendit ses parents arriver. Trop heureuse, elle demanda à Regina si elle voulait venir avec elle, mais Regina refusa. Zelena n'insista pas, elle avait compris que Regina se sentait réellement coupable de l'acte de sa mère et avait tout fait pour la convaincre qu'elle n'était en rien responsable, mais la petite brune était rongée par la honte et s'en voulait terriblement. Elle avait compris qu'il ne fallait pas la brusquer sans quoi elle se braquait et se renfermait sur elle-même, alors elle alla voir ses parents. Le lendemain, alors que Henri et Zelena étaient dehors, Regina se leva et se dirigea vers la chambre de ses parents.

Elle ouvrit doucement la porte et vit sa mère assise dans son lit, un livre à la maman et une tasse de thé dans l'autre. Cora releva la tête en entendant la porte s'ouvrir et se trouva incapable de dire ou faire quoique ce soit tant elle était surprise de voir sa fille. Regina s'avança doucement dans la pièce et vint s'asseoir à côté de sa mère.

-Tu es debout ma chérie ? Comment tu te sens ? Demanda-t-elle avec empressement en prenant la main de sa fille, sortant de sa stupeur. Excuse-moi. Dit-elle en voyant le regard d'incompréhension et gênée de Regina. Elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet et récrivit la question sur un morceau de papier.

Regina hocha de la tête et renvoya la même question à sa mère. Elles étaient toutes les deux terriblement gênées, ayant toutes les deux hontes de leur comportement et de ses conséquences. Les larmes aux yeux, Regina écrivit ses excuses auprès de sa mère qui s'en voulu immédiatement. Elle lui expliqua que ce n'était pas de sa faute, elle avait tout simplement craqué et n'avait pas vraiment fait attention. Des jours qu'elle ne dormait plus, des jours qu'elle entendait ce silence assourdissant, elle souhaitait seulement se reposer. Les deux femmes s'excusèrent et pleurèrent encore de longues minutes avant de s'étreindre l'une contre l'autre tout en continuant de parler sur des morceaux de papiers qu'elles arrachaient d'un bloc. Dans un moment de pure vérité, elles se dirent tout ce qu'elles avaient sur le cœur, tout ce qui les oppressaient tellement. Elles avaient envie que tout s'arrange et elles savaient que c'était en passant par là. Mais elles n'eurent même pas besoin de se faire violence pour oser parler, tout venait tranquillement et naturellement. Toutes les deux se redécouvraient. En entendant son mari criait après Regina, Cora l'appela pour lui éviter une trop grande panique et celui-ci entra rapidement dans sa chambre où il vit Regina et Cora assise l'une à côté de l'autre, au milieu de plein de morceaux de papier, des traces de larmes sur les joues. Avec Zelena, il rejoignit les deux femmes sur le lit et tous les quatre, comme une famille, ils passèrent la soirée à parler par le billet des petits papiers, sans jamais prononcer un seul mot.

Les jours suivants, Regina ne quitta plus sa mère ayant trop peur malgré-elle de la perdre. Peur que Cora comprit et accepta, trop heureuse de voir sa fille vivre à nouveau. Tous les quatre, ils apprirent la langue des signes, passant des journées à apprendre grâce aux livres et à Internet. Et entre elles, entre Cora et Regina, elles apprirent à lire sur les lèvres de l'autre, passant des heures et des heures à essayer de décrypter le mouvement des lèvres, les amenant parfois à des fous rires incontrôlables. Des fous rires au départ, très mal vécu par Regina, mais au fil du temps, elle s'habitua. Et puis finalement, elle en eu marre. C'était le mois de mars, Zelena n'était toujours pas retourné en cours, elle non plus et Cora n'avait pas retravaillé non plus. Elle n'avait supporté revoir personne hormis son oncle et sa tante ainsi que les enfants Nolan qui apprenaient avec elle la langue des signes et géraient en secret ses crises d'angoisse récurrentes. Elle refusait d'en parler à ses parents ou Zelena, ne voulant pas les inquiéter plus que de raison, alors David et Katherine veillaient en permanence à ce qu'elle n'en fasse pas et petit - à - petit, ils apprirent à gérer les crises de leur amie et à les comprendre, quelques fois. Mais ayant marre que tous ne s'apitoient sur leur sort, elle débarqua dans le salon où Cora lisait avec Zelena et Henri et leur demanda à tous de bouger leurs fesses, offusquant les deux femmes devant elle. Elle sortie un tableau sur lequel elle avait fait un planning indiquant qu'elle aiderait Zelena à avoir ses examens -ce qu'elle fit avec arrachement et autorité-, qu'elle passerait elle aussi ses examens -toutefois elle refusa de retourner au lycée, de toute manière elle n'y allait seulement parce qu'il y avait Daniel et elle ne se sentait pas capable de faire face-, elle ordonna à sa mère de se remettre au travail et demanda à son père de l'aidait à faire à manger. Les Nolan venaient ce soir. Elle était partie, ne laissant pas vraiment le choix aux autres qui n'avaient pas pu s'empêcher de sourire grandement, heureux de retrouver la Regina qu'ils connaissaient.

Zelena eut son année, Regina aussi. Cora redoubla de froideur à l'hôpital ne supportant pas les regards de pitiés de ses collègues, mais elle redoubla aussi de douceur envers ses filles, devenant plus maternelle qu'avant. Les mois passèrent et la famille Mills recommença enfin à vivre après des mois à pleurer, il y eut encore des jours sans qui les accablaient, mais ils arrivaient à les surmonter en se soutenant.

Onze ans plus tard. 2 septembre 2019.

-Ensuite, j'ai eu mes examens avec un an d'avance finalement et avec l'autorisation de mes parents, j'ai passé cinq mois au Pérou avec Rumple pour un stage de médecine. J'y suis allée en tant que stagiaire infirmière pour que ça passe mieux, j'avais besoin de construire quelque chose de nouveau, même si ma mère et mon père sont souvent venu me rendre visite. Maman a passé trois mois avec moi, d'ailleurs. Je me souviens que ça avait d'ailleurs énormément agacé mon père. Expliqua Regina.

Durant son récit, elle était passée derrière Emma pour la serrer fort contre elle, laissant reposer sa tête contre son dos et nouant ses jambes autour de sa taille. Elle trouvait cette position bien plus simple, elle préférait ne pas sentir le regard de sa compagne sur elle, alors elle avait tout raconté, caché derrière elle. S'arrêtant parfois lorsque l'émotion était trop forte et Emma avait attendu sans dire un mot dans ses moments là, caressant ses jambes et ses mains pour l'apaiser. Patientant. Et Regina reprenait, luttant contre l'angoisse et la peine qui l'étouffait, ne pouvant plus s'arrêter. Elle avait besoin d'aller jusqu'au bout, elle était reconnaissante de la patience dont avait fait preuve la blonde qui posait parfois des questions pour l'aider à trouver le fil de ses paroles.

-Et ensuite, tu es venue directement à Boston ?

-Oui, j'ai fait toutes mes études là-bas. Avec Zelena, David et Katherine on a vécu en colocation pendant toutes nos études. Zelena avait fini, mais elle voulait qu'on vive ensemble et moi aussi. Katherine s'est lancé au départ dans l'architecture et David dans la police dans l'optique utopique de retrouver le mec qui nous a coupé la route.

-Vous ne l'avez jamais retrouvé ? S'étonna Emma.

-Non et ça était super dur pour lui quand il s'est rendu compte qu'on n'aurait jamais de réponse. Tout ce qu'on sait, c'est que c'était une voiture rouge puisqu'on a retrouvé de la peinture sur la voiture de George. Mais on l'a jamais retrouvé et j'ai aucun souvenir de l'accident à part de sa main dans la mienne et des débris de verre. Répondit Regina en ne prononçant pas le nom de son frère. Emma avait remarqué que Regina faisait toujours en sorte de prononcer autre chose que son prénom, prénom qu'elle n'avait dit que deux fois durant son récit et dont avait suivi de très longues minutes de silence, alors elle préféra ne pas relever ce point.

A la place, en demandant l'autorisation, Emma se retourna pour voir le visage de sa compagne qu'elle n'avait pas vu depuis des heures, depuis qu'elle s'était mise à parler. Elle se retourna et passa ses jambes autour de Regina et posa son front contre le sien.

-J'aurais tellement aimé que tu n'aies pas à vivre ça. Je ne sais pas quoi faire pour que tu te sentes mieux.

-Je crois que tu as réussi. Je me sens bien la maintenant, fatiguée j'avoue, mais bien. Tu me fais sentir bien, je t'assure.

-Et ta tête ? Demanda Emma en fronçant des sourcils et en caressant les temps de Regina.

Elle savait que la brune était souvent sujette à des céphalées, mais elle n'avait jamais su à quoi c'était dû et à quel point c'était déroutant. En réalité, Emma pensait simplement que c'était dû à la fatigue et au stress.

-Maintenant ? J'ai mal. Déclara honnêtement Regina.

-Comment tu as su que tu pouvais réentendre ?

-Quand j'ai dit à Zelena que j'entendais souvent des sifflements, elle en a parlé à ma mère quelques mois plus tard qui m'a emmené chez le médecin. En fait, j'ai juste ce qu'on appelle une surdité unilatérale. Pour faire court, en boostant un peu, avec les appareils par exemple, je peux entendre. Pas tout, mais je peux entendre.

-Quand as - tu réentendu ?

-Trois ans plus tard. Il fallait d'abord attendre que tout se répare bien.

-Ça a dû être troublant de réentendre, non ?

-J'ai paniqué, complètement et j'ai détesté ça finalement. Soupira Regina en rigolant, les larmes aux yeux. J'étais plus qu'heureuse de pouvoir réentendre, mais dans tout ça, il y avait quand même une voix que je n'entendais pas. Plus. C'est à ce moment là que maman m'a emmené ici. J'étais totalement perdue et incapable de me calmer. Ça faisait des années que je n'avais pas fait de crise pareille retombant même dans le silence. Alors ma mère m'a tiré jusqu'ici et m'a expliqué ce qu'était cet endroit pour elle et m'a autorisé de revenir ici. C'est probablement un des endroits qui m'a le plus apaisé.

-Vous êtes une famille incroyable. En vous voyant comme ça, jamais j'aurais cru que vous aviez survécu à tant d'épreuves. Tu es la femme la plus forte que j'ai jamais connue.

-Question épreuve, tu n'es pas mal non plus. Plaisanta Regina.

Les deux femmes s'embrassèrent chastement et continuèrent à parler un long moment de leur enfance et toutes leurs peines. Emma comprenait enfin pourquoi la brune parlait peu d'elle et peu de son enfance et savourait ces confessions, consciente qu'elle n'en entendrait pas autant avant longtemps. Elles avaient passé la journée sur cette île et en voyant le soleil commençait à tomber, elles décidèrent de se lever et de retourner au Manoir. Un bras autour de l'autre, elles avancèrent doucement à travers les champs. En arrivant au Manoir, Henry accourus rapidement vers les deux femmes pour un gros câlin et leur proposa de manger. Tous à table, ils passèrent une bonne soirée, loin des peines de chacun. Epuisée, Regina fut la première à s'excuser pour monter se coucher. Elle prit une douche chaude la détendant et en sortant de la salle-de-bain, serviette autour de son corps, elle trouva Emma et Henry sur le lit. Elle râla et alla se mettre en pyjama avant de les rejoindre. Henry grimpa sur elle pour avoir un câlin.

-Tu es encore triste ? Demanda-t-il.

-Je vais beaucoup mieux, maintenant. Rassura la brune en le serrant fort dans ses bras.

-Est-ce-que je peux dormir avec vous ? Demanda-t-il du tac-au-tac à Regina.

Regina regarda Emma qui hocha de la tête. Elle dit donc oui. Henry avait déjà demandé l'autorisation à sa mère après une grande discussion qu'il avait eu tous les deux et où Henry avait posée une grande question à Emma. Emma l'avait rassuré en lui disant que c'était tout à fait possible, mais elle lui avait demandé d'attendre quelques jours sentant la brune encore fragile et émotive. Pour une question de timing, elle préféra tempérer son fils. Cela-dit, elle ne s'attendit pas à la demande de la brune qui fusa.

-Vivez avec moi.

-Quoi ? Demandèrent-ils tous les deux surpris et pas sûr d'avoir très bien entendu.

-Vous passez tout votre temps chez moi sauf quand vous faites vos soirées avec Mary et August. Je vous veux tout le temps, emménagez avec moi, s'il vous plaît.

-Oui, oui, oui, oui, OUI ! Hurla Henry en sautant sur le lit sans même laisser le temps à sa mère de répondre.

"Tu veux ?" Signa Regina perturbait par le silence de la blonde.

"Oui". Acquiesça Emma en venant embrasser la brune.

-On habite chez toi ? Demanda Henry extatique.

-Comment vous voulez.

-Va pour chez toi, y a plus de place. Adjugea Emma dans un clin d'œil.

-Va pour chez nous. Souffla Regina.

Avec beaucoup de difficulté, elles réussirent à tempérer Henry qui était excité comme jamais à l'idée de vivre comme une vraie famille. Après s'être fait gentiment gronder par Emma qui l'informa qu'elles étaient très fatigué, Henry se coucha entre les deux qui l'entourèrent chacune d'un bras, liant leur main, et tous s'endormir.