DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3
Cette traduction est aussi disponible sur AO3.
Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte
« Maître Baggins ? »
Le hobbit leva les yeux et les plissa pour regarder celle qui avait parlé. « Oui, Tauriel ? »
Tauriel – qui était sanglante et boîtait mais était vivante – montra le bras du hobbit. « Comment vont tes blessures ? Besoin d'un guérisseur ? »
Bilbo secoua la tête et toucha la coupure sur l'extérieur de son bras gauche, qui allait de son épaule à son poignet. « Non, je vais bien. Mes blessures ne sont pas importantes. Laisse les guérisseurs se concentrer sur ceux qui en ont besoin. »
Tauriel hocha la tête. « Je comprends. Est-ce que tu voudrais… Est-ce que tu voudrais visiter Erebor ? »
Bilbo regarda vers l'est et vers la cité des nains. Après le départ de Thorin et Fili, il était retourné au combat avec Beorn et Tauriel et le reste de ses nains. La bataille avait duré toute la journée et s'était stoppée qu'en fin d'après-midi. Ils avaient gagné, bien sûr, mais à un grand prix. Des corps de toutes les races s'étendaient à perte de vue dans toutes les directions possibles, plus loin que l'œil ne pouvait voir. Bilbo ne pouvait rien sentir à part le sang et la chair en train de pourrir sous le soleil. S'il avait eu quelque chose dans son estomac, il l'aurait déjà vomi depuis longtemps.
« Non. Je suis toujours banni, » Répondit-il en regardant l'elfe. « Je ne veux pas aller à un endroit où je ne suis pas le bienvenu. »
« Ils semblaient inquiets pour toi, » Pointa l'elfe en penchant la tête sur le côté ; faisant tomber des cheveux sur son visage. Sa tresse s'était défaite pendant la journée et ses cheveux tombaient autour de son visage dans un bazar de soleil automnal. Son apparence rendait son visage plus doux et plus jeune qu'il ne l'était.
« Je ne doute pas de leur affection envers moi, » Assura-t-il, souriant doucement. « C'est juste que leur roi a fait un décret et je ne veux pas les forcer à choisir entre leur monde et moi. Je vais rester à l'écart pour le moment. »
La guerrière hocha la tête. « Je comprends. Est-ce que tu veux visiter le camp alors ? J'ai entendu dire que Maître Bard se reposait ici. Apparemment il est celui qui a fait disparaître Azog pour de bon. »
« Vraiment ? Je vais devoir le remercier, » Huma-t-il, se grattant le visage avant de sursauter en touchant une coupure ouverte. « Pour le moment je vais aider les guérisseurs avec les blessés. Mes compétences ne sont pas très grandes, mais je peux les aider avec les petites tâches. »
« Je comprends. Je vais retourner aider Maître Beorn a brûler les corps, » Répondit Tauriel, repoussant ses cheveux derrière son oreille. Elle se lécha les lèvres et sembla penser à quelque chose pendant un moment avant de recommencer à parler.
« Est-ce que… Est-ce que ça ira avec les guérisseurs ? » Demanda-t-elle lentement alors qu'elle le fixait droit dans les yeux. « Je sais que plus tôt tu étais inquiet pour tes amis… »
Bilbo hocha la tête en se rappelant des blessures de Thorin et Fili. « Oui. Les aider me permettra de m'occuper l'esprit. »
Tauriel cligna lentement des yeux. « T'enfuir ne va pas faire disparaître la douleur. »
« Non, mais y faire face maintenant ne m'aidera pas, » Expliqua-t-il, détournant le regard. « Je ne peux pas laisser mes pensées ou mes émotions me consumer. J'ai trop de choses à faire. »
« Je vois. Et bien, n'oublies pas de t'arrêter et de respirer, Maître Baggins, » Conseilla l'elfe avant de lui dire au revoir. Il la regarda retourner vers la zone où étaient brûlés les corps des orcs gobelins et wargs. Ils avaient creusé une fosse le plus loin possible, mais Bilbo pouvait quand même sentir l'odeur de chair brûlée.
Au nord, il pouvait voir le camp installé par les guérisseurs pour s'occuper des blessés et des mourants. Il s'y dirigea lentement ; sa jambe droite lui faisant mal à chaque pas puisqu'il s'était tordu quelque chose plus tôt. Quand il arriva, les guérisseurs acceptèrent son aide et lui demandèrent de broyer des herbes, ou d'aller chercher de l'eau et des provisions. Il accepta leurs requêtes et les aida le plus possible.
Enfin, après le coucher du soleil alors que l'air se rafraîchissait, Bilbo vit qu'il n'était pas le seul à aider avec les blessés. Thranduil – sans son armure, avec des bandages autour du bras – aidait aussi les elfes, hommes et nains blessés. Pour une fois, le roi n'avait pas l'air de se soucier des races ou des conflits centenaires. Il était simplement un autre survivant d'une horrible bataille. Bilbo s'arrêta et le regarda un moment alors que Thranduil recousait la blessure sur le dos d'un nain inconscient.
« Vu le manque de larmes, je suppose que vos amis sont toujours en vie, » Commenta le roi lorsqu'il remarqua le hobbit.
Bilbo haussa les épaules et se rapprocha de l'elfe. « Je ne sais pas. Ils étaient blessés et ont été renvoyés à Erebor. Je ne sais pas si l'un d'eux est mort. »
« S'ils étaient morts, nous aurions entendu leurs pleurs. Les nains ne sont pas des créatures silencieuses, » Lui rappela Thranduil, regardant le hobbit. « Même si je dois admettre que ce serait une bonne raison. Cette bataille était… brutale, même pour moi. »
« Est-ce que ça devient plus facile ? Les combats et les morts ? » Demanda-t-il doucement, regardant le nain inconscient allongé sur le lit de camp sale.
« Pour certains oui. Mais pour la majorité ? » Thranduil secoua la tête, des mèches de cheveux tombant sur son visage. « Non, cela ne devient pas plus facile. On apprend simplement à ne plus y penser. »
Il s'y attendait mais la réponse fit se tordre quelque chose en lui et il soupira. « Parfois je me demande si tous les souvenirs que j'ai enfermés vont me noyer. »
Le roi des elfes haussa une épaule en finissant sa tâche. « Ils le feront si vous refusez de vous souvenir. Vous ne pouvez pas effacer votre passé, halfling. Il restera avec vous et vous changera pour toujours, mais vous ne pouvez pas le laisser vous consumer. »
Bilbo se demanda si ce genre de conseils comptaient pour ceux qui vivaient la même vie une deuxième fois. « Est-ce que votre fils va bien ?»
L'elfe s'arrêta un instant, et ses yeux bleus semblèrent s'assombrir. « Il s'est cassé trois doigts à la main gauche et s'est disloqué l'épaule, mais il est vivant. »
« Vous n'avez pas l'air heureux, » Commenta-t-il.
Thranduil renifla et le regarda comme s'il était un insecte en train de s'approcher un peu trop de sa nourriture. « Aucun père ne veut voir son fils souffrir. Même ceux aussi froids que moi. »
Bilbo ricana. « Je ne pense pas que vous soyez aussi froid que ce que vous laissez croire. »
« Oh ? Et qu'est-ce qui vous a mené à cette conclusion ? » Demanda sèchement le roi.
« Quelqu'un d'aussi froid ne serait pas ici, agenouillé dans la saleté, en train de recoudre un nain blessé, » Pointa-t-il.
Un des sourcils du roi se leva lentement alors qu'il fixait le hobbit. « Vous manquez de manières et de respect pour vos aînés. Je peux voir pourquoi vos nains vous aiment autant. »
« Et vous, votre majesté, devriez arrêter d'agir comme si vous ne vous préoccupiez que de vous-même, » Conseilla-t-il, se mettant sur les talons. « Vous n'êtes pas très doué pour ça. Comme pour les insultes. »
« Hors de ma vue, » Ordonna le roi alors qu'un début de sourire apparaissait sur ses lèvres.
Bilbo fit une révérence moqueuse avant de se tourner pour se remettre au travail. Il était toujours en train d'aider les guérisseurs des heures plus tard, lorsqu'il fut approché par la dernière personne qu'il s'attendait à voir.
« Maître Baggins ? »
Il leva les yeux des herbes qu'il broyait et cligna des yeux rapidement. « Maître Dain. Que faites-vous ici ? »
Dain – avec ses tresses défaites et sales et son visage recouvert de sang séché – s'arrêta devant lui avant de hocher la tête. « Bonsoir. Je suis venu vous ramener à la montagne. »
« J'ai été banni, » Rappela-t-il au nain, posant doucement ses outils et se levant.
Dain leva les yeux au ciel. « Je sais ça. J'étais là, vous vous souvenez ? »
« Alors pourquoi faire une requête aussi stupide ? » Répondit-il sèchement, croisant les bras. « Je ne peux pas aller à Erebor sans la permission de Thorin. Est-ce que vous l'avez eue pendant qu'il se vidait de son sang ? »
« Vous êtes féroce, » Dit Dain en se caressant la barbe. « C'est bien. Thorin a besoin de quelqu'un qui ne va pas se laisser marcher dessus. »
Bilbo tressaillit. « Ne changez pas de sujet. Pourquoi pensez-vous que je vais être accepté à Erebor ? »
« A cause de ça, » Répondit le nain, tapant l'une de ses perles, « et parce que vos amis m'ont demandé de vous ramener. Ils s'inquiètent pour vous, Maître Baggins. »
« Inquiets ? » Répéta doucement le hobbit. « Mais je ne suis pas blessé. Je vais bien. »
Les yeux de Dain – les mêmes yeux que Thorin et Fili – s'adoucirent en une nuance plus bleue alors qu'il fronçait les sourcils. « Je ne pense pas que ce soient vos blessures qui les inquiètent. »
Bilbo sentit ses battements de cœur accélérer. « Très bien. J'irais les voir mais je ne resterais pas. Je ne veux pas énerver Thorin à nouveau. »
Le guerrier ricana. « Il ne va pas s'en soucier. Il est toujours inconscient. »
« Oh. » Il tressaillit à nouveau et enfonça les ongles dans ses biceps. « Est-ce qu'il… Est-ce qu'il va survivre ? »
« Mmm. Nous n'en sommes pas sûrs. Oin a réussi à le stabiliser mais il y a un risque d'infection, » Expliqua le seigneur nain, haussant les épaules.
« Vous êtes très calme au sujet de sa possible mort, » Accusa doucement le hobbit en le fixant.
Dain plissa lentement les yeux. « Le suis-je vraiment ? Je ne savais pas qu'on se connaissait si bien, Maître Baggins, pour que vous puissiez me lire aussi facilement. »
« Je ne vous connais pas bien, » Admit-il facilement, « mais je sais que vous hériteriez du royaume si Thorin et ses neveux mourraient. »
Les sourcils du nain rejoignirent ses cheveux et il cligna des yeux pendant un instant. Puis, soudain, il rejeta la tête en arrière et éclata d'un rire qui attira les regards et fit sursauter quelques guérisseurs. C'était un bon rire qui roulait comme le tonnerre dans le ciel, et cela fit tressaillir Bilbo parce que Thorin avait le même rire.
« Intelligent et courageux. Mon cousin a trouvé une vraie gemme, » Complimenta Dain, souriant de toutes ses dents et jetant ses cheveux bruns par-dessus son épaule. « Vous êtes sûr de ne pas vouloir me choisir moi plutôt que Thorin ? Il ronfle, vous savez, et il n'a aucun goût niveau vin. Affreux, vraiment, j'ai honte de dire que nous sommes de la même famille parfois. »
Bilbo fixa le nain ; déchiré entre l'envie d'insulter le guerrier et de rire à la description précise du Roi Sous la Montagne. Enfin il décida de rire doucement en secouant la tête. « Même si votre proposition est flatteuse, j'ai bien peur d'être plutôt épris de votre cousin. Je ne le quitterais pas même s'il a un goût affreux en herbe à pipe et en vin. »
Dain soupira lourdement et couvrit ses yeux d'une main de manière dramatique. « Ahh, alors mon amour doit rester sans réponse ! En tant que seigneur je dois humblement m'écarter et vous autoriser à être avec mon cousin moins beau, mais mon cœur brûlera pour vous à jamais ! »
« Comme c'est gentil de votre part, » Dit-il d'une voix traînante, levant les yeux au ciel.
« Je suis le patron de la compassion et de la pitié, » Acquiesça le guerrier, hochant la tête et baissant les bras. « Oh, Maître Baggins ? »
« Oui ? »
Dain sourit à nouveau mais cette foi il n'y avait rien de charmant. Ses yeux devinrent sombres alors qu'ils se posaient sur Bilbo avec une intensité qui le fit reculer. « Brisez à nouveau le cœur de mon cousin, et je briserais tous les os de votre corps. Deux fois. »
Bilbo avala sa salive et hocha la tête. Il y avait une sauvagerie dans les yeux bleus Durin qu'il n'avait vu que dans les yeux d'une seule personne, et il s'agissait de ceux de Lady Galadriel elle-même. Dain était bien plus que ce qu'il pensait. Peut-être que tous les compliments que Gandalf avait fait au sujet du seigneur nain étaient mérités.
« Noté, » Répondit-il, essayant de cacher le tremblement dans sa voix.
« Bien. » Le regard disparut et le sourire facile du nain revint alors que son corps se détendait. « Allons-y alors. Je suis sûr que les autres meurent d'envie de vous revoir. »
Le moment où Bilbo mit les pieds à Erebor, il se retrouva acculé par la compagnie.
« Bilbo ! »
« Dain, espèce de bâtard, tu ne pouvais pas prendre encore plus de temps ?! Nous t'avons envoyé le chercher il y a des heures - ! »
« Cambrioleur ! »
« Il est vivant ! »
« Est-ce que tu es blessé ? Est-ce qu'on doit aller chercher Oin ? »
« Bilbo tu nous a tellement manqué - ! »
Il rit et jeta ses bras autour de Bofur et Balin alors qu'ils le taclaient tous les deux dans un câlin serré qui lui fit mal. Mais c'était une douleur plaisante qu'il accueillit volontiers alors qu'il enterrait son visage dans l'épaule de Bofur, et agrippait la barbe de Balin. Il pouvait sentir le cuir et l'huile et le fer et quelque chose en lui se détendit en reconnaissant l'odeur familière de ses nains.
« Est-ce que ça va Bilbo ? On nous a dit que tu avais participé à la bataille, » S'inquiéta Bombur à côté d'eux. Son épaule était bandée et sa main gonflée et couverte de bleus, mais il était debout et avait l'air en forme.
« Je vais bien, je vais bien, » Assura-t-il en regardant chaque nain. « Et vous ? Est-ce que tout le monde va bien ? »
« Juste des coupures et des bleus. Rien de très important, » Se vanta Gloin en cachant l'une de ses mains derrière son dos.
Nori – avec un bandage autour de la tête – ricana. « Tu t'es cassé le poignet et quelques côtes. C'est plus que quelques 'coupures' et 'bleus', Gloin. »
Gloin lui lança un regard noir. « Ne l'écoute pas, Bilbo. C'est un sale menteur qui ment. »
« Thorin et Fili sont les plus mal en point mais Bifur crachait du sang tout à l'heure. Oin pense qu'il s'est déchiré quelque chose à l'intérieur » Admit doucement Bofur en ignorant les deux. « Il se repose pour l'instant alors nous verrons demain matin. Dwalin est avec lui pour le moment. »
Bilbo avala sa salive et fit de son mieux pour contenir la peur et l'inquiétude qui grandissaient en lui. « Et… Et Thorin et Fili ? Comment vont-ils ? »
Les nains échangèrent un regard.
« Nous ne savons pas. Oin est toujours avec eux avec des elfes qui sont venus aider, » Répondit Dori, qui avait l'air d'être celui en meilleur état même avec les bosses et bleus sur son visage.
Ce n'était pas les bonnes nouvelles qu'il espérait, mais ce n'était pas non plus les pires. Il n'étaient pas morts, et il y avait de l'espoir.
« Pourquoi est-ce que tu étais là ? Thranduil était censé te garder à l'écart, » Se demanda Bombur, penchant la tête sur le côté.
Il ricana et poussa une tresse derrière son oreille. « Comme si j'allais m'asseoir et vous laisser vous blesser. Vous savez que je ferais n'importe quoi pour vous garder en vie. »
« Nous le savons. C'est pour ça que nous t'avons demandé de rester à l'écart, » Rétorqua Balin en regardant le hobbit. « Nous savions que tu allais te mettre en danger pour l'un d'entre nous. Nous ne voulions pas ça. »
« Pourquoi est-ce que tu dis ça comme si c'était une mauvaise chose ? » Demanda Bilbo. « Nous savons tous que ma mort ne serait pas importante dans ce grand - »
Il n'eut pas la chance de terminer sa phrase. Ori – qui le regardait silencieusement depuis l'arrière du groupe – se jeta soudainement en avant et le frappa du dos de la main. Bilbo se retrouva projeté en arrière par la force de l'impact et rentra dans Bombur, qui le tira rapidement pour qu'il ne tombe pas au sol. Tenant son visage brûlant d'une main, le hobbit regarda le jeune nain lui lancer un regard noir, d'une intensité qu'il n'avait jamais vue auparavant.
« Arrête de dire ça ! Arrête de dire que tu vas mourir aussi facilement, comme si ta mort ne nous ferait pas de mal ! » Siffla Ori alors que ses épaules tremblaient et que son visage devenait rose. « Je sais que ton amour perdu te manque – on le sait tous ! Mais pourquoi ne pouvons-nous pas être assez pour te garder en vie ? Pourquoi est-ce que notre amour et amitié ne comptent pas ? Est-ce que ça veut dire que nous ne sommes rien pour toi ?! »
A la fin de sa tirade, les yeux d'Ori étaient rouges et remplis de larmes, et ses lèvres tremblaient. La passion dans son regard n'avait pas diminuée par contre et elle brûlait toujours dans ses yeux verts alors qu'ils transperçaient le hobbit. A cet instant, Bilbo pensa pouvoir voir le nain qu'Ori allait devenir ; l'âme brave et royale qui avait suivit Balin jusqu'à la Moria et était resté à ses côtés même dans la mort. Cela lui donna envie de pleurer parce qu'Ori ne devrait pas avoir l'air aussi vieux en ce moment. Pas pour un stupide hobbit comme lui.
Lentement, il se détacha de Bombur et bougea pour prendre le jeune érudit dans ses bras. Ori faisait à peu près la même taille que lui au début de leur voyage presque un an auparavant, mais maintenant il était plus grand que le hobbit. Mais même avec la différence de taille, il tira le nain pour qu'il s'appuie sur son épaule et passa les doigts dans les cheveux d'Ori alors que son autre main lui frottait le dos.
« Ori…je vous aime. Je vous aime tous tellement, tellement. C'est pour ça que je me bats aussi fort pour tous vous protéger. Je ne veux pas perdre l'un d'entre vous comme je l'ai perdu lui, » Murmura Bilbo en sentant son épaule devenir humide à cause des larmes du nain.
Ori secoua la tête et enroula ses bras plus fermement autour de la taille du hobbit. « N-Nous n'allons p-pas mourir. N-Nous sommes plus f-forts que ç-ça. Alors ne… ne m'oblige pas à te voir mourir comme tout ces gens qui ont combattu aujourd'hui… ! »
Bilbo sentit ses yeux se remplir de larmes alors que la voix d'Ori craquait. « Je suis désolé, je suis tellement désolé. Je ne voulais pas t'inquiéter. Je ne voulais pas inquiéter qui que ce soit… »
« L'inquiétude vient avec l'affection envers quelqu'un, » Dit doucement Balin en les regardant tous les deux d'un regard chaud. « Tu es important pour nous, Bilbo. Nous ferons ce qu'il faut pour te garder en sécurité, comme tu le fais pour nous. »
« Autrement dit, tu es coincé avec nous. Va falloir t'y habituer, » Résuma Nori avec un sourire en coin qui ne cachait pas son regard attendrit.
Gloin hocha la tête et lui ébouriffa les cheveux. « C'est vrai. Tu es l'un des nôtres maintenant. Tu ne peux pas t'échapper, cambrioleur. »
« Jusqu'à ce que la mort nous sépare, » le taquina Bofur avant de se prendre une tarte de son frère.
« Nous sommes une famille maintenant, » Acquiesça Dori avec un petit sourire. « Peut-être pas de sang, mais de toutes les manières qui comptent. »
- il détestait sa maison. Bag End était un trou magnifique qui était spacieux et chaleureux et il savait que beaucoup de hobbits auraient aimé vivre ici. Mais c'était aussi vide et silencieux, et toutes les salles contenaient un fantôme qui ne voulait pas se reposer. S'il n'avait pas du élever Frodo, il aurait finit par la donner aux membres de sa famille cupide et aurait déménagé loin parce que parfois il pouvait toujours sentir les tartes de sa mère et l'herbe à pipe de son père dans l'air, et d'autres fois il pouvait entendre les voix fortes et les rires des nains, et ce n'était pas juste parce qu'il ne serait jamais aussi heureux qu'avec eux –
Bilbo frissonna et resserra encore sa prise sur Ori. « Oui. Oui, vous êtes ma famille maintenant. »
Je pense que vous l'avez toujours été.
