Hello à tous :)

Voici le nouveau chapitre !

Je tiens à m'excuser d'avoir manqué une semaine de publication. J'ai fini d'écrire cette partie, mais il faut que je passe à la correction du reste des chapitre, sauf que je n'avais plus de stock et dans le même temps j'ai été prise par l'écriture de la deuxième partie (15 chapitres d'écrits, apparement l'inspiration était là ^^)

Bref je vous laisse profiter de votre lecture.

Les scènes en caractère gras son directement tirés du livre : Harry Potter et l'Orde du Phénix dont J. détient la propriété


Disclaimer : Le monde et les personnages de la saga Harry Potter sont la propriété de J.


Le mur de salle commune glissa et Dorea employa une grande inspiration, s'apprêtant à affronter le regard de ses camardes. Quand elle pénétra la salle commune de Serpentard, un silence de plomb tomba dans la pièce et plusieurs dizaines de paires d'yeux se tournèrent vers elle.

Elle aperçut les cinquièmes années installés sur les fauteuils et canapés près de la cheminée, entourés de la plupart des élèves de sixième et septième années.

Dorea aperçut le regard fixe que lui jetait Daphné, et lorsqu'elle rencontra ses prunelles azur, la blonde détourna aussitôt les yeux. La rousse se sentit blessée, bien malgré elle. C'était comme si elle n'était qu'une inconnue, un pestiféré, une indésirable, que personne ne voulait approcher.

- Qu'est-ce que tu fais là, Potter ? cracha Drago en se levant du fauteuil sur lequel il était assis en compagnie de Pansy. On ne se cache plus ?
- Mon nom est Artwood, rétorqua Dorea en fronçant des sourcils.
- Je t'appelle comme bon me semble, dit Drago la moue rebutée. Tu n'es qu'après tout la fille d'une sale sang-de-bourbe, une moins-que-rien. Alors tu n'es même pas digne de respect !

Pansy gloussa tandis que Dorea serra les poings, haussa le menton fièrement et afficha une expression stoïque et froide, ses yeux verts foudroyant le blond du regard. Une part d'elle refoula la blessure grandissante poindre en elle après les mots du jeune homme. Elle détestait ce garçon, de tout son être, elle le haïssait et elle ne permettrait à personne de lui parler de cette façon. La colère prit alors le pas sur le heurt qu'elle ressentait et ses mains commençait à trembler.

Ces dernières vingt-quatre heures, elle était passée par tant d'émotions, que cela l'étonnait que ses pouvoirs et ses tremblements n'aient pas apparus plus tôt.

- Fais attention, Malefoy, tu ne sais rien de moi. Fais attention, car d'un battement de cil, je pourrais te détruire, si je veux.

Malefoy se tourna vers ses amis et tous éclatèrent de rire.

- Tu te prends pour qui, Potter ? demanda-t-il narquois.
- C'est ARTWOOD ! cria Dorea

Drago s'approcha lentement de Dorea, jusqu'à frôler son visage de son nez. La jeune fille ignora la chaleur qui montait en elle et affronta du regard les orbes métalliques qui l'observaient avec mépris.

- Bienvenue en enfer, Artwood, susurra le jeune homme.

Dorea se recula sans lâcher du regard le garçon puis monta dans son dortoir et referma sèchement la porte de la chambre, pour découvrir les draps de son lit, ses habits, ses livres, ses sacs, ses chaussures, ses affaires personnelles en somme, déchiquetées et décimées partout dans le dortoir.

Dorea se précipita dans la salle de bain et fit la seule chose qui la soulagea : s'infliger une nouvelle morsure dans son bras, rouvrant la plaie qui peinait à cicatriser à présent.

Dorea employa toute la soirée à réparer ses affaires et à les ranger, quand elle eut terminé, elle alla en cuisine, manger rapidement un morceau.

Elle prit alors le temps de réfléchir aux dernières vingt-quatre heures qui s'étaient écoulées. Sa vie avait changé du tout au tout. Et elle était un peu perdue. Elle avait perdu ses repères. La seule certitude qui demeurait et la rassurait, c'est que son père était en sécurité. Lucius Malefoy devait être à présent au courant de la vérité la concernant et certainement Lord Voldemort par extension. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle soit elle aussi dans le sillage du mage noir, si ce n'était pas déjà fait.

Le lendemain matin, Dorea décida de monter dans la Grande Salle. Plusieurs têtes se retournèrent sur son passage et elle préféra se mettre en bout de table, sous les regards hargneux des serpentards.

Les hiboux surgirent comme chaque matin dans La Grande Salle, mais ne fut pas une surprise de ne voir aucun volatile s'approchait d'elle. Son père ne pouvait pas lui envoyer de courrier au risque de mettre en péril sa sécurité. Ombrage devait à présent surveiller ses lettres, et elle ne lui accorderait pas la satisfaction d'envoyer quoi que ce soit à qui que ce soit. Même si l'envie lui démangeait de prendre de ses nouvelles.

- Hé Artwood ! héla Pansy Parkinson, collée contre Malefoy au centre de la table. Tu as vu les nouvelles de ce matin ?

La brune brandit la page titre du journal de la Gazette où le château d'Highclere figurait en photo.

« LE SOMBRE SECRET DE LA FAMILLE ARTWOOD »

- Ben alors ? Pourquoi cette tête ? se moqua la brune. Tu n'as plus papounet pour te protéger ? Il est où ? Il a fui ? Ou non, mieux ! Tu ne vaut tellement rien qu'il t'a abandonné comme tes parents Potter ! Même ton frère vaut mieux que toi.

Le silence s'était fait dans la grande salle. Dorea lança un regard à la table des professeurs et n'y vit que le professeur Ombrage, qui lampait son thé avec délectation. Bien évidemment, Parkinson n'aurait jamais agi comme cela devant les autres professeurs.

Ensuite, elle dévia son regard vers la table des gryffondors et vit Harry, la mine furax et baguette à la main, qui s'était levée. Hermione tentait de le faire rasseoir avant qu'il n'agisse sottement.

La dernière phrase de Parkinson avait profondément blessé la serpentard, mais elle ne devait pas se laisser faire. Alors elle décida de riposter.

Elle reporta son attention sur la brune, qui se faisait bécoter par Malefoy. L'image lui contracta l'estomac, et comme elle l'avait senti ces dernières semaines, une bile remonta dans sa gorge. Elle devait à tout prix refouler ce sentiment à l'égard du blond. Elle le détestait, elle le haïssait.

- Hé Parkinson ! héla-t-elle à son tour.

La brune se tourna, la mine fière vers Dorea, ainsi que les autre serpentards.

- Tu as peut-être raison, mes parents, tous autant qu'ils soient m'ont abandonnés. Mais clairement, je suis tellement heureuse et soulagée, de ne pas être à ta place.
- Et pourquoi tu dis, ça ?
- Parce que ta seule raison de vivre, est un albinos doublé d'un toutou qui n'a pas hésité une seule seconde à te tourner le dos quand j'ai claqué des doigts, tout ça pour avoir le privilège de me bécoter un placard à balai.

Le sourire de Pansy se fana soudainement et le visage de Malefoy était devenu blême avant de passer à la fureur. Elle vit Daphné baisser le regard, mais sourire discrètement.

Puis avec un rictus goguenard, ne cessant de fixer le blond, elle se leva et quitta la Grande Salle.

Elle savait que Malefoy ne souhaitait pas que l'école entière sache qu'il avait entretenu une relation qui allait au-delà de la simple camaraderie avec la sœur de son ennemi juré. Elle s'était peut-être abattu une balle dans le pied, mais sincèrement, ça ferait plus de mal à Drago qu'à elle. Et ça ne tarderait pas à venir aux oreilles de Lucius Malefoy, étant donné qu'Ombrage était présente.

Quand elle arriva dans le Hall d'Entrée, elle distingua un bourdonnement s'élever de la Grande Salle, et c'est avec un sourire satisfait que Dorea se dirigea vers son premier cours.

Le reste de la journée passa relativement, calmement, hormis le fait que la riposte de la rousse le matin même qui a déclaré elle-même qu'elle était sortie avec Drago Malefoy, avait embrasé l'école entière. Ce dernier avait tenté de réfuter ces propos, en déclarant que ce n'était qu'un mensonge éhonté, mais personne n'était dupe.

Lors des cours qu'elle avait eu en journée, que ce soit en Potion où elle regagna sa place au fond de la classe, en Arithmancie où elle s'était installée à côté d'Hermione, ou même dans les autres cours, Dorea s'éloigna du groupe de ses anciens amis, mettant une distance généreuse entre elle et eux. Cela n'empêcha pas Drago de la menacer en se tranchant le cou de son index, ou Pansy la scrutait d'un œil malveillant.

Elle put, auprès de ses professeurs, rattraper son retard des cours qu'elle avait manqué la veille. Même le professeur Rogue fut compréhensif… à sa façon, tout en lui indiquant que c'était la dernière fois que ça se reproduisait. Harry n'eut pas vraiment cette chance, puisqu'il écopa d'une retenue en compagnie de Dorea, le vendredi suivant.

Dans l'après-midi, Henry alla la voir, et l'informa froidement qu'elle était virée de l'équipe de Quidditch. Puis était reparti, sans cérémonie. Mais simultanément, Dorea s'en est douté et après tout, cela ne lui fit ni froid, ni chaud.

Le soir arrivant, la jeune fille fut tout de même soulagée de se trouver au point de rencontre que lui avait donné Harry.

Elle attendit quelques minutes avant d'apercevoir Harry, Ron et Hermione apparaître au bout du couloir.

- Salut, dit timidement la jeune fille.
- Salut, dit Harry en se postant devant elle.

Il eut un grand sourire, l'air soulagé.

- On se demandait, après la journée que tu as vécue, si tu aurais la force de nous rejoindre, commenta Hermione.
- Précisément, j'avais hâte de voir ce que vous me cachez depuis hier.
- Ne restons pas dans le couloir pour le moment, dit Harry en flanquant un coup d'œil par-dessus son épaule.

Il contourna Dorea, qui fit volte-face pour faire front à la tapisserie de Barnabas le Follet, puis elle vit Harry amorcer des allers-retours devant la tapisserie, s'arrêter devant, entrouvrir un pan du tissu pour dévoiler une porte dissimulée.

- Venez ! dit-il aux trois comparses.

Harry ouvrit la porte et les quatre élèves entrèrent dans la pièce. Dorea se trouva dans une immense salle, où les murs était recouvert de miroirs, le plafond voûtés était recouvert d'arches surplombant le sol de pierre.

Dans un coin, régnait une bibliothèque, puis des mannequins encapuchonnés sur roulettes étaient alignés.

Au centre, plusieurs coussins de velours étaient dispersés sur le sol. Dans le fond, et Dorea, en fut intriguée, un bidets de toilette était disposé.

- Dorea, je te présente la salle sur demande, dit Harry.
- C'est splendide, souffla la jeune fille en regardant dans les hauteurs.
- C'est une salle, qui peut réaliser le moindre de tes souhaits, expliqua Hermione.

Dorea se tourna vers la brune et fronça des sourcils.

- Si j'ai envie d'une part de gâteau à la mélasse…

Hermione sourit et lui fit un signe de tête vers les coussins. Dorea se tourna et vit une petite assiette où une part de gâteau à la mélasse était posée, avec une fourchette.

- C'est incroyable ! s'exclama la rousse en s'avançant pour saisir le dessert, et le manger sans attendre. Et en plus, c'est super bon ! dit-elle en avalant une bouchée.
- Cette salle, nous sert pour nous entraîner contre les forces du mal, déclara Harry.

Dorea suspendit son geste et dévisagea son frère.

- Tu veux dire que vous avez réellement formé un groupe pour contrer les cours d'Ombrage ?
- Oui, affirma Harry. Ce groupe se nomme l'Armée de Dumbledore. Et… - il émit un regard à ses deux amis – j'aimerais que tu en fasses partie.

Dorea considéra son frère, puis ses deux amis, et commença à déambuler dans la salle.

- Je croyais que vous n'acceptiez pas de serpentards ? demanda Dorea en arquant sourcils, observant Ron, qui rougit jusqu'aux oreilles.
- En effet, dit Hermione. Mais tu n'es pas comme tous les autres serpentards. Et puis tu es…
- Ma sœur, acheva Harry. Chose que j'ai encore du mal à croire, et je suppose qu'il va me falloir du temps, mais… voilà.

Une gêne s'installa entre la jeune Artwood et le jeune Potter.

- C'est oui, dit soudainement Dorea. Bien évidemment que je ferais partie de l'Armée de Dumbledore, sourit-elle.
- Oh, c'est super, Dorea! exclama Hermione. Je t'assure, tu vas adorer !

Hermione sortit un parchemin de la poche de sa cape et s'avança vers Dorea qui finissait de déguster sa tarte.
Quand elle déroula le parchemin sous les yeux de la jeune fille, cette dernière vit une longue liste d'élève défiler.

Hermione lui fournit une plume, et Dorea s'empressa de signer son nom en bas de la liste sans tergiverser.

- Pourquoi l'Armée de Dumbledore ?
- Fudge a tellement peur que Dumbledore construise une armée contre le ministère, que l'on s'est dit que c'était une idée brillante de désigner notre groupe de cette façon, expliqua Harry.

Hermione rangea le parchemin tandis que des élèves de serdaigle entrèrent dans la pièce.

Dorea fit la connaissance de Terry Boot, Padma Patil, Michael Corner, Marietta Edgecombe, Anthony Goldstein, Cho Chang et Luna Lovegood.

Cette dernière, arborant des radis en guise de boucle d'oreille, parut extrêmement étrange à Dorea, car elle lui certifia que sa tête était remplie de Joncheruines.

- C'est quoi des Joncheruines ? chuchota Dorea à Harry
- Ne cherche pas à comprendre, lui répondit Harry à voix basse.
- Salut Harry ! dit Cho Chang en s'approchant du frère et de la sœur.
- Salut… Cho, répondit le brun avec une certaine hésitation.

Dorea réprima un sourire amusé, en voyant son frère rougir quand Cho repartit vers son amie Marietta. Mais elle ne posa aucune question, se disant qu'ils n'étaient pas assez proches pour avoir ce genre de discussion.

Par la suite, un groupe de Pouffsoufle pénétra la pièce. Dorea enserra chaleureusement la main des élèves, et ravie qu'ils l'accueil avec engouement.

- Je suis ravie de faire ta connaissance Dorea, c'est un honneur, fit Ernie McMillan pompeusement.
- Euh… Moi aussi.

Puis enfin, les gryffondors arrivèrent en dernier où Fred et George Weasley la saluèrent avec taquinerie.

- Ah, mais ce ne serait pas la petite copine de ce bon vieux Malefoy ? demanda l'un des jumeaux Weasley.
- Je crois bien que si, Fred ! ajouta George.
- Alors il embrasse comment ? interrogea Lavande Brown avec excitation en s'immisçant dans le petit groupe. Tu as quand même de la chance, il possède une sacrée réputation, dans ce domaine.
- On parle de Malefoy, Lavande, intervint Ginny Weasley avec dédain.
- Oui, et je me passerai des détails, dit Harry à son tour. Rien que d'avoir su que ça se passer dans un placard à balai…

Un frémissement parcouru le jeune homme et le reste du groupe éclata de rire.

- En tout cas, tu l'as bien remis à sa place ce matin, dit George avec un clin d'œil.
- Oui, mais c'est de l'histoire ancienne, depuis le match de Quidditch. Je suis sincèrement désolé qu'il ait parlé de vos parents de cette façon, dit Dorea d'un ton affligé. Je ne savais pas qu'il était comme ça. Il était différent avec ses amis… enfin … nous.
- Ne t'excuse pas Dorea, dit Ginny. La droite que tu lui as mise, nous a amplement rendu justice.

Dorea, pour la première fois depuis quelques semaines, sourit ouvertement et se sentit plus enjouée qu'elle ne l'avait été jusque-là. Ils allèrent s'asseoir sur les coussins et Harry se posta de sa hauteur devant eux.

- Bien, vous avez tous fait connaissance avec ma… Enfin, avec Dorea. Alors, bienvenue à elle. Aujourd'hui, nous allons…
- Comment on peut-on lui faire confiance ? s'éleva une voix au fond de la pièce.

C'était un garçon de Poufsouffle qui avait parlé, grand, blond, le nez en pointe, du nom de Zacharias Smith. Dorea divagua alors vers un autre garçon blond quelques étages en dessous.

- Et je répondrai, comment on peut te faire confiance à toi, Smith ? rétorqua Dorea avec sa verve coutumière.
- Je ne suis pas à Serpentard moi ! Tu vois un autre serpentard ici ?
- Et toi, tu vois un autre idiot de ton genre, ici ? répondit la rousse.
- Je crois que tu détiens ta réponse Smith, ajouta George Weasley.

Le poufsouffle se renfrogna et garda le silence.

- Bien, comme je disais, aujourd'hui, nous allons travailler le Maléfice du saucisson. Levez-vous tous et mettez-vous par groupes de deux ou trois.

Dorea se leva et vit que chaque élève se joignit avec leur ami. Dorea se retrouva seule durant un instant, ne sachant que faire, alors qu'Harry démontré le geste qu'il fallait pour exécuter convenablement le maléfice.

- Dorea ! appela-t-il. Est-ce que tu veux bien réaliser une démonstration avec moi ?

La jeune fille approuva puis se plaça à l'autre bout de la pièce, face à Harry, tandis que leur congénères se poussèrent contre les murs pour leur laisser de l'espace.

- À trois, on y va ! annonça Harry. Un… Deux…

Dorea pointa sa baguette vers Harry d'un mouvement leste et aussitôt le brun tomba immobile à terre.

Les élèves lorgnèrent la jeune fille, ahurit.

- Bah, quoi ? Si je suis à Serpentard, c'est qu'il y a une raison, dit-elle en haussant les épaules.
- Tu sais lancer un informulé ! s'étonna Hermione tandis que Ginny se précipitait vers Harry pour défaire l'incantation. Mais c'est du niveau de fin de sixième année.
- C'est efficace pour les duels, répondit simplement la jeune fille.

Harry se releva avec l'aide de la cadette Weasley.

- Bien… Euh… je crois, que c'était une très belle démonstration, dit le garçon en se frottant l'arrière de sa nuque. À vous de jouer maintenant.
Tout en jetant des regards éberlués à l'adolescente, ils se regroupèrent par deux ou trois élèves. Harry s'approcha, l'air soupçonneux.

- Comment as-tu fait cela ?
- Je savais qu'un jour, j'allais devoir me battre contre les forces du mal, dit Dorea. Mon père et… Dumbledore, m'ont tout apprit.
- Tu… Tu sais faire quoi d'autres ?
- Le sortilège du patronus… l'occlumencie …

Harry acquiesça du chef pensivement.

- Quelle forme à ton patronus ?
- C'est un aigle, révéla Dorea.

C'est alors que pour la première fois, Harry lui sourit et Dorea le lui rendit.
La jeune fille ne se défit pas son sourire quand elle retourna dans sa salle commune. Elle se sentait bien. Comme si chaque chose reprenaient sa place initiale. Elle avait vécu une soirée agréable, et avait hâte de retourner à la réunion de l'A.D.

Hermione lui avait fourni une pièce en forme de gallion en lui précisant qu'elle serait informée du jour et de l'heure à laquelle aurait lieu la prochaine réunion. Cela était un bon moyen d'échapper à la surveillance accrue de Dolores Ombrage.

Décembre arriva en apportant dans son sillage, la neige et le froid de l'hiver blanc. Dorea faisait peu à peu connaissance avec son frère, et de ses deux amis : Ron et Hermione.

Mais la jeune fille se sentait plus seule que jamais. Malefoy et sa bande, hormis Théo, Daphné et Blaise, avait mis à exécution leur menace.

Chaque jour suscitait sa peine. Humiliation durant les cours, dans les couloirs, et moqueries en tout genre dans la Grande Salle à l'insu des professeurs.

Elle se sentait une pestiférée, et personne ne pouvait faire quoique ce soit. Parfois, elle prenait sur elle, et ignorait les quolibets et d'autre fois elle ripostait.

La jeune fille avait pris l'habitude de manger en cuisine, parfois accompagnée d'Harry, et parfois seule. Elle évitait de plus en plus la Grande Salle.

Elle se sentait de plus en plus épuisée de ce harcèlement moral et s'infligeait de plus en plus les morsures qui la soulageaient.

Harry, Ron et Hermione, au courant de ce qu'il se passait dans l'antre des serpents, la suppliait d'aller voir un professeur, mais elle ne voulait pas donner cette satisfaction à ses congénères.

Un soir, alors qu'elle était recluse à la bibliothèque, manquant l'heure du dîner une fois de plus dans la Grande Salle, Harry la rejoignit, s'installant face à elle.

- Salut ! dit le jeune homme.
- Salut, répondit Dorea distraitement en écrivant sur son parchemin.
- Comment tu vas aujourd'hui ? s'enquit le brun
- Aussi bien que d'habitude. Parkinson a tenté de colorer toutes mes affaires en bleu et rose et Malefoy a mis des serpents dans mon lit.

Harry entrouvrit la bouche de stupéfaction.

- Il faut vraiment que t'aille voir un professeur Dorea, ça ne peut pas continuer !
- Ne t'inquiète pas, j'ai transité les serpents dans la malle de Blondie et de Parkinson.

Harry sourit en imaginant la tête des deux serpentards quand ils découvriront la riposte de sa sœur.

- Je suis venu pour te demander de m'accompagner ce soir, rencontrer quelqu'un, dit Harry d'un ton énigmatique.

Dorea leva la tête de son parchemin et fronça des sourcils, intriguée.

- Attends-moi devant ta salle commune, ok ?
- D'accord…, dit Dorea avec hésitation.

Harry repartit aussitôt avec un grand sourire aux lèvres. La jeune fille ne put s'empêcher de penser qu'il paraissait moins morose qu'au début de l'année.

Elle haussa les épaules et retourna à son devoir d'Histoire de la magie.

Le soir même, alors qu'elle redescendait dans la salle commune bondée d'élèves, Dorea se dirigea discrètement vers le mur qui donnait accès aux couloirs des cachots. C'était sans compter la persistance de Malefoy et Parkinson.

- Mais qui voilà ! s'exclama la brune. Alors, on va faire un petit tour ? demanda-t-elle d'une voix railleuse. J'espère que notre petite blague t'a plu.
- C'était effectivement extrêmement drôle Parkinson. Fais attention quand tu déferas ta malle, j'ai éventuellement, par erreur, laisser un serpent se lover contre tes culottes synthétiques blanche.

Le sourire de Pansy se fana.

- Sale peste ! cracha Pansy. Je te jure que demain, tu vas te retrouver sans ta tignasse !
- C'est ça, soupira Dorea en levant les yeux au ciel, et moi, je me ferai un plaisir de te faire pousser une face de bouledogue.

Malefoy se leva et s'approcha peu à peu de la jeune Artwood, la démarche menaçante.

- Peut-être devrait-on te raser le crâne tout de suite ? Comme tu l'as fait avec une de tes anciennes camarades de Beaubâtons, sourit le jeune homme l'air narquois.
- Ho, Drago ! s'exclama Daphné derrière lui. Laisses-là, elle n'en vaut pas la peine.

Dorea orienta le regard vers la blonde qui lui tournait le dos, pour continuer de discuter avec Blaise.

L'adolescente, lança un dernier coup d'œil au blond puis fit volte-face pour franchir le mur glissant donnant sur le couloir, tandis que ses camarades explosèrent de rire à son détriment.

Dorea, ne voyant personne arriver, resta coller contre le mur de pierre quelques minutes, quand subitement elle entendit un froissement de tissu.

La jeune fille examina les alentours, mais ne vit personne. Se disant que c'était certainement son imagination, elle se racola contre le mur.

- Dorea ! chuchota une voix qu'elle identifia comme étant celle de son frère. Dorea, c'est moi.
- Harry ? demanda la rousse en regardant à nouveau autour d'elle. Harry, c'est toi ? Je ne te vois pas…
- Bouh ! dit-il dans un murmure.

La tête d'Harry, flottant dans les airs apparut dans son champ de vision et Dorea sursauta, la main sur le cœur. Harry enleva alors sa cape d'invisibilité qui recouvrait le reste de son corps.

- Tu possèdes une cape d'invisibilité ?! s'étonna Dorea en le regardant de bas en haut, la bouche grande ouverte.
- C'était celle de papa, Dumbledore me l'a transmise quand j'étais en première année, expliqua le gryffondor. Ne reste pas figé comme ça, viens dessous avant que l'un de tes fichues camarades ne sorte.

Dorea reprit ses esprits et rejoignit Harry qui les recouvra de la cape. Puis précautionneusement, les deux Potter commencèrent à déambuler avec précaution à travers les couloirs des cachots, puis ils montèrent rejoindre le rez-de-chaussé, et grimpèrent quelques escaliers supplémentaires pour emprunter le passage menant à la cour de l'horloge.

- Où on va ? demanda Dorea qui commençait à grelotter.
- Tu vas voir, il avait hâte de te rencontrer.
- Qui ça ?
- Tu vas voir ! s'exclama Harry dans un chuchotement.
- Potter…, dit Dorea d'une voix menaçante.

Harry éclata d'un rire étouffé et ils poursuivirent leur chemin en croisant les pierres de Cromlech et en se dirigeant vers le bas de la colline, leur pas menant vers une petite cabane où s'échappait une fumée blanche de la toiture.

Plus ils avancèrent, plus elle trouvait la cabane immense. Quand ils s'arrêtèrent devant la porte, Harry martela deux coups retentissants, suspendit son geste puis retoqua un grand coup contre la porte. Soudainement, des aboiements de chien se firent entendre de l'intérieur et une voix bourrue tenta de les calmer.

- Arrête Crockdur ! Ce n'est qu'Harry.

La porte s'ouvrit sur Rubeus Hagrid, qui fit un pas de côté pour laisser entrer les deux élèves, toujours recouverts de la cape d'invisibilité. Quand Hagrid referma la porte, Harry ôta la cape et le chien dénommait Crockdur se jeta aussitôt sur Dorea qui tomba en arrière.

- Arrête Crockdur ! s'exclama Hagrid. Laisses-tranquille Dorea !

Le demi-géant attrapa l'immense chien qui se tenait debout au-dessus de la jeune fille et l'aida à se relever.

- Désolé Dorea, Crockdur est toujours heureux de faire la connaissance d'une nouvelle amie.

Dorea sourit timidement et remercia Hagrid d'un signe de tête puis examina enfin les lieux.

C'est une pièce circulaire, où s'enchainait une petite cuisine avec une table ronde qui arrivait aux épaules de la jeune fille, un salon où un grand canapé en peau cuirassé faisait face à une cheminée où un feu ronflait et un rideau séparant la chambre, où un lit trônait muni d'une couverture en patchwork, séparé du reste de la pièce. Dorea s'avança vers la fenêtre donnant sur le potager à l'arrière de la cabane et vit une grosse moto recouverte de neige.

- C'est la moto de Sirius, expliqua Hagrid en interceptant le regard de la jeune fille. Il me l'a prêté le jour où… j'ai dû extirper Harry des décombres de la maison à Godric's Hollow. Depuis, je l'ai gardée.

Hagrid sourit avec bienveillance, puis les invita à prendre place autour de la table, pour leur servir du thé. Dorea put enfin examiner attentivement le gardien des clés et fut surprise de voir son visage contusionné ici et là.

- Je suis, en tout cas, ravie de faire ta connaissance Dorea, dit Hagrid en lui donnant une tasse de thé ? Ce n'était pas possible que je ne puisse pas faire la connaissance de la fille de Lily et James. Tu ressembles tellement à ta mère.

Dorea sourit à nouveau et rougit quelque peu, embarrassé par les compliments du demi-géant.

- Désolé, pour toute cette mise en scène, mais on ne voulait pas éveiller l'attention d'Ombrage.
- Il n'y a pas de soucis, gratifia Dorea.
- Vous avez eu des nouvelles de votre évaluation Hagrid ? s'enquit Harry.
- Non, mais Hermione m'aides beaucoup pour le programme des cours.
- Ombrage vous a évalué ? demanda Dorea intriguée.
- Oui et …
- Ça ne s'est pas très bien passé, termina Harry.
- Malefoy, éluda Dorea.
- Malefoy, répétèrent Harry et Hagrid.
- Désolé, s'excusa la jeune fille.
- Tu n'as pas à t'excuser du comportement de tes camarades Dorea, s'offusqua Hagrid.
- Oui, mais ayant demeuré leur amie, enfin… en quelque sorte, je me sens un peu coupable, marmonna la rousse.
- Il parait qu'ils te font vivre un véritable enfer depuis qu'ils savent ta réelle identité ? demanda Hagrid d'un ton dépité.
- À côté de ce qu'elle vit, je trouve qu'ils m'ont fait une promenade de santé, dit Harry en se renfrognant.
- Je suis désolé Dorea, je ne peux rien faire. McGonagall a tenté de donner une retenue à Parkinson et Malefoy, mais Ombrage est intervenue, en prétextant que les professeurs n'avaient pas à se mêler des confrontations entre élèves.
- Fichue Ombrage, murmura Dorea. Je vous assure, qu'un jour ou l'autre, je regèlerai mes comptes avec elle !
- La vengeance ne sert à rien Dorea, dit Hagrid doucement. Ne t'inquiète pas, un jour ou l'autre, elle aura ce qu'elle mérite.
- Hagrid, dit Harry, vous pourriez raconter à Dorea ce que vous avez fait durant l'été.
- Harry, soupira Hagrid. Je suis certain que ça va l'ennuyer.
- Non, j'aimerais savoir ! dit Dorea avec intérêt.

Hagrid considéra un instant la jeune fille, puis grogna dans sa barbe.

- Les Potter et leur curiosité…, marmonna-t-il

Harry et Dorea se sourirent complices.

- Bon, concéda Hagrid. Comme tu dois le savoir, quand Tu-Sais-Qui…
- Voldemort, coupèrent le frère et la sœur.
- Ne prononcez pas ce nom ! frémit le géant. Bon qu'est-ce que je disais… Ah oui, voilà… Quand Vous-Savez-Qui est revenu l'année dernière à l'issue de la troisième tâche du tournoi, Dumbledore nous a convoqué, Madame Maxime et moi, dans son bureau et nous a donné une mission.
- Laquelle ? demanda Dorea en lampant le liquide chaud qui brûla quelque peu la langue de la jeune fille.
- Rallier les géants à notre cause, dit Hagrid de but en blanc.

Dorea ouvrit grands les yeux de stupéfaction et posa sa tasse sur la table dans un bruit sourd. Hagrid se lança alors dans un récit interminable, contant ses péripéties à travers les montagnes où étaient cachés l'un des derniers peuples de géant.

Quand ils retournèrent au château, Dorea fut plongée dans ses pensées. La jeune fille, avec ceci et l'A.D, se rendait compte que la guerre approchait à grand pas et qu'un jour où l'autre elle allait devoir prendre les armes. Pas que ça lui faisait peur, mais en définitive, elle réalisait l'importance de vivre pleinement ces moments de répits tant qu'il en était encore temps.

À la mi-décembre, Ron l'invita à passer Noël avec son frère et les Weasley. Alors qu'Harry lui demandait ce qu'il avait prévu de faire (Dorea le soupçonnait de vouloir se joindre à eux), Ron se tapa le front, marmonnant dans sa barbe.

- J'ai totalement oublié de te dire, mais tu es invité, Harry et toi aussi, Dorea ! s'exclama Ron. Maman m'a envoyé une lettre il y a quelques jours et elle a pu s'arranger avec Dumbledore et vous passez le Noël tous les deux au Terrier.

Tandis que Dorea éclata de rire et remercia le rouquin, Hermione leva les yeux au ciel d'exaspération.

La serpentard était heureuse de passer son premier Noël avec Harry et espérait que ça serait inoubliable. Néanmoins, une part d'elle aurait aimé que son père soit là également. Mais les aurors étaient toujours à sa recherche pour l'interroger et elle comprenait qu'il souhaitait rester à l'abri.

Pour la dernière réunion de l'A.D, Dorea arriva in extrémis dans la salle-sur-demande. Tandis qu'elle pénétrait la pièce, Dorea remarqua une décoration avec plusieurs guirlandes de milles couleurs où brillaient les mots « Vive le Potter Noël ».

Elle s'approcha de son frère qui discutait avec Angelina, la capitaine de Quidditch de Gryffondor.

- Me remplacer ? dit Harry sans comprendre.
- Toi, Fred et George, précisa Angeline, agacée. On a un nouvel attrapeur !
- Qui ça ? demanda aussitôt Harry
- Ginny Weasley, répondit Katie.

Harry fit les yeux ronds. À l'issue du match de Quidditch, le professeur Ombrage s'était fait le plaisir d'interdire à vie de jouer au Quidditch Harry, Fred et George. Pour Dorea, si ne plus faire partie de l'équipe de Serpentard ne lui faisait ni chaud froid, ni froid, pour Harry, c'était un réel crève-cœur.

- Oui, je sais, dit Angelina qui sortit sa baguette magique pour effectuer quelques étirements. Mais elle se débrouille très bien. Rien avoir avec toi, bien sûr, ajouta-t-elle en projetant un regard accusateur au brun. Mais comme on ne peut plus t'avoir …
- Et les batteurs ? demanda Harry sèchement
- Andrew Kirke, répondit Alicia sans enthousiasme, et Jack Sloper. Ni l'un ni l'autre ne sont très brillants mais comparés aux autres idiots qui se sont présentés …

L'arrivé finalement de Ron, d'Hermione et Neville mit un terme à la conversation. Et les élèves allèrent s'installer sur les coussins.

- Bien, dit Harry en demandant l'attention, j'ai pensé que ce soir, nous devrions revoir tout ce que nous avons fait jusqu'à maintenant, puisque c'est notre dernière réunion avant les vacances et qu'il ne servirait à rien de commencer quelque chose de nouveau à la veille d'une interruption de trois semaines.
- On ne va rien faire de nouveau ? protesta Zacharias Smith avec dédain. Si j'avais su, je ne serais pas venu.
- Dans ce cas, on regrette tous beaucoup que Harry ne t'ait pas prévenu à temps, dit Fred à voix haute.

Dorea ricana avec le reste des élèves et vit un Harry rougissant qui observait Cho Chang.

- Nous allons reformer des équipes de deux, reprit Harry. On commencera par le maléfice d'Entrave pendant dix minutes, ensuite en remettra les coussins en place pour la Stupéfixion.

Dorea se hissa et aperçut Harry, qui était devenu son binôme habituel s'avancer vers elle. Une idée effleura son esprit.

- Harry, je vais me mettre avec Edgecombe. Propose à Chang d'échanger, dit-elle avec un clin d'œil.
- Euh…
- Chang ! s'exclama la rousse à l'adresse de la Serdaigle.
Cette dernière se tourna vers la Serpentard.

- J'aimerais bien, faire équipe avec Edgecombe, comme ça elle va me donner quelques conseils pour coiffer mes cheveux comme elle le fait. Tu veux bien faire équipe avec Harry ?
- Oh ! Euh… Et bien, oui, accepta la Serdaigle.

Dorea, lança un clin d'œil à son frère et s'approcha de Marrieta, échangeant un sourire complice avec Hermione.

Durant l'heure, la serdaigle avec qui Dorea faisait équipe, se révéla lamentable et la serpentard dut faire preuve de patience et de pédagogie, bien au-delà de sa limite.

Quand le cours se termina, Harry les complimenta et alors qu'elle sortait de la salle, saluant son frère, elle vit que Cho Chang restait immobile devant une photo.

En cheminant vers les cachots, Dorea remua la tête de dépit. Son frère n'était pas du tout entreprenant. Depuis qu'elle le côtoyait, elle avait remarqué les regards appuyés qu'il lançait à Cho, que ce soit lors des réunions ou même dans la Grande Salle. Mais en aucun cas il était allé de l'avant, bien trop embarrassé. Si Drago avait agi de cette façon avec elle, ils y seraient encore en l'an deux mille vingt. A la pensée du blond, son estomac fit une cabriole et elle eut un petit rire désabusé.

Quand elle pénétra la salle commune, elle ne vit que Malefoy, installé dans un sofa. Elle regarda sa montre et vit qu'elle n'avait pas fait attention à l'heure et était partie beaucoup plus tard de la réunion qu'habituellement.

Dorea, ignorant systématiquement le blond, se dirigea vers les escaliers menant à son dortoir.

- Tu étais où ? demanda froidement le jeune homme.

Dorea ferma les yeux et soupira d'agacement. Il n'allait jamais la laisser tranquille. Elle se retourna pour voir le blond nonchalamment installé sur l'assise, et contempler les flammes crépitantes de la cheminée.

- Ça ne te regarde pas, répondit Dorea calmement.
- Si ça me regarde, rétorqua Malefoy plus sèchement. Je suis ton préfet, je te signale.
- Et moi, je t'emmerde ! dit Dorea en reprenant la direction des escaliers.

Une main l'empoigna brusquement, pile à l'endroit où elle s'était mordue quelques jours auparavant, suite aux humiliations répétitives des serpentards.
Drago la retourna et colla son corps à celui de sa nouvelle ennemie. Dorea serra les dents, tentant de ne pas gémir de douleur. Elle sentait sa plaie se rouvrir sous les doigts du blond à travers sa cape.

- Je ne te permets pas de me parler comme ça ! cracha Drago.

Dorea fut si près du jeune homme qu'elle huma ce parfum musqué qui venait à elle.

- Lâche-moi Malefoy, siffla Dorea.
- Non ! Tu n'es qu'une moins-que-rien ! Tu m'as trahi, je veux te faire payer ! Tu entends, je veux te faire payer ! s'exclama-t-il furieux.
- Je n'ai trahi personne ! se récria Dorea. MAINTENANT LÂCHE MOI ! TU ME FAIS MAL !

Elle le repoussa violemment et ouvrit sa cape pour apercevoir à travers son pull une tache rouge grossir.

- Tu saigne, souffla le jeune homme. Pourquoi tu saignes ?

Dorea leva les yeux vers le garçon et vit qu'il était pris au dépourvu. Elle sentait pour la deuxième fois de sa vie, les larmes affluer. Elle remit sa cape et passa devant le Serpentard, trop interdit pour bouger.

Dorea se ravisa puis fit volte-face pour enfouir son regard embué de larmes dans les orbes métallique de son ancien… quoi ? camarade ? ami ? flirt ? petit copain ? Elle se rendit compte qu'elle n'avait jamais su définir le genre de relation qu'ils avaient entretenu. Tout ce qu'elle savait à présent, c'est qu'il était devenu un ennemi. Et cette idée l'attristait. Quoi qu'elle en dise, elle s'était sentie bien auprès de lui, vivante et… elle avait éprouvait des sentiments à son égard.

- Je n'ai jamais trahi personne, Drago, murmura Dorea.

Un éclair de surprise traversa les prunelles du jeune homme.

- Si tu savais le nombre de fois où je me suis sentie coupable de vous cacher cette part de moi. Mais justement, je suis resté moi-même jusqu'au bout. Rien n'a changé. Avais-je le choix ? Non. Aucunement. Tu demeures le fils d'un …

Dorea s'interrompit aussitôt puis reprit.

- … et … et malgré cela, je suis passé outre. Car tu m'attirais et je t'appréciais. Vraiment. Je vous appréciais tous. Et j'ai constamment fait mon possible pour être sincère avec vous tous. Tu veux savoir si je crois au retour de Lord Voldemort ?! Et bien oui, j'y crois ! Et j'ai été préparé pour le combattre ! Tu crois que j'ai été élevé en étant choyée et protéger ?! Peut-être bien ! Tout comme toi ! À la différence que l'on m'a toujours dit que je serais là pour combattre les forces du mal aux côtés de mon frère ! Je ne suis qu'une arme, un soldat qui sera en première ligne pour tous vous affrontez ! Et si tu crois que ça me fait plaisir à l'idée de pointer un jour ma baguette sur l'un d'entre vous et de faire ce qu'il faut pour survivre alors tu te leurre ! Pendant toute ma courte vie, on m'a rabâché que je devais combattre les forces du mal, et j'ai aucun autre choix ! Aucune autre option ! Je ne peux pas me défiler et partir loin ! Et tu veux savoir pourquoi je ne parle jamais d'avenir ?! Parce que DANS UN AN, DEUX ANS OU DIX ANS JE SERAIS PEUT-ÊTRE MORTE ! ALORS NON, JE N'AI TRAHI PERSONNE ! J'AI JUSTE FAIT CE QU'IL FALLAIT POUR ME PROTÉGER, PROTÉGER MA FAMILLE ET VOUS PROTÉGER !

Des larmes coulaient abondamment sur ses joues à présent, et elle haleta, n'ayant pu s'empêcher de crier. Toute la rancœur, la peur, le ressentiment, la tristesse, la panique qu'elle avait pu ressentir ces dernières semaines était sorties à travers ses mots.
Son château de cartes s'était écroulé et elle avait tenté de le rebâtir avec de nouvelles personnes dans son entourage. Mais le fait est que plus les jours passaient, plus elle se rendait compte que ses amis lui manquaient et une part d'elle aurait aimé retourner à sa vie d'avant.

Dorea fit volte-face et vit quelques filles de Serpentard, parmi lesquels ses camarades de chambre et de l'autre côté, la plupart des garçons, dont Blaise, Théo et Henry, sur le pas des escaliers, la regarder d'un air interdit.

Dorea se dirigea vers les marches, poussa d'un coup d'épaule la jeune Greengrass puis monta dans son dortoir.

Un besoin de décompresser la prenait, alors elle entra dans la chambre et se dirigea directement dans la salle de bain.

Elle ôta sa cape, retira son pull, enleva sa cravate, et sa chemise où la manche gauche était rougeoyante et vit sur son bras une plaie où le sang coulait sur la peau. Ne réfléchissant pas plus, Dorea enfonça ses dents dans son autre bras.

- Artwood ! chuchota une voix.

Dorea se sentit remuer dans son sommeil et ronchonna.

- Artwood ! Réveille-toi ! murmura la voix.
- Fichez-moi la paix, je veux dormir, marmotta la rousse.
- Artwood, le professeur Rogue t'attend dans la salle commune en bas, tu dois descendre sur-le-champ, dit la voix plus fortement.

Elle reconnut la voix traînante de Drago et ouvrit les yeux, à présent parfaitement réveillés. Était-ce une autre blague que lui faisait les serpentards ? Dorea se tourna vers le jeune homme qui arborait un visage sérieux. Elle ne put s'empêcher durant une poignée de secondes, de remarquer que le jeune homme était torse nu sous sa robe de chambre à semi-ouverte.

La jeune fille se leva en rabattant les draps et vit une expression de surprise passait sur le visage du blond. Dorea baissa son regard vers ses jambes nues, le haut de ses cuisses recouvert par un T-Shirt noir. Une lueur d'appétence barra le regard de Drago, mais Dorea se précipita vers sa chaise et s'enveloppa de sa propre robe de chambre.

Quand Dorea descendit, le professeur Rogue était bien là, immobile au milieu de la salle commune.

- Je vous remercie Monsieur Malefoy.

Drago hocha la tête et retourna vers l'escalier menant à son propre dortoir.

- Professeur, il y a un problème ?
- Oui, le directeur m'envoie vous chercher.
- Que se passe-t-il ?
- Le Seigneur des Ténèbres a pénétré l'esprit de votre frère. Vous devez immédiatement évacuer l'enceinte de l'école et vous mettre en sécurité au QG de l'Ordre.


A vendredi