POV Erik :
Je me réveille, allongé sur mon lit.
Combien de temps suis-je là ? Je l'ignore. Il fait noir dehors et les étoiles parsèment le ciel.
Je me relève et regarde mes mains. Elles sont recouvertes de sang. Un sentiment de panique m'envahit.
D'où vient ce sang ? Je regarde mon propre corps à la quête de la moindre blessure mais rien.
Qui ai-je tué ? Je me rappelle d'avoir été embarqué par mon violeur aux camps. Il m'a attaché, je me suis libéré puis plus rien … Le noir total.
Je contemples mes mains, tachées de sang. Il faut que je nettoie cela.
Je vais dans ma salle de bain et me regarde dans le miroir tout en frottant énergétiquement mes mains les unes contre les autres. Impossible de me rappeler qui j'ai tué.
Je ne suis pas meurtrier de nature. C'est ce Klaus Schmidt qui m'a fait devenir tel quel.
D'où vient ce sang … ? Je panique intérieurement, des larmes coulent sur mes joues. Je ferme le robinet et me regarde dans le miroir. Ce n'est pas mon reflet que je vois. C'est un autre moi avec un regard sadique.
Je prends peur et sors de la salle de bain, claquant la porte derrière moi. Je retourne sur mon lit, le teint livide les mains tremblantes. La nausée me prend, m'obligeant à retourner dans la pièce d'eau. J'entends quelqu'un entrer dans ma chambre : le gérant.
« Erik ? »
Je ne réponds pas, un goût désagréable dans ma bouche.
Qui ai-je tué … ? Les larmes me reviennent et je ne parviens pas à me calmer. Je sors de la salle et me retrouve face au directeur.
« Un homme a été tué. Quelqu'un t'a vu sur les lieux … » dit-il, l'air grave.
« Je … Je ne sais pas … »
Le gérant me parle mais je ne l'entends pas. Une voix résonne dans mon esprit. Une voix qui ressemble à la mienne. Mon rythme cardiaque s'accélère et je pâlis davantage couvert de suées froides. Je m'assois sur mon lit, pris d'un vertige. Le gérant me regarde, inquiet, me demandant sûrement si je vais bien. Je vois ses lèvres bouger signe qu'il parle mais je n'entends aucun son. Tout devient flou autour de moi et le noir se fait.


POV Général :
Le gérant de l'auberge secoue Erik énergiquement afin de le ramener à lui. Il décide finalement d'appeler un médecin. Ce dernier arrive rapidement et appelle Erik. Le jeune homme ne répond pas, inconscient. Le médecin l'ausculte rapidement, enlevant sa chemise. En voyant les marques sur le corps de l'allemand, il reste bouche bée.
« Quel âge a-t-il ? » demande-t-il alors.
Le gérant lui indique l'âge de Erik et il reste sans voix, mais, en apercevant l'immatriculation du blond sur son bras gauche, il saisit la situation.
« Fait-il beaucoup de cauchemars ? » demande-t-il.
« Je ne crois pas. J'ai une centaine de pensionnaires dans cet établissement. Je ne peux pas tous les surveiller. »
Le médecin hoche doucement la tête.
« Je vous comprends, mais, ce garçon est sûrement venu ici pour faire une croix sur son passé. Cependant, le passé ne nous quitte jamais. Les marques sur son torse en sont une preuve. »
Le gestionnaire acquiesce et explique qu'il fait de son mieux pour qu'il se sente bien ici. Le médecin lui conseille de bien le surveiller.
« J'ai vu de nombreux jeunes de son âge à en venir au suicide. Je ne pense qu'il en arrivera jusque-là. »
« Cela fait maintenant plusieurs années qu'il est arrivé aux Etats-Unis … »
« Ce qu'il lui faut, c'est une nouvelle raison de continuer à vivre. Ces jeunes ont vu leur enfance voler en éclats … »
Erik ouvre faiblement les yeux et observe autour de lui. Lorsqu'il s'aperçoit qu'il n'a plus sa chemise, il repousse le médecin et le gérant avec un champ magnétique avant de récupérer sa chemise.
« Bas les pattes … » grogne-t-il en renfilant son vêtement.
« Incroyable … J'avais entendu parler de personnes possédant des capacités extraordinaires mais cela … »
Erik se met en position de défense créant une bulle magnétique autour de lui. Le gérant tente de le rassurer en vain. L'allemand les toise du regard.
« Que me voulez-vous ? »
« Rien du tout. Je suis impressionné de rencontrer une personne comme toi. »
Une personne comme lui … Erik désactive sa bulle et croise les bras.
« Pas trop déçu ? »
Le médecin lui répond que non avant de souhaiter une bonne journée et de partir. Le gérant prend violemment Erik par les épaules en lui disant qu'il lui a fait peur. Ce dernier lui demande de le relâcher ce qu'il fait rapidement. Puis, il quitte sa chambre.
Erik se rassoit sur son lit, pensif. Oui, il rejoindra Charles ce soir … Sans aucun doute …
Il regarde l'heure : 18h30. Erik prend le sac de voyage qu'il a préparé puis sort de la chambre. Il annonce au gérant qu'il libère sa chambre. Ce dernier lui souhaite une bonne continuation et l'allemand lui sourit, le remerciant pour son hospitalité. Il se dirige vers l'aéroport.


Charles l'attend à l'entrée, un sourire apparaissant sur son visage en le voyant.
« Prêt pour l'Angleterre ? » demande-t-il.
« Prêt. »
Raven sort de la boutique de parfum. Elle marque un temps d'arrêt en voyant Erik. Ce dernier soupire, se passant nerveusement la main dans ses cheveux. Charles ne dit rien et annonce joyeusement qu'il a trouvé un appartement sympathique pour eux trois. Erik garde un faux sourire plaqué sur le visage et suit Charles et Raven. Ils vont à la porte d'embarquement, faisant la longue file d'attente. Erik panique un peu, repensant aux événements de la journée. Charles lui prend la main et la lui caresse doucement pour le détendre.
« Calme-toi, Erik. Tout va bien. » dit-il avec un sourire.
Non … C'était la pire journée de ma vie …
Des fines larmes apparaissent dans les yeux de l'allemand. Charles n'insiste pas et présente son passeport et son billet au contrôleur, lâchant la main de Erik. Ce dernier présente ses papiers à son tour. Ils montent à bord de l'avion à la recherche de leur place. Ils s'installent.
« Charles … ? » demande Erik la voix tremblante.
Charles regarde Erik et voit qu'il a le teint pâle.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demande Charles inquiet.
« Je … C'est stupide mais … Je préfère être côté hublot … »
« Raven ? »
« D'accord, j'ai compris. Je laisse le connard prendre ma place … »
Erik reste immobile dans le couloir, Raven lui cède sa place. Il s'y installe et regarde par le hublot.
« Raven … Tu exagères … »
Erik entend de loin la discussion de Charles et Raven. Il sent sa tête lui tourner et les nausées revenir. Il prend sur lui afin de ne pas inquiéter son petit ami. L'avion décolle et les voilà partis pour l'Angleterre.